J’avais pu citer le cas de Vincent Dureau, cet ingé­nieur fran­çais issu de Télé­com Paris,  patron de l’engineering de Google TV et de You­Tube dans un pré­cé­dent post au sujet de Google TV.

D’autres fran­çais sont pré­sents dans les médias numé­riques et notam­ment dans le cinéma numé­rique. Cela com­mence avec les outils de pro­duc­tion et va jusqu’à l’équipement des salles de cinéma. Nous avons évidem­ment ce gros acteur qu’est Tech­ni­co­lor, ex Thom­son, qui n’est pas bien en point mais repré­sente tout de même près de 3Md€ de chiffre d’affaire.

Au gré de mes péré­gri­na­tions, j’ai décou­vert des fran­çais créa­tifs et entre­pre­neurs dans le sec­teur du son mul­ti­ca­nal pour le cinéma numé­rique. Il s’agit des socié­tés Dorémi, Trin­nov et Digi­tal Media Solu­tions. Leur cas, que je vais décrire dans ce post, est inté­res­sant à plu­sieurs titres : le pre­mier est le lea­der inter­na­tio­nal de son sec­teur et est établi aux USA, le second est très avancé tech­ni­que­ment et a déjà quelques par­te­na­riats OEM en cours, et le troi­sième sou­haite créer la pro­chaine géné­ra­tion de son mul­ti­ca­nal pour le cinéma. Sachant que les trois sont plus ou moins associés.

doremi logo

Doremi est un concep­teur et fabri­cant de ser­veurs médias numé­riques audio et vidéo sur disques durs. La société a été créé en 1985 par des liba­nais fran­co­phones, Camille Rizko, ingé­nieur Supe­lec 1981, son frère Emil, et Safar Gha­zal. Ils ont d’emblée établi leur siège à Bur­bank près de Los Angeles et sur­tout d’Hollywood. His­toire d’être au cœur de l’écosystème du cinéma, leur mar­ché cible.

Il est pré­sent dans les mar­chés de la post-production, du broad­cast et de la pré­sen­ta­tion avec plus de 5000 sites clients ins­tal­lés depuis sa créa­tion en 1996. Leurs clients sont les chaines de TV, les socié­tés de post­pro­duc­tion audio, les pres­ta­taires de ser­vices dans l’événementiel et pro­duc­tion vidéo et depuis 2005, les salles de cinéma qui s’équipent pro­gres­si­ve­ment en moyens de pro­jec­tion numé­riques. Doremi est le lea­der mon­dial de l’équipement des salles de cinéma !

La société s’est d’abord fait connaitre en 1985 grâce au DAWN, une des toutes pre­mières sta­tions numé­riques d’enregistrement et de mon­tage du son mul­ti­ca­nal des­ti­née au mar­ché de la post-production audio. Doremi a ensuite com­plété son offre en 1996 avec des ser­veurs vidéo.

Leur cata­logue com­prend notam­ment des ser­veurs d’enregistrement de la vidéo Full HD en MPEG2 ou en vidéo non com­pres­sée (ci-dessous)…

Doremi v1x2

Et puis, des ser­veurs de play­back pour le cinéma numé­rique, avec sup­port des for­mats vidéo “2K” (2048x1920, proche du 1080p), du “4K” (encore peu uti­lisé, 4096x2160) et de la 3D (pour leur DCP-2K4, et avec la tech­no­lo­gie d’encodage 3D du cana­dien Sen­sio, qu’ils sont les seuls à sup­por­ter). Doremi est ainsi le pre­mier construc­teur à avoir com­mer­cia­lisé un ser­veur de play­back pour le cinéma numé­rique (à la norme DCI et en JPEG2000), le DCP-2000. A ce jour, plus de 14000 ser­veurs sont déployés dans le monde dans les salles de cinéma numé­riques, sur un total de 20000. Et ils équi­pe­raient 92% des salles en France. Il s’agit d’un mar­ché en plein déve­lop­pe­ment car il reste 145000 salles à conver­tir au numé­rique dans le monde, 29K en Europe et un peu moins de 4000 en France !

Doremi DCP-2K4

Les sta­tions de Doremi sont fon­da­men­ta­le­ment des PC avec beau­coup de logi­ciel embar­qué. Mais une par­tie du logi­ciel tourne sur des com­po­sants spé­ci­fiques (des “FPGA”). Il s’agit d’une méthode de packa­ging éprou­vée per­met­tant de bien valo­ri­ser l’expertise logi­cielle. On la retrouve chez Ané­via, avec ses ser­veurs de strea­ming vidéo pour l’IPTV et la VOD tout comme chez Arkoon et ses “appliances de sécu­rité” ou chez Trin­nov (voir plus loin).

A par­tir de la tête de pont aux USA, Doremi s’est déve­loppé en Europe, en Asie, en Afrique et au Moyen Orient. Ils ont établi en 1996 leur siège euro­péen à Sophia Anti­po­lis et ont décidé d’y implan­ter ensuite une équipe de R&D pour les déve­lop­pe­ments de leurs ser­veurs d’enregistrement vidéo. On a là un cas de figure très inté­res­sant et raris­sime de société d’origine fran­çaise qui s’établit donc d’abord aux USA, ce qui lui per­met de se déve­lop­per à l’échelle mon­diale et ensuite, de s’installer plus soli­de­ment en France !

D’où pro­vient cette posi­tion de lea­der ? De deux fac­teurs clés : l’établissement de la société au cœur de la “Hol­ly­wood Val­ley” et la volonté des grands pro­duc­teurs d’Hollywood d’écarter les tech­no­lo­gies pro­prié­taires (comme Dolby, DTS ou le Sony SDDS). A un tel point que Dolby va aban­don­ner le mar­ché pro­fes­sion­nel et que DTS a arrêté de com­mer­cia­li­ser sa tech­no­lo­gie de son pour le cinéma et l’a cédée à Data­sat. Hol­ly­wood a tout de même fait une excep­tion avec le sys­tème de tatouage (water­mar­king) d’une filiale de Phi­lips, Civo­lu­tion. Il s’agit en fait de la tech­no­lo­gie d’une star­tup de Rennes, Nex­tamp, ayant tran­sité par Tech­ni­co­lor en 2005 avant d’être racheté par Civo­lu­tion en 2008 (his­to­rique ici).

Com­ment fonc­tionne leur écosys­tème ? Doremi s’appuie sur­tout sur un réseau d’installateurs de salles de cinéma. Ils sont 100 en Europe. Ils béné­fi­cient aussi du sys­tème alam­bi­qué quoiqu’ingénieur sys­tème de finan­ce­ment de la migra­tion des salles au numé­rique. Les coûts d’équipement sont en grande par­tie finan­cés par des tiers-opérateurs qui se rem­boursent en pré­le­vant une dime sur les couts de créa­tion des copies numé­riques des films (le “Vir­tual Print Fee”). C’est une forme de lea­sing du maté­riel, très bien expli­quée sur le site Manice.

logo-trinnov

J’ai décou­vert Trin­nov un peu par hasard en 2005, lors d’une démons­tra­tion dans un sho­wroom Pari­sien près de l’Etoile qui m’avait bluffé, et avais traité de leur offre dans les rap­ports du CES 2008 et 2009.

Ils pro­posent un solu­tion d’égalisation du son numé­rique d’installations mul­ti­ca­nal, pro­ba­ble­ment la meilleure au monde, que ce soit pour les stu­dios, les ciné­mas ou le “home cinéma”. Elle est loin devant la tech­no­lo­gie Audys­sey qui équipe les amplis audio-vidéo de grandes marques comme Denon, Onkyo ou Marantz. Loin devant d’un point de vue qua­li­ta­tif, mais pas encore en termes de parts de marché !

Leur tech­no­lo­gie s’appuie sur un micro spé­cial à quatre cap­teurs qui capte la géo­mé­trie de la pièce, les réver­bé­ra­tions, etc. Un pro­ces­sus qui ne peut être conve­na­ble­ment réa­lisé avec un seul micro que l’on déplace dans dif­fé­rentes posi­tions d’écoute de la pièce. L’égalisation pro­cède d’abord par l’émission par l’installation son de fré­quences sonores cou­vrant le spectre audible pour la cali­brer, puis par l’exploitation des don­nées de cali­brage pour la res­ti­tu­tion. Le tout fonc­tionne soit dans un boi­tier inté­gré à base de PC et sous Linux, soit fourni sous licence pour être embar­qué dans des maté­riels tiers (avec le micro bre­veté). Le résul­tat est d’une qua­lité éton­nante : les détails sonores d’une bande son d’un film sont clairs et nets et bien direc­tion­nels tan­dis que le son a l’air d’une bouillie infame lorsque l’on décon­necte le système !

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Leurs clients sont principalement :

  • Les pro­fes­sion­nels de la pro­duc­tion audio et vidéo : régies broad­cast, et les cars régie, les stu­dios d’enregistrement, les stu­dios de pro­duc­teurs et de musi­ciens, les audi­to­riums de post­pro­duc­tion. Leur est dédiée la solu­tion indé­pen­dante, le ST2-Hifi, qui est com­mer­cia­lisé à 4950€.
  • Les salles de cinéma, un mar­ché qui va être main­te­nant cou­vert grâce à un par­te­na­riat avec Doremi (pour la dis­tri­bu­tion sous sa propre marque dans son réseau de dis­tri­bu­tion) et DMS (pour le mar­ke­ting et la vente).
  • Le mar­ché grand public avec les ins­tal­la­tions de home-cinéma et de haute-fidélité. Pour l’instant, la tech­no­lo­gie de Trin­nov n’est dis­po­nible dans le grand public que dans l’amplificateur audio-vidéo Sher­wood R972 (ci-dessous).

r-972 copy

Nous avons affaire ici à une petite société qui, contrai­re­ment à Doremi, n’a pas encore atteint la taille cri­tique. Son alliance avec Doremi et DMS pour­rait les aider à ses déve­lop­per et à se faire connaitre car leur tech­no­lo­gie le mérite amplement.

logo-digital-media-solution

Cette troi­sième société, déjà citée, est liée aux deux pré­cé­dentes. Digi­tal Media Solu­tions (DMS) est ins­tallé dans la Cité Des­cartes de Champs sur Marne, une pépi­nière d’entreprises inno­vantes près de Marnes la Val­lée. C’est pour l’instant une société d’ingénierie qui ins­talle des salles cinéma et autres lieux en équi­pe­ments audio. Mais elle ambi­tionne de créer des pro­duits très inno­vants dans le secteur.

On com­prend mieux le pour­quoi du com­ment quand on découvre ses créa­teurs. Tout d’abord, Hervé Roux, cet ingé­nieur du son free­lance engagé par DTS en 1997 à l’issue d’un dif­fé­rent sur la pro­priété intel­lec­tuelle du pro­cédé de son mul­ti­ca­nal et où il a passé plus de huit ans. Puis, Alex Ribault, un autre ex-DTS. Et enfin, Pas­cal Che­de­ville, co-inventeur du LC Concept, le pro­cédé qui per­met d’encoder le son numé­rique sur un CD-ROM et de le syn­chro­ni­ser via un time-code sur une pel­li­cule 35 mm. Un pro­cédé repris par… DTS.

En plus de quelques busi­ness angels, DMS a aussi Doremi parmi ses inves­tis­seurs, et notam­ment Patrick Zuc­chetta, le Pré­sident de Doremi Tech­no­lo­gies, la branche euro­péenne de Doremi et un Supe­lec de la même pro­mo­tion que le créa­teur de Doremi, Camille Rizko, et Hervé Bau­jard, Direc­teur du Busi­ness Deve­lop­ment de Doremi.

En plus de leur acti­vité d’installation de salles, déjà opé­ra­tion­nelle, l’offre pro­duit DMS com­prend le ser­veur audio mul­ti­ca­nal Orion pour les salles de cinéma créé en par­te­na­riat avec Trin­nov. Il a déjà été expé­ri­menté dans les salles des trois prin­ci­paux réseaux fran­çais (CGR, Pathé-Gaumont et UGC) et est en cours de déploie­ment à l’échelle européenne.

Processeur Orion de DMS

DMS pré­voit sur­tout le déve­lop­pe­ment d’un pro­ces­seur de son mul­ti­ca­nal 22.2 pour les salles de cinéma dit “3D”. Il per­met de recons­ti­tuer un envi­ron­ne­ment sonore en trois dimen­sions en ligne avec les images en relief. Pour­quoi autant de canaux ? Il s’agit d’une dis­po­si­tion créée au Japon avec neuf enceintes en hau­teur (trois devant, trois der­rière, trois au milieu, qui sont au pla­fond, au des­sus des spec­ta­teurs), dix enceintes à hau­teur d’oreille (cinq devant, deux sur le côté, trois der­rière) et cinq au plan­cher (trois devant, et deux cais­sons de basse, l’un à droite et l’autre à gauche). Elle per­met d’accroitre la dif­fé­rence entre l’expérience du cinéma dans la salle et chez soi. Le son 22.2 peut pro­ve­nir d’un mixage natif dans ce for­mat (à venir…) et d’un remixage d’un son 5.1 en 22.2 (qui néces­site au pas­sage un accord des ayant droits). On peut se dire que cela ne sert à rien, jusqu’au jour où l’on pourra en pro­fi­ter et apprécier !

La société a égale­ment en pro­jet des ampli­fi­ca­teurs de son pour le cinéma, des enceintes pour le son 3D au cinéma (en par­te­na­riat avec le fabri­cant fran­çais DK Audio), un casque pour le son 3D ainsi que des lunettes de sous-titrage adap­tées à cer­taines formes de han­di­cap. Enfin, ils aime­raient bien faire entrer leur son 3D dans le mar­ché grand public, un pro­jet plu­tôt com­pli­qué au pre­mier abord.

Le mar­ché grand public reste très atti­rant du fait des écono­mies d’échelle. Même si il a plus ou moins aban­donné le mar­ché pro­fes­sion­nel, Dolby est une société de $900m de chiffre d’affaire tan­dis que DTS en fait $77m ! Il faut aussi comp­ter avec un concur­rent plus direct, un autre amé­ri­cain, Ultra Ste­reo Labs. Face à cela, nos petits fran­çais ont effec­ti­ve­ment bien fait de s’allier les uns aux autres. Dans cette com­pé­ti­tion mon­diale, l’union fait la force. Et il faut abor­der sérieu­se­ment le mar­ché amé­ri­cain comme l’a fait Doremi. Sinon, point de salut !

A noter, au pas­sage, que Trin­nov et DMS sont tous deux lau­réats de Scien­ti­pôle Ini­tia­tive, une asso­cia­tion où j’ai ainsi sou­vent l’occasion de croi­ser des star­tups très inté­res­santes de l’Ile de France.

Publié le 16 août 2010 Post de | Digital media, Loisirs numériques, Startups, TV et vidéo | 5086 lectures

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Les 5 commentaires et tweets sur “Ces français qui perfectionnent le cinéma numérique” :

  • [1] - parisdevincub a écrit le 16 août 2010 :

    Merci Oli­vier pour ce post. J’en pro­fite, puisque le thème s’y prête, pour effec­tuer un petit coup de “pro­jec­teur” sur une autre star­tup fran­çaise du cinéma numé­rique, Dvi­dea, égale­ment sou­te­nue par Scien­ti­pole. Elle déve­loppe un TMS (Theatre Mana­ge­ment Sys­tem) indé­pen­dant de tout fabri­cant, et capable de pilo­ter plus de 90% des marques d’équipements de pro­jec­tion numé­rique pré­sents sur le mar­ché. Héber­gée au sein de la Pépi­nière Paris Inno­va­tion Mas­séna, nous lui avions d’ailleurs consa­cré un article il y a quelques semaines :http://www.newsdepepiniere.com/article-dvidea-ou-l-effet-avatar-50228800.html

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 16 août 2010 :

      En effet. Je les connais. Mais ils sor­taient un peu du cadre de l’expérience au sein du cinéma de l’article, qui n’avait d’ailleurs pas pour voca­tion d’être exhaus­tif. Je suis sinon pre­neur d’autres feed­backs de ce genre avec des noms de boites fran­çaises qui impactent le cinéma numé­rique, avec une influence internationale.

  • [2] - patrickz a écrit le 16 août 2010 :

    Pour res­ter dans les start-up fran­caises per­for­mantes du cinéma numé­rique, il faut ajou­ter 3DLIZED (www.3dlized.com) qui est à la pointe qua­li­ta­tive de la conver­sion en 3D relief jaillis­sante et confor­table à la vue !

  • [3] - cineact35 a écrit le 2 septembre 2010 :

    Ega­le­ment basée à Rennes, CinéAct (http://www.cineact.fr), créée en 2005 per­met à l’ensemble des pro­fes­sion­nels du monde du cinéma (exploi­tants, dis­tri­bu­teurs, pro­duc­teurs, régies publi­ci­taires) de tirer par­tie des capa­ci­tés et oppor­tu­ni­tés du cinéma numé­rique, en par­ti­cu­lier par le renou­vel­le­ment de l’avant‐séance.
    CinéAct est sou­te­nue par Paris Busi­ness Angels et XMP.
    CinéAct sera expo­sant au 65e congrès de la FNCF (Fédé­ra­tion Natio­nale des Cine­mas Fran­çais) du 20 au 24 sep­tembre 2010 à Deauville.

  • [4] - TriOviz 3D a écrit le 4 février 2011 :

    TriO­viz est une autre start-up fran­çaise pré­sente à l’international. Elle deve­loppe et com­mer­cia­lise une tech­no­lo­gie d’affichage 3D inno­vante (encodage+lunettes), INFICOLOR 3D, com­pa­tible avec le parc actuel d’écrans HDTV 2D.

    La tech­no­lo­gie INFICOLOR 3D per­met ainsi aux éditeurs de contenu 3D de ne pas limi­ter leur offre com­mer­cial aux seuls écrans HD-3D dont le taux d’équipement va suivre une pro­gres­sion lente, simi­laire à celle des écrans HD-2D (6 ans pour fran­chir un taux d’équipement de 50% des foyer)

    INFICOLOR 3D se dif­fé­ren­cie des tech­niques anciennes de lunettes ana­glyphe (rouge-bleu, magenta-vert, ambre-bleu) par une res­ti­tu­tion excep­tion­nelle des cou­leurs natu­relles et un confort d’expérience inégalé.

    En 2010, année de lan­ce­ment com­mer­cial, 3 titres DVD/Blu-ray et jeux video ont uti­li­sés cette tech­no­lo­gie :
    - Bat­tle for Terra :D VD/Blu-ray (Pathé, Stu­dio 37)
    - Bat­man Arkham Asy­lum, Game of the Year edi­tion: Video game (War­ner Inter­ac­tive & Square Enix)
    - Ensla­ved: Ody­sey to the West: Video game (Namco/Bandaï)

    http://www.trioviz.com




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