Comment Ubifrance aide les startups à exporter

Publié le 26 octobre 2010 - 19 commentaires -
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J’ai par­ti­cipé le 21 octobre 2010 aux troi­sièmes “Ren­contres Inter­na­tio­nales du Numé­rique” orga­ni­sées par UbiFrance.

L’initiative est inté­res­sante car elle est tour­née prin­ci­pa­le­ment vers les star­tups du sec­teur. Au delà de tout ce que l’on peut entendre dire de bien ou de mal sur Ubi­France, l’initiative mérite d’être sou­li­gnée. Ce sont des événe­ments de ce genre qui contri­buent à pous­ser nos star­tups à expor­ter. En matière de contri­bu­tions issues du sec­teur public, la sym­bo­lique est en effet tout aussi impor­tante que les actions elles-mêmes. Et c’est mieux lorsqu’il y a bien de l’action der­rière le sym­bo­lique ! On le voit bien avec le bruit autour de la remise en cause du sta­tut des JEI, qui en dit long sur la sym­bo­lique de mesures qui semblent prises “contre” les PME inno­vantes. Dans l’ensemble, ces Ren­contres étaient assez réus­sies. L’événement aurait attiré plus de 300 per­sonnes - trois fois plus que l’année pré­cé­dente - et la grande salle de confé­rence d’UbiFrance (à Paris, près de la place Den­fert Roche­reau) était rem­plie. Seul écueil, si la confé­rence trai­tait bien de l’international, les inter­ve­nants étaient tous fran­çais, sauf un avo­cat américain !

Ubi­France est l’un des acteurs clés qui aide nos entre­prises à expor­ter qui inter­vient plu­tôt dans les approches explo­ra­toires de mar­chés. En amont d’UbiFrance, les Chambres de Com­merce qui iden­ti­fient les primo-exportateurs, les forment et les aident à pré­pa­rer leur stra­té­gie d’export. Ubi­France prend le relai pour iden­ti­fier les par­te­naires locaux. Et puis ensuite, les Chambres de Com­merce franco-étrangères prennent le relai pour les accom­pa­gner dans l’opérationnel une fois implan­tées. On compte égale­ment par la Coface qui couvre les risques des inves­tis­se­ments à l’étranger. Enfin, Oséo pro­pose des solu­tions de finan­ce­ment – sous forme d’avances rem­bour­sables ou de prêts – pour le déve­lop­pe­ment à l’international selon les étapes de déve­lop­pe­ment (pros­pec­tion, créa­tion de filiale, créa­tion d’usine, etc).

Ces Ren­contres Inter­na­tio­nales du Numé­rique ser­vaient plu­sieurs objec­tifs que je vais cou­vrir ici : faire un tour d’horizon des ser­vices pro­po­sés par Ubi­France, faire un retour d’expérience de star­tups du sec­teur du numé­rique, valo­ri­ser des star­tups pro­met­teuses pour leur déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal et enfin, valo­ri­ser les autres inter­ve­nants publics comme pri­vés qui aident les entre­prises à expor­ter. Le tout per­met­tra au pas­sage four­nir un peu de matière pour mettre à jour la rubrique ‘inter­na­tio­nale’ dans le Guide de l’Accompagnement des Star­tups High­tech. Sa pro­chaine édition, la XIV, est pré­vue pour février 2011.

Henri Baissas et Richard Gomes Ubifrance Oct2010

Ces ren­contres étaient intro­duites par Henri Bais­sas (ci-dessus à gauche), Direc­teur des Opé­ra­tions d’UbiFrance et coor­don­nées par Richard Gomez, qui est en charge du sec­teur numé­rique après avoir passé quelques années dans la Mis­sion Eco­no­mique sur la côte Ouest aux USA (ci-dessus à droite).

Tour d’horizon des ser­vices pro­po­sés par UbiFrance

Contrai­re­ment à pas mal de “gui­chets” qui dis­pensent aides, avances et prêts, Ubi­France est un pres­ta­taire de ser­vices, qu’il mon­naye. Mais sa dota­tion bud­gé­taire de l’Etat lui per­met de pro­po­ser des tarifs abor­dables, notam­ment pour ce qui est de la par­ti­ci­pa­tion aux salons inter­na­tio­naux. De plus, même si le trai­te­ment per­son­na­lisé de chaque entre­prise est mis en avant, il y a un gros effort de mutua­li­sa­tion. Dans le sec­teur du numé­rique, Ubi­France a ainsi orga­nisé 130 opé­ra­tions “col­lec­tives”. Dans les TIC, Ubi­France a accom­pa­gné 2800 entre­prises en tout. C’est le sec­teur le mieux représenté.

Ubi­France a plus de 1500 col­la­bo­ra­teurs dont 1000 sont à l’étranger, et notam­ment dans les 64 mis­sions écono­miques répar­ties dans 44 pays. Leur inté­gra­tion pro­gres­sive à Ubi­France a démarré en 2008 et devrait s’achever en 2011. Notons, c’est une bonne chose, que le bâti­ment d’UbiFrance héberge aussi l’AFII, qui elle, sert à atti­rer les entre­prises étran­gères en France et est de taille plus modeste, avec 160 col­la­bo­ra­teurs dont plus de la moi­tié à l’étranger.

Ubi­France seg­mente son offre en quatre domaines :

  • L’infor­ma­tion : avec la publi­ca­tion de nom­breuses notes, guide et autres docu­ments de réfé­rence per­met­tant de mieux com­prendre les mar­chés inter­na­tio­naux (glo­ba­le­ment, ou par sec­teur d’activité), de suivre les appels d’offre, et aussi les évolu­tion du droit et de la règle­men­ta­tion. Ces docu­ments sont géné­ra­le­ment payants, mais d’un tarif plu­tôt abor­dable (25€ à 250€ selon). Ce sont ces mêmes notes que j’avais décou­vert dans le “brie­fing” qui était dis­tri­bué aux par­ti­ci­pants du voyage en Corée et au Japon en 2009 avec NKM.
  • La pros­pec­tion : avec l’accompagnement des mis­sions écono­miques qui aident à mon­ter des ren­contres avec les bons inter­lo­cu­teurs dans les pays. Richard Gomes évoquait ainsi le fait que les Mis­sions Eco­no­miques étaient en contact avec tous les opé­ra­teurs télé­com de chaque pays. Ubi­France coor­donne aussi la pré­sence fran­çaise dans de nom­breux salons pro­fes­sion­nels, que ce soit sous forme de “vil­lages d’exposants” sous pavillon fran­çais ou bien d’organisation de rendez-vous d’affaire (sans expo­ser). Dans le numé­rique, un grand nombre d’événements sont cou­verts dans un tas de pays. Il y a notam­ment, dans les poids lourds : le Cebit (Hanovre), le NAB (télé­vi­sion broad­cast, Las Vegas), l’E3 (jeux vidéo, LA), le MWC (mobi­lité, Bar­ce­lone), Web 2.0 Expo (San Fran­cisco), CEATEC (consu­mer elec­tro­nics, Tokyo). Un seul regret : le CES de Las Vegas n’est pas cou­vert. Peut-être à cause d’une fai­blesse endé­mique des entre­prises fran­çaises du sec­teur. Pour­tant, un petit effort per­met­trait de ras­sem­bler quelques dizaines de star­tups sur ce sec­teur. Sachant que la pré­sence sur un salon se construit. Cela doit être un élément d’une cam­pagne inté­grée. Ils conso­lident la cré­di­bi­lité sur un mar­ché, per­met d’exister, mais ne font pas tout. Et il ne faut pas faire les choses à moitié !
  • La com­mu­ni­ca­tion : avec en par­ti­cu­lier un sup­port dans les rela­tions presse (com­mu­ni­qués, dos­siers de presse, confé­rences, rendez-vous). Ce genre de ser­vice per­met de mettre le pieds à l’étrier mais une star­tup sérieuse devra rapi­de­ment faire appel à une agence de rela­tions publiques locale, en par­ti­cu­lier aux USA.
  • La ges­tion du VIE : le Volon­ta­riat Inter­na­tio­nal en Entre­prises qui existe depuis 2000 est une sorte de CDD sub­ven­tionné de jeunes fran­çais de moins de 28 ans qui vous aide­ront à prendre pieds dans dif­fé­rents pays pour toute mis­sion tech­nique ou com­mer­ciale. Les mis­sions vont de 6 à 24 mois et les charges sociales sont réduites. Ubi­France est une sorte d’organisme de pla­ce­ment des VIE, qui recueille et filtre les can­di­dats, les répar­tie auprès des entre­prises inté­res­sées, et gère tout l’administratif affé­rant (contrats, charges sociales, etc). Le jeune est sta­tu­tai­re­ment dépen­dant des Mis­sions Economiques.

Dans ces ren­contres, nous avons eu droit à un petit brief des res­pon­sables TIC de dif­fé­rentes mis­sions écono­miques fai­sant cha­cun la pro­mo­tion de l’essor du mar­ché des TIC dans leur pays res­pec­tif. En voici quelques points clés :Gaetan Gachet Ubifrance Oct2010

  • USA (Gae­tan Gachet, San Fran­cisco, ci-contre) : c’est évidem­ment le mar­ché numéro un à cibler, en par­ti­cu­lier pour les star­tups très tech­no­lo­giques et sur­tout dans l’immatériel (logi­ciels, Inter­net). D’autant plus que l’économie y redé­marre : l’argent revient, les dépenses dans l’IT croissent de 5% par an, les finan­ce­ments sont de retour chez les VCs (notam­ment dans le sec­teur des médias numé­riques), les fusions/acquisitions reprennent, la bourse se porte mieux pour les piliers du sec­teur et les intro­duc­tions en bourse refleu­rissent (à venir: Hulu, Twit­ter et Face­book). Et les tech­no­lo­gies fran­çaises sont en phase avec ce qui se passe aux USA. A noter que 30% des habi­tants de la “bay area” sont nés à l’étranger et qu’on y trouve 50K fran­çais (c’est d’ailleurs assez stable depuis une quin­zaine d’années). La Mis­sion Eco­no­mique de San Fran­cisco a orga­nisé 4 pro­grammes col­lec­tifs dans l’année et 450 rendez-vous. Le tout pour 96 socié­tés depuis début 2010. Elle ouvre les portes dans toutes les grandes entre­prises du sec­teur mais aussi dans le sec­teur des banques. Citons au pas­sage quelques socié­tés qu’UbiFrance a aidé à s’implanter aux USA : Cri­téo, Vir­tuoz, A Volute, 3DTV, Coda­sys­tem et Bluekiwi.
  • Canada (Eric Morand, ci-dessous à gauche) : un pays qui pèse 15% du mar­ché amé­ri­cain, est plus abor­dable mais tou­te­fois for­te­ment concur­ren­tiel. C’est un bon mar­ché test pour abor­der ensuite les USA. Le mar­ché des TIC est de $155B, avec 600K emplois et il repré­sente 7,5% du PIB. Il y a 50K entre­prises de logi­ciel, 4K dans les médias et conte­nus, sur­tout à Mont­réal. Les TIC repré­sentent 40% de la R&D publique et pri­vée dans le pays. 40% du mar­ché est équipé en smar­phones, tirés par RIM, qui est basé à Water­loo à deux heures de Toronto. Le pays passe sinon à la carte à puces et au paie­ment mobile.

Eric Morand Ubifrance Oct2010 (2)Myriam Sengayire Ubifrance Oct2010 (1)

  • UK (Myriam Sen­gayire, ci-dessus à droite) : un pays attrac­tif car c’est le pre­mier consom­ma­teur de pro­duits numé­riques en Europe, devant l’Allemagne, qui a pour­tant 32% d’habitants en plus ! C’est le pre­mier mar­ché euro­péen pour le consul­ting et l’outsourcing. Il y a 1,1 mil­lions d’emplois dans les TIC, qui repré­sentent 10% du PIB ! Les ser­veurs UK font tran­si­ter une grosse par­tie de l’Internet pour l’Europe. C’est aussi le second mar­ché mon­dial des jeux vidéos. Le gou­ver­ne­ment a annoncé une réduc­tion dras­tique des dépenses publiques d’ici 2015, mais il conti­nuera à sou­te­nir les TIC, et notam­ment les infra­struc­tures haut débit (mais elles sont dotées chi­che­ment, de 560m£, à com­pa­rer aux 2Md€ en France du grand emprunt).
  • Alle­magne (Mar­tin Win­der) : on y trouve aussi 1 mil­lions d’emplois dans les TIC. Mais il y a une pénu­rie d’experts en Alle­magne. Il en man­que­rait 400K ! Bref le pays est un bon employeur poten­tiel. Les sec­teurs qui se déve­loppent : la e-santé, le SaaS, le green IT et les télécoms.

Martin Winder Ubifrance Oct2010Thomas Vial Ubifrance 2010

  • Espagne (Tho­mas Vial) : 25m d’espagnols sont connec­tés. Mais le ecom­merce n’y est pas encore déve­loppé faute de confiance des consom­ma­teurs. Une oppor­tu­nité donc d’exporter des modèles qui marchent mais en créant cette confiance avec une bonne sécu­ri­sa­tion des moyens de paie­ment. Le haut débit mobile est aussi bien développé.

Retours d’expériences de star­tups établies à l’étranger

Voici quelques notes des débats où inter­ve­naient des PME du sec­teur des TIC. Comme dans toute inter­ven­tion de ce style, les infor­ma­tions inté­res­santes sont de petites phrases qui méri­te­raient d’être creu­sées avec un peu plus de temps :

  • On sait mieux faire ce qui est dif­fi­cile à faire. C’est un savoir faire appré­cié et expor­table (MLState)
  • Expor­ter aux USA aide ensuite à tra­vailler avec les grandes entre­prises fran­çaises… sous-entendu, fri­leuses (MLState).
  • La Sili­con Val­ley est évidem­ment clé. Mais il y a aussi de grands clients sur la côte Est et faut y aller (MLState).
  • On est bons en France mais on est com­plexé, il faut en sor­tir (Relaxnews).
  • Il faut arri­ver avec des gens qui ont réussi comme faire valoir. Mon­trer des clients. D’où l’importance de la gué­rilla sur les trois pre­miers clients. Le fait d’être par­te­naire avec l’AFP a beau­coup aidé à bâtir la cré­di­bi­lité (Relaxnews).
  • Avec un site web bien construit, on peut don­ner l’impression d’être une grande entre­prise. Il ne faut pas sous esti­mer la pré­sence web, les conte­nus et l’anglais (Qosmos).
  • Il faut aller en UK pour les contrats dans la musique. C’est là que se trouvent les struc­tures euro­péennes des entre­prises amé­ri­caines du sec­teur des médias (Voxler).
  • Dans le choix des pays où expor­ter, il faut faire une ana­lyse fine des oppor­tu­ni­tés (Taliance, logi­ciels dans l’immobilier, qui se déve­loppe Alle­magne et UK).
  • Les pro­ces­sus de déci­sion sont plus longs en Alle­magne car il faut convaincre beau­coup d’experts alors qu’en France, c’est le chef qui décide (Taliance).
  • Il y avait aussi une table ronde avec deux inves­tis­seurs : Eric Harlé (iSource, AFIC) et Jean-David Cham­bo­re­don (ISAI Ven­ture) et un avo­cat, Tom Tho­relli. His­toire de rap­pe­ler que pour eux un bon pro­jet dans les TIC était un pro­jet à dimen­sion inter­na­tio­nale. Le mar­ché fran­çais est trop petit !
  • Tra­vailler pour une boite fran­çaise est dif­fi­cile pour un amé­ri­cain. C’est comme si on deman­dait à un fran­çais de tra­vailler pour une boite dont le siège est dans un petit pays d’Afrique (JD Chamboredon).
  • En France, on a ten­dance à fabri­quer des cou­teaux suisses. Les gens n’en achètent pas aux USA. Il faut donc adap­ter son mar­ke­ting (JD Ch).

Valo­ri­ser par un prix les star­tups les plus prometteuses

Ubi­France accueillait pen­dant ces ren­contres l’IE Club qui orga­nise les “Tro­phées Lea­ders de la ITech-économie” pour valo­ri­ser les entre­prises pro­met­teuses à l’export. Cette asso­cia­tion d’entrepreneurs de l’Internet est en effet très tour­née vers l’international par ses dif­fé­rentes actions, dont l’organisation ou la co-organisation de voyages d’études comme celui que j’ai pu faire en Chine en juillet der­nier.

Une quin­zaine de can­di­dats avaient été sélec­tion­nés par un jury com­posé sur­tout d’investisseurs. Ils “pit­chaient” leur entre­prise en plé­nière pen­dant une minutes cha­cun. Le véri­table “ele­va­tor pitch” d’un immeuble de La Défense ! Il y avait : All­MyApps, Excico, Geni­tech, Info­vista, James­pot, Kee­neo, Main­tag, News­cape Tech­no­logy, Nuxeo (avec une direc­trice mar­ke­ting amé­ri­caine), OneAc­cess Net­work, Quo­ta­tis, Relax­news, Tiki­Labs, Trans­atel et Unowhy. Pas le temps ici de décrire cha­cun d’entre eux !

Après les pitches, quatre lau­réats ont été sélec­tion­nés par le jury :

  • Relax­news, qui se défi­nit comme le Bloom­berg des loi­sirs, une agence pro­dui­sant des flux d’information inté­grés ensuite dans des sites tiers. C’est une PME de 12 ans d’ancienneté, avec 55 per­ma­nents et 150 pigistes, 5,8m€ de CA en 2010 après 4,9m€ en 2009. Avec une belle pres­ta­tion de Jérôme Don­cieux – inter­venu plu­sieurs fois dans la mati­née - et: l’habit qui fait le moine, l’objet dans la main, et le bon discours.

Jerome Doncieux Relaxnews Oct2010 (2)

  • All­myapps avec Thi­bauld Favre, main­te­nant habi­tué des concours de star­tups après avoir notam­ment gagné celui de Tech­Crunch à Paris. Pour faire simple, All­MyApps se défi­nit comme l’Appstore pour Win­dows. C’est au moins la qua­trième fois que je croise cette star­tup depuis le début de l’année (après les Tech­Days, Inno­vate et un comité d’agrément de Scien­ti­pôle Initiative).

Thibault Favre AllMyApps Oct2010 (1)

  • Excico est un concep­teur de machines pour la pro­duc­tion de semi-conducteurs à base de la tech­no­lo­gie “Laser Ther­mal Annea­ling” fonc­tion­nant dans l’ultra-violet qui per­met de ne chauf­fer qu’une fine couche de la sur­face du sili­cium. Cela per­met visi­ble­ment d’activer des dopants inté­grés dans des puces mul­ti­couches. Si vous vou­lez en savoir plus, direc­tion l’un de leurs livres blancs !
  • News­cape Tech­no­logy pro­pose une solu­tion car­to­gra­phie des villes en 3D qui tourne sur mobiles, à com­men­cer par Paris. La démons­tra­tion que j’avais déjà vue je ne sais plus où (peut-être à la Can­tine) est bluf­fante. Ils avaient gagné le concours Nokia Ovi en décembre 2009. Mais elle tourne évidem­ment aussi sur iPhone et sur iPad.

Newscape Paris 3D screenshot

Les prix gagnés par les lau­réats étaient des avan­tages en nature de par­te­naires pri­vés d’UbiFrance : le groupe Accor, Regus ainsi que Micro­soft. Et les tro­phées étaient décer­nés par Anne-Marie Idrac, secré­taire d’Etat du com­merce exté­rieur et reine des Miles qui par­court sans relâche le monde entier pour vendre l’entreprise “France”, comme en témoigne son blog et la carte Google associée :

Carnet de Voyage Anne-Marie Idrac

Elle nous a gra­ti­fié d’un petit dis­cours assez clas­sique. Avec une atti­tude tou­jours posi­tive et offen­sive dans le domaine de l’export. Elle évoque le poids du numé­rique dans le grand emprunt et dans le plan de relance de 2009 et rap­pelle qu’un quart de la crois­sance fran­çaise pro­vient de l’usage ou de la pro­duc­tion de TIC. La veille, elle avait lancé le pro­gramme “France Export 2011”. Il s’agit en fait d’un cata­logue des 1100 opé­ra­tions col­lec­tives dédiées à l’accompagnement des entre­prises fran­çaises à l’étranger et menées par les dif­fé­rents orga­nismes dépen­dant de l’Etat (Ubi­France, Coface, Oséo, etc).

Anne-Marie Idrac Oct2010 (5)

L’après-midi de ces Ren­contres étaient dédiées à du conseil per­son­na­lisé pour les star­tups pré­sentes. Et je devais aller ailleurs ! Je n’ai donc pas pu “net­wor­ker” comme on dit !

Voilà pour ce petit tour d’horizon d’une demi-journée bien rem­plie et qui rap­pelle à tous l’importance de l’export pour les star­tups du numé­rique, en par­ti­cu­lier celles qui créent des pro­duits et des tech­no­lo­gies géné­riques. N’hésitez pas à faire part dans vos com­men­taires de votre expé­rience à l’export et en par­ti­cu­lier avec UbiFrance.

PS: mes pho­tos de ces Ren­contres sont ici sur Picasa et sur Dar­q­room

Publié le 26 octobre 2010 Post de | Actualités | 12050 lectures

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Les 19 commentaires et tweets sur “Comment Ubifrance aide les startups à exporter” :

  • [1] - Jeremy a écrit le 26 octobre 2010 :

    C’est vrai qu’ils sont très bons chez Ubi­france.
    Ils ont par exemple, pour les star­tups éco-innovantes (comme les membres de Dura­pôle ou du Club ADEME Inter­na­tio­nal), mis en place le “Green Pass”, un pro­gramme de pros­pec­tion sur 3 pays très com­plets des ache­teurs de Green Tech­no­lo­gies.
    Le plus impres­sion­nant c’est peut-être la trans­for­ma­tion de l’institution Ubi­france au cours de la der­nière décen­nie: d’une vieille admi­nis­tra­tion ruti­lante (en tirant un peu le trait) à un vec­teur de valo­ri­sa­tion et de rayon­ne­ment du savoir-faire tech­no­lo­gique fran­çais à l’international.
    En plus, Ubi­france est très inté­grée avec les autres ins­ti­tu­tions d’accompagnement des PME: finan­ce­ment (DGCIS, OSEO, CFI, Scien­ti­pôle, DRIRE, CDC,…), for­ma­tions & exper­tises ponc­tuelles (CCI,…), assu­rances (Coface,…), vitrines (Innov’Eco,…). Bref, chapeau.

  • [2] - macha a écrit le 26 octobre 2010 :

    Mais dites moi… c’est mer­veilleux (?). Ubi Ubi Ubi­france !!! Cette séance promo sera fac­tu­rée au tarif de… Ils sont nom­breux et ils nous coutent tout aussi cher (Ubi­france, établis­se­ment public)… pour des résul­tats mi-fugue mi-raisin. Car si Ubi­france a été récem­ment réformé ce serait parce que le com­merce exté­rieur de la France n’était pas bon. Et il ne l’est tou­jours pas. Et pour cause. Avec l’Euro, on n’est pas ver­nis..
    http://www.gautier-girard.com/analyse-economique-de-conjoncture-france-europe-et-monde/conjoncture-france-analyse-de-la-conjoncture-en-france-economie/soutien-des-pme-a-lexportation-lagence-ubifrance-sera-reformee/

    Et tout ce remue méninges donne aux CCI une nou­velle rai­son de conti­nuer à exis­ter…
    J’ai testé les VIE…

  • [3] - Sebastien a écrit le 27 octobre 2010 :

    Ubi­france? On parle bien de la honte de la France en matière d’information à l’export?
    Payant, rien que ca suf­fit à les décrire.
    Ce que j’attend per­son­nel­le­ment c’est un véri­table ser­vice publique qui ferais la même chose et gra­tui­te­ment.
    Quand on com­pare avec les infor­ma­tions que l’on peut avoir via le Canada, la France fait office de pays du tier monde. (infor­ma­tion mar­ché sec­to­rielles, actua­lisé chaque année, gra­tuites, libres d’accès mais du web invisible)

    Pour mar­quer encore plus le coup, un col­lègue entre­pre­neur ayant eu besoin de contact pour démar­rer son entre­prise avait fait appel à l’ambassade de France locale.
    On lui as sor­tie les pages blanches et jaunes locales avec grand sou­rires…
    Ca fait peur.

    • [3.1] - Olivier Ezratty a répondu le 27 octobre 2010 :

      @Sébastien et @macha,

      Vos avis quelque peu des­truc­tifs méri­te­raient d’être un peu plus étayés !

      Les pres­ta­tions d’UbiFrance sont payantes ? Je ne serais pas étonné que cela soit encore lié à la régle­men­ta­tion. Et leurs homo­logues du très bon UKTI (Trade & Invest­ment) font de même. Cela per­met plu­sieurs choses : une rela­tive auto­no­mie bud­gé­taire, un mana­ge­ment de la per­for­mance, une véri­table rela­tion client/fournisseur avec les PME qui évite jus­te­ment les tra­vers du gra­tuit que l’on prend en mode “free lunch” sans comp­ter. Par contre, je suis d’accord sur un point : les infor­ma­tions prin­ci­pales sur leur site web pour­raient être gra­tuites en for­mat déma­té­ria­lisé. Notez tout de même que les pres­ta­tions des CCI dans les pays sont aussi payantes.

      Il est vrai que l’organisation de l’export en France a un his­to­rique bien com­pli­qué. Il suf­fit de lire l’article de Wiki­pe­dia sur Ubi­france pour com­prendre. L’organisme est le résul­tat d’une mise en cohé­rence pro­gres­sive, et pas ter­mi­née, d’une demi dou­zaine d’organismes dif­fé­rents. L’organisation pré­cé­dente était impos­sible à mana­ger. Avec des “repor­ting” épar­pillés dans plein d’organismes dépen­dant de dif­fé­rents minis­tères. Avec Ubi­France, la struc­ture de mana­ge­ment se sim­pli­fie et cela per­met d’avoir de meilleures per­for­mances et une masse cri­tique de res­sources. Après, quelle est la véri­table culture de mana­ge­ment interne à Ubi­France, je n’en sais rien. Son DG, Chris­tophe Lecour­tier a fait Nor­male Sup, Science Po et l’ENA. Et il a un par­cours pro­fes­sion­nel de haut fonc­tion­naire qua­si­ment entiè­re­ment dédié à l’international. Ce n’est pas un para­chuté comme ailleurs. Il y a donc pire !

      Les col­la­bo­ra­teurs d’UbiFrance et des Mis­sions Eco­no­miques sur le ter­rain sont plu­tôt jeunes (25 à 35 ans). J’ai eu l’occasion d’en croi­ser à San Fran­cisco, Seoul, Tokyo et Tel Aviv et ils connais­saient bien leurs mar­chés res­pec­tifs et avaient leurs entrées. Le coup des pages blanches et jaunes est pos­sible, mais pas dans ces grands pays. Peut-être dans un petit pays sans repré­sen­ta­tion com­mer­ciale, ou un pays où les équipes sont très foca­li­sées sur les grandes entre­prises. En tout cas, Ubi­France s’occupe main­te­nant réel­le­ment des PME.

      Le rôle des CCI est aussi fort, bien entendu. Mais il semble com­plé­men­taire pour l’essentiel à celui d’UbiFrance. Une conven­tion datant de 2008 a réparti à peu près clai­re­ment les rôles. A ce que j’ai vu en Chine, la CCIP marche tout de même un peu sur les pieds d’UbiFrance et a un avan­tage avec plus de col­la­bo­ra­teurs qui sont des “locaux”. Mais les autres CCI régio­nales n’ont pas les mêmes res­sources. Et un EPIC comme Ubi­France n’a peut-être pas les mêmes sou­plesses de recru­te­ment qu’un orga­nisme consu­laire, par nature plus souple.

      Il serait en tout cas inté­res­sant de dis­po­ser d’un bench­mark indé­pen­dant de UKTI vs le couple UbiFrance/AFII. Pre­mier indice, un simple “Google count” : 1,74M pour UKTI, 274K pour Ubi­France et à peu près autant pour l’AFII (et à par­tir de Google France qui met en avant les conte­nus en fran­çais). Il y a donc du pain sur la planche ! Et sur­ement plein de choses à faire pour amé­lio­rer les per­for­mances d’UbiFrance et de l’AFII.

      Mais il fau­drait éviter de mettre sur leur dos les per­for­mances déce­vantes de la France à l’export. Il y a plein d’autres rai­sons à inté­grer : notre struc­ture indus­trielle (dans les TIC, très orien­tée vers les ser­vices et avec un poids domi­nant des tel­cos), la rela­tion entre grands groupes et PME inno­vantes (pro­cu­re­ment, paie­ment, acqui­si­tions, etc), le manque d’ETI (grosses PME), les fai­blesses dans le mar­ke­ting, une valo­ri­sa­tion de nos atouts scien­ti­fiques et tech­no­lo­giques pas assez orien­tée vers les mar­chés de volume (syn­drome du “j’ai une solu­tion” et “je cherche le pro­blème après”), l’exception cultu­relle fran­çaise et son impact sur la mau­vaise maî­trise de l’anglais, et j’en oublie plein d’autres.

      Bref, oui, on peut cri­ti­quer les uns et les autres. Mais en se docu­men­tant un peu et avec des pro­po­si­tions constructives.

  • [4] - sebastien a écrit le 27 octobre 2010 :

    Je ne demande que ca. Si tu pos­sède un lien sur un ser­vice fran­cais qui pro­pose le contenu du lien ci des­sous, indique le moi. Ce serais magique.

    http://www.entreprisescanada.ca/fra/105/165/924/

    • [4.1] - Sébastien a répondu le 31 octobre 2010 :

      Pas de réponse, donc pas de conte­nue en France aussi riche?

      • [4.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 31 octobre 2010 :

        On ne trou­vera sans doutes pas la même chose sur le site d’UbiFrance. Mais je n’attendrais pas de cet orga­nisme des études de mar­ché ultra-sectorisées. Il me semble qu’ils plus légi­times pour four­nir des indi­ca­tions sur la struc­ture d’ensemble des mar­chés, les pra­tiques des affaires, les aspects cultu­rels. Ubi­France a l’air de pro­po­ser cela sous plu­sieurs formes : docs, for­ma­tions, accom­pa­gne­ment ter­rain 1/1, etc. Mais je ne vais pas répondre à leur place.

  • [5] - Michel Nizon a écrit le 28 octobre 2010 :

    “A noter que 30% des habi­tants de la “bay area” sont nés à l’étranger et qu’on y trouve 50K fran­çais (c’est d’ailleurs assez stable depuis une quin­zaine d’années).”

    Il serait inté­res­sant de faire une car­to­gra­phie par pro­fes­sion de ces 50 000 fran­çais qui ne semblent pas fonc­tion­ner comme une dia­spora type chi­noise semble-t-il ?

  • [6] - maitos a écrit le 20 février 2011 :

    En cher­chant des infos je tombe sur ce blog. je dois avouer, pour connaitre les PME mais aussi ces orga­nismes que la vision de Sébas­tien est typique de ce que je vois au quo­ti­dien : le chef d’entreprise à qui l’on doit tout et pour qui rien n’est satis­fai­sant ni concret, ni fait ou à faire !
    - le tout gra­tuit, à croire qu’un chef d’entreprise ne sait rien faire sans qu’on lui prenne la main et qu’on lui donne tout… ce qui est gra­tuit n’a pas de valeur, ce qui est payant oblige le chef d’entreprise à minima, à réflé­chir à ce qu’il achète… donc à réflé­chir à sa stra­té­gie export avant de tirer tout azi­mut des infos sur un pays pour jus­ti­fier un voyage de tou­risme sous cou­vert de dépla­ce­ment export
    - le VIE, réflexion inté­res­sante là aussi. « Il faut du cou­rage pour en trou­ver un ». Si recru­ter était facile ça se sau­rait… et quand on sait que 75% des VIE sont embau­chés, c’est tout sim­ple­ment à l’entreprise, comme pour n’importe quel recru­te­ment en CDI de se don­ner les moyens d’attirer et de recru­ter le VIE qui sera la bonne res­source humaine. Si pour accé­der à une RH exo­né­rée de charge l’entreprise n’est pas prête à don­ner un peu de son temps et de sa per­sonne pour recru­ter c’est inquié­tant, à moins que vous sou­hai­tiez là aussi, que la res­source humaine soit gra­tuite ce qui au pas­sage ne serait pas gage de qua­lité du can­di­dat tout comme pour un CDI !!!

    Merci enfin de rap­pe­ler que le pro­blème des expor­ta­tions ne vient pas d’une agence ou d’un réseau consu­laire. Pour moi, il s’agit d’une volonté d’exporter de nos chefs d’entreprise et d’une volonté de s’en don­ner les moyens en interne ! Sans cela les études de mar­ché (gra­tuites) peuvent res­ter dans un pla­card… rap­pe­lons à titre d’exemple que seule­ment 42% des chefs d’entreprise parlent l’anglais (dif­fi­cile pour expor­ter), et dans un res­sent son­dage auprès des PME, les chefs d’entreprises répondent que 8 est le nombre de sala­riés idéal… ras­su­rant pour le com­merce exté­rieur fran­çais, c’est sûr !!!!
    Quand on regarde les der­niers chiffres du com­merce exté­rieur : +13,5%. Ce n’est pas me semble-t-il un mau­vais résul­tat… la France mal­gré tout reste l’un des pre­miers pays expor­ta­teur au monde avec qua­si­ment 400 mil­liards de recette. Quand les fran­çais exportent, ils le font bien… aux autres qui crachent dans la soupe de s’y mettre aussi non ? Sébas­tien, chan­gez de men­ta­lité, efforcez-vous peut-être de vous ser­vir de ce qui existe et de faire le néces­saire pour avan­cer avant de com­pa­rer ce que les autres ont et de cri­ti­quer par prin­cipe ce qui est à votre dis­po­si­tion … comme tout bon français !

  • [7] - maitos a écrit le 20 février 2011 :

    Macha… avec un euro fort il est dif­fi­cile de vendre certe, mais rien ne vous empêche de créer des struc­ture pour vendre en $… et puis sur­tout n’est-ce pas le moment de faire un peu de crois­sance extérne ? là encore, c’est sys­té­ma­tique, on s’ennerve sur du conjonc­tu­rel au lieu de cher­cher des solu­tions. Vendre n’est jamais facile : l’euro est faible on a pas de capa­cité d’investissement, il est fort on peut rien vendre, oula­lala dur dur les amis…

    • [7.1] - macha a répondu le 22 février 2011 :

      Merci Mai­tos de relan­cer le sujet. Car je m’ennuyais un peu ces der­niers temps avec Oli­vier et ces articles mar­ke­teux… Je ne sais pas ce qui lui prend…
      Oui l’Euro est trop fort pour expor­ter. Et pour ce qui est de la crois­sance externe, lais­sez moi rire. Ce sont plu­tôt nos entre­prises fran­çaises qui se laissent man­ger par des étran­gers pour se déve­lop­per à l’international. C’est moins coû­teux et cela rap­porte tout autant aux fon­da­teurs…
      La Chine conti­nue de déva­luer sa mon­naie et nous dit gen­ti­ment m…e au G20… You understand ?

  • [8] - patrick a écrit le 11 mars 2011 :

    Ubi­france nous pousse à par­tir pour la Sili­con Val­ley avec l’aide d’Oséo ? Je ne com­prends pas la posi­tion fran­çaise dans ce sec­teur. Ce n’est pas logique
    http://pro.01net.com/editorial/529934/reussir-a-developper-son-business-dans-la-silicon-valley/
    Il est dit que les aides sont dif­fi­ciles là-bas et que les VCs amé­ri­cains cherchent à prendre le contrôle tout de suite… Tu parles d’un eldo­rado… Et les embauches aussi sont dures et cou­teuses. Mais les charges plus basses.
    Le numé­rique créé t-il ou non de l’emploi en France ? Un dos­sier parut dans le Figaro tente de le démon­trer. Mais j’ai l’impression que les acteurs sen­sés rete­nir les capi­taux et les têtes ici en France, n’ont pas les mêmes “éléments de lan­gage”.…
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/03/09/04016-20110309ARTFIG00360-internet-moteur-de-la-croissance-en-france.php

    Ne s’agit il pas du lobby amé­ri­cain pour atti­rer nos ingé­nieurs et nos bonnes idées là-bas (cote ouest des USA) plu­tôt que de lais­ser les fran­ci­liens prendre le des­sus en atti­rant Google France ?

    • [8.1] - Olivier Ezratty a répondu le 11 mars 2011 :

      C’est tout à fait logique ! Et l’approche d’UbiFrance est tout à fait censée !

      Le mar­ché fran­çais pèse au mieux 3% à 4% du mar­ché mon­dial. Le mar­ché amé­ri­cain pèse 7 à 10 fois plus. Il faut donc s’y ins­tal­ler pour rapi­de­ment atteindre la taille cri­tique. Au mini­mum pour y déve­lop­per ses ventes et créer de grosses réfé­rences (dans le btob).

      Si on reste en France ou que l’on aborde le mar­ché euro­péen pays par pays, on va beau­coup moins vite. Et on risque de se faire dépas­ser par les boites amé­ri­caines qui béné­fi­cient d’un mar­ché inté­rieur plus grand.

      Exemple clas­sique : Sky­blog vs Face­book, ce der­nier mor­dant de plus en plus sur l’audience du premier.

      Bon exemple clas­sique: Busi­ness Objects qui s’est établi aux USA un an après sa créa­tion (en France). Et est devenu une boite de plus de 1Md€ de CA. Certes, ensuite ven­due à l’européen SAP, pour 5Md€ je crois. Mais au moins c’est resté européen !

      Quand aux aides et aux VCs, le sys­tème y est un peu dif­fé­rent qu’en France. Il n’y a pas d’aides publiques comme en France, mais il y a plus de finan­ce­ment privé. Les VC ne cherchent pas “à prendre le contrôle tout de suite” ! Par contre, ils ont une plus grande capa­cité d’investissement.

      Les petits gars qui ont créé Google, Face­book, Twit­ter et autres suc­cès de l’Internet ne se plaignent pas des VCs que je sache. Ce sont les VCs qui leur ont per­mis d’atteindre la taille qu’ils ont atteint. En France, nos VCs n’ont pas les moyens de pous­ser nos star­tups aussi loin !

      Il ne faut effec­ti­ve­ment pas idéa­li­ser les USA. C’est un grand mar­ché assez homo­gène, c’est sur­tout ça ! La flexi­bi­lité du tra­vail y est très grande. C’est plu­tôt appré­cié des entre­pre­neurs, et un peu moins des sala­riés (en période de crise, mais pas en période de crois­sance). Les embauches sont dures en période de reprise car il y a de la concur­rence entre les boites. C’est la loi de l’offre et de la demande. Ceci étant, trou­ver un bon déve­lop­peur spé­cia­lisé n’est pas une siné­cure non plus en France !

      • [8.1.1] - Patrick a répondu le 12 mars 2011 :

        Merci pour ces pré­ci­sions. Mais dans ce cas, pour­quoi ne pas sup­pri­mer les aides publiques fran­çaises puisque le finan­ce­ment privé est pré­fé­rable et que dans le numé­rique tout se joue aux USA ? L’article d’Ubifrance dit bien que les VCs aux Etats-Unis prennent le contrôle des entre­prises. C’est redit plu­sieurs fois… D’ailleurs je trouve cela nor­mal. Nos entre­pre­neurs fran­çais ont un peu la grosse tête et ne savent pas se plier face aux VCs.

  • [9] - Olivier Ezratty a écrit le 12 mars 2011 :

    Quel est cet article ?

    Cela veut dire quoi “prendre le contrôle” ? Avoir des parts majo­ri­taires ? C’est natu­rel si il y a eu de nom­breuses levées de fonds dont cer­taines de plu­sieurs mil­lions de $. On a rare­ment cela en France car les grosses levées sont rares. Pas sûr que cela soit une his­toire de “grosse tête” des entre­pre­neurs même si l’on en trouve cer­tains qui sont réti­cents à lever des fonds. A mon sens, ce sont tout sim­ple­ment géné­ra­le­ment des “petits joueurs” qui ne risquent pas de créer des socié­tés inno­vantes de taille critique.

    La ques­tion des aides publiques vs le finan­ce­ment privé est une affaire d’équilibre, de vases com­mu­ni­cants et d’oeuf et de poule. En France, les inves­tis­se­ments pri­vés dans l’innovation et à risque sont encore très timo­rés. Les inci­ta­tions fis­cales qui sont des aides publiques les ont bien dyna­mi­sés ces der­nières années. Il y a notam­ment bien plus de busi­ness angels depuis 2007.

    Il y a aussi un pro­blème d’oeuf et de poule : comme il y a moins de gros suc­cès, il y a moins de géné­ra­tion de valeur (vente de boites, intro­duc­tions en bourses) et donc moins d’argent à recy­cler dans l’innovation. A com­pa­rer avec les boites de la Sili­con Val­ley qui au total valent des cen­taines de mil­liards de $ au Nas­daq, dont une part est recy­clée par les fon­da­teurs et cadres dans l’innovation.

    Cf mes trois articles sur la Sili­con Val­ley publiés en 2007 et qui sont tou­jours d’actualité (article 1, article 2, article 3).

    Notons qu’il existe aussi quelques aides publiques aux USA. Elles prennent d’autres formes : plus de com­mande publique (grâce au Small Busi­ness Act qui aide un peu les entre­prises du numé­rique en btob) et réduc­tion des plus-values sur les inves­tis­se­ments d’amorçage.

    Que faire ? Jus­te­ment, pous­ser nos acteurs locaux à deve­nir inter­na­tio­naux, à mettre le pieds aux USA, ou en Asie selon le type de busi­ness. C’est la seule solu­tion pour créer des acteurs de taille cri­tique, et pour créer une valeur (finan­cière) signi­fi­ca­tive qui en retour pourra être réin­ves­tie dans l’innovation et réduire le besoin d’aides publiques (qu’elles soient directes ou sous forme d’incitations fiscales).

    • [9.1] - Patrick a répondu le 12 mars 2011 :

      Mais ce sys­tème de déve­lop­pe­ment depuis les Etats-Unis est tenté depuis 20 ans déjà et sans suc­cès pour nous, par exemple à l’époque dans le logi­ciel. Pour­quoi cela mar­che­rait il main­te­nant, alors que d’autres sec­teurs (tou­risme, luxe, res­tau­ra­tion…) qui sont au coeur des points forts de la France se sont déve­lop­pés sans aides (ou du moins très minimes) ?
      Consta­tez ce qui arrivent à nos star­tups. Elles se font toutes rache­tées depuis une bonne dizaine d’années et cela n’a pas per­mis de créer de la valeur ni de la richesse à réin­tro­duire. Regar­dez l’une nos suc­cess sto­ries comme Via­deo qui va se bar­rer à Hong Kong sous peu… Ou bien Gem­plus ou Inge­nico. Per­sonne dans le monde ne parle de la France comme d’une nation de haute tech­no­lo­gie. Qui sait aux Etats-Unis que la carte à puce est une inven­tion fran­çaise ? On se fout de nous. On nous pille. Je ne parle même pas de cette infor­ma­ti­cien de grande valeur, comme JM Hul­lot, qui a fait beau­coup pour ce mégalo de Steeve Jobs. Lui aussi s’est fait piller ses idées. Même dans l’aéronautique, les Amé­ri­cains res­tent auto-centrés. EADS ? Qui sait ?
      On parle de nous pour la beauté de notre lit­to­ral, notre Capi­tale, la mode, le luxe,la déco, le design la bonne bouffe et c’est tout. Alors res­tons en là ! Et envoyons paitre les Euros et autres débi­li­tés de l’Union euro­péenne qui nous freinent dans notre com­pé­ti­ti­vité.
      Actuel­le­ment, le Japon qui a un gros pro­blème nucléaire, ne prend même pas la peine de deman­der les exper­tises fran­çaises dans ce domaine. Je croyais que nous étions des lea­ders mon­diaux. Même pas. Remar­quez tant mieux, car ce n’est vrai­ment pas ce que nous avons fait de mieux. Et notre CEA ou Areva peut aller se rhabiller.

      Concer­nant l’article d’Ubifrance, le voici :
      http://pro.01net.com/editorial/529934/reussir-a-developper-son-business-dans-la-silicon-valley/

      • [9.1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 13 mars 2011 :

        Que de lamen­ta­tions ! Et le verre à moi­tié plein qui parait sou­dai­ne­ment vide !

        Avec au pas­sage quelques inexac­ti­tudes. Quelles idées Jean-Marie Hul­lot s’est-il fait piller ? Quand il était sala­rié d’Apple, il a (bien) fait son bou­lot, mais on ne lui a rien piqué ! Et main­te­nant, il est à tête de Foto­nauts, une star­tup créée il y a trois ans. A noter qu’elle a été finan­cée par des VC fran­çais (Banexi) et amé­ri­cains (Igni­tion). Son patron du biz­dev est basé dans la Sili­con Val­ley et l’équipe de dev et JM Hul­lot sont en France.

        Pour le nucléaire, la cen­trale qui pète le feu au Japon uti­lise une tech­no­lo­gie (eau bouillante) qui n’est pas celle de nos cen­trales (eau pres­su­ri­sée, PWR)… Et qui sait si Areva n’est pas impli­qué tout de même sans qu’il y ait eu de com­mu­ni­ca­tion des­sus ? La col­la­bo­ra­tion inter­na­tio­nale ne fait pas tou­jours le 20h…

        La France est tout de même une nation de tech­no­lo­gies, mais on est un peu trop dans le lourd (trans­ports et éner­gie) et pas assez dans le léger (loi­sirs numé­riques, etc).

        Des erreurs aux USA ? Il y en a eu ! Appre­nons de nos échecs et allons de l’avant au lieu de gémir sans cesse !

        Et n’oublions pas les grosses lacunes qu’il nous faut com­bler en matière de capa­ci­tés de vente, de mar­ke­ting et de com­mu­ni­ca­tion. Et aussi trai­ter notre pes­si­misme maladif.




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