La prolifération des plateformes

Publié le 6 novembre 2010 et mis à jour le 15 novembre 2010 - 6 commentaires -
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Le thème de la confé­rence LeWeb 2010 est “les pla­te­formes”. Une grande par­tie des inter­ve­nants repré­sentent des socié­tés dont les offres sont des pla­te­formes exten­sibles lea­ders de leur mar­ché, ou éven­tuel­le­ment chal­len­gers. Nous aurons notam­ment : Google, Micro­soft, Yahoo!, Renault (les voi­tures aussi sont des pla­te­formes…), Nokia, Orange, Face­book, MyS­pace, Fours­quare, Twit­ter, Yam­mer, Blu­kiwi, Ever­Note, Word­Press ! L’embarras du choix.

Occa­sion de se pen­cher un peu sur la ques­tion des pla­te­formes et de leurs écosystèmes…

La notion de pla­te­forme et d’écosystème est un peu la botte secrète du suc­cès de nombre d’entreprises. Elle com­plète – mais ne rem­place pas – la valeur appor­tée par la qua­lité des pro­duits et leur usage. Mais dans de nom­breux cas de figure, la valeur d’usage d’un pro­duit dépend de plus en plus de la richesse des solu­tions tierces par­ties qui l’accompagnent. Un micro-ordinateur, une console de jeux, un iPhone et main­te­nant, une télé­vi­sion connec­tée, ne servent pas à grand chose sans appli­ca­tions (sauf peut-être pour cette der­nière). On a par­fois des cas extrêmes de pla­te­formes qui sont vrai­ment “nues” sans appli­ca­tions. C’est un peu le cas de Twit­ter qu’une majo­rité d’utilisateurs exploitent avec un client Twit­ter indé­pen­dant du service.

L’Internet et la mobi­lité ont pas mal changé la donne. Tout pro­duit ou ser­vice est qua­si­ment obligé de deve­nir une pla­te­forme pour être exten­sible et sur­vivre dans la jungle hyper­con­nec­tée de la toile. Le tout avec des mash-up (créa­tion d’une appli­ca­tion ras­sem­blant des briques d’autres appli­ca­tions) et du REST (pour faire simple, pour exploi­ter un ser­vice d’un site web à par­tir d’un autre site). Même les plus petites star­tups ont main­te­nant com­pris cette règle et exposent une par­tie de leurs ser­vices sous forme d’APIs.

Dans les pla­te­formes mobiles, c’est la foire d’empoigne. De nom­breux sys­tèmes d’exploitation coha­bitent avec leurs API propres. Les déve­lop­peurs d’applications de mobiles s’arrachent les che­veux pour les sup­por­ter et font des choix favo­ri­sant les lea­ders actuels que sont l’iPhone et Android. Mais les ser­vices comme Google Maps, Face­book, Twit­ter, Fours­quare, j’en passe et des meilleurs ont aussi leurs APIs.

Plateformes Logicielles

Voyons main­te­nant quelles peuvent-être les consé­quences de cette mul­ti­pli­cité de pla­te­formes. Elles sont bien nombreuses :

  • Les déve­lop­peurs sont très cour­ti­sés pour sup­por­ter ces dif­fé­rentes pla­te­formes. Il y a vingt ans, c’était un peu plus simple. On se bat­tait pour les atti­rer qui sous Win­dows, sur le Mac, sous Unix. Et sur telle ou telle base de don­nées. Sont arri­vés les midd­le­ware qui ont com­pli­qué la donne avec notam­ment Java, .NET & co. Mais aujourd’hui, la pano­plie des APIs qu’un déve­lop­peur peut et doit sup­por­ter est incroya­ble­ment diver­si­fiée. Côté pro­ces­seurs, c”était aussi assez simple avec la domi­nance d’Intel. Main­te­nant, la variété des consoles de jeux et l’étendue de pro­ces­seurs embar­qués (Qual­comm / Texas pour mobiles, Broad­com / STM / Sigma dans les set-top-boxes) asso­ciés aux usages numé­riques multi-écrans inter­pelle égale­ment les développeurs.
  • Il y a plus de réuti­li­sa­tion dans le déve­lop­pe­ment logi­ciel : les déve­lop­peurs peuvent exploi­ter des com­po­sants au lieu des les redé­ve­lop­per tout comme des don­nées qu’ils n’ont pas créé. Pour peu que les condi­tions de leur emploi soient rai­son­nables, le mieux étant la gra­tuité pour eux. C’est ainsi le cas de la majo­rité des plug-ins pour les pla­te­formes que sont Word­Press, Dru­pal ou Joomla pour créer des sites de conte­nus, des médias et des blogs. Sans comp­ter évidem­ment le rôle des briques logi­cielles open source qui char­pentent une bonne par­tie des logi­ciels de l’Internet.
  • Les déve­lop­peurs doivent faire des choix dras­tiques de pla­te­forme sup­por­tées quand le poids du logi­ciel dans leur solu­tion est impor­tant, mais les choix sont moins dras­tiques lorsqu’il s’agit d’accéder à des conte­nus. Et ces choix ne sont plus exclu­sifs. Une appli­ca­tion va ainsi sup­por­ter plu­sieurs réseaux sociaux, plu­sieurs stan­dards de ges­tion d’identité, de moyens de paie­ments, etc. Un déve­lop­peur va faci­le­ment sup­por­ter plu­sieurs pla­te­formes de jeux, de mobiles, et main­te­nant, des télé­vi­sions connec­tées. L’adhérence aux pla­te­formes s’amoindrit. Mais la bande pas­sante des déve­lop­peurs res­tant limi­tée, les lea­ders du mar­ché sont tout de même favo­ri­sés : les Google (Maps, Android, Search, etc), Face­book, Twit­ter, Win­dows, iPhone et consorts. La créa­tion d’une pla­te­forme et de son écosys­tème asso­cié res­tent des bar­rières à l’entrée signi­fi­ca­tives face aux concur­rents. Mais le mar­ché semble plus flexible, plus adap­table. Il bouge plus rapi­de­ment. Le rem­pla­ce­ment de MyS­pace par Face­book comme réseau social lea­der en est un bon exemple. MyS­pace avait pour­tant un bon écosys­tème de conte­nus. Même si l’on pourra dire qu’il était moins orienté “logiciels”.
  • La notion d’application a bien évolué. Les cen­taines de mil­liers d’applications déve­lop­pées pour Face­book ou l’iPhone n’ont pas grand chose à voir avec les appli­ca­tions que l’on déve­lop­pait pour Macin­tosh ou PC il y a vingt ans. Il s’agit plu­tôt de contai­ners de don­nées. La chaine de valeur est ainsi plus com­plexe : ce sont des marques qui demandent à des agences de com­mu­ni­ca­tion de déve­lop­per des appli­ca­tions qui intègrent les conte­nus des marques dans une couche logi­cielle appli­ca­tive rela­ti­ve­ment stan­dard. Il n’y a ainsi rien de plus res­sem­blant à une appli­ca­tion mobile d’un média qu’une autre appli­ca­tion mobile pour média.Le modèle est qua­si­ment le même par­tout. Dans les faits, la valeur du logi­ciel est amoin­drie et c’est celle du contenu qui a pris du poil de la bête. Le déve­lop­peur se retrouve de plus à la fin d’une chaine de valeur et son tra­vail est sou­vent délo­ca­lisé tan­dis que ceux des métiers des conte­nus et de la com­mu­ni­ca­tion le sont moins.
  • Force est de consta­ter que tout le monde est dans l’écosystème de tout le monde. Mais cer­tains sont les obli­gés des autres. Et il faut faire preuve de dis­cer­ne­ment pour dis­tin­guer les pla­te­formes qui ont réel­le­ment le vent en poupe. On décompte alors le nombre d’applications tierces-parties, la cou­ver­ture appli­ca­tive mini­male, le nombre de déve­lop­peurs tierces-parties mobi­li­sés, etc. Et la bataille est deve­nue mon­diale. Créer un écosys­tème à l’échelle natio­nale est rare­ment payant sur le long terme. Tout comme négli­ger cette créa­tion. L’exemple de Sky­rock qui s’est fait dépas­ser par le phé­no­mène Face­book est inté­res­sant. Au milieu des années 2000, le pre­mier site de blogs euro­péens avait choisi de ne pas favo­ri­ser l’ouverture de sa pla­te­forme, pen­sant qu’il n’y avait que quelques appli­ca­tions clés à avoir et qu’il pou­vait les déve­lop­per en interne. Quand Face­book (et d’autres) sont arri­vés, le temps des créa­tifs s’est déplacé sur ces pla­te­formes ouvertes en même temps que celui des utilisateurs.
  • Un grand nombre de four­nis­seurs de tech­no­lo­gies et de ser­vices lancent leurs pro­grammes dédiés aux star­tups. Et pour cause, nombre d’applications inno­vantes sur les nou­velles pla­te­formes sont issues des star­tups. Les éditeurs comme Micro­soft, Oracle ou Das­sault Sys­tèmes, les opé­ra­teurs télé­coms, les grands construc­teurs de com­po­sants ont tous plus moins mis en place des pro­grammes plus ou moins struc­tu­rés des­ti­nés aux star­tups. Ils aident les star­tups à la fois pour enri­chir leur écosys­tème et pour entre­te­nir ou amé­lio­rer leur image. Et l’on a vu fleu­rir ces der­nières années des dizaines de concours de star­tups issus de grandes entre­prises (SFR, Micro­soft, Sun, etc), et pas sim­ple­ment de mou­ve­ment asso­cia­tifs ou d’organisations publiques et para-publiques (comme le Minis­tère de la Recherche ou la Ville de Paris). Symp­tôme du fait qu’une appli­ca­tion se déve­loppe plus rapidement.
  • Les four­nis­seurs de pla­te­forme doivent apprendre à tra­vailler avec les créa­tifs, les éditeurs de conte­nus et les déve­lop­peurs. Cela néces­site d’avoir déjà une bonne archi­tec­ture pro­duit, orien­tée com­po­sants. Ensuite, un kit de déve­lop­pe­ment, des API docu­men­tées, des exemples de code, un bon site web, des FAQ, un forum, des bases de connais­sance, blogs et autres moyens de com­mu­ni­ca­tion 1/many et 1/1. Il faut aussi ali­men­ter leurs com­mu­nau­tés res­pec­tives qui se struc­turent indé­pen­dam­ment autour de la pla­te­forme. Adop­ter de telles pra­tiques ne s’improvise pas. Cer­tains indus­triels achètent lit­té­ra­le­ment le déve­lop­pe­ment d’applications auprès de déve­lop­peurs et éditeurs de conte­nus car la moti­va­tion mar­ke­ting ne suf­fit pas, faute de part de mar­ché. Ce, d’autant plus que le modèle écono­mique des appli­ca­tions relève fré­quem­ment du finan­ce­ment par la publi­cité ou du fre­mium, bien loin des licences logi­cielles du monde de la micro-informatique.
  • Les star­tups dont le pro­duit ou le ser­vice est aussi une pla­te­forme exten­sible n’ont pas les moyens des pré­cé­dents. Les déve­lop­peurs ne s’engagent géné­ra­le­ment que si la pla­te­forme est déjà bien dif­fu­sée ou est très pro­met­teuse car lan­cée par un grand acteur de l’industrie. Les star­tups doivent donc ruser pour atti­rer des déve­lop­peurs. Avec un dilemme entre inves­tir dans le pro­duit ou dans l’écosystème lorsque les res­sources sont limi­tées. Il y a un effet d’œuf et de poule entre la valeur uti­li­sa­teur du pro­duit et la valeur de l’écosystème. La prio­rité doit res­ter de créer une pla­te­forme dont les fonc­tions de base sont satis­fai­santes pour atti­rer des uti­li­sa­teurs et qui soit bien archi­tec­tu­rée pour être exten­sible par des éditeurs de conte­nus et des déve­lop­peurs tiers. La créa­tion d’outils pour faci­le­ment para­mé­trer des conte­nus dans sa pla­te­forme sans néces­si­ter de déve­lop­pe­ment logi­ciel est un plus.

Dans l’industrie infor­ma­tique, la notion de pla­te­forme et d’écosystème a tou­jours été la clé de la réus­site. Elle le reste mais la donne s’est com­plexi­fiée, le mar­ché s’est diver­si­fié et ouvert. Etre un four­nis­seur de pla­te­forme est devenu banal. Ce n’est plus vrai­ment une stra­té­gie dif­fé­ren­cia­trice mais un simple “must have” devenu com­mun. La notion de logi­ciel et d’application s’est de plus effa­cée en grande par­tie der­rière le packa­ging de conte­nus. Les pla­te­formes sont deve­nues des sup­ports de médias ! Et comme tou­jours, c’est la qua­lité de l’exécution et sa per­sis­tance qui font la différence.

LeWeb 2010 Logo

Voilà pour l’apéritif ! Je vous donne rendez-vous après LeWeb 2010, mi décembre, pour en faire un compte-rendu et iden­ti­fier d’autres angles de vue sur cette ques­tion des pla­te­formes ! Nous pour­rons notam­ment obser­ver les varia­tions uti­li­sées par les uns et les autres pour pro­mou­voir leur plateforme.

Publié le 6 novembre 2010 et mis à jour le 15 novembre 2010 Post de | Apple, Blogs, Entrepreneuriat, Google, Innovation, Internet, LeWeb, Logiciels, Loisirs numériques, Marketing, Médias, Microsoft, Startups, TV et vidéo | 7658 lectures

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Les 6 commentaires et tweets sur “La prolifération des plateformes” :

  • [1] - Onjanirina RAKOTONIAINA a écrit le 6 novembre 2010 :

    J’explique ce phé­no­mène comme une ten­dance vers la nou­velle forme d’offre web (3.0) : Les sys­tèmes d’exploitation du web. C’est-à-dire, un sys­tème des­tiné à héberger/gérer les inter­ac­tions entre les uti­li­sa­teurs, les appli­ca­tions et les res­sources.
    Une démo dis­po­nible sur http://demo.onjanirina.com/ per­met de voir un pre­mier essai de ce sys­tème émergent.

  • [2] - Fago a écrit le 7 novembre 2010 :

    Bravo pour cet article. Pouvez-vous expli­quer un peu plus la notion que vous avez ébau­ché sur le rôle des créa­teurs de conte­nus issus des médias, du mar­ke­ting… (créa­teurs de valeur d’après ce que je com­prends) par rap­port aux déve­lop­peurs (exé­cu­tants tech­niques, donc délo­ca­li­sables) ? Quel est le rôle des marques dans cet écosys­tème ? Ce sujet me semble par­ti­cu­liè­re­ment per­ti­nent dans l’économie numé­rique actuelle. Si cela vous inté­resse, je peux vous four­nir des liens.

  • [3] - Daniel COHEN-ZARDI a écrit le 9 novembre 2010 :

    Pour rebon­dir sur la remarque de Fago, il me semble qu’il faut faire atten­tion au rac­courci déve­lop­peur = exé­cu­tant tech­nique délocalisable.

    Par­ti­cu­liè­re­ment avec l’évolution de la notion d’application dans l’univers mobile, ce qui fait la valeur d’une appli­ca­tion, c’est l’imbrication du contenu et du fonc­tion­ne­ment tech­nique au sein d’une “expé­rience utilisateur”.

    On le voit bien avec la myriade d’applications utiles pour iPhone. Dans ce contexte, je ne suis pas sûr que ce type de déve­lop­pe­ment soit par­ti­cu­liè­re­ment délo­ca­li­sable de manière efficace.

    Mes 0,02 cents.

    • [3.1] - Olivier Ezratty a répondu le 10 novembre 2010 :

      J’ai peut-être forcé le trait sur la délo­ca­li­sa­tion plus facile du déve­lop­pe­ment logi­ciel. Mais c’est un fait aujourd’hui à l’échelle mon­diale. Même s’il a des limites bien connues sur la ges­tion des pro­jets, la réac­ti­vité et la qua­lité, des écueils. Pro­blèmes que ren­contrent nombre de star­tups qui sous-traitent à l’étranger tout ou par­tie de leurs développements.

      De plus, le déve­lop­peur est de plus en plus un inté­gra­teur de briques logi­cielles, d’interfaces uti­li­sa­teurs et de conte­nus. Cela peut à la fois le valo­ri­ser et le bana­li­ser, selon les cas de figure. Il sera valo­risé s’il est capable de bien gérer les couches supé­rieures de l’application (ergo­no­mie, conte­nus). Il pourra être déva­lo­risé si la tay­lo­ri­sa­tion du pro­jet l’écarte de ces domaines et le can­tonne à la “plomberie”.

      S’il reste bien entendu des déve­lop­peurs qui vont “du lourd”, des appli­ca­tions de ges­tion, des briques logi­cielles ou du midd­le­ware, un grand nombre d’entre eux font de la com­mo­dité, en par­ti­cu­lier dans le monde du web et du mobile, et cela pour­rait deve­nir le cas dans la TV connec­tée. C’est au moins vrai sta­tis­ti­que­ment quand on compte les appli­ca­tions. Les plus de 250K appli­ca­tions de l’iPhone et les cen­taines de mil­liers de Face­book ont pro­ba­ble­ment demandé bien moins d’années hommes de déve­lop­pe­ment que l’héritage des appli­ca­tions d’entreprise et bureau­tiques sur Mac et PC.

      Un signe indi­ca­teur : les prix (très bas) pour se faire créer un site sous Word­Press. Les prix pour le déve­lop­pe­ment d’une appli­ca­tion mobile res­tent cepen­dant élevés pour l’iPhone, semble-t-il à cause d’une pénu­rie de déve­lop­peurs for­més sur la pla­te­forme. Et peut-être aussi parce que le mar­ché n’est pas encore trans­pa­rent et éduqué sur la vérité des coûts et donc des prix.

      • [3.1.1] - Daniel COHEN-ZARDI a répondu le 11 novembre 2010 :

        Jus­te­ment, ma ques­tion est de savoir si sur des appli­ca­tions de type mobile, face­book, etc… il y a beau­coup de délo­ca­li­sa­tion du développement.

        Je suis loin d’en être cer­tain car ce sont de petites appli­ca­tions et il y a beau­coup de lien avec le contenu justement.

        Donc on ne peut pas réel­le­ment off-shoriser le déve­lop­pe­ment dans un cas pareil me semble-t-il.

        J’aimerais bien avoir des sta­tis­tiques là-dessus en tout cas.

  • [4] - Businessangel a écrit le 10 novembre 2010 :

    Excel­lente synthèse




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