{"id":16038,"date":"2018-07-13T09:47:39","date_gmt":"2018-07-13T08:47:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/?p=16038"},"modified":"2018-09-28T16:57:27","modified_gmt":"2018-09-28T15:57:27","slug":"comprendre-linformatique-quantique-ordinateur-quantique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2018\/comprendre-linformatique-quantique-ordinateur-quantique\/","title":{"rendered":"Comprendre l&#8217;informatique quantique &#8211; ordinateur quantique"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir d\u00e9crit les <a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2018\/comprendre-informatique-quantique-basiques\/\">principes de base de la physique quantique<\/a> puis ceux des <a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2018\/comprendre-informatique-quantique-qubits\/\">qubits<\/a> dans cette longue s\u00e9rie sur l\u2019informatique quantique, nous allons aller plus loin et d\u00e9crire le fonctionnement op\u00e9rationnel et physique d\u2019un ordinateur quantique.<\/p>\n<p>Il ne suffit en effet pas de r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 l\u2019envie que les qubits sont capables d\u2019avoir \u00e0 la fois la valeur 0 et 1. Il reste \u00e0 comprendre comment ils sont mis en \u0153uvre d\u2019un point de vue pratique ! La compr\u00e9hension de cette mise en \u0153uvre est ensuite \u00e0 relier aux algorithmes quantiques. Qui plus est, les architectures d\u2019ordinateurs quantiques d\u00e9pendent \u00e9troitement des caract\u00e9ristiques de leurs qubits et les algorithmes utilis\u00e9s ne sont pas forc\u00e9ment les m\u00eames selon ces architectures !<\/p>\n<p>Certains comme le Fran\u00e7ais <strong>Atos <\/strong>ont cependant cr\u00e9\u00e9 des outils de programmation quantiques qui se veulent ind\u00e9pendants des architectures mat\u00e9rielles. Un peu comme un compilateur C ou C++ qui peut g\u00e9n\u00e9rer du code binaire ex\u00e9cutable sur des processeurs diff\u00e9rents. Cela peut fonctionner s\u2019il existe une \u00e9quivalence th\u00e9orique entre les diff\u00e9rents mod\u00e8les d\u2019ordinateurs quantiques. Il se trouve que c\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s le cas donc tout va bien.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre pr\u00e9cis, dans ce qui suit, nous allons nous appuyer sur l\u2019architecture d\u2019ordinateurs quantiques universels \u00e0 portes quantiques qui est la plus courante, celle des qubits \u00e0 base de supraconducteurs \u00e0 effet Josephson. Elle est notamment utilis\u00e9e par IBM, Google, Intel et la startup am\u00e9ricaine Rigetti. Une bonne part des \u00e9l\u00e9ments \u00e9voqu\u00e9s ici sont cependant applicables aux calculateurs quantiques utilisant d\u2019autres types de qubits.<\/p>\n<p><strong>Poup\u00e9es russes de l\u2019ordinateur quantique<\/strong><\/p>\n<p>Nous allons d\u00e9marrer ici par une vue d\u2019ensemble de l\u2019architecture g\u00e9n\u00e9rale d\u2019un ordinateur quantique.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, un peu comme pour les GPU, les ordinateurs quantiques sont mis en \u0153uvre comme des coprocesseurs d&#8217;ordinateurs traditionnels qui les alimentent. Un ordinateur quantique est toujours un coprocesseur d\u2019un ordinateur traditionnel, comme peut l\u2019\u00eatre un GPU pour les jeux vid\u00e9os ou pour l\u2019entrainement de r\u00e9seaux de neurones dans le deep learning.<\/p>\n<p>Ces ordinateurs classiques servent \u00e0 ex\u00e9cuter les programmes destin\u00e9s au processeur quantique pour les traduire en op\u00e9rations physiques \u00e0 r\u00e9aliser sur les qubits et \u00e0 en interpr\u00e9ter les r\u00e9sultats. Des donn\u00e9es sont utilis\u00e9es pour initialiser l\u2019\u00e9tat des qubits. L\u2019ordinateur traditionnel pilote de pr\u00e8s le fonctionnement de l\u2019ordinateur quantique en d\u00e9clenchant \u00e0 un rythme pr\u00e9cis les op\u00e9rations sur les qubits qui sont r\u00e9alis\u00e9es par les portes quantiques. Ce d\u00e9clenchement tient compte du temps d\u2019ex\u00e9cution des portes quantiques et du temps de coh\u00e9rence connu des qubits, c\u2019est-\u00e0-dire, le temps pendant lequel les qubits restent en \u00e9tat de superposition.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Architecture-Ordinateur-Quantique.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Architecture Ordinateur Quantique\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Architecture-Ordinateur-Quantique_thumb.jpg\" alt=\"Architecture Ordinateur Quantique\" width=\"557\" height=\"253\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>En plus de son ordinateur classique de contr\u00f4le, notre ordinateur quantique comprend au minimum les composantes labellis\u00e9es de 1 \u00e0 6 que nous allons d\u00e9cortiquer une par une, d\u2019abord avec une vue d\u2019ensemble ci-dessous, puis avec une vue plus d\u00e9taill\u00e9e juste apr\u00e8s.<\/p>\n<p>(1) Les <strong>registres quantiques <\/strong>sont des collections de qubits. En 2018, ils n\u2019en comprennent qu\u2019\u00e0 peine quelques dizaines. Ce sont eux qui stockent l\u2019information manipul\u00e9e dans l\u2019ordinateur et exploitent le principe de superposition permettant de faire cohabiter un grand nombre de valeurs dans ces registres et d\u2019op\u00e9rer des op\u00e9rations dessus simultan\u00e9ment.<\/p>\n<p>(2) Les <strong>portes quantiques <\/strong>sont des dispositifs physiques agissant sur les qubits des registres quantiques, \u00e0 la fois pour les initialiser et pour y effectuer des op\u00e9rations de calcul. Ces portes sont appliqu\u00e9es de mani\u00e8re it\u00e9rative, au gr\u00e9 des algorithmes \u00e0 ex\u00e9cuter. L\u2019\u00e9lectronique de commande des qubits pilote les dispositifs physiques qui servent \u00e0 initialiser, modifier et lire l\u2019\u00e9tat des qubits. Dans les qubits supraconducteurs, les portes quantiques sont activ\u00e9es avec des g\u00e9n\u00e9rateurs de micro-ondes de fr\u00e9quences comprises entre 5 et 10 Ghz. Ces micro-ondes circulent sur des fils \u00e9lectriques conducteurs entre leur source et le processeur quantique. Leurs g\u00e9n\u00e9rateurs prennent encore de la place. Ils ne sont pas tr\u00e8s miniaturis\u00e9s \u00e0 ce stade, g\u00e9n\u00e9rant un facteur limitant du nombre de qubits qui sont int\u00e9grables dans un calculateur quantique.<\/p>\n<p>(3) Des <strong>dispositifs physiques de mesure de l\u2019\u00e9tat des qubits <\/strong>permettent d\u2019obtenir le r\u00e9sultat des calculs \u00e0 la fin du processus d\u2019ex\u00e9cution s\u00e9quentielle des portes quantiques. Dans certains types d\u2019ordinateurs quantiques comme les syst\u00e8mes \u00e0 recuit quantique de D-Wave, on peut appliquer ce cycle d\u2019initialisation, de calculs et de mesure plusieurs fois pour \u00e9valuer plusieurs fois le r\u00e9sultat. On obtient alors par moyenne une valeur comprise entre 0 et 1 pour chaque qubit des registres de l\u2019ordinateur quantique. Les valeurs lues par les dispositifs physiques de lecture sont ensuite converties en valeurs num\u00e9riques et transmises \u00e0 l&#8217;ordinateur classique qui pilote l\u2019ensemble et permet l\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats. Les dispositifs de lecture sont reli\u00e9s \u00e0 leur \u00e9lectronique de contr\u00f4le via des fils supraconducteurs dans le cas des qubits d\u2019ordinateurs supraconducteurs.<\/p>\n<p>(4) Le <strong>chipset<\/strong> <strong>quantique <\/strong>comprend les registres quantiques, les portes quantiques et les dispositifs de mesure lorsqu\u2019il s\u2019agit de qubits \u00e0 supraconducteurs ou \u00e0 quantum dots. Les dispositifs sont plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes pour les autres types de qubits, notamment ceux qui exploitent des lasers et des photons pour l\u2019initialisation, les portes quantiques et la mesure des qubits. Les chipsets actuels ne sont pas tr\u00e8s grands. Ils font la taille d\u2019un capteur photo full-frame ou double-format pour les plus grands d\u2019entre eux. Chaque qubit est relativement grand, leur taille se mesurant en microns alors que les transistors de processeurs modernes en CMOS ont des tailles maintenant inf\u00e9rieures \u00e0 20 nanom\u00e8tres.<\/p>\n<p>(5) Les <strong>qubits logiques <\/strong>regroupent des qubits physiques pour permettre une mise en \u0153uvre de correction d\u2019erreurs \u00e0 l\u2019\u00e9chelle physique de l\u2019ordinateur. D\u2019autres m\u00e9thodes utilisent des corrections d\u2019erreurs au niveau algorithmique par l\u2019utilisation de codes de correction d\u2019erreurs \u00e0 base de portes quantiques. La gestion des erreurs engendr\u00e9es par les op\u00e9rations effectu\u00e9es sur les qubits est un des plus gros casse-t\u00eate de la mise au point d\u2019ordinateurs quantiques.<\/p>\n<p>(6) Une <strong>enceinte cryog\u00e9nis\u00e9e<\/strong> maintient l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019ordinateur \u00e0 une temp\u00e9rature voisine du z\u00e9ro absolu. Elle contient une partie de l\u2019\u00e9lectronique de commande et le ou les chipsets quantiques pour \u00e9viter de g\u00e9n\u00e9rer des perturbations emp\u00eachant les qubits de fonctionner, notamment au niveau de leur intrication et coh\u00e9rence ainsi que pour r\u00e9duire le bruit de leur fonctionnement. Le Graal serait de pouvoir faire fonctionner des qubits \u00e0 temp\u00e9rature ambiante mais les architectures correspondantes comme dans les NV Vacancy ou cavit\u00e9s de diamants ne sont pas encore op\u00e9rationnelles.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9aliser le sch\u00e9ma <em>ci-dessus <\/em>qui explique tout cela, je me suis inspir\u00e9 du slide 14 de la pr\u00e9sentation <a href=\"https:\/\/science.energy.gov\/~\/media\/ascr\/ascac\/pdf\/meetings\/201604\/2016-0405-ascac-quantum-02.pdf\">Quantum Computing (and Quantum Information Science)<\/a> de Steve Binkley, US Department of Energy, 2016 (23 slides).<\/p>\n<p>Voyons donc tout cela en d\u00e9tail !<\/p>\n<p><strong>Registres<\/strong><\/p>\n<p>Dans un ordinateur quantique, les qubits sont organis\u00e9s par blocs qui constituent des registres. Un peu comme les registres 32 ou 64 bits des processeurs classiques actuels. L\u2019histoire ne dit pas encore si les ordinateurs de plusieurs millions de qubits utiliseront des registres de cette taille ou des registres de taille raisonnable. Les architectures envisag\u00e9es sont diverses, comme celles qui utiliseraient des registres de qubits qui seraient ensuite reli\u00e9s entre eux de diverses mani\u00e8res, via des portes quantiques et\/ou de l\u2019intrication.<\/p>\n<p>La principale diff\u00e9rence entre un registre de n qubits et un registre traditionnel de n bits est la quantit\u00e9 d\u2019information qui peut y \u00eatre manipul\u00e9e simultan\u00e9ment. Dans les ordinateurs classiques, ce sont par exemple des registres de 32 ou 64 bits qui stockent des entiers ou des nombres flottants sur lesquels sont r\u00e9alis\u00e9es des op\u00e9rations math\u00e9matiques \u00e9l\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Les qubits pr\u00e9sentent l\u2019avantage de pouvoir osciller en permanence entre la valeur 0 et 1, selon le principe de la superposition des \u00e9tats quantiques. L\u2019oscillation est une vue de l\u2019esprit qui ne correspond pas forc\u00e9ment \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 physique mais permet de se faire une id\u00e9e conceptuelle de cette notion de superposition.<\/p>\n<p>Un registre de n qubits peut donc avoir toutes les valeurs possibles \u00e0 un moment donn\u00e9. Pour prendre l\u2019exemple d\u2019un registre de 3 bits et de 3 qubits, le premier stockera une seule valeur \u00e0 la fois comme 101 (5 en base 2) tandis que le registre de trois qubits va faire cohabiter par superposition toutes les valeurs possibles de ce registre, qui sont au nombre de 2 puissance 3, soient 8. C&#8217;est ce qui permet de faire des calculs \u00e0 combinatoire exponentielle.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Registres.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Registres\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Registres_thumb.jpg\" alt=\"Registres\" width=\"479\" height=\"208\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ces &#8220;2 puissance n&#8221; d&#8217;\u00e9tats ne correspondent toutefois pas v\u00e9ritablement \u00e0 une capacit\u00e9 de stockage d&#8217;information. C&#8217;est une capacit\u00e9 de superposition d&#8217;\u00e9tats auxquels on applique ensuite des traitements pour faire ressortir les combinaisons que l&#8217;on recherche selon un algorithme donn\u00e9. Cela permet de tester plein d\u2019hypoth\u00e8ses en parall\u00e8le pour faire ressortir la meilleure. L\u2019information pertinente est ce r\u00e9sultat qui se manifeste apr\u00e8s lecture sous la forme d\u2019un registre classique de bits. La combinatoire de toutes les valeurs de registres pendant les calculs n\u2019est pas une information utile en soi. C\u2019est l\u2019information qui en est extraite qui a de la valeur.<\/p>\n<p>Ne croyez donc pas ceux qui vous font miroiter des applications de type \u201cbig data\u201d gr\u00e2ce \u00e0 la combinatoire des \u00e9tats des qubits. Comme cette combinatoire n\u2019intervient que pendant les calculs et ni en entr\u00e9e ni en sortie, il faut raison garder !<\/p>\n<p>Les \u00e9tats superpos\u00e9s des registres v\u00e9rifient une loi de distribution probabiliste selon laquelle le total de la probabilit\u00e9 de chaque \u00e9tat superpos\u00e9 est \u00e9gal \u00e0 1 comme indiqu\u00e9 dans le sch\u00e9ma ci-dessous. Un calcul quantique va faire \u00e9voluer dans le temps la probabilit\u00e9 de chacune des combinaisons d\u2019\u00e9tats de qubits (|x&gt; dans la formule ci-dessous). L\u2019id\u00e9e est de faire converger apr\u00e8s plusieurs op\u00e9rations la valeur du registre quantique vers la valeur recherch\u00e9e que l\u2019on lit ensuite de mani\u00e8re classique pour obtenir une suite de n 0 et 1 contenant la r\u00e9ponse. Comme par exemple un nombre premier diviseur d\u2019un nombre entier fourni en entr\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Registre-quantique.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Registre quantique\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Registre-quantique_thumb.jpg\" alt=\"Registre quantique\" width=\"458\" height=\"197\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ce sch\u00e9ma est inspir\u00e9 de <a href=\"https:\/\/members.loria.fr\/SPerdrix\/wp-content\/blogs.dir\/110\/files\/sites\/110\/2017\/03\/chapitre-InfoQ.pdf\">Mod\u00e8les de Calcul Quantique<\/a> (30 pages), de Pablo Arrighi et Simon Perdrix, un document tr\u00e8s bien fait qui explique avec quelques formules math\u00e9matiques pas trop compliqu\u00e9es comment fonctionne le calcul quantique. Il explique notamment tr\u00e8s bien l\u2019algorithme de Deutsch-Jozsa sur lequel je reviendrai dans la partie suivante de cette s\u00e9rie.<\/p>\n<p>Ceci est renforc\u00e9 par le fait que lorsqu\u2019on lit le contenu d&#8217;un qubit, on r\u00e9cup\u00e8re 0 ou 1 et donc une seule combinaison des 0 et 1 des qubits du registre. En le faisant plusieurs fois de suite apr\u00e8s avoir ex\u00e9cut\u00e9 l\u2019ensemble de l\u2019algorithme, on r\u00e9cup\u00e8re un % de 0 et un % de 1. Idem pour tous les qubits d&#8217;un registre. On ne r\u00e9cup\u00e8re donc pas 2 puissance n valeurs dans la pratique, on r\u00e9cup\u00e8re n nombres flottants avec une pr\u00e9cision d\u00e9pendante de la pr\u00e9cision de la mesure de l\u2019\u00e9tat des qubits et du bruit qu\u2019ils subissent de l\u2019environnement et qui perturbe leur \u00e9tat de superposition. Mais cela d\u00e9pend des algorithmes. Pour la majorit\u00e9 d\u2019entre eux, une information binaire en sortie est suffisante comme pour l\u2019algorithme de factorisation de nombres entiers de Peter Shor. Mon histoire de % entre 0 et 1 est une possibilit\u00e9 th\u00e9orique. Je ne l\u2019ai rencontr\u00e9e que dans le cas de certains algorithmes pour ordinateurs de D-Wave qui reposent sur un fonctionnement particulier et que nous d\u00e9crirons dans une autre partie.<\/p>\n<p>On est sinon contraint par le<strong> th\u00e9or\u00e8me de Holevo<\/strong> de 1973 qui prouve qu&#8217;avec n qubit on ne peut pas r\u00e9cup\u00e9rer plus que n bits d&#8217;information apr\u00e8s un calcul quantique (<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Holevo%27s_theorem\">source<\/a>) !<\/p>\n<p>Au stade actuel de mise au point des qubits, leur taux d&#8217;erreur est situ\u00e9 aux environs de 0,5% environ et il faudrait id\u00e9alement qu\u2019il soit de 0,01% voire 0,0001%. Ce taux d&#8217;erreur s\u2019\u00e9value d\u2019ailleurs au niveau de la stabilit\u00e9 de chaque qubit pris isol\u00e9ment et des op\u00e9rations de portes quantiques portant sur deux qubits. La superposition des valeurs dans les registres quantiques est pr\u00e9serv\u00e9e pendant les op\u00e9rations de portes quantiques qui pr\u00e9sentent la particularit\u00e9 de ne pas faire sortir les qubits de leur \u00e9tat de superposition. Seule la mesure le fait. C\u2019est la magie des algorithmes quantiques que de l\u2019exploiter pour faire ressortir \u00e0 la fin le r\u00e9sultat recherch\u00e9. Vous suivez ?<\/p>\n<p>Cela ne pr\u00e9sente donc pas grand int\u00e9r\u00eat de comparer l\u2019\u00e9norme combinatoire des registres qubits avec le nombre de particules dans l\u2019Univers comme certains le font souvent. Ce ne sont pas des donn\u00e9es \u00e9quivalentes. Une combinatoire d\u2019\u00e9tats n\u2019est pas homoth\u00e9tique avec un nombre d\u2019objets. Avec un nombre d\u2019objets donn\u00e9, la combinatoire de ces objets repr\u00e9sentera toujours un nombre largement sup\u00e9rieur au nombre d\u2019objets pris en r\u00e9f\u00e9rence. Imaginez donc la combinatoire pour positionner dans l\u2019espace toutes les particules de l\u2019Univers !<\/p>\n<p>Par contre, sorti de cette combinatoire, les qubits ont plein d&#8217;inconv\u00e9nients en opposition totale avec les bits classiques. On ne peut ni copier classiquement ni effacer individuellement la valeur des qubits lorsqu\u2019ils sont ensuite intriqu\u00e9s entre eux. Leur mesure les modifie. Ce sont des objets probabilistes d\u00e9licats \u00e0 manipuler. Par contre, sans en conna\u00eetre la valeur interne (le fameux vecteur repr\u00e9sent\u00e9 par la sph\u00e8re de Bloch vue dans la <a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2018\/comprendre-informatique-quantique-qubits\/\">partie pr\u00e9c\u00e9dente<\/a>), on peut agir dessus avec des portes quantiques, que l&#8217;on va voir juste apr\u00e8s.<\/p>\n<p>Un qubit est coh\u00e9rent lorsqu\u2019il est bien en \u00e9tat de superposition entre les deux niveaux possibles du qubit physique. Le temps de coh\u00e9rence est une indication de la dur\u00e9e pendant laquelle les qubits d\u2019un registre restent coh\u00e9rents, donc en \u00e9tat de superposition. Pour \u00eatre pr\u00e9cis, le temps de coh\u00e9rence est celui au bout duquel les qubits perdent leur coh\u00e9rence.<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on effectue une mesure de l\u2019\u00e9tat d\u2019un qubit, on provoque sa d\u00e9coh\u00e9rence puisque la mesure am\u00e8ne le qubit dans l\u2019un de ses deux \u00e9tats de base possibles, en supprimant la superposition. D\u2019autres \u00e9v\u00e9nements physiques peuvent provoquer cette fin de superposition, ou d\u00e9coh\u00e9rence. Ils proviennent du \u201cbruit\u201d, des chocs entre atomes et autres perturbations physiques. En voici un petit inventaire pour ce qui est des qubits supraconducteurs issus de la pr\u00e9sentation <a href=\"https:\/\/qudev.phys.ethz.ch\/content\/courses\/QSIT11\/QSIT11_V08_slides.pdf\">Sources of decohence<\/a>, de l\u2019ETH Zurich, 2005 (23 slides). On y voit notamment \u00e9voqu\u00e9 le bruit magn\u00e9tique, ce qui explique pourquoi D-Wave isole ses enceintes d\u2019ordinateur quantique avec 16 couches m\u00e9talliques pour limiter l\u2019impact du magn\u00e9tisme terrestre sur ses qubits.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Sources-of-decoherence.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Sources of decoherence\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Sources-of-decoherence_thumb.jpg\" alt=\"Sources of decoherence\" width=\"454\" height=\"333\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>On \u00e9vite une partie de ces effets en refroidissant les qubits \u00e0 une temp\u00e9rature proche du z\u00e9ro absolu, mais ce n\u2019est pas suffisant. Les chercheurs travaillent donc d\u2019arrache-pied pour faire en sorte que le temps de coh\u00e9rence des qubits soit le plus long possible et le bruit qui affecte les qubits le plus faible possible.<\/p>\n<p>C\u2019est une situation paradoxale : les qubits restent coh\u00e9rents, donc en \u00e9tat de superposition, si on ne les d\u00e9range pas, mais on passe son temps \u00e0 les d\u00e9ranger avec les op\u00e9rations des portes quantiques qui agissent dessus ! En termes physiques, on veut donc en obtenir le beurre et l\u2019argent du beurre !<\/p>\n<p><strong>Portes<\/strong><\/p>\n<p>Dans l&#8217;informatique classique, les portes logiques ex\u00e9cutent de l&#8217;alg\u00e8bre bool\u00e9enne avec des tables de d\u00e9cision en fonction des bits en entr\u00e9e. Il y a plusieurs types de portes logiques \u00e0 une et deux entr\u00e9es, dont la porte NAND qui est int\u00e9ressante car elle est universelle et n\u2019utilise que deux transistors. On peut th\u00e9oriquement cr\u00e9er les autres portes bool\u00e9ennes avec des portes NAND.<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, les portes logiques sont cependant panach\u00e9es dans les circuits. Un processeur <strong>Intel <\/strong>Core i5\/7 avec de 5 milliards de transistors va comprendre au moins 1 \u00e0 2 milliards de portes logiques. Un processeur est \u00e9videmment tr\u00e8s complexe avec des portes qui g\u00e8rent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une m\u00e9moire cache et aux registres et la lecture de programmes qui d\u00e9finissent les portes \u00e0 utiliser dans les calculs. A partir de l\u00e0, on peut presque tout faire ! Ces op\u00e9rations sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es \u00e0 la fr\u00e9quence d&#8217;horloge du processeur, exprim\u00e9e en MHz ou, le plus souvent, en GHz.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Portes-logiques-et-quantiques.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Portes logiques et quantiques\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Portes-logiques-et-quantiques_thumb.jpg\" alt=\"Portes logiques et quantiques\" width=\"528\" height=\"293\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Les qubits qui stockent chacun un vecteur \u00e0 deux dimensions subissent de leur c\u00f4t\u00e9 des op\u00e9rations via des portes quantiques qui leur appliquent des op\u00e9rations d\u2019alg\u00e8bre lin\u00e9aire sous forme de matrices 2&#215;2 de nombres r\u00e9els et complexes comme repr\u00e9sent\u00e9es <em>ci-dessus<\/em>.<\/p>\n<p>Les portes quantiques modifient l\u2019information des qubits sans les lire. Elles permettent aussi \u00e0 l&#8217;information de circuler entre les qubits.\u00a0Elles ne sont pas destructrices de l\u2019\u00e9tat des qubits ou de leur coh\u00e9rence contrairement aux syst\u00e8mes de mesure qui interviennent en fin de calcul.<\/p>\n<p>Comme pour la logique bool\u00e9enne, il existe des portes unitaires agissant sur un seul qubit et des portes agissant sur plusieurs qubits de mani\u00e8re conditionnelle.<\/p>\n<p>Dans les portes unitaires, les vecteurs \u00e0 deux dimensions repr\u00e9sentant l\u2019\u00e9tat des qubits sont multipli\u00e9s par des matrices unitaires. L\u2019op\u00e9ration provoque une rotation du vecteur repr\u00e9sentant la valeur du qubit en \u00e9tat de superposition dans la sph\u00e8re de Bloch qui le repr\u00e9sente g\u00e9om\u00e9triquement.<\/p>\n<p>Les principales portes unitaires sont :<\/p>\n<ul>\n<li>La <strong>porte X <\/strong>ou <strong>NOT <\/strong>qui r\u00e9alise une inversion. Un 0 devient un 1 et r\u00e9ciproquement. Math\u00e9matiquement, elle intervertit le alpha et le beta du vecteur \u00e0 deux composantes qui repr\u00e9sente l\u2019\u00e9tat du qubit. Cette porte est souvent utilis\u00e9e pour initialiser \u00e0 1 l\u2019\u00e9tat d\u2019un qubit en d\u00e9but de processus qui est par d\u00e9faut \u00e0 1.<\/li>\n<li>La <strong>porte Y <\/strong>qui r\u00e9alise une rotation d\u2019un demi tour autour de l\u2019axe Y dans la sph\u00e8re de Bloch.<\/li>\n<li>La <strong>porte Z <\/strong>qui est un changement de signe appliqu\u00e9 sur la composante beta du vecteur du qubit. Les portes X, Y et Z sont dites \u201cportes de Pauli\u201d.<\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/X-Z-and-H-gates.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"X Z and H gates\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/X-Z-and-H-gates_thumb.jpg\" alt=\"X Z and H gates\" width=\"434\" height=\"136\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<ul>\n<li>La <strong>porte Hadamard-Walsh <\/strong>qui met un qubit \u00e0 0 ou 1 dans un \u00e9tat superpos\u00e9 \u201c0 et 1\u201d. Elle est fondamentale pour g\u00e9n\u00e9rer cette superposition d\u2019\u00e9tats dans les registres que nous avons d\u00e9crite dans la partie sur les registres. La porte de Hadamard est tr\u00e8s souvent utilis\u00e9e pour initialiser un registre quantique afin de g\u00e9n\u00e9rer cette combinatoire de \u201c2 puissance n\u201d valeurs diff\u00e9rentes cohabitant simultan\u00e9ment dans un registre de n qubits. Par contre, les portes quantiques qui vont intriquer entre eux des qubits vont r\u00e9duire cette combinatoire car les qubits intriqu\u00e9s vont \u00eatre en quelque sorte synchronis\u00e9s, et r\u00e9duire la combinatoire de superposition d\u2019\u00e9tats du registre quantique. Voici une repr\u00e9sentation de l\u2019effet de cette porte sur un qubit initialis\u00e9 \u00e0 0 ou 1 dans la sph\u00e8re de Bloch. Notons que si l\u2019on applique deux fois de suite une porte de Hadamard \u00e0 un qubit, on revient au point de d\u00e9part.<\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Hadamard-gate.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Hadamard gate\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Hadamard-gate_thumb.png\" alt=\"Hadamard gate\" width=\"506\" height=\"232\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Nous avons ensuite des portes \u00e0 deux ou trois qubits comme :<\/p>\n<ul>\n<li>La <strong>porte CNOT <\/strong>qui est une inversion de la valeur d\u2019un qubit conditionn\u00e9e par la valeur 1 d\u2019un autre qubit.<\/li>\n<li>La porte <strong>C2NOT <\/strong>ou de <strong>Toffoli<\/strong> est une inversion de la valeur d\u2019un qubit conditionn\u00e9e par la valeur 1 de deux autres qubits.<\/li>\n<li>La <strong>porte SWAP <\/strong>intervertit les valeurs quantiques de deux qubits. Elle peut d\u2019ailleurs \u00eatre g\u00e9n\u00e9r\u00e9e \u00e0 partir de l\u2019encha\u00eenement de trois portes CNOT cons\u00e9cutives (sch\u00e9ma <em>ci-dessous<\/em>).<\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/CNOT-et-SWAP.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"CNOT et SWAP\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/CNOT-et-SWAP_thumb.jpg\" alt=\"CNOT et SWAP\" width=\"374\" height=\"134\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<ul>\n<li>La porte de <strong>Fredkin<\/strong> est une porte SWAP conditionn\u00e9e par l\u2019\u00e9tat d\u2019un troisi\u00e8me qubit. Elle a donc trois entr\u00e9es.<\/li>\n<li>La <strong>porte S <\/strong>qui permet un changement de phase d\u2019un qubit contr\u00f4l\u00e9 par l\u2019\u00e9tat d\u2019un qubit.\n<ul><!--EndFragment--><\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces portes \u00e0 2 ou 3 qubits y appliquent donc des transformations matricielles de respectivement 4&#215;4 ou 8&#215;8 entr\u00e9es aux qubits en entr\u00e9e. Soit 1 qubit = 2 nombres, 2 qubits = 4 nombres, 3 qubits = 8 nombres, la taille des matrices de transformation de l&#8217;\u00e9tat des qubits \u00e9tant de 2 puissance le nombre de qubits transform\u00e9s. Pourquoi donc ? Parce que ces matrices s&#8217;appliquent \u00e0 chacun des \u00e9tats superpos\u00e9s possibles de la combinaison des qubits, et ce nombre d&#8217;\u00e9tats est 2 puissance N qubits.<\/p>\n<p>Les portes de Toffoli et Fredkin sont dites compl\u00e8tes, car elles sont capables d\u2019engendrer toutes les portes logiques de la combinatoire des circuits.<\/p>\n<p>Un jeu de portes est dit universel lorsqu\u2019il permet de recr\u00e9er par assemblage temporel toutes les portes requises par les algorithmes courants. Plusieurs combinaisons de portes universelles sont possibles comme une porte CNOT et une SWAP, ou bien une porte de Hadamard compl\u00e9t\u00e9e d\u2019une porte CNOT. Une seule porte Toffoli est universelle. Selon Artur Ekert, presque toutes les portes \u00e0 deux qubits sont universelles. La combinaison de portes universelles mises en \u0153uvre physiquement dans les ordinateurs quantiques d\u00e9pend de leur type et des dispositifs physiques qui agissent sur les qubits.<\/p>\n<p>Les ordinateurs quantiques utilisent aussi des \u201c<em>ancillae qubits<\/em>\u201d ou qubits de contr\u00f4le de valeurs d\u00e9termin\u00e9e (0 en g\u00e9n\u00e9ral) pouvant \u00eatre combin\u00e9es avec des qubits ind\u00e9termin\u00e9s (ceux du calcul). Ils sont aussi utilis\u00e9s pour la correction quantique d\u2019erreurs (QEC) expliqu\u00e9e plus loin. On n\u2019en lit pas la valeur \u00e0 la fin des traitements. C&#8217;est une sorte de poubelle de qubits utilis\u00e9s pendant les calculs !<\/p>\n<p>Les portes quantiques ont la particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre th\u00e9oriquement r\u00e9versibles. On peut revenir en arri\u00e8re si bon nous chante et sans perdre d&#8217;information en appliquant dans l&#8217;ordre inverse les portes quantiques qui viennent d&#8217;\u00eatre appliqu\u00e9es \u00e0 un registre de qubits. L&#8217;int\u00e9r\u00eat de la r\u00e9versibilit\u00e9 est que les portes quantiques ne consomment pas ou peu d&#8217;\u00e9nergie. C\u2019est d\u2019ailleurs une voie possible de r\u00e9duction de consommation d\u2019\u00e9nergie pour les ordinateurs traditionnels, mais dont l\u2019exploration est laborieuse. Il est en effet possible de cr\u00e9er des portes logiques traditionnelles r\u00e9versibles ! Voir par exemple\u00a0<a href=\"https:\/\/cfwebprod.sandia.gov\/cfdocs\/CompResearch\/docs\/Stanford-CS-colloq_v2_ho2up.pdf\">Generalized Reversible Computing and the Unconventional Computing Landscape<\/a> de Michael Frank, 2017 (34 slides).<\/p>\n<p>La notion de r\u00e9versibilit\u00e9 d\u2019un calcul quantique est th\u00e9orique et ne sert donc pas \u00e0 grand chose. On pourrait en th\u00e9orie ex\u00e9cuter un algorithme quantique puis d\u00e9rouler \u00e0 l\u2019envers cet algorithme et revenir au point de d\u00e9part initial\u2026 avec des qubits initialis\u00e9s \u00e0 0 ! Cela permettrait par exemple de partir d\u2019un r\u00e9sultat connu et de revenir au point de d\u00e9part, mais une suite de z\u00e9ros n\u2019est pas tr\u00e8s int\u00e9ressante ! Qui plus est, cela ne fonctionnerait pas bien parce que le bruit quantique perturberait l\u2019op\u00e9ration et introduirait des erreurs. Cela ne servirait pas \u00e0 grand chose et on ne pourrait pas mesurer l\u2019\u00e9tat des qubits \u00e0 la fin de l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019algorithme avant l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019algorithme invers\u00e9 car cela rabattrait les vecteurs des qubits dans des valeurs basiques 0 et 1, qui rendraient caduque l\u2019algorithme inverse.<\/p>\n<p>Voici quelques sources d\u2019information sur le sujet des portes quantiques qui ont \u00e9clair\u00e9 ma lanterne : <a href=\"https:\/\/qudev.phys.ethz.ch\/content\/courses\/QSIT07\/presentations\/Schmassmann.pdf\">Universality of Quantum Gates<\/a> de\u00a0 Markus Schmassmann, 2007 (22 slides), <a href=\"https:\/\/people.cs.umass.edu\/~strubell\/doc\/quantum_tutorial.pdf\">An introduction to Quantum Algorithms<\/a> de Emma Strubell, 2011 (35 pages), <a href=\"https:\/\/www.france-science.org\/spip.php?page=spipdf&amp;spipdf=spipdf_article&amp;id_article=5092&amp;nom_fichier=article_5092\">L\u2019ordinateur quantique<\/a>, note de l\u2019Ambassade de France \u00e0 Washington de Daniel Ochoa, 2008 (70 pages), <a href=\"https:\/\/arxiv.org\/abs\/1110.2998\">Equivalent Quantum Circuits<\/a> de Juan Carlos Garcia-Escartin and Pedro Chamorro-Posada, 2011 (12 pages) et <a href=\"https:\/\/spectrum.ieee.org\/computing\/hardware\/the-future-of-computing-depends-on-making-it-reversible\">The Future of Computing Depends on Making It Reversible<\/a> de Michael P. Frank, 2017.<\/p>\n<p><strong>Entr\u00e9es et sorties<\/strong><\/p>\n<p>Les microprocesseurs traditionnels sont compos\u00e9s de portes logiques fixes, grav\u00e9es dans le silicium, et de bits \u2018mobiles\u2019, se pr\u00e9sentant comme des impulsions \u00e9lectriques qui se propagent dans le circuit \u00e0 travers les diff\u00e9rentes portes. Le tout \u00e0 une certaine fr\u00e9quence, qui se compte souvent en GHz, r\u00e9gl\u00e9e par une horloge \u00e0 quartz.<\/p>\n<p>Dans un ordinateur quantique, la premi\u00e8re \u00e9tape des traitements consiste \u00e0 mettre le syst\u00e8me quantique repr\u00e9sent\u00e9 par son ou ses registres quantiques dans un \u00e9tat initial. On dit que l\u2019on \u201cpr\u00e9pare le syst\u00e8me\u201d. Les diff\u00e9rents registres sont d\u2019abord configur\u00e9s physiquement dans l\u2019\u00e9tat 0, chaque qubit \u00e9tant \u00e0 0. L&#8217;initialisation qui suit consiste \u00e0 faire agir diff\u00e9rents op\u00e9rateurs comme la transformation de Hadamard pour cr\u00e9er une superposition 0+1 ou la porte X pour modifier cette valeur 0 en 1.<\/p>\n<p>Une fois cette initialisation r\u00e9alis\u00e9e sont lanc\u00e9es s\u00e9quentiellement des op\u00e9rations de portes sur les qubits en fonction de l\u2019algorithme a ex\u00e9cuter. Enfin, on lit la valeur des qubits \u00e0 la fin des traitements, ce qui a pour effet de modifier leur \u00e9tat quantique.<\/p>\n<p>Physiquement, les qubits ne bougent pas. Les portes non plus. Les portes sont activ\u00e9es dynamiquement et op\u00e8rent sur les qubits. Les diagrammes de repr\u00e9sentation des algorithmes quantiques (<em>ci-dessous <\/em>\u00e0 droite) sont en fait des sch\u00e9mas temporels alors que pour les portes logiques classiques, il s\u2019agit un diagramme physique.<\/p>\n<p>J\u2019ai mis beaucoup de temps \u00e0 comprendre cela car une partie de la litt\u00e9rature technique sur les processeurs quantiques assimile les lignes horizontales de ces algorithmes \u00e0 des \u201cfils\u201d reliant les qubits en entr\u00e9e \u00e0 des qubits en sortie, ce qui est enti\u00e8rement faux. Dans la partie droite d\u00e9crivant un algorithme quantique, il n&#8217;y a pas de fils physiques reliant les qbits entre une entr\u00e9e et une sortie, les portes \u00e9tant sur leur chemin. C\u2019est un sch\u00e9ma temporel !<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Entrees-et-sorties.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Entrees et sorties\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Entrees-et-sorties_thumb.jpg\" alt=\"Entrees et sorties\" width=\"524\" height=\"321\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Layout physique<\/strong><\/p>\n<p>Pour mieux comprendre l\u2019explication pr\u00e9c\u00e9dente, voici un <em>layout <\/em>de chipset de 8 qubits, issu de l&#8217;ETH Zurich qui date d\u00e9j\u00e0 de quelques ann\u00e9es. Ce n\u2019est qu\u2019un exemple illustratif car les layouts physiques sont tr\u00e8s variables d\u2019un type de qubit \u00e0 un autre. Mais le principe d\u00e9crit ici est commun \u00e0 tous les ordinateurs quantiques \u00e0 base de supraconducteurs.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Layout-physique-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Layout physique 1\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Layout-physique-1_thumb.jpg\" alt=\"Layout physique 1\" width=\"485\" height=\"277\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>On y voit tr\u00e8s bien que, dans le circuit :<\/p>\n<ul>\n<li>Les <strong>qubits <\/strong>sont situ\u00e9s dans les rectangles blancs. Ce sont eux qui int\u00e8grent une boucle \u00e0 effet Josephson.<\/li>\n<li>Ils sont reli\u00e9s entre eux par des <strong>circuits de couplage <\/strong>qui servent \u00e0 contr\u00f4ler leur intrication.<\/li>\n<li>Des <strong>portes bleue et violette <\/strong>permettent d\u2019agir sur les qubits. Ces deux portes sont des portes universelles permettant par combinaison de recr\u00e9er les autres portes quantiques n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des algorithmes. Dans la pratique, avec les qubits supraconducteurs, ces \u201cpins\u201d sont aliment\u00e9s via des c\u00e2bles par des sources de courants \u00e0 tr\u00e8s haute fr\u00e9quence, dites micro-ondes, comprises entre 5 et 10 GHz. Ces fr\u00e9quences peuvent \u00eatre diff\u00e9rentes entre les diff\u00e9rents qubits d\u2019un m\u00eame circuit.<\/li>\n<li>La <strong>mesure <\/strong>a lieu avec d\u2019autres circuits, eux aussi fixes dans le composant. Dans les qubits supraconducteurs, ce sont des magn\u00e9tom\u00e8tres.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans un ordinateur quantique, on cherche \u00e0 faire en sorte que les qubits interagissent entre eux mais le moins possible avec leur environnement jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019on mesure leur \u00e9tat ! C\u2019est pour cela qu\u2019ils sont g\u00e9n\u00e9ralement refroidis \u00e0 une temp\u00e9rature proche du z\u00e9ro absolu et isol\u00e9s magn\u00e9tiquement de l\u2019ext\u00e9rieur. Le choix des mat\u00e9riaux des chipsets joue aussi un r\u00f4le pour minimiser le bruit qui pourrait affecter les qubits et les faire sortir de leur \u00e9tat de superposition.<\/p>\n<p>Source de l\u2019image : <a href=\"https:\/\/arxiv.org\/abs\/1712.03773\">The European Quantum Technologies Roadmap<\/a> 2017 (30 pages).<\/p>\n<p>Et voici une autre repr\u00e9sentation, originaire de Google, expliquant la m\u00eame chose, vue dans\u00a0 :\u00a0 <a href=\"http:\/\/ai.googleblog.com\/2018\/05\/the-question-of-quantum-supremacy.html\">The Question of Quantum Supremacy<\/a>, paru en mai 2018 et qui r\u00e9f\u00e9rence deux papiers sur la supr\u00e9matie quantique recherch\u00e9e par Google : <a href=\"https:\/\/arxiv.org\/abs\/1608.00263\">Characterizing Quantum Supremacy in Near-Term Devices<\/a> et <a href=\"https:\/\/arxiv.org\/abs\/1709.06678\">A blueprint for demonstrating quantum supremacy with superconducting qubits<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Space-time-volume.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Space time volume\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Space-time-volume_thumb.jpg\" alt=\"Space time volume\" width=\"399\" height=\"309\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Dans le sch\u00e9ma <em>ci-dessous<\/em>, voici le pourquoi du comment de la relation entre \u201cgate time\u201d (temps d&#8217;activation des portes) et le temps de coh\u00e9rence pendant lequel les qubits restent en place et surtout, restent intriqu\u00e9s et en \u00e9tat de superposition. Et je vous passe les histoires de temps de \u201crelaxation\u201d apr\u00e8s l\u2019activation des portes.<\/p>\n<p>Sachant que l&#8217;intrication ne concerne a priori qu&#8217;une partie des qubits des registres. Les ordres de grandeur de ces temps pour un ordinateur quantique classique, notamment supraconducteur, donnent au mieux un rapport de 1 \u00e0 500 entre temps de portes et dur\u00e9e de coh\u00e9rence. Ce qui veut dire que l\u2019on sera limit\u00e9 pour ce qui est du nombre de portes quantiques utilisables dans un algorithme, ce d\u2019autant plus qu\u2019une bonne part de ces portes sera utilis\u00e9e pour les codes de correction d\u2019erreurs. Dans les premi\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations d\u2019ordinateurs quantiques d\u2019IBM, les portes X, d\u2019Hadamard et CNOT duraient respectivement 130 ns, 130 ns et 650 ns.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Qubits-et-timing.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Qubits et timing\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Qubits-et-timing_thumb.jpg\" alt=\"Qubits et timing\" width=\"472\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ces indications fournissent une limite haute du nombre de portes qui peuvent \u00eatre encha\u00een\u00e9es dans un algorithme quantique. A noter que ces temps sont plus longs pour les ordinateurs quantiques \u00e0 ions pi\u00e9g\u00e9s mais les gate time y sont aussi plus longs. Dans les qubits CMOS, les temps de coh\u00e9rence sont plus longs et les gate time sont faibles.<\/p>\n<p>Dans les sch\u00e9mas d\u00e9crivant des algorithmes quantiques, comme celui <em>ci-dessus<\/em>, la double barre apr\u00e8s la mesure de l\u2019\u00e9tat d\u2019un qubit indique par convention que l\u2019on a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 un bit normal, \u00e0 0 ou 1. Au passage, tout ceci rappelle qu\u2019il y a autant de qubits en sortie qu\u2019en entr\u00e9e dans un calcul quantique puisque ce sont physiquement les m\u00eames !<\/p>\n<p>Math\u00e9matiquement parlant, une suite de porte quantiques dans un ordinateur quantique est repr\u00e9sentable par une matrice de 2^N x 2^N nombres complexes, N \u00e9tant le nombre de qubits utilis\u00e9s. Elle peut \u00eatre donc immense d\u00e8s que N d\u00e9passe 10. Multipli\u00e9e par le \u201ctenseur\u201d comprenant les N qubits en entr\u00e9es (initialis\u00e9s \u00e0 0), elle g\u00e9n\u00e8re une combinaison de N qubits en sortie.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/QFT-matrice.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"QFT matrice\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/QFT-matrice_thumb.jpg\" alt=\"QFT matrice\" width=\"386\" height=\"309\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le sch\u00e9ma <em>ci-dessus<\/em> (<a href=\"http:\/\/csis.pace.edu\/ctappert\/cs837-18spring\/QC-textbook.pdf\">source<\/a>) en est un exemple avec la matrice correspondant \u00e0 un algorithme de transform\u00e9e de Fourier quantique appliqu\u00e9e \u00e0 un jeu de 3 qubits. 2 puissance 3 donne 8 qui correspond aux deux dimensions de la matrice de transformation de l\u2019algorithme. Imaginez alors la taille de la matrice pour 2 puissance 1024 !<\/p>\n<p>La taille de cette matrice devient gigantesque d\u00e8s que N d\u00e9passe 50. Il se trouve qu\u2019on utilise de telles matrices dans les simulateurs d\u2019algorithmes quantiques \u00e0 base de supercalculateurs classiques. Au-del\u00e0 de 56 qubits, la taille de la matrice devient trop grande pour rentrer en RAM dans ces ordinateurs. Cela explique pourquoi les simulateurs d\u2019ordinateurs quantiques sur supercalculateurs sont limit\u00e9s \u00e0 environ une cinquantaine de qubits. Au-del\u00e0, la taille de la matrice \u00e0 simuler est bien trop grande par rapport \u00e0 la capacit\u00e9 m\u00e9moire de ces supercalculateurs. On n&#8217;est cependant peut-\u00eatre pas oblig\u00e9 de simuler une matrice enti\u00e8re. Il est peut-\u00eatre possible de simuler en m\u00e9moire l&#8217;\u00e9tat du registre des qubits avec un vecteur de N fois deux nombres complexes. En fait, je ne sais pas trop !<\/p>\n<p><strong>Correction d\u2019erreurs<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019un des \u00e9cueils des qubits est qu\u2019ils g\u00e9n\u00e8rent un taux d\u2019erreurs non n\u00e9gligeable pendant que l\u2019on agit sur eux avec des portes quantiques.<\/p>\n<p>Ces erreurs ne sont pas seulement des inversions simples de 0 et de 1 comme dans l\u2019informatique traditionnelle, mais des glissements de valeurs des vecteurs repr\u00e9sentant les qubits avec des modifications de phases lors de la superposition des qubits. Dans la sph\u00e8re de Bloch, ce sont des vecteurs horizontaux qui peuvent tourner l\u00e9g\u00e8rement autour de l\u2019axe vertical. Ces erreurs sont li\u00e9es aux interactions entre les qubits et leur environnement, en plus du probl\u00e8me du temps de coh\u00e9rence, qui est le temps pendant lequel les qubits restent en \u00e9tat de superposition.<\/p>\n<p>Avec les qubits actuels, le taux d\u2019erreurs courant peut atteindre 0,1% \u00e0 1%, ce qui est bien sup\u00e9rieur aux taux d\u2019erreurs courants de l\u2019informatique traditionnelle. Il faut donc mettre en \u0153uvre des syst\u00e8mes de correction d\u2019erreurs que l\u2019on appelle QEC pour <strong>Quantum Error Correction<\/strong>. Ils conduisent \u00e0 r\u00e9pliquer plusieurs fois par intrication les qubits de calcul pour leur faire subir le m\u00eame traitement en parall\u00e8le et \u00e0 comparer les r\u00e9sultats en sortie d\u2019algorithme pour conserver les r\u00e9sultats statistiquement dominants. Le tout sans lire la valeur des qubits qui ferait effondrer tout le syst\u00e8me !<\/p>\n<p>L\u2019un des algorithmes les plus couramment utilis\u00e9 duplique un qubit deux fois (dans le cadre rouge de l\u2019illustration <em>ci-dessous<\/em>). Apr\u00e8s le passage par un processus de calcul g\u00e9n\u00e9rateur de bruit (E), la diff\u00e9rence entre les trois versions est \u00e9valu\u00e9e. S\u2019il y a une diff\u00e9rence, on retient les qubits inchang\u00e9s majoritairement. Le code de Shor est une d\u00e9clinaison par trois de cette m\u00e9thode, ce qui conduit un qubit donn\u00e9 \u00e0 \u00eatre r\u00e9pliqu\u00e9 8 fois en tout. L\u2019int\u00e9r\u00eat de la m\u00e9thode qui s\u2019appuie sur des portes quantiques classiques CNOT est qu\u2019il ne n\u00e9cessite pas de lire \u2013 et donc de d\u00e9truire \u2013 la valeur des qubits. C\u2019est un code de correction d\u2019erreurs non destructif ! Le d\u00e9tail du processus est bien document\u00e9 dans la <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Quantum_error_correction\">fiche Wikipedia de la correction d\u2019erreur quantique<\/a>. Ce code de correction d\u2019erreurs \u00e0 9 qubits permet de corriger \u00e0 la fois les erreurs d\u2019inversion (0 \u00e0 la place de 1 et r\u00e9ciproquement) et les erreurs de phase (modification du de la composante verticale du qubits dans sa sph\u00e8re de Bloch).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Correction-erreurs.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Correction erreurs\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Correction-erreurs_thumb.jpg\" alt=\"Correction erreurs\" width=\"474\" height=\"243\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Il semblerait qu\u2019il faille au moins cinq qubits \u201cphysiques\u201d pour cr\u00e9er un qubit logique int\u00e9grant la correction d\u2019erreurs. Cf l\u2019algorithme <em>ci-dessous<\/em>, vu dans <a href=\"https:\/\/www.iqst.ca\/events\/csqic05\/talks\/nathan%20b.pdf\">Magic States<\/a> de Nathan Babcock (28 slides).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Five-Qubits-QEC.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Five Qubits QEC\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Five-Qubits-QEC_thumb.jpg\" alt=\"Five Qubits QEC\" width=\"365\" height=\"207\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Dans la pratique, on va donc assembler des qubits physiques en qubits logiques avec de la redondance et des syst\u00e8mes de correction d&#8217;erreurs au niveau des circuits et processeurs quantiques.<\/p>\n<p>La notion de qubits logiques peut \u00eatre mise en \u0153uvre soit par logiciel, soit au niveau mat\u00e9riel. Lorsqu\u2019elle est logicielle, c\u2019est le r\u00f4le des algorithmes que de mettre en \u0153uvre des codes de correction d\u2019erreur dynamiques. Lorsque l\u2019on utilise la vingtaine de qubits physiques en cloud propos\u00e9e par IBM, c\u2019est au d\u00e9veloppeur de mettre en \u0153uvre ses propres codes de correction d\u2019erreur.<\/p>\n<p>Dans une QEC (Quantum Error Correction) r\u00e9alis\u00e9e au niveau mat\u00e9riel, celle-ci est mise en \u0153uvre par cr\u00e9ation d\u2019assemblage de qubits qui g\u00e9n\u00e8reront des qubits logiques physiques pr\u00eats \u00e0 l\u2019emploi. En voici un exemple avec sept qubits physiques pour constituer un qubit logique. Il vient de <a href=\"https:\/\/arxiv.org\/abs\/1406.1425\">Maximum density of quantum information in a scalable CMOS implementation of the hybrid qubit architecture<\/a>, 2015 (17 pages). La raison d\u2019\u00eatre de cette architecture est li\u00e9e au fait que les qubits en CMOS g\u00e9n\u00e8rent plus de bruit que les qubits en supraconducteurs \u00e0 effet Josephson. On doit donc en passer par l\u00e0 pour r\u00e9duire le bruit. Sachant\u2026 que cela ne fonctionne pas encore ! Et que l\u2019usage de seulement huit qubits physiques pour cr\u00e9er un qubit logique est sujet \u00e0 caution.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Qubit-physique-et-logique.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Qubit physique et logique\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Qubit-physique-et-logique_thumb.jpg\" alt=\"Qubit physique et logique\" width=\"485\" height=\"273\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le nombre de qubits physiques \u00e0 assembler pour cr\u00e9er un qubit logique d\u00e9pend du taux d\u2019erreurs des qubits. Plus le taux d\u2019erreurs des qubits est \u00e9lev\u00e9, plus grand doit \u00eatre le nombre de qubits assembl\u00e9s. Ce nombre peut atteindre plusieurs milliers de qubits ! Pour Alain Aspect, il faudrait avoir un million de qubits physiques par qubit logique pour cr\u00e9er un ordinateur quantique utilisable. Ce qui veut dire que pour avoir ne serait-ce que quelques centaines de qubits logiques \u00e0 m\u00eame d\u2019atteindre la supr\u00e9matie quantique pour des algorithmes quantiques assez simples, il faudrait disposer de plusieurs dizaines de millions de qubits physiques. On en est encore bien loin !<\/p>\n<p>Dans le supraconducteur \u00e0 effet Josephson, la technologie\u00a0 de correction d\u2019erreurs la plus souvent envisag\u00e9e s\u2019appelle le \u201csurface code\u201d, datant de 2012, et vue dans <a href=\"https:\/\/arxiv.org\/abs\/1208.0928\">Surface codes towards practical large-scale quantum computation<\/a>, 2012 (54 pages). Elle comprend des matrices de qubits reli\u00e9s entre eux via des portes unitaires X et Z. Leur programmation dans le temps permet de corriger des erreurs. Mais elle ajoute une s\u00e9rie de portes quantiques qui allongent la dur\u00e9e des op\u00e9rations. Nous avons ici des portes de <strong>Pauli X <\/strong>(inversion), <strong>Pauli Z <\/strong>(changement de phase) reli\u00e9es aux qubits. On peut voir \u00e0 droite une timeline verticale ascendante de l\u2019\u00e9volution de la valeur des qubits au gr\u00e9 de l&#8217;activation des portes pour la correction d\u2019erreurs.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Surface-codes.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Surface codes\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Surface-codes_thumb.jpg\" alt=\"Surface codes\" width=\"463\" height=\"270\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Tout ceci explique pourquoi IBM communique sur le couple nombre de qubits et le taux d\u2019erreurs. Microsoft et Google font de m\u00eame. Microsoft est d\u2019ailleurs celui qui simplifie le plus la pr\u00e9sentation. Une fois n&#8217;est pas coutume ! Bref, pour qu\u2019un ordinateur quantique serve \u00e0 quelque chose, il faut \u00e0 la fois avoir beaucoup de qubits et un faible taux d&#8217;erreurs. Sources : <a href=\"https:\/\/www.nextplatform.com\/2017\/11\/10\/ibm-bolsters-quantum-capability-emphasizes-device-differentiation\/\">IBM Bolsters Quantum Capability, Emphasizes Device Differentiation<\/a>, 2017, et pour Microsoft, un extrait de la vid\u00e9o <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=70Z-UUPjYY4\">Future Decoded Quantum Computing Keynote<\/a>, novembre 2017. Par contre, au-del\u00e0 de ces slides, ces acteurs ne sont pas tr\u00e8s bavards sur les taux d\u2019erreurs effectifs de leurs qubits.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Communication-sur-correction-erreurs.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Communication sur correction erreurs\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Communication-sur-correction-erreurs_thumb.jpg\" alt=\"Communication sur correction erreurs\" width=\"410\" height=\"253\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Il faut fouiller ailleurs pour en savoir plus, comme dans l\u2019excellent rapport <a href=\"https:\/\/www.bsi.bund.de\/SharedDocs\/Downloads\/DE\/BSI\/Publikationen\/Studien\/Quantencomputer\/P283_QC_Studie.pdf?__blob=publicationFile&amp;v=4%20*%20Interview%20r%C3%A9alis%C3%A9e%20par%20Alain%20Chanc%C3%A9\">Entwicklungsstand Quantencomputer<\/a> (<em>\u00e9tat des lieux de l\u2019informatique quantique<\/em>) de l\u2019ANSSI allemande qui met en \u00e9vidence l\u2019\u00e9norme d\u00e9calage entre les performances actuelles des qubits, notamment chez IBM et Google, et le besoin li\u00e9 \u00e0 la factorisation de nombres entiers pour casser des cl\u00e9s RSA courantes. M\u00eame si ce besoin r\u00e9f\u00e9rent n\u2019est pas le plus \u201cconstructif\u201d parmi les domaines d\u2019applications des ordinateurs quantiques.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Qubits-existant-vs-souhait.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Qubits existant vs souhait\u00e9\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Qubits-existant-vs-souhait_thumb.jpg\" alt=\"Qubits existant vs souhait\u00e9\" width=\"454\" height=\"409\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Il semblerait cependant que cette notion de taux d\u2019erreurs puisse \u00eatre \u201cscalable\u201d. A savoir que lorsque l\u2019on saura baisser le taux d\u2019erreurs des qubits \u00e0 un niveau acceptable, on pourra facilement d\u00e9multiplier le nombre de qubits dans les circuits et conserver ce taux d\u2019erreurs. Tout \u00e7a pour dire que l\u2019abaissement du taux d\u2019erreur des qubits est ind\u00e9pendant de leur nombre dans un circuit. Ce qui sous-tend, une fois ce probl\u00e8me de taux d\u2019erreur r\u00e9gl\u00e9, que la mont\u00e9e en puissance des calculateurs quantiques en nombre de qubits pourrait \u00eatre ensuite tr\u00e8s rapide. C\u2019est en tout cas ce que m\u2019a racont\u00e9 un chercheur d\u2019IBM rencontr\u00e9 sur Vivatech en mai 2018. D\u2019autres publications ne sont pas aussi radicales sur ce point et \u00e9voquent de nombreux obstacles pour faire \u201cscaler\u201d le nombre de qubits en pr\u00e9servant leur fiabilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Cryog\u00e9nie<\/strong><\/p>\n<p>Pour terminer le tour de l\u2019architecture d\u2019un ordinateur quantique type, passons \u00e0 la partie cryog\u00e9nie. Lorsque l\u2019on observe de pr\u00e8s un ordinateur quantique issu des grands acteurs du secteur, on y d\u00e9c\u00e8le un petit air de famille comme ci-dessous avec les cas d\u2019IBM, de Rigetti et de D-Wave. Ils pr\u00e9sentent la particularit\u00e9 d\u2019utiliser tous les trois des qubits \u00e0 base de supraconducteurs. Cette technologie n\u00e9cessite de refroidir les qubits \u00e0 une temp\u00e9rature aussi basse que possible pour \u00e9viter toutes les perturbations du monde ext\u00e9rieur. L\u2019isolation de l\u2019ensemble doit \u00eatre la plus totale possible.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Cryogenie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Cryogenie\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Cryogenie_thumb.jpg\" alt=\"Cryogenie\" width=\"454\" height=\"265\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Passons en revue cette partie d\u2019un calculateur quantique. Elle comprend des \u00e9tages repr\u00e9sent\u00e9s par des disques m\u00e9talliques sur lesquels sont fix\u00e9s des fils supraconducteurs et des dispositifs physiques et \u00e9lectroniques de contr\u00f4le.<\/p>\n<p>Plus on descend dans les \u00e9tages, plus il fait froid. Au niveau sup\u00e9rieur, on atteint 4K, soient 4\u00b0 au-dessus du z\u00e9ro absolu qui est de \u2013273,15\u00b0C. L\u2019\u00e9chelle de Kelvin d\u00e9marre au z\u00e9ro absolu. Cette temp\u00e9rature o\u00f9 la mati\u00e8re ne bouge litt\u00e9ralement plus est inatteignable. On s\u2019en approche de mani\u00e8re asymptotique. Le record de la temp\u00e9rature la plus basse est de 450 pK (pico-kelvins) atteinte gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9tonnante technique de refroidissement d\u2019atomes par laser. Dans les ordinateurs quantiques, on se contente d\u2019une temp\u00e9rature situ\u00e9e entre 10 mK et 20 mK (milli-Kelvins). L\u2019\u00e9tage du dessous est \u00e0 800 mK dans cet exemple d\u2019ordinateur quantique IBM. Entre ces deux \u00e9tage se situe la temp\u00e9rature la plus basse de l\u2019espace qui est de 2,7 K.<\/p>\n<p>Le refroidissement est r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de r\u00e9frig\u00e9rateurs \u00e0 dilution fonctionnant \u00e0 sec. Ils exploitent de l&#8217;h\u00e9lium liquide avec un flux circulant dans des conduits cylindriques ou en serpentin verticaux reliant les plaques m\u00e9talliques. Le syst\u00e8me fait circuler de l\u2019h\u00e9lium dans l\u2019ensemble et il n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre recharg\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>Pour le refroidissement des \u00e9tages les plus froids, la cryog\u00e9nie s\u2019appuie sur un m\u00e9lange d\u2019h\u00e9lium 4 et d\u2019h\u00e9lium 3 dont la temp\u00e9rature de fusion est respectivement de 4,2K et 3,2K. Qui plus est, ils sont tous les deux superfluides aux alentours de 2K.<\/p>\n<p>Le premier est l\u2019isotope d\u2019h\u00e9lium le plus courant et le plus stable. Le second qui contient un neutron et deux protons est plut\u00f4t rare. C\u2019\u00e9tait historiquement un sous-produit du stockage de bombes H \u00e0 base de tritium, ce dernier se d\u00e9sint\u00e9grant progressivement pour produire de l\u2019h\u00e9lium 3. Il \u00e9tait donc r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 dans les stocks de bombes H ! Avec les r\u00e9ductions de stocks d\u2019armes nucl\u00e9aires, la tendance n\u2019est donc pas une production d\u2019h\u00e9lium 3 \u00e0 la hausse par ce biais. On peut produire du tritium par irradiation du lithium dans des installations nucl\u00e9aires sp\u00e9cialis\u00e9es, comme celles qui sont ma\u00eetris\u00e9es par le D\u00e9partement de l\u2019Energie US. Actuellement, cet H\u00e9lium 3 est produit dans une <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Watts_Bar_Nuclear_Generating_Station\">centrale nucl\u00e9aire am\u00e9ricaine du Tennessee<\/a> ainsi que dans une <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/CANDU_reactor\">centrale nucl\u00e9aire au deut\u00e9rium canadienne<\/a>. La France a des capacit\u00e9s de production de ce type situ\u00e9es notamment dans un r\u00e9acteur nucl\u00e9aire exp\u00e9rimental \u00e0 neutrons du CEA \u00e0 Grenoble. Mais elle ne les exploite pas forc\u00e9ment pour les ordinateurs quantiques.<\/p>\n<p>Il y a aussi de l\u2019h\u00e9lium 3 sur la Lune mais il n\u2019est pas tr\u00e8s pratique d\u2019aller l\u2019extraire et le r\u00e9cup\u00e9rer ! Bref, l\u2019h\u00e9lium 3 est un v\u00e9ritable goulot d\u2019\u00e9tranglement insoup\u00e7onn\u00e9 de la fabrication d\u2019ordinateurs quantiques supraconducteurs ! L&#8217;un des moyens d&#8217;\u00e9viter l&#8217;usage de l&#8217;h\u00e9lium 3 est de ne refroidir l&#8217;enceinte qu&#8217;\u00e0 environ 1K. Dans ce cas l\u00e0, on peut se contenter d&#8217;h\u00e9lium 4 pour le circuit de refroidissement.<\/p>\n<p>Le calculateur quantique est plac\u00e9 sous vide et aussi isol\u00e9 magn\u00e9tiquement de l\u2019ext\u00e9rieur. Les techniques de refroidissement utilis\u00e9es sont inspir\u00e9es de celles des <a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2017\/astronomie-entrepreneuriat-telescopes-spatiaux-infrarouge\/\">t\u00e9lescopes spatiaux qui op\u00e8rent dans l&#8217;infrarouge<\/a> et que nous avions vues l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re dans ma longue s\u00e9rie sur l\u2019astronomie. Ces derniers se contentent cependant d\u2019une temp\u00e9rature de 5K pour le refroidissement des capteurs infrarouges CCD.<\/p>\n<p>Des fils supraconducteurs (ayant une r\u00e9sistance nulle \u00e0 basse temp\u00e9rature) relient les qubits \u00e0 leur syst\u00e8me de mesure (donc, dans le sens montant dans le sch\u00e9ma).<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9lectronique de contr\u00f4le qui op\u00e8re \u00e0 la temp\u00e9rature de 4K doit r\u00e9pondre \u00e0 un cahier des charges rigoureux. On ne peut pas placer sa carte m\u00e8re de PC comme cela \u00e0 cet endroit. Il faut trouver des composants CPU et m\u00e9moire qui sont certifi\u00e9s pour fonctionner \u00e0 cette temp\u00e9rature-l\u00e0. Qui plus est, il ne faut pas qu&#8217;ils d\u00e9gagent de chaleur pour ne pas augmenter la temp\u00e9rature des qubits. Donc, plus la temp\u00e9rature de fonctionnement des qubits est basse, moins on peut les contr\u00f4ler localement avec une \u00e9lectronique de commande. Et r\u00e9ciproquement !<\/p>\n<p>Chez IBM, cette \u00e9lectronique est ext\u00e9rieure \u00e0 l\u2019enceinte r\u00e9frig\u00e9r\u00e9e. Mais dans d\u2019autres cas, il semble qu\u2019ils soient dans cette enceinte. Dans les syst\u00e8mes \u00e0 supraconducteurs, la partie haute du syst\u00e8me contient des syst\u00e8mes \u00e0 base de radiofr\u00e9quences qui contr\u00f4lent l\u2019activation des portes quantiques via les fils qui les relient aux chipsets de qubits.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Cryogenie-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Cryogenie\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Cryogenie_thumb-1.jpg\" alt=\"Cryogenie\" width=\"500\" height=\"285\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le sch\u00e9ma <em>ci-dessus<\/em>, hors commentaires, est issu de <a href=\"https:\/\/spectrum.ieee.org\/computing\/hardware\/quantum-computers-strive-to-break-out-of-the-lab\">Quantum Computers Strive to Break Out of the Lab<\/a>, 2018.<\/p>\n<p>La photo <em>ci-dessous<\/em> figure l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un ordinateur quantique d\u2019IBM avec ses rang\u00e9es de fils supraconducteurs reliant diff\u00e9rents \u00e9tages du calculateur (une partie seulement, celle qui monte, difficile \u00e0 distinguer des fils descendants de contr\u00f4le des qubits). Une visite du laboratoire IBM Q est disponible dans la vid\u00e9o <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=aUuaWVHhx-U\">A Tour of an IBM Q Lab<\/a> datant de 2016.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Interieur-ordinateur-quantique-IBM.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Interieur ordinateur quantique IBM\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Interieur-ordinateur-quantique-IBM_thumb.jpg\" alt=\"Interieur ordinateur quantique IBM\" width=\"448\" height=\"254\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 viennent des r\u00e9frig\u00e9rateurs quantiques ? Quelques rares soci\u00e9t\u00e9s sont sp\u00e9cialis\u00e9es dans le domaine, et alimentent aussi bien les laboratoires de recherche que les fabricants d\u2019ordinateurs quantiques. La startup fran\u00e7aise <strong>Cryoconcept <\/strong>est une sp\u00e9cialiste du secteur.<strong>\u00a0<\/strong>Situ\u00e9e en r\u00e9gion parisienne, elle cr\u00e9\u00e9 notamment les plateaux de refroidissement, utilisant une technologie provenant du CEA. Ses clients sont essentiellement japonais, fran\u00e7ais et c\u00f4t\u00e9 USA, \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Yale.<\/p>\n<p>Ses principaux concurrents sont les Finlandais <strong>BlueFors Cryogenics <\/strong>et l\u2019Am\u00e9ricain <strong>Cryomech. <\/strong>IBM et Rigetti font appel \u00e0 BlueFors pour leurs ordinateurs quantiques et D-Wave utilise Cryomech. Les syst\u00e8mes de cryog\u00e9nie de CryoConcept ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9s par diff\u00e9rents acteurs dont le CEA \u00e0 Saclay mais ne semblent pas correspondre aux exigeants besoins de contr\u00f4le des ordinateurs quantiques supraconducteurs.<\/p>\n<p>A noter que la taille des plaques m\u00e9talliques est limit\u00e9e, ayant un impact sur celle des processeurs quantiques utilis\u00e9s. Les circuits quantiques doivent aussi \u00eatre dot\u00e9s de radiateurs miniatures pour d\u00e9gager l\u2019\u00e9nergie g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par les portes quantiques. Selon le CEA, ces radiateurs feraient entre 1 mm et 1 micron de largeur selon Robert Whitney dans <a href=\"https:\/\/quantum.univ-grenoble-alpes.fr\/medias\/fichier\/quantum-day-whitney-for-web_1499958766559-pdf\">Energetics of quantum computing<\/a>, 2018 (13 slides).<\/p>\n<p>Voici un plan d\u00e9taill\u00e9 d\u2019un tel syst\u00e8me de cryog\u00e9nie, reprenant celui d\u2019un prototype d\u2019ordinateur quantique \u00e0 supraconducteur <strong>Oxford Instruments Kelvinox <\/strong>vu dans <a href=\"http:\/\/qulab.eng.yale.edu\/documents\/theses\/Kurtis_ImprovingCoherenceSuperconductingQubits.pdf\">Improving Coherence of Superconducting Qubits and Resonators<\/a> (256 pages). Ca ressemble \u00e0 un syst\u00e8me avec compresseur et d\u00e9compresseur, \u00e0 ceci pr\u00e8s que le fluide utilis\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement une combinaison d\u2019H\u00e9lium 3 et 4.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Fonctionnement-cryognie.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Fonctionnement cryog\u00e9nie\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Fonctionnement-cryognie_thumb.jpg\" alt=\"Fonctionnement cryog\u00e9nie\" width=\"338\" height=\"513\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Au passage, comment mesure-t-on des temp\u00e9ratures si basses ? Avec des thermom\u00e8tres cryog\u00e9niques pardi ! J\u2019en ai trouv\u00e9 chez <strong>Lake Shore Cryotronics <\/strong>(<a href=\"https:\/\/lakeshore.com\/PressReleases\/Pages\/Cryogenic-temperature-sensors-and-instruments-to-be-focus-of-Lake-Shore-ASC-exhibit.aspx\">source<\/a>) ainsi que chez <strong>Janis<\/strong> (<a href=\"https:\/\/www.janis.com\/Applications\/QuantumComputing.aspx\">source<\/a>) qui con\u00e7oit aussi des frigos cryog\u00e9niques.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Frigos-Helium.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Frigos Helium\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/Frigos-Helium_thumb.jpg\" alt=\"Frigos Helium\" width=\"440\" height=\"255\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Au final, un ordinateur quantique n\u2019est pas bien grand. Dans les laboratoires, le calculateur quantique lui-m\u00eame tient dans un cylindre d\u2019environ 50 cm de diam\u00e8tre et environ un m\u00e8tre de hauteur. L\u2019\u00e9lectronique de commande externe tient dans un \u00e0 deux racks. Chez D-Wave qui est le seul fournisseur d\u2019ordinateurs quantiques commerciaux, les machines font environ trois m\u00e8tres cube. C\u2019est plut\u00f4t raisonnable compte-tenu de la puissance de calcul qui sera un jour accessible \u00e0 ces ordinateurs et qui d\u00e9passera largement celle de supercalculateurs qui occupent de leur c\u00f4t\u00e9 de vastes salles blanches.<\/p>\n<p><strong>M\u00e9moire quantique<\/strong><\/p>\n<p>Evoquons la m\u00e9moire quantique ou la <strong>qRAM, <\/strong>une m\u00e9moire quantique capable de stocker l\u2019\u00e9tat quantique de qubits pour les utiliser ensuite pour alimenter des registres d\u2019ordinateurs quantiques. L\u2019\u00e9tat quantique d\u2019un registre va devoir stocker des qubits en \u00e9tat de superposition.<\/p>\n<p>Avec n qubits, cette m\u00e9moire pourra donc stocker en th\u00e9orie 2 puissance n \u00e9tats diff\u00e9rents de ce registre. Elle ne servira pas \u00e0 stocker autant d\u2019information provenant d\u2019un ordinateur traditionnel mais \u00e0 conserver l\u2019\u00e9tat d\u2019un registre de qubits d\u2019un ordinateur quantique. Elle est n\u00e9cessaire \u00e0 certains types d\u2019algorithmes quantiques comme l\u2019algorithme de recherche de Grover que nous verrons dans la partie suivante. Petit d\u00e9tail de taille : aucune des diff\u00e9rentes architectures de m\u00e9moires quantiques \u00e9tudi\u00e9es depuis deux d\u00e9cennies n\u2019est au point !<\/p>\n<p>Pour en savoir plus sur les basiques de la m\u00e9moire quantique, voir par exemple <a href=\"https:\/\/arxiv.org\/abs\/0807.4994\">Architectures for a quantum random access memory<\/a>, des Italiens Vittorio Giovannetti et Lorenzo Maccone et de l\u2019Am\u00e9ricain Seth Lloyd, 2008 (12 pages).<\/p>\n<p><strong>Consommation d&#8217;\u00e9nergie<\/strong><\/p>\n<p>Qu\u2019en est-il de la puissance \u00e9lectrique consomm\u00e9e par l\u2019ensemble ? A ce jour, elle est relativement raisonnable. Un <strong>D-Wave <\/strong>consomme environ 15 KW, soit l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une trentaine de serveurs Intel.<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on alignera des milliers de qubits dans ces machines, leur consommation pourra cependant augmenter du fait de l\u2019\u00e9nergie \u00e0 d\u00e9penser pour maintenir le calculateur \u00e0 basse temp\u00e9rature et du co\u00fbt \u00e9nerg\u00e9tique de la correction d\u2019erreurs. C\u2019est la th\u00e8se de Joni Ikonen, Juha Salmilehto et Mikko Mottonen dans <a href=\"https:\/\/arxiv.org\/pdf\/1609.02732.pdf\">Energy-Efficient Quantum Computing<\/a> 2016 (12 pages).<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces \u00e9cueils, la consommation de grands calculateurs quantiques devrait cependant \u00eatre largement inf\u00e9rieure \u00e0 celle de n\u2019importe quel supercalculateur. Un supercalculateur de 2 petaflops de 2009 consommait d\u00e9j\u00e0 6 MW (<a href=\"http:\/\/www.icl.utk.edu\/~luszczek\/conf\/ppam2013_energy_power_trends\/energy_power_trends_hpc.pdf\">source<\/a>). Le supercalculateur le plus puissant du monde d\u00e9but 2018 \u00e9tait le chinois Sunway Taihulight avec une puissance de 93 petaflops et une consommation de 15 MW. On est donc loin de la consommation des calculateurs quantiques actuels et m\u00eame futurs.<\/p>\n<p>Il est pour l\u2019instant difficile de comparer la puissance d\u2019un supercalculateur avec celle d\u2019un ordinateur quantique mais lorsque les ordinateurs quantiques universels seront op\u00e9rationnels et qu\u2019ils atteindront la \u201csupr\u00e9matie quantique\u201d sur un algorithme donn\u00e9, donc r\u00e9alisable avec eux mais pas avec des supercalculateurs, leur consommation \u00e9nerg\u00e9tique restera visiblement inf\u00e9rieure de deux \u00e0 trois ordres de grandeur (100 \u00e0 1000) par rapport \u00e0 celle des plus grands supercalculateurs. En deux mots, il y a de fortes chances que l\u2019ordinateur quantique soit tr\u00e8s efficace d\u2019un point de vue \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p><strong>Cout et prix d\u2019un ordinateur quantique<\/strong><\/p>\n<p>Au vu de la faible maturit\u00e9 du march\u00e9, c\u2019est presque une question qui n\u2019a pas de sens. Les seuls ordinateurs quantiques qui sont commercialis\u00e9s aujourd\u2019hui sont ceux du canadien D-Wave, et \u00e0 un prix unitaire de $15M.<\/p>\n<p>Le prix d\u2019un ordinateur d\u00e9pend de plusieurs param\u00e8tres dont le co\u00fbt de fabrication et d\u2019int\u00e9gration de ses composants, les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle, la marge du constructeur, le co\u00fbt de maintenance et celui d\u2019\u00e9ventuels consommables. Ce sont des composantes dynamiques : plus le volume de ventes augmente, plus grandes sont les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle. Or les volumes sont pour l\u2019instant tr\u00e8s faibles. Ils pourraient le rester longtemps jusqu\u2019au jour o\u00f9 des applications \u00e9mergeront qui toucheront un grand nombre d\u2019utilisateurs et justifieront la fabrication en volume de ces ordinateurs. Il faut bien entendu y ajouter les co\u00fbts fixes de la R&amp;D qui sont plus long \u00e0 amortir si les volumes de vente sont limit\u00e9s.<\/p>\n<p>Reprenons une par une les grandes composantes mat\u00e9rielles d\u2019un ordinateur quantique avec cette analyse d\u2019\u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle :<\/p>\n<ul>\n<li>L\u2019<strong>ordinateur de contr\u00f4le <\/strong>: c\u2019est du standard.<\/li>\n<li>Les <strong>composants \u00e9lectroniques\u00a0<\/strong>de contr\u00f4le des portes quantiques : leur technologie d\u00e9pend du type de qubit utilis\u00e9. Dans les ordinateurs supraconducteurs, ce sont des g\u00e9n\u00e9rateurs de micro-ondes.<\/li>\n<li>Le <strong>chipset <\/strong>: celui a beau \u00eatre fabriqu\u00e9 en technologies CMOS ou avoisinantes, leur volume de fabrication est tr\u00e8s faible. Les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle sont donc quasiment inexistantes.<\/li>\n<li>La <strong>cryog\u00e9nie<\/strong> : ce sont des syst\u00e8mes standards mais commercialis\u00e9s en faible volume.<\/li>\n<li>Les <strong>consommables <\/strong>: dans les ordinateurs quantiques fonctionnant \u00e0 tr\u00e8s basse temp\u00e9rature, il y a au minimum de l\u2019azote liquide, de l\u2019h\u00e9lium 4 liquide (courant) et de l\u2019h\u00e9lium 3 liquide (beaucoup plus rare et cher). Il semble cependant que ces derniers ne soient pas des consommables et fonctionnent en circuit ferm\u00e9 dans le syst\u00e8me de cryog\u00e9nie.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par contre, cette liste de composants pourrait rester \u00e0 peu pr\u00e8s stable au gr\u00e9 de l\u2019augmentation de la capacit\u00e9 des ordinateurs quantiques en termes de qubits. Au nez, on peut donc consid\u00e9rer que le prix des D-Wave \u00e0 $15M puisse rester quelques temps une fourchette haute du prix d\u2019un ordinateur quantique. Ce prix pourra d\u00e9cro\u00eetre au gr\u00e9 de l&#8217;accroissement du volume de production, qui d\u00e9pendra \u00e9troitement des usages.<\/p>\n<p>Dans la pratique, nombre d\u2019ordinateurs quantiques seront utilisables comme des ressources dans le cloud et avec un co\u00fbt plus mod\u00e9r\u00e9. C\u2019est ce que proposent d\u00e9j\u00e0 IBM, Rigetti et D-Wave et proposeront Google et Microsoft. Seul Intel pourrait \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 vendre des ordinateurs ou des processeurs sans les proposer dans le cloud. Et encore, on n\u2019en sait vraiment rien !<\/p>\n<p><strong>Pour en savoir plus<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai consult\u00e9 un tr\u00e8s grand nombre de sources d\u2019informations pour r\u00e9aliser cette partie, \u00e0 la fois c\u00f4t\u00e9 recherche et c\u00f4t\u00e9 fournisseurs comme chez IBM ou D-Wave. A noter <a href=\"ftp:\/\/nozdr.ru\/biblio\/kolxo3\/Cs\/CsQc\/Rieffel%20E.G.,%20Polak%20W.H.%20Quantum%20Computing..%20A%20Gentle%20Introduction%20(MIT,%202011)(ISBN%200262015064)(O)(389s)_CsQc_.pdf\">Quantum Computing Gentle Introduction<\/a> du MIT, publi\u00e9 en 2011 (386 pages) qui d\u00e9crit avec pr\u00e9cision certains m\u00e9canismes des ordinateurs quantiques comme les m\u00e9thodes de lecture de l\u2019\u00e9tat des qubits. Il d\u00e9crit aussi assez bien les fondements math\u00e9matiques utilis\u00e9s dans les calculateurs quantiques. Vous pouvez aussi profiter d\u2019une <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=90U_SmKyfGI\">vid\u00e9o de 8 minutes<\/a> d\u2019un beau gosse am\u00e9ricain, Dominic Walliman, qui vulgarise bien les basiques de l\u2019ordinateur quantique !<\/p>\n<p>__________________________________<\/p>\n<p>Maintenant que nous avons d\u00e9soss\u00e9 les ordinateurs quantiques d\u2019aujourd\u2019hui, il nous faut maintenant \u00e9tudier ce que l\u2019on fait avec ! C\u2019est l\u2019objet de la <a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2018\/comprendre-informatique-quantique-algorithmes-et-applications\/\">partie suivante<\/a> consacr\u00e9e aux <strong>algorithmes<\/strong> <strong>et <\/strong><strong>applications quantiques<\/strong>. Je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 d\u00e9coup\u00e9e en plusieurs parties avec une premi\u00e8re consacr\u00e9e aux algorithmes et principaux usages, une sur les limites th\u00e9oriques de l\u2019informatique quantique,\u00a0une sur les outils de d\u00e9veloppement et une derni\u00e8re sur les applications sectorielles du quantique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir d\u00e9crit les principes de base de la physique quantique puis ceux des qubits dans cette longue s\u00e9rie sur l\u2019informatique quantique, nous allons aller plus loin et d\u00e9crire le fonctionnement op\u00e9rationnel et physique d\u2019un ordinateur quantique. Il ne suffit en effet pas de r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 l\u2019envie que les qubits sont capables d\u2019avoir \u00e0 la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3057],"tags":[1521,3054,107,3062,2397,3065,2470,3056,1088,3034,260,3052,3061,3053,2458,3063,2928,3051,3055,1193,3066,3064],"class_list":["post-16038","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-quantique","tag-atos","tag-bohr","tag-cea","tag-cryogenie","tag-d-wave","tag-fredkin","tag-google","tag-heisenberg","tag-ibm","tag-informatique-quantique","tag-intel","tag-ionq","tag-john-preskill","tag-majorana","tag-microsoft","tag-nisq","tag-planck","tag-rigetti","tag-schrodinger","tag-supraconducteur","tag-swap","tag-toffoli"],"views":45450,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16038","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16038"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16038\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16038"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16038"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16038"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}