{"id":7263,"date":"2012-08-26T17:22:39","date_gmt":"2012-08-26T15:22:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/?p=7263"},"modified":"2012-09-03T21:29:20","modified_gmt":"2012-09-03T19:29:20","slug":"technologies-sequenage-genome-humain-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2012\/technologies-sequenage-genome-humain-7\/","title":{"rendered":"Les technologies de s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome humain &#8211; 7"},"content":{"rendered":"<p>Voici la derni\u00e8re partie de cette s\u00e9rie sur le s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome humain qui est d\u00e9di\u00e9e \u00e0 son exploitation dans la cr\u00e9ation de th\u00e9rapies g\u00e9niques.<\/p>\n<p>Je vais me focaliser ici sur ce que fait le G\u00e9n\u00e9thon et les maladies rares d\u2019origine g\u00e9n\u00e9tiques. La raison ? J\u2019ai eu l\u2019occasion de le visiter en ao\u00fbt 2012 ! Mais pas seulement puisqu\u2019on a vu dans la <a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2012\/technologies-sequencage-genome-humain-6\/\">partie pr\u00e9c\u00e9dente<\/a> que le G\u00e9n\u00e9thon avait \u00e9t\u00e9 central dans l\u2019histoire du s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome humain en France.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/Gnthon-Evry.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; margin: 10px 0px 10px 10px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; display: inline; padding-top: 0px; border: 0px;\" title=\"G\u00e9n\u00e9thon Evry\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/Gnthon-Evry_thumb.jpg\" alt=\"G\u00e9n\u00e9thon Evry\" width=\"594\" height=\"297\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9thon est une sorte de laboratoire de recherche priv\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1990 et dont l\u2019essentiel du financement provient de l\u2019AFM-T\u00e9l\u00e9thon qui organise la campagne annuelle de collecte qui a lieu pendant le T\u00e9l\u00e9thon d\u00e9but d\u00e9cembre chaque ann\u00e9e depuis 1987. Une collecte qui r\u00e9cup\u00e8re pr\u00e8s de 100m\u20ac par an aupr\u00e8s d\u2019environ 2 millions de donateurs. Soit, l\u2019une des plus grandes op\u00e9rations de crowdfunding en France, devant les Restos du C\u0153ur (75m\u20ac de ressources annuelles) et Emma\u00fcs (103m\u20ac de ressources, d\u2019origines multiples). Le G\u00e9n\u00e9thon g\u00e8re un <a href=\"http:\/\/www.genethon.fr\/qui-sommes-nous\/profil-chiffres-cles\/\">budget<\/a> d\u2019environ 28m\u20ac par an dont l\u2019essentiel \u2013 87% &#8211; provient de l\u2019AFM. C\u2019est dans les faits la plus grosse \u201cbiotech\u201d de France avec 220 personnes. C\u2019est m\u00eame un leader mondial des th\u00e9rapies g\u00e9niques. Il g\u00e8re entre autre la plus grande biblioth\u00e8que d\u2019ADN et de cellules d\u2019Europe concernant les maladies g\u00e9n\u00e9tiques humaines avec 236000 \u00e9chantillons provenant de 73000 individus et couvrant 413 maladies, des \u00e9chantillons dont l\u2019ADN est s\u00e9quenc\u00e9 selon les besoins.<\/p>\n<p>L\u2019AFM-T\u00e9l\u00e9thon a ceci de particulier que c\u2019est l\u2019association de personnes affect\u00e9es de pathologies la mieux organis\u00e9e et la mieux financ\u00e9e en France. Et surtout, elle a d\u00e9velopp\u00e9 son propre agenda scientifique avec une obsession cl\u00e9, au-del\u00e0 d\u2019un plan d\u2019action pour am\u00e9liorer les conditions de vie des malades : gu\u00e9rir les myopathies et par extension, s\u2019attaquer aux plus de 6000 maladies rares qui affectent, en France, 3 millions de personnes. Il se trouve que les maladies rares sont g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019origine g\u00e9n\u00e9tique et faiblement influenc\u00e9es par l\u2019environnement ou le mode de vie, contrairement \u00e0 un grand nombre de cancers ou de pathologies cardiaques. L\u2019action scientifique passe \u00e0 la fois par le financement de projets de recherche, le plus souvent de laboratoires publics et en compl\u00e9ment des (maigres) financements publics et par son propre laboratoire de recherche, le G\u00e9n\u00e9thon.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait au lancement de l\u2019AFM en 1987 une vision tr\u00e8s long terme. Vingt-cinq ans plus tard, l\u2019association n\u2019a pas \u00e0 rougir des progr\u00e8s accomplis. Ils ont d\u00e9marr\u00e9 par une participation active au s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome humain et surtout \u00e0 la cartographie des g\u00e8nes vers 1992-1993. Ils se sont poursuivis avec une recherche effr\u00e9n\u00e9e de th\u00e9rapies g\u00e9niques. Les premiers r\u00e9sultats sont arriv\u00e9s sur une trentaine de maladies rares, avec autant d\u2019essais cliniques de lanc\u00e9s, le plus souvent avec succ\u00e8s, dont un qui a concern\u00e9 les b\u00e9b\u00e9-bulles victimes d\u2019insuffisances en protections immunitaires. En fait, les myopathies ne sont pas les seules pathologies couvertes par les recherches financ\u00e9es par l\u2019AFM.<\/p>\n<p><strong>La bien compliqu\u00e9e dystrophine<\/strong><\/p>\n<p>Les myopathies se sont retrouv\u00e9es un peu plus loin dans la roadmap des th\u00e9rapies g\u00e9niques financ\u00e9es par l\u2019AFM. Pourquoi donc ?<\/p>\n<p>Il faut revenir aux sources. Les myopathies sont g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9es \u00e0 une insuffisance de production d\u2019une prot\u00e9ine par un grand nombre de types de cellules musculaires, et notamment celles du c\u0153ur, la dystrophine. Elles affectent 1 personne m\u00e2le sur 3500. Rappelez-vous <a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2012\/technologies-sequencage-genome-humain-1\/\">l\u2019\u00e9pisode 1<\/a> de cette s\u00e9rie : les prot\u00e9ines sont des mol\u00e9cules complexes qui sont des suites d\u2019acides amin\u00e9s produites \u00e0 partir de la partie codante des g\u00e8nes. Il y a environ 30000 g\u00e8nes dans l\u2019ADN humain, qui servent donc \u00e0 coder au moins autant de prot\u00e9ines. La dystrophine est une mol\u00e9cule qui en gros sert de liant entre l\u2019int\u00e9rieur de la cellule musculaire, juste en dessous de la membrane cellulaire, et la laminine, une mol\u00e9cule externe \u00e0 la cellule qui assure la coh\u00e9sion intercellulaire du muscle.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/Dystrophine-in-muscle.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; margin: 10px 0px 10px 10px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; display: inline; padding-top: 0px; border: 0px;\" title=\"Dystrophine in muscle\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/Dystrophine-in-muscle_thumb.jpg\" alt=\"Dystrophine in muscle\" width=\"424\" height=\"544\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Manque de bol, la dystrophine est la prot\u00e9ine la plus complexe des cellules humaines. Son g\u00e8ne, le DMD (pour Dystrophie Musculaire de Duchenne), vient du chromosome X, celui qui est commun aux deux sexes. Il comporte 2,4 millions de bases d\u2019ADN, sur les 3 milliards du total d\u2019un g\u00e9nome humain. Son adresse pr\u00e9cise : les paires de bases 31137344 \u00e0 33357725 dans ce g\u00e8ne X.<\/p>\n<p>Sur ces 2,4 millions de bases, il y en a seulement 14000 qui sont codantes, \u00e0 savoir, qui, une fois mises bout \u00e0 bout par transposition dans l\u2019ARN messager et \u00e9pissage (\u00e9limination des bouts non codants), servent \u00e0 \u201cencoder\u201d la mol\u00e9cule de la dystrophine. Re-manque de bol, ces 14000 bases sont r\u00e9parties dans 79 exons (s\u00e9quences codantes dans le g\u00e8ne) qui sont \u00e9parpill\u00e9s dans les 2,4 millions de bases du g\u00e8ne. Qui plus est, la transposition de ce g\u00e8ne en ARMm est d\u00e9clench\u00e9e par sept promoteurs alternatifs (les promoteurs \u00e9tant de petites s\u00e9quences d\u2019ADN qui servent de point de d\u00e9part \u00e0 la transposition d\u2019un g\u00e8ne en ARN messager). Ce qui conduit \u00e0 la production de sept formes diff\u00e9rentes de dystrophine selon les cellules. Tout \u00e7a, on le sait depuis 1987, l\u2019ann\u00e9e de cr\u00e9ation du T\u00e9l\u00e9thon.<\/p>\n<p>La mol\u00e9cule de la dystrophine fait 427 Kd. Ces kilo-daltons mesurent la masse atomique, un dalton correspondant \u00e0 un douzi\u00e8me de la masse d\u2019un atome de carbone normal (carbone 12). Vu dans le <strong><a href=\"http:\/\/genome.ucsc.edu\/cgi-bin\/hgTracks?position=chrX:32246283-33597060&amp;hgsid=292604599&amp;mrna=pack\">Genome Browser<\/a> <\/strong>de l\u2019UCSC, le g\u00e8ne DMD cela donne ceci, ce qui nous avance bien. Chaque petit trait vertical dans les variantes du DMD en haut correspond \u00e0 un des exons (s\u00e9quences codantes) du g\u00e8ne. Il faut zoomer dessus pour voir les s\u00e9quences d\u2019ADN correspondantes et surtout, les polymorphismes associ\u00e9s, les variantes d\u2019un individu \u00e0 l\u2019autre qui sont identifi\u00e9es par s\u00e9quen\u00e7age.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/ICGS-Genome-Base-DMD-gene.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; margin: 10px 0px 10px 10px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; display: inline; padding-top: 0px; border-width: 0px;\" title=\"ICGS Genome Base DMD gene\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/ICGS-Genome-Base-DMD-gene_thumb.jpg\" alt=\"ICGS Genome Base DMD gene\" width=\"705\" height=\"445\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Les myopathies sont provoqu\u00e9es par un ou plusieurs d\u00e9fauts dans l&#8217;expression du g\u00e8ne de la dystrophine avec des bouts d\u2019ADN du g\u00e8ne manquants ou r\u00e9pliqu\u00e9s. Ces modifications d\u2019ADN entrainent soit l\u2019absence compl\u00e8te de production de dystrophine (myopathie de Duchenne) soit une alt\u00e9ration de sa production (myopathie de Decker, moins invalidante). Plus de 5000 mutations du g\u00e8ne DMD ont pu \u00eatre observ\u00e9es gr\u00e2ce au s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome de personnes atteintes de myopathies. L\u2019essentiel des d\u00e9couvertes sur ces modifications sont intervenues pendant les ann\u00e9es 2000 (<a href=\"http:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/books\/NBK1119\/\">source<\/a>), ce qui a permis de mettre en place un diagnostic pr\u00e9cis de ces maladies.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le du s\u00e9quen\u00e7age de l\u2019ADN (et de l\u2019ARN) ? C\u2019est un instrument qui fut utile dans toutes ces recherches mais pas le seul. En effet, le s\u00e9quen\u00e7age ne permet que de d\u00e9coder l\u2019ADN. Mais pas de comprendre tout le fonctionnement qui en r\u00e9sulte avec l\u2019expression des g\u00e8nes, des prot\u00e9ines, l\u2019\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique, etc. Le champ de la recherche g\u00e9n\u00e9tique ne peut pas se contenter du s\u00e9quen\u00e7age. Ce n\u2019est qu\u2019un outil parmi d\u2019autres.<\/p>\n<p><strong>Les th\u00e9rapies g\u00e9niques<\/strong><\/p>\n<p>Comment traiter ces pathologies ? Pour m\u00e9moire, la myopathie de Duchenne entraine une atrophie des muscles qui invalide les gar\u00e7ons atteints d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge. La maladie devient l\u00e9tale car elle atteint le muscle du c\u0153ur. L\u2019esp\u00e9rance de vie est de 20 ans.<\/p>\n<p>Des traitements divers invent\u00e9s dans les ann\u00e9es 90 et 2000 ont cependant permis de la rallonger mais pas de mani\u00e8re satisfaisante. Ils ne s\u2019attaquent pas au g\u00e8ne de la dystrophine mais \u00e0 sa p\u00e9riph\u00e9rie. Des corticost\u00e9ro\u00efdes (Prednisone ou Delfazacort) peuvent ainsi ralentir la fragilisation et la destruction des cellules musculaires provoqu\u00e9es par l\u2019absence de dystrophine ou sa pr\u00e9sence sous une forme alt\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Des aminoglycosides (sortes de sucre) ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9s pendant les ann\u00e9es 2000 pour emp\u00eacher l\u2019action d\u2019un codon STOP identifi\u00e9 dans les g\u00e8nes d\u00e9ficients de la dystrophine, concernant 15% des personnes atteintes de DMD. Ce codon est une s\u00e9quence particuli\u00e8re de trois bases dans l\u2019ADN qui indique \u00e0 l\u2019ADN polym\u00e9rase d\u2019arr\u00eater la transposition de l\u2019ADN du g\u00e8ne en ARN messager. Ce codon emp\u00eache la prot\u00e9ine d\u2019\u00eatre construite enti\u00e8rement apr\u00e8s passage via le ribosome qui transcode l\u2019ARNm en prot\u00e9ine. Mais \u00e7a ne marche pas. Tout comme tout un tas d\u2019autres traitements test\u00e9s pendant les ann\u00e9es 2000.<\/p>\n<p>Restent les th\u00e9rapies g\u00e9niques qui interviennent au niveau du g\u00e8ne lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Sont test\u00e9es des \u201cantisense oligomers\u201d qui permettent de modifier le g\u00e8ne d\u00e9fectueux de la dystrophine en supprimant un ou plusieurs exons (zone codante de prot\u00e9ine) qui emp\u00eache la prot\u00e9ine de se construire en entier. Cela permet au g\u00e8ne modifi\u00e9 d\u2019engendrer une forme l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9tr\u00e9cie et fonctionnelle de la dystrophine. Des tests de ce genre sont en cours aux USA dont les r\u00e9sultats devraient arriver en 2014.<\/p>\n<p>L\u2019autre m\u00e9thode consiste \u00e0 prendre un g\u00e8ne de la dystrophine sain et complet et \u00e0 en injecter les s\u00e9quences codantes d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre dans les cellules qui ne l\u2019ont pas et le rendre actif pour qu\u2019il initie la fabrication de dystrophine. C\u2019est \u00e9videmment plus facile \u00e0 \u00e9noncer qu\u2019\u00e0 faire ! Aussi curieux que cela puisse paraitre, la difficult\u00e9 ne se situe pas tant que cela au niveau des techniques de s\u00e9lection et d\u00e9coupage du g\u00e8ne dans un ADN sain. Ca, on sait faire. La difficult\u00e9 consiste plut\u00f4t \u00e0 trouver un v\u00e9hicule pour transporter le g\u00e8ne sain dans les cellules \u00e0 traiter et \u00e0 faire en sorte qu\u2019il y soit accept\u00e9 et qu\u2019il n\u2019y ait pas de rejet. C\u2019est d\u2019autant plus difficile que ce g\u00e8ne est tr\u00e8s long et que la quantit\u00e9 de muscles \u00e0 traiter est importante et qu\u2019ils sont situ\u00e9s partout dans le corps. Dont un muscle bien particulier qu\u2019il faut traiter sans le brutaliser : le c\u0153ur.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/adenovirus2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; margin: 10px 0px 10px 10px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; display: inline; padding-top: 0px; border: 0px;\" title=\"adenovirus2\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/adenovirus2_thumb.png\" alt=\"adenovirus2\" width=\"232\" height=\"240\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>On s\u2019appuie pour ce faire sur des \u201cvecteurs\u201d. Ils sont en g\u00e9n\u00e9ral de deux sortes : des virus (rendus non pathog\u00e8nes, exemple <em>ci-dessus<\/em>) ou des liposomes (sph\u00e8re en lipides qui entourent le g\u00e8ne et seront dig\u00e9r\u00e9s par les cellules). Les virus ont soit un ARN (r\u00e9trovirus) soit un ADN (ad\u00e9novirus) capable de greffer leur s\u00e9quence codante dans les cellules \u201cinfect\u00e9es\u201d. L\u00e0 encore, nous avons plus d\u2019une douzaine d\u2019ann\u00e9es de recherche derri\u00e8re nous.<\/p>\n<p>Ces m\u00e9thodes ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9es pour diff\u00e9rentes maladies rares. Ont \u00e9t\u00e9 exp\u00e9riment\u00e9es des th\u00e9rapies g\u00e9niques pour traiter l\u2019immunod\u00e9ficience de \u201cb\u00e9b\u00e9s bulle\u201d en 1999, avec 8 enfants gu\u00e9ris sur 10 \u00e0 l\u2019\u00e9poque mais avec des effets secondaires. Il y a aussi l\u2019adr\u00e9noleukodystrophie, une maladie qui s\u2019apparente \u00e0 celle de Creutzfeld-Jacobs et d\u00e9truit la my\u00e9line dans le cerveau. Deux <a href=\"http:\/\/www.news-medical.net\/news\/20091106\/Gene-therapy-saves-two-children-with-adrenoleukodystrophy.aspx\">enfants ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s en France<\/a> avec succ\u00e8s en 2009 par transplantation du g\u00e8ne responsable, lui aussi pr\u00e9sent dans le chromosome X. Idem avec la beta-thalass\u00e9mie, une maladie g\u00e9n\u00e9tique qui affecte la production de globules rouges et impose une transfusion sanguine toutes les trois semaines, que l\u2019on sait traiter par th\u00e9rapie g\u00e9nique depuis 2010 (<a href=\"http:\/\/asheducationbook.hematologylibrary.org\/content\/2010\/1\/445.full.pdf+html\">source 1<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.news-medical.net\/news\/20120328\/New-gene-transfer-technique-can-treat-beta-thalassemia-sickle-cell-anemia.aspx\">source 2<\/a>). Autre exemple, enfin, avec des maladies rares de l\u2019\u0153il rendant aveugles. Des chiens aveugles de naissance ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s en 2001 et plus r\u00e9cemment en 2011 et 2012 par th\u00e9rapie g\u00e9nique (achromatopsia, et <a href=\"http:\/\/www.sciencedaily.com\/releases\/2012\/01\/120123152508.htm\">retinitis Pigmentosa<\/a>, cf cette <a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=fGdUx_45mY0\">vid\u00e9o sur YouTube<\/a>). Mais jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, les th\u00e9rapies g\u00e9niques n\u2019ont jamais fait des merveilles \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n<p>Sur la DMD (maladie de Duchenne), la m\u00e9thode sur laquelle planche le G\u00e9n\u00e9thon semble \u00eatre bas\u00e9e sur l\u2019usage d\u2019un syst\u00e8me compliqu\u00e9 d\u00e9crit dans \u201cThe Journal of Virology\u201d : \u201c<a href=\"http:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC548431\/pdf\/1276-04.pdf\">Transfer of the Full-Length Dystrophin-Coding Sequence into Muscle Cells by a Dual High-Capacity Hybrid Viral Vector with Site-Specific Integration Ability<\/a>\u201c. Avec des vecteurs ad\u00e9novirus (AAV) hybrides dits int\u00e9gratifs, o\u00f9 est int\u00e9gr\u00e9 un double g\u00e8ne DMD humain codant la dystrophine (avec 14 Kbases et non pas les 2,4 mbases d\u2019origine int\u00e9grant les zones codantes et non codantes) qui va s\u2019ins\u00e9rer non pas dans le chromosome X mais dans le chromosome 19 dans un endroit pr\u00e9cis qui s\u2019appelle le locus AAVS1. Le tout passant par tout un tas d\u2019\u00e9tapes compliqu\u00e9es que je vous \u00e9pargne. Sachant que l\u2019administration de ce virus n\u2019est pas orale. Il s\u2019agit d\u2019injections r\u00e9alis\u00e9es directement dans les muscles concern\u00e9s et en milieu hospitalier. C&#8217;est plus compliqu\u00e9 qu&#8217;un simple comprim\u00e9 d&#8217;aspirine !<\/p>\n<p><strong>Industrialiser la production<\/strong><\/p>\n<p>Une fois une th\u00e9rapie g\u00e9nique identifi\u00e9e, il faut pouvoir la tester et industrialiser sa mise en \u0153uvre. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019intervient le troisi\u00e8me \u00e9tage de la fus\u00e9e du G\u00e9n\u00e9thon, apr\u00e8s les recherches sur le g\u00e9nome et sur les th\u00e9rapies : la production ! Le probl\u00e8me \u00e0 r\u00e9soudre est que les th\u00e9rapies g\u00e9niques reposent sur de la production ex-vivo de virus que l\u2019on multiplie dans des \u00e9tuves. Cela dure des heures et n\u2019en produit qu\u2019une tr\u00e8s faible quantit\u00e9 au regard du besoin pour traiter les malades. M\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9tape des tests cliniques.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi le G\u00e9n\u00e9thon s\u2019est lanc\u00e9 dans un projet tr\u00e8s ambitieux avec la cr\u00e9ation du laboratoire <strong>G\u00e9n\u00e9thon BioProd<\/strong>, construit \u00e0 Evry, \u00e0 proximit\u00e9 de son laboratoire de recherche. Le laboratoire a \u00e9t\u00e9 construit en 2010-2011. Les infrastructures sont actuellement en place et le laboratoire est en cours d\u2019\u00e9quipement pour un lancement op\u00e9rationnel d\u2019ici la fin 2012.<\/p>\n<p>Ce labo repr\u00e9sentera la plus importante capacit\u00e9 de production au monde de m\u00e9dicaments de th\u00e9rapie g\u00e9nique. L\u2019imposant b\u00e2timent comprend 5000 m2 d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la bioproduction et au contr\u00f4le des produits dont 2500 m2 de laboratoires class\u00e9s L3 et confin\u00e9s et quatre suites de production. La capacit\u00e9 de production sera de 20 lots cliniques par an produits avec 800 litres de culture en bior\u00e9acteurs pour les vecteurs de type AAV et 100 litres de culture pour les vecteurs de type lentivirus. Ces bior\u00e9acteurs, d\u2019origine allemande, sont les plus puissants et rapides qui soient. Les bior\u00e9acteurs sont capables de traiter des cellules en suspension et non en d\u00e9p\u00f4t, ce qui permet d\u2019aller vite.<\/p>\n<p>Voici le laboratoire en question :<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/Gnthon-BioProd-8.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; margin: 10px 0px 10px 10px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; display: inline; padding-top: 0px; border-width: 0px;\" title=\"G\u00e9n\u00e9thon BioProd (8)\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/Gnthon-BioProd-8_thumb.jpg\" alt=\"G\u00e9n\u00e9thon BioProd (8)\" width=\"668\" height=\"447\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Au dernier \u00e9tage, le niveau technique comprend une quinzaine de centrales de traitement de l\u2019air qui renouv\u00e8lent\u00a0 tout l\u2019air des salles de production des dizaines de fois par heure et de mani\u00e8re s\u00e9par\u00e9e. C\u2019est une sacr\u00e9e infrastructure.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/Gnthon-BioProd-4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; margin: 10px 0px 10px 10px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; display: inline; padding-top: 0px; border-width: 0px;\" title=\"G\u00e9n\u00e9thon BioProd (4)\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/Gnthon-BioProd-4_thumb.jpg\" alt=\"G\u00e9n\u00e9thon BioProd (4)\" width=\"672\" height=\"313\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Et de longs couloirs le long des salles de production o\u00f9 l\u2019on ne peut entrer qu\u2019au travers de sas et proprement \u00e9quip\u00e9. C\u2019est encore un peu vide car toutes les machines ne sont pas encore install\u00e9es. La production n\u00e9cessite la mise en place de processus qualit\u00e9 tr\u00e8s rigoureux avec s\u00e9paration des flux en entr\u00e9e et en sortie dans le laboratoire, confinement des diff\u00e9rentes \u00e9tapes de production, salles blanches, etc. C\u2019est une histoire de qualit\u00e9 et de processus.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/Gnthon-BioProd-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; margin: 10px 0px 10px 10px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; display: inline; padding-top: 0px; border-width: 0px;\" title=\"G\u00e9n\u00e9thon BioProd (3)\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Les-dessous-techniques-du-squenage-du-gn_82A7\/Gnthon-BioProd-3_thumb.jpg\" alt=\"G\u00e9n\u00e9thon BioProd (3)\" width=\"360\" height=\"538\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ce laboratoire a repr\u00e9sent\u00e9 28m\u20ac d\u2019investissements financ\u00e9s \u00e0 hauteur de 5m\u20ac par l\u2019AFM, 8 m\u20ac par le Conseil R\u00e9gional de l\u2019Ile de France, 7 m\u20ac par le Conseil G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Essonne et par le parc de recherche G\u00e9nopole pour 8 m\u20ac, qui est lui-m\u00eame financ\u00e9 par les collectivit\u00e9s locales, l\u2019\u00e9tat et l\u2019AFM.<\/p>\n<p>Au bout du bout : la production des premiers tests cliniques de th\u00e9rapies g\u00e9niques pour traiter la myopathie de Duchenne. Les r\u00e9sultats sont attendus pour 2013, 26 ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation du T\u00e9l\u00e9thon. Quelle patience, quelle t\u00e9nacit\u00e9 ! Mais qui auront \u00e9t\u00e9 payantes au bout du compte !<\/p>\n<p>Mais ce n\u2019est pas tout. Une fois que les tests cliniques auront eu lieu et on l\u2019esp\u00e8re avec succ\u00e8s, il faudra passer aux \u00e9tapes suivantes. Les \u00e9quipes du G\u00e9n\u00e9thon et de l\u2019AFM souhaitent acc\u00e9l\u00e9rer le processus d\u2019enregistrement des th\u00e9rapies dans les grandes agences de sant\u00e9 : l\u2019<a href=\"http:\/\/ansm.sante.fr\/\">ANSM<\/a> en France, l\u2019<a href=\"http:\/\/www.ema.europa.eu\/ema\/\">EMA<\/a> \u00e0 l\u2019\u00e9chelon europ\u00e9en et la <a href=\"http:\/\/www.fda.gov\/\">FDA<\/a> aux USA. L\u2019objectif est de raccourcir les d\u00e9lais \u00e0 deux ans avec l\u2019introduction d\u2019au moins une th\u00e9rapie nouvelle par an. L\u2019AFM et le G\u00e9n\u00e9thon ambitionnent aussi de faire en sorte que les traitements soient commercialis\u00e9s \u00e0 un co\u00fbt raisonnable, d\u2019o\u00f9 un travail sur la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et sur la relation avec les laboratoires pharmaceutiques qui industrialiseront la fabrication et la distribution des th\u00e9rapies g\u00e9niques. Une t\u00e2che ardue car il s\u2019agira souvent de produits d&#8217;administration unique, comme une greffe, avec des mod\u00e8les de revenus non r\u00e9currents. Ensuite, il faudra aussi transposer les m\u00e9thodes et le savoir dans d\u2019autres maladies rares comme la maladie de Huntington qui affecte le syst\u00e8me nerveux et puis \u00e0 terme celle de Parkinson. Et pourquoi pas, ultimement sur de nombreux cancers dont il semblerait qu\u2019\u00e0 terme ils puissent \u00eatre trait\u00e9s plus efficacement par th\u00e9rapies g\u00e9niques.<\/p>\n<p>Dans ma petite investigation sur cette s\u00e9rie d\u2019articles, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par le c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s collaboratif et international de la recherche. Cela touche aussi bien au s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome humain (Human Genome Project) que le partage des donn\u00e9es li\u00e9es aux efforts qui ont suivi (1000genome, bases diverses mutualis\u00e9es) que sur la recherche fondamentale sur le fonctionnement des cellules ou sur diverses th\u00e9rapies. Les efforts du G\u00e9n\u00e9thon s\u2019inscrivent dans ce cadre et ont eu et auront un impact majeur sur les progr\u00e8s en mati\u00e8re de sant\u00e9, tr\u00e8s certainement largement au-del\u00e0 des maladies rares. Les th\u00e9rapies g\u00e9niques sur les cancers pourraient en \u00eatre un aboutissement mais il faudra encore de longues ann\u00e9es avant d\u2019y arriver.<\/p>\n<p>Et le s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome dans tout \u00e7a ? C\u2019\u00e9tait une \u00e9tape lourde et utile qui a occup\u00e9 le G\u00e9n\u00e9thon pendant les ann\u00e9es 80 et 90. Mais une \u00e9tape interm\u00e9diaire seulement. Ce qui a suivi s\u2019est s\u2019appuy\u00e9 sur d\u2019autres m\u00e9thodes de recherche qui concernent le fonctionnement des cellules et la m\u00e9canique complexe des th\u00e9rapies g\u00e9niques. Le savoir faire cumul\u00e9 dans le s\u00e9quen\u00e7age a cependant bien servi dans la cr\u00e9ation de th\u00e9rapies g\u00e9niques car les bases sont voisines : comment fonctionne la r\u00e9plication de l\u2019ADN, sa transposition en ARNm puis en prot\u00e9ines, comment l\u2019ADN se recombine, se modifie, quels sont les \u00e9l\u00e9ments ext\u00e9rieurs (prot\u00e9ines, etc) qui conditionnent l\u2019expression des g\u00e8nes, etc. Dans le m\u00eame temps, les avanc\u00e9es dans le savoir faire sur le s\u00e9quen\u00e7age a fait avancer l\u2019outillage de laboratoire. Il y en a eu en parall\u00e8le sur les outils dits \u201cbiopuces\u201d (DNA Arrays) qui ne font pas du s\u00e9quen\u00e7age mais de l\u2019identification en masse de g\u00e8nes ou polymorphismes dans l\u2019ADN. Dans les deux cas, cet outillage est tr\u00e8s utile pour acc\u00e9l\u00e9rer la cr\u00e9ation de th\u00e9raphies g\u00e9niques, un long processus comme nous l\u2019avons vu.<\/p>\n<p>Pour nous r\u00e9parer, nous qui ne sommes que poussi\u00e8re d\u2019\u00e9toiles recycl\u00e9e et assemblage biochimique\u2026 !<\/p>\n<p><strong>Making of<\/strong><\/p>\n<p>Ouf, fin des devoirs de vacances\u2026 ! Mais quel parcours passionnant.<\/p>\n<p>Vous vous demandez peut-\u00eatre comment j\u2019ai pu m\u2019y prendre pour r\u00e9diger tout \u00e7a sachant que je n\u2019avais aucune connaissance pr\u00e9alable du sujet. Un petit \u201cmaking of\u201d s\u2019impose en guise de chute.<\/p>\n<p>Ici, pas de salon de visit\u00e9 ni de conf\u00e9rence. Le salon, c\u2019est Internet ! Celui qui permet d\u2019apprendre. Le point de d\u00e9part de cette qu\u00eate sont les articles de Wikipedia, de pr\u00e9f\u00e9rence en anglais, qui sont assez bien document\u00e9s et constituent une v\u00e9ritable fractale informationnelle. Puis Google Search pour affiner les recherches une fois identifi\u00e9s les termes techniques cl\u00e9s du domaine.<\/p>\n<p>La consultation des sites des fabricants \u00e9tait \u00e9videmment indispensable. Leur tendance \u00e0 simplifier les choses pour des raisons marketing est compens\u00e9e par les publications scientifiques qui accompagnent g\u00e9n\u00e9ralement toute introduction de nouveau proc\u00e9d\u00e9 technique. Il existe de nombreux sites de publications scientifiques et heureusement, une part significative des articles y sont diffus\u00e9s gratuitement. Il faut g\u00e9n\u00e9ralement s\u2019accrocher pour les piger, d\u2019o\u00f9 l\u2019ingurgitation pr\u00e9alable d\u2019un vocabulaire assez dense de biologie mol\u00e9culaire. On trouve aussi parfois des th\u00e8ses de doctorat tr\u00e8s int\u00e9ressantes qui brossent un tableau complet du sujet, le plus souvent en anglais.<\/p>\n<p>Il existe aussi quelques supports de cours d\u2019universit\u00e9s de m\u00e9decine qui m\u2019on servi de guides. A ceci pr\u00e8s qu\u2019ils ne sont pas toujours bien \u00e0 la page. Ils traitent des principales m\u00e9thodes de s\u00e9quen\u00e7age mais tr\u00e8s peu des m\u00e9thodes les plus r\u00e9centes dites de troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. C\u2019est un peu le lot commun de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur lorsque la technologie \u00e9volue tr\u00e8s vite. C\u00f4t\u00e9 illustrations, j\u2019ai puis\u00e9 \u00e9galement dans ces diff\u00e9rentes sources mais je n\u2019ai pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er les miennes lorsque cela me semblait utile pour mieux vulgariser certains principes.<\/p>\n<p>Mes articles sont aussi des fractales. Au d\u00e9part, je me dis que je vais \u00e9crire \u201cun article\u201d. Et je me rend compte qu\u2019il est trop grand. Je le coupe en deux. Quand j\u2019avance dans la seconde partie, m\u00eame constat et red\u00e9coupage en deux. Ainsi de suite jusqu\u2019\u00e0 \u00e9puiser le sujet, et ici, en sept parties. Pour cette derni\u00e8re partie, mais en fait au d\u00e9but de ma s\u00e9rie, j\u2019ai fait une petite visite au G\u00e9n\u00e9thon et rencontr\u00e9 son Directeur G\u00e9n\u00e9ral, <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Revah<\/strong>, qui m\u2019a mis sur plusieurs pistes d\u2019investigation et fourni les \u00e9l\u00e9ments d&#8217;informations relatif \u00e0 cet \u00e9pisode de la s\u00e9rie. Puis quelques suggestions de lecteurs, eux-m\u00eames parfois entrepreneurs dans le domaine comme <strong>Patrick Merel <\/strong>de Portable\u00a0Genomics.<\/p>\n<p>Je voulais lever le voile sur ce qui \u00e9tait pour moi un v\u00e9ritable myst\u00e8re technologique. Le voile est lev\u00e9 en grande partie. Mais ce n\u2019est pas comme lorsque l\u2019on d\u00e9couvre comment un tour de magie est r\u00e9alis\u00e9, o\u00f9 l\u2019on se dit \u201c<em>ah, c\u2019\u00e9tait juste \u00e7a\u2026<\/em>\u201d et que l\u2019on ressort un peu d\u00e9\u00e7u. Non. Ici, c\u2019est diff\u00e9rent. L\u2019exploration de l\u2019infiniment petit dans le vivant est un puits sans fonds. Le sujet est tr\u00e8s complexe. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 de d\u00e9couvrir tout ce que l\u2019on savait mais aussi tout ce que l\u2019on ne savait pas. La biog\u00e9n\u00e9tique est porteuse de nombreuses promesses qui vont sans conteste faire progresser notre sant\u00e9, notre qualit\u00e9 de vie voire notre long\u00e9vit\u00e9 dans de bonne conditions. Cela vaut le coup de se pencher dessus et \u00e7a vous change de la TV num\u00e9rique que j\u2019aborde abondamment dans ce blog !<\/p>\n<p>Il est temps maintenant de revenir \u00e0 une activit\u00e9 normale. La rentr\u00e9e va me voir faire un tour habituel aux Universit\u00e9s d\u2019Et\u00e9 du MEDEF et je vais surtout ensuite visiter l\u2019IBC \u00e0 Amsterdam, ce salon \u00e9tant la Mecque de la t\u00e9l\u00e9vision num\u00e9rique. Puis en octobre, seconde visite au CEATEC \u00e0 Tokyo. Entre temps, je vais poursuivre ma s\u00e9rie d\u2019articles sur les <strong><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2012\/mipcube-startups-tv-connectee\/\">fran\u00e7ais de la t\u00e9l\u00e9vision connect\u00e9e<\/a><\/strong> commenc\u00e9e en avril 2012. En plus de mon activit\u00e9 de conseil dans la TV num\u00e9rique qui est la partie immerg\u00e9e de l\u2019iceberg.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici la derni\u00e8re partie de cette s\u00e9rie sur le s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome humain qui est d\u00e9di\u00e9e \u00e0 son exploitation dans la cr\u00e9ation de th\u00e9rapies g\u00e9niques. Je vais me focaliser ici sur ce que fait le G\u00e9n\u00e9thon et les maladies rares d\u2019origine g\u00e9n\u00e9tiques. La raison ? J\u2019ai eu l\u2019occasion de le visiter en ao\u00fbt 2012 ! 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