{"id":14452,"date":"2017-06-06T13:51:48","date_gmt":"2017-06-06T11:51:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/?p=14452"},"modified":"2017-12-09T17:20:20","modified_gmt":"2017-12-09T15:20:20","slug":"startups-bidouille-cerveau-autres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2017\/startups-bidouille-cerveau-autres\/","title":{"rendered":"Ces startups qui veulent bidouiller le cerveau : les autres"},"content":{"rendered":"<p>Nous allons ici terminer cette petite s\u00e9rie d\u2019articles sur le bidouillage du cerveau apr\u00e8s avoir pass\u00e9 en revue les deux grandes startups du domaine : <a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2017\/startups-bidouille-cerveau-neuralink\/\">Neuralink<\/a> d\u2019Elon Musk et <a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2017\/startups-bidouille-cerveau-opnwatr\/\">OpnWatr<\/a> de Mary Lou Jepsen. Ces deux soci\u00e9t\u00e9s bien visibles ne sont pas seules sur le cr\u00e9neau.<\/p>\n<p>Vous remarquerez que je ne traite dans cette s\u00e9rie d\u2019articles que les plus extr\u00eames des projets entrepreneuriaux ou de recherche. Je n\u2019y creuse pas la quantit\u00e9 de soci\u00e9t\u00e9s qui con\u00e7oivent depuis plusieurs ann\u00e9es des casques d\u2019\u00e9lectro-enc\u00e9phalogrammes (EEG) classiques et les applications logicielles qui vont avec pour mesurer notre stress, nous endormir avec de la musique, piloter des dispositifs de commande simples, ou autres solutions \u201clight\u201d du genre !<\/p>\n<p>Il s\u2019agit par exemple des casques de <strong>Muse<\/strong>, <strong>Emotiv, Neurosky<\/strong>, <strong>Halo Neurosciences <\/strong>ou des fran\u00e7ais <strong>Dreem <\/strong>et aussi de <strong>Mensia Tech<\/strong> qui d\u00e9veloppe des solutions pour l&#8217;hyperactivit\u00e9 enfantine avec une technologie issue de l\u2019INRIA, du projet Brain Machine Interface. Ces syst\u00e8mes exploitent une boucle de r\u00e9troaction sur le cerveau utilisant les sens traditionnels. Ils peuvent notamment s\u2019appuyer sur des briques logicielles telles que <a href=\"http:\/\/openvibe.inria.fr\/discover\/\">OpenVIBE<\/a>, d\u00e9velopp\u00e9e par l\u2019INRIA, qui permettent d\u2019interpr\u00e9ter les ondes c\u00e9r\u00e9brales pour g\u00e9n\u00e9rer ensuite des m\u00e9canismes de neurofeeback.<\/p>\n<p>Non, ici, je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 ce qui est \u00e0 la fronti\u00e8re plus ou moins t\u00e9nue entre la science et la science-fiction !<\/p>\n<p><strong>Copier un cerveau mort dans un ordinateur<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est un projet ultra-ambitieux dont les avanc\u00e9es sont notamment d\u00e9crites dans \u201cWhole brain emulation\u201d, un ouvrage open source publi\u00e9 en 2008, r\u00e9dig\u00e9 par <strong>Anders Sandberg<\/strong> et <strong>Nick Bostrom<\/strong>. Il est plut\u00f4t bien document\u00e9 techniquement parlant. Il date d\u2019il y neuf ans mais nombre de ses d\u00e9tails technologiques sont toujours d\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Whole-Brain-Emulation-book.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Whole Brain Emulation book\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Whole-Brain-Emulation-book_thumb.jpg\" alt=\"Whole Brain Emulation book\" width=\"354\" height=\"466\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Il d\u00e9crit les proc\u00e9d\u00e9s qui peuvent \u00eatre employ\u00e9s pour d\u00e9cortiquer un cerveau et r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019\u00e9tat de l\u2019ensemble de ses neurones pour le reproduire ensuite dans un ordinateur et en simuler le fonctionnement. C\u2019est un projet amont de celui que nous examinons juste apr\u00e8s et qui vise \u00e0 \u00e9muler ensuite le fonctionnement d\u2019un cerveau dans un ordinateur.<\/p>\n<p>Pour commencer, il faut un cerveau bien frais d\u2019un donneur qui vient de d\u00e9c\u00e9der. Il faut le congeler tr\u00e8s rapidement et \u00e9viter l\u2019explosion des cellules nerveuses. On va ensuite le d\u00e9couper en lamelles ultrafines et utiliser un moyen d\u2019exploration photographique pour identifier toutes les cellules nerveuses ainsi que leur \u00e9tat chimique. On peut analyser la composition des tranches par diff\u00e9rentes techniques : de la micro-IRM, de la microscopie optique, de la microscopie aux rayons X ou accompagn\u00e9e d\u2019une d\u00e9coupe laser. Ces diff\u00e9rentes techniques de scanning ont des avantages et des inconv\u00e9nients notamment en termes de r\u00e9solution.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Brain-Scanning-Methods.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Brain Scanning Methods\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Brain-Scanning-Methods_thumb.jpg\" alt=\"Brain Scanning Methods\" width=\"546\" height=\"395\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ca parait simple mais c\u2019est \u00e9videmment tr\u00e8s compliqu\u00e9. A quel niveau de granularit\u00e9 faut-il descendre ? Faut-il aussi scanner les cellules gliales qui entourent les neurones et conditionnent leur fonctionnement en les alimentant, et en entourant les axones avec la my\u00e9line qui joue le r\u00f4le d\u2019isolant ? Faut-il d\u00e9tecter l\u2019\u00e9tat chimique de toutes les v\u00e9sicules des synapses au bout des axones ainsi que des dendrites auxquelles elles sont reli\u00e9es ? Id\u00e9alement oui, mais c\u2019est plus que difficile. C\u2019est une question importante car on ne sait toujours pas vraiment d\u00e9crire o\u00f9 et comment la m\u00e9moire est stock\u00e9e dans les neurones (au niveau du potentiel chimique dans les synapses, dans celui qui a lieu dans diff\u00e9rentes partie des neurones, etc) ! Donc, tout scan est une approximation de l\u2019\u00e9tat du cerveau au moment de la mort clinique du patient. On ne sait pas encore d\u00e9finir le niveau de granularit\u00e9 qui permettrait de capter l\u2019\u00e9tat pr\u00e9cis du cerveau d\u2019un individu.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Brain-emulation-levels.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Brain emulation levels\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Brain-emulation-levels_thumb.jpg\" alt=\"Brain emulation levels\" width=\"588\" height=\"424\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le document pr\u00e9sente l\u2019int\u00e9r\u00eat de faire un bel inventaire, toujours d\u2019actualit\u00e9 presque 10 ans apr\u00e8s, des techniques de scan. La meilleure r\u00e9solution possible pour l\u2019IRM serait de 3 microns sachant que l\u2019on n\u2019arrive pour l\u2019instant qu\u2019\u00e0 100 microns.<\/p>\n<p>Il en va de m\u00eame pour la microtomographie \u00e0 rayons X. La MRFM qui combine l\u2019IRM \u00e0 la microscopie \u00e0 force atomique (AFM) permettrait de descendre \u00e0 80 nm et d\u2019analyser le vivant au niveau des prot\u00e9ines. La NSOM (near field optical microscopy) permet de descendre \u00e0 50 nm. La microscopie \u00e0 d\u00e9tection de spin d\u2019\u00e9lectron atteint 25 nm.<\/p>\n<p>Il y a aussi la microscopie \u00e9lectronique, la spectromicroscopie Raman dans le proche infrarouge pour d\u00e9tecter les \u00e9tats chimiques, la fluorescence dans l\u2019UV, l\u2019array tomography qui permet de descendre \u00e0 70 nm et, enfin, le microscopie ionique \u00e0 h\u00e9lium. La quasi-totalit\u00e9 de ces m\u00e9thodes est destructive et n\u00e9cessite au pr\u00e9alable un saucissonnage du cerveau en couches aussi fines que la r\u00e9solution de scan, le d\u00e9coupage le plus efficace \u00e9tant celui que l\u2019on r\u00e9alise au laser. Dans le document, la dimension temporelle du scan n\u2019est pas trait\u00e9e. En effet, plus la r\u00e9solution est basse, plus le scan prend du temps. Et \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des dizaines de nm, cela peut durer tr\u00e8s tr\u00e8s longtemps ! C\u2019est un aspect des variantes des lois de Moore qui n\u2019est pas toujours pris en compte dans ces pr\u00e9visions !<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Brain-emulation-and-environment.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Brain emulation and environment\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Brain-emulation-and-environment_thumb.jpg\" alt=\"Brain emulation and environment\" width=\"336\" height=\"347\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Pour qu\u2019un tel dispositif fonctionne, il faudrait d\u2019abord que cela serve \u00e0 quelque chose, ce qui est loin d\u2019\u00eatre \u00e9vident. Pour faire croire au cerveau simul\u00e9 qu\u2019il \u201cexiste\u201d bien, il faudrait aussi simuler tout le reste du corps qui g\u00e9n\u00e8re les inputs au niveau des sens ainsi que l\u2019environnement dans lequel ce corps est plong\u00e9. Rien que pour simuler le cerveau, il faudrait d\u2019apr\u00e8s les calculs des auteurs au minimum 10 000 To et dans le niveau de simulation le plus avanc\u00e9, 10 puissance 8 To et 10 puissance 23 TFlops ! Bref, pas tout du suite. Et m\u00eame, pas avant tr\u00e8s longtemps ! Cela revient \u00e0 cr\u00e9er un monde virtuel complet dans lequel le corps virtuel serait plong\u00e9. Le niveau de complexit\u00e9 de ce genre de simulation d\u00e9passe l\u2019entendement. Mais cette initiative n\u2019est pas un projet en tant que tel. C\u2019est juste une conjecture plus ou moins scientifique.<\/p>\n<p><strong>Emuler un cerveau avec le Human Brain Project<\/strong><\/p>\n<p>Le Human Brain Project est un grand projet europ\u00e9en multifacettes qui vise notamment \u00e0 simuler le cerveau de mani\u00e8re num\u00e9rique. Il est pilot\u00e9 par un chercheur de l\u2019EPFL Lausanne, Henri Markram, lanc\u00e9 dans la lign\u00e9e de son propre projet suisse <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Blue_Brain\">Blue Brain<\/a>. Nous sortons temporairement du p\u00e9rim\u00e8tre des startups mais cela met les choses en perspective sur les moyens scientifiques et techniques n\u00e9cessaires aux progr\u00e8s dans le domaine.<\/p>\n<p>Lanc\u00e9 en 2013 et courant jusqu\u2019en 2023, il est dot\u00e9 de 1,19 Md\u20ac de financements publics, dans le cadre des projets europ\u00e9ens Horizon 2020. C\u2019est m\u00eame l\u2019un des deux seuls grands projets scientifiques de cette envergure, les projets <a href=\"http:\/\/ec.europa.eu\/programmes\/horizon2020\/en\/h2020-section\/fet-flagships\">Flagship Emerging Technology<\/a>. L\u2019autre de ces FET porte sur les nano-technologies \u00e0 base de graph\u00e8ne. C\u2019est plut\u00f4t \u00e9tonnant que l\u2019on aboutisse \u00e0 un tel r\u00e9sultat alors que l\u2019Europe aurait tr\u00e8s bien pu financer un projet de m\u00eame envergure sur les technologies et applications de l\u2019IA plut\u00f4t que dans cette aventure technologique plus \u00e9troite, m\u00eame si, nous le verrons, elle peut avoir des applications au-del\u00e0 de son cadre initial. La compr\u00e9hension du fonctionnement cerveau est en tout cas consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant un enjeu strat\u00e9gique.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Human-Brain-Project.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Human Brain Project\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Human-Brain-Project_thumb.jpg\" alt=\"Human Brain Project\" width=\"172\" height=\"244\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le Human Brain Project qui est structur\u00e9 en nombre de composantes et sous-projets a plusieurs objectifs techniques que l\u2019on peut r\u00e9sumer en trois grandes parties :<\/p>\n<ul>\n<li>Am\u00e9liorer notre <strong>compr\u00e9hension du fonctionnement du cerveau <\/strong>\u00e0 l\u2019\u00e9chelle anatomique et cognitive. Anatomique, gr\u00e2ce principalement \u00e0 de l\u2019IRM fonctionnelle \u00e0 haute r\u00e9solution permettant de cartographier le cortex tout comme la mati\u00e8re blanche qui g\u00e8re les communications entre parties, et les autres parties du cerveau, notamment limbique. L\u2019un des objectifs est de comprendre comment se forme le cerveau pendant son d\u00e9veloppement lors de l\u2019enfance. Cognitive, gr\u00e2ce \u00e0 sa combinaison avec des exp\u00e9riences de neuropsychologie permettant d\u2019identifier les circuits du cerveau qui s\u2019activent en fonction des t\u00e2ches cognitives ou sensorielles. Le projet vise \u00e0 comprendre comment se forment les aires c\u00e9r\u00e9brales, notamment dans le cortex pr\u00e9frontal qui g\u00e8re l\u2019intelligence de plus haut niveau. ll a aussi en ligne de mire la compr\u00e9hension du fonctionnement de la conscience. Le tout s\u2019appuie sur un investissement dans des techniques avanc\u00e9es d\u2019exploration du cerveau \u00e0 fin d\u2019en r\u00e9aliser une cartographie aussi pr\u00e9cise que possible. La litt\u00e9rature du HBP contient un aspect int\u00e9ressant qui est la dimension temporelle. L\u2019analyse du fonctionnement du cerveau n\u00e9cessite une granularit\u00e9 temporelle tr\u00e8s variable selon le niveau de finesse de l\u2019exploration : au niveau cellulaire ou mol\u00e9culaire. Cela rappelle aussi que la vitesse de fonctionnement de notre cerveau est limit\u00e9e par celle des influx neuronaux, qui ne sont que des propagations relativement lentes de potentiels chimiques.<\/li>\n<li>Cr\u00e9er des <strong>supercalculateurs de simulation du fonctionnement cerveau<\/strong>, qui vont s\u2019appuyer sur les donn\u00e9es collect\u00e9es dans l\u2019\u00e9tape pr\u00e9c\u00e9dente. La simulation du cerveau pourrait en th\u00e9orie d\u00e9marrer au niveau mol\u00e9culaire. Le HBP se contente de d\u00e9marrer \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des neurones. Par contre, le Blue Brain project suisse d\u00e9marre au niveau sous-cellulaire, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de 100 nm. La mod\u00e9lisation doit permettre de comprendre les m\u00e9canismes de l\u2019apparition et du d\u00e9veloppement de maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives afin d\u2019aider \u00e0 la cr\u00e9ation de th\u00e9rapies adapt\u00e9es. L\u2019ambition est de cr\u00e9er une sorte nouveau CERN d\u00e9di\u00e9 au cerveau. Le projet part des esp\u00e8ces vivantes les plus simples pour aller progressivement vers le plus compliqu\u00e9, le cerveau humain. En 2015, l&#8217;\u00e9quipe suisse du Blue Brain Project qui fait partie du HBP a d\u00e9j\u00e0 pu simuler un minuscule bout de cortex d\u2019un tiers de mm3 de rat comprenant 31 000 neurones et 40 millions de synapses. Il y a du chemin pour aboutir \u00e0 la simulation du fonctionnement de 85 milliards de neurones et du million de milliards de synapses du cerveau humain ! Et surtout, pour le faire sans que la consommation d\u2019\u00e9nergie associ\u00e9e ne deviennent d\u00e9lirante, la barre haute \u00e9tant mise \u00e0 20 MW dans les supercalculateurs courants.<\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Brain-Simulation-Platform.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Brain Simulation Platform\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Brain-Simulation-Platform_thumb.jpg\" alt=\"Brain Simulation Platform\" width=\"560\" height=\"378\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<ul>\n<li>Cr\u00e9er des <strong>plateformes neuromorphiques et neurorobotiques <\/strong>imitant le fonctionnement du cerveau, les applications pouvant aller au-del\u00e0 des aspects th\u00e9rapeutiques et couvrir de nouveaux besoins dans le domaine de l\u2019intelligence artificielle. Deux technologies de processeurs neuromorphiques ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es pour ce projet. BrainScaleS m\u00e9lange techniques analogiques et num\u00e9rique pour \u00e9muler le fonctionnement de neurones et synapses. Le <strong>BrainScaleS<\/strong> NM-PM-1 est con\u00e7u sur des wafers de 8 pouces grav\u00e9s en technologie 180 nm comprenant 50 millions de neurones plastiques et 200 000 neurones biologiquement r\u00e9alistes. Le syst\u00e8me fonctionne 10 000 fois plus vite qu\u2019un syst\u00e8me nerveux traditionnel. L\u2019installation de Heidelberg en Allemagne exploite 4 millions de neurones et un milliard de synapses r\u00e9partis sur 20 wafers au silicium. <strong>SpiNNaker <\/strong>s\u2019appuie de son c\u00f4t\u00e9 sur des chipsets \u00e0 base de noyaux ARM. Le SpiNNaker NM-MC-1 comprend 30 000 chipsets comprenant 18 c\u0153urs ARM, soient 500 000 c\u0153urs. Un seul chipset peut simuler 16 000 neurones avec huit millions de synapses et en temps r\u00e9el, et pour seulement 1W.\u00a0 La machine est situ\u00e9e \u00e0 Manchester. A noter que le financement public europ\u00e9en de BrainScaleS s\u2019est arr\u00eat\u00e9 en 2015 et que celui de SpinNNaker pourrait \u00eatre remis en cause par la sortie programm\u00e9e de l\u2019Union Europ\u00e9enne du Royaume Uni.<\/li>\n<\/ul>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Spinntaker-and-Brainscales.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Spinntaker and Brainscales\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Spinntaker-and-Brainscales_thumb.jpg\" alt=\"Spinntaker and Brainscales\" width=\"571\" height=\"314\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le HBP affiche des objectifs finaux qui rel\u00e8vent majoritairement de la sant\u00e9, focalis\u00e9s sur la lutte contre les maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives. Leurs porteurs n\u2019\u00e9voquent pas d\u2019intelligence artificielle g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, de vie consciente transpos\u00e9e dans un supercalculateur ou de vie virtuelle. Il a malgr\u00e9 cela \u00e9t\u00e9 la cible de nombreuses critiques de chercheurs, notamment 2015. Celles-ci portaient sur la nature du projet lui-m\u00eame, sur son orientation, sur son ambition et les choix techniques r\u00e9alis\u00e9s. Ils peuvent venir de chercheurs sceptiques sur l\u2019ambition du projet ou de ceux qui sont d\u00e9\u00e7us de ne pas avoir pu acc\u00e9der \u00e0 la manne du financement d\u2019Horizon 2020. Les critiques ont eu pour cons\u00e9quence d\u2019alt\u00e9rer l\u2019orientation du projet, notamment autour des neurosciences cognitives.<\/p>\n<p>Dans la pratique, le HBP finance des dizaines de projets (<a href=\"https:\/\/www.humanbrainproject.eu\/en\/follow-hbp\/publications\">liste<\/a>), essentiellement li\u00e9s \u00e0 la compr\u00e9hension du fonctionnement des neurones biologiques. Le projet se veut tr\u00e8s collaboratif et international. Il rassemble des dizaines d\u2019\u00e9quipes de recherche en Europe et m\u00eame aux USA et au Japon. Des \u00e9quipes de chercheurs en France coordonnent trois des grandes dimensions du projet : la th\u00e9orie des r\u00e9seaux neuronaux (avec Alain Destexhe pour le CNRS), les neurosciences cognitives (avec Stanislas Dehaene, de l\u2019INSERM et du CEA, aussi professeur au Coll\u00e8ge de France, Inserm, CEA), et la dimension \u00e9thique (avec Jean-Pierre Changeux, de l\u2019Institut Pasteur et aussi professeur au Coll\u00e8ge de France).<\/p>\n<p>Les entit\u00e9s de recherche publiques fran\u00e7aises impliqu\u00e9es sont le <strong>CNRS<\/strong>, l\u2019<strong>Institut Pasteur<\/strong>, l\u2019<strong>INSERM<\/strong>, l\u2019<strong>ENS<\/strong>, l\u2019<strong>UMPC <\/strong>et l\u2019<strong>INRIA<\/strong>. Du c\u00f4t\u00e9 du priv\u00e9, nous avons <strong>Thales <\/strong>(qui contribue au d\u00e9veloppement <a href=\"http:\/\/apt.cs.manchester.ac.uk\/projects\/SpiNNaker\/project\/\">d\u2019ordinateurs massivement parall\u00e8les<\/a> exploitant le processeur neuromorphique SpiNNaker), <strong>Integragen<\/strong> (un sp\u00e9cialiste de l\u2019analyse du g\u00e9nome) et <strong>Pharnext <\/strong>(qui cherche \u00e0 combiner \u00e0 faible dose plusieurs m\u00e9dicaments pour traiter des pathologies notamment neurologiques).<\/p>\n<p>Il faut aussi compter avec le <strong>CEA <\/strong>et son laboratoire d\u2019imagerie m\u00e9dicale <strong>Neurospin <\/strong>install\u00e9 \u00e0 Saclay, qui exploite l\u2019IRM fonctionnelle pour analyser le fonctionnement du cerveau aussi bien du c\u00f4t\u00e9 cognitif que pour comprendre le d\u00e9veloppement de maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives comme Alzheimer. L\u2019IRM fonctionnelle permet par exemple de comprendre comment se d\u00e9veloppe le <a href=\"http:\/\/www.pnas.org\/content\/113\/18\/4909.full.pdf\">cerveau des math\u00e9maticiens<\/a> !<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Neurospin-Image-Types.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Neurospin Image Types\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Neurospin-Image-Types_thumb.jpg\" alt=\"Neurospin Image Types\" width=\"477\" height=\"250\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Neurospin est en train d\u2019installer \u00e0 Saclay le syst\u00e8me franco-allemand <strong>Iseult<\/strong>, le scanner d\u2019IRM corporel le plus puissant du monde, \u00e9quip\u00e9 d\u2019un aimant record de 11,7 Telsas et 132 tonnes, et dont le bobinage supraconducteur en niobium-titane refroidi par cryog\u00e9nisation \u00e0 l\u2019h\u00e9lium p\u00e8se 45 tonnes (<em>ci-dessous, <a href=\"http:\/\/www.cite-sciences.fr\/fr\/ressources\/science-actualites\/detail\/news\/un-irm-record-pour-letude-du-cerveau\">source<\/a><\/em>). Il compl\u00e8tera l\u2019IRM dot\u00e9e d\u2019un aimant de 7 tonnes qui est op\u00e9rationnelle chez Neurospin depuis 2008. Plus l\u2019aimant est puissant, plus on augmente la r\u00e9solution de l\u2019IRM. L\u2019aimant a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u avec le concours du CEA-Irfu, l\u2019Institut de Recherche sur les lois Fondamentales de l\u2019Univers, qui a r\u00e9utilis\u00e9 ses acquis issus de la cr\u00e9ation des aimants supraconducteurs du <strong>Large Hadrons Collider <\/strong>du CERN de Gen\u00e8ve. Il est fabriqu\u00e9 par <strong>Alstom-GE<\/strong> \u00e0 Belfort, l\u2019int\u00e9gration du scanner \u00e9tant r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019allemand <strong>Siemens<\/strong>, l\u2019un des leaders mondiaux de l\u2019IRM m\u00e9dicale. Y contribue \u00e9galement la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise <strong>Guerbet<\/strong>, sp\u00e9cialis\u00e9e dans la production d\u2019agents de contraste utilis\u00e9s dans l\u2019imagerie m\u00e9dicale.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me va servir \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des images 3D de plus haute r\u00e9solution, descendant en-dessous\u00a0 du mm3 de l\u2019IRM traditionnelle. Elle descendrait au niveau du dixi\u00e8me de mm (100 microns). Il est pour l\u2019instant difficile d\u2019aller en-de\u00e7\u00e0 avec des techniques non invasives. Iseult permettra d\u2019identifier plusieurs types de mol\u00e9cules au-del\u00e0 de l\u2019eau, comme le glucose ou divers neurotransmetteurs, notamment via l\u2019injection de marqueurs \u00e0 base de mol\u00e9cules magn\u00e9tis\u00e9es. La mise en service est pr\u00e9vue pour 2018, en retard de plusieurs ann\u00e9es sur le calendrier initial. A terme, on pourra aller jusqu\u2019\u00e0 observer le fonctionnement des neurones \u00e0 l\u2019\u00e9chelle individuelle. Ce projet rappelle qu\u2019une autre exponentielle a court : plus on veut observer l\u2019infiniment petit, plus l\u2019instrument est grand et cher. Comme pour les acc\u00e9l\u00e9rateurs de particule et le LHC pour la d\u00e9couverte du boson de Higgs ! Plus on augmente la r\u00e9solution de l\u2019IRM fonctionnelle, plus il faut augmenter la fr\u00e9quence de scan et la puissance de l\u2019aimant, donc sa taille. D\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de la solution l\u00e9g\u00e8re et, en apparence, tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante, de OpnWatr \u00e9voqu\u00e9e dans <a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/2017\/startups-bidouille-cerveau-opnwatr\/\">l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent<\/a>, mais qui n\u2019a pas encore fait ses preuves. Elle pourrait sortir du gu\u00e9 d\u00e8s 2018, au m\u00eame moment qu\u2019Iseult. La confrontation sera des plus int\u00e9ressante !<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Neurospin-IRM-geante.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Neurospin IRM geante\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Neurospin-IRM-geante_thumb.jpg\" alt=\"Neurospin IRM geante\" width=\"469\" height=\"291\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Dans le cadre du HBP, la France h\u00e9berge aussi l\u2019<strong>Institut Europ\u00e9en des Neurosciences Th\u00e9oriques <\/strong>(EITN), lanc\u00e9 en 2014 et install\u00e9 pr\u00e8s de l\u2019Institut de la Vision et de la Fondation Voir &amp; Entendre \u00e0 Paris. Cet \u00e9tablissement sert de pont entre diff\u00e9rentes facettes du HBP, faisant notamment le lien entre les r\u00e9sultats d\u2019IRM fonctionnelle de Neurospin et la cr\u00e9ation d\u2019outils de simulation du cerveau dans les processeurs neuromorphiques du projet, le tout en liaison avec les \u00e9quipes anglaises et allemandes qui planchent sur ces processeurs.<\/p>\n<p>Vu de haut, le HBP fera certainement avancer les connaissances scientifiques sur le fonctionnement du cerveau et probablement \u00e9galement, la contribution \u00e0 la cr\u00e9ation de nouvelles th\u00e9rapies de pathologies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives voire m\u00eame des troubles psychiatriques.<\/p>\n<p>La branche neuromorphique de l\u2019initiative HBP pose des questions de strat\u00e9gie industrielle. Comment les processeurs BrainScaleS et SpiNNaker se comparent-ils aux processeurs neuromorphiques IBM TrueNorth, aux Google TPU ainsi qu\u2019aux GPUs de Nvidia ? Ils sont con\u00e7us pour imiter de tr\u00e8s pr\u00e8s le fonctionnement du cerveau tandis que ces derniers sont adapt\u00e9s aux techniques actuelles des r\u00e9seaux de neurones du deep learning. BrainScaleS et SpiNNaker sont structur\u00e9s comme des projets de recherche. Ils ne sont pas adoss\u00e9s \u00e0 des acteurs industriels des semi-conducteurs. Certes, ARM fait partie du projet SpiNNaker, mais c\u2019est une soci\u00e9t\u00e9 qui ne vend que de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, pas des processeurs comme Qualcomm ou Nvidia qui exploitent sous licence des coeurs ARM. On ne trouve ni de fournisseur de chipsets ni de supercalculateurs (HPC) dans la liste des contributeurs \u00e0 <a href=\"https:\/\/brainscales.kip.uni-heidelberg.de\/\">BrainScales<\/a> et <strong>SpiNNaker<\/strong>.<\/p>\n<p>On risque donc de se retrouver dans une situation famili\u00e8re avec, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, une excellence scientifique europ\u00e9enne qui a du mal \u00e0 s\u2019industrialiser et de l\u2019autre, un pragmatisme technologique am\u00e9ricain, moins sophistiqu\u00e9 scientifiquement parlant, mais avec une approche industrielle massive, comme en t\u00e9moignent les investissements de <strong>Google <\/strong>dans l\u2019IA et dans ses datacenters \u00e0 base de processeurs neuromorphiques <strong>TPU <\/strong>(Tensor Processing Units) qui sont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9ploy\u00e9s dans le cloud. La m\u00eame question risque de se poser rapidement pour les ordinateurs quantiques.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/BRAIN-Initiative.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"BRAIN Initiative\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/BRAIN-Initiative_thumb.jpg\" alt=\"BRAIN Initiative\" width=\"222\" height=\"135\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le HBP n\u2019est pas seul dans son domaine. Les USA ont lanc\u00e9 l\u2019initiative <a href=\"https:\/\/www.braininitiative.nih.gov\/\">BRAIN<\/a> en 2013 en m\u00eame temps que le HBP. Annonc\u00e9e par Barack Obama \u00e0 la Maison Blanche, elle est financ\u00e9e par le NIH \u00e0 hauteur de $4,5B sur 12 ans. Tout du moins, sous Obama, car le budget 2018 de la pr\u00e9sidence Trump pr\u00e9voit une baisse de 18% du budget du NIH, l\u2019INSERM am\u00e9ricain. La DARPA fait aussi partie du projet. L\u2019ambition de BRAIN recouvre celle de la premi\u00e8re partie du HBP : la compr\u00e9hension des m\u00e9canismes du cerveau. Elle exclue la cr\u00e9ation d\u2019outils de simulation. BRAIN comprend notamment l\u2019initiative priv\u00e9e am\u00e9ricaine de l\u2019<a href=\"http:\/\/www.brain-map.org\/\">Allen Brain Atlas<\/a> qui s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9e dans la cartographie du cerveau, qui contribue aussi au projet HBP, et qui ambitionne de simuler un cerveau de souris, dans la lign\u00e9e du HBP. Il y a aussi le <strong>Human Connectome Project <\/strong>qui planche comme le HBP sur la cartographie anatomique et fonctionnelle du cerveau (un exemple ci-dessous des connexions internes du cerveau).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Human-Connectome-Project.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Human Connectome Project\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Human-Connectome-Project_thumb.jpg\" alt=\"Human Connectome Project\" width=\"547\" height=\"310\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/BRAIN-MINDS-Logo.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"BRAIN MINDS Logo\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/BRAIN-MINDS-Logo_thumb.jpg\" alt=\"BRAIN MINDS Logo\" width=\"240\" height=\"53\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>En Asie, les japonais du <a href=\"http:\/\/brainminds.jp\/en\/central\/mission\">projet Brain\/MINDS<\/a> ont des objectifs voisins de ceux de l\u2019am\u00e9ricain BRAIN. Ils veulent d\u00e9velopper la compr\u00e9hension du cerveau et des maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives. Ils y sont encore plus sensibilis\u00e9s que les Europ\u00e9ens et les Am\u00e9ricains du fait de la plus grande long\u00e9vit\u00e9 de leur population. Ils se focalisent sur l\u2019analyse du fonctionnement de cerveaux de primates, et particuli\u00e8rement du ouistiti qui pr\u00e9sente l\u2019avantage d\u2019\u00eatre tr\u00e8s l\u00e9ger (seulement 8g). Comme de nombreuses initiatives japonaises, celle-ci est japono-japonaise et n\u2019ouvre visiblement pas la porte \u00e0 la collaboration internationale m\u00eame si nombre de travaux europ\u00e9ens et am\u00e9ricains sont partag\u00e9s en \u201copen source\u201d.<\/p>\n<p>Enfin, le <a href=\"https:\/\/www.letemps.ch\/sciences\/2015\/03\/30\/chine-aura-mega-projet-cerveau\">China Brain Project<\/a> cible la compr\u00e9hension des maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives. Les chinois profitent de leur r\u00e8glementation \u201cassouplie\u201d pour cr\u00e9er la plus grande banque d\u2019\u00e9chantillons biologiques de cerveau et d\u2019utiliser massivement des singes pour leurs tests. Le projet s\u2019\u00e9tale sur trois plans quinquennaux (15 ans !) et a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en 2016.<\/p>\n<p><strong>Traiter les troubles de la m\u00e9moire avec Kernel<\/strong><\/p>\n<p>Repassons du c\u00f4t\u00e9 des startups. Cr\u00e9\u00e9e par <a href=\"http:\/\/bryanjohnson.co\/\">Bryan Johnson<\/a>, <strong>Kernel <\/strong><span style=\"font-weight: normal;\">s\u2019attaque au traitement de la d\u00e9pression et d\u2019autres pathologies neurologiques. <\/span><span style=\"font-weight: normal;\">La soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 2016 avec l\u2019apport de $100m de son fondateur, issus de la vente de son entreprise pr\u00e9c\u00e9dente, Braintree, \u00e0 Paypal pour $800m. On retrouve dans la mission de l\u2019entreprise la m\u00eame bivalence que pour les pr\u00e9c\u00e9dentes : d\u2019un c\u00f4te traiter des pathologies et de l\u2019autre, pr\u00e9voir \u00e0 plus long terme d\u2019augmenter les capacit\u00e9s cognitives de personnes saines. En y regardant de pr\u00e8s, cela n\u2019a rien de magique.<\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Bryan-Johnson-Kernel.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Bryan Johnson (Kernel)\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Bryan-Johnson-Kernel_thumb.jpg\" alt=\"Bryan Johnson (Kernel)\" width=\"540\" height=\"361\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: normal;\">La soci\u00e9t\u00e9 travaille sur la cr\u00e9ation d\u2019un dispositif \u00e9lectronique non invasif de nature non pr\u00e9cis\u00e9e pour la stimulation du fonctionnement de l\u2019hippocampe, une partie du cerveau qui g\u00e8re l\u2019alimentation de la m\u00e9moire corticale. Elle doit traiter dans un premier temps les personnes dont l\u2019hippocampe ne fonctionne pas bien, comme les personnes atteintes de la maladie d\u2019Alzheimer, de d\u00e9mence ou d\u2019\u00e9pilepsie, ces pathologies n\u2019\u00e9tant d\u2019ailleurs pas li\u00e9es sp\u00e9cifiquement \u00e0 des l\u00e9sions de l\u2019hippocampe. Dans son principe, la solution n\u2019agit pas directement sur la m\u00e9moire mais seulement sur l\u2019\u00e9tat du robinet qui permet son alimentation.<\/span><\/p>\n<p>La startup s\u2019appuie sur les travaux de Theodore Berger, qui avait planch\u00e9 en 2002 sur la simulation de l\u2019hippocampe (<a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2002\/06\/20\/technology\/what-s-next-a-chip-that-mimics-neurons-firing-up-the-memory.html\">source<\/a>) puis en 2011 sur une proth\u00e8se de <a href=\"http:\/\/iopscience.iop.org\/article\/10.1088\/1741-2560\/8\/4\/046017\/meta\">restitution de ses fonctions chez des rats<\/a> (source). La soci\u00e9t\u00e9 a aussi acquis en 2016 la startup KRS (Kendall Research Systems), un spin-off du MIT qui travaille sur des interfaces neuronales. L\u2019histoire ne dit pas encore comment implanter cet appareil de mani\u00e8re non invasive. De toutes les startups analys\u00e9es pour cette s\u00e9rie d\u2019articles, il s\u2019agit de la plus floue concernant la description de ses proc\u00e9d\u00e9s techniques (<a href=\"https:\/\/www.theverge.com\/2017\/2\/22\/14631122\/kernel-neuroscience-bryan-johnson-human-intelligence-ai-startup\">exemple<\/a> dans The Verge en f\u00e9vrier 2017).<\/p>\n<p>On est ici tr\u00e8s loin d\u2019un bidouillage du cerveau \u00e0 l\u2019\u00e9chelle s\u00e9mantique comme pour OpnWatr ou Neuralink ! Ce dont nous ne nous plaindrons pas !<\/p>\n<p><strong>Les scalpels non invasifs de Focused Ultrasound Foundation<\/strong><\/p>\n<p>Il existe aussi une autre technique de r\u00e9paration du cerveau qui n\u2019est pas destin\u00e9e \u00e0 le connecter \u00e0 quoi que ce soit ou \u00e0 lire et \u00e9crire dedans : celle de <strong>Neal Kassell<\/strong>, de la <strong>Focused Ultrasound Foundation<\/strong>.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une technique de projection focalis\u00e9e d\u2019ultrasons qui a diverses applications. C\u2019est une sorte de scalpel non invasif dot\u00e9 d\u2019une pr\u00e9cision de l\u2019ordre du millim\u00e8tre-cube. Il permet de d\u00e9truire des tissus non sains et de d\u00e9livrer des traitements de mani\u00e8re cibl\u00e9e. Dans le cerveau, cette technique permet surtout de d\u00e9truire des tumeurs canc\u00e9reuses ou pas et de mani\u00e8re non invasive.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Focused-Ultrasound-Foundation.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"Focused Ultrasound Foundation\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/Focused-Ultrasound-Foundation_thumb.jpg\" alt=\"Focused Ultrasound Foundation\" width=\"471\" height=\"331\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>La technique a plein d\u2019usages dans d\u2019autres parties du corps. Elle est commercialis\u00e9e sous licence par quelques dizaines d\u2019industriels des medtechs dont une belle brochette de soci\u00e9t\u00e9s fran\u00e7aises : <strong>Eye Tech Care<\/strong>, pour le traitement des glaucomes, <strong>CarThera <\/strong>pour le traitement de tumeurs du cerveau, <strong>EdapTMS <\/strong>pour le traitement du cancer de la prostate et en urologie, <strong>Image Guided Therapy <\/strong>pour des ablations de tumeurs canc\u00e9reuses diverses et <strong>Theraclion <\/strong>qui associe \u00e9chographie et scalpel \u00e0 ultrasons, exploit\u00e9s de concert pour l\u2019ablation de tumeurs b\u00e9nignes comme les ad\u00e9nofibromes du sein ou les nodules thyro\u00efdiens<em>.<\/em><\/p>\n<p>Avec cela, on ne risque pas non plus d\u2019\u00e9crire dans le cerveau et fort heureusement ! On peut cependant potentiellement l\u2019utiliser pour d\u00e9truire des parties cibl\u00e9es du cerveau pour d\u00e9sactiver des fonctions sp\u00e9cifiques. Ce qui peut avoir des applications dans certaines pathologies psychiatriques aigues. Ce qui rel\u00e8ve donc aussi du \u201cbidouillage\u201d.<\/p>\n<p><strong>Sommes-nous en fait d\u00e9j\u00e0 dans un monde virtuel ?<\/strong><\/p>\n<p>Lors de la derni\u00e8re <strong>Echapp\u00e9e Vol\u00e9e<\/strong> organis\u00e9e par Brightness pr\u00e8s de Chantilly en mai 2017, une sorte de TEDx en r\u00e9sidentiel, j\u2019ai beaucoup entendu parler de \u201c<strong>The Age of Em Work<\/strong>, Love and Life when Robots Rule the Earth\u201d de Robin Hanson. Publi\u00e9 d\u00e9but 2016, c\u2019est devenu un ouvrage de prospective intrigant \u00e0 la mode. Il d\u00e9crit par le menu toutes les composantes sociale, \u00e9conomiques, \u00e9thiques et g\u00e9opolitiques d\u2019un monde, une fois que nos vies, ou certaines d\u2019entre elles, seraient transpos\u00e9es dans des machines. C\u2019est en fait un m\u00e9lange de science-fiction et d&#8217;\u00e9conomie fiction.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/The-Age-of-Hem.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"background-image: none; padding-top: 0px; padding-left: 0px; margin: 10px 0px 10px 10px; display: inline; padding-right: 0px; border-width: 0px;\" title=\"The Age of Hem\" src=\"https:\/\/www.oezratty.net\/wordpress\/wp-content\/WindowsLiveWriter\/Ces-startups-qui-veulent-crire-dans-votr_1439F\/The-Age-of-Hem_thumb.jpg\" alt=\"The Age of Hem\" width=\"164\" height=\"244\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<p>Seulement voil\u00e0, c\u2019est de la singularit\u00e9 au carr\u00e9, prise un peu trop pour argent comptant par ceux qui imaginent in\u00e9luctable un monde o\u00f9 l\u2019on pourrait transposer son cerveau dans un ordinateur et devenir immortel, baign\u00e9 dans un monde enti\u00e8rement virtuel. Le transfert du cerveau dans un ordinateur est un fantasme, rien de plus \u00e0 ce stade de nos connaissances, m\u00eame en extrapolant les trucs les plus dingues vus dans cette s\u00e9rie d\u2019articles. Mais ce genre d\u2019ouvrage permet de prendre du recul sur notre vie actuelle, d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s num\u00e9ris\u00e9e, avec son impact et son \u00e9conomie associ\u00e9e. Nous sommes souvent d\u00e9j\u00e0 les moutons de Facebook, Twitter ou plus simplement de notre email, r\u00e9agissant aux petites doses r\u00e9guli\u00e8res de dopamine, li\u00e9es \u00e0 la r\u00e9ception de messages et like divers.<\/p>\n<p>On voit enfin apparaitre une nouvelle forme d\u2019explication de ce que l\u2019on n\u2019arrive pas \u00e0 expliquer. Nous serions en fait les jouets d\u2019une gigantesque simulation. C\u2019est une hypoth\u00e8se \u2013 certes faiblement probable &#8211; notamment mise en avant par <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/technology\/2016\/oct\/11\/simulated-world-elon-musk-the-matrix\">Elon Musk<\/a>. Elle compl\u00e8te une observation des lois de la physique selon lesquelles notre libre arbitre serait un mythe, ce que met notamment en avant Moran Cerf (comme dans <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=6dqNiSGo9yU\">TEDxAix en 2015<\/a>). Le libre arbitre est en effet une vision de l\u2019esprit, celui-ci \u00e9tant conditionn\u00e9 par tout un tas de param\u00e8tres que nous ne maitrisons pas. Et \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nanoscopique, nous ne sommes que de la poussi\u00e8re d\u2019\u00e9toile anim\u00e9e par de la m\u00e9canique quantique qui ajoute sa dose d\u2019al\u00e9atoire plus que de libre arbitre.<\/p>\n<p>Donc, si nous sommes dans un gros simulateur de l\u2019univers, ce que nous en observons n\u2019en est qu\u2019une simulation. Par qui, comment et pourquoi, ce sont des d\u00e9tails. Cela explique peut-\u00eatre le myst\u00e8re de la mati\u00e8re et de l\u2019\u00e9nergie noires : elles sont indispensables pour justifier la coh\u00e9sion des galaxies mais ont n\u2019en trouve pas encore la trace ! C\u2019est donc un bug de la simulation (ou de nos \u00e9quations\u2026) ! Comme dans Men in Black, l\u2019univers n\u2019est peut-\u00eatre qu\u2019un atome d\u2019un supra-univers encore plus grand. Et si nous dupliquons nos cerveaux dans un supercalculateur simulant le monde, cela nous fera rentrer dans une \u00e9tonnante r\u00e9cursivit\u00e9. On commence \u00e0 \u00eatre perdus ! Mais je ne faisais que d\u00e9lirer !<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ce petit tour en trois partie du bidouillage du cerveau qui est probablement tr\u00e8s incomplet malgr\u00e9 sa longueur, je reste perplexe. J\u2019y vois d\u2019un c\u00f4t\u00e9 des startups telles que Neuralink et OpnWatr qui ont des pr\u00e9tentions quelque peu exag\u00e9r\u00e9es sachant que OpnWatr semble plus disruptive et prometteuse que Neuralink, modulo la r\u00e9solution op\u00e9rationnelle de son astucieux syst\u00e8me \u00e0 base de petites \u00e9crans. De l\u2019autre, nous avons des initiatives de recherche internationales tr\u00e8s bien financ\u00e9es et qui planchent sur des fondamentaux. Notamment, au niveau de l\u2019IRM et de la cartographie d\u00e9taill\u00e9e du fonctionnement du cerveau comme ce que fait le Neurospin du CEA en France. Nous aurons surtout en bout de course de nouveaux traitements de maladies diverses bien plus que des liaisons entre une IA en silicium et nos cerveaux. Tout du moins dans un futur proche. Et une bonne part des progr\u00e8s scientifiques viendront plus des chercheurs financ\u00e9s par les deniers publics que de startups un peu tape \u00e0 l\u2019\u0153il qui interviendront plut\u00f4t en bout de course, pour la d\u00e9mocratisation de solutions \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de l\u2019\u00e9thique des solutions de bidouillage du cerveau, j\u2019ai bien peur que les garde-fous ne soient que des illusions pour nous rassurer. L\u2019histoire montre que, pour nombre de technologies, on en d\u00e9couvre les effets collat\u00e9raux n\u00e9gatifs un peu tardivement apr\u00e8s leur d\u00e9ploiement \u00e0 grande \u00e9chelle. Et que cela ne change pas grand chose aux usages, sauf pour la petite minorit\u00e9 de ceux qui y r\u00e9sistent ou se lancent dans des cures de <em>digital detox <\/em>pour se rassurer, avant de replonger. Pour ce qui est du bidouillage du cerveau, les effets collat\u00e9raux pervers sont un peu plus faciles \u00e0 imaginer en amont. Mais l\u2019innovation ne s\u2019arr\u00eate pas d\u2019un coup de claquettes de comit\u00e9 d\u2019\u00e9thique ou de lois pr\u00e9ventives. Elle vient de partout dans le monde. Elle se diffuse, qu\u2019on le veille ou non. Les m\u00e9canismes de r\u00e9gulation de sa diffusion sont bien plus \u00e9conomiques et \u00e9motionnels qu\u2019\u00e9thiques ou li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9gulation dans la pratique. Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 observer la consommation de drogues l\u00e9gales et ill\u00e9gales au travers des \u00e2ges. Le bidouillage du cerveau pourrait devenir \u00e0 la fois une th\u00e9rapie et une nouvelle drogue dure, comme la morphine et ses produits d\u00e9riv\u00e9s !<\/p>\n<p>________________________<\/p>\n<p>Je me rend compte a posteriori que lors de la conf\u00e9rence <a href=\"http:\/\/www.usievents.com\/en\/speakers\">USI 2017<\/a> qui a lieu les 19 et 20 juin \u00e0 Paris, de nombreuses personnes cit\u00e9es dans mes trois articles seront parmi les intervenants : <strong>Nick Bostrom <\/strong>\u201cSuper Intelligence\u201d, <strong>Kevin Kelly <\/strong>\u201cThe inevitable\u201d, <strong>Tim Urban <\/strong>\u201cWait but why\u201d, <strong>Laurent Alexandre <\/strong>\u201cLa mort de la mort\u201d et <strong>Moran Cerf<\/strong>. Ce qui fait un beau quint\u00e9 !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous allons ici terminer cette petite s\u00e9rie d\u2019articles sur le bidouillage du cerveau apr\u00e8s avoir pass\u00e9 en revue les deux grandes startups du domaine : Neuralink d\u2019Elon Musk et OpnWatr de Mary Lou Jepsen. Ces deux soci\u00e9t\u00e9s bien visibles ne sont pas seules sur le cr\u00e9neau. 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