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	<title>Opinions Libres &#187; Communication</title>
	<link>http://www.oezratty.net/wordpress</link>
	<description>Le blog d'Olivier Ezratty</description>
	<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 15:49:35 +0000</pubDate>
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		<title>Num&#233;rique : pas celui que l&#8217;on attendait !</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Mar 2008 15:58:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Les médias et commentateurs s&#8217;échinaient depuis des mois à prédire qui pourrait récupérer le poste de Secrétaire d&#8217;Etat en charge de l&#8217;Economie Numérique (voir cet exemple sur ZDNet). Plein de noms circulaient, la plupart issus de l&#8217;UMP. Et paf, c&#8217;est Eric Besson qui récupère la mission en complément de la prospective dont il était déjà [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les médias et commentateurs s&#8217;échinaient depuis des mois à prédire qui pourrait récupérer le poste de Secrétaire d&#8217;Etat en charge de l&#8217;Economie Numérique (voir <a href="http://www.zdnet.fr/galerie-image/0,50018840,39379627,00.htm">cet exemple</a> sur ZDNet). Plein de noms circulaient, la plupart issus de l&#8217;UMP. Et paf, c&#8217;est <strong>Eric Besson</strong> qui récupère la mission en complément de la prospective dont il était déjà en charge. Voyons ce qu&#8217;il en est et ce qu&#8217;il pourrait bien faire.</p>
<p><a href="http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/biographie_5/eric_besson_secretaire_etat_56409.html"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="115" alt="Besson" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/besson.png" width="369" border="0"></a> </p>
<p><strong>L&#8217;impact du politique</strong></p>
<p>Ainsi, nous avons bien un Secrétaire d&#8217;Etat qui reporte au Premier Ministre, une solution imposée par la grande transversalité de la mission qui couvre l&#8217;économie, l&#8217;éducation, l&#8217;enseignement, la recherche et l&#8217;industrie. Mais ce n&#8217;est pas du tout celui que tout le monde attendait ! Mais il ne faut pas s&#8217;étonner car moins d&#8217;un Ministre sur deux est nommé selon son domaine de compétences propres, lié par exemple à son travail passé de parlementaire (comme rapporteur de mission ou membre de commission), d&#8217;élu local ou à une responsabilité dans un parti. Dans le cas d&#8217;Eric Besson, nous avons affaire à une sorte de généraliste de l&#8217;économie, ce qui pour le numérique n&#8217;est pas forcément une tare. </p>
<p>Certains regretteront évidemment la nomination d&#8217;un personnage connu et emblématique d&#8217;une certaine ambiguïté. Et les aigris pressentis et non sélectionnés vaqueront à leurs occupations au mieux, ou nuiront au pire au Secrétaire d&#8217;ouverture aux prérogatives ainsi étendues. </p>
<p>Le numérique a donc été une sorte de pion dans le jeu délicat de l&#8217;équilibre &#8220;d&#8217;ouverture&#8221; du Président. Il fallait bien trouver un ou deux postes pour l&#8217;ouverture qui ne soient pas trop dommageables d&#8217;un point de vue politique. L&#8217;équilibre a ainsi été trouvé : le numérique (Eric Besson) et le Grand Paris (Christian Blanc) pour l&#8217;ouverture, et pour les méritants de l&#8217;UMP, la famille (Nadine Morano), l&#8217;aménagement du territoire (Hubert Falco), les collectivités territoriales et l&#8217;outre-mer (Alain Marleix). Avec le bonus de dédommagement pour Anne-Marie Idrac (commerce extérieur), après sa perte de la présidence de la SNCF. Ce qui calmera certainement les caciques de l&#8217;UMP, qui avaient été quelque peu aigris par les nominations d&#8217;ouverture au printemps dernier (Kouchner, Amara, Bockel, Jouyet).</p>
<p><strong>La mission</strong></p>
<p>La nomination d&#8217;un Secrétaire d&#8217;Etat est généralement suivie d&#8217;un décret d&#8217;application, ici du Premier Ministre, délimitant précisément ses responsabilités et les administrations qui lui sont éventuellement rattachées. C&#8217;est un peu le suspens car il n&#8217;y a pas grand chose de concret à lui rattacher. A moins de créer un ou plusieurs nouveaux organes: agences, haut commissariat, autorité indépendante, que sais-je. Attendons un peu. L&#8217;information clé sera là !</p>
<p>La mission d&#8217;un tel Secrétariat d&#8217;Etat a été abondamment commentée par les milieux du numériques. Plusieurs associations et groupements cherchent à en influencer l&#8217;agenda. L&#8217;une d&#8217;entre elles est l&#8217;AFNET, auteur d&#8217;un <a href="http://www.pacte-numerique.org/index.php?title=Accueil">Pacte Numérique</a>, proposé aux candidats à la présidentielle en 2007, et qui continue d&#8217;être promu. Pierre Faure, son président (qui travaille chez Dassault), a immédiatement envoyé une lettre à Eric Besson pour l&#8217;inviter à participer à Net2008, une conférence organisée par l&#8217;AFNET en avril prochain !</p>
<p><a href="http://jeanpierrecorniou.typepad.com/technologie_et_socit_de_l/2008/03/pour-un-ministr.html"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="191" alt="Corniou" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/corniou.png" width="366" border="0"></a> </p>
<p>La mission potentielle d&#8217;Eric Besson a été aussi décrite de manière raisonnée par <a href="http://jeanpierrecorniou.typepad.com/technologie_et_socit_de_l/2008/03/pour-un-ministr.html">Jean-Pierre Corniou</a> dans &#8220;Pour un ministère de l&#8217;Internet&#8221; publié sur son blog (ex-DSI de Renault et Président du Cigref, maintenant VP chez EDS, et au passage énarque). Raisonnée, mais en même temps, sans grande illusion.</p>
<p><strong>Le numérique pour le marché intérieur</strong></p>
<p>Dans ces deux cas (AFNET, Corniou), je note un penchant naturel pour des missions relevant du marché intérieur français, notamment, encourager l&#8217;Etat et les entreprises à utiliser les technologies numériques pour améliorer leur compétitivité. Et c&#8217;est vrai qu&#8217;il y a fort à faire. On les complétera avec les propositions répétées de création d&#8217;un <a href="http://www.ouverture-paris-region.org/xwiki/bin/Main/">pôle de compétitivité autour des logiciels libres</a>. La part de ces idées qui relève de l&#8217;entrepreneuriat et de l&#8217;exportation est généralement faible (voir ici <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/industrie-du-logiciel-libre-ou-artisanat/">mon raisonnement</a> sur les logiciels libres).</p>
<p><a href="http://www.pacte-numerique.org/index.php?title=Accueil"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="138" alt="PacteNumerique" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/pactenumerique.png" width="388" border="0"></a> </p>
<p>Pourtant, dans l&#8217;économie numérique, il nous faudra bien trouver un équilibre entre le développement des usages en France (le &#8220;marché intérieur&#8221;) et l&#8217;encouragement de l&#8217;industrie locale (le &#8220;marché extérieur&#8221;), assez mal en point alors que les importations de matériels et logiciels vont bon train, alimentées par la croissance des usages. Et les cercles vertueux du marché intérieur (que l&#8217;on peut protéger) ne coïncident pas forcément avec ceux du marché extérieur (qui est très concurrentiel).</p>
<p>Nous avons une situation assez particulière en France: la difficulté à créer des entreprises de taille critique et à exporter, spécialement dans l&#8217;industrie high-tech. Alors que la France est un pays exportateur dans son ensemble, efficace dans certaines industries (agro-alimentaire, luxe, aérospatial, distribution) mais pas dans celui-ci. L&#8217;héritage des grands projets gaulliens (nucléaire en tête) imprègne encore le tissus informatique français, doté de puissantes SSII sachant gérer de gros projets (enfin &#8230; plus ou moins), et une relative faiblesse des acteurs du logiciel, de l&#8217;internet, et surtout du matériel. Les diagnostics ne manquent pas et tournent souvent autour du manque de financement, surtout dans l&#8217;amorçage, et des lacunes dans la recherche. </p>
<p>Les quelques attributions qu&#8217;Eric Besson récupérera lui donneront certainement un penchant naturel sur le marché intérieur : du fait du pouvoir réel de l&#8217;Etat et de ses limites. Pour l&#8217;extérieur de la France, il sera en recouvrement avec les Ministères en charge de l&#8217;Economie, de l&#8217;Industrie, du Commerce Extérieur, et aussi de l&#8217;Enseignement Supérieur et de la Recherche. C&#8217;est un peu dommage car nous aurions bien besoin d&#8217;un coup de fouet pour encourager l&#8217;innovation dans les startups de ce secteur.</p>
<p>Comment donc impacter la présence française sur les marchés extérieurs ? Comme c&#8217;est souvent le cas en économie, l&#8217;impact de l&#8217;Etat sur l&#8217;innovation devrait être plus indirect que direct. Surtout dans la mesure où les innovations proviennent en général de petites structures. C&#8217;est à l&#8217;Etat de créer un environnement propice à l&#8217;émergence de ces innovations et à leur réussite économique. Pas de vouloir micro-manager l&#8217;innovation ou à la financer comme il peut avoir tendance à le faire.</p>
<p>Il y a au moins deux facteurs qui sont sous-évalués par les politiques et la technostructure qui cherchent à favoriser l&#8217;innovation et la compétitivité: l&#8217;impact de la culture et du système de valeur, et la différence entre recherche et innovation. Ce que je vais tenter d&#8217;expliciter.</p>
<p><strong>La rôle de la culture et du système de valeur</strong></p>
<p>Le plus grand défi à long terme est de modifier progressivement la culture et le système de valeur de notre pays au regard de la réussite économique, de l&#8217;argent (tabou), du risque et de l&#8217;échec. Nous avons un sérieux handicap moral à relever. J&#8217;avais eu l&#8217;occasion de soulever ce point dans mon compte-rendu de visite de la Silicon Valley en décembre 2007 (<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/back-from-the-silicon-valley-1/">première partie</a> et <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/back-from-the-silicon-valley-3/">troisième partie</a>) tout comme dans <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/grandes-ecoles-et-innovations/">Grandes Ecoles et innovation</a>. C&#8217;est toujours d&#8217;actualité !</p>
<p>Comment avancer si les français et surtout les jeunes ne rêvent plus et n&#8217;ont confiance en rien du tout comme plein d&#8217;études le démontrent (vis à vis de la mondialisation, des politiques, des patrons, du futur; voir <a href="http://www.danielmartin.eu/Cours/SocieteDefiance.htm">cet essai de Daniel Martin</a> sur la société de défiance qui rassemble les données du problème) ? La part du rêve est un moteur clé du développement des sociétés. En France, la peur du risque a deux impacts : un marché intérieur mou pour les nouveautés, particulièrement dans l&#8217;informatique, et un déficit d&#8217;entrepreneuriat, notamment chez les jeunes, que l&#8217;on n&#8217;encourage pas assez.</p>
<p>Ceci est d&#8217;autant plus vrai que nous vivons dans un véritable climat délétère et anxiogène autour de l&#8217;entreprise et de l&#8217;emploi. Avec l&#8217;UIMM. Avec les parachutes dorés. Avec l&#8217;affaire de la Société Générale. Tout contribue à clouer au pilori le monde de l&#8217;entreprise et dans l&#8217;esprit public à mettre dans le même sac les patrons issus des élites françaises et les PME innovantes, tous logés à la même enseigne dans la dénonciation des stock-options. De plus, l&#8217;énorme couverture médiatique sur les travailleurs précaires et les SDF, tout en étant fort louables dans leur intention, contribue à ce climat anxiogène. Au point que des cadres supérieurs qui à priori ne devraient pas être dans le besoin ont aussi peur pour leur situation. Un comble !</p>
<p>Dernier épisode en date: les patrons &#8220;surpayés&#8221; du CAC40 avec un délire économique médiatique basé sur les statistiques pas toujours très claires du groupe Hays sur les 40% d&#8217;augmentation des patrons du CAC40 reprises partout, alors que le véritable chiffre serait plutôt aux alentours de 10%. Et qui génèrent des commentaires aussi absurdes que &#8220;<em>Un tiers des entreprises distribue ces actions quelle que soit la performance du dirigeant</em>&#8221; (dans <a href="http://www.lefigaro.fr/patrimoine/2008/02/12/05001-20080212ARTFIG00308-les-grands-patrons-ont-gagne-de-plus.php">Le Figaro</a>). Alors que la valeur des stock-options attribuées dépend justement de la performance à la bourse de l&#8217;entreprise, en moyenne corrélée par la performance de l&#8217;entreprise et de son dirigeant. Et que surtout, si le dirigeant n&#8217;est pas performant du tout (genre chez Alcatel), l&#8217;action chute et les stock-options ne valent plus rien ! Les stock-options sont en fait un pari, un effet de levier, sur la performance future escomptée, et pas passée. La performance passée est plutôt rémunérée par les bonus, eux aussi indexés sur la performance économique de l&#8217;entreprise. A force de torpiller les stock-options, la folie médiatique relayée par les syndicats et certains politiques de gauche comme de droite, a créé une <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/surtaxer-les-stock-options/">situation potentiellement défavorable aux entrepreneurs de PME</a> !</p>
<p>Dans ce pays qui n&#8217;a confiance en rien du tout, il serait utile d&#8217;apporter une part de rêve et d&#8217;aspirations et de dédiaboliser la réussite économique. Cela pourrait passer par une meilleure circulation de l&#8217;argent des grandes fortunes vers des causes favorisant l&#8217;innovation: la recherche, l&#8217;enseignement supérieur et les startups. Il faut passer de l&#8217;argent sale et pas mérité à de l&#8217;argent mérité et utile pour la société. Des actes et des symboles forts pourraient créer un choc médiatique pour montrer que l&#8217;argent et les fortunes peuvent se recycler positivement pour le pays, comme c&#8217;est parfois le cas aux USA. L&#8217;Etat pourrait inventer des moyens (notamment fiscaux) pour faire évoluer la structure même du capitalisme à la française, qui est actuellement dans un cercle vicié : on exonère de l&#8217;ISF le vieux (les objets d&#8217;art) plus que le neuf (l&#8217;investissement dans l&#8217;innovation) et les grandes fortunes et les entreprises se transmettent par hérédité quand de nombreux milliardaires américains transmettent leur fortune à des fondations (et pas seulement Bill Gates). On pourrait rêver de quelques grandes fortunes françaises créant ainsi des fondations pour l&#8217;enseignement supérieur et/ou la recherche ou des fonds d&#8217;investissement d&#8217;amorçage pour les startups. Au lieu de créer des musées à Venise ou d&#8217;investir dans l&#8217;immobilier, quand ils ne choisissent pas de s&#8217;expatrier - pratique assez courante dans les grandes fortunes issues de la high-tech !</p>
<p>Changer la culture passe aussi par l&#8217;éducation, par les liens entre l&#8217;université, les grandes écoles et les entreprises. La loi LRU va dans le bon sens, mais à la vitesse de la réforme à la française. Ainsi, les étudiants ont-ils fait grève contre le financement des universités par le privé alors que c&#8217;est un des facteurs clés de succès reconnu dans le monde entier, surtout aux USA. Mais le changement culturel évoqué plus haut devrait aussi avoir un impact sur la propension des élites à prendre le risque d&#8217;entreprise (voir aussi <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/grandes-ecoles-et-innovations/">Grandes Ecoles et innovation</a>).</p>
<p>Enfin, s&#8217;il y a bien des ruptures à provoquer, c&#8217;est dans la lourdeur de la triple hiérarchie de la société française : </p>
<ul>
<li>Celle de l&#8217;âge - encore pesante dans les entreprises et les politiques (la moyenne d&#8217;âge des députés a augmenté de 5 ans lors des dernières législatives),
<li>Celle du diplôme (les écoles d&#8217;ingénieur groupes A, B, C, les grands Corps de l&#8217;Etat, &#8230;).
<li>Celle de l&#8217;origine sociale, quand ce n&#8217;est pas ethnique. </li>
</ul>
<p>Réussir la transformation culturelle, c&#8217;est aussi créer des valeurs d&#8217;exemples pris dans ces trois dimensions pour montrer qu&#8217;il est possible de réussir en France malgré un ou plusieurs de ces trois handicaps. Et il serait bon d&#8217;aller au delà de la nomination de Fadela Amara et Rachida Dati au gouvernement. Il faut encore plus d&#8217;exemples. C&#8217;est d&#8217;ailleurs aussi comme cela que l&#8217;on peut redonner un peu d&#8217;espoir aux banlieues. Les exemples créent des mythes, et ils font aussi rêver.</p>
<p><strong>Recherche et innovation</strong></p>
<p>Dans l&#8217;innovation, il est un autre mal français issu de l&#8217;état et de la technostructure consistant à confondre les bienfaits et moteurs de la recherche et de l&#8217;innovation. Avec cette croyance bien ancrée qu&#8217;un plus fort investissement dans la recherche va résoudre nos problèmes de compétitivité.</p>
<p>On en est bien loin. En effet, le chemin qui va de la recherche aux innovations et aux succès économiques est complexe. Il intègre la notion de produit, de marchés de volume, de rapidité d&#8217;exécution (une des meilleures barrières à l&#8217;entrée&#8230;), de marketing, de vente et d&#8217;exportations. C&#8217;est là que nous pêchons le plus souvent dans la high-tech car notre économie de la high-tech a été fortement calibrée pour créer des produits complexes diffusés à faible échelle, sans grand marketing et souvent plutôt localement.</p>
<p>Résultat? Un système vicié :</p>
<ul>
<li>Qui <strong>aide plus facilement la recherche </strong>(Crédit Impôt Recherche, Concours du Ministère de la Recherche, aides Oséo) que le développement marketing et commercial.&nbsp; Au point que pas mal d&#8217;entreprises passent leur temps à maquiller en R&amp;D des développements produits classiques, souvent déjà réalisés.
<li>Qui a tendance à <strong>trop aider les grandes entreprises </strong>au détriment des petites. Avec les grands projets style Agence de l&#8217;Innovation Industrielle (intégrée à l&#8217;Oséo depuis le début de l&#8217;année), le fameux Quaero (<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/que-devient-quaero/">dont j&#8217;aurais l&#8217;occasion de reparler)</a>, les pôles de compétitivitivé et aussi les aides européennes FP6/FP7. Depuis des décennies, l&#8217;Etat français arrose les &#8220;losers&#8221; de l&#8217;industrie informatique, ceux qui désinvestissent, ceux qui ne se frottent pas assez ou pas efficacement aux marchés mondiaux. Et malheureusement, on enfonce le clou dans la mauvaise direction, tel Nicolas Sarkozy (<a href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/Microsoft_Word_-_03.pdf">voir ici page 4</a>) annonçant au Cebit un projet de &#8220;calculateur géant&#8221; proposé en partenariat aux allemands (programme qui a au demeurant peu de chances d&#8217;aboutir car en France, il sert à simuler les explosions nucléaires au CEA).
<li>Qui n&#8217;encourage pas les grandes entreprises <strong>à acheter les petites</strong>. Par le mécanisme précédent: pourquoi racheter si on peut faire subventionner sa propre recherche, et torpiller les petites boites par des méthodes plus ou moins avouables ? Surtout pour de grands ingénieurs ultra-diplômés qui ne tolèrent pas facilement qu&#8217;une invention ou innovation puisse provenir d&#8217;une petite structure créée par des &#8216;autodidactes&#8217; et qui ne la jugent souvent que par sa valeur technique et non pas commerciale !
<li>Qui n&#8217;aide pas les startups à <strong>trouver des clients </strong>sur leur marché intérieur comme extérieur. La peur du risque des dirigeants et autres décideurs. Xavier Dalloz qui organise le <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/mission-ces-2008-las-vegas/">voyage au Consumer Electronics Show</a> de Las Vegas auquel je participe chaque année a ainsi raison de se lamenter du faible nombre d&#8217;entreprises présentes sur le salon. On ne les a pas assez encouragées à se bouger !</li>
</ul>
<p>ll faut donc certainement revoir le système des aides à l&#8217;innovation. Comprendre qu&#8217;elles devraient être plus indirectes (comme la réduction d&#8217;ISF favorisant le développement du financement par les business angels, l&#8217;abaissement des délais de paiement, la commande publique) que directes (les &#8220;subventions&#8221;).</p>
<p>Les mesures clés sont toutes celles qui faciliteront la vie des startups - des PME en général. On en trouve plein de très bien vues dans le fameux <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/rapport-attali-et-innovation/">rapport Attali</a>, que j&#8217;ai déjà eu l&#8217;occasion de commenter. Espérons que le gouvernement les mettra en oeuvre rapidement.</p>
<p><strong>What&#8217;s next ?</strong></p>
<p>Que va-t-il donc se passer avec Eric Besson ? On peut craindre l&#8217;habituelle commande d&#8217;un n+unième rapport à une personnalité coiffée d&#8217;un rapporteur jeune fonctionnaire, qui fera les mêmes préconisations dont certaines seront issues de la &#8220;technostructure&#8221; et à défaut d&#8217;être à côté de la plaque, ne traiteront pas suffisamment de l&#8217;aspect valeurs/culture et de la compétitivité à l&#8217;exportation. </p>
<p>Espérons que Eric Besson, mais aussi Christine Lagarde et Valérie Pécresse prendront ce défi en main avec une véritable vision long terme.</p>
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		<title>Emails datamining</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Feb 2008 08:23:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Communication]]></category>

		<category><![CDATA[Logiciels]]></category>

		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Lors d&#8217;un voyage d&#8217;étude dans la Silicon Valley en novembre 2007, j&#8217;avais eu l&#8217;occasion de rencontrer, Xobni, une petite startup intéressante. J&#8217;avais décrit dans mon compte rendu le potentiel intéressant de leur outil qui se manifeste sous la forme d&#8217;un plug-in d&#8217;Outlook (avant le support à venir d&#8217;autres logiciels clients de messagerie).
 
Ce plug-in est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lors d&#8217;un voyage d&#8217;étude dans la Silicon Valley en novembre 2007, j&#8217;avais eu l&#8217;occasion de rencontrer, <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/back-from-the-silicon-valley-2/">Xobni</a>, une petite startup intéressante. J&#8217;avais décrit dans mon compte rendu le potentiel intéressant de leur outil qui se manifeste sous la forme d&#8217;un plug-in d&#8217;Outlook (avant le support à venir d&#8217;autres logiciels clients de messagerie).</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/xobni-logo.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="58" alt="xobni-logo" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/xobni-logo-thumb.png" width="152" border="0"></a> </p>
<p>Ce plug-in est une sorte de mini outil de datamining dans votre base de contacts et d&#8217;emails qui vous fournit un tas d&#8217;informations utiles sur vos contacts et ajoute plein d&#8217;astuces pour rendre votre activité plus rapide. Vous avez en gros : une carte de visite de vos contacts en cliquant sur leur email avec leurs coordonnées, les derniers mails échangés, le &#8220;mail ranking&#8221; de votre contact, à savoir une position de votre interlocuteur dans le classement des échanges par email de votre boite aux lettres. Mais l&#8217;outil découvre automatiquement tous les attachements aux emails concernés, il indique à quelle vitesse votre contact répond aux emails, il vous aide à trouver des plages horaires dans votre agenda pour les indiquer par email à vos correspondants, etc.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/xobnicapture.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="318" alt="XobniCapture" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/xobnicapture-thumb.jpg" width="383" border="0"></a> </p>
<p>Bref, beaucoup d&#8217;astuces qui auraient très bien pu faire partie d&#8217;une nouvelle version d&#8217;Outlook, mais qui sortent d&#8217;une startup plutôt que des labos de Microsoft. Ce qui explique peut-être pourquoi Bill Gates s&#8217;est fendu d&#8217;une <a href="http://feeds.feedburner.com/~r/TheNextBigThing/~3/236558707/xobni-demo-by-b.html">démonstration</a> de Xobni lors de la dernière Office Developer Conference.</p>
<p>Mais Xobni (qui veut dire Inbox à l&#8217;envers) n&#8217;est qu&#8217;un début ou ne représente que les prémisses de ce qu&#8217;il est possible de faire à partir d&#8217;une base de contacts et d&#8217;emails.</p>
<p>Il y a quelques temps, je m&#8217;étais dit que ce que Xobni pouvait faire à l&#8217;échelle d&#8217;une &#8220;inbox&#8221; d&#8217;un utilisateur, un autre logiciel pourrait très bien le faire à l&#8217;échelle de toute la messagerie d&#8217;une entreprise, couplée à son organigramme et à la gestion d&#8217;agendas et à son annuaire d&#8217;utilisateurs. </p>
<p>La masse d&#8217;informations qui s&#8217;accumule dans les entreprises est là, prête à être exploitée. Elle est riche d&#8217;enseignements sur le fonctionnement des organisations et permettrait de comparer les comportements des unités d&#8217;organisation des entreprises (pas au niveau des individus mais seulement de groupes d&#8217;individus). Elle permettrait aussi d&#8217;aider les entreprises à améliorer leur fonctionnement interne. Car tous ces merveilleux outils de communication sont souvent utilisés un peu à tors et à travers. Le foisonnement des outils de communication numérique et les interruptions permanentes qu&#8217;ils génèrent créent de véritables pathologies comportementales, dans les relations interpersonnelles et dans la gestion du temps. Pathologies qui peuvent parfois aboutir à des catastrophes si il s&#8217;agit d&#8217;organisations qui relèvent de la sécurité (des transports, de l&#8217;énergie) ou de la santé.</p>
<p>Mon &#8220;délire&#8221; relève du lien qu&#8217;un tel outil pourrait avoir avec le métier de conseil en organisation ou en relations humaines, voire pour les inspections du travail ou des sociologues des organisations. Cela pourrait être un outil d&#8217;accélération du diagnostic de dysfonctionnements dans les organisation, permettant d&#8217;ajouter des données factuelles à des observations des uns et des autres, ou à des pistes identifiées par des visites sur le terrain.</p>
<p>Je ne sais donc pas si cet outil existe. Une petite recherche sur le web montre que si cela existe, c&#8217;est plutôt bien caché. Voici le périmètre fonctionnel auquel je pensais :</p>
<ul>
<li>Comparaison des modes de communication entre groupes d&#8217;entreprises. Communiquent-ils plus en <strong>interne ou en externe</strong>, au sein de l&#8217;entreprise, ou à l&#8217;extérieur de l&#8217;entreprise ? Quels sont les groupes qui collaborent le mieux entre eux ?</li>
<li>Quel est le <strong>temps de réponse </strong>aux mails selon les groupes ? Pour les mails internes aux groupes, internes à l&#8217;entreprise, ou externes à l&#8217;entreprise.</li>
<li>Nombre de &#8220;<strong>ping-pongs</strong>&#8221; dans la communication par emails. Est-ce que certains groupes en sont plus friands que d&#8217;autres ? Cela dénote souvent une difficulté à dialoguer, et aussi la propension à ne pas employer le bon outil, le téléphone étant souvent plus efficace que l&#8217;enchainement de malentendus par emails.</li>
<li>Quelle est l&#8217;<strong>organisation du temps </strong>dans la journée par groupes? Est-ce que le mail est utilisé toute la journée en micro-interruptions, ou plutôt de manière concentrée dans le temps ?</li>
<li>Quel est le <strong>comportement des managers </strong>? Sont-ils diffuseurs ou récepteurs d&#8217;informations ? Est-ce courant de dépasser la hiérarchie directe dans la communication dans l&#8217;entreprise ? Et dans les deux sens (montant et descendant).</li>
<li>Quels sont les <strong>réseaux de pouvoir </strong>et <strong>noeuds de réseaux </strong>dans l&#8217;entreprise ? Est-ce qu&#8217;ils correspondent à l&#8217;organigramme ou pas ?</li>
<li>Quel est le comportement des cadres dans le travail pendant le <strong>week-end</strong>, pendant leurs vacances, le soir, la nuit ?</li>
<li>Qui <strong>produit de l&#8217;information </strong>dans l&#8217;entreprise, en fonction de la longueur des mails ? Qui en consomme ? </li>
<li>Identification des &#8220;<strong>chaines</strong>&#8221; et de leurs émetteurs et diffuseurs.</li>
<li>Et puis, après, on peut passer à des <strong>études sémantiques </strong>sur le contenu des mails pour identifier la tonalité (agressive, serviable, etc) mais cela devient assez compliqué !</li>
<li>Et enfin, classifier ces différents résultats par <strong>type d&#8217;activité </strong>(R&amp;D, marketing, vente, finance, etc)<strong> </strong>et benchmarker les entreprises entre elles. Cela permettrait par exemple d&#8217;identifier qu&#8217;un service marketing n&#8217;est pas assez tourné vers l&#8217;extérieur de l&#8217;entreprise, qu&#8217;une entreprise est trop tournée sur elle-même et pas assez sur ses clients ou partenaires, etc. Vous direz sûrement à juste titre qu&#8217;on s&#8217;en apperçoit rapidement par d&#8217;autres moyens&#8230;</li>
</ul>
<p>Tant qu&#8217;on est dans le &#8220;big brother&#8221;, on pourrait alors creuser le lien entre la messagerie avec d&#8217;autres outils eux aussi passés au numérique :</p>
<ul>
<li>Lien avec les <strong>agendas </strong>et <strong>meetings</strong>. Est-ce que les meetings donnent lieu à des échanges de communication après coup qui dénotent un suivi des actions, &#8230; ou pas ?</li>
<li>Lien avec la <strong>messagerie instantanée</strong>. Est-elle plus utilisée que la messagerie dans certains groupes ?</li>
<li>Statistiques sur les mails provenant de <strong>Facebook </strong>et <strong>LinkedIn </strong>? Ces derniers peuvent être un indicateur d&#8217;un malaise et du besoin de collaborateurs de se recréer un réseau externe à l&#8217;entreprise en vue d&#8217;une recherche d&#8217;emploi (<em>je dis cela comme ça&#8230; c&#8217;est une observation</em>).</li>
<li>Liens entre la messagerie et la consultation de sites <strong>Internet </strong>et <strong>Intranet</strong>.</li>
<li>Et puis, après, pour les entreprises les plus modernes, faire le lien avec la téléphonie sous IP (<strong>VOIP</strong>) et le comportement des utilisateurs sur leurs <strong>mobiles</strong>.</li>
</ul>
<p>La présentation des données s&#8217;appuierait sur l&#8217;analyse de gros volumes de données, sur du datamining, sur des statistiques, sur des analyses de déviation par rapport à la moyenne, etc. Avec force graphiques et outils de navigation dans l&#8217;organisation. Mais sans descendre au niveau des individus.</p>
<p>Tout ceci ne fait que rappeler qu&#8217;au sein de l&#8217;entreprise, au même titre que sur Internet, le pouvoir de l&#8217;information est immense. L&#8217;usage des technologies numériques conduit à créer des masses d&#8217;informations qui peuvent être exploitées pour le meilleur comme pour le pire. Et des informations qui ont un sens dans le pouvoir des organisations. Pouvoir d&#8217;amélioration d&#8217;efficacité, mais aussi potentiellement, pouvoir d&#8217;enquête, de contrôles et de répression. On peut parier que tout ce que je vous décris a été fait <em>à la mano</em> dans l&#8217;enquête sur l&#8217;affaire récente de la Société Générale. Toutes les interactions numériques de Jérôme Kerviel ont ainsi été dépiautées une par une, et toutes les <em>bizarreries </em>ont été recherchées dans ces communications.</p>
<p>Pourquoi ces outils d&#8217;analyse ne semblent pas exister ? Voici quelques pistes&#8230;</p>
<ul>
<li>Peu d&#8217;entreprises ont <strong>normalisé </strong>leurs emails, calendriers et surtout organigrammes. Sans parler de la VOIP.</li>
<li>Les <strong>éditeurs de logiciels </strong>se préoccupent d&#8217;abord de réduire les nuisances des mails provenant d&#8217;Internet comme les spams.</li>
<li>Le coût de leur <strong>développement serait assez élevé</strong>, pour un bénéfice &#8220;business&#8221; relativement marginal au regard des préoccupations classiques des entreprises.</li>
<li>Et surtout, cela pose des <strong>problèmes juridiques</strong>, notamment au regard des lois qui protègent la vie privée.</li>
</ul>
<p>Dormez donc tranquilles pour quelques temps&#8230; :).</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Ab&#233;c&#233;daire des conflits sociaux</title>
		<link>http://www.oezratty.net/wordpress/2007/abcdaire-des-conflits-sociaux/</link>
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		<pubDate>Sat, 24 Nov 2007 10:46:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>

		<category><![CDATA[Communication]]></category>

		<category><![CDATA[Economie]]></category>

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		<description><![CDATA[Je sors un peu de la ligne éditoriale de ce blog en traitant de l&#8217;actualité sociale.
Dans la ligne de &#8220;l&#8217;ABCédaire mal pensant&#8221; de JFK (pas le Président, le journaliste chauve qui ne s&#8217;est pas trop foulé dans cette livraison), voici donc un tout petit ABCédaire des conflits en cours et quelques avis sur la question. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je sors un peu de la ligne éditoriale de ce blog en traitant de l&#8217;actualité sociale.</p>
<p>Dans la ligne de &#8220;l&#8217;ABCédaire mal pensant&#8221; de JFK (pas le Président, le journaliste<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/livre-jfk3.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; padding: 15px 0px 10px 15px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="244" alt="Livre JFK" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/livre-jfk3-thumb.jpg" width="145" align="right" border="0"></a> chauve qui ne s&#8217;est pas trop foulé dans cette livraison), voici donc un tout petit ABCédaire des conflits en cours et quelques avis sur la question. Surtout, pour mettre en évidence le sens dévié donné à des termes courants de la vie économie. C&#8217;est la compilation de petites notes prises ces dernières semaines.</p>
<p>Et en plus, c&#8217;est gratuit&#8230;</p>
<p><strong>Chirac</strong></p>
<p>Jacques Chirac l&#8217;a échappé belle pour l&#8217;instant. En effet, la justice vient de le mettre en examen pour semble-t-il, le moindre des méfaits dont il est à l&#8217;origine. Les autres - fort nombreux - sont bien cachés&#8230; dans les dossiers du Tribunal de Nanterre qui consolide les affaires Chirac. A moins que tout ce qui se raconte dans les &#8220;milieux renseignés&#8221; ne soit que pure affabulation. Mais dans quelques temps, par exemple, l&#8217;appartement &#8220;prêté&#8221; par la famille Hariri représentera un cadeau en nature aussi important que les vacances de Sarkozy aux USA ou sa ballade dans le yacht de Bolloré. Mais bon, ça ferait vraiment désordre de déballer tout ce linge vraiment très sale. La situation de Chirac me rappelle un peu celle du héros du film Matchpoint de Woody Allen&#8230; il risque très gros, mais pourrait en réchapper complètement par miracle.</p>
<p>La mise en examen de Jacques Chirac fait penser à une vengeance froide de Sarkozy, mais les procédures judiciaires avaient démarré il y a bien fort longtemps. C&#8217;est le retour à la vie civile de Chirac qui a permis que la justice reprenne son chemin normal. D&#8217;un côté, cela fait désordre de voir ainsi le premier ancien Président de la République mis en examen. Mais de l&#8217;autre, cela montre que tous les citoyens sont justiciables sans exception. Il reste à voir comment va se terminer cette histoire.</p>
<p>Rien à voir avec les conflits sociaux, mais il est premier dans l&#8217;ordre alphabétique.</p>
<p><strong>Chômage</strong></p>
<p><em>&#8220;Si on part plus tard en retraite, cela va augmenter le chômage&#8221; &#8230; </em>entendu chez les protecteurs des régimes spéciaux, voire dans la fonction publique. C&#8217;est peut-être vrai dans le privé mais il en va autrement dans le secteur public. En effet, comme ce sont les impôts qui payent les salaires, il vaut mieux payer des gens qui produisent du travail que des retraités. Cela augmente le travail fourni par euro d&#8217;impôts payés. Comme on sait que la pression fiscale est trop lourde en France pour son économie, comparativement à plein d&#8217;autres pays, faire travailler plus longtemps les régimes spéciaux (c&#8217;est-à-dire, au moins comme dans le privé) ne peut qu&#8217;avoir un effet bénéfique pour l&#8217;économie. Seul inconvénient mais de taille: cela réduit la capacité à équilibrer par les jeunes la pyramide des âges dans le public. La moyenne d&#8217;âge des travailleurs dans le public est d&#8217;environ 10 années de plus que dans le privé! Et cela risque d&#8217;empirer avec tous ces retraités qui ne seront pas remplacés. En même temps, si cela renforce les talents dans le privé, pourquoi pas.</p>
<p>Mais le transfert des emplois du public vers la production de richesses dans le privé ne peut pas se faire brutalement. Les compétences doivent évoluer, tout comme les mentalités. Et cela peut prendre quelques décennies, à supposer que le mouvement soit réellement enclenché. D&#8217;où l&#8217;intérêt de procéder plutôt par le non remplacement des agents du public qui partent à la retraite plutôt que de supprimer directement des emplois.</p>
<p><strong>Communication</strong></p>
<p>Par les temps de crise et de revendications qui courent, on entend dire tout et son contraire et les débats sont rarement rationnels. Et surtout, il est très difficile de se faire une idée juste des données du problème. Le conflit des régimes spéciaux en est un bon exemple. Les parties s&#8217;envoient argument et contre-arguments, et personne n&#8217;a expliqué posément la donne en la vulgarisant avec des données impartiales.</p>
<p>Les grands médias se gargarisent plus des soubresauts des grèves et des négociations que du fond.&nbsp; Le gouvernement fait de son côté preuve d&#8217;un manque incompréhensible de pédagogie. Où est expliquée au quidam la réforme des régimes spéciaux? Sur le <a href="http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/social/793.html">site du Ministère du Travail</a>, pas un document de visible en home page qui l&#8217;explique! Et on dispose d&#8217;un bien maigrichonne page sur le <a href="http://www.premier-ministre.gouv.fr/chantiers/retraites_867/">site du Premier Ministre</a>. Quand au site de l&#8217;UMP, censé défendre la politique du gouvernement, il se contente en page&nbsp; d&#8217;accueil d&#8217;appeler à la signature d&#8217;une pétition pour réformer la France, sans force détails ni argumentaires. Même chose sur le site de la Justice et sur celui de l&#8217;Enseignement Supérieur. Incroyable! Est-ce la fin de la communication écrite? Où sont passés les communicants? Que fait le service d&#8217;information du gouvernement? Qui va vulgariser l&#8217;équilibre économique des régimes de retraite et détailler le coût des régimes spéciaux par rapport à celui du régime général? Qui peut expliquer les réformes de l&#8217;université, de la justice? Les Ministères pourraient tout de même se donner la peine d&#8217;écrire des &#8220;livres blancs&#8221; pour faire le marketing de leurs réformes!</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image30.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="295" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb28.png" width="433" border="0"></a> </p>
<p>Le seul endroit sur le web où l&#8217;on peut en savoir plus sur toutes ces réformes qui génèrent tant d&#8217;opposition, c&#8217;est le site de l&#8217;Assemblée Nationale qui expose les projets de loi, d&#8217;amendements, et les discussions des commissions. Mais sans le travail de vulgarisation permettant à ces informations de toucher un public large. Et s&#8217;il s&#8217;agit bien de lois, car pour les régimes spéciaux de retraite, si <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/cra/2007-2008/003.asp#p25_234">l&#8217;assemblée en parle</a>, il ne s&#8217;agit pas de loi mais de décrets pas encore publics. Le Ministre du travail Xavier Bertrand nous renvoie dans ses interventions, tout comme les syndicats, au <a href="http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-723.pdf">rapport du Conseil d&#8217;orientation des retraites</a> datant de janvier 2007. Soient 211 pages à se farcir pour comprendre la situation! Et encore.</p>
<p>On peut se demander si la communication du gouvernement est une forme d&#8217;incompétence ou bien un exercice de machiavélisme. C&#8217;est peut-être les deux à la fois, le dernier étant à l&#8217;Elysée, et la première dans les Ministères. Cela relève aussi d&#8217;une incapacité à exécuter rapidement. L&#8217;Elysée bouscule le rythme sérieusement au niveau des Ministères et de leurs administrations centrales qui ne sont pas forcément habituées à une telle vitesse d&#8217;exécution.</p>
<p>En matière de communication, c&#8217;est aussi et surtout dans des symboles douteux - à rebrousse poil de l&#8217;opinion - que le pouvoir surprend le plus. La loi TEPA qui coûte 15 milliards alors qu&#8217;il y a 40 milliards de déficit budgétaire, l&#8217;augmentation du Président (qui aurait pu être mieux expliquée car il semble qu&#8217;il prenne maintenant en charges des frais qui ne l&#8217;étaient pas auparavant&#8230; mais combien au juste?), le yacht à Malte, le Fouquet&#8217;s, les vacances aux USA. Bon, au moins, notre Président est effectivement transparent. Ce que d&#8217;autres cachaient par honte, il le montre par vantardise ou je ne sais quelle volonté de décomplexion. Il équilibre cela avec une mise en route rapide des nombreux chantiers qu&#8217;ils avait promis pendant la campagne électorale. Mais ceci ne justifie pas cela.</p>
<p><strong>Cotisations</strong></p>
<p>Selon un tract de grévistes de la SNCF ramassé dans un TGV récemment &#8220;<em>les cotisations sociales des régimes spéciaux financent les bénéfices complémentaires</em>&#8220;. Le régime général cotise 6,75% de part salariale et 9,9% de part patronale, soit un total de 16,65%. Alors que le régime des cheminots cotise 7,85% de part salariale et 33,94% de part patronale, soit un total de 41,79%. Et les syndicats de faire un total de cotisations vieillesse de 159 840 € sur 40 ans dans le régime général et de 376 110 € pour 37,5 ans de régime spécial. Oui mais&#8230; les cotisations, comme les salaires, sont payés par les usagers! </p>
<p>Malgré ces cotisations, la SNCF affiche un <a href="http://www.entreprise-sncf.com/mieux_nous/RA2006/SNCF-RF-2006.pdf">bilan financier honorable</a> avec une marge nette de 6% en 2006, seule l&#8217;activité Fret étant déficitaire, ce depuis de nombreuses années. Elle reçoit certes quelques subventions, mais qui compensent des prestations fournies gratuitement à certaines catégories d&#8217;usagers bénéficiaires. Par contre, sa dette a été planquée dans le RFF qui gère les infrastructures du réseau ferré. La RATP affiche pour sa part un bilan financier moins honorable et bénéficie de beaucoup plus de financements publics.</p>
<p><strong>Démocratie</strong></p>
<p>Pour les étudiants et autres grévistes en position de force, elle consiste à faire voter par des assemblées générales pas toujours bien représentatives des décisions consistant à priver d&#8217;autres personnes de leurs libertés fondamentales: de circuler ou de travailler.</p>
<p>Désolé, ce n&#8217;est pas ça la démocratie! Ce sont des méthodes de révolutionnaires liberticides: le pouvoir aux soviets, le vote à main levée, le pouvoir de la parole contre celui de la raison, une représentativité contestable (avec des votants qui ne sont pas élèves dans l&#8217;université).</p>
<p>La démocratie doit s&#8217;appuyer sur un socle de valeurs et de principes, que l&#8217;on trouve notamment dans les constitutions. Or la démocratie n&#8217;a pas pour objet de permettre aux uns de restreindre les libertés fondamentales des autres. Si une moitié d&#8217;un pays votait pour lancer un génocide sur l&#8217;autre moitié, cela ne serait évidemment pas la démocratie. Un blocage d&#8217;université décidé avec un vote à bulletins secrets semble plus démocratique mais ne l&#8217;est pas pour autant.</p>
<p>On ne peut pas voter n&#8217;importe quoi n&#8217;importe comment! C&#8217;est pour cela que les &#8220;blocages&#8221; - et non pas les grèves - sont hors la loi en France, et que les CRS interviennent dans les universités. Mais cette loi est loin d&#8217;être respectée partout. C&#8217;est pour cela que la situation en France laisse toujours songeur nos voisins étrangers.</p>
<p><strong>Détail</strong></p>
<p>Banal mot souillé par Jean-Marie Le Pen il y a déjà 19 ans. Ce qui le rend inaudible dans tout discours politique depuis. Dommage car le mot est utile pour l&#8217;expression!</p>
<p><strong>Dictature</strong></p>
<p>La concentration des pouvoirs exécutifs de la République à Elysée au détriment de Matignon fait craindre à certains l&#8217;irruption d&#8217;une dictature en France. Il ne faut pas pousser! Le bicéphalisme de l&#8217;exécutif en France est une exception mondiale. Dans la plupart des autres pays dits démocratiques, il n&#8217;y a qu&#8217;un seul exécutif. Quand il y a un Président ou un souverain, il n&#8217;a qu&#8217;un rôle honorifique (Allemagne, Italie, Israël, et Royaume Uni, Espagne, Danemark). Ces pays ont un régime plus parlementaire que celui de la France mais l&#8217;exécutif est unique et concentré. Certes, le Président français concentre beaucoup de pouvoirs par rapport à d&#8217;autres pays. Un rééquilibrage des pouvoirs vers la représentation nationale est bienvenue. Curieusement, ces éléments des propositions de la Commission Balladur sont passés sous silence par ceux qui la contestent.</p>
<p>La France est plutôt une &#8220;polydictature&#8221;. Avec la dictature des syndicats et des corporations qui savent très bien manipuler l&#8217;exécutif national ou local pour défendre leurs intérêts particuliers, trop souvent au détriment de l&#8217;intérêt général. Et la dictature des médias chauds qui simplifient à outrance l&#8217;information.</p>
<p>Qualifier la présidence actuelle de dictature est faire injure aux pays qui vivent sous de réelles dictatures. Toujours cette propension des français à voir la partie à moitié vide du verre&#8230;</p>
<p><strong>EDF</strong></p>
<p>Ils étaient plutôt discrets les grévistes de l&#8217;EDF ces derniers temps. Comme ils ne coupaient pas le courant, ils ne gênaient pas trop, donc on ne parlait que des agents de conduite des transports. Sont-ils discrets parce qu&#8217;ils protègent discrètement quelques magots? Tel que leur fameux budget du comité d&#8217;entreprise (la CCAS) qui est indexé sur le chiffre d&#8217;affaire et non pas sur les salaires de l&#8217;entreprise. Le surcoût de cette inégalité de traitement entre salariés est de plusieurs centaines de millions d&#8217;Euros. Soit largement le poids des concessions qui sont en train d&#8217;être faites aux cheminots. Sans compter le fait que le magot servirait via quelques diverses magouilles à financer indirectement la CGT et le PCF.</p>
<p><strong>Egalité</strong></p>
<p>On veut bien être égaux avec tous les autres en France, pour peu qu&#8217;on ait plus qu&#8217;eux. Le pays du piston a beau jeu de promouvoir l&#8217;égalité. </p>
<p>Belle inégalité de fait, celle que les salariés ont devant le sacro-saint droit de grève. Les uns peuvent bloquer leur usine ou bureau sans que cela gêne personne, et les autres peuvent bloquer un pays et lui faire perdre un demi-milliard d&#8217;Euros de PNB par jour de grève. C&#8217;est ça l&#8217;égalité? Ceux qui bloquent le pays ont inventé le concept de grève par procuration. Mais avec des revendications intenables comme le maintient des 37,5 ans de cotisation.</p>
<p>On évoque aussi l&#8217;égalité des chances. Un vrai sujet républicain. On en est bien loin. Le racisme reste réel en France et nuit gravement aux personnes dites pudiquement &#8220;de couleur&#8221;. Les études sociologiques montrent aussi que les gros et les laids (selon les canons communément admis) ont moins de chances de trouver du travail et d&#8217;être promus dans leurs entreprises! Et les intelectuels français critiquent bien de la discrimination positive qui existe aux USA, en particulier dans les entreprises. Il n&#8217;empêche que la France n&#8217;est pas du tout exemplaire en matière de luttes contre les discriminations. La France de Dupont-Lajoie existe toujours, qu&#8217;on le veuille ou non. Même si elle est en costume cravatte.</p>
<p>A propos d&#8217;égalité, un petit pavé dans la marre au passage (qui figurait dans mon doc sur le &#8220;Trop d&#8217;Etat&#8230;&#8221; tirées de données publiées en 2006 par la Cour des Comptes dans son rapport sur les comptes de la sécurité sociale:</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image31.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="66" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb29.png" width="394" border="0"></a> </p>
<p>C&#8217;est curieux, personne n&#8217;a remarqué que les pensions dans le public étaient en moyenne du double de celles du privé. Est-ce du fait du nombre d&#8217;enseignants? Il ne me semble pas que la répartition cadres/non cadres soit significativement différente entre le public et le privé&#8230; Cela mérite d&#8217;être creusé.</p>
<p><strong>Entrepreneurs</strong></p>
<p>Ce sont eux qui créent richesses et emplois. Heureusement que quelques uns s&#8217;en occupent. Car dans le discours ambiant sur la croissance et le pouvoir d&#8217;achat, il y est rarement fait allusion. La commission Attali semble plancher sur le sujet, on attend rapidement ses conclusions et un plan d&#8217;action drastique pour changer la donne.</p>
<p><strong>Equité</strong></p>
<p>Concept abstrait dès lors qu&#8217;il s&#8217;agit de perdre quelque avantage que les autres n&#8217;ont pas. Concept encore plus abstrait lorsque l&#8217;on manque d&#8217;informations et de données claires pour juger, ce qui fut le cas pendant la grève qui vient de faire une pause. </p>
<p><strong>Exigences</strong></p>
<p>C&#8217;est la manière dont on négocie en France. La sémantique des revendications indique clairement que nous ne sommes pas dans le pays du compromis et du gagnant-gagnant. Tout n&#8217;est que rapport de forces, pas de raison. C&#8217;est agaçant pour le rationnaliste que je suis.</p>
<p><strong>Emissions de carbone</strong></p>
<p>Elles doivent battre des records en temps de grève! Voici à quoi ressemblaient les embouteillages à Paris pendant la grève (dans Sytadin) qui est maintenant &#8220;suspendue&#8221;:</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image32.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="342" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb30.png" width="424" border="0"></a> </p>
<p><strong>Fonds de pension</strong></p>
<p>Ils ont bon dos les fonds de pension. Erreur des plus classiques répétée à l&#8217;envie depuis plus d&#8217;un an par les politiques, tel ce Julien Dray qui dans &#8220;Esprit Libre&#8221; du vendredi 16 novembre rappelle que &#8220;<em>les fonds de pension spéculent et veulent 15% de rentabilité</em>&#8220;.</p>
<p>Une confusion sémantique permanente entre les fonds de pension (souvent anglo-saxons) et les fonds spéculatifs, alors que :</p>
<ul>
<li>Les <strong>fonds de pension </strong>ont des rentabilités moyennes de 7% et financent les retraites privées dans les pays anglo-saxons, comme celle des fonctionnaires de l&#8217;Etat de Californie. Ils gèrent des placements à risque modéré, pour assurer le versement des retraites. Leur panachage d&#8217;investissement peut les amener à investir dans des fonds spéculatifs, mais en faible proportion (moins de 15% environ).</li>
<li>Les <strong>fonds spéculatifs </strong>(hedge funds) qui eux gèrent de fonds à risque, font des LBO et autres manipulations financières à risque, et visent effectivement des rentabilités de 15%. </li>
</ul>
<p>Alors, regardons un peu les chiffres. Sur le site <a href="http://www.milliman.com/pension_fund_survey/pfs_index.php">Milliman</a>, on y voit ce beau tableau sur les rendements des fonds de pension:
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/clip-image001.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="92" alt="clip_image001" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/clip-image001-thumb.jpg" width="418" border="0"></a>
<p>Ils indiquent que les taux de rendement prévus par les fonds étaient en moyenne de 8 à 9%. Ce qui est déjà très bien d’ailleurs. Qu’effectivement, il y a eu des taux très élevés en 2003/2004 : 19,4% et 12,4%, mais que cela faisait suite à des taux négatifs sur deux ans, liés à la crise consécutive à l’éclatement de la bulle des technologies. Qu&#8217;enfin, les rendements de ces fonds dépendent étroitement de la bourse plus que d&#8217;investissements privés (ceux qui sont gérés par les fonds à risque).
<p>Les <a href="http://www.finfacts.com/fincentre/irishpenfunds.htm ">fonds de pension en Irlande</a> ont présenté de manière voisine un taux de rendement moyen de 14% sur 3 ans, mais de 7% sur 5 ans du fait des difficultés du début des années 2000, comme aux USA. Donc, impossible de générer 15% sur la durée pour un fond de pension! Par contre, les fonds de pension américains ont déplacé une partie de leurs investissements vers l’étranger et notamment l’Asie, qui offre des taux de croissances meilleurs. C’est un des phénomènes qui alimentent les délocalisations.
<p>Toute cette confusion sémantique est à la fois non voulue (<em>manque de culture économique</em>) et bien utile car elle décrédibilise le principe des retraites complémentaires sous forme de fonds de pension. Je n&#8217;ai jamais vu un journaliste reprendre un politique qui faisait cette confusion.</p>
<p><strong>Fragmentation</strong></p>
<p>Parmi tous les maux qui affectent notre pays, il en est un qui est criant : l&#8217;extrème fragmentation du pays à tous les niveaux: administratif, législatif, dans les TPE (pas assez de PME par rapport aux TPE). Elle génère déperditions, surcoûts, inefficacités, et complexité tant pour les citoyens que pour les entreprises.</p>
<p>On les trouve plus spécifiquement dans les domaines qui intéressent le futur : dans <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/grandes-ecoles-et-innovations/">l&#8217;enseignement supérieur</a>, dans les aides à l&#8217;innovation et dans les pôles de compétitivité. J&#8217;avais évoqué ce point dans &#8220;<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/trop-detat-o-a-bien-en-pdf/">Trop d&#8217;Etat, oui mais où ça?</a>&#8221; au printemps dernier. Il faut défragmenter ce pays qui est bien trop morcelé autant verticalement (état, région, département, canton, communauté de communes, communes) qu&#8217;horizontalement (36000 communes). Cela ne veut pas dire qu&#8217;il faut tout centraliser et reconcentrer, mais revenir à un équilibre plus raisonnable pour faire des économies d&#8217;échelle (au moins 5% de bureaucratie en moins).</p>
<p>La défragmentation pose une question de méthode car il faut la faire accepter par des décideurs - notamment élus locaux - qui y seront naturellement opposés. Pourtant, on ne va pas passer en mode dictatorial pour imposer ces réformes structurelles indispensables.</p>
<p>Le gouvernement a déjà marqué des points avec la fusion RG/DST, l&#8217;intégration dans Oseo de l&#8217;Agence de l&#8217;Innovation Industrielle, avec Bercy (trésorerie et compta publique). Mais c&#8217;était au niveau national. Le plus facile à faire!</p>
<p>Rachida Dati a ensuite lancé un ballon sonde qui montre bien la difficulté de procéder à cette défragmentation à l&#8217;échelle locale. La réforme de la carte judiciaire et des tribunaux de prudhomme n&#8217;est que le début de ce qu&#8217;il faudrait faire pour défragmenter ce pays. Il faut du courage pour la mener car elle se heurte au protectionnisme des intérêts particuliers de chaque ville et région.</p>
<p>Bon courage pour la suite car il y a fort à faire. </p>
<p><strong>Honnêteté</strong></p>
<p>Ca fait mal de voir que dans une enquête récente (que je ne retrouve plus), les français apparaissent comme les moins honnêtes d&#8217;un panel de pays étudiés.</p>
<p><strong>Managers</strong></p>
<p>On n&#8217;en parle pas beaucoup, mais ne sont-ils pas aussi responsables lorsque des entreprises font faillite, licencient, délocalisent à outrance? Les fonds américains ont bon dos. Pourquoi tant de managers et leaders se trompent, n&#8217;innovent pas assez, ne prennent pas assez de risque? Problème de culture et d&#8217;éducation sans doutes. L&#8217;atmosphère anxiogène de la France ne pousse pas à prendre des risques.</p>
<p>Dans de nombreuses affaires récentes (Airbus, etc), on confond aussi souvent délit d&#8217;initié, malhonnêteté et incompétence. La dernière est bien plus courante que les premiers et explique plein de situations tordues.</p>
<p>La &#8220;culture&#8221; semblait être un axe de travail de la Commission Attali pour relancer la croissance. C&#8217;est un aspect clé des réformes à lancer en France. Mais réformer la culture ne se décrète pas, ni ne se légifère!</p>
<p><strong>Pénibilité</strong></p>
<p>C&#8217;est un sujet sérieux et il est curieux que le gouvernement n&#8217;affiche pas une volonté de la prendre en compte. Mais il est délicat de mesurer la pénibilité, l&#8217;espérance de vie, et sur tous les métiers. La loi ne peut pas toujours s&#8217;appuyer sur des données qui évoluent incessamment. L&#8217;égalité de traitement nivelle peut-être trop, mais c&#8217;est souvent la moins mauvaise solution.</p>
<p>Dans le cas des cheminots, la pénibilité a bon dos car elle protège discrètement les salariés de ces régimes spéciaux qui travaillent dans des bureaux ou des ateliers et pas dans des tunnels. Et le rapport du Conseil d&#8217;Orientation des Retraites va dans le sens contraire des affirmations sur la pénibilité dans sa globalité: ainsi l&#8217;espérance de vie des salariés de la RATP est plutôt dans la fourchette haute, en tout cas bien supérieure à celle du privée (à droite dans le tableau ci-dessous, FPE = fonction publique d&#8217;état):</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image33.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="118" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb31.png" width="394" border="0"></a> </p>
<p>L&#8217;espérance de vie des cheminots est peut-être plus faible, mais ils représentent une minorité des salariés de ces régimes spéciaux. Et que dire du stress des conducteurs de bus qui est bien supérieur à celui des agents de conduite du RER, mais qui gagnent beaucoup moins?</p>
<p><strong>Pétrole</strong></p>
<p>Avec son augmentation, sera-t-il payé par nos impôts pour ceux chez qui il pèse lourd dans le compte d&#8217;exploitation (marins-pêcheurs, routiers, taxis, ambulanciers)? Ca mérite réflexion car on pourrait payer ce surcroit de deux manières: par l&#8217;augmentation des prix des produits et services affectés, ou par nos impôts. L&#8217;un est lié à la consommation, l&#8217;autre à la solidarité nationale. Quand il s&#8217;agit de business et pas de service public, pourquoi passerait-on par la solidarité? Pour pousser le bouchon un peu loin, rappelons que les poissons de nos marins-pêcheurs sont plutôt situés dans le haut de gamme et donc pour une clientèle aisée. Alors que les autres dégustent du poisson d&#8217;élevage comme ces saumons de batterie de Norvège, et encore, c&#8217;est bien cher pour pas mal de français. Alors, la TVA des plus pauvres doit-elle financer des prix inférieurs à ceux du marché pour les familles plus aisées?</p>
<p>En tout cas, plus vite le pétrole sera cher, plus vite nous investirons dans des moyens alternatifs de production d&#8217;énergie, aujourd&#8217;hui encore peu compétitifs. J&#8217;aime bien notamment ce projet allemand d&#8217;utilisation de l&#8217;énergie solaire au Sahara pour alimenter l&#8217;Europe en électricité (centrale thermique solaire ou photovoltaïque).</p>
<p>Les solutions alternatives au pétrole existent pour la plupart des besoins. A une exception notable près: l&#8217;aviation. Celle-ci a besoin de kérosène, une essence légère. Elle est plutôt difficile à générer avec des oléagineux (colza, etc), même si on expérimente des kérosènes hybrides réalisés avec des algues marines. L&#8217;aviation va sérieusement souffrir sérieusement dans les quinze années qui viennent!</p>
<p><strong>Pouvoir d&#8217;achat</strong></p>
<p>Promesse électorale impossible à tenir à court terme quand il s&#8217;agit de l&#8217;augmenter. Sarkozy a lancé un certain nombre d&#8217;actions qui auront peut-être un impact à moyen/long terme, c&#8217;est bien. Il faut effectivement créer les conditions pour générer plus de richesses, pour exporter plus, pour produire plus avec moins. On peut aussi améliorer la redistribution, mais attention, la France est probablement déjà le pays le plus redistributeur au monde. Et même si la corrélation est discutable, cela ne renforce pas son économie.</p>
<p>Baisser les prix? Pourquoi pas, mais la France est déjà le pays le plus cheap d&#8217;Europe. On a des prix bas, mais aussi des salaires très bas. Et les habitudes de consommation tirent l&#8217;économie vers le bas. Alors, enfoncer le clou&#8230;</p>
<p><strong>Privilégiés</strong></p>
<p>Le mot à la mode&#8230;</p>
<p>Où l&#8217;on peut aussi facilement confondre privilège indu et meilleure situation explicable, ou position relative dans le revenu des français.</p>
<p>La tactique classique de communication des syndicats consiste à mettre en évidence des inégalités verticales (qui existeront toujours, surtout si le point de référence sont les 100 plus riches de France ou les patrons qui gagnent plusieurs millions d&#8217;Euros par an) pour justifier les inégalités horizontales (qui concernent des centaines de milliers voire des millions de foyers). On appelle cela &#8220;botter en touche&#8221; en communication. Avec toujours cette idée du grand soir consistant à ponctionner chez les plus riches pour niveler par le haut les inégalités du bas. On sait que cela ne fonctionne pas car cela appauvrit toute économie qui s&#8217;y tenterait. Une bonne redistribution des richesses reste un fondement de la République, mais elle doit tenir compte des réalités économiques internationales, de la liberté de mouvement des personnes et des capitaux.</p>
<p>Dans toutes les civilisations et modèles économiques de l&#8217;histoire de l&#8217;humanité, il y a toujours eu matière à trouver plus privilégié que soi. La nature humaine la rend généralement toujours envieuse par rapport aux étages &#8220;du dessus&#8221;. </p>
<p>Les cheminots et la CGT et de Sud en sont un bon exemple: ils bottent en touche sur leurs avantages de régimes spéciaux en rappelant les stock options et les patrons qui s&#8217;en mettent plein les poches. Ils dénoncent la loi TEPA qui aurait dilapidé 15 milliards d&#8217;Euros qui auraient très bien pu servir à financer les retraites. Dans la veine &#8220;<em>il y a toujours plus riche que soi</em>&#8220;, on pouvait aussi voir et entendre Noël Forgeard dans &#8220;Contre enquête&#8221; sur France 2, qui trouvait qu&#8217;il est un nain (salarié) côté richesse par rapport à Bernard Arnault (sans le nommer). Un comble de maladresse alors qu&#8217;il présentait sa feuille d&#8217;impôts de 3 millions d&#8217;Euros!</p>
<p>Parfois, certains se retrouvent à jalouser leur propre situation avec un effet de boomerang inattendu. Il en va ainsi de la dénonciation de la loi TEPA (le &#8220;paquet fiscal&#8221;) de juillet 2007. Les cheminots disent qu&#8217;ils ne sont pas des privilégiés. Mais ils le sont, tout du moins, par rapport à ceux qui gagnent moins pour un effort équivalent. Ainsi, un foyer de cheminot en milieu/fin de carrière gagne plus de 2500€ de revenu par mois. Un conducteur de TGV gagne plus de 3000€ en fin de carrière primes comprises (<a href="http://www.entreprise-sncf.com/communiq/hoax2.htm">source SNCF</a>). Pour les autres cheminots, les salaires s&#8217;étalent entre 1500€ et 3000€ par mois (net ou brut, je ne sais pas trop). Ce qui les place - en milieu et fin de carrière - dans les foyers les 10% les plus aisés en France selon l&#8217;INSEE! Pour mémoire, le salaire médian en France est de 1680€ bruts (voir cette <a href="http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?tab_id=505">grille de salaires</a> de l&#8217;INSEE)! Ces niveaux de salaire ne sont pas pour autant forcément des privilèges (qui sous-entendent&#8230; quelque chose d&#8217;indu). </p>
<p>Quelques mesures contestées de la loi TEPA concernent même les cheminots. Telle cette exonération des droits de succession repoussée de 50K€ par bénéficiaire à 150K€. Qui en bénéficie? Essentiellement, les classes moyennes propriétaires de leur logement. Tels les deux enfants de ce cheminot qui s&#8217;est acheté dans les années 1970-1990 son pavillon de banlieue, qui vaut maintenant dans les 200-400K€ et qu&#8217;il a pu rembourser car son emploi n&#8217;était pas menacé! Les enfants de ceux qui font aujourd&#8217;hui grève! Jean-François Kahn dénonce dans un &#8220;Marianne&#8221; récent le fait que les droits de succession aient été abolis&nbsp; &#8220;<em>ce qui permet la renaissance d&#8217;un ordre aristocratique</em>&#8220;. Si les cheminots sont des aristocrates pour Marianne, alors, va&#8230; Mais n&#8217;est pas aristocrate qui l&#8217;ont pense! Les patrimoines &#8216;aristocrate&#8217; qui dépassent 150K€ par héritier paieront toujours des droits de succession. Sauf sur un point: l&#8217;exonération totale de droits de succession entre époux qui n&#8217;a pas été plafonnée. Elle aurait pu l&#8217;être, c&#8217;est vrai. La réforme des droits de succession de la loi TEPA touche en fait le plus les 10% des foyers qui suivent les 10% les plus riches (dont le patrimoine est supérieur à 400K€). Et dans ce &#8220;second décile&#8221;, on trouve énormément de foyers qui se sentent défavorisés mais qui ont une bonne situation par rapport à la moyenne des français. Et donc, une forte proportion de bénéficiaires des régimes spéciaux s&#8217;y retrouvent! Je ne les en blâme pas pour autant. Mais il est bon de remettre les choses à leur place.</p>
<p>Cette loi TEPA a en tout cas été votée avec un bon timing : c&#8217;était en gros le seul moment où elle pouvait passer. Et puis, tout allègement de la fiscalité directe touche d&#8217;abord les privilégiés puisque ce sont eux qui payent le plus d&#8217;impôt directs. Fallait-il modifier la fiscalité indirecte (la TVA), ce qui serait plus &#8220;juste&#8221;? Pas facile car le pays a moins de marges de manoeuvre du fait de l&#8217;harmonisation européenne et de l&#8217;impact plus fort sur les recettes d&#8217;une baisse de la TVA.</p>
<p><strong>Riches</strong></p>
<p>Comme pour les &#8220;privilégiés&#8221;, ils se définissent généralement de manière autocentrée comme étant ceux qui ont plus que vous. Et réciproquement pour les pauvres.</p>
<p>Cela s&#8217;applique également aux pays. On lit et entend rarement que la France est un pays riche! Ni qu&#8217;elle est pauvre. Alors qu&#8217;on est juste dans un milieu et en baisse constante&#8230;</p>
<p><strong>Sciences humaines</strong></p>
<p>D&#8217;où viennent les grèves étudiantes? Principalement des facs de sciences humaines. Et cela, depuis 40 ans. Où est la Fac d&#8217;Orsay? Où est Paris VI? Où sont les facs de science de Grenoble? Pas dans la grève, et en tout cas, pas à leur démarrage. Par contre, pas de problème pour y trouver Tolbiac (sciences humaines, droit, gestion), Nanterre (sciences humaines, droit, gestion, sciences pour moins de 8% des étudiants), Rennes (sciences humaines, droit, santé, gestion), Rouen (sciences humaines, droit, santé, sport, sciences dures pour moins de 20%), Nancy (santé, sciences de l&#8217;ingénieur pour 40%), Perpignan (sciences humaines, droit, gestion, 17% de sciences dures), Aix Marseille 1 (lettres et 1/3 de sciences), Reims (sciences humaines, santé, droit, gestion, environ 15% de sciences exactes) pour n&#8217;en citer que quelques unes.</p>
<p>Ces étudiants font de plus le pont avec les revendications du service public. Est-ce parce que leurs principales perspectives d&#8217;emploi sont dans ce secteur, notamment dans l&#8217;enseignement?</p>
<p>Et ils n&#8217;y vont pas de main morte. Point de négociation! Ils demandent purement et simplement l&#8217;abrogation sans conditions de la Loi Pécresse. Mais n&#8217;est pas Truman qui veut. Ce refus obstiné de l&#8217;entreprise ou le dépit du risque qu&#8217;elles ne s&#8217;intéressent pas aux sciences molles est sidérant. Il est vrai que les entreprises se tourneront un peu plus vers les business schools et les sciences dures car cela correspond à leurs besoins. C&#8217;est une loi du marché qui gêne les étudiants. En attendant, il est navrant de voir que d&#8217;un côté, on trouve des étudiants en philo et autres sciences humaines qui ne trouvent pas de débouchés sur le marché du travail, et de l&#8217;autre, toutes ces boites qui recrutent ingénieurs et informaticiens - <em>même jeunes! </em>- et ne trouvent pas de recrues! Ce, d&#8217;autant plus que la France a l&#8217;un des plus forts taux d&#8217;étudiants dans les sciences molles en Europe, et parait-il, 40% des étudiants en psychologie de toute l&#8217;Europe (<em>cf ci-dessous</em>)!</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image34.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="235" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb32.png" width="406" border="0"></a> </p>
<p>La loi Pécresse ne va pourtant pas bien loin car une véritable réforme de l&#8217;Université aurait été de mettre en place la sélection et des droits d&#8217;entrée afin, en amont, de réduire le taux d&#8217;échec qui nuit aux étudiants eux-mêmes. Avec moins d&#8217;échecs, les étudiants auraient plus de moyens dans leurs études. Et les étudiants seraient réorientés vers des filières plus porteuses, plus qualifiantes, même si plus &#8220;professionnalisantes&#8221; (bah quelle horreur, de la chair à exploitation pour les entreprises). Mais aujourd&#8217;hui, il vaut mieux être BAC+3 en sciences dures ou en technologie que BAC+5 en sciences molles!</p>
<p>Le comble c&#8217;est que nous avons là une grève provoquée par la crainte de mesures qui n&#8217;ont justement pas été intégrées dans la loi Pécresse par crainte&#8230; de grèves des étudiants!</p>
<p><strong>Sélection</strong></p>
<p>Intervient toujours à un moment où à un autre, n&#8217;en déplaise aux tenants d&#8217;une égalité à tout crin. Notre système éducatif et d&#8217;emploi est sélectif à tous les niveaux. Mais un équilibre de la sélection est nécessaire. Il vaut mieux l&#8217;étaler dans tout le cycle plutôt que de la tasser à BAC+2, là où par exemple il y a énormément d&#8217;échecs dans les universités en plein milieu de cursus, où bien à la fin du cycle, dans des concours administratifs pour entrer dans la fonction publique.</p>
<p><strong>Vel Satis</strong></p>
<p>C&#8217;est la voiture (avec chauffeur) de Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT. Ca fait Ministre, et moins modeste que la Laguna II choisie par Ségolène Royal en remplacement, justement, d&#8217;une Vel Satis trop voyante. Il ne faut pas s&#8217;étonner si la base s&#8217;éloigne de la tête dans certains syndicats! Là aussi, la valeur des symboles n&#8217;est pas bien comprise.</p>
<p>================</p>
<p>Bon, aller, c&#8217;était pour se défouler après ces deux semaines agitées.</p>
<p>Comme citoyen, j&#8217;apprécierai en tout cas d&#8217;être mieux informé sur les réformes qui sont en cours. Et que les débats soient un peu plus posés et rationnels, avec éléments concrets pour se forger une opinion. Sinon, c&#8217;est la dictature de la communication par médias chauds interposés.</p>
<p>La prochaine semaine, je suis à San Francisco dans le <a href="http://techiteasy.org/study-trip-to-silicon-valley/">voyage d&#8217;étude</a> organisé par Jérémy Fain. L&#8217;occasion de prendre un beau bol d&#8217;air frais et d&#8217;optimisme, à la découverte de la Silicon Valley et du miracle de l&#8217;entrepreneuriat qui n&#8217;y a pas pris une ride. </p>
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		<title>Mythes et limites du marketing viral</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Nov 2007 12:33:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Communication]]></category>

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		<description><![CDATA[Il fut un temps, aux débuts du web 2.0, ou tout plan marketing de startup Internet mettait en avant un aspect viral&#160;de l&#8217;adoption de son service. Plus généralement, la startup comptait sur du marketing viral pour se faire connaitre. Le tout permettant de faire de sérieuses économies en investissements marketing. Les investisseurs de leur côté [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il fut un temps, aux débuts du web 2.0, ou tout plan marketing de startup Internet mettait en avant un aspect viral&nbsp;de l&#8217;adoption de son service. Plus généralement, la startup comptait sur du marketing viral pour se faire connaitre. Le tout permettant de faire de sérieuses économies en investissements marketing. Les investisseurs de leur côté recherchaient avec avidité l&#8217;aspect viral du produit ou du service dans l&#8217;espoir d&#8217;identifier un projet à croissance très rapide.</p>
<p>Avec le recul, on constate qu&#8217;à part quelques rares exceptions, la plupart des projets ne bénéficient pas de cet effet viral ou bien que, même s&#8217;il a lieu, cela n&#8217;affranchi pas de mettre en place des méthodes marketing plus traditionnelles pour développer le business.</p>
<p>Qu&#8217;est-ce donc que le viral? C&#8217;est en gros un phénomène de génération spontanée de notoriété ou d&#8217;usage d&#8217;un produit basé sur le principe du bouche à oreille. Ou de clavier à clavier&#8230; Il est souvent confondu avec le &#8220;buzz&#8221;, concept voisin lié à la propagation virale d&#8217;une bonne image donnant envie d&#8217;y goûter. <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/marketing-viral.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin: 5px 0px 10px 15px; border-right-width: 0px" height="168" alt="marketing_viral" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/marketing-viral-thumb.png" width="240" align="right" border="0"></a></p>
<p>Certains services Internet se prêtent bien au jeu du viral. Notamment tous ceux qui relèvent de communication ou de réseaux sociaux. Mais cet aspect viral est souvent plus subi par dépit que voulu par les consommateurs. Les approches du viral sont ainsi souvent assimilables à du spam. Le viral du jour, c&#8217;est Facebook. Vous commençez par recevoir des invitations à vous inscrire à Facebook provenant de vos contacts si vous ne l&#8217;êtes pas encore. Le message que vous avez reçu n&#8217;a même pas forcément été généré de manière consciente par son émetteur. Facebook lui a discrètement proposé d&#8217;inviter tous les contacts de son carnet d&#8217;adresse et l&#8217;imprudent a accepté de spammer indifféremment tous ses contacts. Mais le phénomène ne s&#8217;arrête pas là puisqu&#8217;une fois inscrit dans Facebook, vous êtes spammés de la même manière par des applications développées pour Facebook. On reçoit ainsi des invitation à participer à des &#8220;<a href="http://www.facebook.com/apps/application.php?id=2378983609&amp;b">Fun Wall</a>&#8221; et autres bizarreries, sans trop savoir de quoi il s&#8217;agit. On est aussi spammé pour valider les modifications des informations relatives aux liens que nous avons avec nos amis. Ces méthodes s&#8217;appuient sur et étendent celles qui fonctionnaient déjà avec Plaxo et LinkedIn. Elles expliquent la croissance phénoménale de l&#8217;audience de Facebook. Ma liste &#8220;d&#8217;amis&#8221; sur Facebook a ainsi déjà la moitié de la taille de mes contacts dans LinkedIn alors que l&#8217;une a été créée en 3 ans et l&#8217;autre en moins de 6 mois, et par la même méthode : acceptation d&#8217;invitations externes.</p>
<p>Mais quand on interroge les uns et les autres sur l&#8217;usage qu&#8217;ils font de Facebook, on se rend compte qu&#8217;il est faible, qu&#8217;ils ont accepté d&#8217;y être parce que c&#8217;est dans le vent et qu&#8217;ils y ont été invités. Une très faible proportion d&#8217;utilisateurs de Facebook sont de véritables utilisateurs qui en tirent un quelconque bénéfice. On touche là à un point clé: comment faire en sorte que la viralité déclenche un véritable usage, et pas simplement une découverte&nbsp;passive? C&#8217;est là que la conception et la valeur d&#8217;usage du service intervient. Et il y a malheureusement souvent un gros décalage entre la viralité et cette valeur d&#8217;usage réelle. </p>
<p>Parfois le poids de la viralité a carrément pris le pas sur la valeur du service et sur sa pérennité. C&#8217;est le cas d&#8217;<a href="http://imagini.net/">Imagini</a>, ce site web proposant une sorte de décryptage de personnalité à ses utilisateurs en fonction d&#8217;un choix d&#8217;images. Qui génère un &#8220;VisualDNA&#8221;. Le site aurait réussi à récupérer ainsi&nbsp;près de cinq&nbsp;millions de profils utilisateurs avec leurs emails en quelques semaines, et alors qu&#8217;il n&#8217;était qu&#8217;en bêta. Mais pour quoi faire après? Certes, vendre cette base de données. Mais ensuite? Pour mettre en contact ces personnes ayant des profils similaires. Un réseau social de plus. Au bout du compte, un beau feu folet: énorme croissance, énorme chute, car les réseaux sociaux ne s&#8217;appuient pas que sur le matching approximatif de personnes ayant des goûts similaires (<em>cf l&#8217;évolution du trafic en &#8220;reach&#8221; - pénétration - estimée ci-dessous avec l&#8217;outil de mesure d&#8217;audience <a href="http://www.alexa.com/">Alexa</a></em>). Le plus souvent, ce sont des services qui font correspondre le virtuel au monde réel du point de vue des relations interpersonnelles.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/imagini.jpg" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="339" alt="Imagini" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/imagini-thumb.jpg" width="423" border="0"></a> </p>
<p>Dans la vraie vie, la plupart des startups ne mettent pas en oeuvre cet aspect viral&nbsp;à grande échelle. Tout juste commencent-elles par inviter les &#8220;friends and family&#8221; à tester le service. Ceux-ci s&#8217;exécutent de bonne volonté mais sont contraints plus par les bonnes manières que par l&#8217;intérêt réel du service. Et cela ne mêne pas très loin car au delà du cercle des proches, les bonnes manières et la bonne volonté se font plus rares et il faut en revenir à des méthodes plus traditionnelles.</p>
<p>Une grande majorité des startups Internet ne peuvent donc pas s&#8217;affranchir du marketing traditionnel même s&#8217;il revêt de nouvelles formes modernes aujourd&#8217;hui :</p>
<ul>
<li>Le &#8220;<strong>placement</strong>&#8220;&nbsp;est presque systématiquement incarné par le&nbsp;SEO (search engine optimization) qui va placer le site et son contenu en bonne place des résultats de recherche sur Google. Un petit tout dans Google Analytics montre le poids du SEO dans la génération de trafic d&#8217;un site : entre le tiers et les deux tiers selon la nature! Le volume de recherches aidant, plein de startups comptent juste sur Google et quelques autres grands sites (réseaux sociaux notamment) pour générer du trafic. Mais attention au choix du nom du site car il peut s&#8217;avérer désastreux si il n&#8217;est pas facile à reprérer sur Google. La seconde manière de générer du &#8220;placement&#8221;, c&#8217;est de développer son écosystème de partenaires et de produits complémentaires. Là, l&#8217;écrémage des startups est plus important car la création d&#8217;un écosystème est moins évidente que le SEO. Et cela coûte plus cher: du temps, de l&#8217;argent, une bonne architecture technique pour le service. Parfois, comme chez Facebook, cette création peut se faire au détriment du business model (ie: permettre à des tiers de placer de la publicité dans des applications intégrées à Facebook). Dans les sites de contenu, c&#8217;est la richesse de ce dernier qui compte avant tout comme l&#8217;attestent les évolutions de trafic toujours à la hausse de Dailymotion (<em>ci-dessous</em>) et YouTube.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image29.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="202" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb27.png" width="406" border="0"></a> </p>
<ul>
<li>La &#8220;<strong>promotion</strong>&#8220;&nbsp;sous la forme de publicités Google AdSense ou de liens sponsorisés avec Google AdWords (ou leurs équivalents ailleurs). Et bien entendu un plan de promotion média, qui peut prendre la forme d&#8217;information vers des bloggeurs dits &#8220;influents&#8221;. Ce sont là de bonnes vieilles tactiques de publicité et de relations presse qui ont toujours existé et se sont adaptées à l&#8217;ère du web. Mais attention, alors que toutes les startups arrivent à peu près à faire parler d&#8217;elles dans les sites dits &#8220;influents&#8221;, peu savent entretenir ce phénomène dans la durée et c&#8217;est cela qui compte. Il est critique de générer des signaux répétés et complémentaires pour entretenir la notoriété d&#8217;une startup. Cela s&#8217;appuie sur une roadmap bien exécutée avec des évolutions du service, des partenariats, des seuils atteints, tous prétextes à une communication. Car n&#8217;oublions pas qu&#8217;un phénomène viral en remplace facilement un autre dans un marché où l&#8217;audience est jeune et zappe en permanence de nouvelle expérience en nouvelle expérience! Facebook remplace ainsi MySpace et SecondLife&#8230; (<em>cf ci-dessous l&#8217;évolution de la pénétration de SecondLife qui montre qu&#8217;elle chute depuis que la presse généraliste en parle et que quelques grandes entreprises l&#8217;ont adopté même s&#8217;il n&#8217;y a pas forcément de corrélation entre ces événements&#8230;</em>).</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/myspace.jpg" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="234" alt="MySpace" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/myspace-thumb.jpg" width="405" border="0"></a> </p>
<ul>
<li>Et puis bien sûr, pour reprendre les 4P classiques du marketing, le &#8220;<strong>produit</strong>&#8220;, qu&#8217;il ne faut pas oublier de définir avec une véritable valeur utilisateur dans un contexte où il ne faut pas de contenter de &#8220;nice to have&#8221; mais où il faut répondre à un véritable besoin non pourvu par l&#8217;existant. Le produit se distingue par ses fonctionnalités et la valeur d&#8217;usage associée, et par la qualité. Ce dernier point est souvent sous-investi. Il peut être utile de surprendre son marché avec une qualité bien au dessus de la moyenne: dans l&#8217;ergonomie et l&#8217;interface utilisateur, dans les informations fournies (pour le commerce électronique), dans l&#8217;aide en ligne et le mode d&#8217;emploi,&nbsp;ou&nbsp;encore dans l&#8217;interactivité. Tout doit être fait pour générer et faciliter l&#8217;usage. Pour transformer le viral et la notoriété en usage véritable. Dans la catégorie &#8220;produit&#8221;, la tendance à la mode est de s&#8217;appuyer sur les contributions d&#8217;experts et utilisateurs actifs pour enrichir la valeur du site, voire pour la créer intégralement. La tendance créée par Wikipedia et eBay est alors mixée par les uns et les autres avec plus ou moins de bonheur car il est difficile de motiver ces contributeurs, souvent sollicités de toutes parts.
<li>Enfin, le &#8220;<strong>pricing</strong>&#8221; est probablement l&#8217;aspect le plus négligé par les temps qui courrent puisque la majorité des services Internet destinés au grand public ont un modèle écomique publicitaire. Encore faut-il que cela fonctionne. Quel revenu publicitaire sera généré par utilisateur? Quelle sera la qualité du contexte des publicités sur le site? Sur quelle régie publicitaire s&#8217;appuyer pour vendre l&#8217;espace sur son site? Au delà de Google AdSense dont la rentabilité est très faible, sauf pour les sites web à très gros trafic. Pour générer un modèle rentable, il faut pouvoir capter au moins&nbsp;5 mn à&nbsp;10 mn du temps de plusieurs millions d&#8217;utilisateurs par jour. Alors que ces utilisateurs sont noyés sous une avalanche de services. Ou alors, la valeur du service est telle qu&#8217;elle peut devenir payante, comme chez Meetic.</li>
</ul>
<p>Ces différents types de marketing ont donné lieu à la transformation du marché du marketing avec l&#8217;émergence de nouvelles agences de presse ou des agences spécialisées dans le SEO, le marketing viral ou le &#8220;buzz marketing&#8221;. Les grandes agences de communication ont suivi le rythme et proposent également ces services. Les fusions/acquisitions ont également fait l&#8217;actualité de 2006 et 2007 au niveau &#8220;média planning&#8221; avec DoubleClick (Google), qQuantive (Microsoft) et une ribambelle d&#8217;autres acteurs acquis par les grandes agences mondiales de publicité (comme Digitas acquis par Publicis).</p>
<p>Pour conclure, le véritable viral est bien rare dans l&#8217;exécution du plan d&#8217;une startup. Il n&#8217;affranchit en tout cas pas d&#8217;un investissement marketing significatif dans les formes modernes du &#8220;placement&#8221;. Et donc, de la création d&#8217;un véritable plan marketing digne de ce nom.</p>
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		<title>Google = Microsoft ? (3)</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2007 20:58:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Communication]]></category>

		<category><![CDATA[Google]]></category>

		<category><![CDATA[Internet]]></category>

		<category><![CDATA[Management]]></category>

		<category><![CDATA[Microsoft]]></category>

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Nous allons terminer ce tour d&#8217;horizon avec des aspects plus &#8220;people&#8221;. Je rajoute au passage une petite partie sur les approches d&#8217;écosystèmes, suites aux remarques de Julien Codorniou.
Les stratégies d&#8217;écosystèmes
Les deux sociétés en ont toutes les deux compris l&#8217;importance. Mais la nature de leur activité est telle que cette notion est nettement plus importante pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[</p>
<p>Nous allons terminer ce tour d&#8217;horizon avec des aspects plus &#8220;people&#8221;. Je rajoute au passage une petite partie sur les approches d&#8217;écosystèmes, suites aux remarques de Julien Codorniou.</p>
<p><strong>Les stratégies d&#8217;écosystèmes</strong></p>
<p>Les deux sociétés en ont toutes les deux compris l&#8217;importance. Mais la nature de leur activité est telle que cette notion est nettement plus importante pour Microsoft que pour Google.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image%7B0%7D%5B2%5D.png" atomicselection="true"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="206" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image%7B0%7D_thumb.png" width="376" border="0"></a> </p>
<p>De tous temps, <strong>Microsoft</strong> a énormément investit sur son réseau de partenaires, un levier incontournable pour non seulement revendre ses produits, mais également les déployer et les compléter par des solutions métiers. La variété des marchés touchés par Microsoft les amène donc à déployer une stratégie partenaires tout azimut, notamment chez les éditeurs de logiciels, mais aussi les SSII, les revendeurs, les sociétés de formation, ainsi que chez les constructeurs de PC comme de périphériques. Et dans un registre plus difficile à mettre en oeuvre pour eux: les opérateurs télécoms et&nbsp;les médias. Les logiciels des plateformes Microsoft présentent&nbsp;une adhérence technique significative, qui créé une inertie de marché favorable à l&#8217;éditeur, en plus de leur intégration et interdépendance, qui en rajoute. D&#8217;où des relations avec les développeurs très anciennes et développées qui n&#8217;ont&nbsp;pas beaucoup d&#8217;équivalent dans l&#8217;industrie: Apple, Sun et dans une certaine mesure IBM et Oracle&nbsp;étant juste derrière (comme entreprises privées) dans les efforts consentis vis à vis de cette audience.&nbsp;Rien qu&#8217;en France, les relations développeurs de Microsoft représentent la moitié de l&#8217;effectif total de Google France!</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image%7B0%7D%5B5%5D.png" atomicselection="true"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="233" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image%7B0%7D_thumb%5B1%5D.png" width="376" border="0"></a> </p>
<p>Chez <strong>Google</strong>, l&#8217;écosystème de partenaires est à la fois plus simple et plus étroit. Ils n&#8217;ont pas besoin de revendeurs, pas besoin de SSII, ni de formateurs, et encore moins de constructeurs et de ces maudits pilotes de périphériques pour faire utiliser leurs sites Web. Leur approche développeur consiste à encourager les créateurs de sites Web à intégrer différents composants de Google comme AdSense ou Google Maps. Ils proposent également un intéressant moteur de recherche de codes sources: Google Code Search. Cette approche développeurs n&#8217;a pas encore&nbsp;porté tous ses fruits et pourrait être démultipliée dans les années à venir. L&#8217;adhérence&nbsp;de plate-forme chez Google n&#8217;est pas encore aussi significative que chez Microsoft. D&#8217;où des&nbsp;tactiques de&nbsp;placement du moteur de recherche dans les navigateurs, soit via des OEM qui préconfigurent des PCs sous Windows, soit par leur partenariat avec Firefox ou leur investissement dans <a href="http://blogs.zdnet.com/microsoft/?p=377">Maxthon</a>. Et enfin, avec des opérateurs telcos pour leurs solutions pour mobiles. Google propose de plus d&#8217;excellents outils pour optimiser le trafic des sites, surtout Google Analytics, déjà cité. Ce qui alimente notamment une composante clé de l&#8217;écosystème de Google: les Web agencies et autres sociétés spécialisées dans l&#8217;optimisation de trafic et de revenus publicitaires. Plus récemment, Google a aussi lancé un <a href="http://www.infoworld.com/article/05/09/22/HNgooglepartners_1.html">programme partenaire entreprises</a> lié à ses offres dont on avait vu qu&#8217;elles étaient plus lourdes à commercialiser que des services Internet. Google se distingue aussi par la contribution active à des projets Open Source divers (Java, Eclipse, Linux, ODF, Python). Mais ils se gardent bien comme tant d&#8217;autres de confier leurs &#8220;bijoux de famille&#8221; à la communauté open source!</p>
<p>Pour comparer le poids de l&#8217;approche développeur des deux sociétés, vous pouvez jeter un petit coup d&#8217;oeil sur le site pour les développeurs de Google (<a href="http://code.google.com">http://code.google.com</a>) et celui de Microsoft (<a title="http://msdn2.microsoft.com" href="http://msdn2.microsoft.com">http://msdn2.microsoft.com</a>).</p>
<p>Il serait intéressant de comprendre comment sont organisées les équipes commerciales de Google. Je suspecte que leur majorité est orientée vers les grands clients annonceurs. Chez MS,&nbsp;quasiment la moitié&nbsp;des forces de vente et avant-vente entreprises et PME est tournée vers les partenaires. Dans les activités&nbsp;grand public (MSN, XBOX), c&#8217;est proche de 100%.</p>
<p>Il y a un signe indirect qui montre que l&#8217;écosystème est moins important pour Google qu&#8217;il ne l&#8217;est pour Microsoft: c&#8217;est la communication. A l&#8217;instar d&#8217;Apple, Google a tendance a cultiver le secret dans sa communication. C&#8217;est en train de changer dans le bon sens, mais le point de départ est très bas. Prenez juste le cas de la France: qui s&#8217;exprime dans les médias chez Google? Qui a un blog? Chez Microsoft, la culture de communication est beaucoup plus ouverte. Rien qu&#8217;en France, une bonne cinquantaine de personnes sont en contact régulier avec la presse, une trentaine ont <a href="http://blogs.microsoft.fr/">leur blog</a>, et une centaine interviennent dans des séminaires.</p>
<p><strong>Une direction multi-céphale</strong></p>
<p>La tête de Google et de Microsoft comporte une direction bicéphale, voire tricéphale,&nbsp;et qui fonctionne dans la durée. Peu d&#8217;entreprises de high-tech ont réussi cette combinaison. Steve Jobs est maître après Dieu chez Apple. Larry Ellisson n&#8217;a pas bien géré sa cohabitation avec Ray Lane chez Oracle. Scott McNeally a été longtemps patron sans égal chez Sun Microsystems. Et dans pas mal d&#8217;autres endroits, le CEO n&#8217;est même pas le vrai patron, mais plutôt le Conseil d&#8217;Administration avec ses guerres de palais, comme chez Hewlett-Packard. Rares sont également les entreprises comme Google ou Microsoft ou la tête comprend encore des dirigeants à forte culture technologique.</p>
<p><img height="265" src="http://www.smh.com.au/ffximage/2006/06/18/billgates_wideweb__470x446,0.jpg" width="281"></p>
<p>Le couple Bill Gates / Steve Ballmer a vécu pendant longtemps, depuis qu&#8217;ils ont fait Harvard ensemble au milieu des années 1970. Mais avant que Steve Ballmer devienne le numéro 1 de Microsoft, d&#8217;autres Présidents ont joué le rôle de numéro 2 sous Bill Gates, notamment Jon Shirley (1983-1990) et Mike Hallman (1990-1992). Dans les trois cas, ils apportaient une culture business, vente et marketing à la société, complémentaire de la culture à dominante technique de Bill Gates. Et aujourd&#8217;hui, Bill Gates se désengage progressivement de Microsoft, après 32 ans de services, Ballmer étant à la tête de la boite depuis 1998 (comme President) et 2000 (comme CEO). Comme sorte de CTO-méta-gourou, Gates a été plus ou moins remplacé par Ray Ozzie en 2006. Et même s&#8217;il est fortement teinté vente et marketing, Ballmer&nbsp;est d&#8217;une compétence technique fort honorable.</p>
<p><img height="212" src="http://img.timeinc.net/time/daily/2006/0602/bgoogleinterview0212.jpg" width="321"></p>
<p>Chez Google, les fondateurs Larry Page et Sergei Brin ont tous les deux des traits communs avec ceux de Bill Gates: ils sont smart, ont un fort tropisme technique, et disposent d&#8217;un sixième sens business, même s&#8217;ils n&#8217;en sont pas les rois. Ils ont aussi créé leur boite très jeunes et ne sont pas de bons communicants. Aujourd&#8217;hui, ils jouent un rôle de direction technique chez Google, et se sont adjoints les services d&#8217;Eric Schmidt (<em>le gars à la cravate au dessus</em>), un CEO expérimenté passé chez Sun et Novell. Schmidt apporte la séniorité et une expérience globale du business dans la IT. Il a dirigé des groupes produits chez Sun. C&#8217;est également le cas de Steve Ballmer qui avait dirigé la Division produit en charge de Windows entre 1983 et 1992!</p>
<p>Dans les deux cas, le CEO actuel est arrivé après la création de la société : 5 ans pour Ballmer (en 1980) et 3 ans pour Schmidt (en 2001). Et la complémentarité comme la symbiose avec le ou les fondateurs est excellente.</p>
<p>La direction de ces deux entreprises rassemble ainsi une formule magique: des visionnaires technologiques accompagnés de businesmen et de managers qui savent ce que c&#8217;est de gérer des produits et&nbsp;des cycles de développement. Mais pas des financiers ni des consultants, que l&#8217;on a pu voir passer à la tête d&#8217;autres sociétés de la high-tech, avec plus ou moins de bonheur!</p>
<p>Mais la tête ne fait pas tout!</p>
<p><strong>Management et ressources humaines</strong></p>
<p>Là aussi, Google et Microsoft partagent quelques points communs intéressants.</p>
<p>Ils cherchent à recruter les meilleurs et s&#8217;en donnent les moyens. Ils se soucient plutôt bien de l&#8217;environnement de travail de&nbsp;leurs collaborateurs, au dessus de la moyenne de l&#8217;industrie.&nbsp;Et leurs dirigeants ont pas mal de points communs.</p>
<p>Les recrutements sont effectués en grande partie par une démarche des meilleurs étudiants sur les campus. Très attirants pour les jeunes diplômés comme les moins jeunes, ils traitent en masse des centaines de milliers de CV. Google a poussé le processus très loin en automatisant le tri des CV qu&#8217;ils reçoivent. Leur processus de sélection, notamment des développeurs, est très rigoureux et nécessite le passage d&#8217;entretiens avec de nombreux collaborateurs, managers ou non, de l&#8217;entreprise. Dans les deux boites, on peut ainsi facilement atteindre une dizaine d&#8217;entretiens avant d&#8217;être sélectionné. Dans les équipes de développement, la priorité est donnée au quotient intellectuel. Et chez Google, également à la capacité à travailler en équipe. Microsoft s&#8217;attache également à celà, mais a du progrès à faire en la matière.</p>
<p>Les sociétés recrutent également des pointures provenant d&#8217;autres acteurs ou de concurrents. On a vu récemment quelques transfuges passer de Microsoft vers Google, mais pas dans l&#8217;autre sens. Pour ces transfuges, une cure de jouvance peut-être, mais pas vraiment l&#8217;aventure car on ne peut pas dire qu&#8217;un passage chez Google relève d&#8217;une prise de risque fantastique. Parmi les transfuges, on compte Kai Fu-Lee, l&#8217;ancien patron de Microsoft Research en Chine, Vic Gundotra, ancien General Manager des Relations Développeurs et&nbsp;Adam Bosworth, un ex-Microsoft également ancien CTO de BEA Systems.&nbsp;</p>
<p>Du côté de la vie des salariés et de leur compensation, les deux sociétés partagent également quelques points communs: </p>
<ul>
<li>Elles <strong>valorisent </strong>on l&#8217;a vu &#8220;l&#8217;IQ&#8221; (Intellectual Quotient), les gens &#8220;rapides&#8221;, l&#8217;initiative et&nbsp;la prise de risque, et aussi la passion pour la technologie et ses usages. Elles tolèrent l&#8217;échec bien plus que la moyenne&#8230; surtout dans la mesure où elles ont toutes les deux les moyens de les absorber financièrement. Leur fonctionnement interne est largement basé sur le <a href="http://blog.wired.com/business/2007/04/my_other_interv.html">consensus&nbsp;</a>et de grandes réunions. Les dirigeants développent les capacités analytiques de leurs managers: chez Microsoft, le système de gestion interne basé sur SAP et sur Siebel est plutôt bien construit et fournit des données sur les ventes, le marketing, les dépenses, etc, mises à jour en temps réel à l&#8217;échelle mondiale. Le déploiement de SAP chez Microsoft en 1997 a été l&#8217;un des plus réussis au monde de ce logiciel! Quand à Google, ils disposent du plus formidable outil statistique au monde permettant de savoir ce que font les utilisateurs de ses services et comment optimiser en temps réel la génération de revenu.
<li>Les équipes produits semblent <strong>déconnectées </strong>des considérations business et terrain. Mais pas pour la même raison ni avec le même effet. Chez Microsoft, la culture technique des équipes produits conduit à une forme d&#8217;autisme, qui plus est assez américano-centrique. Cet autisme est couplé à une vision déformée du monde. Comme si tous les utilisateurs avaient le niveau de vie moyen de la région de Seattle (qui se porte bien aux USA) et achetaient un nouveau PC tous les ans et tous les gadgets qui sortent régulièrement. Cela aboutit à des produits qui ne rencontrent pas leur marché comme les UMPC ou les montres Spot.&nbsp;Ou à des décisions absurdes qui ne tiennent pas compte des utilisateurs (<em>exemple récent qui m&#8217;agace particulièrement: on ne peut plus scanner une image directement sous Windows Vista ou sous Office 2007, ni utiliser sa Webcam directement, ou via Movie Maker</em>). Chez Google, le découplage est dans le modèle économique lui-même: d&#8217;un côté, des équipes créent des services gratuits pour les utilisateurs. De l&#8217;autre, d&#8217;autres - y compris de R&amp;D - travaillent à la monétisation de&nbsp;ces services une fois qu&#8217;ils ont rencontré leur audience. C&#8217;est un découplage très fort de la R&amp;D et du marketing permis par le modèle économique du web.
<li>Elles offrent un <strong>cadre de travail agréable </strong>et largement au dessus de la moyenne (<em>snapshot Google Earth du Googleplex de Mountain View en Californie ci-dessous, et le campus principal de Microsoft à Redmond, dans l&#8217;Etat de Washington près de Seattle</em>). Les boissons sont gratuites (chez les deux), et chez Google, cela va jusqu&#8217;aux repas. Manière indirecte d&#8217;encourager les collaborateurs à se défoncer sur place. Chez Microsoft, cela permet notamment de mener ces &#8220;marches de la mort&#8221; pendant la finalisation des produits, où les développeurs travaillent sans s&#8217;arrêter, semaine et week-end, sans même rentrer chez eux parfois.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb12.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="218" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb1_thumb.png" width="398" border="0"></a> </p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb32.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="390" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb3_thumb.png" width="403" border="0"></a>&nbsp;</p>
<ul>
<li>Elles attribuent <strong>des actions ou des stock-options </strong>à l&#8217;ensemble de leurs collaborateurs, et pas seulement aux managers de haut niveau comme c&#8217;est encore le cas dans de nombreuses boites de high-tech, même dans la Silicon Valley. Chez Microsoft il s&#8217;agit d&#8217;attributions d&#8217;actions depuis 2003 du fait d&#8217;un cours d&#8217;action stabilisé (<em>depuis 2000, cf graphe suivant</em>). Cela génère un effet de levier bien moins important que les stock-options qui avaient permis de générer plus d&#8217;une dizaine de millionnaires en $, surtout aux USA. Seuls les managers de très haut niveau peuvent maintenant espérer y faire &#8220;fortune&#8221;. Les attributions d&#8217;actions pour les autres représentent l&#8217;équivalent de moins d&#8217;un mois à deux/trois mois maximum de salaire supplémentaire par an. C&#8217;est pas mal, et ils ne sont pas à plaindre par rapport à plein d&#8217;autres salariés, mais cette rémunération se rapproche progressivement de la normale. Cela impacte la motivation interne qui n&#8217;est plus construite de la même manière que pendant les années 80 et 90, où beaucoup de collaborateurs travaillaient plus pour le plaisir que pour satisfaire leurs besoins financiers. Chez Google, le phénomène se reproduit déjà avec deux catégories de collaborateurs: ceux qui sont arrivés relativement tôt, jusqu&#8217;à la mi&nbsp;2005 (<em>cf graphe du cours de Google après celui de Microsoft</em>). Et ceux qui sont arrivés après, ou qui arriveront quelques années avant que le cours de l&#8217;action de Google se stabilise, ce qui est inéluctable à terme. Lorsque, à même niveau de responsabilité, vous avez d&#8217;un côté des millionnaires en dollar et des salariés que l&#8217;on qualifiera de normaux, cela créé inévitablement des disparités de comportement. Exemple classique: le manager tout nouveau qui encadre des collaborateurs anciens dans la boite. Pas facile à gérer! Tout comme les <a href="http://www.redorbit.com/news/technology/898498/google_faces_brain_drain_as_anniversaries_hit/index.html">départs</a> inopinés de ceux qui peuvent profiter de leurs stock-options. Ou alors au contraire, ceux qui s&#8217;accrochent à leur poste alors qu&#8217;ils ont atteint leur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Principe_de_Peter">seuil de Peter</a> depuis des années.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image04.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="254" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb.png" width="404" border="0"></a> </p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image09.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="199" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb5.png" width="406" border="0"></a>&nbsp;</p>
<p>Mais Google est plus au soleil, à Mountain View dans la Silicon Valley et l&#8217;essentiel des effectifs de Microsoft (en R&amp;D) sont au Nord :&nbsp;dans la&nbsp;pluvieuse&nbsp;région de Seattle, quand ce n&#8217;est pas&nbsp;dans le grand froid de&nbsp;Fargo dans le North Dakota (pours les équipes de l&#8217;ex Great Plains). Mais si aujourd&#8217;hui, Google semble avoir largement le vent en poupe, Microsoft continue encore d&#8217;attirer du (très beau) monde!</p>
<p>Par contre, une différence de taille: avec ses 76000 collaborateurs, Microsoft n&#8217;évite malheureusement pas la bureaucratisation de son fonctionnement, phénomène qui n&#8217;a pas encore touché Google et ses 11000 et quelques personnes, surtout dans ses équipes de développement.</p>
<p><strong>Relations institutionnelles</strong></p>
<p>Il a fallut 20 ans à Microsoft pour se lancer dans des actions de lobbying actives, notamment à Washington DC. Et&nbsp;8 ans pour Google qui a par exemple démarré des recrutements de lobbyistes en Europe en 2006.</p>
<p>La leçon de Microsoft a été bien apprise, souvent à leurs dépends respectifs. Aux USA et en Europe, les procédures antitrust, démarrées en 1990 avec la FTC puis relayées par le <a href="http://www.usdoj.gov/atr/cases/ms_index.htm">procès antitrust du DOJ</a> on marqué les <a href="http://www.01net.com/article/159121.html">quinze dernières années</a> de l&#8217;histoire de Microsoft. Ils sont tout de même passés près d&#8217;un démantèlement en 2000-2001, et ces différentes affaires antitrust ont coûté au total au bas mot environ $10B, principalement sous la forme d&#8217;accords à l&#8217;amiable avec des concurrents (Sun, AOL, Real Networks, Novell, etc) ou avec des Etats des USA et d&#8217;amendes Européennes.</p>
<p>Chez Google, les ennuis ont commencé récemment, en 2005/2006 et ont surtout concerné ses relations avec la propriété intellectuelle et le droit d&#8217;auteur, mais dans des différents avec d&#8217;autres entreprises privées. Que ce soit avec la presse écrite en Belgique (qui a obtenu son déréférencement du moteur de recherche de Google, ce qui soit-dit en passant est une bien belle erreur de la part de ces médias), avec certains pays qui voyaient d&#8217;un mauvais oeil l&#8217;émergence de Google Books, ou avec les ayants droits du cinéma et de la télévision avec le service YouTube. </p>
<p>Nos deux leaders qui veulent se développer dans les pays émergents comme la Chine sont confrontés au délicat équilibre entre le respect des <a href="http://news.com.com/Google+to+censor+China+Web+searches/2100-1028_3-6030784.html">lois parfois liberticides</a> de ces pays et aux aspirations de liberté et d&#8217;exemplarité du reste du monde. Jusqu&#8217;à présent, ils ont choisi le respect de ces lois malgré le tollé que cela peut générer. Et ils rentrent dans le mode &#8220;dammage control&#8221; pour éviter un effet de résonance trop fort dans les pays occidentaux.</p>
<p>La position dominante de Google n&#8217;a pas encore eu de répercussions juridiques. Malgré des parts de marché dans le search qui se rapprochent de celles de Windows et Office: plus de 80% au Royaume Uni et en France semble-t-il, et <a href="http://thebrowser.blogs.fortune.com/2007/04/11/google-corners-nearly-two-thirds-of-us-search-market/">64% aux USA</a> qui est un marché plus compétitif pour eux. Les ennuis juridiques de Microsoft provenaient d&#8217;accusations d&#8217;abus de position dominante sur un point récurrent: l&#8217;intégration. Que ce soit l&#8217;intégration d&#8217;Internet Explorer dans Windows (DOJ), de Windows Media Player dans Windows (Commission Européenne)&nbsp;ou&nbsp;les liens entre Windows client et serveur (Commission Européenne). Chez Google, ce risque est moindre du fait de la nature Internet de leur activité. Leurs outils sont disparates et peu intégrés. Et la page d&#8217;accueil de Google ne fait pas directement la promotion d&#8217;autres services de Google. Cela répond à la fois à une exigence de simplicité, mais relève peut-être également d&#8217;une précaution juridique de bon aloi.</p>
<p>Chez Microsoft, les relations institutionnelles couvrent un spectre très large de sujets tels que: </p>
<ul>
<li>Il leur faut déjà faire <strong>homologuer les logiciels </strong>par les organismes de sécurité idoines (DCSSI/SGDN en France, NSA aux USA, etc). C&#8217;est un processus technique méconnu et indispensable pour pouvoir commercialiser les logiciels.
<li>Dans les pays émergents, ils poussent à l&#8217;adoption de dispositions législatives protégeant la <strong>propriété intellectuelle</strong>, préalable à toute activité commerciale saine dans le domaine du logiciel commercial.
<li>Ils font un lobbying en faveur des <strong>brevets logiciels </strong>en Europe, même s&#8217;il n&#8217;est pas très développé contrairement aux théories du complot imaginées chez les bien plus efficaces (sur ce sujet) ennemis des brevets logiciels des communautés du logiciel libre. Mais le rejet du Parlement Européen de la proposition de Directive de la Commission Européenne sur les brevets en 2005 n&#8217;est pas si grave que cela pour&nbsp;MS car les brevets concernant les logiciels - de MS comme des autres - sont acceptés par l&#8217;Office Européen des Brevets. Le cadre juridique manque juste de clarté!
<li>Le sujet des <strong>droits d&#8217;auteurs </strong>et des DRM bouillonne en ce moment. Avec une position d&#8217;équilibriste car l&#8217;assimilation potentielle des logiciels aux contenus culturels, protégés tous les deux par le droit d&#8217;auteur, peut avoir des effets induits négatifs pour le logiciel. Les éditeurs ne verraient évidemment pas d&#8217;un bon oeil la notion de copie privée être associée aux logiciels.
<li>Les questions concernant l&#8217;<strong>interopérabilité </strong>à l&#8217;heure ou l&#8217;Europe et des pays comme la France édictent des&nbsp;<a href="http://www.admi.net/jo/20070303/BUDJ0700001D.html">référentiels d&#8217;interopérabilité</a> pour l&#8217;informatique des services publics. Cadres qui pourraient indirectement interdire l&#8217;usage de logiciels comme MS Office dans les services publics. Microsoft doit à la fois gérer les relations avec les organismes de normalisation (ECMA, ISO, etc) pour faire adopter les spécifications de certains de ses produits comme standards, et avec les administrations en charge de ces cadres d&#8217;interopérabilité pour promouvoir sa propre approche d&#8217;ouverture.
<li>Des <strong>questions de société </strong>comme la protection de l&#8217;enfance sur Internet, liée à l&#8217;activité MSN, la protection de la vie privée, intégrée notamment dans les relations avec les organismes du type CNIL, tout comme la place des TIC dans l&#8217;éducation.
<li>Ils s&#8217;impliquent pour promouvoir le <strong>rôle des TIC </strong>dans le développement économique, notamment au niveau des PME, où Microsoft est très actif, ou dans les partenariats avec la recherche publique, déjà évoqués.</li>
</ul>
<p>Il est probable que Google ait à s&#8217;impliquer plus dans nombre de ces sujets dans les années à venir! Ils sont souvent d&#8217;ordre défensif pour le business, mais ils prennent souvent la forme d&#8217;une meilleure intégration avec la société civile et politique sur des questions de société auxquelles ils ne peuvent pas échapper. Les relations institutionnelles avec les pouvoirs publics et législateurs sont intimement liées à la gestion de l&#8217;image de la société. Dans le cas de Google, ils ont d&#8217;ailleurs mis les deux activités sous la même casquette: celle d&#8217;un VP, Elliot Schrage, spécialiste de ce que l&#8217;on appelle la responsabilité sociale des entreprises (Corporate Social Responsibility).</p>
<p>Les deux entreprises doivent gérer leur puissance réelle ou perçue par le marché. Voir à ce sujet deux articles récents intéressants: &#8220;<a href="http://www.businessweek.com/magazine/content/07_15/b4029001.htm?campaign_id=rss_tech">Is Google Too Powerful?</a> paru dans Business Week, et &#8220;<a href="http://www.paulgraham.com/microsoft.html">Microsoft is dead</a>&#8221; de Paul Graham qui fait référence au fait que Microsoft ne fait maintenant plus peur. L&#8217;impact de la dominance est tel que les frayeurs des plus rationnelles aux plus irrationnelles émergent. La peur d&#8217;un nouveau &#8220;big brother&#8221; est toujours présente. Certains s&#8217;inquiètent ainsi des capacités de transmissions de fibres optiques démesurées acquises par Google! Des peurs fleurissent en Europe où l&#8217;on n&#8217;apprécie pas trop l&#8217;émergence d&#8217;acteurs mondiaux dominants provenant d&#8217;outre-Atlantique. D&#8217;où le (laborieux) lancement de Galiléo pour concurrencer le GPS américain, celui du (tout aussi incertain) moteur de recherche français Quaero, qui n&#8217;est même pas un projet européen. Et nombreux sont ceux en Europe qui poussent au développement des logiciels libres dans l&#8217;espoir de réduire leur dépendance vis à vis de Microsoft.</p>
<p>Pour terminer ces trois posts, signalons que les comparaisons entre Google et &#8220;le reste du monde&#8221; sont nombreuses. Certains ont même comparé <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/google_the_ultimate_money_making_machine.php">Google à StarBucks</a>. Pour dire que le business model de Google était plus efficace, car reposant moins sur des hommes pour fonctionner. Vous pourrez également consulter avec intérêt cette récente interview d&#8217;Eric Schmidt, le CEO de Google, parue&nbsp;<a href="http://www.readwriteweb.com/archives/google_the_ultimate_money_making_machine.php">dans Wired</a>.</p>
<p>Aurais-je oublié d&#8217;autres points communs? Sûrement! A vous de les trouver maintenant!</p>
<p>Un des lecteurs de ce blog a annoncé attendre la version PDF de ces&nbsp;trois posts. Je m&#8217;y attèlerai en fonction des commentaires de lecteurs et compléments d&#8217;information glanés dans les jours qui viennent.</p>
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		<title>Dures le&#231;ons pour Sony</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Mar 2007 09:55:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Communication]]></category>

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		<description><![CDATA[La semaine dernière a du être un véritable cauchemar pour les responsables de la communication de Sony dans ses filiales européennes. Je n&#8217;aurais pas aimé être à leur place!
Prévu pour attirer les foules et acheteurs, le lancement de la PS3 a été tout bonnement raté dans pas mal de grandes villes: à Paris (revue de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La semaine dernière a du être un véritable cauchemar pour les responsables de la communication de Sony dans ses filiales européennes. Je n&#8217;aurais pas aimé être à leur place!</p>
<p>Prévu pour attirer les foules et acheteurs, le lancement de la PS3 a été tout bonnement raté dans pas mal de grandes villes: à Paris (revue de presse sur <a href="http://tf1.lci.fr/infos/high-tech/0,,3419458,00-lancement-playstation-fait-bide-.html">TF1</a>, sur <a href="http://www.gameblog.fr/news_479_le-bide-de-la-ps3">Gameblog</a>, cette longue <a href="http://www.jeuxvideo.tv/reportage-lancement-de-la-ps3-video-34234.html">vidéo</a>&nbsp;de jeuxvideo.tv et <a href="http://www.01net.com/article/344740.html">l&#8217;article de 01Net</a>), à <a href="http://www.t3.co.uk/news/247/games/playstation_2/short_wait_in_ps3_queue">Londres</a>&nbsp;(Sony y <a href="http://uk.videogames.games.yahoo.com/6f/news/ps3-launch--midnight-and-the-big-surprise-is-77736f.html">offrait des écrans plats 46&#8243;</a> Bravia aux premiers acheteurs de PS3), et même en <a href="http://www.theage.com.au/news/games/playtime-for-midnights-children/2007/03/23/1174153291466.html?page=fullpage#contentSwap1">Australie</a>. Quand à l&#8217;Italie, elle n&#8217;a pas dérogé à la règle, mais à sa manière, en voyant certains revendeurs ne pas respecter les règle du jeu et commercialiser les consoles deux jours avant le lancement officiel. Les argumentaires des représentants de Sony en Europe étaient en général gênés et maladroits. Toujours en Angleterre, ils en étaient réduits à <a href="http://www.xbox360fanboy.com/2007/03/22/ffxiii-not-exclusive-to-ps3-after-all/">évoquer</a> l&#8217;exclusivité <em>pas encore signée </em>du jeu Final Fantasy XIII!</p>
<p>Microsoft en a profité pour <a href="http://feeds.engadget.com/~r/weblogsinc/engadget/~3/103907683/">narguer Sony</a>&nbsp;un peu partout en Europe, avec un plan très concerté, notamment à Paris avec cette <a href="http://fr.gizmodo.com/2007/03/23/sortie_parisienne_de_la_ps3_mi.html">péniche</a> aux couleurs de la XBOX 360 qui passait devant le lieu du lancement monté avec la Fnac devant la Tour Eiffel. Cette péniche semblait être un méthanier (probablement vide, car sinon, il aurait été plus enfoncé dans l&#8217;eau), belle métaphore! La XBOX 360 serait-elle explosive?</p>
<p><a href="http://www.xbox-gamer.net/newsaff_11814.html"><img height="244" src="http://www.xbox-gamer.net/screens/305_34807_Xbox_360.jpg" width="370" border="1"></a></p>
<p><em>(photo trouvée </em><a href="http://www.xbox-gamer.net/actualite-xbox360-Lancement-PS3---un-bide-et-Microsoft-s-en-amuse--_11810.html"><em>ici</em></a><em>)</em></p>
<p>Il est curieux de voir Sony enquiller comme cela des erreurs de communication. Fin 2006, c&#8217;était cette histoire de <a href="http://www.consumerist.com/consumer/blogs/sonys-psp-blog-flog-revealed-221384.php">faux blog</a> d&#8217;utilisateur passionné de la PSP, qui était en fait créé directement par les équipes de Sony. Bel exemple de précipitation à vouloir orchestrer du marketing viral, mais sans en comprendre les véritables ressorts! En 2005, c&#8217;était l&#8217;affaire du Rootkit, ce dispositif anti-copie de CD audio qui installait en fait un trou de sécurité sur le PC des utilisateurs! Avec la PS3, les difficultés se sont accumulées : retard assez important du lancement, notamment en raison de difficultés d&#8217;approvisionnement en composants entre autres pour les lecteurs Blu-Ray, et un prix trop élevé justifié de manière arrogante comme n&#8217;ayant pas d&#8217;importance pour les clients vraiment passionnés!</p>
<p>Ce genre de désastre de communication est pourtant assez rare chez les grands du &#8220;consumer electronics&#8221;. Souvent, si désastre il y a lieu au niveau d&#8217;un lancement, on s&#8217;en rend compte bien plus tard, lorsque les ventes ne sont pas au rendez-vous. Après les lancements réussis de la XBOX 360 fin 2005 (tout du moins aux USA et en Europe, mais pas au Japon) et de la Wii de Nintendo en décembre 2006, Sony devait frapper fort avec la PS3. Et là, flop.</p>
<p>Alors, pourquoi donc? Quelques raisons structurelles peuvent venir à l&#8217;esprit :</p>
<ul>
<li>La plus forte <strong>sensibilité au prix</strong> en Europe par rapport aux USA. C&#8217;est certainement vrai en France, mais aussi au Royaume Uni?</li>
<li>La sortie d&#8217;une PS3 européenne <strong>sans la puce </strong>assurant une bonne compatibilité avec les jeux de la PS2 comme aux USA et au Japon. Cela a généré une frustration des utilisateurs et communautés. Pourquoi l&#8217;Europe devait-elle être ainsi traitée? Probablement parce qu&#8217;une économie pouvait être faite dans les composants d&#8217;une console vendue à perte. Mais le fait de l&#8217;appliquer spécifiquement à l&#8217;Europe était sans doutes maladroit.</li>
<li>Un <strong>lancement différé </strong>en Europe par rapport aux USA. Surement pour de bonnes intentions, afin de s&#8217;assurer d&#8217;un bon approvisionnement des points de vente (1 million d&#8217;unités) pour éviter les déceptions des premiers acheteurs vues avec les lancements des PS2 ou des XBOX 360. Mais ce lancement différé donne dans le réchauffé!</li>
<li>Une <strong>stratégie online </strong>faiblarde chez Sony dont la culture Internet ne semble pas énorme. Face à &#8220;XBOX Live&#8221; qui est utilisé par la moitié des utilisateurs de XBOX 360, cela fait pâle figure. Sony a annoncé une offre en ligne (&#8221;Playstation Home&#8221;, quel nom!) qui reprend ce que XBOX Live propose depuis longtemps, et pour l&#8217;automne 2007. Bien en retard! Alors que la tendance des joueurs est de donner dans le &#8220;social gaming&#8221;, les phénomènes Second Life et de World of Warcraft étant de bons indices de cette tendance.</li>
<li>L&#8217;insistance sur l&#8217;intégration d&#8217;un <strong>lecteur Blu-Ray </strong>qui est finalement secondaire pour les joueurs. Cette publicité - fausse ou pas - illustre bien le problème: est-ce une console de jeu ou un player DVD haute définition?</li>
<li>Le fait d&#8217;<strong>arriver troisième </strong>dans cette course aux nouvelles consoles. Il était difficile d&#8217;enchanter le marché avec des innovations à la marge après les lancements assez réussis des XBOX 360 et de la Wii.</li>
<li>Le <strong>mois de Mars </strong>n&#8217;est pas extraordinaire. Les étudiants - gros consommateurs de jeux - commencent à bosser à cette époque :). La XBOX en avait fait les frais en Europe en mars 2002.</li>
</ul>
<p><img height="308" src="http://djkev.com/Pics/SonyBluRay.jpg" width="250"></p>
<p><em>(photo trouvée </em><a href="http://djkev.com/Pics/SonyBluRay.jpg"><em>ici</em></a><em>)</em></p>
<p>Un grand nombre de ces erreurs ne sont pas liées aux filiales de Sony. Elles relèvent de choix corporate et industriels.&nbsp;Les équipes locales françaises, anglaises et australiennes ont du faire face aux mêmes difficultés et se débrouiller comme elles pouvaient. Mais je serais curieux de comprendre comment fonctionne la communication interne dans cette entreprise. Son management japonais coiffé par un Lord an