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	<title>Opinions Libres &#187; Logiciels libres</title>
	<link>http://www.oezratty.net/wordpress</link>
	<description>Le blog d'Olivier Ezratty</description>
	<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 15:49:35 +0000</pubDate>
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	<language>en</language>
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		<title>L&#8217;IE Club et Cyber-Elles soutiennent les 29 propositions pour les Assise du Num&#233;rique</title>
		<link>http://www.oezratty.net/wordpress/2008/lie-club-et-cyber-elles-soutiennent-les-29-propositions-pour-les-assise-du-numrique/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 15:44:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Economie]]></category>

		<category><![CDATA[Enseignement supérieur]]></category>

		<category><![CDATA[Entreprenariat]]></category>

		<category><![CDATA[Innovation]]></category>

		<category><![CDATA[Internet]]></category>

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		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Startups]]></category>

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		<description><![CDATA[Après plusieurs réunions de travail pour faire maturer ce plan, l&#8217;IE Club et Cyber-Elles soutiennent officiellement les 29 propositions pour les Assises du Numérique pour &#8220;Développer l&#8217;entrepreneriat et faire réussir les startups dans les TICs&#8221; (fichier Word 2003 et PDF).
Ces 29 propositions sont regroupées en six parties:

Développer l’entrepreneuriat chez les jeunes
Encourager et valoriser la prise [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après plusieurs réunions de travail pour faire maturer ce plan, l&#8217;IE Club et Cyber-Elles soutiennent officiellement les 29 propositions pour les Assises du Numérique pour &#8220;<strong>Développer l&#8217;entrepreneriat et faire réussir les startups dans les TICs</strong>&#8221; (<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Assises/Pistes%20pour%20les%20startups%20TIC.doc">fichier Word 2003</a> et <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Assises/Pistes%20pour%20les%20startups%20TIC.pdf">PDF)</a>.</p>
<p>Ces 29 propositions sont regroupées en six parties:</p>
<ul>
<li>Développer l’entrepreneuriat chez les jeunes</li>
<li>Encourager et valoriser la prise de risque</li>
<li>Augmenter les sources de financement de l’innovation, surtout privées</li>
<li>Développer le secteur des TICs à l’international&nbsp;&nbsp; </li>
<li>Améliorer la chaine alimentaire des startups </li>
<li>Créer un climat médiatique favorable à l’entrepreneuriat</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Assises/Pistes%20pour%20les%20startups%20TIC.pdf"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="395" alt="29Propositions" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/29propositions.jpg" width="292" border="0"></a>&nbsp;</p>
<p>L&#8217;<strong><a href="http://www.ie-club.com/">IE-Club</a> </strong>est le club des acteurs de la ITech-Economie. Il se veut un carrefour de rencontres entre PME innovantes des TICs et les grands acteurs de l&#8217;innovation : investisseurs, grandes entreprises, laboratoires de recherche et organismes publics.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/logo-ieclub.gif"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="135" alt="Logo IECLub" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/logo-ieclub-thumb.gif" width="306" border="0"></a> </p>
<p>L&#8217;association <strong><a href="http://www.cyber-elles.com/">Cyber-Elles</a> </strong>est le réseau professionnel féminin des TICs. Il fédère les professionnelles ayant un rôle influent dans ce secteur, et notamment des créatrices d&#8217;entreprises du web.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/logo-cyberelles.gif"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="104" alt="Logo CyberElles" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/logo-cyberelles-thumb.gif" width="309" border="0"></a>&nbsp;</p>
<p>Un grand merci à <strong>Danielle Anclin</strong> (Déléguée Générale de l’IE-Club) et à <b>Séverine Smadja</b> (fondatrice et présidente de l’association CyberElles) qui ont permis cela. Et bien entendu à tous les autres contributeurs cités ou non qui ont enrichi ces propositions par leurs commentaires et suggestions.
<p>Le document ne sera pas modifié à court terme, d&#8217;où sa &#8220;version 1.0&#8243;. D&#8217;autant plus que le cabinet d&#8217;Eric Besson considère que la date limite de remise des propositions est le 10 juillet prochain.
<p>Cependant, cette plate-forme sera amenée à évoluer car tout ne fera pas en un jour et ses propositions ne seront pas mises en oeuvre instantanément. On découvrira peut-être aussi des mesures qui existent plus ou moins déjà qui sont méconnues.
<p>En tout cas, la volonté de faire avancer ce sujet reste vivace chez tous les acteurs de l&#8217;innovation. Continons à perséver !</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La vogue des netbooks</title>
		<link>http://www.oezratty.net/wordpress/2008/la-vogue-des-netbooks/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Jul 2008 21:07:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Logiciels]]></category>

		<category><![CDATA[Logiciels libres]]></category>

		<category><![CDATA[Loisirs numériques]]></category>

		<category><![CDATA[Microsoft]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai été invité par Alban Peltier, le fondateur du site de “social shopping” Looneo à une soirée de découverte de cette nouvelle catégorie de PC : les netbooks. Etaient présents trois fournisseurs : Asus, Acer et MSI.
C’était une bonne occasion de voir de près comment ces produits évoluaient. Et ça bouge très vite ! La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai été invité par Alban Peltier, le fondateur du site de “social shopping” Looneo à une soirée de découverte de cette nouvelle catégorie de PC : les netbooks. Etaient présents trois fournisseurs : Asus, Acer et MSI.</p>
<p>C’était une bonne occasion de voir de près comment ces produits évoluaient. Et ça bouge très vite ! La vague des netbooks a été lancée par Asus fin 2007 avec le EEE 700 complété par le modèle 900 en juin 2008 (avec un écran plus grand, de 8,9 pouces au lieu de 7 pouces). Ce sont des ultra-portables pas chers (aux alentours de 300€ à 500€ selon les modèles), très mobiles (aux alentours de 1 Kg), et configurés plus légèrement que les laptops, mais suffisants pour un tas d’usages.</p>
<p>Lesquels ? Ce sont des machines de complément pour la maison et les déplacements, pour faire ses présentations et prendre des notes en réunion. Autres usages : consulter facilement Internet, machine pour les enfants, engin mobile pour regarder la télévision n’importe où chez soi (dans mon cas : en wifi et liaison Free TV avec VLC). </p>
<p>Les prévisions de vente de netbooks seraient de 10 millions d’unités en 2008 dans le monde, ce qui représente environ 4% des ventes de PC dans le monde. A peu près le nombre de Macintosh qui seront vendus en 2008. Ce sont des machines pas comparables évidemment. Mais il est intéressant de voir surgir un nouveau marché d’ordinateurs de la taille de celui du Macintosh en unités en moins d’un an !</p>
<p>Autre perspective : si on table sur le fait qu’environ un tiers de ces netbooks pourraient tourner sous Linux, cela ferait une augmentation d’environ 1,4% de part de marché de Linux (ou d’usage, pour être plus correct) dans le monde des PCs. Or la part de marché de Linux sur les PC est estimée entre 1% et 3% selon les méthodes (<a href="http://www.w3counter.com/globalstats.php?date=2008-02-29">2% pour les PC connectés à Internet</a>). Donc, les netbooks pourraient bien quasiment permettre à Linux de doubler sa part de marché sur les PCs. Reste à savoir si l’hypothèse du “tiers” tient la route et si ce cheval de Troie aura un sérieux impact ou non sur la dominance de Windows sur le marché des PCs.</p>
<p><strong>Les modèles de netbooks présentés</strong></p>
<p>Trois nouveaux modèles étaient présentés dans cette soirée Looneo, tous avec un processeur <a href="http://www.intel.com/cd/products/services/emea/fra/centrino/atom/387495.htm">Intel Centrino Atom</a> cadencé aux alentours de 1,6 Ghz et en technologie 45 nm :</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/cptatom-62.gif"><img title="cptatom_62" height="76" alt="cptatom_62" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/cptatom-62-thumb.gif" width="62" border="0" /></a> </p>
<ul>
<li>L’<strong>Asus</strong> <strong>EEE 901</strong>. Avec processeur Intel Atom, un écran de 8,9 pouces, toujours 12 Go de disque dur SSD (à mémoire flash). Et une version sous Linux qui arrivera en France bientôt en théorie. Les futurs modèles 903/904 et 1000 ne sont pas évoqués par la filiale française d’Asus. Ils sont même présentés comme des “rumeurs non officielles” alors qu’ils sont bel et bien lancés à Taiwan ! Les claviers des EEE sont un point faible. Ils sont peu pratiques à l’usage pour prendre des notes.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7572.jpg"><img title="IMG_7572" style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="301" alt="IMG_7572" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7572-thumb.jpg" width="202" border="0" /></a> </p>
<ul>
<li><strong>MSI </strong>présentait le Wind U100, un modèle avec écran 10 pouces, un clavier plus grand que celui des EEE et qui a l’air bien pratique, et un disque dur de 80 Go. Pour un prix voisin de celui de l’EEE 900 : 450€ avec Windows et 400€ avec Linux, et exactement la même configuration matérielle. Cette machine semble être un excellent compromis pour un usage autant loisirs que business. Elle ne sera cependant pas vendue dans la grande distribution. On la trouvera plutôt sur les sites de vente en ligne et dans des revendeurs de quartier ou pour entreprises.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7640.jpg"><img title="IMG_7640" style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="254" alt="IMG_7640" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7640-thumb.jpg" width="379" border="0" /></a>&#160;</p>
<p>Le MSI à gauche à côté de l’Asus EEE 900.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7567.jpg"><img title="IMG_7567" style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="253" alt="IMG_7567" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7567-thumb.jpg" width="378" border="0" /></a> </p>
<ul>
<li>L’<strong>Acer </strong>Aspire One A110 est moins impressionnant en configuration avec ses 8 Go de SSD et un écran 8,9 pouces. Mais son disque est extensible via un slot SD HC dédié qui augmente automatiquement la capacité du disque, en tout cas sous Linux. Et la place est prévue dans le boitier pour une carte SIM et une extension 3G intégrée (<em>seconde photo</em>). Il sera aussi disponible sous Linux ou sous Windows XP. A noter qu’Acer a travailler avec les principaux sites web du marché pour les pousser à formater leurs pages pour la résolution des écrans de ses netbooks (1024&#215;600, en fait, la résolution standard dans cette catégorie de PCs).</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-75791.jpg"><img title="IMG_7579" style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="258" alt="IMG_7579" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7579-thumb1.jpg" width="385" border="0" /></a> </p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7597.jpg"><img title="IMG_7597" style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="247" alt="IMG_7597" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7597-thumb.jpg" width="388" border="0" /></a> </p>
<p>Manquaient à l’appel d’autres constructeurs car leurs machines n’étaient pas disponibles : HP, Dell, Packard Bell. D’autres modèles de netbooks sont disponibles comme ceux que l’on peut voir sur <a href="http://www.businessmobile.fr/actualites/analyses/0,3800003718,39381265,00.htm?xtor=RSS-1">ZDNet.fr</a>. On peut constater que les netbooks sont déjà des produits de commodité car on en trouve en marque blanche chez des distributeurs comme Surcouf. Les constructeurs asiatiques se sont donc déjà engouffrés dans cette brèche et il y a fort à parier qu’au prochain CES de Las Vegas, on pourra voir des centaines de netbooks, après avoir vu une profusion de MID (Mobile Internet Devices) en 2008, plus petits.</p>
<p>Voici sinon quelques informations glanées sur place concernant ces netbooks :</p>
<ul>
<li><strong>Intel</strong> limite contractuellement les caractéristiques des netbooks. Pour ne pas cannibaliser les ventes de laptop classiques avec des processeurs plus gonflés et plus chers (les Core 2 Duo), les netbooks ne peuvent pas avoir de gros disques durs. Les 80 Go semblent la limite actuelle. Cela rend difficile la montée en gamme des netbooks pour faire le pont avec les ultranotebooks classiques.</li>
<li>Ces notebooks ont des <strong>disques</strong> 2,5 pouces standards que l’on peut changer soi-même (en perdant évidemment la garantie au passage). On peut donc se configurer soi-même un netbook (notamment MSI) avec un disque dur allant jusqu’à 320 Go ! </li>
<li>Concernant <strong>Windows vs Linux</strong>, les commandes sur Internet seraient à 50/50 entre les deux systèmes. Mais dans la grande distribution, les revendeurs préfèrent ne proposer que des versions Windows. C’est une segmentation qui fait râler mais le très grand public qui achète dans la grande distribution n’est pas expert et doit donc se contenter de Windows XP. Les utilisateurs plus experts ont plus tendance à acheter en ligne ou dans des boutiques spécialisées, et bénéficient donc de l’option Linux. Les constructeurs ont tous cherché à rendre Linux acceptable pour le grand public, avec des versions “carrossées” avec des logiciels faciles d’emploi pour naviguer (Firefox) et surtout pour consommer des médias (musique, vidéo, photos). Mais je connais plein d’adeptes de Linux qui préfèrent évidemment installer “leur” distribution de Linux, Ubuntu étant plutôt favori par les temps qui courrent.</li>
<li>Il serait intéressant de comparer la <strong>BOM</strong> (Bill of Materials) d’un de ces netbooks avec un ultranotebook ! Quand on voit que le prix est divisé par 3 à 6 ! Chacun des composants coute moins cher. Et le constructeur fait une marge plus faible. Je n’ai pas encore trouvé cette comparaison sur Internet.</li>
<li>Il y a peu de spéculations sur l’entrée d’<strong>Apple</strong> dans ce marché. Ce n’est pas leur habitude de vendre des machines à bas coût. On assiste donc à une concurrence salutaire dans le monde du PC : à la fois sur les machines et sur les systèmes d’exploitation. Asus a été innovateur sur ce marché et est en train de se faire dépasser par ses concurrents qui intègrent plus vite de nouvelles fonctionnalités ou de variantes des formats de ces notebooks. C’est tout bénéfice pour les consommateurs.</li>
<li>Comme les netbooks sont des PC de compléments, la question de la <strong>synchronisation des données</strong> avec ses ordinateurs principaux reste entière. Elle milite pour une homogénéisation des systèmes d’exploitation employés. Et à chacun de trouver sa méthode et ses outils logiciels pour synchroniser ses ordinateurs. Pour ma part, j’utilise simplement une clé USB avec mes données importantes. D’autres proposeront des solutions qui passent par Internet.</li>
<li>Les nouveaux modèles supportent le <strong>BlueTooth</strong>. Avec de nouveaux scénarios où le netbook pourrait devenir le central Internet/téléphonie mobile, connecté à une oreillette BlueTooth.</li>
<li>Les <strong>bénéfices des SSD</strong>, les disques durs à mémoire, ne sont pas si évidents que cela. Leur consommation d’énergie serait finalement supérieure à celle des disques durs classiques selon un <a href="http://www.tomshardware.com/reviews/ssd-hdd-battery,1955.html">benchmark de Tom’s Hardware</a>. Parce qu’ils consomment du courant en permanence alors que les disques durs n’en consommeraient que lorsqu’il y a un accès disque.</li>
<li>L’<strong>autonomie de la batterie </strong>est censée s’améliorer avec le processeur Atom. La batterie de l’Asus EEE 901 est donnée pour 4-5 heures alors que celle du 900 ne tient qu’à peine 1h30 à 2h. Celle du MSI est donnée pour un peu plus de 2 heures (mais avec juste 3 cellules). Seuls des tests sérieux permettront de savoir ce qu’il en est réellement.</li>
</ul>
<p>En tout cas, on peut s’attendre à des évolutions permanentes de ces netbooks avec la frustration des premiers acheteurs voyant les capacités de ces machines évoluer très rapidement après leur achat. Mais au moins l’achat n’est pas douloureux et ces machines sont facilement recyclables (au sens… vers d’autres utilisateurs dans la famille ou l’entourage). Cela nous replonge un peu dans le début et le milieu des années 1990 où les PC évoluaient bien plus rapidement qu’aujourd’hui.</p>
<p><strong>Un mot sur Looneo</strong></p>
<p>Loonéo est un site de recommandation de produits communautaire que l’on intègre dans la notion de “social shopping”. Il permet d’identifier les produits (surtout “bruns”) qui ont la faveur des consommateurs. La question étant d’obtenir ces avis. Looneo a testé pas mal d’approches pour attirer des consommateurs commentateurs de produits (plus ou moins “prosumers”).</p>
<p>La dernière en date était cette opération de “Speed Testing” pour laquelle Looneo avait réunis certains de ses experts actifs autour d’une même thématique. C’est une bonne forme de reconnaissance et une bonne idée pour faire vivre le “social shopping”. Ils étaient une grosse vingtaine dont environ 20% de la gente féminine.</p>
<p>&#160;<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7628.jpg"><img title="IMG_7628" style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="241" alt="IMG_7628" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/img-7628-thumb.jpg" width="360" border="0" /></a> </p>
<p>Le site de Looneo est développé selon les canons du marché : très dynamique. c’est l’un des rares qui soit écrits en .NET. Avec beaucoup d’Ajax exploité via la bibliothèque Atlas. Le site propose un classement de produits par catégories en compilant les notes et avis des Internautes. L’équipe fait une quinzaine de personnes à ce stade et est bien logée à Malakoff dans la banlieue parisienne sud.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/looneo.jpg"><img title="Looneo" style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="311" alt="Looneo" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/looneo-thumb.jpg" width="367" border="0" /></a> </p>
<p>Le site de Looneo a vu passer 450000 visiteurs en juin 2008 (pour 300000 en septembre 2007). Une croissance qui reste à confirmer pour atteindre la taille critique, qui nécessite certainement une audience d’au moins 1 à 3 millions de visiteurs par mois. Leur plan de développement international est là pour y parvenir et on ne peut que leur souhaiter de réussir dans un marché qui est très concurrentiel. Ils ont de quoi tenir, après avoir <a href="http://www.neteco.com/83776-social-shopping-looneo-leve-2m-imposer-internation.html">levé 2 millions d’Euro</a> !</p>
<p><i>Edité le 6 juillet 2008</i></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le marketing de Firefox 3</title>
		<link>http://www.oezratty.net/wordpress/2008/le-marketing-de-firefox-3/</link>
		<comments>http://www.oezratty.net/wordpress/2008/le-marketing-de-firefox-3/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2008 20:18:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Internet]]></category>

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		<category><![CDATA[Microsoft]]></category>

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		<description><![CDATA[En période relativement calme dans l&#8217;actualité du logiciel, la Mozilla Foundation a fait fort en lançant à grand renfort médiatique la dernière version de son navigateur open-source Firefox. Difficile d&#8217;y échapper !
Au delà du bruit ambiant, essayons d&#8217;analyser ce lancement sous l&#8217;angle marketing. 
La petite bête qui monte
Firefox est un navigateur qui revient de loin, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En période relativement calme dans l&#8217;actualité du logiciel, la Mozilla Foundation a fait fort en lançant à grand renfort médiatique la dernière version de son navigateur open-source Firefox. Difficile d&#8217;y échapper !</p>
<p>Au delà du bruit ambiant, essayons d&#8217;analyser ce lancement sous l&#8217;angle marketing. </p>
<p><strong>La petite bête qui monte</strong></p>
<p>Firefox est un navigateur qui revient de loin, héritier de la mouvance de feu Netscape. Et qui a gagné ses lettre de noblesse grâce à un développement bien structuré, une attention portée aux détails et des parts de marché qui ne cessent d&#8217;augmenter, aux alentours de 20% à l&#8217;échelle mondiale. </p>
<p>Au point que la forteresse Internet Explorer cède inexorablement du terrain (<em>ci-dessous, la part de marché d&#8217;Internet Explorer selon <a href="http://www.e-janco.com/browser.htm">e-Janco Associates</a></em>).</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/ie-market-share.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="198" alt="IE_Market_Share" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/ie-market-share-thumb.jpg" width="365" border="0"></a> </p>
<p>Les différentes études donnent Firefox à environ 17% de parts de marché. Mais cela varie beaucoup d&#8217;un pays à l&#8217;autre. En Europe, Firefox serait à près de 30%, avec 25% en France et 42% en Pologne (cf <a href="http://arstechnica.com/news.ars/post/20080129-firefox-gobbles-up-more-internet-explorer-market-share.html">carte ci-dessous</a> source: XiTi Monitor qui date de janvier 2008).</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/firefoxeurope.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="310" alt="firefoxeurope" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/firefoxeurope-thumb.jpg" width="364" border="0"></a> </p>
<p>Et Firefox 3.0 aurait déjà atteint 6% de parts de marché (on dirait plutôt de &#8220;part d&#8217;usage&#8221; vu la gratuité de la chose) ! </p>
<p>Au passage, sur ce blog et les derniers 30 jours (source: Google Analytics), Firefox a une part de 55% et sa version 3.0 est à 14%.</p>
<p><strong>Une nouvelle version incrémentale</strong></p>
<p>Comme toute nouvelle version d&#8217;un logiciel de commodité, Firefox 3.0 apporte des nouveautés intéressantes, mais pas de révolution. Elles sont essentiellement organisées autour :</p>
<ul>
<li>Des évolutions dans l&#8217;interface, surtout la belle barre d&#8217;URL qui mémorise tout ce que l&#8217;on fait et propose un site au fûr et à mesure que l&#8217;on tape quoi que ce soit. Peut faire gagner du temps. et aussi plein de fonctionnalités de bookmarking.
<li>Des gains significatifs en performance, effectivement observables dans le chargement des pages, notamment celles qui contiennent du code JavaScript.
<li>D&#8217;un look and feel adapté aux systèmes d&#8217;exploitation du marché : Windows XP, Windows Vista, MacOS et Linux.
<li>D&#8217;une plus grande sécurité, avec un anti-malware intégré au navigateur, s&#8217;appuyant sur une base de données synchronisée et utilisée en local.</li>
</ul>
<p>Au quotidien, c&#8217;est la meilleure vitesse d&#8217;exécution qui me semble la plus marquante. Mais l&#8217;objet de ce post n&#8217;est pas de passer en revue les nouveautés de Firefox 3.0. Plein d&#8217;autres sites l&#8217;ont déjà décortiqué en long et en large.</p>
<p><strong>Tactiques marketing&#8230; classiques !</strong></p>
<p>C&#8217;est une autre nouveauté qui m&#8217;a marqué et pas des moindres : l&#8217;usage de techniques marketing empruntées aux éditeurs de logiciels propriétaires, quand ce n&#8217;est pas au concurrent direct Microsoft.</p>
<p>On les trouve surtout dans le discours :</p>
<ul>
<li>Le <strong>record de téléchargements</strong>, un bon moyen d&#8217;attirer l&#8217;attention avec des chiffres difficiles à comparer. Avec 8 millions de téléchargement en 24 heures, on peut dire que la base installée est fidèle et suit sans broncher les évolutions du navigateur. Ils avaient affiché un objectif de 5 millions et l&#8217;ont dépassé. Résultat : c&#8217;est cette information qui fait la une de la presse, et pas les fonctionnalités de Firefox 3, plus difficiles à expliquer et à &#8220;titrer&#8221;. Plutôt Bien vu ! Le &#8220;hype&#8221; devient le message, pas le produit.
<li>Les <strong>gains de performances </strong>avec présentés avec divers benchmarks choisis évidemement pour renforcer le contraste avec le concurrent numéro un. Notamment, un cas d&#8217;application JavaScript, 6 à 9 fois plus rapide. Et un benchmark de fuite mémoire après chargement et déchargement de 300 sites, où FF3 est excellent, FF2 moyen, et IE exécrable. Pourtant, j&#8217;avais remarqué dans mon cas qu&#8217;après quelques sites, FF2 pouvait consommer jusqu&#8217;à 500 Mo de RAM dans le Task Manager, et pas IE7 (mais bon&#8230;). Voir quelques bench <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39381770,00.htm?xtor=RSS-1">ici chez ZDNet</a>.
<li>Un <strong>discours sur la sécurité </strong>avec un antiphishing qui fonctionnerait bien mieux que celui de Microsoft car la base est synchronisée localement et les données utilisateurs ne sont pas envoyées aux serveurs. Cela serait à la fois plus rapide et plus respectueux de la vie privée des utilisateurs. Sur la performance, cela se discute car le temps réel présente l&#8217;avantage d&#8217;une meilleure sécurité lorsque la menace évolue très vite (c&#8217;est <a href="http://blogs.msdn.com/ie/archive/2005/08/31/458663.aspx">expliqué ici</a> chez Microsoft). En tout cas, l&#8217;antimalware intégré dans Firefox n&#8217;a pas d&#8217;équivalent dans IE.
<li>Le pompon marketing avec &#8220;<strong>15000 améliorations</strong>&#8221; qui font penser à une corne d&#8217;abondance de nouvelles fonctionnalités. Alors que pour l&#8217;essentiel, il s&#8217;agit de corrections de bugs. Mais le terme &#8220;amélioration&#8221; est bien choisi. Il est moins déformant de la réalité qu&#8217;un éventuel &#8220;fonctionnalité&#8221;. Corrections de bugs peut-être, mais en attendant, mon Firefox 3 plante souvent alors que cela n&#8217;était pas le cas du 2 ! En tout cas, cela me rassure : il y aurait donc bien des bugs en quantité dans les logiciels open source et ils ne seraient donc pas corrigés à la volée mais en attendant la version suivante du logiciel ? :).</li>
</ul>
<p>Firefox a même emprunté sans le vouloir à Microsoft puisque moins de 24 heures après son lancement, une <a href="http://news.cnet.com/8301-10789_3-9972207-57.html?part=rss&amp;subj=news&amp;tag=2547-1_3-0-20">vulnérabilité de sécurité</a> était annoncée pour Firefox 3. Un coup d&#8217;un sous-traitant de Microsoft ?</p>
<p>Bon, et puis, quelques bloggeurs dont je faisais partie ont été sympathiquement invités à une soirée par Tristan Nitot, qui dirige la Fondation Mozilla en Europe. Et là, hop, rebelotte : stickers, pins, dossier de presse (et agence de presse: Text100), et tee-shirt ! Et même une présentation sous forme de slides. Mais heureusement interactive car nous pouvions poser des questions au fil de l&#8217;eau à Tristan.</p>
<p>Enfin, l&#8217;effet médiatique du lancement est mondial avec un lancement simultané dans tous les pays, et avec plus de cinquante langues supportées !</p>
<p>La Mozilla Foundation a la chance de diffuser un logiciel qui peut bénéficier d&#8217;un manne sous la forme d&#8217;un deal avec Google, de plusieurs dizaines de millions de dollars par an, lié au placement du moteur de recherche par défaut dans Firefox. Le financement de Google représenterait plus de 85% des ressources de Mozilla Corp, la branche &#8220;for profit&#8221; de la Mozilla Foundation. Cela finance notamment les développements (je serais curieux de savoir quelle est la part des contributeurs externes au développement de Firefox) ainsi que la vente et le marketing (7,2% du revenu, moins de la moitié par rapport aux éditeurs commerciaux traditionnels). Tous les projets open source ne peuvent pas bénéficier de la même manne, ce qui met Firefox dans une position unique sur le marché.</p>
<p>Le modèle économique de Firefox est la quintescence du logiciel financé par la publicité car l&#8217;utilisateur ne la voit pas vraiment ! Mais le modèle est-il scalable ? L&#8217;audience de Firefox est supérieure à <a href="http://arstechnica.com/news.ars/post/20071202-mozilla-coo-over-125-million-people-use-firefox.html">125 millions d&#8217;utilisateurs</a>, cela leur ferait un <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/thermomtre-de-larpu/">ARPU</a> (average revenue per user) de 0,4€ par utilisateur mensuel. Pas énorme, donc pas évident de financer un grand nombre d&#8217;autres logiciels de commodité par ce biais là !</p>
<p><strong>La force de l&#8217;écosystème</strong></p>
<p>Un atout de taille pour Firefox 2 comme 3 vaut largement tous les autres : son impressionant écosystème avec plus de 5000 extensions disponibles, une grande partie ayant été adaptée à Firefox 3.0. </p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image145.png"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="272" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb139.png" width="401" border="0"></a> </p>
<p>Là, on ne peut être que baba devant cette performance qui est une différence durable et solide face à Internet Explorer. La Mozilla Foundation a créé un logiciel extensible à la fois pour les développeurs et pour les utilisateurs (la fonction de gestion des extensions est remarquable). </p>
<p>C&#8217;est pourtant l&#8217;habitude de Microsoft de savoir rendre ses logiciels extensibles (certes, autour de standards de fait) et d&#8217;attirer les développeurs sur ses plate-formes. Dans les années 1990, l&#8217;éditeur avait d&#8217;ailleurs fait des efforts énormes pour recruter des développeurs de logiciels &#8220;Active X&#8221;. C&#8217;est vrai, à une époque où la bataille était rude contre Netscape Navigator.</p>
<p>Depuis, plus grand chose et l&#8217;extensibilité d&#8217;Internet Explorer est certes possible, mais n&#8217;est ni courante, ni facile à gérer pour les utilisateurs, ni très sécurisante. Ce qui est une véritable erreur stratégique pour Microsoft. En effet, les utilisateurs passent de plus en plus de temps dans leur(s) navigateur(s) pour y exécuter un grand nombre d&#8217;applications, y compris leur messagerie avec par exemple Google Gmail en mode web. Le navigateur est donc véritablement une plate-forme et pas seulement une fonctionnalité du système d&#8217;exploitation comme dans Windows. On pourra arguer du fait que c&#8217;est normal, &#8220;<em>en situation de quasi-monopole, Microsoft s&#8217;est endormi sur ses lauriers</em>&#8220;. Pas si simple ! Il y a aussi un travers assez ancien de certains développeurs de Microsoft qui ont une vue trop technicienne de certaines fonctionnalités et ne se mettent pas assez à la place des utilisateurs.</p>
<p>Qu&#8217;en est-il de la migration de cet écosystème à la version 3.0 ? Elle n&#8217;est pas automatique. Il faut à la fois utiliser de nouvelles interfaces de programmation (APIs) et modifier les paramètres de création des extensions. Et c&#8217;est <a href="http://developer.mozilla.org/fr/docs/Mise_%C3%A0_jour_des_extensions_pour_Firefox_3">bien documenté</a>. La migration des milliers d&#8217;extensions représentait donc du travail pour leurs développeurs. Et elle n&#8217;est pas encore terminée car à ce jour, le <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39381801,00.htm?xtor=RSS-1">taux de compatilité</a> des extensions Firefox avec la version 3.0 serait située aux alentours de 75%. C&#8217;est une belle performance et la communication sur les records de téléchargements de la version 3.0 a été une bonne incitation pour les retardataires. En effet, la base installée Firefox va migrer extrêmement rapidement à la 3.0. On peut tout de même installer Firefox 3.0 à côté de Firefox 2.0 sur tous les systèmes d&#8217;exploitation, le plus facile étant sous Windows. Une solution bancale qui ne durera pas longtemps.</p>
<p><strong>Epilogue</strong></p>
<p>Comme d&#8217;habitude, Microsoft va se réveiller, sortir sa prochaine version d&#8217;Internet Explorer (la 8.0) qui rattrapera une partie de son retard - notamment dans le support des standards - et inventera un nouveau gimmick d&#8217;interface utilisateur sympatique. Si la part de marché de Firefox augmente trop dangereusement - on n&#8217;en est pas loin ! -, ils se bougeront même encore plus. Et l&#8217;histoire recommencera.</p>
<p>Finalement, cette histoire d&#8217;écosystème, en plus des effets de manche marketing, sont tous une bonne réutilisation par la Mozilla Foundation des pratiques marketing de Microsoft. Au point de les dépasser à leur propre jeu. Au même titre que de nombreux acteurs du logiciel libre sont amenés à emprunter non seulement les pratiques marketing mais également, de tarification et de business model, des éditeurs de logiciels commerciaux. Les modèles mixtes souche open source + couche commerciale au dessus semblent par exemple courants.</p>
<p>Il n&#8217;y a donc pas de schisme radical entre l&#8217;open source d&#8217;un côté et les logiciels commerciaux de l&#8217;autre, mais toute une panoplie de pratiques qui vont de l&#8217;un à l&#8217;autre avec toutes les nuances de gris. Firefox en est un exemple parmi d&#8217;autres.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Propositions pour les Assises du Num&#233;rique</title>
		<link>http://www.oezratty.net/wordpress/2008/propositions-pour-les-assises-du-numrique/</link>
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		<pubDate>Tue, 17 Jun 2008 16:12:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>

		<category><![CDATA[Economie]]></category>

		<category><![CDATA[Enseignement supérieur]]></category>

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		<description><![CDATA[Après le lancement, le retour et les suites des Assises du Numérique, voici venu le temps des pro-po-si-tions ! Et pour vous, de contribuer à les améliorer.
Pourquoi donc ?
Comme je l&#8217;avais évoqué avant, pendant et après la journée du 29 mai dernier, on pouvait constater la faible mobilisation autour de l&#8217;économie de l&#8217;innovation du numérique, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après le <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/lancement-des-assises-du-numrique/">lancement</a>, le <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/retour-des-assises-du-numrique/">retour</a> et les <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/suite-des-assises-du-numrique/">suites</a> des Assises du Numérique, voici venu le temps des <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Assises/Pistes%20pour%20les%20startups%20TIC.pdf">pro-po-si-tions</a> ! Et pour vous, de contribuer à les améliorer.</p>
<p><strong>Pourquoi donc ?</strong></p>
<p>Comme je l&#8217;avais évoqué avant, pendant et après la journée du 29 mai dernier, on pouvait constater la faible mobilisation autour de l&#8217;économie de l&#8217;innovation du numérique, et en particulier des startups et de l&#8217;entrepreneuriat. On ne trouve à ce sujet que quelques propositions dans les 27 pistes proposées le 29 mai dernier par le Cabinet d&#8217;Eric Besson. Or, placer la France dans les grands pays du numérique requiert une bien plus grande ambition, notamment sur l&#8217;entrepreneuriat dans les TICs.</p>
<p>Depuis de nombreuses années, nombre d&#8217;associations ont fait leur lobbying relatif à leur métier (opérateurs télécoms, hébergeurs, médias, investisseurs, éditeurs de logiciels, SSII, ayant droits de contenus, etc). Quelques associations comme l&#8217;AFIC (investisseurs en capital) ou l&#8217;IE Club ont fait diverses propositions autour de l&#8217;entrepreneuriat. Mais ne les ont pas resorti de leur chapeau à l&#8217;occasion des Assises du Numérique, certaines ayant d&#8217;ailleurs déjà été suivies d&#8217;effets ces dernières années.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image142.png"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="55" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb137.png" width="244" border="0"></a> </p>
<p>Dans le cadre des assises, une association s&#8217;est réellement mobilisée : l&#8217;AFDEL (<a href="http://www.afdel.fr/">Association Française des Editeurs de Logiciels</a>), avec ses <a href="http://www.assisesdulogiciel.fr/">Assises du Logiciel</a> dont une première session a eu lieu la semaine dernière. Mais les tables rondes n&#8217;ont pour l&#8217;instant pas abouti à des propositions concrètes. </p>
<p>J&#8217;ai eu aussi l&#8217;occasion d&#8217;animer la semaine dernière un Atelier organisation par Cyber-Elles et l&#8217;Echangeur-PME sur &#8220;le passage à la vitesse supérieure&#8221; pour les startups. Quelques idées en ont germé qui sont intégrées dans le plan dont il est ici question.</p>
<p>De son côté, le Cabinet d&#8217;Eric Besson a lancé un site et un <a href="http://wiki.assisesdunumerique.fr/xwiki/bin/view/Assises/PistesDeTravail">wiki des Assises du Numérique</a> où les Internautes peuvent notamment commenter les différentes mesures&nbsp; proposées le 29 mai. Il n&#8217;y a quasiment aucun commentaire sur les 27 pistes et sept pistes sont proposées par les Internautes - aucune sur l&#8217;entrepreneuriat. Quand aux nombreux ateliers qui ont déjà eu lieu, on n&#8217;en trouve ni compte rendu, ni liste de propositions qui en auraient résulté. Il y a par contre environ <a href="http://assisesdunumerique.fr/forum/">150 discussions</a> dans le Forum des Assises. Au vu de tout cela, on ne peut que constater qu&#8217;il est difficile de mettre en place une &#8220;démocratie participative&#8221; via Internet pour préparer un plan.</p>
<p><strong>Un plan pour développer l&#8217;entrepreneuriat dans les TICs</strong></p>
<p>Je me suis alors dit qu&#8217;il était utile de structurer un ensemble cohérent avec un diagnostic de la situation, des objectifs, une stratégie et des pistes d&#8217;action pour le gouvernement autour du thème de la création d&#8217;entreprises dans le numérique.</p>
<p>Même si je suis certainement plein d&#8217;illusions, je me lance !&nbsp; Avec la conviction qu&#8217;au pire, les idées ne se propagent pas instantanément, mais progressivement, à l&#8217;usure.</p>
<p>Le résultat est une proposition de plan pour &#8220;Développer l’entrepreneuriat et faire réussir les startups dans les TICs&#8221;.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Assises/Pistes%20pour%20les%20startups%20TIC.pdf"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="400" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image143.png" width="286" border="0"></a> </p>
<p>C&#8217;est un travail qui se veut collaboratif <u>et</u> coordonné. Toutes les bonnes volontés sont bienvenues pour compléter ce plan, en distinguant bien la partie diagnostics, objectifs, stratégie et propositions. Une petite dizaine de contributeurs m&#8217;ont déjà aidé à consolider ce plan dont certains sont mentionnés dans la couverture, et je les en remercie chaleureusement.</p>
<p><strong>Les grandes lignes du plan</strong></p>
<p>Partant du constat que nous avons en France une insuffisante circulation de l’argent, des talents, de la créativité et des idées,<strong> </strong>le plan se focalise :
<ul>
<li>Sur la <b>culture du risque</b> et de l’ambition, qu’il nous faut développer en France et dans ce secteur, avec une plus grande exemplarité des élites et une communication plus soutenue.</li>
<li>Sur un <b>encouragement des jeunes à entreprendre</b> et une mobilisation de l’enseignement supérieur dans cette direction afin d’augmenter le flux de créations d’entreprises. Ceci passe par à la fois par des mesures tactiques court terme et par une restructuration ambitieuse du territoire.</li>
<li>Sur le <b>financement des PME innovantes</b> du secteur des TICs qui est encore très insuffisant notamment dans le capital d’amorçage et le capital risque afin de permettre aux PME innovantes d’atteindre la taille critique. Un financement dont la composante privée devrait être amplifiée par des incitations appropriées car il dépend beaucoup trop du secteur public.</li>
<li>Dans la <b>dimension internationale</b>, qu’il faut accélérer chez les PME innovantes des TICs.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image144.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="289" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb138.png" width="386" border="0"></a> </p>
<p><strong>Et maintenant ?</strong></p>
<p>Pour faire évoluer ce plan :</p>
<ul>
<li>J’ai mis en accès libre son <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Assises/Pistes%20pour%20les%20startups%20TIC.doc">fichier Word 2003</a>. Il est aussi lisible sous OpenOffice. Pour une simple consultation, le PDF est <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Assises/Pistes%20pour%20les%20startups%20TIC.pdf">également téléchargeable</a>.
<li>Si vous souhaitez compléter ou modifier ce plan, annotez-le en mode révision et retournez moi le document par mail (<em>indiqué dans la colonne de droite dans ce blog</em>). J&#8217;intègrerai les modifications dans la version publiée au fur et à mesure. Tout en assurant la cohérence d&#8217;ensemble. Indiquez-moi au passage si vous souhaitez être mentionnés comme contributeur du plan.
<li>Vous pouvez également commenter le plan sous forme de commentaires à ce post.
<li>Je suis preneur de témoignages vivants pouvant être intégrés en <em>verbatim</em> dans le plan, en particulier dans la partie du diagnostic.
<li>Je le posterai sur le site des Assises du Numérique. Quelque part&#8230; sachant qu&#8217;il n&#8217;y a pas de point d&#8217;entrée spécifique à l&#8217;entrepreneuriat.</li>
</ul>
<p>Nous devons avoir en tête qu&#8217;il s&#8217;agit de propositions pour l&#8217;action publique, et qu&#8217;elles doivent donc être à sa portée et concrètes. Même si l&#8217;on sait bien qu&#8217;il ne faut pas compter uniquement sur elle pour faire avancer le sujet. Il faudra donc éviter les propositions qui commencent par &#8220;encourager&#8221;, &#8220;inciter&#8221;, &#8220;veiller&#8221; et autres &#8220;favoriser&#8221; et sont donc trop vagues si elles ne sont pas suivies d&#8217;une action précise pour quelqu&#8217;un.</p>
<p>J&#8217;ai conscience que ma méthode de travail n&#8217;est peut-être pas très moderne ni ne permet une traçabilité aussi bonne qu&#8217;avec un wiki. Elle me semble néanmoins plus adaptée à la création d&#8217;un plan structuré et cohérent. </p>
<p>Alors, à vous de jouer maintenant ! </p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Marketing de l&#8217;informatique d&#8217;entreprise en France</title>
		<link>http://www.oezratty.net/wordpress/2008/marketing-de-linformatique-dentreprise-en-france/</link>
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		<pubDate>Fri, 04 Apr 2008 17:44:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Logiciels]]></category>

		<category><![CDATA[Logiciels libres]]></category>

		<category><![CDATA[Marketing]]></category>

		<category><![CDATA[Microsoft]]></category>

		<category><![CDATA[Startups]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;avais été marqué en 1997 par plusieurs benchmarks présentés par le PDG de Bull, Jean-Marie Descarpentries dans un keynote au Comdex à Paris. Il décrivait le retard de la France en matière d&#8217;usage des TIC et l&#8217;impact que cela avait sur sa compétitivité. Onze années plus tard, malgré les progrès réalisés dans le pays, on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;avais été marqué en 1997 par plusieurs benchmarks présentés par le PDG de Bull, Jean-Marie Descarpentries dans un keynote au Comdex à Paris. Il décrivait le retard de la France en matière d&#8217;usage des TIC et l&#8217;impact que cela avait sur sa compétitivité. Onze années plus tard, malgré les progrès réalisés dans le pays, on en est toujours au même point. Le retard de la France dans la consommation d&#8217;IT est chronique. Les anglais consomment environ 70% plus d&#8217;IT par habitant que les français. Ceci est vécu de l&#8217;intérieur par toutes les boites IT qui ont un pieds dans la France et le Royaume Uni, et plus généralement, qui peuvent comparer la réactivité de l&#8217;ensemble des pays européens et mondiaux aux nouvelles technologies.</p>
<p>Nombreuses sont les réflexions au niveau des lobbies industriels (Syntec, AFDEL, Cigref, etc) pour comprendre ces phénomènes et réduire le retard français. Beaucoup d&#8217;efforts sont faits pour sensibiliser les pouvoirs publics. Nous allons tenter de fournir les explications pratiques de ce retard, liées au comportement des informaticiens et clients français de technologies de l&#8217;information.</p>
<p>Le marketing de l&#8217;IT en France est en effet assez ardu pour les éditeurs. C&#8217;est un sujet un peu tabou et peu débattu. En gros, tous les éditeurs de logiciels et constructeurs informatiques constatent - mais se gardent bien d&#8217;afficher - que le marketing et la vente des produits IT destinés aux entreprises sont plus difficiles en France que dans la plupart des autres pays. Quel est ce phénomène ? Comment se manifeste-t-il ? D&#8217;où vient-il ? Quelles leçons en tirer ? Comment le contourner pratiquement ?</p>
<p><strong>L&#8217;exemple des séminaires et conférences</strong></p>
<p>J&#8217;ai assisté cette semaine à l&#8217;<a href="http://onair.adobe.com/?sdid=BULEF">Adobe AIR Tour</a> à Paris, occasion de faire le point sur les technologies RIA (Rich Internet Applications) de l&#8217;éditeur, et de Flex et AIR en particulier. L&#8217;auditorium de la Bourse était à moitié plein, avec environ 200 participants, ce qui est modeste au regard de l&#8217;importance d&#8217;Adobe dans le marché du RIA. Adobe avait obtenu 600 inscrits. Mais la conférence était en anglais, ce qui n&#8217;aide pas beaucoup en France. </p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/adobe-air-tour.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="54" alt="Adobe AIR Tour" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/adobe-air-tour-thumb.jpg" width="220" border="0"></a> </p>
<p>En règle générale, il est plus difficile de faire bouger des informaticiens et développeurs français dans des événements, notamment des conférences ou séminaires. A fortiori s&#8217;ils sont ou payants, ou en anglais, ou à l&#8217;étranger, ou une combinaison de ces inconvénients.</p>
<p>J&#8217;ai aussi vécu cela chez Microsoft avec leur grand événement européen TechEd créé au début des années 1990. Payant (environ 1700€ pour quatre jours de conférence), en anglais et le plus souvent à l&#8217;étranger, il cumulait les handicaps pour attirer des participants français. Alors que la conférence attire environ 5000 participants, il est très difficile d&#8217;attirer plus de 200 français, le record ayant été atteint en 1996 avec 600 participants alors que l&#8217;événement avait lieu à Nice et que des efforts marketing sans précédents (voire délirants) avaient été déployés. Il n&#8217;est pas rare d&#8217;avoir plus de participants de pays européens bien plus petits que la France, que de participants français. Quand il s&#8217;agit d&#8217;envoyer des français outre-Atlantique, c&#8217;est encore plus difficile. Combien de français participent à JavaOne à San Francisco, vont au CES à Las Vegas ou participent aux conférences sur le Web 2.0 ? Le chiffre n&#8217;est pas public, mais officieusement, il est très faible. Ce décalage n&#8217;est donc pas spécifique à Microsoft. On le retrouve chez de nombreux autres éditeurs et constructeurs américains. Chez Sun, Oracle ou Adobe pour ne prendre que quelques exemples.</p>
<p>En France, l&#8217;informaticien est donc sensible et au prix, et au lieu, et à la langue parlée dans une conférence. Plus que tous ses collègues européens. Quand ces obstacles sont surmontés simultanément, et avec un contenu de qualité, le succès peut être au rendez-vous. Les <a href="http://www.microsoft.com/france/vision/mstechdays08/">TechDays</a> de Microsoft en sont l&#8217;exemple le plus éclatant : 16000 participants cette année vs 13000 en 2007, plus que tout autre événement de Microsoft organisé en Europe de tous les temps. Les conférences REMIX sur les technologies de développement Web organisées à Paris attirent entre 300 et 500 développeurs, bien plus que la conférence Adobe AIR de cette semaine. Alors pourtant qu&#8217;Adobe a une meilleure part de marché dans les technologies web. Les autres éditeurs n&#8217;aboutissent pas toujours à ce résultat car soit ils manquent de moyens, soit, comme Adobe, ils n&#8217;ont pas encore persuadé leurs centres de décision américains du besoin d&#8217;avoir une approche &#8220;locale&#8221;.</p>
<p>Les lacunes dans la compréhension de l&#8217;anglais chez nos ingénieurs informaticiens sont bien connues et vérifiées dans la pratique. Nous sommes avec les japonais et les espagnols les plus déficients de ce point de vue là. Tant dans la compréhension que dans l&#8217;expression. Dans les réunions internationales, cela nuit à notre efficacité pour pousser idées et projets. Mais aussi pour se mettre au parfum.</p>
<p>Autre phénomène : le &#8220;taux de chute&#8221;, diable de l&#8217;imprévision pour le marketeur. C&#8217;est le ratio entre le nombre d&#8217;absents et le nombre d&#8217;inscrits à un événement. En moyenne, il était de 30 à 40% dans les années 1990. Maintenant, il dépasse allègrement les 50%. Les sollicitations nombreuses expliquent peut-être cette augmentation.</p>
<p>Il y a une autre caractéristique des audiences IT en France : la grande méfiance par rapport aux discours marketing. Les anglo-saxons acceptent ces discours sans trop broncher alors qu&#8217;ils exaspèrent les français. Le temps passé dans les événements doit être un temps utile. Donc, pas de blabla, du concret, des démos. C&#8217;est ce qui a fait le succès des DevDays, devenus les TechDays chez Microsoft. A contrario, il est difficile d&#8217;attirer du monde avec des séminaires dits &#8220;solutions&#8221; présentant des produit verticaux pour des audiences &#8220;métier&#8221; ou &#8220;décideurs&#8221;.</p>
<p><strong>Cycles de vente</strong></p>
<p>Les séminaires et événements ne sont qu&#8217;une partie d&#8217;une situation difficile pour les fournisseurs et qui concerne l&#8217;ensemble du cycle de vente dans les entreprises. Comment cela se manifeste-t-il ?</p>
<ul>
<li>Le <strong>processus de vente </strong>est plus souvent long que dans le reste de l&#8217;Europe et aux USA. Je pense que c&#8217;est lié à notre faible culture du risque et à nos habitudes de management assez hiérarchiques, qui ont cours autant dans les grandes entreprises que dans les PME. Cela a tendance à diluer les responsabilités, qui ne sont pas suffisamment déléguées. Les cycles de décisions deviennent souvent alambiqués. </li>
<li>Le <strong>processus d&#8217;avant-vente </strong>est particulièrement long. Et il est évidemment difficile de le faire payer. Cela tient d&#8217;un perfectionnisme technique, limite maladif, mais aussi, d&#8217;une tendance des clients à profiter de l&#8217;empressement des fournisseurs concurrents à démontrer la faisabilité de leurs technologies. La démographie des entreprises en France (vs le reste de l&#8217;Europe et notamment de l&#8217;Allemagne) accroît l&#8217;importance des &#8220;grands comptes&#8221; par rapport au tissu des PME dont la démographie est faible ici.</li>
<li>Les <strong>procédures d&#8217;appels </strong>d&#8217;offre sont complexes. Le poids du secteur public n&#8217;y est pas pour rien. En France, environ le quart des salariés sont dans le secteur public (état, collectivités et services publics). Et le code des marchés publics n&#8217;est pas simple. Ceci explique cela.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/code-marchs-publics.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="244" alt="Code March&eacute;s Publics" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/code-marchs-publics-thumb.jpg" width="158" border="0"></a> </p>
<ul>
<li>Les <strong>négociations </strong>sur les prix sont difficiles. La France est plus proche de la Méditerranée que de l&#8217;Europe du Nord de ce point de vue là. Et c&#8217;est presque maladif. Un client normalement constitué va négocier à l&#8217;extrême toute affaire pour négocier une ristourne. Dans certains cas, les services achat vont décortiquer la structure de coût du fournisseur pour déterminer le prix qu&#8217;ils sont prêts à payer. De plus, il est assez difficile de raisonner globalement &#8220;business value&#8221; dans la vente. Le client français en informatique est plus méfiant qu&#8217;ailleurs. Sa confiance n&#8217;est pas facile à obtenir. Dans les grands comptes, on est plus proche des pratiques d&#8217;achats de la grande distribution que de la vente-partenariat qui a cours dans les pays anglo-saxons !</li>
<li>Les <strong>délais de paiement </strong>sont trop longs, les pires d&#8217;Europe (peut-être à part l&#8217;Italie), avec trois mois de délai, et quand les factures suivent le bon processus achat interne au client.</li>
<li>Le client français est en moyenne &#8220;<strong>suiveur</strong>&#8220;. L&#8217;adoption des nouvelles technologies destinées aux entreprises a toujours été en décalage par rapport à nos principales collègues européens ces vingt dernières années : messagerie, réseaux, middleware, etc. Exemple: il y a environ cinq ans, une étude européenne interne à Microsoft montrait que la France était en retard dans l&#8217;adoption de .NET, mais également des technologies Java ! Elle a depuis rattrapé une partie de son retard sur ces deux technologies mais cela a mis le temps.</li>
<li>S&#8217;y ajoute <em>de temps en temps </em>un <strong>manque de correction </strong>qui choque toujours les étrangers. Les retards aux réunions sont multiples sans compter une pointe d&#8217;agressivité. </li>
</ul>
<p>Bref, le client (informaticien) français mérite largement sa réputation de &#8220;difficile&#8221; ! Une partie de ces comportements s&#8217;explique par l&#8217;appréhension du risque et la peur du changement. Mais pas seulement. La culture managériale des entreprises est aussi en cause. </p>
<p>On peut aussi faire le lien avec la faiblesse de l&#8217;industrie informatique locale. Cette industrie est essentiellement faite de SSII, plus lentes à adopter les innovations technologiques que les constructeurs et les éditeurs de logiciels. Les développeurs et autres informaticiens de SSII sont facturés au projet et à la journée et il leur est laissé peu de temps pour faire de la veille technologique ! Sauf en inter-contrats, et encore.</p>
<p><strong>Quelques exceptions</strong></p>
<p>Tout n&#8217;est pas si difficile que cela en France. Il existe quelques cas particuliers où la France est plus réceptive aux nouvelles technologies :</p>
<ul>
<li>La réceptivité du marché est meilleure au marketing destiné au <strong>grand public</strong>. Les loisirs numériques sont rapidement adoptés en France. Au début des années 2000, la France était ainsi l&#8217;un des premiers pays européens dans l&#8217;adoption du DVD. Il en a été ainsi de l&#8217;ADSL, grâce à des offres bien ciblées et bien tarifées (à commencer par la Freebox). Mais globalement, là encore, la France est plus proche de l&#8217;Europe du Sud que de l&#8217;Europe du Nord. Elle avance, mais est toujours en retard, comme dans l&#8217;accès des ménages à Internet (<em>cf données GFK ci-dessous</em>).</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/gfk-internet-europe.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="266" alt="GFK Internet Europe" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/gfk-internet-europe-thumb.jpg" width="354" border="0"></a> </p>
<ul>
<li>Les technologies &#8220;personnelles&#8221; ont été plus généralement bien adoptées en France. Ce fut le cas du PC au début, et notamment de Windows, et surtout des produits d&#8217;<strong>Apple</strong>. La filiale française d&#8217;Apple n&#8217;a pas vécu les affres de ses collègues du monde du PC. L&#8217;Apple Expo est unique en Europe, les keynotes de Steve Jobs attirent toujours des milliers de fan et la communauté Apple est très dynamique en France.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/apple-expo.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="235" alt="Apple Expo" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/apple-expo-thumb.jpg" width="351" border="0"></a> </p>
<ul>
<li>Les <strong>logiciels libres </strong>bénéficient d&#8217;un écho favorable. C&#8217;est notamment favorisé par le poids du secteur public dans l&#8217;économie, secteur qui est très perméable aux logiciels libres, qui se diffusent maintenant largement au delà de ce secteur.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/paris-capitale-du-libre.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="165" alt="Paris Capitale du Libre" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/paris-capitale-du-libre-thumb.jpg" width="311" border="0"></a> </p>
<ul>
<li>Et même chez Microsoft, on sait de temps en temps ne pas être à la traine des autres pays européens. C&#8217;est le cas de son action destinée aux étudiants avec le concours de développement &#8220;<a href="Meilleure r&eacute;ceptivit&eacute; au marketing grand public. A peu pr&egrave;s le m&ecirc;me nombre d'internautes en France et au Royaume Uni (aux alentours de 25 millions selon Nielsen).">Imagine Cup</a>&#8221; (dont la finale sera à Paris cette année début juillet 2008). Les participants français sont très nombreux, tout autant que les gagnants, et ce depuis plusieurs années. C&#8217;est lié à la fois à la capacité d&#8217;exécution marketing de l&#8217;équipe de Microsoft France et à une bonne réceptivité des étudiants en France qui sont preneurs de défis.</li>
</ul>
<p><strong>Conséquences</strong></p>
<p>La structure de coût de la vente et du marketing de l&#8217;IT est plus élevée en France qu&#8217;ailleurs. Et cela ne tient pas seulement, loin de là, aux charges sociales et patronales qui rendent le coût du travail élevé en France. Ces coûts de structure ne sont pas benchmarké officiellement, mais c&#8217;est mon expérience chez Microsoft, partagée ensuite avec de nombreux autres acteurs de l&#8217;IT en France avec qui j&#8217;ai pu en discuter en toute liberté. Les responsables des filiales françaises de ces éditeurs se voient régulièrement reprocher la marge qu&#8217;ils génèrent, bien plus faible que dans les autres pays européens où le business est plus facile.</p>
<p>Alors que faire ? Voici quelques recettes&#8230;</p>
<p>Pour les <strong>grands éditeurs </strong>: concentrer les investissements sur un nombre plus réduit d&#8217;opérations impactantes, bien exécuter le &#8220;tir croisé&#8221; en marketing (multiplier la variété des sollicitations des clients), investir lourdement pour créer les premières références clients qui génèreront ensuite un effet de suivisme, localiser le marketing, organiser ses événements en français avec des ressources locales et éviter les conférences payantes. Il faut aussi bannir le &#8220;pipo marketing&#8221;. Et&nbsp; prévoir qu&#8217;il faudra plus d&#8217;investissements marketing pour obtenir le même résultat que dans d&#8217;autres pays européens. Cela sera amorti ensuite dans la durée.</p>
<p>Pour les <strong>startups </strong>: c&#8217;est simple, il faut s&#8217;internationaliser rapidement car le marché intérieur est à la fois lent et étouffant, sauf quelques bonnes surprises, notamment avec des clients internationaux et dynamiques (L&#8217;Oréal, Accor, etc)&nbsp; car de culture très hybride - anglo-saxonne et française -, et qui peuvent à la fois générer de belles références clients communicables, et ouvrant les portes dans d&#8217;autres pays.</p>
<p>Avez-vous pu constater les phénomènes que je décris ? C&#8217;est le moment de se lâcher !</p>
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		<title>Cartoreso deuxi&#232;me</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Mar 2008 16:14:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Enseignement supérieur]]></category>

		<category><![CDATA[Logiciels]]></category>

		<category><![CDATA[Logiciels libres]]></category>

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		<description><![CDATA[Pendant l&#8217;année scolaire 2006/2007, le projet CartoReso avait été lancé par Jean-Sébastien Hächler, Pierre Pattard et Jérémy Fain - sur l&#8217;idée de ce dernier. 
Ces trois élèves de l&#8217;option Technologies de l&#8217;Information de l&#8217;Ecole Centrale Paris avaient ainsi créé un logiciel de cartographie de réseau identifiant les ordinateurs et autres machines sous TCP/IP, en particulier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pendant l&#8217;année scolaire 2006/2007, le <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/a-la-dcouverte-de-cartoreso/">projet CartoReso</a> avait été lancé par Jean-Sébastien Hächler, Pierre Pattard et <a href="http://fr.techcrunch.com/2008/03/26/fr-executer-une-strategie-virale-10-bonnes-pratiques-du-web-francais/">Jérémy Fain</a> - sur l&#8217;idée de ce dernier. </p>
<p>Ces trois élèves de l&#8217;option Technologies de l&#8217;Information de l&#8217;Ecole Centrale Paris avaient ainsi créé un logiciel de cartographie de réseau identifiant les ordinateurs et autres machines sous TCP/IP, en particulier celles qui ne sont pas entièrement sécurisées. L&#8217;outil permettant notamment de réaliser des audits de sécurité d&#8217;un réseau local d&#8217;entreprise. J&#8217;avais à l&#8217;époque recommandé à l&#8217;équipe de mettre le logiciel en open source et sur SourceForge. Histoire de permettre son évolution au delà du projet de l&#8217;année scolaire et sa prise en main par d&#8217;autres.</p>
<p>Pendant cette année scolaire, une équipe d&#8217;étudiants du même sérail a pris le relai du projet initial : <strong>Julien Elie </strong>et <strong>Nicolas Nordmann </strong>(<em>ci-dessous à gauche et à droite</em>). C&#8217;est une expérience intéressante qui n&#8217;est pas si fréquente que cela pour des logiciels réalisés dans des projets d&#8217;élèves. On la retrouve plus souvent avec les étudiants qui travaillent sur de l&#8217;expérimentation ou de l&#8217;algorithmie, comme dans la robotique.</p>
<p>&nbsp;<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/julien-elie-2008-2.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="244" alt="Julien Elie 2008 2" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/julien-elie-2008-2-thumb.jpg" width="164" border="0"></a> <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/nicolas-nordmann-2008-2.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="244" alt="Nicolas Nordmann 2008 2" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/nicolas-nordmann-2008-2-thumb.jpg" width="164" border="0"></a></p>
<p>Je vais ici faire le point sur le projet et en profiter pour faire quelques digressions sur la praticité du modèle open source employé sur ce projet.</p>
<p><strong>Un projet pluriannuel</strong>&nbsp;</p>
<p>L&#8217;intérêt d&#8217;avoir un projet pluriannuel pour les étudiants est multiple :</p>
<ul>
<li>On dispose de plus de <strong>ressources</strong>. En effet, l&#8217;emploi du temps alloué au projet est d&#8217;environ une vingtaine de journées. C&#8217;est court pour livrer du logiciel bien fignolé, même à plusieurs !
<li>Il permet l&#8217;apprentissage des étapes d<strong>&#8216;industrialisation</strong> du logiciel. En effet, le chemin est long entre le code qui semble fonctionner sur une machine et le véritable produit logiciel. Il faut une procédure d&#8217;installation, supporter plusieurs systèmes d&#8217;exploitation, débugger le code et prévoir l&#8217;extensibilité du logiciel.
<li>Il facilite l&#8217;apprentissage du travail en <strong>équipe</strong> dans le temps et dans l&#8217;espace. Il pousse notamment les élèves à bien penser l&#8217;architecture de leur logiciel.
<li>Il garantit une certaine <strong>pérennité</strong> aux travaux réalisés, ce qui est rarement le cas pour un projet logiciel réalisé &#8220;one shot&#8221; et sans suite. D&#8217;autant plus que ce genre de logiciel n&#8217;a pas forcément de business model qui tienne la route pour une startup, particulièrement pour des utilitaires. Comme il est difficile de créer une entreprise avec, la structure pérénnisant le projet est le projet pluriannuel. C&#8217;est aussi la raison du choix d&#8217;un modèle open source, très courant dans l&#8217;enseignement supérieur. Pour des raisons pratiques plus qu&#8217;idéologiques.
<li>Il permet au projet d&#8217;avoir un <strong>réel impact</strong>. Ne constate-t-on pas régulièrement ce gâchis avec tous ces projets d&#8217;étudiants qui n&#8217;aboutissent à rien, à aucun produit, à aucun usage, à aucune création de valeur pour les autres !</li>
</ul>
<p>Dans le cas de CartoReso, le code source - développé sous Linux - avait été publié sur SourceForge en 2007. Il faisait lui-même appel à une grosse demi-douzaine de bibliothèques open-source. </p>
<p>L&#8217;équipe projet 2007/2008 a réalisé un gros travail de documentation du code, qui n&#8217;avait pas été réalisé par la première équipe (à éviter&#8230;). Elle a de plus enrichi le <a href="http://cartoreso.campus.ecp.fr/">site web du projet</a> qui documente à la fois le code, l&#8217;installation et l&#8217;usage du logiciel.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/cartoreso.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="314" alt="Cartoreso" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/cartoreso-thumb.jpg" width="352" border="0"></a>&nbsp;</p>
<p>Ensuite, l&#8217;équipe s&#8217;est consacrée à la création d&#8217;une architecture d&#8217;extensibilité de CartoReso, basée sur l&#8217;accès aux données générées dans un premier temps, et puis sur des extensions Java dans un second temps. </p>
<p>Au final, elle a adapté le logiciel à Windows, ce qui ne fut pas sans peine (et n&#8217;est pas véritablement achevé) car les bibliothèques tierces-parties ne s&#8217;y comportent pas de la même manière que sous Linux. L&#8217;ancienne équipe - toujours joignable, a même contribué à l&#8217;adaptation du code et à la compilation. </p>
<p>Enfin, l&#8217;équipe a rédigé un <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Divers/Rapport%20Projet%20CartoReso%202008.pdf">rapport de projet en anglais</a>. Autre manière de déclencher à terme, au même titre que le site du projet, de générer un effet communautaire à l&#8217;échelle de l&#8217;Internet.</p>
<p>Cartoreso n&#8217;est évidemment pas seul dans son domaine. Les élèves de l&#8217;Ecole Centrale sont à l&#8217;origine du projet pluriannuel open source ayant probablement eu l&#8217;un des impacts utilisateurs les plus forts : le player multimédia Videolan (<a href="http://www.videolan.org/vlc/">VLC media player</a>), téléchargé plus de 70 millions de fois depuis sa création. Il était géré par des élèves de seconde année au départ. Il continue de vivre sa vie depuis maintenant et attire environ une centaine de contributeurs, au delà de Centrale. Cela donne envie de reproduire ce succès sur d&#8217;autres catégories de logiciels !</p>
<p><strong>Impact de l&#8217;open source</strong></p>
<p>Voyons un peu l&#8217;impact de la mise en open source du projet. A ce stade de la vie du projet, l&#8217;open source n&#8217;a servi à rien. C&#8217;est plutôt un freeware, téléchargé grâce à SourceForge où il a été placé.</p>
<p>Il y a eu 1614 téléchargements depuis le placement du projet dans SourceForge. Cela s&#8217;est accéléré récemment, comme pour&nbsp; de nombreux projets open source, avec l&#8217;arrivée récente de la version Windows (<em>ci-dessous</em>). </p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/cartoreso-downloads.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="170" alt="Cartoreso downloads" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/cartoreso-downloads-thumb.jpg" width="308" border="0"></a> </p>
<p>Le projet est au rang 1884 en termes d&#8217;activité sachant qu&#8217;il y a 173000 projets open source sur SourceForge. Cinq personnes sont enregistrées dans le projet : ce sont les deux équipes projets qui se sont succédé l&#8217;une à l&#8217;autre. Cela montre, comme pour les projets commerciaux, qu&#8217;il y a une grande fragmentation des logiciels, avec une activité - commerciale ou non - concentrée sur le 1% des projets les plus populaires.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/sourceforge-cartoreso-rank.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="57" alt="SourceForge Cartoreso Rank" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/sourceforge-cartoreso-rank-thumb.jpg" width="306" border="0"></a> </p>
<p>L&#8217;expérience de Cartoreso montre que le déclenchement du fameux phénomène communautaire de l&#8217;open source ne se décrète pas. La grande majorité des projets open source (sur SourceForge) n&#8217;ont ainsi pas du tout de communauté. Juste des utilisateurs qui testent de temps en temps. Le modèle &#8220;communautaire open source&#8221; (pour les contributions et les corrections apportées au code) est souvent utilisé comme argument marketing d&#8217;éditeurs de logiciels libre, mais sans réalité derrière. Pour ce faire, il faut d&#8217;abord que le logiciel intéresse un grand nombre d&#8217;utilisateurs. Cela passe par un peu de communication, souvent virale (sites spécialisés, blogs). Ensuite, il faut que parmi ces utilisateurs, il y ait une masse critique de développeurs qui pourraient être motivés à contribuer, et en auraient le temps et disposeraient des compétences. Cela fait un sacré filtrage au bout du compte. Ce filtrage est encore plus fin si le projet est complexe. Il ne faut ainsi pas s&#8217;étonner que largement plus de la moitié des contributeurs à la suite bureautique OpenOffice soient toujours des développeurs de Sun.</p>
<p>Dans Cartoreso, le défi provient aussi du caractère mouvant du leadership du projet. Dans l&#8217;open source comme ailleurs, la stabilité du leadership est fort utile. Linus Torvalds n&#8217;est-il toujours pas en charge des évolutions du kernel de Linux ? Nous avons donc ici un handicap à relever. Les projets open source fonctionnent rarement en autogestion. Il y a toujours une équipe au coeur du projet qui le fait vivre, et des contributeurs qui gravitent autour.</p>
<p><strong>La suite de Cartoreso</strong></p>
<p>L&#8217;aventure de ce projet doit continuer. De nombreuses extensions au logiciels sont prévues, et attendues par les utilisateurs, notamment la société <a href="http://www.ercom.fr/siteweb/bienvenue.html">Ercom</a> qui a suivi de près le projet. </p>
<p>A la rentrée 2008, si tout va bien, une troisième équipe de Centraliens devrait prendre le relai. Les étudiants sont en effet libres de choisir leur projet. La nouvelle équipe aura au moins trois missions clés : </p>
<ul>
<li>Peaufiner l&#8217;architecture de plug-ins </li>
<li>Créer quelques extensions clés (comme l&#8217;analyse des évolutions temporelles et spatiales des machines détectées) </li>
<li>Faire naitre une communauté autour du logiciel. Un exercice de style qui mélange développement logiciel, marketing, communication et gestion de projet.</li>
</ul>
<p>En parallèle, j&#8217;ai lancé le même schéma avec un autre projet initialisé cette année scolaire par une équipe de quatre élèves : un lecteur RSS nouvelle génération, synthèse de ce qui se fait de mieux aujourd&#8217;hui, avec quelques plus &#8220;inédits&#8221;. J&#8217;aurai l&#8217;occasion d&#8217;en reparler à la rentrée scolaire.</p>
<p>Et vous, avez-vous eu vent de projets pluriannuels comme Cartoreso dans des universités ou grandes écoles en France ? Quelle en a été l&#8217;expérience retirée ?</p>
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		<title>Microsoft Clouds</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Mar 2008 10:50:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Ces dernières semaines ont été chahutées pour Microsoft. Alors qu&#8217;ils lancaient la dernière génération de SQL Server et Visual Studio (2008), ce qui ne fait évidemment pas écho dans le grand public, plusieurs nuages s&#8217;amoncelaient au dessus de l&#8217;éditeur, annonçant une difficile fin d&#8217;hiver. Occasion pour moi de proposer quelques commentaires et éclaircissements sur ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ces dernières semaines ont été chahutées pour Microsoft. Alors qu&#8217;ils lancaient la dernière génération de SQL Server et Visual Studio (2008), ce qui ne fait évidemment pas écho dans le grand public, plusieurs nuages s&#8217;amoncelaient au dessus de l&#8217;éditeur, annonçant une difficile fin d&#8217;hiver. Occasion pour moi de proposer quelques commentaires et éclaircissements sur ces sujets parfois complexes.</p>
<p><strong>Affaire &#8220;Yahoo&#8221;</strong></p>
<p>J&#8217;appelle maintenant cela une &#8220;affaire&#8221;. Car d&#8217;une simple acquisition (<em>si l&#8217;on peut ainsi dire</em>), on rentre dans une saga qui rappelle celle de l&#8217;acquisition de Peoplesoft par Oracle <a href="http://www.news.com/Oracle-takeover-Its-a-wrap/2100-1014_3-5516752.html">finalisée fin 2004</a>, une année et demi après son <a href="http://www.news.com/PeopleSoft-calls-Oracle-bid-atrocious/2100-1012_3-1013893.html">annonce initiale</a>. Et pour $10B au lieu des $5B annoncés initialement en juin 2003. Mais ce qui était tolérable dans le domaine des logiciels d&#8217;entreprise ne l&#8217;est évidemment pas dans l&#8217;Internet, qui évolue à une bien plus grande vitesse.</p>
<p>J&#8217;ai l&#8217;impression que j&#8217;étais en dessous de la réalité dans mes deux précédents posts au moment de l&#8217;annonce de Microsoft sur sa proposition <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/kevin-johnson-microsoft.jpg"><img style="border-top-width: 0px; padding-right: 0px; padding-left: 15px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; padding-bottom: 15px; padding-top: 15px; border-right-width: 0px" height="233" alt="kevin_johnson_microsoft" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/kevin-johnson-microsoft-thumb.jpg" width="162" align="right" border="0"></a>d&#8217;acquisition de Yahoo (<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/un-mariage-risqu/">ici</a> et <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/un-mariage-risqu-suite/">là</a>). Depuis, c&#8217;est un véritable vaudeville avec le conseil d&#8217;administration de Yahoo qui repousse l&#8217;offre de Microsoft, non pas simplement pour négocier, mais pour chercher une autre porte de sortie. L&#8217;acrimonie des dirigeants de Yahoo, Jerry Yang en premier, à l&#8217;encontre de Microsoft ne dit rien qui vaille sur les bonnes conditions d&#8217;une fusion. En effet, comment celle-ci pourrait bien se passer si l&#8217;acquéreur est d&#8217;abord diabolisé en interne ? Quand on voit que Kevin Johnson (<em>photo ci-contre</em>), le patron Microsoft de la Division Systèmes qui a en charge cette fusion (potentielle) tenter de rassurer les employés de Yahoo en leur indiquant que sommes toutes, ils pourraient rester dans la Silicon Valley, cela fait peur. Car ils avaient probablement prévu d&#8217;en déménager beaucoup à Redmond, environ 1200 km au nord de la Valley.</p>
<p>Or, non seulement Microsoft n&#8217;a jamais réussi à intégrer correctement de grosses sociétés (Great Plains, Navision, WebTV, &#8230;), mais à fortiori pas dans le cadre d&#8217;une acquisition que l&#8217;on qualifierait maintenant &#8220;d&#8217;hostile&#8221;! Cela ne dit rien qui vaille sur l&#8217;issue de l&#8217;affaire. Microsoft va peut-être se retirer après avoir tenté le coup, et finalement, affaibli Yahoo. Mais rien ne dit que cela les renforcerait. En attendant, Google feint d&#8217;avoir peur en dénoncant cette acquisition comme dangereuse pour les standards ouverts et l&#8217;interopérabilité. Ils appliquent là la devise d&#8217;Andy Grove &#8220;Only the paranoid survive&#8221;. Mais s&#8217;ils réfléchissaient un peu, ils se rendraient compte qu&#8217;ils bénéficieraient de cette fusion, car les fusions de ce genre sont rarement créatrices de valeur!</p>
<p>Donc, le jeu de poker reste ouvert. Microsoft peut se retirer ou aller jusqu&#8217;au bout d&#8217;une acquisition hostile. Cela ne peut que stabiliser ou fragiliser leur position sur Internet face à Google. S&#8217;ils se retirent, ils pourront au moins remettre en cause ce qu&#8217;ils font en interne, et peut-être revoir leurs cibles d&#8217;acquisitions, pourquoi pas, hors du pré-carré de Google et du search. Pourquoi pas dans les réseaux sociaux ou bien dans des activités internationales ? Et s&#8217;ils vont jusqu&#8217;au bout de l&#8217;acquisition, bon courage pour l&#8217;intégration&#8230;</p>
<p><strong>Interopérabilité</strong></p>
<p>L&#8217;annonce de Microsoft Corp sur les améliorations concernant l&#8217;interopérabilité de ses produits ont fait beaucoup de bruit. Et surtout, généré pas mal de scepticisme. En premier lieu de la part des acteurs du libre et surtout de la Commission Européenne qui joue à fond la défiance vis à vis de l&#8217;éditeur.</p>
<p>Qu&#8217;il y avait-t-il donc dans l&#8217;annonce ? Pour la première fois, un affichage de principes généraux sur l&#8217;interopérabilité, et leur application pratique associée :</p>
<ul>
<li>La publication de tous les protocoles de communication de Windows et Windows Server, et plus tard d&#8217;Office 2007, avec l&#8217;indication de ceux qui sont couverts ou pas par des brevets. Avec l&#8217;annonce de ne pas attaquer les développeurs open source s&#8217;ils utilisent ces protocoles. Avec cependant le maintient de l&#8217;exigence de royalties pour les éditeurs open source qui commercialiseraient de manière payante des logiciels utilisant ces protocoles.
<li>La création d&#8217;une API pour Office pour le développement de filtres utilisant d&#8217;autres formats que ceux de Microsoft, notamment le très controversé OpenXML dont les péripéties à l&#8217;ISO font beaucoup couler d&#8217;encre.
<li>L&#8217;annonce, quelque peu ambigue, concernant la documentation de la manière dont Microsoft supporte - et étend - les standards. On pourrait crier au loup en disant que, ça y est, Microsoft ne va pas respecter les standards, les étendre et les rendre incompatibles. Peut-être. Mais n&#8217;oublions pas tout de même que nombre de standards sont incomplets et nécessitent des extensions pour être exploitables. Et que Microsoft n&#8217;est pas le seul à les étendre. S&#8217;ils le documentent, c&#8217;est tout de même une amélioration.
<li>La création d&#8217;un laboratoire et de resources pour aider à l&#8217;interopérabilité des solutions open source avec celles de Microsoft. En fait, cela laboratoire était déjà en place au moment de l&#8217;annonce et depuis environ un an.</li>
</ul>
<p>Ce sont des évolutions, pas des changements, car de nombreuses initiatives avaient été lancées autour de l&#8217;interopérabilité. Les relations avec les développeurs open source existaient depuis pas mal de temps. Notamment autour de PHP, JBOSS, Novell (sur la virtualisation), Ruby on Rails et P<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/jeanpaoli.jpg"><img style="border-top-width: 0px; padding-right: 0px; padding-left: 15px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; padding-bottom: 15px; padding-top: 15px; border-right-width: 0px" height="180" alt="JeanPaoli" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/jeanpaoli-thumb.jpg" width="130" align="right" border="0"></a>ython qui interopèrent tous avec Windows Server et/ou .NET. Une partie de ces évolutions a été pilotée par Jean Paoli, le General Manager en charge de l&#8217;interopérabilité chez Microsoft (<a href="http://www.google.fr/search?hl=fr&amp;safe=off&amp;q=%22jean+paoli%22+&amp;meta=">google-izez le pour voir</a>, <em>photo ci-contre</em>). Il est l&#8217;un des père de XML, qu&#8217;il a co-spécifié en 1996 pour le W3C. Il a depuis été l&#8217;avocat de l&#8217;intégration de XML dans l&#8217;ensemble de l&#8217;architecture logicielle Microsoft. On lui doit le support d&#8217;XML dans Internet Explorer et dans Office et plein d&#8217;autres initiatives de cet acabit. Il travaille très sérieusement sur le sujet de l&#8217;interopérabilité auquel il croit beaucoup. Bien sûr, il peut rencontrer des résistances au sein de Microsoft, mais il a obtenu jusqu&#8217;à présent plutôt gain de cause, étant bien écouté - entre autres - par Bill Gates et Steve Ballmer.</p>
<p>On peut juste regretter que l&#8217;annonce sur l&#8217;interopérabilité ne soit pas intervenue plus tôt. En effet, elle donne trop l&#8217;impression d&#8217;être une réaction aux agissements de la Commission Européenne (notamment l&#8217;amende de cette semaine dont nous allons reparler), et d&#8217;autre parts, aux pressions concurrentielles de l&#8217;open source. D&#8217;une manière générale, Microsoft agit trop en fonction des événements, et pas assez en amont. Comme sur Internet. C&#8217;est le propre des grosses structures qui peinent à s&#8217;adapter à leur environnement et dont les circuits de décision sont trop lents.</p>
<p>Le feedback de la communauté open source et des commentateurs sur ces annonces ? Ils ne croient pas à la sincérité de Microsoft qui ferait cela sous la pression plus que par bonne volonté. Mais pour les contenter vraiment, il faudrait que Microsoft devienne un éditeur open source et qu&#8217;ils abandonnent les brevets logiciels&#8230; ce qui n&#8217;est pas prêt d&#8217;arriver ! Certains interprètent les agissements de Microsoft comme une adoption du modèle de l&#8217;open source. On en est bien loin! Tactiquement, ils peuvent - comme de nombreux éditeurs - mettre tel ou tel bout de logiciel en open source. Mais ce ne sont jamais les logiciels clés, les vaches à lait, les sources de revenu. Ce sont juste des outils périphériques. Donc, le modèle est loin de changer. S&#8217;il change, c&#8217;est dans une autre direction, qui n&#8217;a rien à voir avec l&#8217;open source : vers la vente de logiciels sous forme de services en ligne. Autrement dit, le SaaS (software as a service), nouveau nom de l&#8217;ASP, et tout bêtement, les services Internet financés par la publicité. </p>
<p><strong>Commission Européenne</strong></p>
<p>Elle a encore frappé Microsoft cette semaine : avec une nouvelle amende de 899m€ soit environ $1,5B selon le cours du $. Pourquoi ? Non pas parce qu&#8217;ils auraient &#8220;<em>abusé de leur monopole</em>&#8221; comme on peut le lire dans les commentaires acrimonieux de nombreux blogs et journaux, mais parce qu&#8217;ils n&#8217;auraient pas respecté les demandes de la commission entre 2006 et 2007 concernant l&#8217;interopérabilité avec Windows Server. Sur deux points précis : documentation insuffisante et royalties trop élevées. L&#8217;amende est donc arrivée à postériori de cette affaire, la Commission ayant déclaré en octobre 2007 que Microsoft avait finalement satisfait à ses obligations.</p>
<p>Mais ces $1,5B sont bien chers payés. </p>
<p>Pour deux raisons.</p>
<ul>
<li>D&#8217;abord, parce que l&#8217;amende couvre le non respect d&#8217;une demande très imprécise de la Commission Européenne. J&#8217;avais évoqué une <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2006/condamne-pour-mauvais-genie-logiciel/">condamnation pour mauvais génie logiciel</a> en 2006. Et je maintiens. Microsoft a du lancer un travail de documentation tinanesque de ses logiciels, qu&#8217;il n&#8217;avait même pas accompli pour ses propres développeurs. Ceux qui font du développement, notamment chez des éditeurs de logiciels et des SSII, savent tous à quel point il est lourd de documenter à postériori des logiciels complexes ! Ce travail a mobilisé des centaines de développeurs, au point même d&#8217;avoir certainement contribué (modestement) au retard de Vista entre 2005 et 2006. Pour ce qui est du montant des royalties, la Commission a trouvé qu&#8217;elles étaient trop chères. En fonction de quoi ? Du feedback des éditeurs de logiciels libres. Mais il y avait-il une demande précises ? Un pratique standard dans l&#8217;industrie ? Pas vraiment, même si IBM avait annoncé rendre une partie de ses brevets &#8220;gratuits&#8221; pour les éditeurs open source (une belle opération de communication pour une société de services dont la première source de profits sont les logiciels commerciaux&#8230;).
<li>Et puis, le mode de calcul de l&#8217;amende. La Commission indique qu&#8217;elle n&#8217;a pas été jusqu&#8217;à ponctionner le maximum, soient 10% du chiffre d&#8217;affaire de Microsoft en Europe (dans sa dernière année fiscale, Microsoft faisait $51B au niveau mondial et aux alentours de $15B en Europe). Mais l&#8217;amende dépasse l&#8217;entendement car les griefs ne portent pas sur l&#8217;ensemble de l&#8217;activité de Microsoft mais uniquement sur l&#8217;activité Windows Server, puisque c&#8217;est des API serveur qu&#8217;il était question dans le non-respect de Microsoft de la décision de la Commission Européenne entre 2006 et 2007. Or ce business représente aux alentours de 10% du CA de Microsoft (une bonne part des 23% du CA de Microsoft réalisé dans les logiciels serveurs). En Europe, cela représente donc aux alentours de $1,5B par an. Donc, en gros, la Commission a prélevé 100% du revenu serveur de Microsoft d&#8217;une année en Europe. C&#8217;est une amende qui dépasse donc de loin les 10% du CA du business considéré ! Et cela s&#8217;ajoute déjà à environ $1B d&#8217;amendes passées. L&#8217;amende représente tout de même 0,7% du budget annuel de la Commission Europénne (environ 121md€ en 2007)! De quoi alimenter la PAC, entre autres puisqu&#8217;elle représente 40% des dépenses de la Commission Européenne, ou bien la recherche européenne. Autre calcul intéressant pour comparer les carottes entre elles : les 900m€ d&#8217;amende financent l&#8217;équivalent de 90% du budget de la recherche européen dans les NTIC sur 2007 (qui est aux alentours de 1md€, dans le <a href="http://ec.europa.eu/research/fp7/pdf/fp7_press_launch.pdf">programme FP7</a>). Vous savez, ces programmes qui financent la recherche de nos grands groupes industriels comme Thalès, Thomson ou Alcatel ! Tout ceci a le don d&#8217;agacer les américains au point de trouver que Microsoft est devenu &#8220;<a href="http://feeds.feedburner.com/~r/francaistechcrunch/~3/243166106/">le distributeur de billets automatique européen</a>&#8221; (selon Michael Arringon de TechCrunch).<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/nelly-kroes.jpg"><img style="border-top-width: 0px; padding-right: 0px; padding-left: 15px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; padding-bottom: 15px; padding-top: 15px; border-right-width: 0px" height="165" alt="Nelly Kroes" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/nelly-kroes-thumb.jpg" width="244" align="right" border="0"></a></li>
</ul>
<p>La Commission Européenne n&#8217;est donc pas vraiment conciliante, comme en attestent les nombreuses déclarations de la Commissaire à la Concurrence, Nelly Kroes (<em>photo ci-contre</em>). Cela lui donne une image de puissance face aux multinationales américaines. Mais cela aura plus d&#8217;effet dans son budget que sur une éventuelle modification de la concurrence sur les serveurs. Elle est déjà forte. Notamment sur Internet où les technologies open source sont devant celles de Microsoft en parts de marché! Même si dans les entreprises, Microsoft est leader avec aux alentours de 65% du marché des OS serveurs.&nbsp; Et on l&#8217;a vu, sur les postes de travail, elle s&#8217;est plutôt mieux exercée récemment là où la Commission n&#8217;avait pas mis son nez (Firefox vs IE, alors que la Commission s&#8217;était préoccupée de Windows Media).</p>
<p>Microsoft de son côté ne l&#8217;a certainement pas joué &#8220;très fine&#8221; avec la Commission. Leur stratégie annoncée il y a quelques jours sur l&#8217;interopérabilité aurait du intervenir entre 2004 et 2005 pour calmer le jeu. Microsoft n&#8217;avait pas grand chose à perdre à être plus ouvert et conciliant. Dommage pour leurs actionnaires&#8230;</p>
<p><strong>Windows Vista</strong></p>
<p>Microsoft a annoncé cette semaine la baisse des prix de Windows Vista dans le retail, pour ses versions &#8220;mise à jour&#8221;. La version Ultimate (&#8221;Intégrale&#8221; en France)passera de $299 à $219 (bien, c&#8217;est la seule pour le grand public qui contient la fonction de Backup&amp;Restore complet du PC, très pratique). La version Home Premium passe de $159 à $129 (toujours en mises à jour à partir de Windows XP). Cette baisse de prix n&#8217;a rien d&#8217;étonnant ! Microsoft avait augmenté les prix de Windows avec Vista. Tant en OEM qu&#8217;au détail. Cela explique d&#8217;ailleurs que la division Windows génère une croissance supérieure à celle du marché des PCs. Selon Microsoft, une étude d&#8217;élasticité au prix a montré que le revenu généré serait supérieur en baissant les prix. Classique en marketing. Mais peut-être un nuage de fumée pour expliquer les difficultés d&#8217;adoption du produit. Attention, on ne parle ici que du business grand public. Et en retail, où les ventes sont assez marginales au regard des ventes OEM.</p>
<p>Le Service Pack 1 doit améliorer la situation. Stabilisant le système et améliorant ses performances, il doit donner le signal d&#8217;une adoption plus forte du système, notamment dans les entreprises. J&#8217;ai pu tester la RC0 sur un laptop, sans constater de changements majeurs et les premiers benchmarks montrent que les gains de performance sont minimes. Il faudra aussi voir si certains bugs fonctionnels ont été corrigés, comme cette incroyable incapacité à sauvegarder l&#8217;état des fenêtes de l&#8217;Explorer (de fichiers) obligeant à indiquer à chaque fois que vous ouvrez un dossier comment vous voulez voir les fichiers présentés! Le SP1 connait de surcroit un retard de diffusion car un problème d&#8217;incompatibilité avec des drivers aurait été découvert après sa finalisation. Résultat: près d&#8217;un mois et demi entre sa &#8220;finalisation&#8221; et sa diffusion au grand public via Windows Update. Elle devrait intervenir à la mi-mars. Un record ! </p>
<p>Sinon, on notera ce procès en &#8220;class a<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/vista-home-basic.jpg"><img style="border-top-width: 0px; padding-right: 0px; padding-left: 15px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; padding-bottom: 15px; padding-top: 15px; border-right-width: 0px" height="161" alt="" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/vista-home-basic-thumb.jpg" width="146" align="right" border="0"></a>ction&#8221; aux USA de consommateurs mécontents d&#8217;avoir acheté des laptops &#8220;Vista Capable&#8221; s&#8217;étant avérés incapable de faire tourner Vista. En fait, le logo &#8220;Capable&#8221; s&#8217;appliquait à Vista Home Basic sans Aero, et aurait été créé pour plaire à Intel et à lui permettre de caser les laptops utilisant ses chipsets graphiques 915 &amp; co, à l&#8217;époque, sous-configurés pour Vista. C&#8217;est très bien <a href="http://www.news.com/8301-13579_3-9882376-37.html?part=rss&amp;subj=news&amp;tag=2547-1_3-0-20">documenté par CNET</a>. Une péripétie classique, surtout pour ceux qui se souviennent des notions de &#8220;configuration minimale&#8221; indiquées pour toutes les anciennes versions de Windows à leur lancement.</p>
<p>Vista lent, Vista buggé ? Peut-être. Mais on entend maintenant dire la même chose de Leopard, la dernière version de MacOS. Au point que certains critiques trouvent que Apple commence trop à ressembler à Microsoft&#8230; qui n&#8217;est donc plus seul à essuyer ce genre de feu !</p>
<p><strong>Bundles interdits ?</strong></p>
<p>En France, nous avons eu cette semaine une nouvelle décision d&#8217;une justice locale (à Libourne dans la Gironde) donnant raison à un consommateur qui attaquait Asus qui refusait de rembourser le Windows associé au laptop, que le consommateur ne souhaitait pas utiliser.</p>
<p>Mais cela ne changera pas trop la donne : les bundles ne sont pas plus interdits qu&#8217;avant par ces&nbsp; décisions de justice. Tout au plus imposeront-elles les constructeurs et revendeurs à respecter les clauses de la licence de Windows OEM leur demandant de la rembourser aux clients si elle n&#8217;est pas utilisée. C&#8217;est une question de process commercial (qui embarrasse bien les acteurs considérés) plus que d&#8217;interdiction de bundling. Ce qui explique un peu pourquoi le gouvernement ne bouge pas sur la question malgré les nombreux appels du pieds (AFUL, APRIL, UFC Que Choisir, etc).</p>
<p><strong>XBOX et HD-DVD</strong></p>
<p>On a peu commenté le rôle de Microsoft et d&#8217;Intel dans l&#8217;homérique bataille Blu-ray contre HD-DVD. Ni le pourquoi du comment Blu-ray a gagné haut la main après le revirement de Warner juste avant le CES (j&#8217;ai <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/rapport-ces-2008/">abondamment commenté</a> cela après le CES). Microsoft avait promu le HD-DVD auprès des labels de films, notamment en Europe où il avait connu quelques succès (comme chez TF1 il me semble). Microsoft avait aussi commercialisé fin 2006 un lecteur HD-DVD externe pour sa XBOX 360. Mais tout ceci n&#8217;a pas compensé l&#8217;énorme base installée générée par les ventes de la PS3 en 2007. Ce sont elles-seules qui ont fait basculé la balance en faveur du Blu-ray, alors qu&#8217;elle était favorable au HD-DVD fin 2006.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/blu-ray-vs-hd-dvd.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="241" alt="Blu-ray vs HD-DVD" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/blu-ray-vs-hd-dvd-thumb.png" width="244" border="0"></a> </p>
<p>Mais les efforts de Microsoft n&#8217;ont pas suffit. Pour contrebalancer l&#8217;effet PS3, il aurait fallut que Toshiba ait une stratégie plus aggressive de licence de la technologie HD-DVD. Si elle avait été diffusée par les constructeurs chinois, avec des lecteurs de salons à moins de $200 voire $100 (hors promotions), cela aurait coupé l&#8217;herbe sous le pieds de la PS3, qui au demeurant n&#8217;est pas utilisée majoritairement pour regarder des films. Toshiba n&#8217;avais pas assez de &#8220;secondes sources&#8221; pour les lecteurs HD-DVD, cela a été fatal, comme cela avait été fatal à Sony avec le Betamax dans les années 70, alors que Matsushita avait licencié largement sa technologie VHS.</p>
<p>Alors, comme toute l&#8217;industrie, Microsoft a annoncé l&#8217;arrêt du support du HD-DVD. Et il ne devrait pas être difficile pour eux d&#8217;intégrer le support du Blu-ray dans Vista (probablement dans un service pack un de ces 4). Pour la XBOX, soit ils attendent la prochaine génération, soit ils proposent un lecteur externe. On verra bien. </p>
<p>Rappellons que Microsoft avait poussé le HD-DVD pour plusieurs raisons. Concurrentiellement, Blu-ray est basé sur Java, et poussé par Sun et Apple. De plus, le Blu-ray est plutôt &#8220;pro-Hollywood&#8221; et restreignant sur la protection des contenus. Alors que le HD-DVD était plus souple de ce côté là, permettant le &#8220;any time, any where, any device&#8221; avec les HD-DVD alors que ce n&#8217;est pas évident avec le Blu-ray. Dans cette bataille, c&#8217;est un peu des ténors de l&#8217;électronique de loisir qui ont gagné face aux ténors de l&#8217;industrie informatique traditionnelle (Intel, Microsoft). Mais Microsoft n&#8217;est pas blessé pour autant : ils n&#8217;avaient pas beaucoup investi, et cela ne change pas grand chose à leur offre produit.</p>
<p><strong>Paradoxe</strong></p>
<p>Ces différentes anicroches donnent l&#8217;impression que Microsoft ne va pas très bien. Et pourtant, leurs résultats financiers sont excellents sur les derniers trimestres. Avec une croissance de 30%, poussé par Vista, Office 2007 et aussi la XBOX qui commence à peine à faire gagner de l&#8217;argent à Microsoft (mais il faudra du temps pour éponger les milliards de $ investis). Alors, est-ce paradoxal ? Est-ce un feu d&#8217;artifice avant des difficultés financières ? Pas encore. Car l&#8217;éditeur est poussé par la croissance du marché du PC qui continue de plus belle à l&#8217;échelle mondiale, et est porté par sa diversification qui même si elle est difficile en termes de profitabilité, n&#8217;en génère pas moins une belle croissance tout azimut.</p>
<p>Il y a donc bien des nuages sur Microsoft mais ce n&#8217;est pas encore la tempête.</p>
<p><strong>Rapport d&#8217;Hugo Lunardelli<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/hugo-lunardelli.jpg"><img style="border-top-width: 0px; padding-right: 0px; padding-left: 15px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; padding-bottom: 15px; padding-top: 15px; border-right-width: 0px" height="164" alt="Hugo Lunardelli" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/hugo-lunardelli-thumb.jpg" width="132" align="right" border="0"></a></strong></p>
<p>Si vous avez tenu la lecture jusque là, alors, vous êtes prêts pour lire le compendium de 60 pages qu&#8217;a créé Hugo Lunardelli (<em>ci-contre</em>) au sujet de l&#8217;offre entreprise de Microsoft. Hugo est un ancien collègue de Microsoft, qui comme moi, commente avec ce regard mixte ex-interne/externe l&#8217;actualité de l&#8217;éditeur. Il va plus loin que moi car il délivre des formations longues à ce sujet pour Cap Gemini Institut. </p>
<p>Il est téléchargeable à partir <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Divers/Hugo%20Lunardelli%20Dossier%20Microsoft%202008.pdf" title="Hugo Lunardelli Dossier Microsoft 2008.pdf">de ce lien</a>.</p>
<p>Le document fournit une très bonne vision d&#8217;ensemble de la stratégie Microsoft et de son offre produits pour l&#8217;entreprise. Il reste à faire la même chose pour l&#8217;offre grand public (MSN et Windows Live, XBOX, TV, etc). Un volontaire ?</p>
<p>Bon, et maintenant, je vais passer de l&#8217;excellent <strong>Windows Live Writer</strong> utilisé pour écrire ce post à <strong>Ubuntu</strong> et PHP/JavaScript pour améliorer le code de mon template Wordpress&#8230;</p>
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		<title>Un mariage risqu&#233;, suite</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Feb 2008 21:53:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Je me suis exprimé sur l&#8217;annonce par Microsoft de son souhait d&#8217;acquérir Yahoo le jour même où elle a eu lieu. C&#8217;était à chaud, mais je m&#8217;étais déjà posé la question auparavant. Cette annonce a depuis généré un nombre absolument incroyable de commentaires tant aux USA que chez nous en France. L&#8217;histoire est loin d&#8217;avoir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me suis <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/un-mariage-risqu/">exprimé</a> sur l&#8217;annonce par Microsoft de son souhait d&#8217;acquérir Yahoo le jour même où elle a eu lieu. C&#8217;était à chaud, mais je m&#8217;étais déjà posé la question auparavant. Cette annonce a depuis généré un nombre absolument incroyable de commentaires tant aux USA que chez nous en France. L&#8217;histoire est loin d&#8217;avoir démarré puisque Yahoo esquive la fusion, ou tout du moins en négocie le prix.</p>
<p>Parmi les réactions, il y en avait quelques unes d&#8217;intéressantes comme <a href="http://blog.van-proosdij.fr/2008/02/11/analyse-de-loffre-de-microsoft-sur-yahoo-et-figure-libre/">celle de Louis van Proosdij</a>, montrant comment Microsoft pourrait organiser son &#8220;branding&#8221; en séparant clairement la partie entreprise (&#8221;Microsoft&#8221;) et en affichant sous la bannière &#8220;Yahoo&#8221; tout ce qui relève du grand public chez l&#8217;éditeur.</p>
<p>Et je dois reconnaitre que ma réaction à chaud n&#8217;était pas très constructive, listant à l&#8217;envie les raisons pour lesquelles une telle fusion ne pouvait pas fonctionner. Depuis, je n&#8217;ai pas vraiment changé d&#8217;avis, mais j&#8217;ai cherché à l&#8217;étayer par une petite perspective historique sur les succès et les échecs de Microsoft. Et ils sont nombreux, dans toutes les catégories, bien au delà des classiques Windows et Office. Dans une approche classique que l&#8217;on retrouve dans les études de cas des business schools, j&#8217;ai d&#8217;abord fait l&#8217;inventaire de l&#8217;existant. Sous forme d&#8217;un tableau, bien évidemment! J&#8217;en ai tiré quelques conclusions sur le pourquoi Microsoft a réussi et pourquoi il s&#8217;est gauffré ailleurs. Il s&#8217;agit presque toujours d&#8217;une course à l&#8217;innovation, au sens littéral du terme: à savoir, qui est le premier à diffuser largement une nouvelle technologie et si possible, durablement, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;elle pénètre le marché au delà des &#8220;early adopters&#8221;. A ne pas confondre avec la capacité à les inventer, ce qui est une autre affaire, surtout dans la mesure où Microsoft a plutôt créé des innovations incrémentales plutôt que des innovations de rupture. </p>
<p>Puis, nous rebouclerons à la fin sur le cas de l&#8217;intégration de Yahoo et sur ce que Microsoft pourrait éventuellement faire pour éviter la déroute.</p>
<p><strong>Les grands succès</strong></p>
<p>Il s&#8217;agit des produits ou services pour lesquels Microsoft a réussi a capter plus de 50% du marché considéré. J&#8217;en ai listé une douzaine comme les OS clients, les logiciels bureautiques, mais aussi les serveurs de réseau et les encyclopédies sur CD-ROM. Ces grands succès concernent à la fois les postes de travail, les logiciels serveurs, mais aussi les logiciels Internet. Les voici dans le tableau ci-dessous (cliquez dessus pour le rendre lisible, ou récupérez le <a href="http://www.oezratty.net/Files/Publications/Microsoft%20Scorecard.pdf">PDF complet</a>).</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image531.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="314" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image53-thumb.png" width="434" border="0"></a> </p>
<p>Je ne vais pas refaire l&#8217;histoire de tous ces succès, mais plutôt lister leurs caractéristiques au regard de l&#8217;affaire Yahoo :</p>
<ul>
<li>Ces succès ont été <strong>initialisés tôt </strong>dans le cycle de développement du marché pour ces technologies. La bataille de l&#8217;operating system a été gagnée par Microsoft avec MS-DOS puis Windows dès 1981 pour le premier et 1990 pour le second, alors que le marché a été multiplié par 10 depuis 1990.
<li>Microsoft a été le premier ou presque à profiter voire générer un <strong>changement de paradigme </strong>sur le marché considéré. Le cas le plus marquant concerne les logiciels de bureautique sous Windows. Microsoft a sorti le premier tableur sur Macintosh, puis sous Windows. Et a été le premier à lancer une suite complète sous Windows. Alors que les concurrents en place - Lotus et Wordperfect - ont véritablement trainé des pieds pour supporter les interfaces graphiques, Windows comme Macintosh. Avec Encarta, Microsoft a aussi été le premier à sortir une encyclopédie véritablement multimédia sur CD-ROM. L&#8217;autre paradigme clé a été le serveur &#8220;polyvalent&#8221; Windows Server associant les caractéristiques que l&#8217;on trouvait chez Novell Netware et chez Unix.
<li>Microsoft a industrialisé la notion de vente de <strong>plate-forme logicielle </strong>avec un couplage produits / kits et outils de développement et évangélisation du marché: en premier lieu, les constructeurs et les éditeurs de logiciels. Il a architecturé ses logiciels pour les rendre extensibles. Il s&#8217;agissait toujours de plates-formes &#8220;ouvertes&#8221; de ce point de vue là, même si elles n&#8217;étaient ni open source, ni basées sur des standards &#8220;de jure&#8221;. Cette stratégie de plate-forme associée à une barrière technologique à l&#8217;entrée a verrouillé durablement le marché. Et la barrière s&#8217;est élevée par la complexité croissante des logiciels et avec les besoins en formation et en certification. Surtout à partir du milieu des années 1990.
<li>Une <strong>tarification </strong>agressive. Elle était ou bien indolore dans le cas des ventes OEM, surtout à l&#8217;époque où les PC coûtaient entre 2 et 5 fois plus chers qu&#8217;aujourd&#8217;hui (et contrairement à une rumeur répandue, les MS-DOS n&#8217;étaient pas &#8220;donnés&#8221; aux constructeurs, juste vendus à un prix bas pour l&#8217;époque). Elle était sinon très concurrentielle, comme avec Access sorti à $99 face à ses concurrents qui étaient commercialisés à plusieurs centaines de $. Et bien sûr, avec Office, mais aussi avec l&#8217;offre serveur en général.
<li>Microsoft s&#8217;est souvent appuyé sur des <strong>mécanismes de distribution </strong>à fort effet de levier, comme les ventes OEM. C&#8217;est le cas des systèmes d&#8217;exploitation.
<li>Une grande partie de ces succès se sont manifestés d&#8217;abord dans les <strong>entreprises</strong>, puis ensuite dans le grand public, à l&#8217;époque - révolue - où les innovations informatiques passaient par ce chemin. Ce n&#8217;est plus vraiment le cas maintenant.
<li>Microsoft a créé et tiré partie de <strong>synergies </strong>dans son offre, surtout dans l&#8217;entreprise. Notamment entre le poste de travail et les serveurs. Synergies qui se sont manifestées par une intégration technique poussée, comme celle d&#8217;Internet Explorer dans Windows, à partir de Windows 98, et de Messenger dans Windows à partir d&#8217;XP. Intégration largement contestée et qui a valu quelques ennuis antitrust&#8230;
<li>Un développement <strong>international </strong>rapide. Ce fut le cas sur les OS, traduits dans les principales langues. Mais aussi des logiciels bureautiques. La capacité à sortir une version de Multiplan et Word (sous MS-DOS) en français bien avant les versions françaises de Lotus 123 et Wordperfect expliquent en grande partie le succès remporté très tôt par Microsoft France face à ses concurrents.
<li>Il n&#8217;y a <strong>pas eu de changements de paradigme </strong>marquants pouvant déstabiliser Microsoft. Ni l&#8217;open source ni le &#8220;Software as a service&#8221; ou le mode ASP n&#8217;ont bouleversé la donne pour ces produits qui sont quasiment tous du logiciel traditionnel, à l&#8217;exception notable de Hotmail. Tout au plus l&#8217;open source a-t-il ralenti la progression de Windows Server, mais pas son leadership sur le marché des serveurs. Idem pour Exchange. Et encore plus pour Office, pas encore véritablement gêné par OpenOffice, sauf dans certains segments du secteur public.
<li>Et évidemment, nombre de ces succès sont liés aux <strong>errements des concurrents</strong>, leaders du moment: on a déjà cité ceux de Lotus et Wordperfect. Il y a aussi Ashton Tate, le roi de la base de donnée (dans les années 1980) avec dBase III, qui s&#8217;est d&#8217;abord fait concurrencer par Borland avec Paradox, et a lamentablement raté le passage à l&#8217;interface graphique, pour disparaitre avec l&#8217;avènement d&#8217;Access. Rappelons aussi les errements de Novell qui a raté son passage à Unix dans les années 1990, avant d&#8217;y revenir avec Linux et le rachat de SuSE. Mais qui s&#8217;est aussi égaré en tâtant de la bureautique, dans le seul but apparent de gêner Microsoft. Et, on ne le rappellera jamais assez, en ignorant ou reléguant au second rôle pendant des années le protocole TCP/IP, incontournable pour exister à l&#8217;ère de l&#8217;Internet.</li>
</ul>
<p>Si nous prenons maintenant la bataille de la publicité en ligne et du search face à Google, aucune de ces différentes conditions n&#8217;est réunie ! Le marché est mature, même s&#8217;il présente encore de belles marges de croissance. Il n&#8217;y a pas de changement de paradigme en vue permettant à Microsoft de changer la donne face à Google. On est dans le grand public et pas dans l&#8217;entreprise. Et Google n&#8217;a pas commis d&#8217;erreurs jusqu&#8217;à présent ! Quand aux synergies, Microsoft les a tentées dans tous les sens, mais le monde ouvert de l&#8217;Internet les rend souvent caduques.</p>
<p><strong>Les succès</strong></p>
<p>Derrière ces grand succès, il y a des &#8220;succès&#8221;. De bons business pour Microsoft, souvent plusieurs milliards de dollars, mais une concurrence encore ouverte et une position pas garantie dans la durée (cliquez dessus pour le tableau, ou récupérez le <a href="http://www.oezratty.net/Files/Publications/Microsoft%20Scorecard.pdf">PDF complet</a>).</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image85.png"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="265" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb81.png" width="425" border="0"></a> </p>
<p>Comme pour les grands succès, MSN Messenger (maintenant Live Messenger) tout comme Hotmail ont bénéficié d&#8217;un investissement bien avant que l&#8217;équipement des ménages en accès Internet n&#8217;explose, au début des années 2000.</p>
<p>Avec les serveurs de base de données, les outils de développement, et le middleware en général,&nbsp; Microsoft a acquis lentement une position correcte sur le marché à force de persistance.</p>
<p>Persistance et stratégie de plate-forme que l&#8217;on retrouve dans la mobilité. Quand Microsoft s&#8217;est lancé il y a plus de dix ans dans cette bataille, personne n&#8217;aurait parié un kopeck sur Microsoft. Et aujourd&#8217;hui, ils ont à peu près 40% du marché des mobiles. Avec une recette qui ne fonctionnerait plus aujourd&#8217;hui: ils sont passés d&#8217;abord par l&#8217;entreprise, par la séduction de développeurs, de marchés verticaux, d&#8217;applications spécialisées, puis de fil en aiguille du marché en général. Marché qu&#8217;ils ont unifié face à Symbian - pas assez orienté &#8220;plate-forme&#8221; et à des acteurs dispersés. Mais la position reste instable. Linux/Android et iPhone veillent au grain&#8230; </p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf1854.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="288" alt="DSCF1854" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf1854-thumb.jpg" width="382" border="0"></a> </p>
<p>Autre facteurs communs aux &#8220;grands succès&#8221; et aux &#8220;succès&#8221; dans l&#8217;entreprise, c&#8217;est la force de l&#8217;approche écosystème de Microsoft. Leur politique d&#8217;évangélisation permanente des développeurs, informaticiens, SSII, éditeurs de logiciels, constructeurs et autres prestataires leur assure un effet de levier formidable. C&#8217;est la partie relativement invisible du grand public des investissements marketing de Microsoft. Mais oh combien stratégique. Les derniers TechDays qui se sont terminés aujourd&#8217;hui à Paris en étaient une démonstration de force (<em>ci-dessous, dans le grand auditorium du Palais des Congrès</em>): une offre serveur et développement richissime et un écosystème de partenaires toujours aussi dense. Et avec plus de 12000 visiteurs, cet événement est probablement devenu le premier salon-conférence de France en informatique!</p>
<p><strong>Les résultats mitigés</strong></p>
<p>Les résultats mitigés concernent des situations à chaque fois particulières, mais en creu par rapport aux facteurs de succès que nous venons de lister :</p>
<ul>
<li>Des catégories produit où Microsoft s&#8217;est lancé<strong> trop tard</strong>, face à des concurrents qu&#8217;il n&#8217;a pu racheter (Quicken) et qui ont résisté durablement aux assauts.
<li>L&#8217;arrivée sur des marchés existants avec des <strong>leaders établis</strong>, mais sans profiter ni générer de changement de paradigme notable (XBOX, serveurs Internet).
<li>Le cas des serveurs <strong>Internet </strong>et du développement de sites Internet est très intéressant car il dépasse le cadre de la technologie. L&#8217;espace de l&#8217;Internet a été dès le début celui de la culture Unix puis Linux. Avec des concepteurs jeunes, issus des universités, et peu versés dans les technologies Microsoft. Un monde ouvert et un monde de standards qui n&#8217;aimait pas Microsoft au départ et ne l&#8217;apprécie toujours pas. Cette situation, qui se traduit par le caractère de challenger de Windows Server face aux serveurs Unix (respectivement aux alentours de 25% et plus de 70% de parts de marché sur Internet). Et itou dans les technologies de développement où la quadrilogie LAMP complétée des Ajax et autres Ruby on Rails dépasse de loin les technologies .NET, même si ces dernières peuvent être technologiquement plus séduisantes.
<li>Dans l&#8217;Internet, nous avons aussi le <strong>portail MSN</strong>. Il s&#8217;en sort honorablement d&#8217;un point de vue du trafic : c&#8217;est l&#8217;un des sites à plus fort trafic au monde, qui n&#8217;est pas loin de Google. Premier défaut : la monétisation du trafic d&#8217;un portail (et des outils de communication comme Hotmail et Messenger) est moins bonne que celle d&#8217;un moteur de recherche. D&#8217;où le changement de priorité de Microsoft d&#8217;il y a quelques années, réorientant ses investissements sur le search. Second défaut : c&#8217;est probablement le business qui a bénéficié du plus grand apport en capital risque de toute l&#8217;histoire de l&#8217;Internet : plusieurs milliards de $. Apportés par le cash de Microsoft bien sûr. MSN a été profitable seulement sur quelques quarters ces dernières années. Le bilan financier sur ses 12 ans d&#8217;existence est donc nettement négatif. Donc, le rendement du capital investi est franchement médiocre - car pour l&#8217;instant négatif - et à côté, Yahoo est un super-top-gun financier !</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image371.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="164" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image37-thumb.png" width="380" border="0"></a> </p>
<p><strong>Les grands échecs</strong></p>
<p>Ils sont moins nombreux que les succès, et moins impactants en chiffre d&#8217;affaire perdu, mais ils sont bien retentissants. Et ne concernent pas que l&#8217;Internet. Quelles sont leurs caractéristiques?</p>
<ul>
<li>Le démarrage d&#8217;une nouvelle activité très différente des habitudes à partir <strong>d&#8217;acquisitions externes importantes</strong>. C&#8217;est le cas de l&#8217;activité &#8220;ERP pour PME&#8221; avec les acquisitions de Great Plains Software et Navision. Microsoft prévoyait de faire $10B à l&#8217;échéance 2010. Ils en sont loin. La vision trop technologique de ce marché, la difficulté à préserver sa base installée, ses réseaux de partenaires existants, puis les retards de nouvelles version ont compliqué la donne. Mais comme pour MSN, Microsoft sait être patient et poursuit dans l&#8217;effort.
<li>L&#8217;<strong>absence de changement de paradigme </strong>par rapport aux leaders établis. C&#8217;est le cas du search où Microsoft a déjà englouti des milliards de $ de R&amp;D et de datacenters. Mais comme les résultats des requêtes est ou moins bon, ou marginalement meilleur (dans la présentation), cela ne suffit pas pour changer la donne qui favorise Google. C&#8217;est la conséquence d&#8217;un investissement trop tourné vers le revenu (publicitaire) mais pas assez vers la création de valeur pour les utilisateurs. Surtout que dans le cas de l&#8217;Internet, on ne peut plus se battre sur les prix.
<li>Le <strong>ratage complet de changements de paradigmes</strong>, laissant de nouveaux leaders s&#8217;établir : c&#8217;est le cas de l&#8217;Internet avec la vidéo (YouTube), les réseaux sociaux (MySpace, Facebook), les blogs et évidemment le search (à l&#8217;époque, 1998-2000, où on croyait encore à la force des portails). Dans l&#8217;Internet, de nouveaux leaders se créent en un an et demi. C&#8217;est bien trop rapide face à une grosse entreprise dont la planification est devenue bien lourde. Ici, c&#8217;est la vitesse qui manque à la structure, devenue trop politique et trop lourde.
<li>Des produits qui arrivent <strong>une bataille en retard</strong>. C&#8217;est le cas de la première version de MSN, conçue pour concurrencer les systèmes propriétaires d&#8217;AOL et Compuserve, qui dominaient le marché des services en ligne avant l&#8217;avènement du web. Microsoft a donc initialisé vers 1992 les développements d&#8217;un service en ligne propriétaire. Lancé en septembre 1995, un mois après l&#8217;IPO de Netscape, il était &#8220;mort à l&#8217;arrivée&#8221; et je plains encore les équipes qui ont recruté des partenaires à cette époque là, partenaires qui se sont un peu faits grugés! Un an plus tard, MSN se mettait aux couleurs de l&#8217;HTML et du Web, et recommençait tout à zéro. En attendant, Yahoo avait pris de l&#8217;avance! Dans les batailles en retard, il y a aussi Silverlight face à Flash et Flex.
<li>Des produits qui <strong>arrivent trop tôt </strong>par rapport aux cycles du marché: c&#8217;est le cas de Bob, l&#8217;interface graphique pour les mamies, et de la télévision sur IP. Et ne parlons pas de Spot&#8230;
<li>Un <strong>écosystème récalcitrant</strong>: c&#8217;est le cas de Microsoft TV, devenu depuis Mediaroom. Le marché est verrouillé par les opérateurs télécoms. Et ces derniers ont une trouille monstre de voir Microsoft y débarquer et &#8220;PC izer&#8221; cette industrie, ou l&#8217;horizontaliser. Même si c&#8217;est ce qui va se passer à terme avec la commoditisation du trafic &#8220;IP&#8221; en fixe et mobile&#8230; C&#8217;est ce que fait Apple avec son Apple TV 2 qui passe par le canal IP &#8220;ouvert&#8221; pour récupérer les contenus sur Internet.
<li>Une stratégie <strong>internationale non homogène</strong>. Comme pour le Zune qui n&#8217;a pas été lancé hors des USA. OK, Microsoft voulait peut-être faire un test et limiter les dégâts en cas de pertes. Mais cela fait petit joueur, et destine irrémédiablement au statut de loser sur le marché de l&#8217;électronique de loisirs qui est mondial.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image87.png"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="301" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb83.png" width="368" border="0"></a> </p>
<p>Reminder: voici le Pointeur sur le <a href="http://www.oezratty.net/Files/Publications/Microsoft%20Scorecard.pdf ">tableau PDF complet</a>.</p>
<p>Il y a plein d&#8217;autres éléments que je n&#8217;ai évidemment pas abordés (faute de place et de temps&#8230;) au niveau de l&#8217;exécution (les produits eux-mêmes, leur marketing, leur vente) et de l&#8217;organisation des équipes.</p>
<p><strong>L&#8217;impact des acquisitions</strong></p>
<p>Quel a été l&#8217;impact des acquisitions de Microsoft dans la performance de ces business? Il a été très variable. Mais il ressort un point commun à ces différentes acquisitions : les petites ont plutôt bien fonctionné et ont donné généralement lieu à l&#8217;enrichissement technologique de produits majeurs (Windows, Windows Server, Exchange, SQL Server, MSN, l&#8217;offre dans la mobilité). Et les plus grosses ont donné des résultats plutôt médiocres: GreatPlains ($1,1B), Navision ($1,3B), WebTV ($425m), Visio ($1,5B). Les deux dernières acquisitions restant à &#8220;consommer&#8221; : aQuantive ($6B, la plus importante, avant Yahoo si elle a lieu) et Fast Search ($1,3B).</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image88.png"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="647" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb84.png" width="358" border="0"></a> </p>
<p>L&#8217;historique des acquisitions est bien touffu (cf le tableau ci-dessus qui ne démarre qu&#8217;en 1994). Il mériterait une analyse détaillée, qui n&#8217;existe pas encore. Le rythme des acquisitions était soutenu avant l&#8217;éclatement de la bulle Internet/technologies de 2000. Il s&#8217;est calmé ensuite pour reprendre de plus belle depuis 2005. Il s&#8217;est stabilisé à environ 25 entreprises par an. Le processus d&#8217;acquisition s&#8217;est consolidé et internationalisé. Rien qu&#8217;en deux années, Microsoft a ainsi acquis trois startups françaises (Motion Bridge, Screentonic et Musiwave). Alors qu&#8217;aucune startup française n&#8217;avait eu les faveurs de l&#8217;éditeur auparavant! Tout ceci est plutôt bon signe d&#8217;une capacité à &#8220;picorer&#8221; les idées, produits et talents intéressants à l&#8217;extérieur de l&#8217;entreprise et à en faire des innovations largement diffusées. Reste à le réussir sur Internet!</p>
<p>En tout cas, malgré le nombre, Microsoft n&#8217;égale pas la capacité de Cisco, le benchmark de l&#8217;industrie, dans sa capacité à intégrer avec succès des startups ou business de taille plus conséquente pour étoffer son catalogue.</p>
<p><strong>Et Yahoo dans tout cela ?</strong></p>
<p>Nous avons vu au début que nombre des facteurs de succès historique de Microsoft n&#8217;étaient pas au rendez-vous pour les activités Internet <em><strong>et</strong></em> pour cette acquisition. Et que les facteurs d&#8217;insuccès s&#8217;amoncelaient, sans compte