Les clivages de la présidentielle sur le numérique 2

Publié le 20 février 2012 et mis à jour le 18 mars 2012 - 19 commentaires -
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Après avoir fait un tour d’hélicoptère des pro­po­si­tions des syn­di­cats pro­fes­sion­nels et des prin­ci­paux can­di­dats, balayons les main­te­nant par thème. Ils sont regrou­pés en six thèmes comme suit sachant que je vais m’attarder plus par­ti­cu­liè­re­ment sur les trois pre­miers qui sont dans mon domaine de pré­di­lec­tion : l’environnement des PME inno­vantes, l’enseignement du numé­rique et de l’entrepreneuriat, le numé­rique dans le sec­teur public, le très haut débit, l’économie des conte­nus et la régulation.

Nous abor­de­rons juste le pre­mier thème dans ce post car il est très dense et… c’est mon préféré !

Structure clivages du numerique presidentielle 2012

Cli­vages #1 : l’environnement des entre­prises innovantes.

Tous les can­di­dats à la pré­si­den­tielle sont d’accord sur le besoin de dyna­mi­ser le tis­sus des PME fran­çaises, et notam­ment dans le numé­rique. Cha­cun rêve de créer les condi­tions de l’émergence d’un “Google ou d’un Face­book” en France. Les diag­nos­tics et pro­po­si­tions fusent de part et d’autre.

Chez les pro­fes­sion­nels et à droite, on insiste d’abord sur le besoin d’insuffler une culture du risque chez les jeunes, trop atti­rés par le che­min balisé des grandes écoles et des grandes entre­prises. C’était un thème repris à son compte par Nico­las Sar­kozy aussi bien lors de l’inauguration des nou­veaux locaux de Google France que dans son inter­ven­tion à l’Elysée pour les inter­ve­nants de LeWeb 2011 (cf “LeWeb 2011 – Semaine Numé­rique”).

On s’accorde sur le besoin d’orienter les aides de l’Etat sous toutes leurs formes vers à la fois les star­tups en émer­gence et les PME en crois­sance, pour leur faire atteindre le mythique et envié sta­tut de l’ETI (entre­prise de taille inter­mé­diaire). Les pro­fes­sion­nels insistent sur le besoin d’une fis­ca­lité plus stable favo­ri­sant l’investissement dans ces entre­prises de crois­sance. Ils demandent tous une véri­table “stra­té­gie indus­trielle” de l’Etat, sans comp­ter le demande incan­ta­toire d’un Small Busi­ness Act et de l’amélioration des rela­tions entre les grandes entre­prises et les PMEs.

Quel est au pas­sage le péri­mètre du numé­rique ? Les plus acti­vistes des entre­pre­neurs du numé­rique sont ceux de l’Internet. Ils ont ten­dance à faire de l’ombre aux nom­breux autres sec­teurs du numé­rique comme ceux des logi­ciels d’entreprises, du maté­riel et des com­po­sants. C’était par exemple fla­grant dans le débat orga­nisé avec Fran­çois Bay­rou, dont les pro­ta­go­nistes étaient tous les acteurs de l’Internet. Et dans le pro­gramme du PS de juin 2011, “la Banque Publique d’Investissement doit contri­buer à faire émer­ger des acteurs forts de l’Internet mon­dial”. Pour­quoi juste l’Internet ? N’est-ce pas réducteur ?

Quel est le plus gros indus­triel du numé­rique en France, hors services/télécoms ? C’est le franco-italien STMi­croe­lec­tro­nics, avec ses 9,735 Md€ de chiffre d’affaire ! Soit la taille du mar­ché du logi­ciel en France et loin devant n’importe quelle société de l’Internet. Mal­gré ses déboires et les affres de la concur­rence asia­tique, l’industrie “pro­duits” la plus impor­tante en France reste celle du maté­riel et des com­po­sants, même si ils sont est étroi­te­ment liés à l’industrie du logi­ciel, notam­ment dans l’embarqué ! D’où la posi­tion des syn­di­cats et fédé­ra­tions comme la FIEEC qui réclament l’attention des pou­voirs publics sur cette filière et pas seule­ment sur celle de l’Internet et du logi­ciel. Il n’y a aucune fata­lité dans le domaine. On peut réus­sir dans le maté­riel grâce à l’innovation ! Les exemples de Par­rot et Archos, qui reviennent de loin, ainsi que de Withings, sont là pour en témoigner.

Alors, où sont les cli­vages expli­cites ou cachés ? Il en existe entre les poli­tiques, mais aussi entre les pro­fes­sion­nels du sec­teur. J’ai regroupé les cli­vages en cinq par­ties : l’innovation et la recherche, la com­pé­ti­ti­vité et les expor­ta­tions, la fis­ca­lité de l’innovation, la mobi­li­sa­tion de l’épargne et la rela­tion entre l’Etat et les entreprises.

Inno­va­tion et recherche

Les poli­tiques et la tech­no­struc­ture font sou­vent l’amalgame entre les deux. Ils ima­ginent un lien direct entre le % du PIB investi dans la R&D et la capa­cité d’innovation comme si la potion magique de l’innovation com­bi­nait recherche et finan­ce­ments. On sait bien qu’elle com­prend de nom­breuses autres com­po­santes : le design, la socio­lo­gie, le mar­ke­ting, les expor­ta­tions, la culture du pays et les pra­tiques mana­gé­riales. Le bon sens rap­pelle aussi que la part expé­ri­men­tale d’une star­tup du numé­rique repose plus sur l’accès au mar­ché et sur la vali­da­tion de son offre avec ses clients que sur la créa­tion de son pro­duit ! La recherche est le plus sou­vent située en amont à la créa­tion de la star­tup. On parle alors de “valo­ri­sa­tion”. Celle-ci consiste à créer un pro­duit qui réponde à un besoin client exis­tant ou latent qu’il faut ensuite pro­mou­voir sur le mar­ché et dont il faut tirer un chiffre d’affaire de manière pro­fi­table aussi rapi­de­ment que possible.

Le modèle d’une R&D longue sui­vie d’un accès au mar­ché est spé­ci­fique au sec­teur des bio­techs. Il est très rare dans le numé­rique, et en par­ti­cu­lier dans l’Internet et le logi­ciel. C’est seule­ment une fois que la star­tup est deve­nue une grosse PME et une ETI qu’elle peut com­men­cer à inves­tir réel­le­ment dans la recherche. Google a vu son acti­vité de recherche décol­ler à par­tir de 2003 en termes de publi­ca­tions. Apple ne fait pas for­mel­le­ment de recherche. Et Micro­soft a attendu 15 ans - 1975-1990 - avant de créer son acti­vité de recherche fon­da­men­tale (Micro­soft Research) !

Le finan­ce­ment et le coût du tra­vail sont tou­jours en tête des pré­oc­cu­pa­tions des entre­pre­neurs et des poli­tiques. Aujourd’hui, la plu­part des star­tups du numé­rique sont condam­nées à maquiller leur créa­tion de pro­duit en tra­vaux de recherche, pre­nant ainsi le risque d’un redres­se­ment fis­cal. Cela explique pour­quoi les pro­fes­sion­nels du numé­rique se battent pour étendre les exo­né­ra­tions de charges à l’ensemble du cycle de créa­tion des pro­duits, notam­ment dans le sta­tut JEI, voire même dans le Cré­dit Impôt Recherche qui devien­drait alors un Cré­dit Impôt Inno­va­tion.

L’UMP a inté­gré cela dans ses pro­po­si­tions en juin 2011 et le PS sou­hai­tait inté­grer les inno­va­tions d’usage dans le sta­tut JEI. Le cli­vage ? Il se situe sur­tout avec l’administration de Bercy et avec la règle­men­ta­tion de la concur­rence au niveau de Bruxelles voire de l’OMC. Bercy est réti­cent car ces mesures pour­raient cou­ter très cher. Et toute dépense fis­cale hors recherche est très dif­fi­cile à faire pas­ser à Bruxelles. Le pro­chain gou­ver­ne­ment devrait étudier la ques­tion de près avec l’administration pour voir com­ment déblo­quer la situa­tion. Ou alors, on arrête de fan­tas­mer des­sus et on passe à autre chose !

Evolution 1995-2010.CIR

Un débat existe aussi autour des béné­fi­ciaires du Cré­dit Impôt Recherche. Effi­cace et indis­pen­sable en l’état pour l’UMP comme pour le MEDEF (cf leur Livre Blanc du CIR datant de 2010), mais à revoir pour le PS pour qui il devrait être réorienté vers les PME qui en ont le plus besoin et pla­fonné pour les grandes entre­prises qui en ponc­tionnent une par­tie bien plus grande depuis la Loi de Moder­ni­sa­tion de l’Economie de juillet 2008 (cf ces éléments chez 01 Net). L’usage du CIR dans les entre­prises du sec­teur de la finance et plus géné­ra­le­ment du ter­tiaire est dénon­cée. Elle semble faible pour les pre­mières : moins de 2% des mon­tants, mais repré­sen­te­rait envi­ron 30% pour les secondes. Le rap­port qualité/prix du CIR dans les grandes entre­prises n’a pas encore été démon­tré, celui-ci géné­rant un effet d’aubaine cer­tain. Il a par certes per­mis d’attirer les labo­ra­toires de recherche de Google et Micro­soft en France, parmi d’autres, mais n’a pas empê­ché PSA de délo­ca­li­ser une par­tie de ses acti­vi­tés de recherche comme dénoncé dans l’avis de la com­mis­sion de l’économie, du déve­lop­pe­ment durable et de l’aménagement du ter­ri­toire du Sénat, dans la dis­cus­sion de la Loi de Finances 2012 (mais cet avis semble enta­ché d’erreurs comme la confu­sion entre créance et dépense fis­cale du CIR et les 18% de CIR affec­tés à la finance qui semblent inexacts). Même les Séna­teurs et Dépu­tés de l’actuelle majo­rité sont cir­cons­pects sur l’importance à don­ner au CIR dans les grandes entre­prises. Quelle que soit l’issue de la pré­si­den­tielle, ce sujet revien­dra donc sur la table.

Se pose aussi la ques­tion du rôle des pôles de com­pé­ti­ti­vité. Pour Bruno Van­ryb de Syn­tec Numé­rique, ils atti­re­raient les entre­prises grâce aux avan­tages fis­caux qu’ils pro­curent. Et on ne s’installe pas quelque part pour la fis­ca­lité. Les PME ont plu­tôt besoin de métiers com­plé­men­taires pour se déve­lop­per. Sa vision des pôles est un peu réduc­trice car ils servent aussi à mettre en réseau les labo­ra­toires de recherche, les établis­se­ments d’enseignement, les incu­ba­teurs et pépi­nières et les grandes, moyennes et petites entre­prises. Les pôles aident par­fois leurs membres à expor­ter comme le fait assez bien Cap Digi­tal. Et les pôles apportent sur­tout des finan­ce­ments de pro­jets axés sur la recherche col­la­bo­ra­tive, par le biais d’appels à pro­jets annuels. C’est là que le bât blesse car cela éloigne méca­ni­que­ment les petites entre­prises des clients et des marchés.

Etablissements de Saclay

Chez les poli­tiques, on a peu étudié ces pôles de com­pé­ti­ti­vité dont la mul­ti­pli­cité est une réponse aux appels du pied des élus locaux, déci­dée du temps où Chris­tian Estrosi était en charge de l’aménagement du ter­ri­toire sous le gou­ver­ne­ment Vil­le­pin. Ce même Domi­nique de Vil­le­pin est main­te­nant le seul à pro­po­ser leur regrou­pe­ment ! Le comble de l’absurde est inter­venu lorsque les pôles ont été seg­men­tés avec une caté­go­rie à part des “pôles à voca­tion mon­diale”, les plus signi­fi­ca­tifs, dont cinq dans le numé­rique. Quid des autres ? Le pôle du che­val ? Non, ce n’est pas une blague, il existe bien, et en Nor­man­die ! La com­pé­ti­ti­vité est tou­jours mon­diale, pas locale ! Il fau­drait donc pro­ba­ble­ment conso­li­der les 21 PRES (pôles de recherche et d’enseignement supé­rieur), la dizaine de cam­pus d’excellence (liés au grand emprunt) et les 72 pôles de com­pé­ti­ti­vité, his­toire de n’avoir qu’un seul concept de “clus­ter” asso­ciant uni­ver­si­tés, grandes écoles, labo­ra­toires publics et pri­vés et entre­prises inno­vantes. C’est cela un écosys­tème de l’innovation ! Pas un sys­tème en pièces déta­chées ! Le cas de Paris-Saclay est édifiant à ce titre de l’incompréhension fran­çaise de la notion d’écosystème de l’innovation. Il concentre bien trop de cher­cheurs et ingé­nieurs dans les sciences dures, qui consti­tuent l’essentiel de ses 23 établis­se­ments d’enseignement supé­rieur et de recherche (ci-dessus). Quid de la trans­dis­ci­pli­na­rité, très bien pro­mue par Gilles Babi­net, de la socio­lo­gie, du design et du mar­ke­ting dans ce pôle ? Elle n’y est pas bien appa­rente ! Il serait inté­res­sant que l’UMP et le PS se pro­noncent sur le sujet des pôles !

Com­pé­ti­ti­vité et exportations

Faut-il bais­ser le coût du tra­vail ou amé­lio­rer la com­pé­ti­ti­vité “hors prix” ? Les ana­lystes s’accordent pour trou­ver que notre niveau de dif­fé­ren­tia­tion est insuf­fi­sant. Les entre­prises alle­mandes savent pas­ser tous leurs coûts dans leurs prix. En France, on a ten­dance à com­pres­ser les marges, notam­ment du fait de la pres­sion exer­cée sur les PME par les direc­tions des achats des grandes entre­prises. Il en résulte que les PME fran­çaises sont parmi les moins pro­fi­tables en Europe. Il y a clai­re­ment un manque d’innovation dans le tissu écono­mique fran­çais : 80% des PME sont stables ou en décrois­sance tous sec­teurs d’activité confon­dus ! Est-ce le cas dans les indus­tries du numé­rique ? On peut se poser la ques­tion. Le manque d’orientation inter­na­tio­nale et de finan­ce­ment est asso­cié à une approche “pro­duit” faible. Il conduit de nom­breuses PME inno­vantes à s’orienter vers le ser­vice, ce qui ralen­tit la crois­sance. C’est un cercle vicieux dont il faut sortir.

Criteo logo

Quelle impor­tance don­ner aux expor­ta­tions ? Pour créer un Google ou un Face­book en France, il faut qu’il soit pré­sent dans le plus gros mar­ché mon­dial que sont les USA, voire dans l’incontournable Sili­con Val­ley ! Il faut donc être capable de se pro­je­ter rapi­de­ment à l’étranger. Il faut le vou­loir. Il faut des com­pé­tences, des équipes, une capa­cité d’exécution, un pro­duit com­pé­ti­tif au niveau des meilleurs et des moyens finan­ciers. Et il en faut beau­coup car Google et Face­book ne sont que les gagnants d’un pro­ces­sus de sélec­tion impli­quant des cen­taines de can­di­dats. Pour un Cri­téo qui com­mence à sor­tir du gué ($400m de CA pré­vus en 2012, siège à Palo Alto, bien­tôt 200 déve­lop­peurs en France), il y a pas mal de star­tups fran­çaises qui se sont cas­sées les dents dans la Sili­con Val­ley. C’est nor­mal ! Selon la FIEEC, peu d’entreprises fran­çaises sont en état d’exporter. Il y en avait 85000 en 2011 et le pays en perd 3000 par an. Elles étaient 100000 en 2007 ! Et il y a d’ailleurs une cor­ré­la­tion entre cette don­née et le faible pour­cen­tage de nos PMEs qui uti­lisent l’Internet pour le com­merce en ligne.

Constat ter­ri­fiant, la France est le pays occi­den­tal dont la part de mar­ché a le plus baissé dans le com­merce mon­dial, pas­sée de 7% a 3,5% en 10 ans. Il y a juste la Grèce der­rière ! Dans l’ensemble de l’industrie, le pays a un pro­blème de posi­tion­ne­ment, de niveau de gamme et de qua­lité. Pour­tant, le sujet de l’export est qua­si­ment invi­sible dans les pro­grammes des can­di­dats. On le retrouve dans les pro­po­si­tions des syn­di­cats pro­fes­sion­nels orien­tés sur les indus­tries maté­rielles (FIEEC), mais moins dans celles qui repré­sentent le logi­ciel ou l’Internet (Syn­tec Numé­rique, AFDEL), ce qui est regret­table. Rien sur les expor­ta­tions dans le livre blanc Noir et Blanc sur le logi­ciel de Syn­tec Numé­rique ! A une ques­tion sur le sujet, Bruno Van­ryb répon­dait qu’il fal­lait don­ner plus de moyens à Ubi­France dont il salue les pro­grès accom­plis ces der­nières années. Pro­grès il y a en effet, mais est-ce le seul outil pour déve­lop­per l’international ? Quid de la mai­trise de l’anglais ? Du finan­ce­ment ? De la pro­tec­tion de la pro­priété intel­lec­tuelle ? De l’appui sur les grandes entre­prises du sec­teur comme le fait le Pacte PME ? Aller, un petit effort !

Fis­ca­lité de l’innovation

Faut-il chan­ger la fis­ca­lité ou la sta­bi­li­ser ? C’est le para­doxe des demandes des uns et des autres. Les pro­fes­sion­nels demandent diverses modi­fi­ca­tions de la fis­ca­lité des entre­prises inno­vantes (JEI inté­grant la créa­tion de pro­duits) mais en même temps une sta­bi­lité fiscale.

A l’AFDEL, on demande à ce que l’impôt sur les socié­tés des star­tups tech­no­lo­giques soit réduit à 20%. La demande émane aussi de la CGPME, et pour toutes les PMEs, dénon­çant un taux d’imposition effec­tif bien plus élevé pour les PME que pour les grands groupes, qui béné­fi­cient d’optimisations fis­cales diverses du fait de leurs acti­vi­tés inter­na­tio­nales. La solu­tion ? Déve­lop­per son acti­vité inter­na­tio­nale… ! Mais est-ce vrai­ment le pro­blème pour les star­tups ? Elles ne payent qua­si­ment pas d’impôt sur les socié­tés pen­dant leurs pre­mières années d’existence car elles ne sont pas encore pro­fi­tables. La crois­sance de démar­rage est finan­cée par les inves­tis­seurs. Un taux d’imposition trop fort pourrait-il réduire la capa­cité d’investissement en fonds propres ? Pas vrai­ment car plus on inves­tit, moins on paye d’impôts ! Tant que la société n’est pas cotée en bourse, sa ren­ta­bi­lité nette peut pas­ser au second plan der­rière la géné­ra­tion de crois­sance. La crois­sance – qui doit être pro­fi­table au niveau de l’EBITDA (résul­tat opé­ra­tion­nel) – est le prin­ci­pal fac­teur d’augmentation de la valeur de la société et de la sor­tie pour ses investisseurs.

De son côté, Fleur Pel­le­rin appelle aussi à une sta­bi­li­sa­tion de la fis­ca­lité, mais il y a fort à parier qu’en cas de vic­toire de Fran­çois Hol­lande, elle soit sérieu­se­ment modi­fiée au niveau de l’ISF. Il semble qu’il sou­haite reve­nir au mini­mum au barème de l’ISF d’avant la réforme qui entre en vigueur en 2012. Celle-ci sup­prime le bou­clier fis­cal et est accom­pa­gnée d’une baisse du barème d’imposition, qui réduit l’ISF pour les for­tunes infé­rieures à une dizaine de mil­lions d’Euros mais l’augmente au delà. Cette dimi­nu­tion de l’ISF pour la majo­rité des rede­vables aura cette année un impact néga­tif sur l’investissement dans les star­tups et les TPE, que ce soit en direct ou via des FCPI. Mais Fran­çois Hol­lande n’a jamais indi­qué s’il allait ou non main­te­nir les déduc­tions fis­cales ISF-TEPA pour encou­ra­ger l’investissement dans les TPE/PME. On est ici dans le non-dit : il est pro­bable qu’il conserve dis­crè­te­ment ces niches fis­cales, mais sans trop en par­ler pen­dant la cam­pagne car, poli­ti­que­ment, c’est un “cadeau aux riches”.

Côté UMP, rien à dire puisqu’il n’est pas ques­tion de reve­nir sur cette réforme de l’ISF. Mais l’exemplarité n’a pas été de mise pen­dant le quin­quen­nat qui s’achève avec les nom­breux sou­bre­sauts de la fis­ca­lité tant au niveau du sta­tut JEI qu’à celui de la loi ISF-TEPA, sérieu­se­ment mise à mal depuis 2010 par le gou­ver­ne­ment et Bercy, avec un impact maté­riel sur le finan­ce­ment d’amorçage par les busi­ness angels. Par exemple, il est devenu impos­sible de béné­fi­cier de la réduc­tion d’ISF via les clubs de busi­ness angels.

Pour l’instant, aucun des deux grands can­di­dats et leur parti ne se sont enga­gés à recon­duire en 2013 le dis­po­si­tif des Jeunes Entre­prises Inno­vantes. L’UMP pro­pose bien la créa­tion d’un sta­tut JEI spé­ci­fique aux entre­prises du numé­rique. En quoi serait-il spé­ci­fique ? Ce n’est pas docu­menté ! Quid par exemple de la santé et les éco-technologies ?

Mobi­li­ser l’épargne vers le risque

Com­ment mobi­li­ser l’épargne vers le risque ? Le prin­ci­pal moyen serait de faire en sorte que le ren­de­ment de l’investissement soit attrac­tif. Comme il ne l’est pas en géné­ral du fait de la dif­fi­culté de faire croitre nos star­tups, les solu­tions employées sont d’améliorer le ren­de­ment appa­rent des inves­tis­se­ments à risque par une fis­ca­lité favo­rable à l’entrée (cf supra sur ISF-TEPA) et par l’intervention de l’Etat via les fonds de fonds et en direct via le FSI et le FSN du grand emprunt.

C’est un autre cercle vicieux car on se satis­fait trop de cette situa­tion. L’Etat doit s’attaquer aux fon­da­men­taux de la crois­sance et pas seule­ment de la fis­ca­lité et du sys­tème de finan­ce­ment. Nos poli­tiques doivent apprendre à par­ler le lan­gage des entre­prises et à s’éloigner de celui de la fis­ca­lité et des finan­ce­ments. Ce lan­gage, c’est celui de l’ambition, de la culture du risque, de la com­pé­ti­ti­vité, des grands pro­jets, de l’exportation et de l’enseignement supé­rieur trans­dis­ci­pli­naire. L’Etat ferait mieux d’être un bon client qu’un bon financeur !

Et il y a ce côté schi­zo­phrène des poli­tiques qui d’un côté ont mis en place (certes à l’échelle inter­na­tio­nale) des règles pru­den­tielles telles que Bâle III et Sol­vency II, en deman­dant aux ins­ti­tu­tions finan­cières de mieux gérer leurs risques. Et d’autre part, en leur deman­dant d’investir plus dans le risque. Ah oui, avec une dif­fé­rence clé : dans l’économie réelle !

En atten­dant, il s’agit donc de pro­té­ger ou d’améliorer les inci­ta­tions fis­cales exis­tantes. L’AFDEL pro­pose ainsi des mesures tech­niques sur les FCPI, le véhi­cule d’investissement prin­ci­pa­le­ment uti­lisé par les socié­tés de capital-risque (VCs) : allon­ger le délai d’investissement de 18 mois à trois ans – per­met­tant de cou­vrir deux tours de finan­ce­ment - et aug­men­ter en contre­par­tie la part dédiée aux PME inno­vante de 60% à 80%. Elle pro­pose aussi de remon­ter l’exonération d’impôt sur le revenu des par­ti­cu­liers de 18% à 30% des inves­tis­se­ments. Cela fait écho à la baisse de l’ISF pour la plu­part des patri­moines (dans la loi de finances 2012) qui va dimi­nuer d’autant la part des inves­tis­se­ments dans les FCPI qui donne lieu à une réduc­tion d’ISF. C’est une véri­table usine à gaz car un inves­tis­se­ment dans un FCPI donne lieu à une réduc­tion de 50% de l’ISF pour la part inves­tie dans les PME et de 18% pour la part inves­tie dans le reste (30% avant 2011). Sur la décen­nie 1997-2007, les FCPI ont financé 800 entre­prises à hau­teur de 2 Md€, sachant que seule­ment 50% d’entre elles sont exportatrices.

Les banques sont évidem­ment accu­sées de ne pas inves­tir dans le risque. Et pour cause, elles ne le font dans aucun pays ! Même aux USA, les banques ne prêtent pas aux star­tups et entrent encore moins dans leur capi­tal ! Ce sont les fonds de pen­sion qui le font dans une toute petite pro­por­tion et via les VCs. Les banque ne prêtent qu’aux entre­prises sol­vables. Pour les par­ti­cu­liers, ce fut une autre his­toire comme la mon­tré la crise des sub­primes! Comme le sec­teur privé n’investit pas assez dans le risque, l’Etat com­pense en inves­tis­sant lui-même et en tes­tant tout un tas de for­mules, la der­nière en date depuis la créa­tion du Fonds Stra­té­gique d’Investissement et du grand emprunt étant l’investissement au capi­tal des entre­prises innovantes.

En réponse à cette situa­tion, Fran­çois Hol­lande a pro­posé la créa­tion d’une “Banque d’investissement dans les PME”. Nico­las Sar­kozy lui a coupé l’herbe sous le pieds en annon­çant en jan­vier 2012 la créa­tion d’une banque d’investissement dans l’industrie aux contours voi­sins. A l’issue d’un débat télé­visé tourné pen­dant les Tech­Days de Micro­soft, j’ai vu Laure de la Rau­dière et Fleur Pel­le­rin s’écharper sur le sujet (ci-dessous). Cette der­nière dénon­çait le mon­tage en urgence de cette banque et la réal­lo­ca­tion des 450m€ du FSN (numé­rique) du grand emprunt pour la finan­cer. En évoquant le désar­roi de cer­taines star­tups qui auraient vu leur dos­sier de demande d’investissement gelé à cause de cela. Pour la pre­mière, les mon­tants réal­loués étaient non uti­li­sés et l’essentiel des inter­ven­tions d’Oséo où sera situé cette banque sont dédiés au numérique.

Laure de la Raudiere et Fleur Pellerin aux TechDays

Les faits ? La banque a été effec­ti­ve­ment créé en urgence, la réal­lo­ca­tion est un peu bru­tale, le « pipe » du FSN n’était pas suf­fi­sant à la Caisse des Dépôts qui le gérait et par contre, envi­ron un tiers des socié­tés finan­cées par Oséo sont dans le numé­rique. Comme on ne connait pas le péri­mètre et les moda­li­tés d’intervention de la banque de l’industrie comme de celle qui est pro­po­sée par Fran­çois Hol­lande, il est dif­fi­cile de se pro­non­cer ! Il fau­drait connaitre les doc­trines et modes d’investissement (niveaux d’investissement par société, avances rem­bour­sables ou prêts, prises de par­ti­ci­pa­tion mino­ri­taires ou majo­ri­taires, abon­de­ment ou pas d’investissements pri­vés) et le mode opé­ra­toire (appels à pro­jets thé­ma­tiques ou pas, quelles équipes ana­lysent les dos­siers, délais de réponse) ! Le plan des “Inves­tis­se­ments d’Avenir” (grand emprunt) a bien mon­tré que der­rière une idée pas for­cé­ment mau­vaise pou­vait se cacher tout un tas de lacunes dans l’organisation et l’exécution (cf quelques éléments com­plé­men­taires chez 01Net) !

En fili­grane de ces débats se situe la cri­tique de la trans­for­ma­tion d’Oséo en banque et qui ne prête qu’aux (entre­prises) riches. L’intégration de l’ANVAR dans Oséo en 2006, dite “Oséo Inno­va­tion” a laissé de traces de pneus. Ses cré­dits ont baissé ces deux der­nières années avec un trans­va­se­ment vers les appels à pro­jets divers, dont ceux de la DGCIS, des pôles de com­pé­ti­ti­vité et du grand emprunt. Le plus sage est d’éviter de créer de nou­veaux orga­nismes mais de modi­fier la mis­sion de ceux qui existent déjà. L’affichage poli­tique va mal­heu­reu­se­ment à contre-sens de ce bon sens. De même, Fran­çois Hol­lande aurait indi­qué vou­loir lan­cer un grand emprunt tous les ans pour favo­ri­ser l’innovation et déve­lop­per l’industrie. C’est absurde ! Tout d’abord, une grande part des “inves­tis­se­ments d’avenir” ont été annua­li­sés sur une période longue de plus de 5 ans. De plus, dans cer­tains cas comme dans le numé­rique, ils étaient dis­pro­por­tion­nés par rap­port aux besoins, et notam­ment dans la ven­ti­la­tion entre inter­ven­tion directe (le Fonds natio­nal de la Société Numé­rique) et indi­recte (le Fonds Natio­nal d’Amorçage, qui était un fonds de fonds)..

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Enfin, en matière d’investissement vers le risque se pose la ques­tion de la sor­tie pour les inves­tis­seurs. Chez Syn­tec Numé­rique, on regrette que les inves­tis­seurs exigent de vendre trop tôt les entre­prises dans les­quelles ils inves­tissent, notam­ment à des grandes entre­prises étran­gères. En effet, ils gagne­raient à faire gran­dir les entre­prises inves­ties plus avant, ne serait-ce que pour aug­men­ter le ren­de­ment de leurs fonds. Le poids de l’Etat dans les fonds des VCs via ses fonds de fonds gérés par la Caisse des Dépôts ne peut-il pas influen­cer le terme des fonds d’investissements ?

La ques­tion se pose égale­ment du manque d’acquisitions par des groupes fran­çais qui ne savent pas inno­ver en fai­sant l’acquisition de PME inno­vantes. Même si le sec­teur du numé­rique est fra­gi­lisé de ce point de vue du fait de grands acteurs en santé vacillante (comme Tech­ni­co­lor et Alcatel-Lucent) ou trop situés dans les ser­vices (télé­coms, SSII), la situa­tion se retrouve dans tous les sec­teurs d’activité. L’explication est très cultu­relle, liée au fonc­tion­ne­ment des élites diri­geantes et aux pra­tiques mana­gé­riales asso­ciées. Et au fait, la prin­ci­pale alter­na­tive à la revente est l’entrée en bourse. Pour­quoi il y en a-t-il si peu ?

Un Etat plus “busi­ness friendly”

Com­ment rendre l’Etat plus “busi­ness friendly” ? C’est là un cli­vage clair entre droite et gauche, au moins dans les dis­cours. Pour Patrick Arthus, entendu lors d’un diner de l’ADEN au sujet de la pré­si­den­tielle (ci-dessous, il est à droite), “la France est une société de conflits dont l’administration n’aime pas les entre­prises”. Pierre Gat­taz (FIEEC, second à droite) ren­ché­ris­sait en trou­vant que “la France est un pays piloté par sa DRH et sa DAF. Que les direc­tives euro­péennes sont dur­cies contre les entre­prises lors de leur trans­po­si­tion dans le droit fran­çais tan­dis que les Alle­mands se demandent tou­jours com­ment favo­ri­ser l’emploi dans leur légis­la­tion”.

Diner ADEN 1

Fran­çois Hol­lande pro­met d’augmenter les charges des entre­prises, sur­tout les grandes, ne serait-ce que pour finance un retour en arrière sur les réformes des retraites. Les grandes entre­prises ont le bon dos ! Si on les fra­gi­lise, que nous restera-t-il ?

A droite, le dis­cours est plus favo­rable aux entre­prises mais pas tou­jours les actes. Com­bien de taxes tour­nées vers les entre­prises ont-elles été inven­tées ces der­nières années, notam­ment sur les opé­ra­teurs télé­coms ? Com­bien de star­tups ont été redres­sées après avoir béné­fi­cié du Cré­dit Impôt Recherche ? Com­bien de temps celles-ci perdent dans les dif­fé­rents contrôles fis­caux asso­ciés ? Les seuls qui ont réel­le­ment béné­fi­cié d’une sim­pli­fi­ca­tion des pro­cé­dures sont les autoen­tre­pre­neurs, et encore, non sans risque de requa­li­fi­ca­tion par les admi­nis­tra­tions sociales. L’une des pistes du “com­ment” réside dans la pour­suite du déve­lop­pe­ment de la e-administration que nous évoque­rons plus loin.

Quid aussi de la sem­pi­ter­nelle plainte sur la com­plexité des aides à l’innovation ? Faut-il un gui­chet unique ou pas ? Les syn­di­cats pro­fes­sion­nels comme Syn­tec Numé­rique et l’AFDEL militent pour sa créa­tion en fai­sant état de 500 aides dif­fé­rentes qui sont dis­po­nibles. Pour Bruno Van­ryb, il ne s’agit pas de regrou­per les dif­fé­rents orga­nismes concer­nés mais plu­tôt de conso­li­der l’information les concer­nant sur un site web et de pro­po­ser des inter­lo­cu­teurs for­més et bien payés pour aiguillon­ner les entre­pre­neurs. L’AFDEL pro­pose de son côté la créa­tion d’une Agence Fran­çaise de l’Innovation qui serait une struc­ture d’accueil au niveau des régions pour orien­ter les PME inno­vantes vers Oséo, le FSI, la CDC, la Coface et Ubi­France. L’UMP pro­pose pour sa part la créa­tion d’un site Inter­net créé par les CCI pour dis­po­ser d’une infor­ma­tion juri­dique (sous-entendu : sur le JEI et le CIR) per­met­tant de se pas­ser de cabi­nets de conseils. C’est peut-être un peu réduc­teur comme périmètre !

De toutes manières, un gui­chet unique est dif­fi­cile à mettre en place, ne serait-ce que parce que les modes de finan­ce­ment asso­cient étroi­te­ment le sec­teur public et le sec­teur privé. Dans les faits, les finan­ce­ments publics sont arti­cu­lés pour l’essentiel autour d’Oséo qui est un peu la plaque tour­nante des aides. Il faut dis­tin­guer la coexis­tence de plu­sieurs gui­chets pour le même type de finan­ce­ment – comme ces quelques dizaines de K€ que l’on peut obte­nir chez Oséo ou dans les régions lors du démar­rage d’un pro­jet – des gui­chets cor­res­pon­dant à des aides ou ser­vices dif­fé­rents. Rares sont les entre­pre­neurs qui savent par exemple qu’Oséo peut les finan­cer sur l’export et la pro­priété intel­lec­tuelle, la Coface, Ubi­France et l’INPI étant des pres­ta­taires de ser­vices payants.

Au pas­sage, je conti­nue à mettre à jour régu­liè­re­ment le Guide des Star­tups depuis 2006 et pré­pare sa 16ième édition ! Il balaye l’ensemble de ces fameux gui­chets mais je n’en mai­trise pas l’ensemble des détails. Mon expé­rience est que la conso­li­da­tion de toutes ces infor­ma­tions serait déli­cate pour tout fonc­tion­naire car elle néces­site une expé­rience ter­rain qu’il aurait bien du mal à acqué­rir et sur­tout entre­te­nir dans la durée. Par contre, la sim­pli­fi­ca­tion des pro­cé­dures serait la bien­ve­nue. L’une d’entre elles, pas évoquée par les poli­tiques, consis­te­rait à ren­for­cer les finan­ce­ments géné­riques (Oséo Inno­va­tion) plu­tôt mis à mal actuel­le­ment et à réduire ceux qui sont sec­to­riels, trop nom­breux et com­plexes à obte­nir pour les startups.

Conclu­sion sur les PME innovantes

Pour conclure cette longue par­tie sur l’environnement des entre­prises inno­vantes, il faut sou­li­gner la com­plexité du sujet. Bâtir un écosys­tème favo­rable repose sur un tas de condi­tions et sur la durée. Une Sili­con Val­ley à la fran­çaise ne se décrète pas ni la créa­tion d’un Google fran­çais ! Le diable est dans les détails de la concep­tion et de l’exécution et aussi dans la “culture” d’un pays. Les poli­tiques doivent apprendre à rai­son­ner au-delà du couple recherche/financement, à insuf­fler de l’ambition, notam­ment en terme de com­pé­ti­ti­vité et d’export, et à inté­grer les dif­fé­rentes dis­ci­pline de l’innovation. Ce qui nous amè­nera natu­rel­le­ment au sujet sui­vant… l’enseignement, pour le pro­chain post !

Suite…

Epi­sode sui­vant… le numé­rique dans l’enseignement !

La liste com­plète des articles de cette série :

Les cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique 1 : car­to­gra­phie et posi­tion des syn­di­cats pro­fes­sion­nels, et des can­di­dats.
Les cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique 2 : l’environnement des entre­prises inno­vantes
Les cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique 3 : l’enseignement du numé­rique et de l’entrepreneuriat
Les cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique 4 : le numé­rique dans l’Etat
Les cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique 5 : le haut débit et le très haut débit
Les cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique 6 : l’économie des conte­nus et la régulation

Publié le 20 février 2012 et mis à jour le 18 mars 2012 Post de | Enseignement supérieur, Entrepreneuriat, France, Innovation, Internet, Politique, Startups | 8985 lectures

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Les 19 commentaires et tweets sur “Les clivages de la présidentielle sur le numérique 2” :

  • [1] - Benoît Granger a écrit le 20 février 2012 :

    Bravo Oli­vier : c’est vrai­ment remarquable !

    D’accord avec les ana­lyses sur la mobi­li­sa­tion de l’épargne, mais il semble que sur longue période, que ce soit en France ou aux US, le early stage reste non ren­table --même avec des Zakous­kis fis­caux à l’entrée.

    et l’une des qua­li­tés des Zakous­kis en ques­tion, c’est tout de même de nous déba­ras­ser des fonc­tion­naires qui tentent, par­fois, d’avoir un avis sur un inves­tis­se­ment à risque. on ne peut rêver pire contra­dic­tion dans les termes !

    enfin, tu devrais dire un mot, un de ces jours, sur les PEE, les Pôles entrepreneurs-étudiants, qui tentent de sen­si­bi­li­ser l’ensemble des étudiants à l’entrepreneuriat sous dif­fé­rentes formes. Avec des moyens minus­cules, on arrive tout de même à quelques résul­tats --ça reste de la sen­si­bi­li­sa­tion, mais quand tu vois 50 doc­to­rants CIFRE “sciences dures” faire des pro­jets en équipes en “24 h chrono”, le nom de l’une de nos opé­ra­tions, ça fait chaud au coeur ! On agit très loin du busi­ness : sur la culture… mais on peut sup­po­ser que ça por­tera quelques fruits !

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 20 février 2012 :

      Merci Benoit pour l’info, je ne connais­sais pas ce dis­po­si­tif ! Je l’ajoute dans l’article sui­vant qui traite de l’enseignement !

  • [2] - Olivier Ezratty (@olivez) a écrit sur Twitter le 20 février 2012 :

    Ici : http://t.co/iBx8nryW RT @CDelphes “Tous les can­di­dats … sont d’accord sur le besoin de dyna­mi­ser le tis­sus des PME françaises”

  • [3] - (@bvanryb) (@bvanryb) a écrit sur Twitter le 20 février 2012 :

    La suite +1 “@olivez: 2nd par­tie des “Cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique” sur les entre­prises inno­vantes: http://t.co/GNeZllRN”

  • [4] - xixi la PralinZ (@xixiLP) a écrit sur Twitter le 20 février 2012 :

    Super lec­ture: RT @olivez: par­tie 2 “Cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique”, sur les entre­prises inno­vantes: http://t.co/rjSm408D

  • [5] - Jean-Renaud ROY (@jr_roy) a écrit sur Twitter le 20 février 2012 :

    A lire, mieux qu’1 bench­mark des prop. des can­di­dats sur le #nume­rique chez @olivez le 1. http://t.co/LkfpWydc et le 2. http://t.co/WM1ChYN2

  • [6] - Michel Nizon a écrit le 20 février 2012 :

    Les fran­çais ont une aver­sion pour le risque et l’incertitude et pour­tant Eric Ries défi­nit bien la start up en ces termes:

    “A star­tup is a human ins­ti­tu­tion desi­gned to deli­ver a new pro­duct or ser­vice under condi­tions of extreme uncertainty. ”

    Dans ces condi­tions il faut tra­vailler plus pour faire évoluer
    les valeurs de la société fran­çaise dans son ensemble que rajou­ter une énième étage à un édifice qui ne fonc­tionne pas si mal avec OSEO ou le CIR…

    • [6.1] - Olivier Ezratty a répondu le 20 février 2012 :

      En effet, c’est la com­po­sante cultu­relle d’une nation ! Les poli­tiques peuvent-ils l’influencer dans le bon sens ? Je pense que oui, à petites touches impressionnistes…

  • [7] - OBOURHIS a écrit le 21 février 2012 :

    Bravo Oli­vier,

    Les condi­tions ne sont-elles pas : des usages afin de créer l’écosystème vertueux.

    Les uti­li­sa­teurs ne poussent-ils déjà pas les “Google” fran­çais dès lors qu’ils y trouvent un béné­fice : Coyote, Parrot.…

    Ont-ils eu besoin de l’Etat pour décou­vrir les Smart­phones et autres ter­mi­naux intel­li­gent ? non. Dans leur grande majo­rité les fran­çais sont tech­no­philes y com­pris la célèbre Madame Michu.

    La France a les moyens et les talents.

    Au pays de Col­bert, l’Etat a joué, joue et jouera un rôle capital.

    Une grande impul­sion de l’Etat ne doit-elle pas por­ter sur l’infrastructure sui­vie de relais locaux per­met­tront la créa­tion de cette mutation.

    En ce qui concernent les incu­ba­teurs et les écoles, ils cata­lysent déjà tout ce poten­tiel avec des moyens ultra limi­tés. Les réus­sites sont nom­breuses, elles ne demandent que plus de facilités.

    Merci pour ta synthèse.

  • [8] - surieux (@csurieux) a écrit sur Twitter le 21 février 2012 :

    Suite a deco­der RT @olivez: 2nd part. Cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique”, sur les entre­prises inno­vantes: http://t.co/JJD5B8nA

  • [9] - FredericBaud a écrit le 21 février 2012 :

    Depuis plu­sieurs années, nous sommes quelques uns à défendre l’idée qu’il ne faut pas essayer de copier la Sili­con Val­ley en France en créant un nième méca­nisme inter­mé­dié qui magi­que­ment per­met­trait de “clo­ner” l’écosystème tout entier de la Val­lée, mais qu’il faut plu­tôt sai­sir la pro­chaine vague et savoir construire sur un nou­veau paradigme.

    Depuis tout ce temps, le finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif est passé d’une idée, à des faits, et aujourd’hui à une véri­table solu­tion alternative.

    Pour per­mettre à cette nou­velle solu­tion de mon­trer tout son poten­tiel, il nous faut main­te­nant amen­der des lois qui ont été conçues dans un contexte où l’Internet et les com­mu­nau­tés n’étaient pas envi­sa­gés. Un groupe ras­sem­blant de très nom­breux acteurs du finan­ce­ment de pro­jets vient de pro­duire un mani­feste http://bit.ly/xkigff - Nous orga­ni­sons le 26 mars au Palais Bron­gniart un évène­ment pour pré­sen­ter des amen­de­ments qui per­met­traient de lever les contraintes frei­nant l’essor du finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif en France.

    Oli­vier, tu es bien sûr le bien­venu, et espéré, pour nous faire pro­fi­ter de ta participation.

    • [9.1] - Olivier Ezratty a répondu le 21 février 2012 :

      Le finan­ce­ment n’est qu’un des aspects de l’innovation et le finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif n’est qu’une facette du finan­ce­ment, qui couvre plu­tôt l’amorçage et les petits tickets. Bravo pour ces ini­tia­tives et aussi pour le tra­vail sur les blo­cages légis­la­tifs asso­ciés. Main­te­nant, en quoi est-ce un nou­veau para­digme qui pour­rait trans­for­mer le jeu concur­ren­tiel entre pays ?

    • [9.2] - Benoît Granger a répondu le 21 février 2012 :

      oui, et au delà du mani­feste, il y a quelques chiffres --à suivre !

  • [10] - Olivier Cimelière (@olivcim) a écrit sur Twitter le 21 février 2012 :

    Les cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique 2 http://t.co/rXLXUUkW via @oezratty - Très com­plet et instructif

  • [11] - FredericBaud a écrit le 21 février 2012 :

    Le finan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif opère plu­tôt sur des petits tickets - pour le moment - mais avec déjà des levées supé­rieures à £1M au UK.

    Par rap­port au modèle géo­gra­phique de proxi­mité phy­sique de la Sili­con Val­ley, il per­met une réor­ga­ni­sa­tion des hommes et des fonds encore plus rapide, et bien plus diverse. Une nation, ou une com­mu­nauté de nations, qui saura offrir le cadre juri­dique suf­fi­sam­ment souple pour per­mettre ces modes d’organisation accé­lé­rés aura un avan­tage com­pé­ti­tif cer­tain dans le nou­veau pay­sage de pro­duc­tion du XXIème (si l’on veut admettre que la maî­trise et l’exploitation de la connais­sance en sera un des enjeux fondamentaux)

  • [12] - Boris Defréville (@AudioSense) a écrit sur Twitter le 22 février 2012 :

    RT @olivez: 2nd par­tie des “Cli­vages de la pré­si­den­tielle sur le numé­rique”, sur les entre­prises inno­vantes: http://t.co/iBx8nryW

  • [13] - bobonofx a écrit le 22 février 2012 :

    Oli­vier,

    En tant que créa­teur d’entreprise dans le sec­teur numé­rique (hors inter­net) la mesure la plus effi­cace pour nous est clai­re­ment le sta­tut JEI car les dépenses prin­ci­pales sont bien sou­vent les salaires. Mal­heu­reu­se­ment, comme tu le sou­lignes, il été raboté en cours de route…

    Je doute de l’efficacité du CIR qui demande tout de même une avance de tré­so­re­rie, est très mal dis­tri­bué (d’ailleurs Google a t-il vrai­ment ins­tallé une par­tie de sa R&D en France à cause prin­ci­pale de ce dis­po­si­tif comme tu le dis Oli­vier?) est maquillé (tu le décris très bien) et est bien sou­vent récu­péré en par­tie par des cabi­nets de conseils (sinon pape­rasse sans fin).

    Bref, JEI pour (presque) tous et on sup­prime une bonne fois pour toute cet usine à gaz de CIR. Mesure simple mais sur­ement efficace!

    • [13.1] - Olivier Ezratty a répondu le 22 février 2012 :

      Oui, l’avantage du JEI est qu’il réduit les dépenses “upfront” alors que le CIR les déduit après… les dépenses ! Il faut donc des fonds propres pour les engager.

      Pour ce qui est de Google et de Micro­soft, oui le CIR fait par­tie de l’équation de la pré­sence R&D de ces acteurs amé­ri­cains en France. Ce n’est pas la seule rai­son, mais c’en est une d’assez convain­cante. Comme cer­tains aiment à le dire, la France est un para­dis fis­cal pour la R&D. Cha­cun son paradis !

      Je suis en tout cas d’accord sur le besoin de rééqui­li­brer le dis­po­si­tif avec moins de CIR pour les grands groupes et plus de réduc­tion de charges géné­riques pour les PME inno­vantes via le JEI.

  • [14] - serge a écrit le 22 février 2012 :

    Pas de fonc­tion­naires à Oseo en tout cas. Google à choisi la France sur­tout pour l’attrait de Paris sur l’Europe. Et pas pour le CIR. Vive la Ville de Paris et ses startups!!!




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