Opinions Libres - Le Blog d'Olivier Ezratty

Grandeur et décadence des foires aux startups – 4

Post de Olivier Ezratty du 6 octobre 2008 - Tags : France,Innovation,Internet,Logiciels,Loisirs numériques,Médias,Silicon Valley,Startups,Technologie,USA | 5 Comments

Le contenu est-il roi ? Oui si l’on en juge par le nombre de startups présentes à TechCrunch 50 et DemoFall ! Que ce soit pour le créer, le partager, l’agréger ou le rechercher. Mais imaginons un peu l’enfer de son poste de travail en installant tous ces outils !

Le texte, la musique, les photo et les vidéo sont des médias à part entière et gérés comme tels, mais aussi des objets destinés à être partagés dans les réseaux sociaux. La commoditisation des contenus brouille le marché en multipliant ainsi les sites web où l’on peut gérer ces différents médias. Cela reste tout de même un secteur où les innovations d’usage sont encore fréquentes. Elles sont le plus souvent destinées à être intégrées dans les sites leaders du marché (réseaux sociaux, moteurs de recherche, etc).

Médias

Dans ce domaine, l’imagination abonde pour créer des systèmes d’agrégation d’informations qui trient plus ou moins intelligemment les contenus dans l’immensité de l’Internet pour les adapter aux besoins plus ou moins explicites des Internautes, en y ajoutant des composantes de réseau social. Je ne donne pas cher de la peau de ces startups qui auront du mal à toucher un public large. Mais des innovations de rupture ne sont pas hors de portée pour autant, l’aggrégation de flux RSS étant toujours une affaire de gens plus ou moins “geeks”. Allons-y :

  • Angstro

    • Spinspotter

      • Dans la même veine, il y WebImperfection

        Et dans le pire, PicMe

        • Les solutions de publication destinées aux cadres numériques chez Micoy 

          Publication de contenus

          Avec pas mal d’outils de publication de contenus non spécifiques à la vidéo, à la photo ou la musique :

          • Le “repackaging de médias” est à la mode. Avec PlasticLogicElectronicReadingDevice2

            Santé et bien être

            Le marché de la santé attire toujours une petite proportion d’entrepreneurs avec des solutions diverses et variées que j’ai intégré dans cette classe de catégories (contenus) car c’est le plus souvent de contenus qu’il s’agit :

            • GoodGuide est un portail d’information et une application iPhone sur la santé, l’environnement et l’impact environnemental et social des produits et des entreprises. C’est un peu le pendant grand public de Rinen Open Trace. Il y a de la demande côté consommateur pour ce genre d’informations. Mais quelle est la fiabilité des informations dans un sens ou dans l’autre ? Les sources d’informations sont des rapports divers et des bases de données. Il doit y avoir un gros travail de consolidation d’informations à réaliser pour faire vivre un tel portail. Et est-ce que le système peut avoir un modèle économique rentable ? En tout cas, le site est live et fonctionne bien… pour les USA.
            • Me-trics est le truc le plus inutile du web 2.0 que l’on puisse imaginer : c’est un service qui calcule la corrélation entre son humeur, son poids, sa tension et l’usage de sites web 2.0 comme Facebook. C’est une sorte de datamining de l’actualité et de la forme. On peut se définir des objectifs et ajuster ses habitudes de vie et d’usage des services Internet, puis surveiller le résultat. Le modèle économique est plus qu’incertain. C’est vraiment trop compliqué pour l’utilisateur moyen et pas véritablement utile sur le long terme. C’est un concurrent de MoodStats et de plein d’autres services équivalents. Et puis, qui a un tensiomètre à la maison chez les jeunes utilisateurs du web 2.0 ?
            • WebDiet est un site de recherche de restauration basé sur la localisation proposant des repas équilibrés dans le voisinage. Il nécessite de construire un écosystème de tels lieux, ville par ville. Le problème dans la valeur d’usage est que le service n’a pas de valeur récurrente. Les citadins ont des habitudes. Elles peuvent changer, mais une fois qu’elles se sont stabilisées, le système a moins de valeur. Il n’est donc utile que lors que l’on se déplace beaucoup, ce qui correspond à une faible part de la population.
            • watchMemelt.com, un site communautaire de vidéos pour les personnes qui cherchent à perdre du poids. Ce genre de site pourrait être viable si les coûts de stockage et de streaming étaient supportés par des tiers (YouTube, autres) mais cela n’a pas l’air d’être le cas ici.
            • FitBit et ses capteurs sans fil qui enregistrent toute son activité et les calories brûlées, la qualité du sommeil, la distance parcourue à pieds, etc.
            • 911-ice, un système de gestion des urgences sur le web, qui gère et appelle les contacts à alerter à partir d’un mobile pour les urgences. Un air de déjà vu.
            • Tesaris et sa suite d’applications web “temps réel” destinées aux hôpitaux et centres de soins. C’est du “business to business” classique probablement intéressant aux USA où ce secteur d’activité est dans l’ensemble privatisé et très concurrentiel.

            Recherche

            Google fait toujours rêver. Non pas pour en créer un autre, mais pour créer des “feature companies” que Google ou l’un de ses avides concurrents pourrait racheter. Dommage pour ce qui concerne Google car s’ils achètent plein de startups, c’est rarement dans le domaine de la recherche ! Alors, que l’on cherche des gens, des vidéos, des photos ou des contenus pointus, il y a souvent une startup qui propose une solution spécialisée :

            • Infovell creuse dans les tréfonds du web avec des requêtes “longues”. Les résultats sont basés sur la substance et pas sur la popularité (ie: PageRank). Le moteur affiche les résultats sous la forme de graphes reliant les documents et les concepts associés. Le service qui sera payant semble destiné à la communauté scientifique et aux chercheurs. Ca a l’air prometteur.
            • VideoSurf est un moteur de recherche de vidéos intégrant de la détection de visages. Il identifie les scènes où apparaissent des acteurs de cinéma. Les extraits trouvés sont présentés sous forme de film déroulé.
            • GazoPa est un moteur de recherche d’images développé par Hitachi qui trouve des images similaires. Il y a plein de sites de ce genre et leur business model est assez orienté btob (recherche de contrefaçons, gestion des droits de photos avec royalties, sécurité, etc). L’application btoc présentée est aussi des plus classiques : recherche de produits similaires, notamment dans le fashion. On peut aussi dessiner une forme et trouver des objets qui ressemblent au schéma (ça marche avec un cas simple de tee-shirt). La recherche s’effectue aussi dans les images de vidéos.
            • Semanti est un add-on de navigateur qui améliore l’expérience utilisateur dans les moteurs de recherche. Conçu pour les “searchoholics”, il traite les ambigüités sémantiques de vos requêtes grâce à un dictionnaire intégré de plusieurs millions de termes. Il se présente sous forme de panel à côté des pages visitées et permet une recherche contextuelle dessus. Il semble reformater certains contenus pour les rendre plus lisibles. Mais visiblement, de manière spécifique aux sites les plus courus du web.
            • Intelius cherche les “gens” en exploitant diverses sources d’information : bases publiques, annuaires, réseaux sociaux, annuaires professionnels (données offline ou online). Une sorte de méta-pages blanches.
            • Et enfin, une société européenne inclassable et potentiellement très structurante pour l’Internet, Telnic, qui gère les domaines Internet en “.tel” et ambitionne de devenir un annuaire de personnes et d’entreprises universel basé sur l’infrastructure DNS de l’Internet, qui stocke les informations correspondantes (riches : intègrent par exemple les coordonnées GPS) en s’affranchissant de la gestion de quelque site web que ce soit. Ce qui est très pratique pour les mobiles. C’est aussi un concurrent des réseaux sociaux et de Plaxo. Des APIs (interfaces de programmation) sont proposées aux développeurs pour lire et écrire sur le DNS de ces domaines avec des exemples d’application en open source. TelNic gère la couche de présentation web de l’annuaire en interceptant tous les domaines en .tel. Mais, quid de la recherche dans l’annaire ? Elle s’effectue au travers des moteurs de recherche traditionnels qui indexent le contenu de l’annuaire. Le business model de TelNic repose essentiellement sur la vente des noms de domaine en .tel, au travers du réseaux des “registrars” des noms de domaines. L’acquisition peut se faire sur une période qui va jusqu’à 10 années. Elle démarrera le 3 décembre 2008. Entre temps, son site web est prêt et très bien fait avec un grand nombre de vidéos explicatives (et avec une musique “royalty free” bien entrainante). La startup qui est en mode stealth depuis des années est financée notamment par le VC français Banexi Ventures qui pense être sur un “gros coup” ! C’est bien possible.

            Prochain épisode : les réseaux sociaux.

            RRR

             
            S
            S
            S
            S
            S
            S
            S
            img
            img
            img


Lien du blog Opinions Libres : https://www.oezratty.net/wordpress

Lien de l'article : https://www.oezratty.net/wordpress/2008/grandeur-et-dcadence-des-foires-aux-startups-4/

(cc) Olivier Ezratty - http://www.oezratty.net