Après plusieurs réunions de travail pour faire maturer ce plan, l’IE Club et Cyber-Elles soutiennent officiellement les 29 propositions pour les Assises du Numérique pour “Développer l’entrepreneriat et faire réussir les startups dans les TICs” (fichier Word 2003 et PDF).
Ces 29 propositions sont regroupées en six parties:
- Développer l’entrepreneuriat chez les jeunes
- Encourager et valoriser la prise de risque
- Augmenter les sources de financement de l’innovation, surtout privées
- Développer le secteur des TICs à l’international
- Améliorer la chaine alimentaire des startups
- Créer un climat médiatique favorable à l’entrepreneuriat
L’IE-Club est le club des acteurs de la ITech-Economie. Il se veut un carrefour de rencontres entre PME innovantes des TICs et les grands acteurs de l’innovation : investisseurs, grandes entreprises, laboratoires de recherche et organismes publics.
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July 8th, 2008
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Cela fait maintenant une dizaine de jours que j’ai publié un ensemble de propositions pour les Assises du Numériques destinées à favoriser l’entrepreneuriat en France dans les TICs et à aider les startups à réussir. Faisons un point d’étape avant la finalisation qui devrait normalement intervenir dans la semaine qui vient.
L’état des propositions
Le document est toujours en accès libre (fichier Word 2003 et PDF).
Il a pas mal évolué depuis cette première publication avec une bonne douzaine de contributions sérieuses et en profondeur. Les contributeurs de ces propositions présentent l’avantage de représenter plusieurs secteurs : entrepreneurs, investisseurs, enseignemant et acteurs de l’accompagnement des startups, associations. C’est un très bon début.
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June 29th, 2008
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Depuis la publication d’un ensemble de propositions pour encourager l’entrepreneuriat et faire réussir les startups en France, j’ai obtenu des feedbacks divers qui ont été intégrés pour l’essentiel dans le plan.
D’autres vont arriver ! Et le temps presse car l’équipe d’Eric Besson va relever les compteurs des propositions début juillet !
Pour à la fois reconnaître les contributions directes et les faire resortir, je me suis dit qu’il était utile de les mettre en évidence. Alors voici certains des éléments que j’ai reçus par mail ou en mode révision du document et qui méritent d’être relayés :
Pierre Kociusco-Morizet (Vice-Président de l’IE-Club et PDG de Price Minister)
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June 25th, 2008
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Après le lancement, le retour et les suites des Assises du Numérique, voici venu le temps des pro-po-si-tions ! Et pour vous, de contribuer à les améliorer.
Pourquoi donc ?
Comme je l’avais évoqué avant, pendant et après la journée du 29 mai dernier, on pouvait constater la faible mobilisation autour de l’économie de l’innovation du numérique, et en particulier des startups et de l’entrepreneuriat. On ne trouve à ce sujet que quelques propositions dans les 27 pistes proposées le 29 mai dernier par le Cabinet d’Eric Besson. Or, placer la France dans les grands pays du numérique requiert une bien plus grande ambition, notamment sur l’entrepreneuriat dans les TICs.
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June 17th, 2008
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L’un des facteurs clés de succès de la Silicon Valley souvent mis en avant est la taille et la concentration de son écosystème. Il est centré autour de l’université de Standford à côté de laquelle se trouve Sand Hill Road à Palo Alto, la rue où sont rassemblés l’essentiel des VC (sociétés de capital risque) qui comptent. Puis tout le reste autour à moins d’une demi-heure de route, notamment une palanquée de sociétés de services divers: avocats, spécialistes en propriété industrielle, agences de design, agences de presse, agences de communication, etc. Et surtout, au delà de milliers de startups, les sièges et/ou laboratoires de R&D d’entreprises mondiales puissantes et pourvoyeuses d’emplois de haut niveau : Google, Yahoo, eBay, Sun, Cisco, Hewlett-Packard, IBM, etc. Le rôle de l’université de Stanford dans la Silicon Valley, tout comme celui du MIT sur la côte est des USA, sont reconnus comme fondamentaux dans la création de ces écosystèmes d’innovations.
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June 16th, 2008
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La suite des Assises du 29 mai 2008, ce sont des dizaines d’Ateliers qui vont plancher sur les 27 pistes du “plan numérique”. Commençons par examiner ce qu’elles contiennent et comment elles pourraient être complétées, notamment autour de l’entreprenariat. Je raconterai ensuite les tenants et aboutissants du diner bloggeurs/Besson du soir du 29 mai.
Les 27 pistes
Publiées le jour même au format PDF, elles ont été résumées par Eric Besson dans son discours d’introduction des Assises du 29 mai dernier. Elles ont été préparées en à peine quelques semaines par son cabinet en fonction de leur connaissance des sujets, pas mauvaise dans l’ensemble, et d’influences diverses et de rapports divers. Eric Besson ne cherche pas à cacher ces différentes sources d’inspiration. Il les assume même.
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June 4th, 2008
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Comme plus de 1000 autres participants, j’ai assisté au lancement des Assises du Numérique le 29 mai 2008 à l’Université Paris Dauphine. C’était le “kick-off” du “plan numérique” qu’Eric Besson, secrétaire d’Etat à la prospective et à l’économie numérique, doit préparer pour François Fillon et Nicolas Sarkozy avant la fin juillet.
Je vais ici survoler ce qui s’est dit pendant cette journée du 29 mai et évoquer la méthode choisie par le gouvernement pour créer ce plan numérique. Dans un second post, je traiterai des 27 propositions et de leur teneur, ainsi que du diner organisé entre Eric Besson et quelques bloggeurs le 29 mai. En vous mettant en garde sur mon intérêt plus poussé sur l’économie de l’offre et des entrepreneurs des TIC que sur le marché intérieur et la demande.
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June 3rd, 2008
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Le 29 mai prochain à l’Université de Paris Dauphine aura lieu le lancement officiel des Assises du Numérique, un processus de consultation des acteurs publics et privés permettant à Eric Besson de présenter un “plan de développement de l’économique numérique” à Nicolas Sarkozy et François Fillon avant la fin juillet.
Cela n’a pas l’air, mais c’est un véritable marathon politique qui se prépare. Une habitude dans la conduite des réformes avec Nicolas Sarkozy, menée tambours battants quel que soit le sujet. Nous allons ici voir ce qu’il en est.
Les points clés du “plan numérique” selon Eric Besson sont “accélérer le déploiement des réseaux numériques sur l’ensemble des territoires ; libérer la création de valeur et favoriser la diffusion des contenus ; promouvoir la diversification et l’appropriation des usages pour une approche renouvelée de la citoyenneté“.
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May 26th, 2008
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Après avoir décrit l’objet du logiciel Outwit Hub, passons à un petit tutorial qui vous permettra de l’expérimenter pour une application pratique: la récupération de listes de sites web. Il vous faudra d’abord installer ou disposer de Firefox 2.X. La version 3 de Firefox qui est actuellement en bêta n’est pas encore supportée. Ensuite, vous installerez la bêta d’Outwit Hub. Elle fonctionne sur Windows, MacOS comme sur Linux.
Je vais utiliser ici un exemple de récupération de données structurées déjà exploité pour la préparation de mes supports de cours sur l’économie de l’innovation : la liste du Forbes 2000 qui regroupe les 2000 plus grandes entreprises mondiales. Elle est porteuse d’une très grande richesse d’informations. Cette liste apparait sous forme de tableaux que l’on peut copier coller à la main dans Excel. Mais il faut charger 20 pages ce qui est bien fastidieux.
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May 24th, 2008
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Le web, ses sites et les moteurs de recherche ont une particularité : ils présentent des tonnes d’information, mais en général, faiblement structurées.
La couche de présentation “web/HTML” détruit la structure originelle des informations, très souvent stockées dans des bases de données. Il en résulte des silos de données disparates difficiles à exploiter. Pourtant, des trésors d’informations sont disponibles qui pourraient être mieux exploitées : données financières, listes diverses, comparaisons de prix, listes d’objets à vendre, etc.
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May 24th, 2008
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En compilant quelques sources d’informations diverses, je vous ai conconté deux graphes sur le financement comparé de l’innovation entre la France et les USA. Ils parlent d’eux-mêmes et permettent de comprendre la différence clé dans ce financement : fortement public en France (et en Europe) et à dominante privé aux USA (avec des aides publiques indirectes).
Je vais compléter cela en survolant l’impact des différents Small Business Act américains sur les aides à l’innovation. Le tout avec quelques pointeurs de référence intéressants sur le sujet.
Recherche et innovation
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May 15th, 2008
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Le 6 mai est une date importante pour moi, mais pas 2007 (même si on reparlera un jour de cette dernière), plutôt 2006. Cela fait aujourd’hui exactement deux ans que j’ai démarré ce blog.
Cela faisait longtemps que je souhaitais partager avec vous cette expérience sous différents angles : ce qu’un bloggeur sait de son audience, le positionnement du blog, les contraintes techniques et de temps, et l’impact sur mon activité. Cet anniversaire m’en donne l’occasion.
Mon positionnement
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May 6th, 2008
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Voici une nouvelle édition très enrichie de ce guide sur “L’accompagnement des startups high-tech en France” qui a déjà deux ans maintenant (cf sa première publication sur ce blog). Guide qui permet aux entrepreneurs en herbe de se poser les bonnes questions pour préparer leur business plan et également de découvrir les ressources qui se présentent à eux pour financer leur projet et se faire aider. Une grande partie de l’écosystème français de l’innovation y est présentée.
Cette nouvelle mouture intègre de nombreuses informations glanées lors de Capital Week déjà évoquées dans un post précédent. Essentiellement au sujet des processus de financement par des business angels et capitaux risqueurs.
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May 2nd, 2008
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Après un premier post faisant un tour d’horizon de la dernière édition de Capital Week et des startups présentées, passons à la partie la plus intéressante : le partage d’expérience avec les acteurs du financement des startups et les startups elles-mêmes.
Il y avait à Capital Week : incubateurs, Oséo, Ministère de la Recherche, business angels, capitaux risqueurs (VCs), leveurs de fonds, juristes et évidemment startups témoignant de leur propre expérience. De quoi faire un bon tour d’horizon. J’ai structuré ce retour de manière linéaire selon le cycle de financement des startups. Et, lorsque nécessaire, complété les propos entendus par ma propre expérience du sujet. Ce sont des basiques pour ceux qui sont déjà passés par là mais pas pour les jeunes entrepreneurs en herbe.
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April 29th, 2008
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J’ai participé la semaine dernière à Capital Week, l’événement pour investisseurs et entrepreneurs organisé par MarTech & Finance. Il avait lieu dans une annexe de la Sorbonne au boulevard Malesherbes dans le 17eme à Paris.
Avec LeWeb3 et Tremplin Sénat, c’est un des événements parisiens incontournables de l’année pour les entrepreneurs à la recherche de financements.
J’étais présent - comme invité - sur deux jours sur les trois de la manifestation.
- Capital Workshop : premier jour d’atelier de formation pour les entrepreneurs. Le plus intéressant et le mieux fréquenté des trois jours.
- Capital Angels : un second jour dédié aux business angels et aux entrepreneurs cherchant ce type de financement.
- Capital IT : simultanément à Capital Angels, dédié aux VCs et aux entrepreneurs de startups plus avancées dans leur développement.
- Capital Transfert : le troisième jour, dédié au transfert technologique de la recherche vers les startups.
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April 28th, 2008
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La “Réforme Générale des Politiques Publiques” qui doit rationnaliser le fonctionnement de l’Etat est bien contestée. Surtout au sujet des économies qu’elle devait générer au niveau des dépenses publiques. Economies jugées bien décevantes par les commentateurs de tout poil (voir cette revue de presse). Ou alors, au contraire, économies et réorganisation destinées à détruire le service public pour certains, ou annonçant un “plan de rigueur”.
Nous allons creuser un peu dans cette réforme pour comprendre ce qu’elle contient et son impact potentiel, notamment sur les startups. Il faut commencer par consulter la liste des mesures de la dernière vague du RGPP qui a déclenché ces polémiques, sachant que la source est le Rapport détaillé d’Eric Woerth.
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April 20th, 2008
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En sortant des TIC, que trouve-t-on d’intéressant dans ce nouveau batch de statistiques OCDE évoqué dans mon article précédent sur l’équipement PC/Internet des français ?
On se rappelle surtout que la France est championne dans deux catégories : dans la part de l’électricité produite avec l’énergie nucléaire (70%, champions du monde de très loin) et dans le poids des prélèvements obligatoires (avec le Suède).
J’y ai trouvé sinon quelques données intéressantes et parfois contre-intuitives :
- Dans ses investissements en R&D, la France au dessus du Royaume Uni et dans la moyenne OCDE. Dans les grandes puissances économiques, nous sommes cependant devancés par les USA, la Corée, le Japon et l’Allemagne.
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April 15th, 2008
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Depuis le déblocage du dossier du financement public français de Quaero par la Commission Européenne le 11 mars 2008 dernier (annonce ici), on entend à nouveau parler de Quaero. Ce financement est de 99m€, un peu plus que ce qui avait été initialement annoncé en 2006. Le programme coutera 199m€ sur 5 ans sachant que l’Etat en finance la moitié. En été 2007, la Commission Européenne avait également autorisé le gouvernement allemand à subventionner à hauteur de 120m€ leur projet THESEUS, qui est une sorte de “spin-off” de Quaero.
Le projet Quero a été compris comme un “moteur de recherche français” construit de toutes pièces. Il a été abondamment critiqué car voué à l’échec. Il aura certainement du plomb dans l’aile, mais pas pour les raisons généralement avancées.
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March 24th, 2008
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Les médias et commentateurs s’échinaient depuis des mois à prédire qui pourrait récupérer le poste de Secrétaire d’Etat en charge de l’Economie Numérique (voir cet exemple sur ZDNet). Plein de noms circulaient, la plupart issus de l’UMP. Et paf, c’est Eric Besson qui récupère la mission en complément de la prospective dont il était déjà en charge. Voyons ce qu’il en est et ce qu’il pourrait bien faire.
L’impact du politique
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March 19th, 2008
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Je croise des dizaines de startups par an et parfois j’ai un coup de coeur. En voici un qui n’a rien à voir avec les technologies de l’information et les loisirs numériques : la société DreamSlide et ses engins “de glisse” du même nom.
Je les ai découverts dans un comité de Sélection de Scientipôle Initiative. On y voit passer des projets dans plein de domaines: logiciels d’entreprise, sites web grand public, composants électroniques, matériaux innovants, production d’énergie, produits pour la santé, etc. Dans le logiciel, il y a beaucoup de “feature companies” ou de “copycats”, très souvent des solutions pour des marchés niches qui génèreront si tout va bien un chiffre d’affaire de quelques millions d’Euros. Et parfois, on tombe sur un truc qui pourrait en faire des dizaines de millions d’Euros, créer des dizaines voire des centaines d’emplois, et impacter sérieusement la vie des gens. Le déclic. DreamSlide en fait partie. C’est un projet qui étonne par son originalité et par les personnages qui le portent, la famille Gobillard. Donc, autant leur donner un peu de visibilité.
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March 5th, 2008
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Suite à quelques demandes, voici un petit service qui simplifiera la vie à ceux qui souhaiteraient disposer d’une version imprimée en couleur et reliée du Rapport CES 2008. Vous pouvez maintenant la commander sur le site Lulu.com pour la modique somme de 60€.
Merci au passage à Benoît Felten qui m’a signalé l’existence de ce service. Benoît est analyste chez Yankee Group et passionné de fibre optique. Son blog personnel (fiberevolution) est focalisé sur ce thème.
Pour la petite histoire Lulu.com est un service en ligne basé aux USA créé par Robert Young, l’un des fondateurs de RedHat.
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February 9th, 2008
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A mon tour de me pencher sur le Rapport Attali (plus précisément: Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française). Je ne vais ni le détruire, ni l’encenser, mais plutôt essayer de le compléter avec un regard porté sur l’innovation industrielle.
Le rapport propose un beau dépoussiérage du pays, de ses nombreux archaïsmes (professions sur-protégées, etc), de revoir son découpage administratif pesant, de refondre l’université et plein d’autres mécanismes de notre pays, tout en tentant de préserver un équilibre entre entrepreneuriat, investissements, et protection sociale et en s’inspirant des bonnes pratiques d’autres pays.
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January 31st, 2008
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La rédaction de mon rapport de visite sur le Consumer Electronics Show de Las Vegas, qui s’est terminé il y a deux semaines à Las Vegas, est enfin achevée! Voici donc “hot off the press” ce nouveau rapport qui j’espère vous fera découvrir quelques tendances intéressantes.
Dans les nouveautés cette année, nous avons une nouvelle couverture plus colorée. Et un peu de contenu tout de même, à vous de juger! :).
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January 24th, 2008
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Une grande part des participants à la conférence LeWeb3 sont des entrepreneurs ou émérites ou en herbe. Le concours de beauté de startups en mettait en valeur une trentaine. Les présentations étaient réalisées dans de bien meilleures conditions que l’année dernière, avec une salle de 200 places et une scène confortable. Les pitches duraient 7 minutes chrono! Presque trop long dans certains cas!
Le jury était un peu embarrassé lors du débrief (cf ci-dessous avec Robert Scobble au milieu). Une grande partie des sociétés n’avait pas réussi à respecter le plan qui était suggéré consistant à présenter le produit, le marché, la concurrence, une démonstration et le modèle économique. Sans compter l’absence d’ambition claire: quelle est la taille du business que ces boites pourraient générer?
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December 15th, 2007
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L’édition 2007 de LeWeb3 était de l’avis général une réussite. En effet, le panel de speakers était impressionnant et couvrait un grand nombre de sujets intéressants et de manière synthétique et rafraichissante. Et avec plus de 1600 participants, cet événement est devenu la Mecque des rencontres entre startups et financiers en puissance. Seul bémol, l’atmosphère de "bulle" qui affecte la création de projets tout azimut et un peu farfelus. Plus qu’avant? Je ne sais pas trop, mais c’est l’impression que cela donnait.
Deux grands thèmes des interventions m’ont interpellé: la quête d’un Internet responsable et l’orientation utilisateur. Le tout mâtiné des inévitables digressions sur les réseaux sociaux, sur la musique et sur la vidéo. Je n’ai pas tout suivi comme il se doit, devant jongler entre sessions plénières, présentations de startups et discussions à tout bout de champs.
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December 15th, 2007
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La fascination qu’exerce la Silicon Valley est grande. Le nombre de voyages organisés là-bas pour des comités de direction d’entreprises et autres groupements professionnels, par des indépendants tels que Jean-Michel Billaut et récemment par l’Institut d’Entreprise en atteste. On ne revient pas indemne de ce genre de voyage. Le succès éclatant de la Silicon Valley génère quelque envie de reproduire le système en France. Comparativement à la Silicon Valley, la situation en France va de “pas bonne” à “catastrophique” selon les uns et les autres. Egaler la Silicon Valley est probablement hors de portée car on ne reconstitue pas comme cela 150 années d’histoire. Mais on peut tenter de s’en rapprocher tout en respectant nos spécificités nationales.
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December 9th, 2007
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Dans cette seconde partie de mon compte-rendu de voyage dans la Silicon Valley, nous allons aborder d’un côté le point de vue des investisseurs, et de l’autre quelques tendances marché et technologiques “humées” sur place.
Les sujets d’intérêt pour les VCs
Les VC de la Silicon Valley sont concentrés sur Sand Hill Road à Palo Alto. C’est le microcosme dans le microcosme. Par chance, Palo Alto est en plein milieu de la Silicon Valley ce qui facilite les déplacements pour les VCs.
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December 5th, 2007
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Je suis de retour de cet extraordinaire voyage d’étude organisé par Jérémy Fain. Il avait pour objectif de comprendre le fonctionnement de l’innovation dans la Silicon Valley et de nouer des rencontres. Pour les entrepreneurs du voyage, c’était aussi l’occasion de comprendre comment on s’implante aux USA. Nous étions une grosse vingtaine (la liste est ici) avec un mélange de jeunes entrepreneurs, des consultants IT, un investisseur (Said Sebti de Ventech), un journaliste (Guy Hervier de ITR Manager, qui publie un compte rendu détaillé de plusieurs de nos meetings, complétés par une semaine supplémentaire dans la Silicon Valley) et un jeune retraité bien dynamique (Alain Le Corvec, ancien PDG de Philips France).
Les rencontres
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December 3rd, 2007
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Lundi 22 octobre avait lieu l’événement de lancement d’une initiative fort intéressante: la création d’une filière logiciels/internet de France Angels, l’association française des business angels qui fédère de nombreuses associations locales de business angels comme Paris Business Angels. Cela m’a permis de découvrir ce mouvement, son fonctionnement, ses forces et ses faiblesses et certains éléments d’articulation entre business angels et VC dans le financement des startups. Partageons cela! Avec en italiques, mes commentaires personnels sur la synthèse que je fais des propos des intervenants.
Jacques Collin (co-président de France Angels et VP de Paris Business Angels) a commencé par expliquer pourquoi il y avait un sens à créer une filière logiciel dans France Angels. Il y a d’abord des raisons liées à ce secteur d’activité :
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October 23rd, 2007
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Au gré des startups que je rencontre pour des raisons diverses, je constate un comportement au combien classique consistant à présenter des prévisions financières délirantes (chiffre d’affaire, croissance, marge):
- Telle startup d’édition de logiciel qui partant de rien et sur un marché niche prévoit de faire 30 m€ de chiffre d’affaire en trois ans. Ce qui placerait la startup dans les 20 premiers éditeurs de logiciels français (selon le classement Truffle ci-joint). Et avec une croissance linéaire alors qu’en général, elle suit plutôt une exponentielle assez lente à démarrer.
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October 21st, 2007
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La semaine dernière, quelqu’un m’a recommandé la lecture d’un livre récemment publié par Pierre Veltz: “Faut-il sauver les grandes écoles” qui vallait le détour.
On parle souvent - à juste titre - de sauver les universités françaises du déclin, mais le sujet des grandes écoles est rarement abordé. Là où l’auteur m’a interpellé, c’est lorsqu’il fait le lien entre le système des grandes écoles françaises et les lacunes en matière d’innovation dans le pays et qu’il milite pour une défragmentation des grandes écoles. Cela justifie bien quelques approfondissements et commentaires. D’autant plus que je milite pour une même cause comme j’ai pu m’en expliquer dans quelques uns de mes posts sur ce blog ici par exemple, vers la fin). Alors, je vais enfoncer le clou!![fautilsauverlesgrandesecoles[1]](http://www.oezratty.net/wordpress/wp-content/fautilsauverlesgrandesecoles11.png)
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September 24th, 2007
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J’ai profité du calme relatif de cette fin de mois d’août pour mettre à jour ce document publié pour la première fois en mai 2006 recensant les questions à se poser lors de la création d’une startup et les dispositifs d’accompagnement du créateur.
Vous le trouverez ici (cliquer sur l’image):
Quelles mises à jour ai-je effectué? Surtout dans la première partie dédiée aux “questions à se poser”. J’y ai notamment étoffé la partie RH, sur la segmentation de marché, sur la proposition de valeur, et intégré une check-list des éléments clés d’une bonne organisation technique, que j’utilise lorsque je réalise des audits de R&D logicielle. Et quelques réactualisations dans le reste, notamment sur certains liens Internet (mais je ne les ai pas tous vérifiés…).
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August 19th, 2007
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La semaine dernière, j’ai été contacté par Cédric Ingrand qui souhaitait me voir intervenir dans son émission « Plein Ecran » de LCI au sujet de l’actualité des logiciels libres, entretenue par la manifestation « Paris Capital du Libre » qui avait lieu la même semaine. J’y suis allé. L’enregistrement avait lieu le vendredi après-midi pour une diffusion le samedi suivant avec 15 minutes pour diffusion TV et l’équivalent pour une diffusion Web. Le débat avait lieu avec Alexandre Zapolski, PDG de la SSLL Linagora et organisateur de « Paris Capitale du Libre », Tristant Nitot, Président de Mozilla Europe, et Emmanuel Paquette, journaliste aux Echos. Chaque tranche de 15 minutes étant coupée par un reportage d’environ 5 minutes, autant dire qu’il restait peu de temps pour permettre à ce petit monde de s’exprimer. Et j’en suis ressortit un peu frustré aux entournures, comme de nombreux spécialistes qui ont l’occasion de s’exprimer pour le petit écran. Heureusement, le blog est là et permet de poursuivre le débat sous une autre forme, plus dense et argumentée.
Pourquoi poursuivre le débat ? Parce que cette émission était un peu trop béatement enthousiaste sur l’impact économique du logiciel libre. Tant dans les reportages, telle cette installation d’Ubuntu qui avait l’air aussi simple que celle de Picasa sous Windows et ressemblait à une vidéo de télé-achat à la Bellemarre, qu’avec les intervenants. Mais bon, que ce phénomène souvent dénoncé lorsqu’il favorise les éditeurs commerciaux se retrouve dans les logiciels libres ne devrait pas être surprenant.
Vous pouvez visionner cette émission par téléchargement en MPEG4 avec la première partie et la seconde partie, et également sous forme de streaming sur LCI.fr.
Alors, sur ces entrefaits, voici sur quoi je voulais donc revenir…
Les logiciels libres créeraient des dizaines de milliers d’emploi
Le point de Cédric Ingrand était que le logiciel libre était devenu du « big business ». Alexandre Zapolski mettait ainsi en avant les quelques dizaines de milliers d’emplois créés par les logiciels libres et un taux de croissance de ces emplois de plus de 70%. Le Syntec estime quant à lui le marché des services autour du libre à 540m€ et à 1,4% du total et devrait croitre de 50% en 2007.
Ces données me semblent en fait bien sous-estimées ! Le secteur informatique représente en France plus de 600000 emplois, dont une grosse moitié dans les sociétés de services. Comme la part de marché des logiciels libres dans les serveurs est d’environ 27% et que les activités de services autour des serveurs et applications associées, en particulier dans les domaines Internet et Intranet, sont en pleine effervescence, il n’est pas absurde d’évaluer le poids des logiciels libres à environ le quart du marché des services, soient près de 75000 emplois, sans compter le côté des entreprises et des fournisseurs de technologies. Mais il s’agit essentiellement d’un marché de services informatiques.
Mais le marché des services informatiques ne croit pas de 70% par an! Il a cru de 6,5% en 2006, toujours d’après le Syntec, et ces chiffres sont souvent légèrement surestimés. Les logiciels libres ne sont donc pas créateurs nets d’emploi à hauteur de +50%. Une grande part des emplois autour des logiciels libres sont le résultat de transferts entre technologies. La première affectée : Unix dont l’essentiel des activités et compétences, courantes dans les serveurs d’application, ont migré vers le libre et Java. Seconde technologie affectée : Novell Netware, qui a progressivement perdu du terrain ces 15 dernières années au profit des serveurs Microsoft et de Linux. Et Novell est maintenant focalisé sur Linux. Troisième victime: Windows Server et ce qui va autour. Même si cela ne s’est pas traduit en pertes nettes pour Microsoft, l’avancée du libre a au moins ralenti la croissance de Microsoft dans les serveurs. En particulier dans le secteur public qui lui est devenu particulièrement hostile. Et d’après le Syntec, la croissance des services informatiques en France est liée à “la recrudescence des projets de transformations dans les entreprises, […] d’une demande accrue pour des projets liés au règlementaire et aux fusions & acquisitions. Parmi les métiers les plus dynamiques figurent le Conseil, l’Infogérance applicative (en particulier la TMA) et les logiciels embarqués”. Et donc pas vraiment aux logiciels libres, même si on en trouve bien enfouis dans les systèmes embarqués.
Si les logiciels libres créaient de façon nette plus d’emplois que la croissance du marché informatique, cela voudrait dire que ces derniers sont plus consommateurs de services que les logiciels commerciaux qu’ils remplacent et qu’au final, la facture pour les clients s’en ressentirait (les budgets services sont environ cinq à dix fois plus grands que les budgets licences). Cela alimenterait le discours de Microsoft selon lequel le « Total cost of ownership » des logiciels libres en entreprise est supérieur à celui des logiciels commerciaux. Or ce n’est pas nécessairement le cas…
La croissance d’emploi générée par le libre est donc pour moi un argument économique aussi déplacé que ces études de Microsoft commandées à IDC dans le monde qui chiffraient les milliers d’emplois créés par Windows Vista au moment de son lancement en novembre dernier.
Ceci étant, si la part de marché de Linux dans les serveurs s’est relativement stabilisée en France, tout comme sur les postes de travail où elle plafonne à environ 3% en unités (en nouvelles machines), les scénarios d’utilisation des logiciels libres se diversifient. Ils touchent de plus en plus les Intranet de partage d’information (notamment avec l’émergence des Wikis en entreprise) et les messageries, au-delà des scénarios traditionnels autour de la sécurité, du Web. Nombre de serveurs d’applications métier tournent également sur des plates-formes alliant Linux et les middlewares Java.
Bref, s’il y a bien des emplois autour du libre, mais il ne s’en créé pas autant que les partisans du libre l’indiquent en valeur nette. D’autant plus que les emplois informatiques ne sont pas simplement classifiables en « logiciels libres » ou « logiciels commerciaux». Il y a des métiers : développeurs, administrateurs réseaux, architectes, chefs de projets et des secteurs d’activité (finance, industrie, etc) avec des compétences propres qui sont relativement indépendantes des technologies employées.
Il faudrait créer un pôle de compétitivité des logiciels libres
C’est un thème cher à Alexandre Zapolski qu’il promeut depuis longtemps et avait relayé auprès des candidats à l’élection présidentielle au travers de son association l’ASS2L (Association des Sociétés de Services en logiciel libre). J’ai sur ce point une réserve liée
au fait que la majeure partie des acteurs du libre en France sont des sociétés de service. Au minimum, ce sont des SSII dans le modèle économique. En effet, la majeure partie des éditeurs de logiciels libres ne commercialisent pas des licences logicielles, mais plutôt des prestations de services de déploiement et de maintenance de ces logiciels. Ce modèle économique présente la caractéristique d’être peu « scalable ». A savoir que la marge dégagée n’augmente quasiment pas avec le volume d’activité. Contrairement à l’édition de logiciel proprement dite et à de nombreuses activités industrielles où les investissements en R&D sont amortis par le volume de vente, et dans le cas de l’industrie, où les risques industriels au niveau fabrication sont maintenant réduits du fait de sa sous-traitance et/ou de sa délocalisation.
Les SSLL et les éditeurs de logiciels libres français sont souvent des entreprises de proximité, elles n’exportent pas, ou presque pas. Leur marketing est donc souvent limité, comme l’est celui des SSII. Les grandes SSII françaises qui ont une activité internationale comme CapGemini présentent moins d’intérêt pour la balance commerciale de la France que les éditeurs logiciels, même moins nombreux. En effet, l’essentiel de leur valeur ajouté se traduisant en salaires locaux, les sièges rapatrient peut de marge alors que les éditeurs de logiciels décentralisent moins leur R&D en général et ont des coûts des ventes locaux bien plus faible que la délivrance de services des SSII. Résultat, les éditeurs de logiciels qui exportent rapportent plus à leur pays d’origine que les SSII.
La poussée du libre en France relève par ailleurs plus d’une logique d’acheteurs, interne au pays, poussée notamment par le secteur public. Cette logique de marché intérieur – qui n’est pas spécifique à la France – n’encourage pas non plus à la création de business à échelle mondiale.
On objectera que de grands acteurs du libre se sont créés dans le monde. Il y a effectivement RedHat (US), MySQL (suède), et… bien, plus grand monde qui fasse plus de $100m de chiffre d‘affaire. Malgré la poussée du libre, il n’y a qu’une poignée d’éditeurs de logiciels libres dans le Top 200 des éditeurs mondiaux. Et il n’y a aucun français. Alors que nous avons tout de même Business Objects (certes maintenant plus nord-américain que français) et Dassault Systèmes, qui sont dans le Top 50 mondial. Pourquoi donc ? Je pense que c’est justement lié à cette culture du service française et à la difficulté des sociétés du libre à se développer à l’échelle mondiale. Nous avions Mandriva, mais après des déboires nombreux et malgré sa recapitalisation récente et très risquée par Occam Capital, il n’est pas évident qu’ils aillent bien loin face à RedHat, Novell et autres Ubuntu. Finalement, cette force française avec ses « grandes SSII » a créé une culture qui est une faiblesse de l’industrie informatique française. Dans les années 80, les SSII éditaient des logiciels : ateliers de génie logiciels, logiciels d’entreprises, etc. Et elles ont abandonné ces activités pour se recentrer sur les services. Nos grands fleurons du service sont en fait notre talon d’Achille. Ils ont drainé les compétences, et cela s’est en partie fait au détriment d’une culture industrielle du logiciel.
Il n’y a cependant rien d’inéluctable et rien n’empêche des entrepreneurs audacieux de conquérir le monde avec des logiciels libres. Certaines acquisitions comme chez Idealx ou Linagora visent à élargir leur porte-feuille logiciel. Encore faut-il qu’ils ne décident pas, comme l’a fait Marc Fleury, le fondateur de JBOSS racheté par RedHat, d’aller s’installer aux USA !
S’il fallait encourager les pôles de compétitivité (dont la formule reste douteuse sur de nombreux aspects), il faudrait le faire sur le logiciel en général. Les logiciels sont incontournables dans les TIC. On les trouve partout : dans le matériel comme les set-top-boxes ou les voitures, dans les composants, dans les services Internet qui présentent lorsqu’ils tournent bien d’énormes économies d’échelle, dans les contenus comme les jeux, et vendus comme tels. Les logiciels libres intégrés ou pas dans ces différente incarnations ne sont qu’une forme, qu’un modèle économique. Mais il n’est pas exclusif. D’autant plus que contrairement aux idées reçues, la différence entre un logiciel libre de niche (les plus nombreux) et les logiciels commerciaux est minime. Souvent, leur communauté de développeurs est quasiment réduite aux créateurs du logiciel. Et les bénéfices d’ouverture du code source et le développement communautaire sont plus des arguments marketing qu’une réalité terrain. Et qui dit compétitivité dit exportations, pas service de proximité.
Mais il existe déjà des pôles de compétitivité autour des logiciels, notamment autour du jeu à Lyon, des systèmes complexes et du multimédia dans la région parisienne. Les logiciels libres peuvent facilement s’y greffer si cela fait sens. Encore une fois, je me demande comment les sociétés du libre pourraient réellement améliorer la position de la France en matière de balance commerciale dans l’informatique au regard de ce que font les éditeurs traditionnels. S’il y avait un choix à faire, je privilégierais plutôt la création d’un pôle autour de l’Internet plutôt qu’autour du libre. Sachant que le libre en bénéficierait indirectement puisque de nombreux services Internet profitent du libre. Mais comme outil, pas comme business model.
Bref, prenons gare de ne pas faire de la politique industrielle à la va-vite !
Impact de la concurrence sur les prix
La question posée concernait l’impact de la concurrence des logiciels libres sur le prix des logiciels commerciaux. Et les pratiques de Microsoft dans certains pays dits « en voie de développement » étaient brandies en exemple avec ces versions de Windows à $5.
A vrai dire, dans ces pays, il est des concurrents encore plus dangereux que les logiciels libres : le piratage et la contrefaçon. Avec un taux d’équipement « légal » inférieur à 10% en Chine. Taux qui s’explique entre autres facteurs par un pouvoir d’achat assez faible. Face à ce phénomène tout comme à la concurrence de Linux comme « RedFlag » en Chine, Microsoft propose des versions à très bas coût de Windows et Office. Et à l’instar des produits « premier prix » de la grande distribution en France, ce sont des versions dégradées fonctionnellement. Le recul est insuffisant pour valider ce modèle qui s’est appliqué initialement en Thailande, en Malaisie et Indonésie puis en Inde. Et pour les ventes de Windows en OEM via des constructeurs locaux.
En France, la montée du libre a créé une pression commerciale sur Microsoft et d’autres acteurs, comme Oracle qui ne doit pas forcément apprécier la montée en puissance inexorable de MySQL. Mais jusqu’à présent, ces éditeurs ont plutôt tenu bon. D’autant plus que les marges commerciales des filiales ne sont pas très grandes par rapport à des politiques tarifaires définies à l’échelle mondiale. Surtout chez Microsoft.
Même dans le secteur public, les ristournes de Microsoft n’ont rien à voir avec les chiffres mirobolants annoncés il y a trois ans pour la Mairie de Paris. Les journalistes qui avaient relayé cette information comparaient simplement les prix publics à l’unité avec les prix pour ce client. Ces remises en volume sont déjà significatives, s’y est peut-être ajouté un geste commercial, mais pas de 60%! La pratique, de bon aloi, consiste plutôt à augmenter l’accompagnement autour des logiciels, comme avec du service, plutôt que de baisser les prix. En cela, cette stratégie est relativement classique : un acteur industriel a intérêt à protéger les prix de ses secteurs d’activité critiques et à éventuellement brader ce qui est moins critique.
Le pire, c’est que dans les six dernières années, les prix de Microsoft ont même eu plutôt tendance à augmenter. Notamment à l’occasion du lancement de leurs nouvelles formules de licensing en2001, qui ont bien remué le Cigref, cette puissante association de DSI de grands comptes français. Au bout du compte, ce nouveau programme qui avait pour but d’annualiser les prix des logiciels a poussé de nombreux clients à étudier plus sérieusement l’alternative des logiciels libres. Mais force est de constater qu’à part quelques gros poissons du secteur public (Finances, Gendarmerie, Marie de Paris), il n’y a pas eu de réelle vague de fond ni de tsunami. Ce qui n’empêche pas les grands clients français d’exercer des pressions sur Microsoft pour négocier les prix en agitant le chiffon rouge du libre, tout en espérant ne pas avoir à mettre en pratique la menace d’une migration, surtout sur les postes de travail, car cela bousculerait trop les habitudes des utilisateurs.
Il en va certainement différemment du grand public. Mais là, ce n’est pas l’open source qui fait fureur. Ce sont les logiciels gratuits, open source ou pas. Il n’y a pas un journal informatique qui ne fasse pas régulièrement sa couverture sur les meilleurs logiciels gratuits du moment. J’en suis moi-même assez friand, surtout au niveau des utilitaires, car on a l’embarras du choix.
Vendre du logiciel grand public est devenu très difficile. Ce marché s’est transformé tout d’abord en direction de l’Internet, et ensuite, vers un financement par la publicité. A part les jeux, une grande partie du revenu grand public dans le logiciel provient de ventes via les constructeurs. Microsoft étant celui qui en profite le plus avec Windows.
Microsoft amoureux du libre?
A la fin du débat LCI, Emmanuel Paquette des Echos forcait le trait journalistique en présentant certaines actions récentes de Microsoft comme un revirement et un amour soudain pour les logiciels libres après les avoir traités de cancer.
Il ne faut évidemment pas pousser. Les actions de Microsoft sont de la real politik qui n’a rien à voir avec l’adoption du libre. Il s’agit plutôt d’une gestion optimale de la coopétition avec le libre : par l’intégration ou par des accords sur la propriété intellectuelle. Même si parfois, cela atteint un seuil assez original, tel la fourniture par Microsoft à ses clients de la distribution SuSE de Novell. Mais c’est pour mieux vendre des serveurs de consolidation tournant sous Windows, pas pour une soudaine adoption du libre. Même topo pour les licences Shared Source qui ne sont appliquées qu’à des logiciels relativement secondaires qui n’affectent pas le coeur du revenu de Microsoft.
Il en va de même avec les déclarations enflammées de grands acteurs comme IBM pour le libre. Vous vous souvenez de leur annonce il y a quelques années du milliard de $ d’investissements dans Linux en 2000. En attendant, ils sont toujours le second éditeur de logiciels propriétaires au monde derrière Microsoft avec près de $17B de revenu qui représentent presque à égalité avec les services, leur première source de profits. Et tout ça, c’est du bon vieux logiciel propriétaire… mais qui peut effectivement tourner sous Linux. Ils n’ont pas investit dans Linux, mais sur Linux. Nuance! Même topo pour Oracle et les autres. Ils supportent le libre. Oui, comme plate-forme système. Mais ils n’en ont pas pour autant adopté le modèle économique pour leurs produits stratégiques!
Par contre, Microsoft reste plus que coincé aux entournures par la nature virale de la licence GPL (c’était cela le cancer évoqué par Steve Ballmer en 2001, même si par simplicité, il évoquait le cas de Linux, qui est effectivement en GPL). Nature qui ne s’améliore par avec la nouvelle GPL3 par la FSF qui est encore plus virale. On n’en parle pas beaucoup, mais cela explique pourquoi certaines discussions d’acquisitions de startups par Microsoft n’ont pas été concrétisées.
Conclusion
Mon propos n’est pas ici de dénigrer le libre, mais plutôt de remettre les choses à leur place en terme d’impact économique.
Oui, il faut aider l’industrie du logiciel en France, mais dans son ensemble et sans à priori sur les modèles économiques et sans favoritisme particulier pour les logiciels libres. De toutes manières, ils prennent naturellement leur place là où ils sont les mieux placés, comme sur Internet.
C’est un peu provoc, certainement, alors voyons les réactions…
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June 21st, 2007
Post de
Olivier Ezratty |
11 commentaires
Certains d’entre vous sont habitués à “Capital IT” et autres “Tremplin Entreprises Sénat” en France, événements lors desquels des startups françaises viennent présenter dans des conditions variables leur projet devant une audience d’investisseurs et autres influenceurs du monde de l’entrepreneuriat.
Mais vous êtes nombreux à louper ces interventions, faute de temps ou pour d’autres raisons. Et il n’est pas toujours évident d’accéder aux “pitches” en questions après coup. C’est encore plus vrai pour les conférences de ce genre qui ont lieu à l’étranger.
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February 7th, 2007
Post de
Olivier Ezratty |
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Ca y est, il est arrivé!
Je viens de terminer la rédaction de mon rapport de visite sur le Consumer Electronics Show de Las Vegas, qui avait lieu entre le 8 et le 11 janvier 2007. J’y ai passé “pas mal” de temps.
Le rapport est au format PDF, il fait 163 pages et comprend environ 435 illustrations. C’est long mais cela se lit bien! Et vous pouvez choisir les chapitres qui vous intéressent le plus. Pour les décideurs et autres gens pressés, les huit pages d’ “exec summary” suffiront.
Ce rapport couvre les catégories de technologies suivantes:
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January 25th, 2007
Post de
Olivier Ezratty |
32 commentaires
J’avais publié en juin dernier ce post au sujet de l’aide des jeunes entrepreneurs. Le propos reste toujours valable, même si en quelques mois, j’ai vu les choses évoluer chez les startups concernées que j’accompagne. Notamment à l’occasion de la levée de fonds que l’une a réussi dans une première étape (Voluntis) et l’autre, en train de poursuivre (U-Lik).
Le post contenait un lien sur ce document sur l’Accompagnement des startups en France. Document que j’ai récemment remis un peu à jour en intégrant à la fois diverses références intéressantes glanées à droite et à gauche, notamment lors d’une conférence de l’AFDEL. Et en répondant à un certain nombre de questions qui m’ont été posées par de jeunes entrepreneurs lecteurs de ce blogs, mais qui ne s’y sont pas directement exprimés.
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November 27th, 2006
Post de
Olivier Ezratty |
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