{"id":8292,"date":"2013-10-18T15:13:38","date_gmt":"2013-10-18T13:13:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/?p=8292"},"modified":"2017-04-13T13:27:17","modified_gmt":"2017-04-13T11:27:17","slug":"industrie-francaise-logiciel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2013\/industrie-francaise-logiciel\/","title":{"rendered":"O\u00f9 en est l&#8217;industrie fran\u00e7aise du logiciel ?"},"content":{"rendered":"<p>Le 15 octobre 2013, j\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019intervenir lors de la remise des Troph\u00e9es du <a href=\"http:\/\/www.top250-editeurs.com\/\">Top 250 des \u00e9diteurs de logiciels fran\u00e7ais<\/a> organis\u00e9 par Syntec Num\u00e9rique (\u00e0 Paris, au si\u00e8ge de la CCIP). J\u2019avais une dizaine de minutes pour d\u00e9crire les forces et faiblesse de l\u2019industrie fran\u00e7aise du logiciel, un sacr\u00e9 d\u00e9fi. Mais comme c\u2019\u00e9tait bien court, je ne peux m\u2019emp\u00eacher de relater ici le d\u00e9tail de ce que j\u2019aurais souhait\u00e9 dire, en un peu plus de 10 minutes !<\/p>\n<p><strong>Le panorama du Top 250 des \u00e9diteurs de logiciels fran\u00e7ais<\/strong><\/p>\n<p>Cette op\u00e9ration, troisi\u00e8me du genre, permettait de bien mettre en valeur l\u2019industrie du logiciel fran\u00e7aise et sa contribution \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me num\u00e9rique. L\u2019op\u00e9ration consiste \u00e0 inventorier sur la base du volontariat les 250 plus grands \u00e9diteurs de logiciels fran\u00e7ais. C\u2019est une sorte de panel. Ce panorama est d\u00e9taill\u00e9 dans un <a href=\"http:\/\/www.ey.com\/Publication\/vwLUAssets\/EY-Panorama-Top-250-des-editeurs-et-createurs-de-logiciels-francais-2013\/$FILE\/EY-Panorama-Top-250-des-editeurs-et-createurs-de-logiciels-francais-2013.pdf\">document publi\u00e9 par EY<\/a> (le nouveau nom du cabinet de conseil Ernst &amp; Young). L\u2019ensemble des documents li\u00e9s \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement sont sur le <a href=\"http:\/\/www.syntec-numerique.fr\/actualite\/3eme-edition-du-panorama-top-250-editeurs-createurs-logiciels-francais\">site du Syntec Num\u00e9rique<\/a>, dont l\u2019excellent dossier cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion par Les Echos.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/d08858a227f0_9970\/Panorama-Top-250-Editeurs-de-logiciels-francais-EY.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border: 0px;\" title=\"Panorama Top 250 Editeurs de logiciels francais EY\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/d08858a227f0_9970\/Panorama-Top-250-Editeurs-de-logiciels-francais-EY_thumb.jpg\" alt=\"Panorama Top 250 Editeurs de logiciels francais EY\" width=\"223\" height=\"320\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>On y d\u00e9couvre le dimensionnement de cette industrie : elle repr\u00e9sente plus de 50000 emplois, un CA de plus de 8 Md\u20ac et une croissance soutenue et une forte cr\u00e9ation d\u2019emploi. Par sa nature m\u00eame, l\u2019\u00e9dition de logiciels est aussi l\u2019une des activit\u00e9s la plus engag\u00e9e dans la recherche et le d\u00e9veloppement, en tout cas comparativement aux mastodontes \u00e9conomiques du secteur que sont les soci\u00e9t\u00e9s de service et les op\u00e9rateurs t\u00e9l\u00e9coms.<\/p>\n<p>Une autre industrie du num\u00e9rique, moins connue, est aussi fortement engag\u00e9e dans la R&amp;D : celle des composants, tr\u00e8s centr\u00e9e autour de Grenoble avec des acteurs tels que <strong>STMicroelectronics<\/strong> ou <strong>SOITEC<\/strong>, le tout autour du CEA-LETI et du p\u00f4le de comp\u00e9titivit\u00e9 Minalogic.<\/p>\n<p>Le logiciel occupe aussi une grande place dans les activit\u00e9s de R&amp;D de tout un tas d\u2019acteurs : des \u00e9quipementiers tels qu\u2019<strong>Alcatel-Lucent <\/strong>ou <strong>Thal\u00e8s<\/strong> aux industries high-tech et surtout dans les transports (<strong>Airbus<\/strong>, <strong>Dassault<\/strong>, <strong>Alstom, Renault, PSA, Val\u00e9o<\/strong>) et l\u2019\u00e9nergie (<strong>Schneider<\/strong>, <strong>Legrand<\/strong>, \u2026). Toutes ces activit\u00e9s de cr\u00e9ation de logiciels en g\u00e9n\u00e9ral \u201cembarqu\u00e9s\u201d ne sont pas comptabilis\u00e9es dans le Top 250. L\u2019\u00e9conomie de la cr\u00e9ation de logiciels est donc bien sup\u00e9rieure dans les faits \u00e0 celle des \u00e9diteurs de logiciels \u201cpure players\u201d. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, le logiciel est l\u2019un des moteurs cl\u00e9s de l\u2019ensemble de l\u2019innovation dans les entreprises. C\u2019est aussi \u2013 ou cela devrait-\u00eatre \u2013 un moteur de cl\u00e9 de l\u2019efficacit\u00e9 des services publics.<\/p>\n<p>Le panorama fait \u00e9tat d\u2019une croissance \u00e0 deux chiffres dans les entreprises du panel mais en soulignant que son p\u00e9rim\u00e8tre est tr\u00e8s mouvant : de nouvelles entreprises y rentrent \u2013 notamment dans la cat\u00e9gorie des jeux vid\u00e9o qui est maintenant tr\u00e8s bien repr\u00e9sent\u00e9e &#8211; et d\u2019autres en sortent, car elles sont acquises par des entreprises \u00e9trang\u00e8res. C\u2019est ainsi le cas de <strong>Neolane<\/strong>, l\u2019\u00e9diteur r\u00e9cemment acquis par Adobe, qui disparaitra du palmar\u00e8s en 2014 (il est dans celui-ci car sont comptabilis\u00e9es les structures d\u00e9tenues par des capitaux fran\u00e7ais fin 2012). C\u2019est aussi celui d\u2019<strong>Activision-Blizzard<\/strong>, le leader mondial du jeu vid\u00e9o<strong>\u00a0<\/strong>qui est sorti en juillet 2013 du p\u00e9rim\u00e8tre de Vivendi et est revenu sous contr\u00f4le de son CEO am\u00e9ricain, Bobby Kotick (mais qui n\u2019est pas dans le palmar\u00e8s\u2026).<\/p>\n<p>On y d\u00e9couvre aussi une d\u00e9mographie des entreprises \u00e0 l\u2019image de l\u2019industrie fran\u00e7aise : une forte disparit\u00e9 de taille et pas assez d\u2019entreprises de taille interm\u00e9diaire (ETI). Il y a environ 3000 \u00e9diteurs de logiciels fran\u00e7ais mais le 250i\u00e8me du panel du Top 250, <strong>Altays<\/strong>, ne fait que 1,85 m\u20ac de chiffre d\u2019affaire.<\/p>\n<p>On y voit aussi que l\u2019activit\u00e9 des \u00e9diteurs est trop faiblement tourn\u00e9e vers l\u2019international \u00e0 l\u2019exception des plus grands qui font 58% de leur CA \u00e0 l&#8217;international ce qui est fort honorable. C\u2019est un v\u00e9ritable handicap car en \u00e9tant trop focalis\u00e9s sur le march\u00e9 int\u00e9rieur fran\u00e7ais, ces acteurs peinent non seulement \u00e0 croitre mais aussi \u00e0 trouver des \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle qui seules, permettent de financer une R&amp;D significative et de rester comp\u00e9titif. Nous y reviendrons.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/d08858a227f0_9970\/CA-editeurs-de-logiciels-2012-par-geographie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border: 0px;\" title=\"CA editeurs de logiciels 2012 par geographie\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/d08858a227f0_9970\/CA-editeurs-de-logiciels-2012-par-geographie_thumb.jpg\" alt=\"CA editeurs de logiciels 2012 par geographie\" width=\"484\" height=\"345\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Sans grande surprise, on apprend que les voies de l&#8217;innovation se situent dans le cloud, le big data et la mobilit\u00e9. Les petits \u00e9diteurs semblent plus enclins \u00e0 suivre la voie du cloud pour leur d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Dans le classement, on trouve les <em>usual suspects<\/em>, un mix d\u2019\u00e9diteurs verticaux et horizontaux et quelques \u00e9diteurs dans le grand public. Le second \u00e9diteur de logiciels fran\u00e7ais est <strong>Ubisoft<\/strong> ! Il fait partie des cinq plus grands \u00e9diteurs mondiaux de jeux. Qui sont les soci\u00e9t\u00e9s r\u00e9centes ? Il y a au moins <strong>Criteo <\/strong>qui se retrouve quatri\u00e8me, avec moins de six ans d\u2019existence dans sa forme actuelle, et <strong>Neolane<\/strong>, qui vient de se faire racheter par Adobe.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/d08858a227f0_9970\/Classement-Top-250-Editeurs-2013.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border: 0px;\" title=\"Classement Top 250 Editeurs 2013\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/d08858a227f0_9970\/Classement-Top-250-Editeurs-2013_thumb.jpg\" alt=\"Classement Top 250 Editeurs 2013\" width=\"594\" height=\"467\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Quand on parcoure l\u2019ensemble du top 250, on y identifie de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s que l\u2019on peut encore qualifier de startups, ce qui est bon signe de sant\u00e9 de ce secteur d\u2019activit\u00e9. Quelques exemples: <strong>Talend<\/strong>, <strong>Trace One<\/strong>, <strong>Streamwide<\/strong>, <strong>Qosmos<\/strong>, <strong>Synthesio<\/strong>, <strong>Wyplay<\/strong>, <strong>6Wind<\/strong>, <strong>Cedexis. <\/strong>Sachant au passage que je ne connais pas bien le secteur des ISV du monde \u201cbtob\u201d et qu&#8217;il y a probablement encore plus d&#8217;acteurs de ce Top 250 qui sont des startups.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 financement de l\u2019innovation, on d\u00e9couvre que les soci\u00e9t\u00e9s du panel font appel \u00e0 76% au Cr\u00e9dit Imp\u00f4t Recherche. Mais le nouveau Cr\u00e9dit Imp\u00f4t Comp\u00e9titivit\u00e9 Emploi (CICE) semble moins connu et appr\u00e9ci\u00e9. Sinon, 86% des \u00e9diteurs privil\u00e9gient d\u2019autofinancement pour leur croissance. 25% font ou ont fait appel au capital-risque et 8% aux business angels. Ce qui est bien faible.<\/p>\n<p><strong>Forces , faiblesses et opportunit\u00e9s de l\u2019industrie du logiciel<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019en viens \u00e0 mon propos sur cette industrie, telle que je peux l\u2019observer depuis trois d\u00e9cennies, des grands acteurs aux petits, startups comprises. Une grande partie de ces observations est g\u00e9n\u00e9rale aux industries du num\u00e9rique et pas seulement \u00e0 celle du logiciel.<\/p>\n<p>J\u2019ai r\u00e9sum\u00e9 mon propos en parlant d\u2019une \u201cFrance bipolaire\u201d. Le pays est tr\u00e8s bipolaire \u00e0 tous points de vue, avec des oppositions marqu\u00e9es dans la sph\u00e8re politique et \u00e9conomique : patrons contre syndicats, priv\u00e9 contre public, riches vs les autres, droite contre gauche sans compter les extr\u00eames, \u00e9lites contre le peuple, etc.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Comp\u00e9tences techniques vs business<\/span><\/p>\n<p>Dans l\u2019univers des technologies, la principale bipolarit\u00e9 qui nous affecte est l\u2019opposition entre profils techniques et profils business. Elle d\u00e9marre tr\u00e8s t\u00f4t dans l\u2019enseignement et dans la g\u00e9olocalisation de nos grandes \u00e9coles et universit\u00e9s. Rares sont les sites o\u00f9 l\u2019on trouve au m\u00eame endroit des fili\u00e8res d\u2019excellence scientifiques (dites \u201csciences dures\u201d) et c\u00f4t\u00e9 sciences dites \u201cmolles\u201d (sociales, design, droit, commerce, marketing), le projet de Saclay \u00e9tant la caricature de cette dichotomie.<\/p>\n<p>Donc, oui, nous avons de belles fili\u00e8res d\u2019enseignement sup\u00e9rieures scientifiques, des grandes \u00e9coles et des d\u00e9veloppeurs brillants que le monde entier s\u2019arrache (ce qu\u2019il conviendrait au passage de relativiser un peu\u2026). Oui, nous sommes le premier pays au monde d\u00e9tenteur de M\u00e9dailles Fields, ex-aequo avec les USA (11 en tout, et nous avons eu un \u00e0 deux laur\u00e9ats \u00e0 chaque fois depuis 1994, le prix \u00e9tant d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 quatre personnes tous les quatre ans). Oui, nous avons une recherche d\u2019excellence et des domaines o\u00f9 nous savons nous diff\u00e9rentier \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale, comme dans la s\u00e9curit\u00e9 informatique, la CAO ou les jeux.<\/p>\n<p>Mais de l\u2019autre, nous avons une faiblesse cong\u00e9nitale dans les dimensions business, marketing, commerciales et communication. Il y a plein de raisons \u00e0 cela : les jeunes qui vont dans ces fili\u00e8res ne sont pas massivement attir\u00e9s par les fili\u00e8res du num\u00e9rique, quand ils le sont, ils sont facilement aspir\u00e9s par les filiales fran\u00e7aises des \u00e9diteurs \u00e9trangers (je parle en connaissance de cause\u2026) ou par d&#8217;autres secteurs. Par ailleurs, la culture scientifique et business est justement bipolaire : on a l\u2019une ou l\u2019autre mais rarement les deux. Cela conduit \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019entreprises trop tourn\u00e9es vers les technologies mais pas assez vers les clients, les march\u00e9s, et aussi des march\u00e9s de volume o\u00f9 il faut conceptualiser \u00e0 grande \u00e9chelle la demande. La culture \u00e9conomique du pays est aussi tr\u00e8s mauvaise dans l\u2019ensemble. Il suffit d\u2019\u00e9couter nos politiques tous les jours ou de lire les manuels scolaires du secondaire !<\/p>\n<p>Dans les grandes \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs, on consid\u00e8re que les \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles de commerce brassent du vent. Dans ces derni\u00e8res, on consid\u00e8re que les techos sont \u2026 des techos. Le manque d\u2019empathie entre les fili\u00e8res est patent. Je peux l\u2019observer dans le processus de constitution des \u00e9quipes de startups. Si elle est cr\u00e9\u00e9 par des ing\u00e9nieurs, les fondateurs vont \u00e0 un moment se dire : on a besoin d\u2019un commercial \u2013 salari\u00e9 \u2013 pour vendre la solution. Trop tard ! Si elle est cr\u00e9\u00e9 par des business-schoolers, ils vont se demander comment embaucher des d\u00e9veloppeurs, toujours comme salari\u00e9s. Des deux c\u00f4t\u00e9, ils consid\u00e8rent que l\u2019autre est une simple ressource, une commodit\u00e9. Alors qu\u2019ils doivent \u00eatre au m\u00eame niveau pour faire r\u00e9ussir l\u2019entreprise. Alors qu\u2019il faut l\u2019ensemble de ces comp\u00e9tences dans une \u00e9quipe de fondateurs !<\/p>\n<p>Heureusement, la situation s\u2019am\u00e9liore graduellement, gr\u00e2ce \u00e0 diverses initiatives de rapprochements ou de proximit\u00e9 imm\u00e9diate : T\u00e9l\u00e9com Sud Paris et T\u00e9l\u00e9com Ecole de Management, ing\u00e9nieur et business, HEC et Polytechnique, Centrale et ESSEC, Centrale Lyon et EM Lyon, les fili\u00e8res entrepreneur dans les \u00e9coles d\u2019ing\u00e9nieurs, les Mashup qui rassemblent les \u00e9l\u00e8ves des deux fili\u00e8res pour les encourager \u00e0 cr\u00e9er ensemble des startups, etc. Il faut pers\u00e9v\u00e9rer !<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Dimension produit <\/span><\/p>\n<p>La cons\u00e9quence du point pr\u00e9c\u00e9dent est une difficult\u00e9 de nos acteurs \u00e0 cr\u00e9er des produits diffus\u00e9s en volume, ce particuli\u00e8rement dans les entreprises de taille moyenne.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour cr\u00e9er des produits sont \u00e0 la crois\u00e9e des chemins de la technologie et du business. Il ne faut pas l\u2019une ou l\u2019autre, il faut les deux ! Mais la dimension business n\u2019est pas si complexe que cela. Elle rel\u00e8ve du bon sens : savoir identifier les besoins des clients, avoir de l\u2019empathie, les \u201cfactoriser\u201d (trouver les points communs sur un march\u00e9 donn\u00e9), savoir utiliser la r\u00e8gle de trois, savoir calculer la valeur que l\u2019on g\u00e9n\u00e8re chez son client.<\/p>\n<p>Cette comp\u00e9tence de cr\u00e9ation de produits a un nom : c\u2019est le \u201c<strong>product management<\/strong>\u201d. La capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er une vision, de vrais produits g\u00e9n\u00e9riques, une architecture et une roadmap. La discipline est assez r\u00e9cente et est tr\u00e8s peu enseign\u00e9e. Ce qui s\u2019en rapproche le plus se trouve dans les m\u00e9thodologies du Lean Startup et du Customer Development.<\/p>\n<p>La volont\u00e9 de cr\u00e9ation de produits se heurte aussi \u00e0 la structure de notre march\u00e9 int\u00e9rieur avec des clients qui n\u2019ont pas toujours bien compris l\u2019importance d\u2019utiliser des produits g\u00e9n\u00e9riques et demandent encore trop de sp\u00e9cifique. Cela conduit de nombreuses startups du logiciel ou de l\u2019Internet btob \u00e0 devenir rapidement des prestataires de services. Bref, il faut bien choisir ses premiers grands clients, m\u00eame si dans les faits, ce sont eux qui vous choisissent !<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la cr\u00e9ation de produits, se trouve celle de la cr\u00e9ation de produits-plateformes avec des \u00e9cosyst\u00e8mes. C\u2019est un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 de r\u00e9ussite des leaders du logiciel et de l\u2019Internet. Le d\u00e9passement du stade du produit pour atteindre celui de plateforme extensible est critique. Quelques soci\u00e9t\u00e9s fran\u00e7aises ont su le faire. Dassault Syst\u00e8mes, bien entendu, mais aussi des acteurs tels que <strong>Parrot <\/strong>avec son AR-Drone ou <strong>Withings <\/strong>avec ses objets connect\u00e9s.<\/p>\n<p>Enfin, il faut ajouter la composante design industriel et design graphique qui manque aussi \u00e0 nos cr\u00e9ateurs de logiciels. Elles devraient \u00eatre plus pr\u00e9sentes dans les projets innovants. L\u00e0 encore, heureusement, on voit des progr\u00e8s. Les \u00e9coles de design se rapprochent de plus en plus des \u00e9coles de commerce et d\u2019ing\u00e9nieur : le <strong>Strate College <\/strong>avec Centrale\/ESSEC ou l\u2019<strong>ENSCI <\/strong>avec Centrale, T\u00e9l\u00e9coms et les Ponts et Chauss\u00e9es.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Quid du libre ?<\/span><\/p>\n<p>Qu\u2019en est-il des \u00e9diteurs de logiciels libres fran\u00e7ais ? Nous avons eu <strong>JBOSS, <\/strong>cr\u00e9\u00e9 par Marc Fleury, un polytechnicien, et rachet\u00e9 pour plus $420m par Red Hat en 2006. Plus r\u00e9cemment, <strong>Talend <\/strong>a battu des records en lev\u00e9es de fonds ($62m) et en CA, mais en s\u2019implantant solidement aux USA et en levant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (Balderton, Silverlake). D\u2019autres comme <strong>Open Trust <\/strong>(ex IDEALX) ont abandonn\u00e9 la voie de l\u2019open source.<\/p>\n<p>L\u2019un des plus gros et anciens pure-player, cr\u00e9\u00e9 en 2000, est <strong>Linagora <\/strong>dont une bonne part des clients est dans le secteur public fran\u00e7ais et qui ne fait que 4m\u20ac de CA en licences (194i\u00e8me du palmar\u00e8s). Son d\u00e9veloppement international semble tr\u00e8s limit\u00e9. Dans le m\u00eame temps, la pr\u00e9f\u00e9rence des pouvoirs publics aux logiciels open source qui l\u2019a un peu aid\u00e9 a plut\u00f4t eu des effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res pour les \u00e9diteurs fran\u00e7ais traditionnels dans d\u2019autres secteurs. Il y a aussi quelques succ\u00e8s r\u00e9cents avec <strong>Bonitasoft<\/strong> et<strong> Commerce Guys<\/strong>, des startups issues de projets open source.<\/p>\n<p>Nous avons <strong>VLC <\/strong>qui a \u00e9t\u00e9 t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 plus de un milliard de fois mais sans que cela ne cr\u00e9\u00e9 de business direct. Nombre de projets open source collaboratifs, tels que ceux qui sont pilot\u00e9s par <strong>Bull <\/strong>ou l\u2019<strong>INRIA<\/strong>, n\u2019ont pas abouti \u00e0 des business solides o\u00f9 \u00e0 une am\u00e9lioration de l\u2019influence de la France \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale.<\/p>\n<p>Est-ce que cette performance moyenne tient aux sp\u00e9cificit\u00e9s du logiciel libre ? Oui et non. Pour une part oui, car les mod\u00e8les \u00e9conomiques du libre traditionnels sont plut\u00f4t port\u00e9s sur le service qui ne \u201cscale pas bien\u201d. Pour une autre part, c\u2019est li\u00e9 \u00e0 la difficult\u00e9 \u00e0 s\u2019internationaliser qui affecte l\u2019ensemble de cette industrie.<\/p>\n<p>Finalement, tous les chats sont gris dans le cloud : libres ou pas, les services en cloud sont agnostiques. Leur scalabilit\u00e9 provient du concept de \u201csoftware-as-self-service\u201d avec des mod\u00e8les \u00e9conomiques qui sont tous bas\u00e9s sur de l\u2019abonnement !<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">L\u2019espace fiscalo-r\u00e9glementaire<\/span><\/p>\n<p>On pourrait glosser longtemps sur la complexit\u00e9 des affaires en France li\u00e9e \u00e0 la r\u00e8glementation, sur ce qui \u00e9touffe l\u2019innovation dans ce pays. Lisez par exemple cette \u00e9difiante tribune de Nicolas Colin \u201c<a href=\"http:\/\/colin-verdier.com\/les-fossoyeurs-de-l-innovation\/\">Les fossoyeurs de l\u2019innovation<\/a>\u201d.<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, la France est bipolaire. La puissance publique aide des startups comme aucun autre pays europ\u00e9en ne peut le faire ! Les deux tiers du financement de l\u2019innovation fran\u00e7aise sont issus du secteur public : qu\u2019il s\u2019agisse de d\u00e9penses fiscales (CIR, ISF-TPE, JEI, etc), de la recherche publique, d\u2019aides et avances remboursables (BPI) et d\u2019investissements direct (BPI) ou indirects (toujours la BPI) dans les entreprises innovantes.<\/p>\n<p>D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, cette manie de la redistribution permanente s\u2019accompagne d\u2019une complexit\u00e9 incroyable. Autant on peut maintenant cr\u00e9er une entreprise rapidement et avec peu de formalit\u00e9s, autant cela se complique \u00e0 l\u2019extr\u00eame ensuite. La perte de comp\u00e9titivit\u00e9 des entreprises fran\u00e7aises li\u00e9e \u00e0 la perte de temps g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par la complexit\u00e9 est un domaine encore mal chiffr\u00e9. On se ferait peur en regardant cela de pr\u00e8s !<\/p>\n<p>Qu\u2019il y a-t-il de sp\u00e9cifique au logiciel dans ce tableau ? Il y a bien entendu la difficult\u00e9 d\u2019appliquer le Cr\u00e9dit Imp\u00f4t Recherche \u00e0 la R&amp;D dans le logiciels, o\u00f9 les redressements fiscaux sont l\u00e9gion. Guy Mamou-Mani, le pr\u00e9sident du Syntec Num\u00e9rique, l\u2019a <a href=\"http:\/\/www.usine-digitale.fr\/article\/il-y-a-bien-une-campagne-de-controles-fiscaux-contre-les-entreprises-du-numerique-insiste-guy-mamou-mani.N203129\">d\u00e9nonc\u00e9<\/a> fort \u00e0 propos l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier.<\/p>\n<p>Il y a surtout cette difficult\u00e9 \u00e0 financer des projets internationaux \u00e0 grande \u00e9chelle. Les fameux tickets de plus de 5m\u20ac ! Dans son intervention le 15 octobre, Nicolas Dufourcq (DG de la BPI) mettait en avant la cr\u00e9ation de fonds d\u2019investissement de la BPI pour couvrir ces phases de la croissance des entreprises innovantes. Tr\u00e8s bien, mais cela cache un d\u00e9tail de taille : une entreprise qui a la BPI dans son capital devient marqu\u00e9e au fer rouge et ne pourra pas lever facilement de capitaux \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour acc\u00e9l\u00e9rer sa croissance, comme ont pu le faire <strong>Talend <\/strong>et <strong>Criteo<\/strong>. Et ce surtout aux USA ! Sans compter la malheureuse jurisprudence Montebourg-Daily Motion-Yahoo. Note \u00e0 post\u00e9riori : Talentsoft a r\u00e9ussi \u00e0 lever des fonds aux USA apr\u00e8s en avoir obtenu aupr\u00e8s de la BPI. Ce sc\u00e9nario semble donc possible, au moins dans le secteur &#8220;btob&#8221;.<\/p>\n<p>Le\u00e7on de cette histoire : les financements publics de l\u2019innovation sont plus vertueux lorsqu\u2019ils sont indirects, discrets, neutres et p\u00e9rennes. Il vaut mieux que la BPI finance des fonds d&#8217;investissements qui eux-m\u00eames investissent dans les startups plut\u00f4t qu\u2019elle investisse en direct ces m\u00eames entreprises innovantes. Et aussi plut\u00f4t favoriser les processus g\u00e9n\u00e9riques comme le CIR que des appels \u00e0 projet collaboratif compliqu\u00e9s.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">International<\/span><\/p>\n<p>Encore de la bipolarit\u00e9 au programme : nous avons ici un nouveau tableau avec ses extr\u00eames.<\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, nous avons dans cette industrie un ensemble de belles r\u00e9ussites mondiales qui forcent le respect et montrent que tout est possible m\u00eame si chaque histoire est particuli\u00e8re :<\/p>\n<ul>\n<li><b>Dassault Syst\u00e8mes<\/b> est le leader mondial de la CAO et du PLM (product lifecycle management). Comment y est-il arriv\u00e9 ? C\u2019est une histoire qui d\u00e9marre au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. De mani\u00e8re int\u00e9ressante, c\u2019est l\u2019impossibilit\u00e9 de travailler avec Airbus, concurrent de Dassault qui ne voulait absolument pas travailler avec l\u2019une de ses filiales, qui a pouss\u00e9 DS \u00e0 aller proposer sa solution \u00e0 Boeing. Cela a conduit au partenariat avec IBM qui a donn\u00e9 ses lettres de noblesse \u00e0 CATIA, l\u2019approche du march\u00e9 am\u00e9ricain puis mondial et on connait la suite.<\/li>\n<li><b>Business Objects<\/b>, qui a abord\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t le march\u00e9 US. A la fois du fait de la volont\u00e9 de ses fondateurs, Bernard Liautaud et Denis Payre, et aussi d\u2019un concours de circonstance. Bernard Liautaud s\u2019est install\u00e9 dans la Silicon Valley moins de deux ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation de BO. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mari\u00e9 \u00e0 une am\u00e9ricaine, ce qui a un peu aid\u00e9 ! Sans compter le fait que son beau-p\u00e8re \u00e9tait un investisseur respect\u00e9 de la Silicon Valley. Mais on peut s\u2019installer dans la Silicon Valley sans en passer par l\u00e0 ! BO a \u00e9t\u00e9 acquis par l\u2019allemand SAP en 2006. Au moins, il reste dans l\u2019espace europ\u00e9en !<\/li>\n<li><strong>Ubisoft <\/strong>est dans le top 3 des jeux sans compter sa spinoff <strong>Gameloft<\/strong>, tr\u00e8s pr\u00e9sente en Asie.<\/li>\n<li><b>Criteo,<\/b> <b>Talend<\/b>, <strong>Neolane, <\/strong>dans la publicit\u00e9, le big data, l\u2019open source et la relation clients.<\/li>\n<li>Dans le secteur de la TV qui est le mien, nous avons tout un tas de soci\u00e9t\u00e9s tr\u00e8s int\u00e9ressantes qui font plus de la moiti\u00e9 de leur CA \u00e0 l\u2019\u00e9tranger avec notamment <b>ATEME<\/b> (compression vid\u00e9o, 18m\u20ac), <b>Visiware<\/b> (logiciels de \u201cplay along\u201d), <b>Netgem<\/b> (qui fournit Telstra en Australie avec 500000 box d\u00e9ploy\u00e9es), <strong>Httv <\/strong>(logiciels de box, tr\u00e8s pr\u00e9sent en Allemagne), <b>Witbe<\/b> (pr\u00e9sent partout dans le monde), <b>Quadriga<\/b>, <b>Vianeos<\/b>, <b>Anevia<\/b> et d\u2019autres qui sont tr\u00e8s pr\u00e9sents dans le march\u00e9 de l\u2019hospitality. Il y a aussi <strong>Arkamys <\/strong>dans le traitement du son. Ces exemples sectoriels montrent qu\u2019il est possible de se diff\u00e9rentier et d\u2019exporter dans de nombreux march\u00e9s verticaux.<\/li>\n<li>Nous avons aussi un \u00ab Airbus \u00bb du logiciel avec <strong>Amadeus<\/strong>. Certes, le sp\u00e9cialiste de la r\u00e9servation de voyages est une soci\u00e9t\u00e9 de droit espagnol. Mais elle a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e par Air France et d\u2019autres compagnies a\u00e9riennes europ\u00e9ennes. Et la majorit\u00e9 de ses d\u00e9veloppeurs est en France, \u00e0 Sophia Antipolis. Aux alentours de 2000 personnes tout de m\u00eame, ce qui fait d\u2019Amadeus le second \u00e9diteur de logiciels en France en termes d\u2019emplois.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces exemples montrent une chose simple : malgr\u00e9 tout ce qui ne va pas, il est possible de r\u00e9ussir et de r\u00e9ussir en grand. Ce palmar\u00e8s est de bon niveau sur la sc\u00e8ne europ\u00e9enne !<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, nos petits et moyens \u00e9diteurs ne sont pas assez internationaux. Ils sont trop ancr\u00e9s dans le march\u00e9 national avec des clients plut\u00f4t difficiles, pas assez innovants et pas bon payeurs. La maitrise de l\u2019anglais est moyenne, m\u00eame si elle s\u2019am\u00e9liore avec la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration. Nous n\u2019avons pas assez d\u2019\u00e9diteurs qui se lancent au-del\u00e0 de \u00ab l\u2019Europe du Sud \u00bb. Le march\u00e9 europ\u00e9en est trop fragment\u00e9. Son manque d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 le rend difficile \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer alors qu\u2019il est \u00e0 nos portes. En btob, c\u2019est le march\u00e9 am\u00e9ricain qui fait la loi. Nombreux sont les \u00e9diteurs fran\u00e7ais qui ont d\u00fb d\u2019abord gagner des r\u00e9f\u00e9rences en Am\u00e9rique du Nord pour pouvoir ensuite revenir sur le march\u00e9 fran\u00e7ais et \u00eatre pris au s\u00e9rieux par les grands clients. C\u2019est aussi vrai dans l\u2019Internet \u00ab horizontal \u00bb, au-del\u00e0 de niches du commerce en ligne.<\/p>\n<p>Pourquoi nos \u00e9diteurs n\u2019abordent-ils pas assez l\u2019Am\u00e9rique du Nord, sans compter l\u2019Asie ? L\u2019explication souvent mise en avant est le manque de financement. Les investisseurs sont en effet facilement frileux car \u00e9chaud\u00e9s par des \u00e9checs pass\u00e9s. Mais cela n\u2019explique pas tout. Notre principale faiblesse, c\u2019est notre peur d\u2019affronter la concurrence internationale et de voir grand. Mais aussi nos d\u00e9ficiences marketing et tout simplement, notre faible maitrise de la langue de Shakespeare. Il nous faudrait \u00eatre \u00e0 la fois commer\u00e7ants comme des hollandais ou des anglais et se comporter comme des isra\u00e9liens, des estoniens ou des danois qui n\u2019ont pas de march\u00e9 int\u00e9rieur !<\/p>\n<p>Devenir un acteur international, cela commence en fait tr\u00e8s t\u00f4t. Avec la constitution de l\u2019\u00e9quipe fondatrice, avec la prise en compte de l\u2019environnement concurrentiel mondial, avec la recherche de l\u2019excellence, avec une forte diff\u00e9rentiation, avec l\u2019usage de l\u2019anglais. Quelques initiatives r\u00e9centes vont dans ce sens. Je soulignais dans la table ronde du d\u00e9bat qui suivait mon intervention l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019initiatives telles que Le Camping. Les entrepreneurs sont coach\u00e9s par des am\u00e9ricains, font tout en anglais, et vont pitcher leur projet devant des investisseurs \u00e0 Londres et\/ou Berlin voire aux USA. Cette exposition internationale, qui brule parfois les ailes, est une tr\u00e8s bonne initiative !<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/d08858a227f0_9970\/Alban-Denoyel-Sketchfab.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border: 0px;\" title=\"Alban Denoyel (Sketchfab)\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/d08858a227f0_9970\/Alban-Denoyel-Sketchfab_thumb.jpg\" alt=\"Alban Denoyel (Sketchfab)\" width=\"445\" height=\"298\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, l\u2019un des Troph\u00e9es de ce Top 250 a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 <a href=\"https:\/\/sketchfab.com\/\">Sketchfab<\/a>\u00a0(base de mod\u00e8les 3D), une soci\u00e9t\u00e9 issue du Camping (<em>ci-dessus, Alban Denoyel pitchant lors du lancement de la saison 5 du Camping chez Google en f\u00e9vrier 2013<\/em>) ! C\u2019\u00e9tait le prix du public ! Les autres troph\u00e9es \u00e9taient <a href=\"http:\/\/www.streamwide.com\/fr\">Streamwide<\/a> (messagerie mobile, cat\u00e9gorie international), <a href=\"http:\/\/fr.commerceguys.com\/\">Commerce Guys<\/a> (cat\u00e9gorie innovation, startup financ\u00e9e par ISAI), <a href=\"http:\/\/www.prettysimplegames.com\/\">Pretty Simple<\/a> (dans les jeux pour Facebook, une startup pass\u00e9e par Scientip\u00f4le Initiative et connait une croissance extraordinaire), et <a href=\"http:\/\/www.recatch.fr\/\">Recatch<\/a> (prix du jury, startup dans la TV num\u00e9rique, ce qui me va \u00e0 ravir).<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Un march\u00e9 qui se rebelote<\/span><\/p>\n<p>L\u2019industrie du logiciel est marqu\u00e9e par des bouleversements incessants qui rebelotent les cartes presque chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019un des grands bouleversements est la tendance \u00e0 l\u2019int\u00e9gration verticale du march\u00e9. Il n\u2019y a pas que celle qui a \u00e9t\u00e9 impuls\u00e9e par <strong>Apple <\/strong>et imit\u00e9e ensuite par <strong>Microsoft<\/strong>. Il y a aussi celle que l\u2019on peut observer dans l\u2019univers des objets connect\u00e9s. Ce sont des activit\u00e9s qui associent des composants, du mat\u00e9riel, du logiciel embarqu\u00e9 et du logiciel dans le cloud. Tout y est ! C\u2019est valable aussi bien dans le btoc que dans le btob. Dans le secteur de la TV num\u00e9rique, nombreux sont les acteurs qui associent aussi ces diff\u00e9rentes briques technologiques : un <strong>An\u00e9via<\/strong> et ses serveurs de streaming vid\u00e9o, un <strong>ATEME<\/strong> avec ses encodeurs\/d\u00e9codeurs vid\u00e9os, associent toujours du mat\u00e9riel, du logiciel et du cloud.<\/p>\n<p>La croissance des d\u00e9bits fixes et mobiles est porteuse de nombreuses innovations \u00e0 venir qu\u2019il reste \u00e0 saisir. Vous voulez des id\u00e9es, abreuvez-vous de films ou de s\u00e9ries de science-fiction !<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des march\u00e9s, il y a l\u2019incontournable march\u00e9 US, mais l\u2019Asie m\u00e9rite plus d\u2019attention. A la fois du fait de sa masse mais aussi parce que c\u2019est un continent qui est plut\u00f4t d\u00e9ficient en comp\u00e9tences d\u2019\u00e9dition de logiciels.<\/p>\n<p>Pour conclure sur l\u2019industrie fran\u00e7aise du logicielle, un enseignant fran\u00e7ais donnerait comme sentence le condescendant \u00ab <em>Peut mieux faire<\/em> \u00bb (sous-entendu, moi, prof, je ferais mieux). Je vais choisir l\u2019approche am\u00e9ricaine : \u00ab <em>Elle a \u00e9norm\u00e9ment de potentiel qu\u2019il ne reste qu\u2019\u00e0 saisir <\/em>\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 15 octobre 2013, j\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019intervenir lors de la remise des Troph\u00e9es du Top 250 des \u00e9diteurs de logiciels fran\u00e7ais organis\u00e9 par Syntec Num\u00e9rique (\u00e0 Paris, au si\u00e8ge de la CCIP). J\u2019avais une dizaine de minutes pour d\u00e9crire les forces et faiblesse de l\u2019industrie fran\u00e7aise du logiciel, un sacr\u00e9 d\u00e9fi. 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