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	<title>Opinions Libres &#187; Management</title>
	<link>http://www.oezratty.net/wordpress</link>
	<description>Le blog d'Olivier Ezratty</description>
	<pubDate>Thu, 17 Jul 2008 21:00:25 +0000</pubDate>
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	<language>en</language>
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		<title>Nouvelle mouture du guide pour les entrepreneurs</title>
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		<pubDate>Fri, 02 May 2008 16:02:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Economie]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici une nouvelle édition très enrichie de ce guide sur &#8220;L&#8217;accompagnement des startups high-tech en France&#8221; qui a déjà deux ans maintenant (cf sa première publication sur ce blog). Guide qui permet aux entrepreneurs en herbe de se poser les bonnes questions pour préparer leur business plan et également de découvrir les ressources qui se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici une nouvelle édition très enrichie de ce guide sur &#8220;L&#8217;accompagnement des startups high-tech en France&#8221; qui a déjà deux ans maintenant (cf sa <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2006/aider-les-jeunes-entrepreneurs/">première publication</a> sur ce blog). Guide qui permet aux entrepreneurs en herbe de se poser les bonnes questions pour préparer leur business plan et également de découvrir les ressources qui se présentent à eux pour financer leur projet et se faire aider. Une grande partie de l&#8217;écosystème français de l&#8217;innovation y est présentée.</p>
<p>Cette nouvelle mouture intègre de nombreuses informations glanées lors de Capital Week déjà évoquées dans <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2008/partage-dexprience-capital-week/">un post précédent</a>. Essentiellement au sujet des processus de financement par des business angels et capitaux risqueurs.</p>
<p>Elle s&#8217;est aussi agrandie d&#8217;une dizaine de pages et est complétée d&#8217;un glossaire et d&#8217;un historique des révisions permettant de dorénavant mieux suivre ses évolutions.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Publications/Accompagnement%20des%20Startups%20en%20France%20May2008.pdf"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="384" alt="GuideEntrepreneursMai2008" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/guideentrepreneursmai2008.jpg" width="267" border="0"></a> </p>
<p>Pour la télécharger, allez <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/themes/Ezratty2/forcedownload.php?file=/Files/Publications/Accompagnement%20des%20Startups%20en%20France%20May2008.pdf">sur ce lien</a>, ou cliquez sur l&#8217;image ci-dessus.</p>
<p>Pour la suite, j&#8217;ai déjà quelques pistes d&#8217;améliorations :</p>
<ul>
<li>Dans quel ordre lancer les opérations de la création de sa société ? La question m&#8217;a été posée par de jeunes entrepreneurs.&nbsp;
<li>Mettre à jour les informations sur les aides publiques au fûr et à mesure de leur évolution (comme le dispositif EDEN qui va disparaître et être remplacé par des prêts de la CDC).
<li>Intégrer un tableau Excel commenté d&#8217;un plan de financement type avec les différents tours, la dillution, les BSA, etc.
<li>Idem pour un plan de cash flow.
<li>Intégrer des sources de formation disponibles pour les entrepreneurs.</li>
</ul>
<p>Si vous pouvez me signaler des sources d&#8217;information utiles à ces évolutions ou êtes un acteur oublié de l&#8217;écosystème de l&#8217;innovation , je suis preneur !&nbsp; Que vous soyez entrepreneurs en herbe, ou expérimenté ou bien investisseurs, ou bien prestaire dans l&#8217;écosystème de l&#8217;entrepreneuriat, vos commentaires sont les bienvenus ! Ils permettront à encore plus d&#8217;entrepreneurs, notamment jeunes, de se lancer !</p>
<p>Bonne lecture !</p>
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		<title>Back from the Silicon Valley 1</title>
		<link>http://www.oezratty.net/wordpress/2007/back-from-the-silicon-valley-1/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 Dec 2007 21:40:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Economie]]></category>

		<category><![CDATA[Enseignement supérieur]]></category>

		<category><![CDATA[Entreprenariat]]></category>

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		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis de retour de cet extraordinaire voyage d&#8217;étude organisé par Jérémy Fain. Il avait pour objectif de comprendre le fonctionnement de l&#8217;innovation dans la Silicon Valley et de nouer des rencontres. Pour les entrepreneurs du voyage, c&#8217;était aussi l&#8217;occasion de comprendre comment on s&#8217;implante aux USA. Nous étions une grosse vingtaine (la liste est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis de retour de cet extraordinaire voyage d&#8217;étude organisé par Jérémy Fain. Il avait pour objectif de comprendre le fonctionnement de l&#8217;innovation dans la Silicon Valley et de nouer des rencontres. Pour les entrepreneurs du voyage, c&#8217;était aussi l&#8217;occasion de comprendre comment on s&#8217;implante aux USA. Nous étions une grosse vingtaine (la liste <a href="http://techiteasy.org/study-trip-to-silicon-valley/">est ici</a>) avec un mélange de jeunes entrepreneurs, des consultants IT, un investisseur (Said Sebti de Ventech), un journaliste (Guy Hervier de <a href="http://www.itrmanager.com">ITR Manager</a>, qui publie un compte rendu détaillé de plusieurs de nos meetings, complétés par une semaine supplémentaire dans la Silicon Valley) et un jeune retraité bien dynamique (Alain Le Corvec, ancien PDG de Philips France).</p>
<p><strong>Les rencontres</strong></p>
<p>Nous avons eu droit à <a href="http://techiteasy.org/2007/11/29/in-silicon-valley-enjoying/">31 rendez-vous</a> pendant cette semaine! Un record, très speed, pas de temps morts! Avec un panachage complet rassemblant startups, grandes entreprises high-tech, investisseurs et sociétés de services aux startups et le plus grand bloggeur au monde, Robert Scobble. Le tout complété avec la DSI de la ville de San Francisco, l&#8217;université de Stanford et le SRI, un laboratoire de recherche appliquée privé et sans but lucratif, l&#8217;Atelier US, la Mission Economique française à San Francisco qui a bien aidé à la préparation du séjour et pour finir, la chambre de commerce franco-américaine. L&#8217;ensemble des personnes rencontrées comprenait un mix de français qui sont très nombreux dans la Silicon Valley (environ 35000), d&#8217;américains et d&#8217;étrangers travaillant dans les différentes structures visitées.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/silicon-valley.png"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="299" alt="silicon valley" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/silicon-valley-thumb.png" width="421" border="0"></a> </p>
<p>(<em>schéma </em><a href="http://www.oezratty.net/Files/Publications/EcosystemSVVisits.pdf"><em>téléchargeable en PDF</em></a>)</p>
<p>Nos rencontres eurent lieu dans les quatre coins de la Silicon Valley: du nord à San Francisco, au sud-est, à San José. En passant par San Mateo, Palo Alto, Mountain View et San Jose. Pour aller d&#8217;un bout à l&#8217;autre de la Silicon Valley, il faut compter entre une heure et demi et plus de deux heures de voiture selon le moment de la journée. La 101 qui irrigue en 4&#215;4 la Silicon Valley est l&#8217;équivalent de notre nationale 118&#8230;</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image35.png"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="359" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb33.png" width="415" border="0"></a> </p>
<p><strong>Innovations du voyage</strong></p>
<p>Le voyage lui-même était une innovation! Il était préparé par un jeune de 24 ans (Jérémy vient de finir un stage chez Microsoft France après des études à HEC et Centrale). C&#8217;était l&#8217;un de mes élèves à Centrale Paris l&#8217;année dernière. Jérémy a fait appel à son réseau personnel, déjà bien dense, et aux réseaux sociaux. LinkedIn, Facebook et Twitter (pour le rendez-vous avec Robert Scobble) ont tous été mis à contribution pour solliciter les entreprises visitées: le CEO de Twitter, le VP Research de SAP, le CIO de la ville de San Francisco.<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0545.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin: 10px 0px 10px 20px; border-right-width: 0px" height="244" alt="DSCF0545" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0545-thumb.jpg" width="184" align="right" border="0"></a></p>
<p>Autre innovation, le côté très informel de la plupart des rendez-vous. Avec un dialogue très libre. Nous avons pu véritablement respirer l&#8217;air des startups comme des grands groupes.</p>
<p>Enfin, pendant les trajets de bus entre les rendez-vous, Jérémy jouait le rôle de journaliste en posant questions après questions à tous les participants du voyage (<em>à droite, Olivier Marx interrogé par Jérémy</em>). Une excellente formule permettant d&#8217;animer tous les temps morts et de créer un véritable esprit d&#8217;équipe. </p>
<p>Vous allez dire: je veux la même chose, tout de suite. Too bad, Jérémy n&#8217;a pas prévu de devenir organisateur de voyages. Mais vous pouvez contacter la Mission Economique à San Francisco (<a href="mailto:aymeril.hoang@missioneco.org">aymeril.hoang (at) missioneco.org</a>) qui saura vous orienter.</p>
<p><strong>Facteurs de succès de la Silicon Valley</strong></p>
<p>On est évidemment impressionné par le dynamisme de la Silicon Valley. Elle est entièrement tournée vers l&#8217;innovation, ce moteur incontournable de la croissance. Et la région ne vit quasiment que de cela. Avec trois secteurs d&#8217;activités: la high-tech, les bio-techs, et le nouvel eldorado des clean-techs. L&#8217;environnement est à la fois concentré (tout au même endroit) et très dense (masse critique qui facilite les rencontres et le business). C&#8217;est en gros un pôle de compétitivité, un vrai, et à l&#8217;échelle d&#8217;un département: la Silicon Valley fait 100 km de long sur 10 de large. Le tout dans un état dont le PNB est à peu près celui de la France.</p>
<p>Mais il ne s&#8217;agit pas de rester béat. Il faut comprendre le système. La concurrence mondiale est rude. Tous les pays visitent et observent la Silicon Valley. De nombreux pays comme Israël, Singapour et plus récemment les pays Baltes en ont imité les principaux facteurs de succès. Sans compter l&#8217;Inde et la Chine qui avancent à grand pas. La France a fort a faire pour enclencher la même démarche, on le verra plus loin. Mais il faut poursuivre cet effort.</p>
<p>Vue de haut, la Silicon Valley est construite sur une culture tournée vers l&#8217;innovation et sur deux cercles vertueux clés, l&#8217;un sur la circulation des talents et l&#8217;autre sur celle de l&#8217;argent:</p>
<ul>
<li>Une <strong>culture et un environnement </strong>favorables à l&#8217;innovation </li>
</ul>
<p>Beaucoup de facteurs de succès de la Silicon Valley sont liés à la culture américaine, et plus particulier à celle de l&#8217;ouest. </p>
<p>Une culture pour qui <u>l&#8217;argent</u> n&#8217;est pas tabou, mais une commodité. Tout s&#8217;achète et se vend. Tout se sous-traite ou s&#8217;externalise pour permettre à l&#8217;entrepreneur de se concentrer sur son business. Et il n&#8217;y a pas d&#8217;émotionnel dans les affaires. Un prix est un prix, on ne négocie pas comme dans les pays du sud, France comprise! (<em>Freddy Mini, NetVibes</em>).</p>
<p>C&#8217;est aussi une culture qui valorise le <u>risque</u> et même l&#8217;<u>échec</u>. C&#8217;est le culte du verre à moitié plein: l&#8217;échec permet d&#8217;apprendre et de mieux faire. On est dans un environnement où l&#8217;on peut se refaire facilement. L&#8217;enseignement supérieur pousse les étudiants à plus de multidisciplinarité. A côté d&#8217;un domaine clé, ils devront étudier un ou deux champs complémentaires dans les sciences humaines, le droit ou les langues. A Stanford, ils doivent mener des projets avec des élèves aux parcours différents. Cela favorise les rencontres et le lancement de projets. Le rêve des étudiants est de monter une startup, pas d&#8217;aller dans les grands groupes. Même si une majorité s&#8217;y retrouve tout de même. Un créateur de startup peut se relancer s&#8217;il échoue car il pourra valoriser ses leçons. Mais il faut assumer les échecs, pas les reporter sur d&#8217;autres ou les circonstances. &#8220;<em>You are not in the excuse business</em>&#8221; comme me disait Eric Tran-Le, mon premier manager chez Microsoft, qui venait de chez HP. Exemples: les créateurs de Box.net ou de Twitter avaient échoué dans leur précédent projet. Aussi curieux que cela puisse paraître, la culture locale est emprunte d&#8217;une grande honnêteté dans la conduite des affaires, même si elle est matinée de méthode coué et de faux semblants (assimilable à du &#8220;bullshit&#8221;, tels ces VCs qui disent &#8220;c&#8217;est intéressant&#8221; après avoir entendu votre présentation de projet, pour signifier&#8230; que ce n&#8217;est pas intéressant pour eux, ou le bullshit que l&#8217;on entend plus souvent dans les grandes entreprises visitées). La loi en général et la loi des affaires en particulier sont faites pour être observées et pas pour être contournées comme en France (où le mauvais exemple venait même de très haut&#8230;). Le respect, ce sont aussi des conditions de paiement favorables aux PME: deux semaines maximum. Pratique pour ne pas avoir de problèmes de cash-flow! Et on ne transige pas là-dessus. On n&#8217;a pas besoin de tricher pour avancer. Le tricheur est vite repéré et sa réputation détruite (<em>selon Jean-Louis Gassée</em>).</p>
<p>La culture américaine génère une <u>confiance en soi</u> dès le plus jeune âge, qui fait que les américains ont un talent apparemment inné pour communiquer, présenter et se valoriser. Cette culture est aussi emprunte de pragmatisme. On le retrouve dans la capacité à faire du marketing et à comprendre les besoins des clients. En France, on commence son histoire avec une abstraction et puis on donne des exemples. Aux USA, c&#8217;est le contraire: on donne un exemple concret et puis on généralise. Cette forme de discours est plus efficace pour vendre (<em>selon Marylène Delbourg-Delphis</em>). Curieusement, on nous a dit qu&#8217;il fallait être à la fois une forte tête, mais savoir rester humble et mettre son égo au placard (surtout pour les français qui ont tendance à la ramener). Chez certains, cela peut devenir un équilibre délicat.</p>
<p>Un autre aspect culturel intéressant est la <u>relation au temps</u>. Là-bas, tout va très vite. On doit apprendre à présenter rapidement son projet: trois slides maximum pour Jean-Louis Gassée. Après on discute si le projet intéresse son interlocuteur. Et on ne perd pas du temps à négocier tant avec ses financiers qu&#8217;avec ses clients ou fournisseurs, les cycles de vente sont plus rapides. Et on privilégie simultanément la vitesse et la qualité d&#8217;exécution. En un mot, l&#8217;efficacité. Les journées dans la Silicon Valley peuvent ainsi être deux fois plus efficaces qu&#8217;à Paris (<em>pour Jérôme Lecat de Bizanga</em>).</p>
<p>Un dernier élément à signaler où la Silicon Valley ne se distingue cette fois-ci pas de la France : le monde des startups est très masculin. Il faut aller chercher du côté des agences de communication et de relations presse pour croiser la gente féminine. Certains ont un truc pour organiser des soirées: faire appel à ces agences! Mais ce n&#8217;est pas en priorité pour recruter des développeurs&#8230; :(.</p>
<p>Enfin, il ne faut pas confondre la Silicon Valley avec le reste des USA. La concentration de richesse, d&#8217;investissements, de talents et d&#8217;innovations n&#8217;a pas d&#8217;équivalent aux USA, même dans la région de Boston. Au point qu&#8217;il existe une forte migration intérieure aux USA vers la Silicon Valley. MySpace a migré de Los Angeles dans la Vallée. Idem pour FeedBurner en provenance de Chicago. Cela concerne même les sans logis, très nombreux dans les rues de San Francisco, attirés il y a quelques années par la meilleure protection sociale décidée par le prédécesseur démocrate d&#8217;Arnold Schwarzeneger(et supprimée depuis). Les gens de l&#8217;Est des USA sont (tout du moins&#8230; seraient) moins ouverts, moins aptes à prendre des risques, et plus rigides sur l&#8217;origine (formation, etc). Mais ils pipoteraint moins. En un mot, ils sont plus européens.</p>
<ul>
<li>La <strong>circulation des talents et des idées</strong> </li>
</ul>
<p>Celle-ci est optimisée de l&#8217;université aux startups et aux grands groupes. Elle commence par un recrutement élitiste mais plus égalitaire qu&#8217;il n&#8217;y parait. Stanford a près de la moitié d&#8217;étudiants étrangers, les meilleurs du monde. Les étudiants américains peuvent accéder aux études qui sont très chères. En effet, les frais de scolarité de $38K minimum à Stanford sont tout ou partie couverts par des bourses et réductions en fonction du revenu des parents. Gratuits pour les familles qui gagnent moins de $35K par an, et en augmentation progressive ensuite. Les étudiants travaillent éventuellement et complètent leur financement par des prêts. En France, on parlerait de risque. Ici, on parle d&#8217;investissement pour le futur.</p>
<p>Les talents circulent facilement ensuite dans les entreprises. Tout d&#8217;abord, parce que le marché du travail est extrèmement flexible. Pas ou peu de contrat de travail. Un donnant donnant bénéfique pour tous, et pas seulement pour les employeurs. La protection sociale est meilleure dans les grands groupes que dans les startups. Il s&#8217;est développé une grande économie de services divers et d&#8217;intérim autour de la Silicon Valley. Avec un taux de chômage très bas, sauf en période très difficile comme après l&#8217;éclatement de la bulle high-tech en 2000. Comme le risque est accepté, cela ne pose pas de problèmes. En fait, le problème dans la Silicon Valley est inverse: la difficulté à trouver des talents. Les entreprises se les arrachent et il est très dur de recruter. Même des étrangers car les visas et cartes de séjour sont très limités, malgré le lobbying à Washington des Gates, Ellison et autres McNeally. Résultat, les entreprises outsourcent beaucoup à l&#8217;étranger. Il ne s&#8217;agit pas de délocalisations car ils ne transfèrent pas à l&#8217;étranger des activités réalisées localement. S&#8217;ils pouvaient développer avec des ressources locales, ils le feraient car c&#8217;est plus pratique et efficace. Le versant du décor est que les entreprises éliminent rapidement leurs éléments les moins bons. Où vont-ils donc? Mystère. En fait, plutôt dans les grandes entreprises ou dans des industries moins exigeantes que la high-tech.</p>
<p>Les talents savent aussi s&#8217;adapter. Petite anecdote qui date d&#8217;octobre 2003. Je pars de San Francisco pour Seattle. A l&#8217;aéroport, je passe le contrôle de sécurité et l&#8217;agent identifie la petite étiquette de Microsoft derrière mon laptop qui vient de passer aux rayons (j&#8217;étais à l&#8217;époque Directeur de la Division en charge des relations développeurs chez Microsoft France, que j&#8217;ai quitté en 2005). Il me demande d&#8217;emblée: &#8220;Faut-il choisir .NET ou Java? Que pensez-vous de Visual Studio?&#8221;. J&#8217;en suis bouche bée. S&#8217;en suit une petite discussion intéressante et lui demande d&#8217;où il vient. C&#8217;était un développeur qui avait perdu son emploi dans une SSII locale après l&#8217;explosion de la bulle. Il voulait se former aux nouvelles technologies pour se préparer à reprendre du service dans la hightech une fois la bulle passée. Un bel exemple d&#8217;adaptation! Même si on tombe, on sait que l&#8217;on peut rebondir. </p>
<p>La flexibilité au travail se retrouve même dans les tables des bureaux et des salles de réunion! Elles sont presque partout à roulettes (ci-dessous au SRI, à Stanford, chez OQO et NetVibes), histoire de favoriser l&#8217;adaptation des locaux aux embauches, à la croissance et aux réorganisations:</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0352.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="161" alt="DSCF0352" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0352-thumb.jpg" width="213" border="0"></a> <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0420.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="162" alt="DSCF0420" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0420-thumb.jpg" width="214" border="0"></a></p>
<p>&nbsp;<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0211.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="143" alt="DSCF0211" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0211-thumb.jpg" width="244" border="0"></a> <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0318.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="144" alt="DSCF0318" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0318-thumb.jpg" width="191" border="0"></a></p>
<p>Les idées circulent également très bien. La recherche fondamentale des universités est reliée aux entreprises par de la recherche appliquée, comme ce qui se fait dans le SRI, un étonnant réservoir de chercheurs payés qui récupèrent 25% des royalties de la propriété intellectuelle générée, tout comme dans de nombreux laboratoires financés par le gouvernement fédéral (Lawrence Livermore, Ames de la NASA à Mountain View, le LBNL de Berkeley). La concentration des talents fait que dans n&#8217;importe quel café ou restaurant on peut faire des rencontres utiles, échanger des idées. La culture locale est très transparente de ce point de vue là, même si les uns et les autres prennent des précautions d&#8217;usage pour protéger leurs éventuels secrets industriels.</p>
<ul>
<li>La <strong>circulation de l&#8217;argent </strong>et son recyclage qui va toujours dans le sens de l&#8217;investissement autour de l&#8217;innovation.</li>
</ul>
<p>L&#8217;argent est une commodité qui circule bien et surtout qui se recycle d&#8217;une excellente manière dans la Silicon Valley. Cela ne veut pas dire qu&#8217;il suffit de se baisser pour ramasser de l&#8217;argent pour créer sa startup. Mais c&#8217;est plus facile qu&#8217;en France.</p>
<p>Le cercle vertueux y est incroyablement efficace et a démarré il y a plus d&#8217;un siècle: c&#8217;est d&#8217;abord l&#8217;université de Stanford qui a été fondée et financée par Leland Stanford, un magnat des transports devenu gouverneur de Californie au 19eme siècle. On passe quelques décennies et les startups qui sont devenues grandes ont généré leur lot d&#8217;entrepreneurs et cadres supérieurs riches qui sont devenus à leur tour investisseurs, souvent business angels. Leur connaissance des circuits de l&#8217;innovation les fait apprécier ces investissements, certes risqués, mais à fort retour. Les plus riches d&#8217;entre eux financent l&#8217;enseignement supérieur et la recherche de différentes manières: création d&#8217;un laboratoire (pour Bill Gates et quelques autres), dons aux fonds d&#8217;investissement des grandes universités (les endowments) qui servent à financer le fonctionnement des universités et à l&#8217;attribution de bourses. Cet esprit communautaire très américain entraine les plus riches à recycler leur argent dans l&#8217;économie et pour le bien public. Chose qui est sommes toutes assez rare en France. Combien de milliardaires y ont investit dans les universités, les grandes écoles ou les laboratoires de recherche ? Les fonds de pension sont également impliqués. Depuis les années 1980, ils peuvent investir dans les fonds des capitaux risqueurs. Vu de la France, c&#8217;est de la spéculation, ici, c&#8217;est un moyen de plus de générer de l&#8217;innovation. Toute l&#8217;économie est ainsi tournée vers l&#8217;innovation.</p>
<p>Le schéma ci-dessous résume tous ces éléments qui expliquent le succès de la Silicon Valley. Il est <a title="PDF sur l'&eacute;cosyst&egrave;me de la Silicon Valley" href="http://www.oezratty.net/Files/Publications/EcosystemSV.pdf">téléchargeable</a> en version PDF imprimable.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/ecosystem-sv.png"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="289" alt="Ecosystem SV" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/ecosystem-sv-thumb.png" width="407" border="0"></a> </p>
<p>Vous trouverez également des articles très intéressants sur notre voyage dans ITR Manager, et notamment une <a href="http://www.itrmanager.com/articles/71688/jean-philippe-chiarella-president-sun-microsystems-france-br-sv-doit-pas-faire-oublier-chine-inde.html">interview</a> du PDG de Sun France. Il y a aussi le compte rendu en <a href="http://billaut.typepad.com/jm/2007/11/les-franais-p-7.html">sept parties</a> d&#8217;un autre voyage simultané au même endroit de Jean-Michel Billaut rencontré deux fois cette semaine là!</p>
<p><strong>Quelques surprises</strong></p>
<p><u>Première surprise</u>: la rencontre avec le CIO et le CTO de la Mairie de San Francisco. Une ville qui a une réputation de modernité et d&#8217;avant-gardisme. Notamment parce qu&#8217;elle avait lancé en 2004 un programme d&#8217;équipement wifi gratuit de la ville. Le projet n&#8217;a pas aboutit, lâché par les opérateurs télécoms (dont le CEO d&#8217;Earthlink mort d&#8217;un cancer au début de l&#8217;année), n&#8217;ayant pas trouvé les financements pour l&#8217;installation des infrastructures. Mais le projet a curieusement servi de modèle pour plein d&#8217;autres villes. C&#8217;est un peu comme le choix de Linux et OpenOffice à la Mairie de Munich. Et la Ville de Paris entretiendrait d&#8217;excellentes relations avec celle de San Francisco, au point qu&#8217;il serait prévu qu&#8217;un datacenter de backup soit installé à Paris pour San Francisco et réciproquement. La ville de San Francisco a néanmoins commis une véritable performance en fusionnant tous ses centres d&#8217;appel en un centre unique capable de supporter 175 langues différentes. Le tout dans une ville avec des jeunes et des retraités, en moyenne riches ($100K / an) et sans enfants.</p>
<p><u>Seconde surprise</u>, la participation à une soirée du Churchill Club, une association typique de la Silicon Valley qui réunissait quelques centaines d&#8217;investisseurs et entreprises locales. Avec une table ronde second degré animée par Walt Mossberg, célèbre journaliste faisant la pluie et le beau temps dans la high-tech au Wall Street Journal. Et avec la participation de Marissa Meyer, VP Google de la R&amp;D, présentant dans une flopée de gadgets le dernier player TV wifi d&#8217;Archos et le lapin de Nabaztag (<em>photos ci-dessous</em>). Deux boites françaises valorisées&#8230; mais le fait qu&#8217;elles soient françaises n&#8217;est pas mentionné.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0503.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="184" alt="DSCF0503" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0503-thumb.jpg" width="244" border="0"></a> <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0493.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="184" alt="DSCF0493" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0493-thumb.jpg" width="244" border="0"></a> </p>
<p><u>Troisième surprise</u>, la découverte de l&#8217;entrée de la startup Twitter qui rappelle le garage (Twitter). La société ne fait que 10 personne, mais quel boucan sur le marché pour ce petit effectif!</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0434.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="291" alt="DSCF0434" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0434-thumb.jpg" width="387" border="0"></a> </p>
<p><u>Quatrième surprise</u>, toujours chez Twitter, un white board qui n&#8217;a pas changé depuis la création de la boite et qui illustre le brainstorming ayant généré la création du nom de la société (<em>ci-dessous, présenté par Jack Dorsey, leur CEO</em>). On s&#8217;efface pas les mythes fondateurs dans la Silicon Valley!</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0452.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="292" alt="DSCF0452" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0452-thumb.jpg" width="388" border="0"></a>&nbsp;</p>
<p><u>Cinquième surprise</u>: notre chauffeur de bus avait aussi créé sa startup! Une sorte de mall virtuel accueillant gratuitement des boutiques virtuelles, et rémunéré sur le chiffre d&#8217;affaire généré. Une bonne illustration de l&#8217;esprit d&#8217;entreprenariat de la région!</p>
<p><strong>Esprit pratique</strong></p>
<p>Poursuivons les visites avec quelques originalités rencontrées de ci de là. Tout d&#8217;abord ce bien large tableau blanc rétro-éclairé par la lumière extérieure (<em>dans les locaux de NetVibes, ci-dessous</em>). Très original pour favoriser le brainstorming et valoriser les idées générées.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0237.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="219" alt="DSCF0237" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0237-thumb.jpg" width="392" border="0"></a> </p>
<p>Chez Box.Net, les locaux ont servi quelques temps à loger les collaborateurs de l&#8217;entreprise. Dans la salle de réunion où nous étions, une machine à laver le linge était même en train de tourner. Depuis quelques temps, les gars logent chez eux. L&#8217;esprit startup consiste à se débrouiller comme on peut au début! Mais avec une vie de famille plutôt limitée! C&#8217;est l&#8217;un des rares revers de la médaille dans les startups, avec l&#8217;alimentation bien trop grasse, glucidique et abondante.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0330.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="296" alt="DSCF0330" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0330-thumb.jpg" width="393" border="0"></a> </p>
<p>Toute startup digne de ce nom a une cuisine et un garde manger bien rempli comme ici chez Xobni (éditeur d&#8217;add-on pour logiciels de messagerie) :</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0507.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="300" alt="DSCF0507" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0507-thumb.jpg" width="398" border="0"></a> </p>
<p>Lorsque la startup grandit, le cadre de vie s&#8217;améliore. C&#8217;était ainsi le cas chez OQO, un fabricant d&#8217;UMPC (Ultra Mobile PCs) qui emploie déjà une centaine de personnes dans des bureaux installés dans un énorme loft du sud de San Francisco (<em>ci-dessous</em>).</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0201.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="301" alt="DSCF0201" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0201-thumb.jpg" width="400" border="0"></a> </p>
<p>La société française Néocase est établie en face de San Francisco de l&#8217;autre côté de la baie, à Emeryville. Voici la vue des fenêtres de bureau dans une tour&#8230; (le pont d&#8217;Oakland):</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0460.jpg"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="305" alt="DSCF0460" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/dscf0460-thumb.jpg" width="405" border="0"></a> </p>
<p><strong>Y aller ou pas?</strong></p>
<p>Tour à tour, Jean-Louis Gassée, Vincent Worms, Jeff Clavier, François Laugier, Marylène Delbourg-Delphis ainsi que les français des startups rencontrés nous ont expliqué comment s&#8217;installer et les erreurs à ne pas commettre. Les startups françaises du voyage pouvaient alors être facilement tentées d&#8217;aller s&#8217;installer dans la vallée. Même si ce n&#8217;est pas si facile que cela, le business y semble plus facile à démarrer. Les autres participants se disaient qu&#8217;ils allaient rester en France et que cela serait difficile. Mais que les choses peuvent s&#8217;améliorer.</p>
<p>Pour ma part, je fais le constat réaliste des difficultés de notre pays mais pense qu&#8217;il est possible de le transformer pour réussir dans la compétition mondiale. Je comprends mieux le sens parfois déroutant de la politique initialisée par Sarkozy : décomplexion par rapport à l&#8217;argent ou l&#8217;insistance lourde sur la valeur du travail. J&#8217;analyserai les opportunités de changement dans un prochain post. Nous verrons notamment que certains principes de la Silicon Valley pourraient s&#8217;appliquer à des industries plus traditionnelles en France comme l&#8217;agro-alimentaire ou le tourisme.</p>
<p>Mais avant, il nous faudra aborder les tendances marché et technologiques discutées pendant le voyage: web 2.0, enterprise software, convergence numérique et clean-tech.</p>
<p>Donc, affaire à suivre&#8230;</p>
<p><em>Article modifié le 4 décembre 2007.</em></p>
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		<title>Ab&#233;c&#233;daire des conflits sociaux</title>
		<link>http://www.oezratty.net/wordpress/2007/abcdaire-des-conflits-sociaux/</link>
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		<pubDate>Sat, 24 Nov 2007 10:46:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<category><![CDATA[Economie]]></category>

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		<description><![CDATA[Je sors un peu de la ligne éditoriale de ce blog en traitant de l&#8217;actualité sociale.
Dans la ligne de &#8220;l&#8217;ABCédaire mal pensant&#8221; de JFK (pas le Président, le journaliste chauve qui ne s&#8217;est pas trop foulé dans cette livraison), voici donc un tout petit ABCédaire des conflits en cours et quelques avis sur la question. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je sors un peu de la ligne éditoriale de ce blog en traitant de l&#8217;actualité sociale.</p>
<p>Dans la ligne de &#8220;l&#8217;ABCédaire mal pensant&#8221; de JFK (pas le Président, le journaliste<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/livre-jfk3.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; padding: 15px 0px 10px 15px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="244" alt="Livre JFK" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/livre-jfk3-thumb.jpg" width="145" align="right" border="0"></a> chauve qui ne s&#8217;est pas trop foulé dans cette livraison), voici donc un tout petit ABCédaire des conflits en cours et quelques avis sur la question. Surtout, pour mettre en évidence le sens dévié donné à des termes courants de la vie économie. C&#8217;est la compilation de petites notes prises ces dernières semaines.</p>
<p>Et en plus, c&#8217;est gratuit&#8230;</p>
<p><strong>Chirac</strong></p>
<p>Jacques Chirac l&#8217;a échappé belle pour l&#8217;instant. En effet, la justice vient de le mettre en examen pour semble-t-il, le moindre des méfaits dont il est à l&#8217;origine. Les autres - fort nombreux - sont bien cachés&#8230; dans les dossiers du Tribunal de Nanterre qui consolide les affaires Chirac. A moins que tout ce qui se raconte dans les &#8220;milieux renseignés&#8221; ne soit que pure affabulation. Mais dans quelques temps, par exemple, l&#8217;appartement &#8220;prêté&#8221; par la famille Hariri représentera un cadeau en nature aussi important que les vacances de Sarkozy aux USA ou sa ballade dans le yacht de Bolloré. Mais bon, ça ferait vraiment désordre de déballer tout ce linge vraiment très sale. La situation de Chirac me rappelle un peu celle du héros du film Matchpoint de Woody Allen&#8230; il risque très gros, mais pourrait en réchapper complètement par miracle.</p>
<p>La mise en examen de Jacques Chirac fait penser à une vengeance froide de Sarkozy, mais les procédures judiciaires avaient démarré il y a bien fort longtemps. C&#8217;est le retour à la vie civile de Chirac qui a permis que la justice reprenne son chemin normal. D&#8217;un côté, cela fait désordre de voir ainsi le premier ancien Président de la République mis en examen. Mais de l&#8217;autre, cela montre que tous les citoyens sont justiciables sans exception. Il reste à voir comment va se terminer cette histoire.</p>
<p>Rien à voir avec les conflits sociaux, mais il est premier dans l&#8217;ordre alphabétique.</p>
<p><strong>Chômage</strong></p>
<p><em>&#8220;Si on part plus tard en retraite, cela va augmenter le chômage&#8221; &#8230; </em>entendu chez les protecteurs des régimes spéciaux, voire dans la fonction publique. C&#8217;est peut-être vrai dans le privé mais il en va autrement dans le secteur public. En effet, comme ce sont les impôts qui payent les salaires, il vaut mieux payer des gens qui produisent du travail que des retraités. Cela augmente le travail fourni par euro d&#8217;impôts payés. Comme on sait que la pression fiscale est trop lourde en France pour son économie, comparativement à plein d&#8217;autres pays, faire travailler plus longtemps les régimes spéciaux (c&#8217;est-à-dire, au moins comme dans le privé) ne peut qu&#8217;avoir un effet bénéfique pour l&#8217;économie. Seul inconvénient mais de taille: cela réduit la capacité à équilibrer par les jeunes la pyramide des âges dans le public. La moyenne d&#8217;âge des travailleurs dans le public est d&#8217;environ 10 années de plus que dans le privé! Et cela risque d&#8217;empirer avec tous ces retraités qui ne seront pas remplacés. En même temps, si cela renforce les talents dans le privé, pourquoi pas.</p>
<p>Mais le transfert des emplois du public vers la production de richesses dans le privé ne peut pas se faire brutalement. Les compétences doivent évoluer, tout comme les mentalités. Et cela peut prendre quelques décennies, à supposer que le mouvement soit réellement enclenché. D&#8217;où l&#8217;intérêt de procéder plutôt par le non remplacement des agents du public qui partent à la retraite plutôt que de supprimer directement des emplois.</p>
<p><strong>Communication</strong></p>
<p>Par les temps de crise et de revendications qui courent, on entend dire tout et son contraire et les débats sont rarement rationnels. Et surtout, il est très difficile de se faire une idée juste des données du problème. Le conflit des régimes spéciaux en est un bon exemple. Les parties s&#8217;envoient argument et contre-arguments, et personne n&#8217;a expliqué posément la donne en la vulgarisant avec des données impartiales.</p>
<p>Les grands médias se gargarisent plus des soubresauts des grèves et des négociations que du fond.&nbsp; Le gouvernement fait de son côté preuve d&#8217;un manque incompréhensible de pédagogie. Où est expliquée au quidam la réforme des régimes spéciaux? Sur le <a href="http://www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/social/793.html">site du Ministère du Travail</a>, pas un document de visible en home page qui l&#8217;explique! Et on dispose d&#8217;un bien maigrichonne page sur le <a href="http://www.premier-ministre.gouv.fr/chantiers/retraites_867/">site du Premier Ministre</a>. Quand au site de l&#8217;UMP, censé défendre la politique du gouvernement, il se contente en page&nbsp; d&#8217;accueil d&#8217;appeler à la signature d&#8217;une pétition pour réformer la France, sans force détails ni argumentaires. Même chose sur le site de la Justice et sur celui de l&#8217;Enseignement Supérieur. Incroyable! Est-ce la fin de la communication écrite? Où sont passés les communicants? Que fait le service d&#8217;information du gouvernement? Qui va vulgariser l&#8217;équilibre économique des régimes de retraite et détailler le coût des régimes spéciaux par rapport à celui du régime général? Qui peut expliquer les réformes de l&#8217;université, de la justice? Les Ministères pourraient tout de même se donner la peine d&#8217;écrire des &#8220;livres blancs&#8221; pour faire le marketing de leurs réformes!</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image30.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="295" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb28.png" width="433" border="0"></a> </p>
<p>Le seul endroit sur le web où l&#8217;on peut en savoir plus sur toutes ces réformes qui génèrent tant d&#8217;opposition, c&#8217;est le site de l&#8217;Assemblée Nationale qui expose les projets de loi, d&#8217;amendements, et les discussions des commissions. Mais sans le travail de vulgarisation permettant à ces informations de toucher un public large. Et s&#8217;il s&#8217;agit bien de lois, car pour les régimes spéciaux de retraite, si <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/cra/2007-2008/003.asp#p25_234">l&#8217;assemblée en parle</a>, il ne s&#8217;agit pas de loi mais de décrets pas encore publics. Le Ministre du travail Xavier Bertrand nous renvoie dans ses interventions, tout comme les syndicats, au <a href="http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-723.pdf">rapport du Conseil d&#8217;orientation des retraites</a> datant de janvier 2007. Soient 211 pages à se farcir pour comprendre la situation! Et encore.</p>
<p>On peut se demander si la communication du gouvernement est une forme d&#8217;incompétence ou bien un exercice de machiavélisme. C&#8217;est peut-être les deux à la fois, le dernier étant à l&#8217;Elysée, et la première dans les Ministères. Cela relève aussi d&#8217;une incapacité à exécuter rapidement. L&#8217;Elysée bouscule le rythme sérieusement au niveau des Ministères et de leurs administrations centrales qui ne sont pas forcément habituées à une telle vitesse d&#8217;exécution.</p>
<p>En matière de communication, c&#8217;est aussi et surtout dans des symboles douteux - à rebrousse poil de l&#8217;opinion - que le pouvoir surprend le plus. La loi TEPA qui coûte 15 milliards alors qu&#8217;il y a 40 milliards de déficit budgétaire, l&#8217;augmentation du Président (qui aurait pu être mieux expliquée car il semble qu&#8217;il prenne maintenant en charges des frais qui ne l&#8217;étaient pas auparavant&#8230; mais combien au juste?), le yacht à Malte, le Fouquet&#8217;s, les vacances aux USA. Bon, au moins, notre Président est effectivement transparent. Ce que d&#8217;autres cachaient par honte, il le montre par vantardise ou je ne sais quelle volonté de décomplexion. Il équilibre cela avec une mise en route rapide des nombreux chantiers qu&#8217;ils avait promis pendant la campagne électorale. Mais ceci ne justifie pas cela.</p>
<p><strong>Cotisations</strong></p>
<p>Selon un tract de grévistes de la SNCF ramassé dans un TGV récemment &#8220;<em>les cotisations sociales des régimes spéciaux financent les bénéfices complémentaires</em>&#8220;. Le régime général cotise 6,75% de part salariale et 9,9% de part patronale, soit un total de 16,65%. Alors que le régime des cheminots cotise 7,85% de part salariale et 33,94% de part patronale, soit un total de 41,79%. Et les syndicats de faire un total de cotisations vieillesse de 159 840 € sur 40 ans dans le régime général et de 376 110 € pour 37,5 ans de régime spécial. Oui mais&#8230; les cotisations, comme les salaires, sont payés par les usagers! </p>
<p>Malgré ces cotisations, la SNCF affiche un <a href="http://www.entreprise-sncf.com/mieux_nous/RA2006/SNCF-RF-2006.pdf">bilan financier honorable</a> avec une marge nette de 6% en 2006, seule l&#8217;activité Fret étant déficitaire, ce depuis de nombreuses années. Elle reçoit certes quelques subventions, mais qui compensent des prestations fournies gratuitement à certaines catégories d&#8217;usagers bénéficiaires. Par contre, sa dette a été planquée dans le RFF qui gère les infrastructures du réseau ferré. La RATP affiche pour sa part un bilan financier moins honorable et bénéficie de beaucoup plus de financements publics.</p>
<p><strong>Démocratie</strong></p>
<p>Pour les étudiants et autres grévistes en position de force, elle consiste à faire voter par des assemblées générales pas toujours bien représentatives des décisions consistant à priver d&#8217;autres personnes de leurs libertés fondamentales: de circuler ou de travailler.</p>
<p>Désolé, ce n&#8217;est pas ça la démocratie! Ce sont des méthodes de révolutionnaires liberticides: le pouvoir aux soviets, le vote à main levée, le pouvoir de la parole contre celui de la raison, une représentativité contestable (avec des votants qui ne sont pas élèves dans l&#8217;université).</p>
<p>La démocratie doit s&#8217;appuyer sur un socle de valeurs et de principes, que l&#8217;on trouve notamment dans les constitutions. Or la démocratie n&#8217;a pas pour objet de permettre aux uns de restreindre les libertés fondamentales des autres. Si une moitié d&#8217;un pays votait pour lancer un génocide sur l&#8217;autre moitié, cela ne serait évidemment pas la démocratie. Un blocage d&#8217;université décidé avec un vote à bulletins secrets semble plus démocratique mais ne l&#8217;est pas pour autant.</p>
<p>On ne peut pas voter n&#8217;importe quoi n&#8217;importe comment! C&#8217;est pour cela que les &#8220;blocages&#8221; - et non pas les grèves - sont hors la loi en France, et que les CRS interviennent dans les universités. Mais cette loi est loin d&#8217;être respectée partout. C&#8217;est pour cela que la situation en France laisse toujours songeur nos voisins étrangers.</p>
<p><strong>Détail</strong></p>
<p>Banal mot souillé par Jean-Marie Le Pen il y a déjà 19 ans. Ce qui le rend inaudible dans tout discours politique depuis. Dommage car le mot est utile pour l&#8217;expression!</p>
<p><strong>Dictature</strong></p>
<p>La concentration des pouvoirs exécutifs de la République à Elysée au détriment de Matignon fait craindre à certains l&#8217;irruption d&#8217;une dictature en France. Il ne faut pas pousser! Le bicéphalisme de l&#8217;exécutif en France est une exception mondiale. Dans la plupart des autres pays dits démocratiques, il n&#8217;y a qu&#8217;un seul exécutif. Quand il y a un Président ou un souverain, il n&#8217;a qu&#8217;un rôle honorifique (Allemagne, Italie, Israël, et Royaume Uni, Espagne, Danemark). Ces pays ont un régime plus parlementaire que celui de la France mais l&#8217;exécutif est unique et concentré. Certes, le Président français concentre beaucoup de pouvoirs par rapport à d&#8217;autres pays. Un rééquilibrage des pouvoirs vers la représentation nationale est bienvenue. Curieusement, ces éléments des propositions de la Commission Balladur sont passés sous silence par ceux qui la contestent.</p>
<p>La France est plutôt une &#8220;polydictature&#8221;. Avec la dictature des syndicats et des corporations qui savent très bien manipuler l&#8217;exécutif national ou local pour défendre leurs intérêts particuliers, trop souvent au détriment de l&#8217;intérêt général. Et la dictature des médias chauds qui simplifient à outrance l&#8217;information.</p>
<p>Qualifier la présidence actuelle de dictature est faire injure aux pays qui vivent sous de réelles dictatures. Toujours cette propension des français à voir la partie à moitié vide du verre&#8230;</p>
<p><strong>EDF</strong></p>
<p>Ils étaient plutôt discrets les grévistes de l&#8217;EDF ces derniers temps. Comme ils ne coupaient pas le courant, ils ne gênaient pas trop, donc on ne parlait que des agents de conduite des transports. Sont-ils discrets parce qu&#8217;ils protègent discrètement quelques magots? Tel que leur fameux budget du comité d&#8217;entreprise (la CCAS) qui est indexé sur le chiffre d&#8217;affaire et non pas sur les salaires de l&#8217;entreprise. Le surcoût de cette inégalité de traitement entre salariés est de plusieurs centaines de millions d&#8217;Euros. Soit largement le poids des concessions qui sont en train d&#8217;être faites aux cheminots. Sans compter le fait que le magot servirait via quelques diverses magouilles à financer indirectement la CGT et le PCF.</p>
<p><strong>Egalité</strong></p>
<p>On veut bien être égaux avec tous les autres en France, pour peu qu&#8217;on ait plus qu&#8217;eux. Le pays du piston a beau jeu de promouvoir l&#8217;égalité. </p>
<p>Belle inégalité de fait, celle que les salariés ont devant le sacro-saint droit de grève. Les uns peuvent bloquer leur usine ou bureau sans que cela gêne personne, et les autres peuvent bloquer un pays et lui faire perdre un demi-milliard d&#8217;Euros de PNB par jour de grève. C&#8217;est ça l&#8217;égalité? Ceux qui bloquent le pays ont inventé le concept de grève par procuration. Mais avec des revendications intenables comme le maintient des 37,5 ans de cotisation.</p>
<p>On évoque aussi l&#8217;égalité des chances. Un vrai sujet républicain. On en est bien loin. Le racisme reste réel en France et nuit gravement aux personnes dites pudiquement &#8220;de couleur&#8221;. Les études sociologiques montrent aussi que les gros et les laids (selon les canons communément admis) ont moins de chances de trouver du travail et d&#8217;être promus dans leurs entreprises! Et les intelectuels français critiquent bien de la discrimination positive qui existe aux USA, en particulier dans les entreprises. Il n&#8217;empêche que la France n&#8217;est pas du tout exemplaire en matière de luttes contre les discriminations. La France de Dupont-Lajoie existe toujours, qu&#8217;on le veuille ou non. Même si elle est en costume cravatte.</p>
<p>A propos d&#8217;égalité, un petit pavé dans la marre au passage (qui figurait dans mon doc sur le &#8220;Trop d&#8217;Etat&#8230;&#8221; tirées de données publiées en 2006 par la Cour des Comptes dans son rapport sur les comptes de la sécurité sociale:</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image31.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="66" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb29.png" width="394" border="0"></a> </p>
<p>C&#8217;est curieux, personne n&#8217;a remarqué que les pensions dans le public étaient en moyenne du double de celles du privé. Est-ce du fait du nombre d&#8217;enseignants? Il ne me semble pas que la répartition cadres/non cadres soit significativement différente entre le public et le privé&#8230; Cela mérite d&#8217;être creusé.</p>
<p><strong>Entrepreneurs</strong></p>
<p>Ce sont eux qui créent richesses et emplois. Heureusement que quelques uns s&#8217;en occupent. Car dans le discours ambiant sur la croissance et le pouvoir d&#8217;achat, il y est rarement fait allusion. La commission Attali semble plancher sur le sujet, on attend rapidement ses conclusions et un plan d&#8217;action drastique pour changer la donne.</p>
<p><strong>Equité</strong></p>
<p>Concept abstrait dès lors qu&#8217;il s&#8217;agit de perdre quelque avantage que les autres n&#8217;ont pas. Concept encore plus abstrait lorsque l&#8217;on manque d&#8217;informations et de données claires pour juger, ce qui fut le cas pendant la grève qui vient de faire une pause. </p>
<p><strong>Exigences</strong></p>
<p>C&#8217;est la manière dont on négocie en France. La sémantique des revendications indique clairement que nous ne sommes pas dans le pays du compromis et du gagnant-gagnant. Tout n&#8217;est que rapport de forces, pas de raison. C&#8217;est agaçant pour le rationnaliste que je suis.</p>
<p><strong>Emissions de carbone</strong></p>
<p>Elles doivent battre des records en temps de grève! Voici à quoi ressemblaient les embouteillages à Paris pendant la grève (dans Sytadin) qui est maintenant &#8220;suspendue&#8221;:</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image32.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="342" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb30.png" width="424" border="0"></a> </p>
<p><strong>Fonds de pension</strong></p>
<p>Ils ont bon dos les fonds de pension. Erreur des plus classiques répétée à l&#8217;envie depuis plus d&#8217;un an par les politiques, tel ce Julien Dray qui dans &#8220;Esprit Libre&#8221; du vendredi 16 novembre rappelle que &#8220;<em>les fonds de pension spéculent et veulent 15% de rentabilité</em>&#8220;.</p>
<p>Une confusion sémantique permanente entre les fonds de pension (souvent anglo-saxons) et les fonds spéculatifs, alors que :</p>
<ul>
<li>Les <strong>fonds de pension </strong>ont des rentabilités moyennes de 7% et financent les retraites privées dans les pays anglo-saxons, comme celle des fonctionnaires de l&#8217;Etat de Californie. Ils gèrent des placements à risque modéré, pour assurer le versement des retraites. Leur panachage d&#8217;investissement peut les amener à investir dans des fonds spéculatifs, mais en faible proportion (moins de 15% environ).</li>
<li>Les <strong>fonds spéculatifs </strong>(hedge funds) qui eux gèrent de fonds à risque, font des LBO et autres manipulations financières à risque, et visent effectivement des rentabilités de 15%. </li>
</ul>
<p>Alors, regardons un peu les chiffres. Sur le site <a href="http://www.milliman.com/pension_fund_survey/pfs_index.php">Milliman</a>, on y voit ce beau tableau sur les rendements des fonds de pension:
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/clip-image001.jpg"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="92" alt="clip_image001" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/clip-image001-thumb.jpg" width="418" border="0"></a>
<p>Ils indiquent que les taux de rendement prévus par les fonds étaient en moyenne de 8 à 9%. Ce qui est déjà très bien d’ailleurs. Qu’effectivement, il y a eu des taux très élevés en 2003/2004 : 19,4% et 12,4%, mais que cela faisait suite à des taux négatifs sur deux ans, liés à la crise consécutive à l’éclatement de la bulle des technologies. Qu&#8217;enfin, les rendements de ces fonds dépendent étroitement de la bourse plus que d&#8217;investissements privés (ceux qui sont gérés par les fonds à risque).
<p>Les <a href="http://www.finfacts.com/fincentre/irishpenfunds.htm ">fonds de pension en Irlande</a> ont présenté de manière voisine un taux de rendement moyen de 14% sur 3 ans, mais de 7% sur 5 ans du fait des difficultés du début des années 2000, comme aux USA. Donc, impossible de générer 15% sur la durée pour un fond de pension! Par contre, les fonds de pension américains ont déplacé une partie de leurs investissements vers l’étranger et notamment l’Asie, qui offre des taux de croissances meilleurs. C’est un des phénomènes qui alimentent les délocalisations.
<p>Toute cette confusion sémantique est à la fois non voulue (<em>manque de culture économique</em>) et bien utile car elle décrédibilise le principe des retraites complémentaires sous forme de fonds de pension. Je n&#8217;ai jamais vu un journaliste reprendre un politique qui faisait cette confusion.</p>
<p><strong>Fragmentation</strong></p>
<p>Parmi tous les maux qui affectent notre pays, il en est un qui est criant : l&#8217;extrème fragmentation du pays à tous les niveaux: administratif, législatif, dans les TPE (pas assez de PME par rapport aux TPE). Elle génère déperditions, surcoûts, inefficacités, et complexité tant pour les citoyens que pour les entreprises.</p>
<p>On les trouve plus spécifiquement dans les domaines qui intéressent le futur : dans <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/grandes-ecoles-et-innovations/">l&#8217;enseignement supérieur</a>, dans les aides à l&#8217;innovation et dans les pôles de compétitivité. J&#8217;avais évoqué ce point dans &#8220;<a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2007/trop-detat-o-a-bien-en-pdf/">Trop d&#8217;Etat, oui mais où ça?</a>&#8221; au printemps dernier. Il faut défragmenter ce pays qui est bien trop morcelé autant verticalement (état, région, département, canton, communauté de communes, communes) qu&#8217;horizontalement (36000 communes). Cela ne veut pas dire qu&#8217;il faut tout centraliser et reconcentrer, mais revenir à un équilibre plus raisonnable pour faire des économies d&#8217;échelle (au moins 5% de bureaucratie en moins).</p>
<p>La défragmentation pose une question de méthode car il faut la faire accepter par des décideurs - notamment élus locaux - qui y seront naturellement opposés. Pourtant, on ne va pas passer en mode dictatorial pour imposer ces réformes structurelles indispensables.</p>
<p>Le gouvernement a déjà marqué des points avec la fusion RG/DST, l&#8217;intégration dans Oseo de l&#8217;Agence de l&#8217;Innovation Industrielle, avec Bercy (trésorerie et compta publique). Mais c&#8217;était au niveau national. Le plus facile à faire!</p>
<p>Rachida Dati a ensuite lancé un ballon sonde qui montre bien la difficulté de procéder à cette défragmentation à l&#8217;échelle locale. La réforme de la carte judiciaire et des tribunaux de prudhomme n&#8217;est que le début de ce qu&#8217;il faudrait faire pour défragmenter ce pays. Il faut du courage pour la mener car elle se heurte au protectionnisme des intérêts particuliers de chaque ville et région.</p>
<p>Bon courage pour la suite car il y a fort à faire. </p>
<p><strong>Honnêteté</strong></p>
<p>Ca fait mal de voir que dans une enquête récente (que je ne retrouve plus), les français apparaissent comme les moins honnêtes d&#8217;un panel de pays étudiés.</p>
<p><strong>Managers</strong></p>
<p>On n&#8217;en parle pas beaucoup, mais ne sont-ils pas aussi responsables lorsque des entreprises font faillite, licencient, délocalisent à outrance? Les fonds américains ont bon dos. Pourquoi tant de managers et leaders se trompent, n&#8217;innovent pas assez, ne prennent pas assez de risque? Problème de culture et d&#8217;éducation sans doutes. L&#8217;atmosphère anxiogène de la France ne pousse pas à prendre des risques.</p>
<p>Dans de nombreuses affaires récentes (Airbus, etc), on confond aussi souvent délit d&#8217;initié, malhonnêteté et incompétence. La dernière est bien plus courante que les premiers et explique plein de situations tordues.</p>
<p>La &#8220;culture&#8221; semblait être un axe de travail de la Commission Attali pour relancer la croissance. C&#8217;est un aspect clé des réformes à lancer en France. Mais réformer la culture ne se décrète pas, ni ne se légifère!</p>
<p><strong>Pénibilité</strong></p>
<p>C&#8217;est un sujet sérieux et il est curieux que le gouvernement n&#8217;affiche pas une volonté de la prendre en compte. Mais il est délicat de mesurer la pénibilité, l&#8217;espérance de vie, et sur tous les métiers. La loi ne peut pas toujours s&#8217;appuyer sur des données qui évoluent incessamment. L&#8217;égalité de traitement nivelle peut-être trop, mais c&#8217;est souvent la moins mauvaise solution.</p>
<p>Dans le cas des cheminots, la pénibilité a bon dos car elle protège discrètement les salariés de ces régimes spéciaux qui travaillent dans des bureaux ou des ateliers et pas dans des tunnels. Et le rapport du Conseil d&#8217;Orientation des Retraites va dans le sens contraire des affirmations sur la pénibilité dans sa globalité: ainsi l&#8217;espérance de vie des salariés de la RATP est plutôt dans la fourchette haute, en tout cas bien supérieure à celle du privée (à droite dans le tableau ci-dessous, FPE = fonction publique d&#8217;état):</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image33.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="118" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb31.png" width="394" border="0"></a> </p>
<p>L&#8217;espérance de vie des cheminots est peut-être plus faible, mais ils représentent une minorité des salariés de ces régimes spéciaux. Et que dire du stress des conducteurs de bus qui est bien supérieur à celui des agents de conduite du RER, mais qui gagnent beaucoup moins?</p>
<p><strong>Pétrole</strong></p>
<p>Avec son augmentation, sera-t-il payé par nos impôts pour ceux chez qui il pèse lourd dans le compte d&#8217;exploitation (marins-pêcheurs, routiers, taxis, ambulanciers)? Ca mérite réflexion car on pourrait payer ce surcroit de deux manières: par l&#8217;augmentation des prix des produits et services affectés, ou par nos impôts. L&#8217;un est lié à la consommation, l&#8217;autre à la solidarité nationale. Quand il s&#8217;agit de business et pas de service public, pourquoi passerait-on par la solidarité? Pour pousser le bouchon un peu loin, rappelons que les poissons de nos marins-pêcheurs sont plutôt situés dans le haut de gamme et donc pour une clientèle aisée. Alors que les autres dégustent du poisson d&#8217;élevage comme ces saumons de batterie de Norvège, et encore, c&#8217;est bien cher pour pas mal de français. Alors, la TVA des plus pauvres doit-elle financer des prix inférieurs à ceux du marché pour les familles plus aisées?</p>
<p>En tout cas, plus vite le pétrole sera cher, plus vite nous investirons dans des moyens alternatifs de production d&#8217;énergie, aujourd&#8217;hui encore peu compétitifs. J&#8217;aime bien notamment ce projet allemand d&#8217;utilisation de l&#8217;énergie solaire au Sahara pour alimenter l&#8217;Europe en électricité (centrale thermique solaire ou photovoltaïque).</p>
<p>Les solutions alternatives au pétrole existent pour la plupart des besoins. A une exception notable près: l&#8217;aviation. Celle-ci a besoin de kérosène, une essence légère. Elle est plutôt difficile à générer avec des oléagineux (colza, etc), même si on expérimente des kérosènes hybrides réalisés avec des algues marines. L&#8217;aviation va sérieusement souffrir sérieusement dans les quinze années qui viennent!</p>
<p><strong>Pouvoir d&#8217;achat</strong></p>
<p>Promesse électorale impossible à tenir à court terme quand il s&#8217;agit de l&#8217;augmenter. Sarkozy a lancé un certain nombre d&#8217;actions qui auront peut-être un impact à moyen/long terme, c&#8217;est bien. Il faut effectivement créer les conditions pour générer plus de richesses, pour exporter plus, pour produire plus avec moins. On peut aussi améliorer la redistribution, mais attention, la France est probablement déjà le pays le plus redistributeur au monde. Et même si la corrélation est discutable, cela ne renforce pas son économie.</p>
<p>Baisser les prix? Pourquoi pas, mais la France est déjà le pays le plus cheap d&#8217;Europe. On a des prix bas, mais aussi des salaires très bas. Et les habitudes de consommation tirent l&#8217;économie vers le bas. Alors, enfoncer le clou&#8230;</p>
<p><strong>Privilégiés</strong></p>
<p>Le mot à la mode&#8230;</p>
<p>Où l&#8217;on peut aussi facilement confondre privilège indu et meilleure situation explicable, ou position relative dans le revenu des français.</p>
<p>La tactique classique de communication des syndicats consiste à mettre en évidence des inégalités verticales (qui existeront toujours, surtout si le point de référence sont les 100 plus riches de France ou les patrons qui gagnent plusieurs millions d&#8217;Euros par an) pour justifier les inégalités horizontales (qui concernent des centaines de milliers voire des millions de foyers). On appelle cela &#8220;botter en touche&#8221; en communication. Avec toujours cette idée du grand soir consistant à ponctionner chez les plus riches pour niveler par le haut les inégalités du bas. On sait que cela ne fonctionne pas car cela appauvrit toute économie qui s&#8217;y tenterait. Une bonne redistribution des richesses reste un fondement de la République, mais elle doit tenir compte des réalités économiques internationales, de la liberté de mouvement des personnes et des capitaux.</p>
<p>Dans toutes les civilisations et modèles économiques de l&#8217;histoire de l&#8217;humanité, il y a toujours eu matière à trouver plus privilégié que soi. La nature humaine la rend généralement toujours envieuse par rapport aux étages &#8220;du dessus&#8221;. </p>
<p>Les cheminots et la CGT et de Sud en sont un bon exemple: ils bottent en touche sur leurs avantages de régimes spéciaux en rappelant les stock options et les patrons qui s&#8217;en mettent plein les poches. Ils dénoncent la loi TEPA qui aurait dilapidé 15 milliards d&#8217;Euros qui auraient très bien pu servir à financer les retraites. Dans la veine &#8220;<em>il y a toujours plus riche que soi</em>&#8220;, on pouvait aussi voir et entendre Noël Forgeard dans &#8220;Contre enquête&#8221; sur France 2, qui trouvait qu&#8217;il est un nain (salarié) côté richesse par rapport à Bernard Arnault (sans le nommer). Un comble de maladresse alors qu&#8217;il présentait sa feuille d&#8217;impôts de 3 millions d&#8217;Euros!</p>
<p>Parfois, certains se retrouvent à jalouser leur propre situation avec un effet de boomerang inattendu. Il en va ainsi de la dénonciation de la loi TEPA (le &#8220;paquet fiscal&#8221;) de juillet 2007. Les cheminots disent qu&#8217;ils ne sont pas des privilégiés. Mais ils le sont, tout du moins, par rapport à ceux qui gagnent moins pour un effort équivalent. Ainsi, un foyer de cheminot en milieu/fin de carrière gagne plus de 2500€ de revenu par mois. Un conducteur de TGV gagne plus de 3000€ en fin de carrière primes comprises (<a href="http://www.entreprise-sncf.com/communiq/hoax2.htm">source SNCF</a>). Pour les autres cheminots, les salaires s&#8217;étalent entre 1500€ et 3000€ par mois (net ou brut, je ne sais pas trop). Ce qui les place - en milieu et fin de carrière - dans les foyers les 10% les plus aisés en France selon l&#8217;INSEE! Pour mémoire, le salaire médian en France est de 1680€ bruts (voir cette <a href="http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?tab_id=505">grille de salaires</a> de l&#8217;INSEE)! Ces niveaux de salaire ne sont pas pour autant forcément des privilèges (qui sous-entendent&#8230; quelque chose d&#8217;indu). </p>
<p>Quelques mesures contestées de la loi TEPA concernent même les cheminots. Telle cette exonération des droits de succession repoussée de 50K€ par bénéficiaire à 150K€. Qui en bénéficie? Essentiellement, les classes moyennes propriétaires de leur logement. Tels les deux enfants de ce cheminot qui s&#8217;est acheté dans les années 1970-1990 son pavillon de banlieue, qui vaut maintenant dans les 200-400K€ et qu&#8217;il a pu rembourser car son emploi n&#8217;était pas menacé! Les enfants de ceux qui font aujourd&#8217;hui grève! Jean-François Kahn dénonce dans un &#8220;Marianne&#8221; récent le fait que les droits de succession aient été abolis&nbsp; &#8220;<em>ce qui permet la renaissance d&#8217;un ordre aristocratique</em>&#8220;. Si les cheminots sont des aristocrates pour Marianne, alors, va&#8230; Mais n&#8217;est pas aristocrate qui l&#8217;ont pense! Les patrimoines &#8216;aristocrate&#8217; qui dépassent 150K€ par héritier paieront toujours des droits de succession. Sauf sur un point: l&#8217;exonération totale de droits de succession entre époux qui n&#8217;a pas été plafonnée. Elle aurait pu l&#8217;être, c&#8217;est vrai. La réforme des droits de succession de la loi TEPA touche en fait le plus les 10% des foyers qui suivent les 10% les plus riches (dont le patrimoine est supérieur à 400K€). Et dans ce &#8220;second décile&#8221;, on trouve énormément de foyers qui se sentent défavorisés mais qui ont une bonne situation par rapport à la moyenne des français. Et donc, une forte proportion de bénéficiaires des régimes spéciaux s&#8217;y retrouvent! Je ne les en blâme pas pour autant. Mais il est bon de remettre les choses à leur place.</p>
<p>Cette loi TEPA a en tout cas été votée avec un bon timing : c&#8217;était en gros le seul moment où elle pouvait passer. Et puis, tout allègement de la fiscalité directe touche d&#8217;abord les privilégiés puisque ce sont eux qui payent le plus d&#8217;impôt directs. Fallait-il modifier la fiscalité indirecte (la TVA), ce qui serait plus &#8220;juste&#8221;? Pas facile car le pays a moins de marges de manoeuvre du fait de l&#8217;harmonisation européenne et de l&#8217;impact plus fort sur les recettes d&#8217;une baisse de la TVA.</p>
<p><strong>Riches</strong></p>
<p>Comme pour les &#8220;privilégiés&#8221;, ils se définissent généralement de manière autocentrée comme étant ceux qui ont plus que vous. Et réciproquement pour les pauvres.</p>
<p>Cela s&#8217;applique également aux pays. On lit et entend rarement que la France est un pays riche! Ni qu&#8217;elle est pauvre. Alors qu&#8217;on est juste dans un milieu et en baisse constante&#8230;</p>
<p><strong>Sciences humaines</strong></p>
<p>D&#8217;où viennent les grèves étudiantes? Principalement des facs de sciences humaines. Et cela, depuis 40 ans. Où est la Fac d&#8217;Orsay? Où est Paris VI? Où sont les facs de science de Grenoble? Pas dans la grève, et en tout cas, pas à leur démarrage. Par contre, pas de problème pour y trouver Tolbiac (sciences humaines, droit, gestion), Nanterre (sciences humaines, droit, gestion, sciences pour moins de 8% des étudiants), Rennes (sciences humaines, droit, santé, gestion), Rouen (sciences humaines, droit, santé, sport, sciences dures pour moins de 20%), Nancy (santé, sciences de l&#8217;ingénieur pour 40%), Perpignan (sciences humaines, droit, gestion, 17% de sciences dures), Aix Marseille 1 (lettres et 1/3 de sciences), Reims (sciences humaines, santé, droit, gestion, environ 15% de sciences exactes) pour n&#8217;en citer que quelques unes.</p>
<p>Ces étudiants font de plus le pont avec les revendications du service public. Est-ce parce que leurs principales perspectives d&#8217;emploi sont dans ce secteur, notamment dans l&#8217;enseignement?</p>
<p>Et ils n&#8217;y vont pas de main morte. Point de négociation! Ils demandent purement et simplement l&#8217;abrogation sans conditions de la Loi Pécresse. Mais n&#8217;est pas Truman qui veut. Ce refus obstiné de l&#8217;entreprise ou le dépit du risque qu&#8217;elles ne s&#8217;intéressent pas aux sciences molles est sidérant. Il est vrai que les entreprises se tourneront un peu plus vers les business schools et les sciences dures car cela correspond à leurs besoins. C&#8217;est une loi du marché qui gêne les étudiants. En attendant, il est navrant de voir que d&#8217;un côté, on trouve des étudiants en philo et autres sciences humaines qui ne trouvent pas de débouchés sur le marché du travail, et de l&#8217;autre, toutes ces boites qui recrutent ingénieurs et informaticiens - <em>même jeunes! </em>- et ne trouvent pas de recrues! Ce, d&#8217;autant plus que la France a l&#8217;un des plus forts taux d&#8217;étudiants dans les sciences molles en Europe, et parait-il, 40% des étudiants en psychologie de toute l&#8217;Europe (<em>cf ci-dessous</em>)!</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image34.png"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="235" alt="image" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/image-thumb32.png" width="406" border="0"></a> </p>
<p>La loi Pécresse ne va pourtant pas bien loin car une véritable réforme de l&#8217;Université aurait été de mettre en place la sélection et des droits d&#8217;entrée afin, en amont, de réduire le taux d&#8217;échec qui nuit aux étudiants eux-mêmes. Avec moins d&#8217;échecs, les étudiants auraient plus de moyens dans leurs études. Et les étudiants seraient réorientés vers des filières plus porteuses, plus qualifiantes, même si plus &#8220;professionnalisantes&#8221; (bah quelle horreur, de la chair à exploitation pour les entreprises). Mais aujourd&#8217;hui, il vaut mieux être BAC+3 en sciences dures ou en technologie que BAC+5 en sciences molles!</p>
<p>Le comble c&#8217;est que nous avons là une grève provoquée par la crainte de mesures qui n&#8217;ont justement pas été intégrées dans la loi Pécresse par crainte&#8230; de grèves des étudiants!</p>
<p><strong>Sélection</strong></p>
<p>Intervient toujours à un moment où à un autre, n&#8217;en déplaise aux tenants d&#8217;une égalité à tout crin. Notre système éducatif et d&#8217;emploi est sélectif à tous les niveaux. Mais un équilibre de la sélection est nécessaire. Il vaut mieux l&#8217;étaler dans tout le cycle plutôt que de la tasser à BAC+2, là où par exemple il y a énormément d&#8217;échecs dans les universités en plein milieu de cursus, où bien à la fin du cycle, dans des concours administratifs pour entrer dans la fonction publique.</p>
<p><strong>Vel Satis</strong></p>
<p>C&#8217;est la voiture (avec chauffeur) de Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT. Ca fait Ministre, et moins modeste que la Laguna II choisie par Ségolène Royal en remplacement, justement, d&#8217;une Vel Satis trop voyante. Il ne faut pas s&#8217;étonner si la base s&#8217;éloigne de la tête dans certains syndicats! Là aussi, la valeur des symboles n&#8217;est pas bien comprise.</p>
<p>================</p>
<p>Bon, aller, c&#8217;était pour se défouler après ces deux semaines agitées.</p>
<p>Comme citoyen, j&#8217;apprécierai en tout cas d&#8217;être mieux informé sur les réformes qui sont en cours. Et que les débats soient un peu plus posés et rationnels, avec éléments concrets pour se forger une opinion. Sinon, c&#8217;est la dictature de la communication par médias chauds interposés.</p>
<p>La prochaine semaine, je suis à San Francisco dans le <a href="http://techiteasy.org/study-trip-to-silicon-valley/">voyage d&#8217;étude</a> organisé par Jérémy Fain. L&#8217;occasion de prendre un beau bol d&#8217;air frais et d&#8217;optimisme, à la découverte de la Silicon Valley et du miracle de l&#8217;entrepreneuriat qui n&#8217;y a pas pris une ride. </p>
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		<title>Google = Microsoft ? (3)</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2007 20:58:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Nous allons terminer ce tour d&#8217;horizon avec des aspects plus &#8220;people&#8221;. Je rajoute au passage une petite partie sur les approches d&#8217;écosystèmes, suites aux remarques de Julien Codorniou.
Les stratégies d&#8217;écosystèmes
Les deux sociétés en ont toutes les deux compris l&#8217;importance. Mais la nature de leur activité est telle que cette notion est nettement plus importante pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[</p>
<p>Nous allons terminer ce tour d&#8217;horizon avec des aspects plus &#8220;people&#8221;. Je rajoute au passage une petite partie sur les approches d&#8217;écosystèmes, suites aux remarques de Julien Codorniou.</p>
<p><strong>Les stratégies d&#8217;écosystèmes</strong></p>
<p>Les deux sociétés en ont toutes les deux compris l&#8217;importance. Mais la nature de leur activité est telle que cette notion est nettement plus importante pour Microsoft que pour Google.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image%7B0%7D%5B2%5D.png" atomicselection="true"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="206" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image%7B0%7D_thumb.png" width="376" border="0"></a> </p>
<p>De tous temps, <strong>Microsoft</strong> a énormément investit sur son réseau de partenaires, un levier incontournable pour non seulement revendre ses produits, mais également les déployer et les compléter par des solutions métiers. La variété des marchés touchés par Microsoft les amène donc à déployer une stratégie partenaires tout azimut, notamment chez les éditeurs de logiciels, mais aussi les SSII, les revendeurs, les sociétés de formation, ainsi que chez les constructeurs de PC comme de périphériques. Et dans un registre plus difficile à mettre en oeuvre pour eux: les opérateurs télécoms et&nbsp;les médias. Les logiciels des plateformes Microsoft présentent&nbsp;une adhérence technique significative, qui créé une inertie de marché favorable à l&#8217;éditeur, en plus de leur intégration et interdépendance, qui en rajoute. D&#8217;où des relations avec les développeurs très anciennes et développées qui n&#8217;ont&nbsp;pas beaucoup d&#8217;équivalent dans l&#8217;industrie: Apple, Sun et dans une certaine mesure IBM et Oracle&nbsp;étant juste derrière (comme entreprises privées) dans les efforts consentis vis à vis de cette audience.&nbsp;Rien qu&#8217;en France, les relations développeurs de Microsoft représentent la moitié de l&#8217;effectif total de Google France!</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image%7B0%7D%5B5%5D.png" atomicselection="true"><img style="border-right: 0px; border-top: 0px; border-left: 0px; border-bottom: 0px" height="233" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image%7B0%7D_thumb%5B1%5D.png" width="376" border="0"></a> </p>
<p>Chez <strong>Google</strong>, l&#8217;écosystème de partenaires est à la fois plus simple et plus étroit. Ils n&#8217;ont pas besoin de revendeurs, pas besoin de SSII, ni de formateurs, et encore moins de constructeurs et de ces maudits pilotes de périphériques pour faire utiliser leurs sites Web. Leur approche développeur consiste à encourager les créateurs de sites Web à intégrer différents composants de Google comme AdSense ou Google Maps. Ils proposent également un intéressant moteur de recherche de codes sources: Google Code Search. Cette approche développeurs n&#8217;a pas encore&nbsp;porté tous ses fruits et pourrait être démultipliée dans les années à venir. L&#8217;adhérence&nbsp;de plate-forme chez Google n&#8217;est pas encore aussi significative que chez Microsoft. D&#8217;où des&nbsp;tactiques de&nbsp;placement du moteur de recherche dans les navigateurs, soit via des OEM qui préconfigurent des PCs sous Windows, soit par leur partenariat avec Firefox ou leur investissement dans <a href="http://blogs.zdnet.com/microsoft/?p=377">Maxthon</a>. Et enfin, avec des opérateurs telcos pour leurs solutions pour mobiles. Google propose de plus d&#8217;excellents outils pour optimiser le trafic des sites, surtout Google Analytics, déjà cité. Ce qui alimente notamment une composante clé de l&#8217;écosystème de Google: les Web agencies et autres sociétés spécialisées dans l&#8217;optimisation de trafic et de revenus publicitaires. Plus récemment, Google a aussi lancé un <a href="http://www.infoworld.com/article/05/09/22/HNgooglepartners_1.html">programme partenaire entreprises</a> lié à ses offres dont on avait vu qu&#8217;elles étaient plus lourdes à commercialiser que des services Internet. Google se distingue aussi par la contribution active à des projets Open Source divers (Java, Eclipse, Linux, ODF, Python). Mais ils se gardent bien comme tant d&#8217;autres de confier leurs &#8220;bijoux de famille&#8221; à la communauté open source!</p>
<p>Pour comparer le poids de l&#8217;approche développeur des deux sociétés, vous pouvez jeter un petit coup d&#8217;oeil sur le site pour les développeurs de Google (<a href="http://code.google.com">http://code.google.com</a>) et celui de Microsoft (<a title="http://msdn2.microsoft.com" href="http://msdn2.microsoft.com">http://msdn2.microsoft.com</a>).</p>
<p>Il serait intéressant de comprendre comment sont organisées les équipes commerciales de Google. Je suspecte que leur majorité est orientée vers les grands clients annonceurs. Chez MS,&nbsp;quasiment la moitié&nbsp;des forces de vente et avant-vente entreprises et PME est tournée vers les partenaires. Dans les activités&nbsp;grand public (MSN, XBOX), c&#8217;est proche de 100%.</p>
<p>Il y a un signe indirect qui montre que l&#8217;écosystème est moins important pour Google qu&#8217;il ne l&#8217;est pour Microsoft: c&#8217;est la communication. A l&#8217;instar d&#8217;Apple, Google a tendance a cultiver le secret dans sa communication. C&#8217;est en train de changer dans le bon sens, mais le point de départ est très bas. Prenez juste le cas de la France: qui s&#8217;exprime dans les médias chez Google? Qui a un blog? Chez Microsoft, la culture de communication est beaucoup plus ouverte. Rien qu&#8217;en France, une bonne cinquantaine de personnes sont en contact régulier avec la presse, une trentaine ont <a href="http://blogs.microsoft.fr/">leur blog</a>, et une centaine interviennent dans des séminaires.</p>
<p><strong>Une direction multi-céphale</strong></p>
<p>La tête de Google et de Microsoft comporte une direction bicéphale, voire tricéphale,&nbsp;et qui fonctionne dans la durée. Peu d&#8217;entreprises de high-tech ont réussi cette combinaison. Steve Jobs est maître après Dieu chez Apple. Larry Ellisson n&#8217;a pas bien géré sa cohabitation avec Ray Lane chez Oracle. Scott McNeally a été longtemps patron sans égal chez Sun Microsystems. Et dans pas mal d&#8217;autres endroits, le CEO n&#8217;est même pas le vrai patron, mais plutôt le Conseil d&#8217;Administration avec ses guerres de palais, comme chez Hewlett-Packard. Rares sont également les entreprises comme Google ou Microsoft ou la tête comprend encore des dirigeants à forte culture technologique.</p>
<p><img height="265" src="http://www.smh.com.au/ffximage/2006/06/18/billgates_wideweb__470x446,0.jpg" width="281"></p>
<p>Le couple Bill Gates / Steve Ballmer a vécu pendant longtemps, depuis qu&#8217;ils ont fait Harvard ensemble au milieu des années 1970. Mais avant que Steve Ballmer devienne le numéro 1 de Microsoft, d&#8217;autres Présidents ont joué le rôle de numéro 2 sous Bill Gates, notamment Jon Shirley (1983-1990) et Mike Hallman (1990-1992). Dans les trois cas, ils apportaient une culture business, vente et marketing à la société, complémentaire de la culture à dominante technique de Bill Gates. Et aujourd&#8217;hui, Bill Gates se désengage progressivement de Microsoft, après 32 ans de services, Ballmer étant à la tête de la boite depuis 1998 (comme President) et 2000 (comme CEO). Comme sorte de CTO-méta-gourou, Gates a été plus ou moins remplacé par Ray Ozzie en 2006. Et même s&#8217;il est fortement teinté vente et marketing, Ballmer&nbsp;est d&#8217;une compétence technique fort honorable.</p>
<p><img height="212" src="http://img.timeinc.net/time/daily/2006/0602/bgoogleinterview0212.jpg" width="321"></p>
<p>Chez Google, les fondateurs Larry Page et Sergei Brin ont tous les deux des traits communs avec ceux de Bill Gates: ils sont smart, ont un fort tropisme technique, et disposent d&#8217;un sixième sens business, même s&#8217;ils n&#8217;en sont pas les rois. Ils ont aussi créé leur boite très jeunes et ne sont pas de bons communicants. Aujourd&#8217;hui, ils jouent un rôle de direction technique chez Google, et se sont adjoints les services d&#8217;Eric Schmidt (<em>le gars à la cravate au dessus</em>), un CEO expérimenté passé chez Sun et Novell. Schmidt apporte la séniorité et une expérience globale du business dans la IT. Il a dirigé des groupes produits chez Sun. C&#8217;est également le cas de Steve Ballmer qui avait dirigé la Division produit en charge de Windows entre 1983 et 1992!</p>
<p>Dans les deux cas, le CEO actuel est arrivé après la création de la société : 5 ans pour Ballmer (en 1980) et 3 ans pour Schmidt (en 2001). Et la complémentarité comme la symbiose avec le ou les fondateurs est excellente.</p>
<p>La direction de ces deux entreprises rassemble ainsi une formule magique: des visionnaires technologiques accompagnés de businesmen et de managers qui savent ce que c&#8217;est de gérer des produits et&nbsp;des cycles de développement. Mais pas des financiers ni des consultants, que l&#8217;on a pu voir passer à la tête d&#8217;autres sociétés de la high-tech, avec plus ou moins de bonheur!</p>
<p>Mais la tête ne fait pas tout!</p>
<p><strong>Management et ressources humaines</strong></p>
<p>Là aussi, Google et Microsoft partagent quelques points communs intéressants.</p>
<p>Ils cherchent à recruter les meilleurs et s&#8217;en donnent les moyens. Ils se soucient plutôt bien de l&#8217;environnement de travail de&nbsp;leurs collaborateurs, au dessus de la moyenne de l&#8217;industrie.&nbsp;Et leurs dirigeants ont pas mal de points communs.</p>
<p>Les recrutements sont effectués en grande partie par une démarche des meilleurs étudiants sur les campus. Très attirants pour les jeunes diplômés comme les moins jeunes, ils traitent en masse des centaines de milliers de CV. Google a poussé le processus très loin en automatisant le tri des CV qu&#8217;ils reçoivent. Leur processus de sélection, notamment des développeurs, est très rigoureux et nécessite le passage d&#8217;entretiens avec de nombreux collaborateurs, managers ou non, de l&#8217;entreprise. Dans les deux boites, on peut ainsi facilement atteindre une dizaine d&#8217;entretiens avant d&#8217;être sélectionné. Dans les équipes de développement, la priorité est donnée au quotient intellectuel. Et chez Google, également à la capacité à travailler en équipe. Microsoft s&#8217;attache également à celà, mais a du progrès à faire en la matière.</p>
<p>Les sociétés recrutent également des pointures provenant d&#8217;autres acteurs ou de concurrents. On a vu récemment quelques transfuges passer de Microsoft vers Google, mais pas dans l&#8217;autre sens. Pour ces transfuges, une cure de jouvance peut-être, mais pas vraiment l&#8217;aventure car on ne peut pas dire qu&#8217;un passage chez Google relève d&#8217;une prise de risque fantastique. Parmi les transfuges, on compte Kai Fu-Lee, l&#8217;ancien patron de Microsoft Research en Chine, Vic Gundotra, ancien General Manager des Relations Développeurs et&nbsp;Adam Bosworth, un ex-Microsoft également ancien CTO de BEA Systems.&nbsp;</p>
<p>Du côté de la vie des salariés et de leur compensation, les deux sociétés partagent également quelques points communs: </p>
<ul>
<li>Elles <strong>valorisent </strong>on l&#8217;a vu &#8220;l&#8217;IQ&#8221; (Intellectual Quotient), les gens &#8220;rapides&#8221;, l&#8217;initiative et&nbsp;la prise de risque, et aussi la passion pour la technologie et ses usages. Elles tolèrent l&#8217;échec bien plus que la moyenne&#8230; surtout dans la mesure où elles ont toutes les deux les moyens de les absorber financièrement. Leur fonctionnement interne est largement basé sur le <a href="http://blog.wired.com/business/2007/04/my_other_interv.html">consensus&nbsp;</a>et de grandes réunions. Les dirigeants développent les capacités analytiques de leurs managers: chez Microsoft, le système de gestion interne basé sur SAP et sur Siebel est plutôt bien construit et fournit des données sur les ventes, le marketing, les dépenses, etc, mises à jour en temps réel à l&#8217;échelle mondiale. Le déploiement de SAP chez Microsoft en 1997 a été l&#8217;un des plus réussis au monde de ce logiciel! Quand à Google, ils disposent du plus formidable outil statistique au monde permettant de savoir ce que font les utilisateurs de ses services et comment optimiser en temps réel la génération de revenu.
<li>Les équipes produits semblent <strong>déconnectées </strong>des considérations business et terrain. Mais pas pour la même raison ni avec le même effet. Chez Microsoft, la culture technique des équipes produits conduit à une forme d&#8217;autisme, qui plus est assez américano-centrique. Cet autisme est couplé à une vision déformée du monde. Comme si tous les utilisateurs avaient le niveau de vie moyen de la région de Seattle (qui se porte bien aux USA) et achetaient un nouveau PC tous les ans et tous les gadgets qui sortent régulièrement. Cela aboutit à des produits qui ne rencontrent pas leur marché comme les UMPC ou les montres Spot.&nbsp;Ou à des décisions absurdes qui ne tiennent pas compte des utilisateurs (<em>exemple récent qui m&#8217;agace particulièrement: on ne peut plus scanner une image directement sous Windows Vista ou sous Office 2007, ni utiliser sa Webcam directement, ou via Movie Maker</em>). Chez Google, le découplage est dans le modèle économique lui-même: d&#8217;un côté, des équipes créent des services gratuits pour les utilisateurs. De l&#8217;autre, d&#8217;autres - y compris de R&amp;D - travaillent à la monétisation de&nbsp;ces services une fois qu&#8217;ils ont rencontré leur audience. C&#8217;est un découplage très fort de la R&amp;D et du marketing permis par le modèle économique du web.
<li>Elles offrent un <strong>cadre de travail agréable </strong>et largement au dessus de la moyenne (<em>snapshot Google Earth du Googleplex de Mountain View en Californie ci-dessous, et le campus principal de Microsoft à Redmond, dans l&#8217;Etat de Washington près de Seattle</em>). Les boissons sont gratuites (chez les deux), et chez Google, cela va jusqu&#8217;aux repas. Manière indirecte d&#8217;encourager les collaborateurs à se défoncer sur place. Chez Microsoft, cela permet notamment de mener ces &#8220;marches de la mort&#8221; pendant la finalisation des produits, où les développeurs travaillent sans s&#8217;arrêter, semaine et week-end, sans même rentrer chez eux parfois.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb12.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="218" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb1_thumb.png" width="398" border="0"></a> </p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb32.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="390" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb3_thumb.png" width="403" border="0"></a>&nbsp;</p>
<ul>
<li>Elles attribuent <strong>des actions ou des stock-options </strong>à l&#8217;ensemble de leurs collaborateurs, et pas seulement aux managers de haut niveau comme c&#8217;est encore le cas dans de nombreuses boites de high-tech, même dans la Silicon Valley. Chez Microsoft il s&#8217;agit d&#8217;attributions d&#8217;actions depuis 2003 du fait d&#8217;un cours d&#8217;action stabilisé (<em>depuis 2000, cf graphe suivant</em>). Cela génère un effet de levier bien moins important que les stock-options qui avaient permis de générer plus d&#8217;une dizaine de millionnaires en $, surtout aux USA. Seuls les managers de très haut niveau peuvent maintenant espérer y faire &#8220;fortune&#8221;. Les attributions d&#8217;actions pour les autres représentent l&#8217;équivalent de moins d&#8217;un mois à deux/trois mois maximum de salaire supplémentaire par an. C&#8217;est pas mal, et ils ne sont pas à plaindre par rapport à plein d&#8217;autres salariés, mais cette rémunération se rapproche progressivement de la normale. Cela impacte la motivation interne qui n&#8217;est plus construite de la même manière que pendant les années 80 et 90, où beaucoup de collaborateurs travaillaient plus pour le plaisir que pour satisfaire leurs besoins financiers. Chez Google, le phénomène se reproduit déjà avec deux catégories de collaborateurs: ceux qui sont arrivés relativement tôt, jusqu&#8217;à la mi&nbsp;2005 (<em>cf graphe du cours de Google après celui de Microsoft</em>). Et ceux qui sont arrivés après, ou qui arriveront quelques années avant que le cours de l&#8217;action de Google se stabilise, ce qui est inéluctable à terme. Lorsque, à même niveau de responsabilité, vous avez d&#8217;un côté des millionnaires en dollar et des salariés que l&#8217;on qualifiera de normaux, cela créé inévitablement des disparités de comportement. Exemple classique: le manager tout nouveau qui encadre des collaborateurs anciens dans la boite. Pas facile à gérer! Tout comme les <a href="http://www.redorbit.com/news/technology/898498/google_faces_brain_drain_as_anniversaries_hit/index.html">départs</a> inopinés de ceux qui peuvent profiter de leurs stock-options. Ou alors au contraire, ceux qui s&#8217;accrochent à leur poste alors qu&#8217;ils ont atteint leur <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Principe_de_Peter">seuil de Peter</a> depuis des années.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image04.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="254" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb.png" width="404" border="0"></a> </p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image09.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="199" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft3_AA7E/image0_thumb5.png" width="406" border="0"></a>&nbsp;</p>
<p>Mais Google est plus au soleil, à Mountain View dans la Silicon Valley et l&#8217;essentiel des effectifs de Microsoft (en R&amp;D) sont au Nord :&nbsp;dans la&nbsp;pluvieuse&nbsp;région de Seattle, quand ce n&#8217;est pas&nbsp;dans le grand froid de&nbsp;Fargo dans le North Dakota (pours les équipes de l&#8217;ex Great Plains). Mais si aujourd&#8217;hui, Google semble avoir largement le vent en poupe, Microsoft continue encore d&#8217;attirer du (très beau) monde!</p>
<p>Par contre, une différence de taille: avec ses 76000 collaborateurs, Microsoft n&#8217;évite malheureusement pas la bureaucratisation de son fonctionnement, phénomène qui n&#8217;a pas encore touché Google et ses 11000 et quelques personnes, surtout dans ses équipes de développement.</p>
<p><strong>Relations institutionnelles</strong></p>
<p>Il a fallut 20 ans à Microsoft pour se lancer dans des actions de lobbying actives, notamment à Washington DC. Et&nbsp;8 ans pour Google qui a par exemple démarré des recrutements de lobbyistes en Europe en 2006.</p>
<p>La leçon de Microsoft a été bien apprise, souvent à leurs dépends respectifs. Aux USA et en Europe, les procédures antitrust, démarrées en 1990 avec la FTC puis relayées par le <a href="http://www.usdoj.gov/atr/cases/ms_index.htm">procès antitrust du DOJ</a> on marqué les <a href="http://www.01net.com/article/159121.html">quinze dernières années</a> de l&#8217;histoire de Microsoft. Ils sont tout de même passés près d&#8217;un démantèlement en 2000-2001, et ces différentes affaires antitrust ont coûté au total au bas mot environ $10B, principalement sous la forme d&#8217;accords à l&#8217;amiable avec des concurrents (Sun, AOL, Real Networks, Novell, etc) ou avec des Etats des USA et d&#8217;amendes Européennes.</p>
<p>Chez Google, les ennuis ont commencé récemment, en 2005/2006 et ont surtout concerné ses relations avec la propriété intellectuelle et le droit d&#8217;auteur, mais dans des différents avec d&#8217;autres entreprises privées. Que ce soit avec la presse écrite en Belgique (qui a obtenu son déréférencement du moteur de recherche de Google, ce qui soit-dit en passant est une bien belle erreur de la part de ces médias), avec certains pays qui voyaient d&#8217;un mauvais oeil l&#8217;émergence de Google Books, ou avec les ayants droits du cinéma et de la télévision avec le service YouTube. </p>
<p>Nos deux leaders qui veulent se développer dans les pays émergents comme la Chine sont confrontés au délicat équilibre entre le respect des <a href="http://news.com.com/Google+to+censor+China+Web+searches/2100-1028_3-6030784.html">lois parfois liberticides</a> de ces pays et aux aspirations de liberté et d&#8217;exemplarité du reste du monde. Jusqu&#8217;à présent, ils ont choisi le respect de ces lois malgré le tollé que cela peut générer. Et ils rentrent dans le mode &#8220;dammage control&#8221; pour éviter un effet de résonance trop fort dans les pays occidentaux.</p>
<p>La position dominante de Google n&#8217;a pas encore eu de répercussions juridiques. Malgré des parts de marché dans le search qui se rapprochent de celles de Windows et Office: plus de 80% au Royaume Uni et en France semble-t-il, et <a href="http://thebrowser.blogs.fortune.com/2007/04/11/google-corners-nearly-two-thirds-of-us-search-market/">64% aux USA</a> qui est un marché plus compétitif pour eux. Les ennuis juridiques de Microsoft provenaient d&#8217;accusations d&#8217;abus de position dominante sur un point récurrent: l&#8217;intégration. Que ce soit l&#8217;intégration d&#8217;Internet Explorer dans Windows (DOJ), de Windows Media Player dans Windows (Commission Européenne)&nbsp;ou&nbsp;les liens entre Windows client et serveur (Commission Européenne). Chez Google, ce risque est moindre du fait de la nature Internet de leur activité. Leurs outils sont disparates et peu intégrés. Et la page d&#8217;accueil de Google ne fait pas directement la promotion d&#8217;autres services de Google. Cela répond à la fois à une exigence de simplicité, mais relève peut-être également d&#8217;une précaution juridique de bon aloi.</p>
<p>Chez Microsoft, les relations institutionnelles couvrent un spectre très large de sujets tels que: </p>
<ul>
<li>Il leur faut déjà faire <strong>homologuer les logiciels </strong>par les organismes de sécurité idoines (DCSSI/SGDN en France, NSA aux USA, etc). C&#8217;est un processus technique méconnu et indispensable pour pouvoir commercialiser les logiciels.
<li>Dans les pays émergents, ils poussent à l&#8217;adoption de dispositions législatives protégeant la <strong>propriété intellectuelle</strong>, préalable à toute activité commerciale saine dans le domaine du logiciel commercial.
<li>Ils font un lobbying en faveur des <strong>brevets logiciels </strong>en Europe, même s&#8217;il n&#8217;est pas très développé contrairement aux théories du complot imaginées chez les bien plus efficaces (sur ce sujet) ennemis des brevets logiciels des communautés du logiciel libre. Mais le rejet du Parlement Européen de la proposition de Directive de la Commission Européenne sur les brevets en 2005 n&#8217;est pas si grave que cela pour&nbsp;MS car les brevets concernant les logiciels - de MS comme des autres - sont acceptés par l&#8217;Office Européen des Brevets. Le cadre juridique manque juste de clarté!
<li>Le sujet des <strong>droits d&#8217;auteurs </strong>et des DRM bouillonne en ce moment. Avec une position d&#8217;équilibriste car l&#8217;assimilation potentielle des logiciels aux contenus culturels, protégés tous les deux par le droit d&#8217;auteur, peut avoir des effets induits négatifs pour le logiciel. Les éditeurs ne verraient évidemment pas d&#8217;un bon oeil la notion de copie privée être associée aux logiciels.
<li>Les questions concernant l&#8217;<strong>interopérabilité </strong>à l&#8217;heure ou l&#8217;Europe et des pays comme la France édictent des&nbsp;<a href="http://www.admi.net/jo/20070303/BUDJ0700001D.html">référentiels d&#8217;interopérabilité</a> pour l&#8217;informatique des services publics. Cadres qui pourraient indirectement interdire l&#8217;usage de logiciels comme MS Office dans les services publics. Microsoft doit à la fois gérer les relations avec les organismes de normalisation (ECMA, ISO, etc) pour faire adopter les spécifications de certains de ses produits comme standards, et avec les administrations en charge de ces cadres d&#8217;interopérabilité pour promouvoir sa propre approche d&#8217;ouverture.
<li>Des <strong>questions de société </strong>comme la protection de l&#8217;enfance sur Internet, liée à l&#8217;activité MSN, la protection de la vie privée, intégrée notamment dans les relations avec les organismes du type CNIL, tout comme la place des TIC dans l&#8217;éducation.
<li>Ils s&#8217;impliquent pour promouvoir le <strong>rôle des TIC </strong>dans le développement économique, notamment au niveau des PME, où Microsoft est très actif, ou dans les partenariats avec la recherche publique, déjà évoqués.</li>
</ul>
<p>Il est probable que Google ait à s&#8217;impliquer plus dans nombre de ces sujets dans les années à venir! Ils sont souvent d&#8217;ordre défensif pour le business, mais ils prennent souvent la forme d&#8217;une meilleure intégration avec la société civile et politique sur des questions de société auxquelles ils ne peuvent pas échapper. Les relations institutionnelles avec les pouvoirs publics et législateurs sont intimement liées à la gestion de l&#8217;image de la société. Dans le cas de Google, ils ont d&#8217;ailleurs mis les deux activités sous la même casquette: celle d&#8217;un VP, Elliot Schrage, spécialiste de ce que l&#8217;on appelle la responsabilité sociale des entreprises (Corporate Social Responsibility).</p>
<p>Les deux entreprises doivent gérer leur puissance réelle ou perçue par le marché. Voir à ce sujet deux articles récents intéressants: &#8220;<a href="http://www.businessweek.com/magazine/content/07_15/b4029001.htm?campaign_id=rss_tech">Is Google Too Powerful?</a> paru dans Business Week, et &#8220;<a href="http://www.paulgraham.com/microsoft.html">Microsoft is dead</a>&#8221; de Paul Graham qui fait référence au fait que Microsoft ne fait maintenant plus peur. L&#8217;impact de la dominance est tel que les frayeurs des plus rationnelles aux plus irrationnelles émergent. La peur d&#8217;un nouveau &#8220;big brother&#8221; est toujours présente. Certains s&#8217;inquiètent ainsi des capacités de transmissions de fibres optiques démesurées acquises par Google! Des peurs fleurissent en Europe où l&#8217;on n&#8217;apprécie pas trop l&#8217;émergence d&#8217;acteurs mondiaux dominants provenant d&#8217;outre-Atlantique. D&#8217;où le (laborieux) lancement de Galiléo pour concurrencer le GPS américain, celui du (tout aussi incertain) moteur de recherche français Quaero, qui n&#8217;est même pas un projet européen. Et nombreux sont ceux en Europe qui poussent au développement des logiciels libres dans l&#8217;espoir de réduire leur dépendance vis à vis de Microsoft.</p>
<p>Pour terminer ces trois posts, signalons que les comparaisons entre Google et &#8220;le reste du monde&#8221; sont nombreuses. Certains ont même comparé <a href="http://www.readwriteweb.com/archives/google_the_ultimate_money_making_machine.php">Google à StarBucks</a>. Pour dire que le business model de Google était plus efficace, car reposant moins sur des hommes pour fonctionner. Vous pourrez également consulter avec intérêt cette récente interview d&#8217;Eric Schmidt, le CEO de Google, parue&nbsp;<a href="http://www.readwriteweb.com/archives/google_the_ultimate_money_making_machine.php">dans Wired</a>.</p>
<p>Aurais-je oublié d&#8217;autres points communs? Sûrement! A vous de les trouver maintenant!</p>
<p>Un des lecteurs de ce blog a annoncé attendre la version PDF de ces&nbsp;trois posts. Je m&#8217;y attèlerai en fonction des commentaires de lecteurs et compléments d&#8217;information glanés dans les jours qui viennent.</p>
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		<title>Google = Microsoft ? (1)</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Apr 2007 09:56:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Dans une intervention à Stanford en mars dernier, Steve Ballmer le CEO de Microsoft faisait quelques remarques intéressantes sur Google. Pour lui, la croissance de ce dernier est actuellement &#8220;folle&#8221;, mais surtout, il considère que Google n&#8217;a pas encore trouvé la manière&#160;de préparer sa prochaine &#8220;vache à lait&#8221; après le search et la publicité. Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans une <a href="http://news.com.com/1606-2-6167775.html">intervention à Stanford</a> en mars dernier, Steve Ballmer le CEO de Microsoft faisait quelques remarques intéressantes sur Google. Pour lui, la croissance de ce dernier est actuellement &#8220;folle&#8221;, mais surtout, il considère que Google n&#8217;a pas encore trouvé la manière&nbsp;de préparer sa prochaine &#8220;vache à lait&#8221; après le search et la publicité. Il faisait le parallèle avec Microsoft qui avait créé au moins trois vaches à lait: le système d&#8217;exploitation Windows, la suite Office, et les logiciels serveur.</p>
<p>Ce parallèle est tout à fait pertinent. Google est en effet dans la situation de Microsoft il y a environ une quinzaine d&#8217;année de ce point de vue là. Ce sont deux entreprises qui en sont à un stade différent de leur développement mais qui suivent des chemins parallèles liés notamment à l&#8217;effet de taille. Celle de Google est telle, avec $10B de chiffre d&#8217;affaire, que les deux sociétés présentent maintenant pas mal de similitudes dans leur manière d&#8217;être et leur stratégie. Je vais tenter d&#8217;en faire l&#8217;inventaire tout en soulevant les nuances lorsque nécessaire. Sachant qu&#8217;évidemment, il y a plein de différences entre ces deux entreprises, ne serait-ce qu&#8217;au niveau de leur coeur de métier et de leur position stratégique respective.</p>
<p>Cela ne veut pas&nbsp;dire pour autant que l&#8217;histoire passée de Microsoft permet de prédire celle de Google. Mais au moins pourra-t-on en expliquer quelques épisodes à postériori.</p>
<p>Voici ces points communs que je vais passer en revue, occasion pour vous de découvrir quelques aspects méconnus des deux sociétés : </p>
<ul>
<li>Des vaches à lait et une position dominante&#8230; et ce que cela induit dans les comportements.
<li>De très bons basiques financiers alimentés par une profitabilité record.
<li>Une R&amp;D interne très forte couplée à des acquisitions régulières, avec le rôle d&#8217;entrainement pour l&#8217;industrie.
<li>Une approche croisée entreprise et grand public, gérée avec plus ou moins de bonheur.
<li>Une direction multi-céphale bien complémentaire et avec une forte affinité technologique, facteur clé de succès.
<li>Une politique de ressources humaines qui les place au dessus de la mêlée.
<li>Des relations institutionnelles rendues indispensables du fait de leur poids sur le marché et créées à l&#8217;issue de difficultés juridiques diverses.</li>
</ul>
<p><strong>Des vaches à lait et une position dominante</strong></p>
<p>Ce sont deux caractéristiques communes clés de ces deux entreprises et de nombreux leaders de marchés: elles disposent chacune de deux à trois &#8220;vaches à lait&#8221; et d&#8217;une position dominante sur leur marché respectif. Quel impact cela a-t-il? Au moins sur la culture d&#8217;entreprise, sur sa relation avec son marché et sur la difficulté de créer d&#8217;autres sources de croissance et de se diversifier.</p>
<p>Les vaches à lait de Microsoft sont les <strong>systèmes d&#8217;exploitation personnels</strong>&nbsp;(MS-DOS en 1981 puis Windows à partir du début des années 1990), la <strong>bureautique </strong>(surtout avec la suite Office à partir du milieu des années 1990) et les <strong>logiciels serveurs </strong>(à partir de la fin des années 1990). Ces trois business représentent respectivement 30%, 26,5% et 25,9% du chiffre d&#8217;affaire de Microsoft et plus de 90% de parts de marché pour les deux premiers, et entre 40% et 60% de parts de marché pour les logiciels serveurs, qui représentaient la plus forte croissance profitable de Microsoft en 2006. Ces&nbsp;secteurs d&#8217;activité&nbsp;font respectivement $13,2B, $11,7B et $11,5B. Chacun représente donc plus que la taille de Google dans son ensemble. Le chiffre d&#8217;affaire &#8220;hors vache à lait&#8221; de Microsoft représentait 17% du total de Microsoft en 2006, soit tout de même près de $8B. L&#8217;espoir de Microsoft est de faire grandir ces nouveaux business: la XBOX, MSN, la mobilité, les applications métiers, la TV sur IP. Cela fait beaucoup de fers au feu pour l&#8217;instant et des résultats assez peu probants. Notamment avec MSN. Mais Microsoft est patient et peut réussir sur au moins un à deux de ces segments.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0233.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="305" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0_thumb93.png" width="323" border="0"></a> </p>
<p>Les vaches à lait de Google sont les revenus publicitaires des <strong>sites de Google </strong>(62% du revenu, en augmentation) et ceux qui sont générés avec <strong>AdSense </strong>sur les sites partenaires de Google<strong> </strong>(le reste du revenu de Google, en baisse en proportion). Google n&#8217;a qu&#8217;un seul type de revenu: la publicité&nbsp;sous la forme de&nbsp;vente de mots clés ou d&#8217;espace. Ces deux activités sont devenues des vaches à lait il y a quelques années alors que la part de marché de Google croissait inexorablement. Elle est actuellement supérieure à 40% et continue d&#8217;augmenter au détriment de Yahoo et Microsoft. Hors vache à lait, le revenu de Google représente moins de 1% du total. Sachant que le revenu généré par les sites Google n&#8217;est pas détaillé dans ses rapports financiers. On peut supposer qu&#8217;il provient essentiellement de la vente des AdWords dans Google Search (avec 56% de parts de marché) et que le revenu publicitaire généré par les autres activités comme Blogger, Earth, Gmail ou YouTube est encore marginal. Les acquisitions récentes de Google montrent la tentation pour Google de s&#8217;intégrer horizontalement dans le marché de la publicité en sortant de l&#8217;Internet avec&nbsp;l&#8217;affichage, la presse écrite et la télévision.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0124.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="322" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0_thumb44.png" width="320" border="0"></a> </p>
<p>De point de vue de la vitesse de création de ces vaches à lait, il a fallu à Microsoft&nbsp;six ans pour initialiser la première (systèmes d&#8217;exploitation avec MS-DOS puis Windows), plus d&#8217;une dizaine d&#8217;année pour la seconde (la bureautique) et près d&#8217;une vingtaine d&#8217;années pour la troisième (les serveurs). Chez Google, cela a été&nbsp;équivalent avec&nbsp;moins de 10 ans pour les deux premières (Search et AdSense). </p>
<p>Ces vaches à lait croissent de manière différente. Chez Microsoft, le revenu est indexé en gros sur le nombre de PC vendus, et chez Google sur le nombre d&#8217;internautes multiplié par le temps qu&#8217;ils passent sur Internet. C&#8217;est ce temps qui conditionne la migration des budgets publicitaires des médias traditionnels vers l&#8217;Internet. Cette croissance &#8220;utilisateur <strong>x</strong> temps&#8221; est bien plus forte que celle des ventes de machine ces dernières années, et même au début de l&#8217;histoire des PC. Elle assure un taux de croissance extraordinaire pour Google: +72% en 2006 tandis que Microsoft plafonnait à +13% en 2006 et avait atteint ce taux de croissance de +72%&nbsp;la dernière fois en 1988! Cela explique la rapidité de la croissance de Google par rapport à celle de Microsoft comme l&#8217;attestent les deux courbes de revenu suivantes, similaires à ceci près que l&#8217;échelle de temps est trois fois plus rapide pour Google. On constate aussi que la courbe de croissance de Google semble exponentielle et celle de Microsoft maintenant linéaire. Mais celle de Google va probablement se calmer.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image022.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="430" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0_thumb2.png" width="327" border="0"></a> </p>
<p>Voyons les taux de croissance du chiffre d&#8217;affaire, une courbe qui décroit inexorablement avec la taille de la société. Dans le cas de Microsoft, ils ne sont pas vraiment réguliers de part l&#8217;aspect cyclique de sa croissance historique liée à la sortie de versions majeures de Windows - comme en 1995 - ou d&#8217;Office. Cette croissance a été lissée depuis 2001 grâce à l&#8217;annualisation des revenus de Microsoft avec ses clients entreprises qui représentent plus de la moitié du chiffre d&#8217;affaire de Microsoft. Dans le cas de Google, les flux de revenu sont réguliers et liés à la croissance de l&#8217;Internet qui n&#8217;a pas subi d&#8217;à-coups ces dernières années.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0154.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="402" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0_thumb54.png" width="324" border="0"></a> </p>
<p>Microsoft a monétisé son offre dès sa création, puis s&#8217;est introduit en bourse&nbsp;11 ans après sa création (en 1986)&nbsp;alors qu&#8217;il a fallu environ&nbsp;trois ans à Google pour monétiser ses services et six pour s&#8217;introduire en bourse (créé en 1998, IPO en 2004).</p>
<p>Le point commun de ces deux sociétés est la difficulté qu&#8217;elles rencontrent pour créer d&#8217;autres vagues de croissance et donc, ou bien ajouter de nouvelles vaches à lait à leur portefeuille, ou bien les remplacer par d&#8217;autres, à plus forte croissance. Ceci malgré l&#8217;extrême diversité de leur portefeuille de produits. On verra un peu pourquoi&nbsp;par la suite.</p>
<p>L&#8217;impact de ces vaches à lait et de ces positions dominantes est classique : il altère l&#8217;attitude des sociétés qui en bénéficient. Elles &#8220;traient&#8221; au maximum leur vache à lait en optimisant leur mécanique marketing et commerciale. En générant au passage une forme d&#8217;arrogance comportementale, surtout commerciale. Ces entreprises en sont à des phases de maturité différente: Google traverse une période &#8220;à forte arrogance&#8221; tandis que Microsoft, secoué par quelques procès et autres aspérités dans son image, a changé progressivement d&#8217;attitude et s&#8217;est quelque peu assagi. Le Google d&#8217;aujourd&#8217;hui ressemble à peu de choses près au Microsoft du milieu des années 1990. </p>
<p><strong>De très bons basiques financiers</strong></p>
<p>Nos deux leaders sont des champions en termes de profitabilité! Ceci grâce à leur part de marché, à l&#8217;effet de volume, et à des coûts variables relativement faibles. Ils génèrent déjà un très haut revenu par employé: $633K pour Microsoft et $937K pour Google.</p>
<p>Leur résultat net est quasiment identique: <strong>28,5%</strong> pour Microsoft et <strong>29% </strong>pour Google pour leur année fiscale 2006. Leur résultat d&#8217;exploitation est de 37,2% pour Microsoft et 33,47% pour Google. Le décalage entre les deux s&#8217;explique en particulier par des provisions pour impôts et taxes différentes (12,79% du revenu pour MS et 8,8% du revenu pour Google) probablement liées à une meilleure optimisation fiscale pour Google, et au fait que la majorité de leur CA vient encore des USA (56%) où la taxation des entreprises est plus faible.</p>
<p>A haut niveau, leur structure de coût est un peu différente. Le &#8220;cost of revenue&#8221; est&nbsp;très élevé chez Google: 40% du revenu vs moins de 12% chez MS (pourtant alourdi par la XBOX):</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0323.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="190" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0_thumb123.png" width="336" border="0"></a> </p>
<p>Mais il comprend 30% de coûts d&#8217;acquisition de clients qui correspondent au revenu reversé aux sites partenaires de Google (votre revenu AdSense si vous en avez un sur votre site ou votre blog). Cela peut être considéré&nbsp;comme une &#8220;marge revendeur&#8221;, qui n&#8217;apparait pas dans le modèle de vente Microsoft car Microsoft reverse peu de marges arrières à ses partenaires. Si on enlevait ce revenu partagé avec les partenaires de Google de leur compte d&#8217;exploitation, cela donnerait la chose suivante:</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0383.png" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-width: 0px" height="186" src="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/GoogleMicrosoft_D04D/image0_thumb143.png" width="336" border="0"></a></p>
<p>A savoir, une phénoménale marge opérationnelle de 47%! Et un investissement en R&amp;D plus élevé que celui de Microsoft au regard du revenu. Les &#8220;cost of revenue&#8221; restent voisins. Chez Google, il s&#8217;agit essentiellement de leurs conséquents &#8220;data centers&#8221; et leurs centaines de milliers de serveurs qui consomment au total l&#8217;électricité de près d&#8217;une tranche nucléaire. Chez Microsoft, c&#8217;est un bric à brac qui intègre les coûts de fabrication du matériel (XBOX, claviers, souris), des produits vendus en boite (de moins en moins), les data centers de MSN, et les faibles coûts des ventes de produits en licence.</p>
<p>Microsoft dépense bien plus que Google en vente et marketing. Pour la vente, c&#8217;est lié au coût élevé de son business dans les entreprises (avec force ingénieurs commerciaux, avant-vente et du marketing terrain). Pour le marketing, c&#8217;est lié aux budgets importants consacrés au marketing à la fois dans les entreprises et vis à vis du grand public, avec l&#8217;articulation d&#8217;un mix média complet (Internet, publicité TV, séminaires, conférences, etc). Google a un marketing bien plus léger, mais au vu de leur modèle, leur budget semble tout de même bien confortable.</p>
<p>Du côté du bilan, les deux boites conservent environ une année de chiffre d&#8217;affaire en cash, sachant que Microsoft en a distribué énormément à ses actionnaires ces dernières années alors que Google ne verse encore aucun dividende. Et lorsque Google fait l&#8217;acquisition de startups, ils peuvent le faire en échanges d&#8217;actions, alors que Microsoft le fait maintenant le plus souvent en cash, intégré dans son compte d&#8217;exploitation.</p>
<p>En tout état de cause, les deux sociétés sont très saines financièrement et ont les reins très solides pour absorber d&#8217;éventuels chocs.</p>
<p><em>Prochain épisode&#8230; sur leur R&amp;D et leur approche produit.</em></p>
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		<title>A la d&#233;couverte d&#8217;Entreprise-Facile</title>
		<link>http://www.oezratty.net/wordpress/2006/a-la-dcouverte-dentreprise-facile/</link>
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		<pubDate>Thu, 30 Nov 2006 14:35:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
Nous allons aujourd&#8217;hui à la découverte de http://www.entreprise-facile.com/, un site et un service d’accompagnement des entrepreneurs qui créent leur entreprise. Ce projet est le fruit des cogitations de trois centraliens «&#160;serial entrepreneurs&#160;» (Guillaume Besse, Eric Langrognet, Dimitri Dagot) qui réfléchissent depuis longtemps à la manière de profiter les entrepreneurs en herbe de leur propre expérience [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[</p>
<p>Nous allons aujourd&#8217;hui à la découverte de <a href="http://www.entreprise-facile.com/">http://www.entreprise-facile.com/</a>, un site et un service d’accompagnement des entrepreneurs qui créent leur entreprise. Ce projet est le fruit des cogitations de trois centraliens «&nbsp;serial entrepreneurs&nbsp;» (Guillaume Besse, Eric Langrognet, Dimitri Dagot) qui réfléchissent depuis longtemps à la manière de profiter les entrepreneurs en herbe de leur propre expérience dans ce domaine.   <a href="http://www.oezratty.net/wordpress/2006/a-la-dcouverte-dentreprise-facile/#more-143" class="more-link">(more&#8230;)</a></p>
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		<title>IDC et les DSI passent au Web 2.0 - 1/2</title>
		<link>http://www.oezratty.net/wordpress/2006/idc-et-les-dsi-passent-au-web-20-12/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Sep 2006 14:18:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Ezratty</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai assisté à une partie de l&#8217;European IT Forum d&#8217;IDC qui avait lieu à Paris les 25 et 26 septembre 2006. Cette année, le thème de la conférence&#160;était &#8220;Innovation : a strategy for growth in a shrinking world&#8220;. Thème bien à la mode.
 
J&#8217;ai surtout apprécié l&#8217;irruption du Web 2.0 dans cette conférence&#160;avec les interventions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai assisté à une partie de l&#8217;European IT Forum d&#8217;IDC qui avait lieu à Paris les 25 et 26 septembre 2006. Cette année, le thème de la conférence&nbsp;était &#8220;<strong>Innovation : a strategy for growth in a shrinking world</strong>&#8220;. Thème bien à la mode.</p>
<p><a href="http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/WindowsLiveWriter/IDCetlesDSIpassentauWeb2.0_1320D/IDCForumLogo2.jpg" atomicselection="true"><img style="border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-right-widt