Université d’été du MEDEF dans l’opposition

Publié le 4 septembre 2012 - 7 commentaires -
PDF Afficher une version imprimable de cet article
   

Le thème de cette Uni­ver­sité d’Eté qui avait lieu comme d’habitude sur le cam­pus d’HEC à Jouy-en-Josas des 29 au 31 août 2012. C’est la cin­quième ou sixième fois que je par­ti­cipe avec ma cou­ver­ture de blog­geur et pho­to­graphe à ce rendez-vous de ren­trée quelque peu mondain.

Comme l’année der­nière, le thème de l’Université était un passe-partout phi­lo­so­phique : “Inté­grer”. Avec une notion mise à toutes les sauces per­met­tant de ras­sem­bler autour de tables rondes  des per­son­na­li­tés de tous hori­zons : ministres et anciens ministres, chefs d’entreprises, syn­di­ca­listes, uni­ver­si­taires, scien­ti­fiques, jour­na­listes, hommes (et femmes) de foi, d’armes et de culture. En quelques jours, on fait un bon tour d’horizon de ces fameuses élites tant décriées. On découvre des per­son­na­li­tés ori­gi­nales mais pas très connues. On en croise d’autres, très connues. On attend avec avi­dité les quelques “TED moments” qui émaillent les tables rondes, sou­vent un peu longues. Il n’y en avait pas énor­mé­ment cette année. Par contre, pas mal de signaux faibles ou moins faibles émergent des débats et de leur organisation.

Audience (4)

Un nou­veau gou­ver­ne­ment miel-acide avec les patrons

Même si les ren­contres entre syn­di­cats et gou­ver­ne­ments n’attendent pas ces Uni­ver­si­tés, cette édition mar­quait un tour­nant clé pour le MEDEF : pour la pre­mière fois depuis 2001, il avait affaire à un gou­ver­ne­ment socia­liste. En théo­rie, les gou­ver­ne­ments de droite qui se suc­cé­dèrent entre 2002 et 2012 étaient plus récep­tifs aux attentes du patro­nat. Dans les faits, le MEDEF se rap­pe­lait tou­jours à leur bon sou­ve­nir sur les diverses lois qui grèvent la com­pé­ti­ti­vité des entre­prises : des 35 heures aux charges sociales en tout genre. Avec un gou­ver­ne­ment socia­liste, il faut être à la fois plus lourd et plus malin pour faire pas­ser ses messages.

Comme chaque année, il y avait donc un cha­pe­let de ministres et d’anciens ministres. Avec une inver­sion des rôles :

D’un côté, un gou­ver­ne­ment très bien repré­senté avec son Pre­mier Ministre Jean-Marc Ayrault qui gra­ti­fiait l’audience d’un long dis­cours fleuve, un peu comme sa décla­ra­tion de poli­tique géné­rale à l’Assemblée Natio­nale (ci-dessous, expli­quant le fonc­tion­ne­ment du Boson de Higgs…). Sur­tout pour dire qu’il n’est pas bizarre qu’il soit là, en réponse aux dia­tribes de Jean-Luc Mélen­chon, qu’il com­prend bien l’enjeu des entre­prises et prône la concer­ta­tion. Mais voilà, en pas­sant sous silence les mesures qui pour­raient gêner les entre­prises. Et en ayant du mal à expli­quer les Emplois d’Avenir “majo­ri­tai­re­ment situés dans la sphère non mar­chande”. J’ai presque senti une sur­prise sur ce point lorsqu’il lisait le texte de son dis­cours. D’où des applau­dis­se­ments de cir­cons­tance, mais dans une ambiance d’incompréhension. Le MEDEF ne sou­riait pas du tout contrai­re­ment aux  inter­pré­ta­tions de cer­tains.

J’ai l’habitude d’évaluer le talent et le cha­risme d’un ministre en exer­cice par le pour­cen­tage de temps passé à ne pas lire son dis­cours. Ici, c’était à peu près 0%. Un “bon” fait 5% à 20%. Un “très bon” retient tout par cœur et ne lit pas son dis­cours : De Gaulle sou­vent, Mit­ter­rand par­fois et aussi… DSK qui était très impres­sion­nant de ce point de vue là. Sar­kozy et Fillon ? 2 à 5% d’impro, pas plus en géné­ral, et selon le sujet.

Jean-Marc Ayrault (Premier Ministre) (15)

Le gou­ver­ne­ment était mal­gré tout pré­sent en nombre avec un Bercy au com­plet (Pierre Mos­co­vici, Jérôme Cahu­zac, Arnaud Mon­te­bourg, Fleur Pel­le­rin et Nicole Bricq) et aussi Michel Sapin (Affaires Sociales), Del­phine Batho (Eco­lo­gie), Najat Vallaud-Belkacem (Porte Parole, Droits de la Femme) et Gene­viève Fio­raso (Ensei­gne­ment Supé­rieur). Le tout était com­plété de Michel Rocard, situé dans une autre pla­nète poli­tique avec son rôle d’ambassadeur de France pour les pôles.

Parmi tous ces ministres se déga­geait Arnaud Mon­te­bourg qui avan­çait en ter­rain miné (avec des mines posées par lui-même…). Dans sa table ronde au titre bien choisi de “L’entrepreneur face aux dérives de l’exception fran­çaise” qui était en plein et en creux sur le sujet, il devait résis­ter à la fois aux coups de bou­toir de Natha­lie Kosciusko-Morizet et à ceux de l’ineffable Pierre Bel­lon de Sodexo (vidéo). Le gars qui prend la parole, ne la rend pas et assène son mes­sage en fai­sant fi des règles qu’essaye de lui impo­ser le jour­na­liste modé­ra­teur du débat. En sub­stance : les patrons en ont marre de se voir don­ner des leçons par le gou­ver­ne­ment. Et de s’attirer évidem­ment les faveurs de l’audience. Et on se rap­pelle d’une grande loi du genre : ceux qui osent dirent tout haut ce que d’autres pensent tout bas n’ont pas de chefs. Ils sont les chefs de leur organisation !

Côté anciens ministres de droite, il y avait Alain Juppé, Xavier Ber­trand, Rose­lyne Bache­lot (qui s’ennuyait bien dans sa table ronde “Heu­reux comme Dieu en France”), Natha­lie Kosciusko-Morizet (se bat­tant contre Arnaud Mon­te­bourg), Anne-Marie Idrac et Jean-François Copé. Moins nom­breux que les membres du gou­ver­ne­ment mais plus nom­breux que les membres du PS venant à ces Uni­ver­si­tés les années précédentes.

Inté­grer les jeunes entre­pre­neurs et le numérique

En matière d’intégration, il y en avait une que l’on pou­vait remar­quer : celle d’entrepreneurs jeunes et du numé­rique dans les débats, y com­pris en séances plé­nières. Cela déno­tait avec la moyenne d’âge assez élevée des par­ti­ci­pants aux tables rondes où on est encore très jeune à 35 ans. Et cela chan­geait par rap­port aux patrons du CAC 40 et notam­ment pour les abon­nés que sont Chris­tophe de Mar­ge­rie (Total) et Michel Pébe­reau (BNP-Parisbas) qui sont régu­liè­re­ment mis à toutes les sauces – mais sont heu­reu­se­ment de bons inter­ve­nants déployant force pédagogie.

Pour com­men­cer, nous avions Jéré­mie Ber­rebi (Kima Ven­tures) ins­tallé à deux places d’Alain Juppé dans une table ronde de plé­nière sur le thème “Fil rouge et lignes jaunes” (vidéo). Il racon­tait com­ment il avait plongé dans l’entrepreneuriat très très jeune et com­ment il avait tout fait à contre-courant des conven­tions, y com­pris dans la stra­té­gie d’investissement qu’il mène dans le fonds Kima financé par Xavier Niel, le fon­da­teur de Free. Une belle inter­ven­tion tout cash et tout sourire.

Jérémie Berrebi (1)

Et puis… Gilles Babi­net (serial-entrepreneur avec sa der­nière société, Cap­tain Dash, et aussi ambas­sa­deur du numé­rique auprès de la Com­mis­sion Euro­péenne), dans une table ronde sur “Trop ou pas assez de secret” (pas de vidéo dis­po­nible) où il a notam­ment âpre­ment débattu avec Isa­belle Falque-Pierrotin, pré­si­dente de la CNIL.

Jean-Christophe Capelli inter­ve­nait aussi en plé­nière, sur “L’entrepreneur face aux dérives de l’exception fran­çaise” qui était mal­heu­reu­se­ment pour lui domi­née par la passe d’armes entre Arnaud Mon­te­bourg et Pierre Bel­lon et pimen­tée par l’intervention de Natha­lie Kosciusko-Morizet. Jean-Christophe en a tout de même pro­fité pour défendre comme il se doit la cause du crowd­fun­ding, le cœur de métier de sa société Friend­sClear, et mili­ter pour des dis­po­si­tions légis­la­tives le ren­dant plus lar­ge­ment applicable.

Côté numé­rique, il y avait aussi Mary­lène Delbourg-Delphis, qui avait cofondé 4D il y a bien long­temps, et s’est établie depuis plus de 20 ans dans la Sili­con Val­ley. Elle inter­ve­nait dans la table ronde “Figures de l’exil” où l’on dis­cu­tait de toutes formes d’exils… sauf de l’exil fis­cal. Mary­lène est aussi connue pour avoir tra­duit en fran­çais les ouvrages de Guy Kawa­saki. Je l’avais croisé à San Fran­cisco dans mon voyage de 2007.

Comme d’habitude se tenait aussi l’Espace Busi­ness Inno­va­tion, une tente avec des stands de star­tups comme Elteg, Sculp­teo et Withings, com­plé­tée d’une série de confé­rences trai­tant pour la plu­part du numé­rique. Et puis la remise des tro­phées de l’Observatoire de la rela­tion grandes entreprises/PME inno­vantes de l’IE-Club. Enfin, French­web pré­sen­tait un docu­men­taire réa­lisé par Ber­trand Lenotre à San Fran­cisco, Séoul et Paris sur les ten­dances du numé­rique - sur­tout mobile et vidéo – dans lequel j’interviens en conclusion.

Espace Business Innovation

Il y a sinon tou­jours envi­ron une cen­taine de blog­geurs invi­tés à ces Uni­ver­si­tés. Je me demande com­bien écrivent vrai­ment sur cet événe­ment mais c’est tou­jours un plai­sir de les ren­con­trer : Fanny, Claire, Marie, Charles, Pierre, Eric, Georges et tant d’autres.

Dimen­sion internationale

Comme chaque année, le MEDEF sou­haite atti­rer des per­son­na­li­tés d’autres pays, ne serait-ce que pour influen­cer le corps poli­tique sur les bonnes pra­tiques que l’on peut y trou­ver en matière de poli­tique écono­mique et sociale. Cette année, les mes­sages de cir­cons­tance étaient bien là :

  • Avec Gerhard Schrö­der, un socia­liste qui a com­pris ce qu’il fal­lait faire pour amé­lio­rer la com­pé­ti­ti­vité de son pays, avec une conclu­sion de sa part : mieux vaut réfor­mer son pays que de se main­te­nir au pou­voir. Ou tout du moins, il faut accep­ter de prendre le risque de le perdre en lan­çant les réformes néces­saires. A bons enten­deurs, de droite comme de gauche !
  • Emma Bonino, Vice-Présidente du Sénat Ita­lien qui milite clai­re­ment pour une Europe fédé­rale, un sujet rare­ment évoqué expli­ci­te­ment en France. Pour elle, la diver­sité est notre force mais le fédé­ra­lisme est plus que néces­saire. En Inde, on parle 37 langues et le Pre­mier Ministre ne parle pas toutes ces 37 langues. Mais ils se com­prennent (l’anglais est d’ailleurs par­fois une langue pivot). Mais les fran­çais sont un peu spé­ciaux côté les langues. Les Ita­liens sont obli­gés de com­prendre toutes les langues pour être écou­tés ! Très bon pitch ! Elle inter­ve­nait comme le pré­cé­dent et le sui­vant dans la plé­nière de clô­ture “L’Union fait la force” (vidéo).
  • Romano Prodi, moins flam­boyant que Emma Bonino, et qui se démarque (mal) en dénon­çant les ravages de la révo­lu­tion infor­ma­tique qui a fait dis­pa­raitre les secré­taires. On est bien avancés !
  • Fre­de­rik de Klerk, le prix Nobel de la paix qui a sorti l’Afrique du Sud de l’Apartheid il y a plus de 20 ans (vidéo). Un pays où l’intégration reste une affaire de tous les jours.
  • Jimmy Whales de Wiki­pe­dia avec un dis­cours équi­va­lent à son inter­ven­tion au eG8 de mai 2011 et qui pré­sente les fon­da­men­taux de Wiki­pe­dia. Et fait notam­ment remar­quer que le site ne coute qu’un cent par mois et par uti­li­sa­teur, ce qui est ce qui se fait de mieux dans les grands sites du web.

Jimmy Whales (Wikipedia) (1)

  • Il y avait aussi Randa Kas­sis, une repré­sen­tante du Conseil Natio­nal Syrien. Et plein d’autres inter­ve­nants de divers pays. Mais cette fois-ci, pas d’américains ni d’asiatiques.

Sciences sans confiance, ruine de l’âme ?

Comme le public, j’ai bien appré­cié cette inter­ven­tion de l’astronome André Bra­hic récla­mant que l’on fasse plus confiance à la science et que l’on aille de l’avant dans la plé­nière “La conquête de l’aire” (video). Cela a donné lieu à une réponse acerbe de Nico­las Hulot qui dénon­çait la len­teur des réac­tions poli­tiques sur le réchauf­fe­ment cli­ma­tique et les illu­sions de ceux qui attendent tout et trop de la science.

De son côté, l’incontournable Michel Pébe­reau récla­mait lui aussi cette confiance dans la science et s’étonnait que nombre de per­sonnes croient aux théo­ries du com­plot comme celle qui vou­drait que Neil Arm­strong n’aie jamais posé le pied sur la Lune. C’était dans la plé­nière “Trop ou pas assez d’autorité” (vidéo).

André Brahic

Ambiance de crise

Cette année, l’ambiance sem­blait morose mal­gré le beau temps qui sévis­sait, tout du moins le pre­mier jour de ces uni­ver­si­tés. Cela com­men­çait avec un signe : la tente des ses­sions plé­nières était deux fois plus petite que les années pré­cé­dentes. Résul­tat : pas assez de place et pas mal de gens debout sur les côtés de la salle.

Cela se retrou­vait dans les débats. Com­bien de fois la “crise” n’a-t-elle pas été citée ! Ce n’est pas nou­veau. Mais le cumul de la crise et de l’alternance poli­tique créent cette atmo­sphère d’incertitude pesante.

Audience (6)

Le man­dat de Lau­rence Pari­sot sera remis en jeu en 2013. Lorsqu’elle quit­tera le MEDEF, se lan­cera pro­ba­ble­ment en poli­tique. D’où ce mes­sage qui ne trompe pas : elle a ainsi rap­pelé que Jean Mon­net, l’un des pères fon­da­teurs de l’Europe, était aussi un entre­pre­neur (même si cette acti­vité n’a pas cor­res­pondu à une longue période de sa vie) !

L’éléphant dans la salle

Dans de nom­breux débats pesaient les incer­ti­tudes por­tant sur la fis­ca­lité des entre­prises et aussi sur celle des inves­tis­se­ments. A de nom­breuses reprises, les membres du gou­ver­ne­ment on été inter­pe­lés au sujet du Cré­dit Impôt Recherche et sur la dis­po­si­tion TEPA-ISF qui per­met­tait de réduire son ISF en inves­tis­sant dans des PME.

C’était notam­ment le cas dans la ses­sion sur les robots avec Fleur Pel­le­rin, Ministre Délé­gué (auprès d’Arnaud Mon­te­bourg) sur les PME, l’innovation et le numé­rique. Au point d’en oublier les robots !

Fleur Pel­le­rin a indi­qué comme d’autres que le CIR serait main­tenu, voire ren­forcé pour les PME. Pour ce qui est de TEPA-ISF, cela relève “d’arbitrages dif­fi­ciles” en période de disette bud­gé­taire. En gros, cela indique qu’une mau­vaise déci­sion pour­rait être prise et qu’il est dif­fi­cile de l’assumer entièrement.

Pour la petit his­toire, la baisse des exo­né­ra­tions ISF TPE avait déjà démarré avec les lois de finance 2011 et 2012. Elles pour­raient subir un nou­veau coup de rabot. Ce d’autant plus que la contri­bu­tion excep­tion­nelle qui sera dûe par cer­tains rede­vables de l’ISF d’ici novembre ne per­met­tra pas de béné­fi­cier de cette réduc­tion d’ISF.

Quelles en sont les consé­quences ? En gros, une baisse signi­fi­ca­tive des inves­tis­se­ments des busi­ness angels, qui avaient connu une crois­sance très forte depuis la loi TEPA-ISF appli­cable à par­tir de 2008. Il est certes pré­fé­rable d’avoir des busi­ness angels qui inves­tissent pour des rai­sons non fis­cales dans sa société. Mais bon, cet afflux de busi­ness angels a créé un bon appel d’air pour les star­tups en phase d’amorçage. Comme dans le même temps, l’Etat va créer et pro­ba­ble­ment finan­cer avec plus de moyens la Banque Publique d’Investissement, cela va méca­ni­que­ment bas­cu­ler la ges­tion du finan­ce­ment public de l’innovation du privé vers le public. Que ce soit avec Oséo, la BPI ou ISF-TEPA, il s’agit en effet tou­jours des deniers publics. A deux nuances près : dans le cas TEPA-ISF, l’Etat co-finance un inves­tis­se­ment dans les star­tups et PME avec les par­ti­cu­liers et ne se mêle pas de la sélec­tion des pro­jets. Dans l’autre cas, il finance et gère à la fois. Tout en exi­geant des entre­pre­neurs qu’ils trouvent des finan­ce­ments pri­vés pour abon­der les finan­ce­ments publics, pour l’essentiel des prêts et avances rem­bour­sables. Cette his­toire est une affaire de vases com­mu­ni­cants ! Mais le fonc­tion­ne­ment du grand emprunt a mon­tré qu’une trop grande “natio­na­li­sa­tion” (et même régio­na­li­sa­tion) des inves­tis­se­ments d’origine publique alour­dis­sait quelque peu le pro­ces­sus pour les entrepreneurs.

Fleur Pellerin (3)

Les éléphants dans la salle étaient aussi ceux qui relèvent de l’exception fran­çaise pour la vie des entre­prises et notam­ment ce qui touche au droit du tra­vail. D’où l’énervement, habi­tuel de Pierre Bel­lon face à Arnaud Mon­te­bourg. Et la remarque de Franz-Olivier Gies­bert sur les 35 heures que per­sonne n’a le cou­rage de sup­pri­mer dans la classe poli­tique, droite com­prise. Et aussi Jean-Dominique Senard de Miche­lin, qui prô­nait plus de flexi­bi­lité dans la vie des entre­prises. Le tout étant équi­li­bré par un stoïque Chris­tophe Mar­ge­rie (Total) qui décla­rait qu’il fal­lait d’abord res­pec­ter le gou­ver­ne­ment, élu au suf­frage uni­ver­sel, le juger sur ses actes et râler ensuite si besoin est.

Dis­si­dence et justice

Il pourra sem­bler éton­nant pour cer­tains de voir le MEDEF encou­ra­ger autant les dis­si­dences. C’était le cas au tra­vers du choix de nom­breux inter­ve­nants, tels que le très décrié Ber­nard Henri-Lévy (vidéo) et aussi des thèmes abor­dés dans les débats. Le patro­nat, perçu comme le temple du conser­va­tisme, peut-il incar­ner tout ce qui sort des clous ? Ce n’est pas nou­veau car cette thé­ma­tique était aussi sou­vent pré­sente dans les autres Uni­ver­si­tés d’Eté du MEDEF, mais là, un peu plus. C’est peut-être lié au contexte politique.

Eric Dupont-Moretti et Jeremie Berrebi (2)

Etaient sinon émou­vants, l’avocat péna­liste Eric Dupond-Moretti (ci-dessus, avec Jéré­mie Ber­rebi) qui rap­pe­lait qu’il n’y a eu que sept pro­cès en révi­sion depuis la fin de la guerre, sym­bole d’une jus­tice “vieille dame” qui se croit infaillible. Et qui recom­mande d’imposer une exper­tise psy­chia­trique en entrée et en sor­tie de la magis­tra­ture. Tout comme Pierre Bot­ton qui fai­sait part de son com­bat pour réduire les souf­frances de la vie car­cé­rale. Oui, le Pierre Bot­ton qui a fait deux ans de pri­son à cause de mal­ver­sa­tions autour de la Mai­rie de Lyon au début des années 1990.

Epi­logue

Notez que ce petit compte-rendu est très par­tiel. Il est impos­sible de suivre tous les débats et seuls ceux qui sont en plé­nière sont web­cas­tés. Et de reve­nir sur les inter­ven­tions sou­vent de très bon niveau des hommes de culture, de foi et autres mili­taires. Sans comp­ter la lumi­neuse Diane Ducret (30 ans), connue pour ses ouvrages sur les com­pagnes de dic­ta­teurs ou l’hommage de Lau­rence Pari­sot à feu Patrick Ricard en pré­sence des col­la­bo­ra­teurs de sa société éponyme.

Laurence Parisot (MEDEF) (4)

Comme d’habitude, j’en ai pro­fité pour faire une mois­son de pho­tos de VIPs. Vous en trou­ve­rez le résul­tat sur Dar­q­room.

Pour prendre un peu de recul, voici aussi les épisodes pré­cé­dents : MEDEF 2011 (Vil­lage et Pla­nète – Objec­tif B20), MEDEF 2010 (L’étrangeté du monde), MEDEF 2009 (Les Temps Nou­veau) et MEDEF 2008 (Voir en grand).

Publié le 4 septembre 2012 Post de | Entrepreneuriat, France, Politique, Startups | 5703 lectures

PDF Afficher une version imprimable de cet article          

Les 7 commentaires et tweets sur “Université d’été du MEDEF dans l’opposition” :




Ajouter un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags dans vos commentaires :<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong> , sachant qu'une prévisualisation de votre commentaire est disponible en bas de page après le captcha.

Captcha

Pour valider votre commentaire, veuillez saisir les lettres ci-dessus et cliquer sur le bouton Publier le commentaire ci-dessus.


Derniers articles

Tout, tout, tout sur la high-tech

Le Rapport du CES 2013 est disponible sous forme de livre, publié aux Editions Kawa dans la collection "Tout, tout" dirigée par Henri Kaufman ! Utilisez le code promo OLIVIER pour bénéficier de 10% de réduction !
image

Quelques Femmes du Numérique

Avec Marie-Anne Magnac, j'ai lancé #QFDN, l'exposition photo des femmes du numérique. Installée depuis le 16 octobre 2012 à l'espace Soleilles Cowork de Paris, elle a aussi été présentée et sera présentée dans différentes manifestations. Et je continue régulièrement à enrichir les 200 portraits initiaux de l'opération !
image

Cocktail Orange France lors de la Conférence LeWeb 2012 le 8 décembre 2012. Conférence annuelle des anciennes de l'ESCP organisée au siège du MEDEF le 17 janvier 2013. Conférence La journée de la femme Digitale organisée par Catherine Barba et Delphine Rémy-Boutang le 8 mars 2013. Conférence Osons la France le 5 avril 2013, à l’Espace Cardin. MipTV au Palais des Festivals de Cannes des 8 au 11 avril 2013. Au Web2Day, organisé à Nantes les 16 et 17 mai 2013. A Futur en Seine, organisé en Ile de France par le pôle de compétitivité Cap Digital, dans le cadre du Village des Innovations au 104 à Paris, du 13 au 16 juin 2013. Dans la conférence USIevents, organisée par la SSII Octo et destinée aux DSI, les 24 et 25 juin 2013 au Palais Brongniard.

Derniers commentaires

“Les technologies broadcast vues à Roland Garros avec une belle société de provence @NEOTION...”
“Merci pour l'article! Petite précision sur le nom de l'institut de recherche Allemand qui a développé l'application de spatialisation sonore (ou son binaural), il s'agit bien de "Fraunhofer IIS"....”
“Précisons que la démo "HEVC en DVB-T2" était l'un des reflets de la mise en place d'une première mondiale: la 1ère chaine live captation-codage-diffusion-dédodage-restitution de la technologie HEVC, qui jusqu'à ce...”
“Sur-régulation d’1 sec­teur empêche les gros de grandir même si on sait que l’on en a besoin sur la scène internle...”
“Je recommande "L’évolution du bruit dans les réseaux sociaux", analyse pertinente de @olivez sur...”


Abonnement email

Pour recevoir par email les alertes de parution de nouveaux articles :


 


Téléchargements gratuits

Ces documents sont diffusés gratuitement (sous Creative Commons) et en PDF. Le Guide des Startups, mis à jour environ deux fois par an :
image

Le Rapport du Consummer Electronic Show de Las Vegas, publié chaque année en janvier depuis 2006 :
CouvertureRapportCES

Les clivages de la présidentielle 2012 sur le numérique :
CouvertureClivagesNumeriques

Voir aussi la liste complète des publications de ce blog.

Catégories

Tags


Evénements

image

Les articles sur toutes les éditions de LeWeb depuis 2006.

Voyages

Voici les compte-rendu de divers voyages d'études où j'ai notamment pu découvrir les écosystèmes d'innovation dans le numérique de ces différents pays : Chine (2010) à Shanghai et Beijing Corée du Sud (2009) à Séoul Israël (2010) à Tel Aviv Japon (2009) à Tokyo Japon (2011) au CEATEC de Tokyo Japon (2012) au CEATEC de Tokyo Silicon Valley (2007) Silicon Valley (2011)