Opinions Libres - Le Blog d'Olivier Ezratty

LeWeb 2012 : le reste

Post de Olivier Ezratty du 14 décembre 2012 - Tags : Apple,Blogs,Facebook,Internet,LeWeb,RSS | 2 Comments

Cette édition 2012 de LeWeb ne trai­tait pas que des objets connec­tés dans leur dimen­sion exo­tique. Cer­taines inter­ven­tions trai­taient des usages Inter­net fixe ou mobiles que je qua­li­fie­rai de clas­siques. On y trou­vait aussi des débats sur le cha­rity, les médias sociaux et sur le finan­ce­ment des startups.

Audience (14)

Tout cela était quelque peu hors sujet mais c’est com­pré­hen­sible. Il était dif­fi­cile de consa­crer trois jours aux objets connec­tés, il fal­lait faire inter­ve­nir quelques majors de l’Internet sans comp­ter quelques par­te­naires his­to­riques de la confé­rence. Ce, d’autant plus qu’une bonne part de l’assistance n’était pas for­cé­ment pas­sion­née par le thème des objets connec­tés. Il faut de tout pour satis­faire une audience de plus de 3400 personnes !

Apple, enfin presque

Apple est l’une des rares grandes socié­tés de la Sili­con Val­ley liée aux thèmes cou­verts par LeWeb qui n’y soit jamais inter­ve­nue. C’était l’un des rares défis qui sub­sis­tait pour les Le Meur dans l’organisation de LeWeb. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Ils s’étaient heur­tés comme tous les orga­ni­sa­teurs d’événements à une poli­tique de com­mu­ni­ca­tion iso­la­tion­niste d’Apple : la société ne se mêle jamais aux autres d’une manière ou d’une autre. Son mar­ke­ting est épuré et contrôlé de la tête aux pieds. L’entreprise est “dif­fé­rente”, à part. Steve Jobs inter­ve­nait très spo­ra­di­que­ment dans d’autres événe­ments que les lan­ce­ments de ses pro­duits. Les cadres de l’entreprise sem­blaient et semblent tou­jours avoir l’interdiction de s’exprimer ailleurs que dans un sup­port ou un média contrôlé par la marque. Dans la lignée, vous ne ver­rez jamais Apple spon­so­ri­ser quelque acti­vité que ce soit, quelle qu’en soit la nature.

La solu­tion ? Faire par­ler un ancien d’Apple ! L’occasion en a été trou­vée avec Pas­cal Cagni, l’ancien patron d’Apple Europe (video) qui vient de quit­ter la mai­son fin octobre après y avoir passé 12 ans. Ce n’était pas le seul ancien d’Apple à LeWeb puisqu’il y avait aussi Tony Fadell de Nest. Mais l’intervention de Pas­cal Cagni était, elle, entiè­re­ment consa­crée à Apple.

Il com­men­çait par remar­quer qu’il avait appré­cié au début des années 2000 - quand Apple ne s’était pas encore redressé entiè­re­ment – de croi­ser des gens suf­fi­sam­ment intel­li­gents pour choi­sir un pro­duit Apple, essen­tiel­le­ment un Macin­tosh. Etant indé­crot­table uti­li­sa­teur de PC, je n’apprécie guère ce genre de juge­ment à l’emporte-pièce sur “les gens”. C’est le côté arro­gant d’Apple que je n’aimerai jamais. Ce d’autant plus que Apple cherche par­fois un peu trop à être intel­li­gent à la place des autres et à leur impo­ser ses vues.

Alors, quelle sont les recettes du suc­cès phé­no­mé­nal d’Apple ? Réponse en toute simplicité…

  • Faire les meilleurs pro­duits du monde”. Ca dépend ! Mais leur mai­trise conju­guée du maté­riel, du logi­ciel et des conte­nus leur apporte une dif­fé­ren­tia­tion clé par rap­port à la plu­part des concur­rents. Pour une star­tup, cela rap­pelle qu’il est vain de faire comme les autres et qu’une dif­fé­ren­tia­tion au  niveau de l’usage et du pro­duit pro­posé est clé. On trouve bien trop de me-too dans l’écosystème entrepreneurial !
  • Les faire se vendre tout seuls”. Oui, c’est un peu vrai mais Apple est bien obligé quand même de faire de la publi­cité dans le métro. La concur­rence est vivace et elle a notam­ment comme visage un cer­tain Sam­sung. La star­tup qui créé un pro­duit qui se vend tout seul est bien rare. Mais si elle arrive à réunir les condi­tions du pre­mier point et à bien com­mu­ni­quer, la magie opère parfois.
  • Faire peu de choses mais bien. Ne pas faire les choses à moi­tié”. C’est en effet une marque de fabrique d’Apple qui évite de trop se dis­per­ser et qui sait faire des paris et les mener jusqu’au bout. Au contraire, des socié­tés comme Micro­soft et même Google ont une énorme ten­dance à se dis­per­ser et à donc, ne pas aller jusqu’au bout des nou­veaux pro­duits qu’ils lancent. Micro­soft dans les mobiles et Google dans les réseaux sociaux pour ne prendre que deux exemples. Au niveau des star­tups, les choses faites à moi­tié concernent plu­tôt le packa­ging d’une offre et sa com­mu­ni­ca­tion, très sou­vent bâclées, faute de moyens.
  • Por­ter une grande atten­tion aux détails”. Une véri­table force d’Apple qui devrait ins­pi­rer de nom­breuses star­tups, même s’ils sont aussi capables de créer des détails qui agacent pro­fon­dé­ment cer­tains utilisateurs.
  • Mon­trer son pro­duit une fois (au lan­ce­ment) en créant un effet de sur­prise car on n’a qu’une chance de faire une bonne impres­sion”. D’où le culte du secret dans la société poussé à un niveau inégalé. La star­tup stan­dard ne peut pas s’appuyer sur le même effet car per­sonne ne l’attend en géné­ral car elle est incon­nue. Elle doit com­mu­ni­quer sans relâche et bien choi­sir les lieux de sa communication.
  • Etre une entre­prise de spé­cia­listes mais ne pas tout faire et out­sour­cer ce que l’on ne sait pas faire”. Beau dis­cours, mais ils out­sourcent sur­tout la fabri­ca­tion et pas grand-chose d’autre. Apple fait des acqui­si­tions de tech­no­lo­gies dis­crè­te­ment pour en être maitre. Ils ont même acquis deux socié­tés de concep­tion de pro­ces­seurs embar­qués pour se déta­cher pro­gres­si­ve­ment de Sam­sung qui avait conçu le pre­mier pro­ces­seur pour l’iPhone.
  • Pri­vi­lé­gier des lan­ce­ments multi-pays, vendre via Inter­net et ne pas hési­ter à vendre en direct (Apple Store)”. Leçon inté­res­sante pour les star­tups, même si elles n’ont évidem­ment pas les moyens d’une grande entre­prise. On trouve tout de même pas mal de star­tups fran­çaises qui créent leur pro­duit en anglais et savent se pro­je­ter à l’international, soit via Inter­net soit via des implan­ta­tions établies rapi­de­ment à l’étranger.

Là-dessus, Pas­cal Cagni trou­vait que la bataille des objets était per­due en Europe, ce qui est assez défai­tiste compte-tenu des nou­velles oppor­tu­ni­tés qui se pré­sentent et des nom­breux objets ori­gi­naires d’Europe et de France que nous avons vu.

S’en sui­vaient quelques ques­tions de la salle : à quoi res­sem­bla son entre­tien de recru­te­ment avec Steve Jobs ? Cela a duré trois heures sur la plage. Com­ment appa­raitre en tête de l’App Store ? Réponse indi­recte : il y a un pro­cess et un SLA (ser­vice level agree­ment) qui est docu­menté sur Inter­net. Ca fait un peu : “par­ler dans l’hygiaphone” !

Bon m’sieur Apple, toi qui est atten­tif aux détails, pourrais-tu quand même cor­ri­ger mon iTunes qui dit tous les jours que mon “iPad ne n’est pas syn­chro­nisé car la syn­chro­ni­sa­tion n’a pas com­mencé” ce qui relève du fou­tage de gueule orienté client ? A moins que tu me consi­dères comme un client de seconde zone car j’utilise Win­dows 7 ? Sans comp­ter l’incapacité à mettre à jour un PDF dans iBook si on l’a modi­fié dans son ordinateur.

Ins­ta­gram vs WordPress

Je mets en regard ces deux inter­ven­tions qui illus­trent un beau cli­vage de l’Internet :  d’un côté des sys­tèmes semi-ouverts qui sont ten­tés par la mise en silos et de l’autres, des sys­tèmes très ouverts et open source où l’Internaute est très libre de ses actions.

Le débat avec Kevin Sys­trom (ci-dessous), le fon­da­teur d’Instagram a tourné essen­tiel­le­ment autour de leur déci­sion d’arrêter la visua­li­sa­tion des images d’Instagram direc­te­ment à par­tir de Twit­ter, via la fonc­tion­na­lité Twit­ter Card (exemple ci-dessous). Cette fonc­tion­na­lité se met en œuvre en inté­grant dans ses pages web des meta­tags HTML qui décrivent le contenu à mettre dans les Cards, texte et/ou images. C’est d’ailleurs un moyen déguisé de contour­ner la limite des 140 carac­tères car on peut mettre plein de choses dans une image. Et aussi une autre, per­met­tant à Twit­ter de res­sem­bler de plus en plus à un média broad­cast. Je me dis que je vais d’ailleurs l’intégrer dès que pos­sible dans mon blog puisque cela a l’air assez simple à coder !

card-web-summary_0

La déci­sion d’Instagram a déclen­ché une tem­pête média­tique le jour même. D’un côté, n’utilisant pas Ins­ta­gram, je trouve cela bien futile. Mais de l’autre, la déci­sion s’inscrit dans le cadre d’une bataille de pla­te­formes dans l’Internet d’aujourd’hui. En gros, une pla­te­forme reste ouverte sur les autres tant que cela ne gêne pas celui qui la créé.

Ins­ta­gram avait été l’un des pre­miers à mettre en œuvre la fonc­tion de visua­li­sa­tion des pho­tos dans Twit­ter il y a neuf mois. Ins­ta­gram uti­li­sait ces méta­don­nées de Twit­ter pour ce faire. Le pro­blème d’Instagram est de géné­rer des pages vues sur son site et de faire en sorte que les pho­tos pro­duites avec son outil sur mobile soient visua­li­sées sur son site web “des­ti­na­tion”. Cela fait par­tie des moyens de moné­ti­sa­tion du ser­vice. Même si, iro­ni­que­ment, Kevin Sys­trom indi­quait dans son inter­ven­tion que Face­book – sa mai­son mère - n’avait pas encore décidé si le ser­vice allait être moné­tisé direc­te­ment ou si il ser­vait juste à créer “de la valeur”, au sens de géné­rer une syner­gie avec les autres ser­vices de Facebook.

Donc pour­quoi per­mettre la visua­li­sa­tion des pho­tos direc­te­ment sous Twit­ter ? C’est se cou­per l’herbe sous le pied. On revient donc à la publi­ca­tion d’une simple URL dans un Tweet généré par Ins­ta­gram. Comme le web est faci­le­ment hackable, une solu­tion de contour­ne­ment a été immé­dia­te­ment trou­vée avec l’application IFTTT qui s’intercale sur votre smart­phone entre Ins­ta­gram et Twit­ter pour ajou­ter les méta­don­nées qui manquent lorsque vous publiez une photo sur le pre­mier pour envoyer un Tweet sur le second.

Pour bien com­prendre ce qui s’est passé, ce n’est pas Twit­ter qui a blo­qué l’usage d’une de ses API mais Ins­ta­gram qui a décidé d’arrêter d’en uti­li­ser une. C’est une action auto­nome de la part d’Instagram et qui impacte ses propres uti­li­sa­teurs, mais aussi ceux qui les suivent sur Twitter.

L’impact n’est pas le même que l’annonce de res­tric­tions à répé­ti­tion par Twit­ter à l’encontre de cer­tains déve­lop­peurs d’applications. Là, c’est Twit­ter qui gêne les déve­lop­peurs qui exploitent ses API. La société veut reprendre le contrôle de l’usage de son sys­tème et limi­ter le nombre de logi­ciels clients qui exploitent ses APIs. Pas facile d’être à la fois une pla­te­forme et un ser­vice orienté utilisateur !

Au pas­sage, Pin­te­rest vient d’ajouter le sup­port des Twit­ter Cards, sorte de réponse concur­ren­tielle bien posi­tion­née dans le temps par rap­port à l’action d’Instagram. Et Twit­ter a jouté une fonc­tion­na­lité d’ajout de filtres de trai­te­ment sur la publi­ca­tion de pho­tos. Ins­ta­gram devrait se rap­pe­ler que le spectre fonc­tion­nel de son logi­ciel est assez com­mun et étroit !

Kevin Systrom (Instagram)

Alors, est-ce le sens de l’histoire d’avoir des API ouvertes qui se ferment et la fin d’une inter­opé­ra­bi­lité des ser­vices qui sim­pli­fie la vie des uti­li­sa­teurs ? Si l’on en juge par les déci­sions récentes de Twit­ter qui réduisent le champ libre aux logi­ciels clients à aux évolu­tions inces­santes de Face­book, ou aussi aux liens tumul­tueux entre Twit­ter et Lin­ke­dIn, on se dit que tout cela est bien instable. Et sur­tout qu’un uti­li­sa­teur avisé a tout inté­rêt à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Il en va aussi de la manière de gérer sa mes­sa­ge­rie élec­tro­nique. Mieux vaut avoir plu­sieurs comptes tout comme éviter de gérer toute sa com­mu­ni­ca­tion asyn­chrone dans Twit­ter ou Face­book comme le font cer­tains qui “vivent” inté­gra­le­ment dans l’un de ces deux réseaux sociaux.

D’où mon pas­sage à l’intervention de Matt Mul­len­weg de Auto­ma­tic (ci-dessous), l’éditeur de Word­Press. Son pro­pos est de valo­ri­ser le rôle de Word­Press et des blogs en géné­ral, ce qui va de soi. Il insis­tait sur le fait que les blogs étaient clés pour conser­ver son indé­pen­dance sur Inter­net. Le blog est pour lui le port d’attache de l’Internaute. C’est l’outil le plus stable et le plus mai­tri­sable qui soit. J’approuve à 100% au vu de mon expé­rience per­son­nelle. J’ai créé “Opi­nions Libres” en 2006. A l’époque, la mode était aux flux RSS, à la mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née, aux blogs et dans une cer­taine mesure à Second Life. Face­book a émergé dans le grand public en 2007, au même moment que Twitter.

Puis les smart­phones sont arri­vés avec l’iPhone et Android, accom­pa­gnés de leurs appli­ca­tions et de leurs places de mar­chés. Ces évolu­tions dans les usages ont eu plein de consé­quences, l’une d’entre elles étant le reflux de l’intérêt des inter­nautes pour la créa­tion de conte­nus riches dans les blogs. Nombre d’entre eux ont alors migré leur acti­vité dans Face­book et Twit­ter et sur mobiles. La mode du per­so­nal bran­ding valo­ri­sait l’intervention régu­lière dans les réseaux sociaux. Klout a été lancé pour mesu­rer le degré d’influence avec une forte pon­dé­ra­tion sur les inter­ac­tions au détri­ment de la créa­tion. Tout cela a ampli­fié l’importance de la super­fi­cia­lité dans la pré­sence en ligne, le sum­mum étant atteint avec les 140 carac­tères des mes­sages sur Twit­ter. Cer­tains uti­li­sa­teurs ont livré leur vie numé­rique à des sys­tèmes pas très mai­tri­sés comme Facebook.

Matt Mullenweg (Automatic)

Petit digres­sion pour vali­der le point de Matt Mullenweg…

J’ai soi­gneu­se­ment évité de céder à ces sirènes en conti­nuant à cen­trer ma vie numé­rique autour de mon blog. Je sou­hai­tais valo­ri­ser mon acti­vité de créa­tion. Les réseaux sociaux sont à la péri­phé­rie de mon blog et pas véri­ta­ble­ment au centre, même si j’y suis actif, pour par­ler d’autre chose que de mon blog, sur­tout sur Twit­ter. Tan­dis que les réseaux sociaux pas­saient d’une mode à l’autre, que l’on gal­vau­dait la notion d’ami, ou que chaque année on annon­çait “la mort des blogs”, Opi­nions Libres était rela­ti­ve­ment stable. Je l’ai pro­gres­si­ve­ment connecté aux réseaux sociaux : Twit­ter, Face­book, Lin­ke­dIn, Google+, au gré des modes et cela ne man­quera pas d’évoluer. J’ai inté­gré un plug-in pour qu’il fonc­tionne bien sur les smart­phones (wp-touch). Je l’ai aussi relié à des sites de publi­ca­tion de pho­tos : d’abord Picasa et puis Dar­q­room. J’ai accepté que cer­tains de mes articles soient repris ailleurs.

J’ai aussi enri­chi le blog au niveau des fonc­tion­na­li­tés logi­cielles (cf l’inventaire dans Visite Gui­dée) tout comme du look qui a changé quatre fois. Et j’ai main­tenu un rythme de publi­ca­tion d’au moins un article par semaine de manière très stable depuis 2006. Et l’aventure ne va pas s’arrêter là. C’est sur mon blog que la créa­ti­vité au niveau des conte­nus et de la pré­sen­ta­tion est la plus élar­gie. J’ai encore plein de pro­jets et idées en tête dont un gros déve­lop­pe­ment logiciel.

Avec le recul, je me rend compte que mon iden­tité numé­rique est bien plus dense et visible sur mon blog que dans les réseaux sociaux. Ces der­niers sont sur­tout des pas­seurs de plats. Le fond est sur mon blog tout comme le tra­fic aussi. Quelques tweets ou mes­sages Face­book dans une jour­née génèrent une visi­bi­lité bien modeste au regard du tra­fic sur mon blog. Le SEO et Google jouent tou­jours un rôle impor­tant, d’autant plus qu’ils peuvent tirer parti du stock de conte­nus qui s’accumule sur le blog alors que ce qui est publié dans les réseaux sociaux ne génère aucune visi­bi­lité sur le search et est très évanescent.

Vous me direz que ce n’est pas un blog comme les autres. Oui, cela demande un effort plus intense que le relai de buzz divers dans les réseaux sociaux ou le live twee­ting d’un événement.

Au pas­sage, petit point de séman­tique : blog­ger n’est pas un métier, c’est une acti­vité. Les gens qui bloguent à temps plein et en vivent sont deve­nus des médias un peu comme les autres. Ils publient des conte­nus et le moné­tisent en géné­ral par de la publi­cité comme un grande part des médias. Quand leur audience gran­dit, ils en viennent même à recru­ter des sala­riés ou à faire appel à des rédac­teurs externes non rému­né­rés moné­tai­re­ment. Les autres bloguent soit sur leur métier et leur site en est une sorte d’investissement mar­ke­ting, soit sur une pas­sion indé­pen­dante de leur vie pro­fes­sion­nelle et en ont fait un hobby.

Fin de la digression.

Le reste de la confé­rence LeWeb 2012

Ter­mi­nons cette série annuelle avec tout ce que j’ai pas cou­vert de cette édition de LeWeb.

Le reste concernait :

  • L’actualité d’une bonne bro­chette des grands acteurs de l’Internet et du mobile avec Ever­note, Face­book, Twit­ter, Pay­Pal, Sales­Force, Micro­soft, Google, Nokia, Drop­box, You­Sen­dIt, Ama­zon, Sound­Cloud et Zep­to­lab rien que ça ! Je passe volon­tai­re­ment des­sus car ces inter­ven­tions n’apportaient pas grand chose de nou­veau à ce que l’on savait sur ce socié­tés qui nous abreuvent d’actualité toute l’année.
  • Le social média, cou­vert dans la plé­nière 2 ani­mée par Cédric Giorgi avec plu­sieurs key­notes et tables rondes étalés sur une jour­née entière. Il y avait notam­ment Jes­sica Gio­glio, l’alter-ego de Ramon de Leon (Domino’s Pizza) qui tra­vaille chez Dun­kin Donuts. Une femme, un homme. Mais un point com­mun : la pro­mo­tion du junk food par les réseaux sociaux en s’appuyant sur les fans pas­sion­nés. Et notam­ment, la démons­tra­tion d’une bonne orien­ta­tion client par la ges­tion du feed­back afin d’améliorer les pro­duits et les services.
  • Une ses­sion de IGNITE, où des inter­ve­nants viennent pit­cher sur une idée clé, pas liées à leur busi­ness. Cette règle n’était pas tou­jours res­pec­tée et le résul­tat était assez conven­tion­nel, autant dire… déce­vant. La pre­mière inter­ven­tion était ainsi celle d’un gars qui fai­sait l’historique des édition de LeWeb. Un autre expli­quait que pour réus­sir sa vie, il fal­lait se don­ner à fonds dans ses pas­sions. Etc.
  • Le thème du finan­ce­ment des star­tups avec Renaud Laplanche, le fon­da­teur du Len­ding Club (un fran­çais basé aux USA), Danae Rin­gel­mann du ser­vice de crowd­fun­ding Indie­gogo et l’habituelle table ronde inves­tis­seurs où inter­ve­nait notam­ment Ber­nard Liau­taud, le co-fondateur de Busi­ness Objects main­te­nant gene­ral part­ner du fonds anglais Bal­der­ton Capi­tal, et l’incontournable Yossi Vardi dont je vais uti­li­ser le pro­pos dans la pro­chaine ver­sion du Guide des Startups.
  • Enfin, le cha­rity avec Scott Har­ri­son (charity:water) et sur­tout, Nata­lia Vodia­nova, une top model russe, presque à la retraite à 30 ans, et qui s’est enga­gée dans la construc­tion de jar­dins d’enfants en Rus­sie après avoir été mar­quée par la prise d’otages san­glante de Bes­lan. Elle inter­ve­nait au moment où le jury du concours des star­tups déli­bé­rait pour choi­sir le gagnant, Qunb. Le rap­port avec la confé­rence ? Pas évident à trou­ver. Les mau­vaises langues disent que c’est un moyen d’attirer les geeks. Et les photographes… !

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Epi­logue

Mer­credi 12 décembre 2012, on appre­nait l’intégration de LeWeb à Reed Midem, la société anglaise bien établie en France qui orga­nise notam­ment les salons et confé­rences Midem, Mip­com, MIP-TV et le Mip­Cube. Loîc et Géral­dine Le Meur ont annoncé qu’ils conti­nue­raient à gérer eux-mêmes LeWeb sans pré­ci­ser les syner­gies qui allaient pro­ve­nir de cette inté­gra­tion avec Reed Midem. Heu­reu­se­ment pour LeWeb car LeWeb sans les Le Meur, c’est comme le Pas­tis sans son ori­gine Mar­seillaise. Le suc­cès de LeWeb est étroi­te­ment lié au réseau que les Le Meur ont tissé entre la Sili­con Val­ley et l’Europe, à leur connais­sance glo­bale des acteurs de ce sec­teur et à leurs nom­breuses ren­contres faites dans des événe­ments comme le World Eco­no­mic Forum de Davos ou TED aux USA. LeWeb est un pro­duit intuitu-personae des Le Meur. Sans eux, cela serait autre chose.

Leweb 2012 Finale (10)

Ceci conclue ma sep­tième cou­ver­ture de LeWeb, après les éditions 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011. Pro­chaine grande étape : celle du Consu­mer Elec­tro­nics Show de Las Vegas avec un rap­port prévu pour le 28 jan­vier 2013 et une confé­rence en avant-première le 22 jan­vier lors de l’IDIFF au Palais des Congrès de la Porte Maillot.


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