Back from China – Internet

Publié le 17 juillet 2010 et mis à jour le 22 juillet 2010 - 2 commentaires -
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Suite de ce compte-rendu du voyage IT-Express en Chine, avec un grand pano­rama sur l’Internet en Chine.

Après un aperçu du mar­ché Inter­net chi­nois, je vais essen­tiel­le­ment cou­vrir dans ce post trois socié­tés ren­con­trées pen­dant le voyage : le lea­der de l’Internet Baidu, le four­nis­seur d’infrastructures pour opé­ra­teurs télé­coms Hua­wei et le concep­teur de com­po­sants de récep­tion de la télé­vi­sion numé­rique Avai­link. Cela me per­met­tra de cou­vrir à la fois le mar­ché de l’Internet et celui de la télé­vi­sion numérique.

Spé­ci­fi­ci­tés de l’Internet en Chine

La Chine est depuis 2009 le pre­mier mar­ché mon­dial de l’Internet en nombre d’Internautes, qui sont envi­ron 400 mil­lions, soit plus que d’habitants aux USA (envi­ron 300 mil­lions), et envi­ron le tiers de la popu­la­tion. Mais ce n’est pas encore le pre­mier mar­ché en reve­nus publi­ci­taires tout comme dans le com­merce élec­tro­nique. Et seule­ment la moi­tié des Inter­nautes sont connec­tés en haut débit, à envi­ron 1 Mbits/s (avec des cou­pures fré­quentes, y com­pris dans les grandes villes). Le com­merce élec­tro­nique n’est pas encore très déve­loppé et le mar­ché publi­ci­taire pâtit d’un pou­voir d’achat encore infé­rieur à celui des pays occi­den­taux. Exemple : le mar­ché du search était d’un peu plus de $800m en Chine en 2009 tan­dis qu’il était du double au Japon sur la même période, avec dix fois moins d’habitants (source). Cepen­dant, l’Internet chi­nois reste un Eldo­rado d’opportunités et de crois­sance. Il tiré par une soif de décou­vertes et par une fré­né­sie de consom­ma­tion et de com­mu­ni­ca­tion de la part de la population.

L’Internet chi­nois a plu­sieurs spé­ci­fi­ci­tés : il est très contrôlé par l’Etat, au point d’être une sorte d’Intranet à l’échelle du pays avec un contrôle étroit aux portes qui le connectent à l’Internet mon­dial, la langue, le contenu et la culture créent de fortes bar­rières à l’entrée pour les occi­den­taux, la plu­part des sites lea­ders sont locaux mais sont géné­ra­le­ment des copy­cats de suc­cès occi­den­taux, enfin, il se déve­loppe très rapi­de­ment sur les mobiles avec 750 mil­lions de mobiles connec­tés à Inter­net, soit plus de la moi­tié de la population.

On trouve donc des décli­nai­sons locales de nos ser­vices bien connus : Baïdu qui asso­cie l’équivalent de Google Search et de Wiki­pe­dia, Tudou, Youku, 56 et ku6, les You­tube locaux, Sina, Sohu (ci-dessous) et Tia­nya, des por­tails d’information ou de diver­tis­se­ment qui font pen­ser à Yahoo et MSN, Tencent QQ, un clone local de la mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née ICQ (acquise par AOL), divers réseaux sociaux comme Ren­ren et 51.com rap­pe­lant WordPress.com ou Face­book (blo­qués, et pas pré­sents en Chine), Ali­baba qui est une place de mar­ché à la fois btob et btoc rap­pe­lant e-Bay (le groupe de 18000 per­sonnes est détenu à 40% par Yahoo et opère Yahoo en Chine), Dan­gang, le Ama­zon local pour la vente de livres, Tao Bao est un autre eBay local, Hudong, un wiki­pe­dia local, ou encore le paie­ment en ligne Ali­pay (du groupe Ali­baba), un clone de Pay­pal. Notez au pas­sage que la mise en page fait la part belle au texte dans tous ces sites !

Sohu home page

Voici en com­plé­ment quelques infor­ma­tions four­nies sur l’état du com­merce élec­tro­nique en Chine lors d’une inter­ven­tion de Denis Gihan (ci-dessous), un fran­çais ins­tallé à Shan­ghai, et fon­da­teur de Fee­loë Consulting :

  • Le com­merce en ligne ne fait que démar­rer en Chine. Un quart des Inter­nautes en font usage. Le cout d’acquisition des clients est élevé et avec des taux de trans­for­ma­tion faibles (< 0,5%), des paniers moyens faibles (20€ dans l’habillement).
  • Les cartes ban­caires sont peu uti­li­sées comme moyen de paie­ment en ligne, faute de confiance. Les chi­nois payent sou­vent en carte ban­caire ou en cash à la récep­tion du colis.
  • Les livrai­sons fonc­tionnent plu­tôt bien avec la poste chi­noise. On peut livrer un colis pour 10 à 20 Yuan (1,2 à 3 Euros) dans tout le pays et pour moins d’un Euro sur place à Shanghai.
  • Tao Bao, le eBay local, repré­sente 70% des recherches de pro­duits en Chine et héberge un mil­lion de bou­tiques en ligne. Il pro­pose même une garan­tie de non contre­fa­çon, la garan­tie des paie­ments. C’est un modèle voi­sin de celui de Price Minis­ter. De nom­breux sala­riés quittent leur emploi pour créer leur bou­tique sur Tao Bao !
  • L’Internet mobile démarre mais pas encore dans le m-commerce. Cela va explo­ser grâce aux smart­phones, notam­ment les copies locales de l’iPhone qui tournent sous Android.
  • Un nom de domaine en “.cn” ne peut pas être acheté de l’étranger. Pour avoir un site en Chine, il faut donc être pré­sent phy­si­que­ment en Chine.

Lors que l’on se connecte sur Inter­net en Chine, l’Internaute occi­den­tal est évidem­ment sur­pris par  la cen­sure de nom­breux sites non chi­nois. Voir par exemple cette réac­tion de Henri Ver­dier, pré­sident de Cap Digi­tal, qui revient lui aussi d’un voyage en Asie, dont Shan­ghai. La cen­sure concerne essen­tiel­le­ment les réseaux sociaux comme Face­book ou Twit­ter ou les sites de par­tage de conte­nus comme You­Tube et il me semble aussi Picasa (tous deux de chez Google). Les blogs de Blog­ger ou WordPress.com sont égale­ment blo­qués. Mais pas ceux qui sont héber­gés chez des 1&1, OVH et équi­va­lents comme “Opi­nions Libres”. L’accès au site Twit­ter est blo­qué mais un client Twit­ter tel que Sees­mic fonc­tionne par­fai­te­ment. Le site de Google local est en redi­rec­tion vers le site de Hong Kong, et on peut faire des recherches sur Google.com et Google.fr.

La cen­sure gérée par le Parti Com­mu­niste Chi­nois et le gou­ver­ne­ment du pays s’appuie sur des lois qui dictent ce qu’il est licite et illi­cite de publier en ligne. Ver­sion en creu du Pre­mier Amen­de­ment amé­ri­cain, les inter­dits couvrent notam­ment la por­no­gra­phie et la vio­lence mais aussi ce qui peut por­ter atteinte à la sûreté de l’Etat ou plus géné­ra­le­ment au consen­sus poli­tique établi. Comme les sites amé­ri­cains (et euro­péens) ne garan­tissent pas ce fil­trage des conte­nus, ils passent à la trappe. C’est évidem­ment un moyen d’éviter que ne fleu­rissent sur la toile chi­noise des mou­ve­ments de contes­ta­tion. La cen­sure chi­noise s’appuie aussi sur des études mon­trant les effets de bord des réseaux sociaux comme Face­book : ils peuvent ser­vir à de l’espionnage voire de la sub­ver­sion et à la pro­pa­ga­tion de fausses nou­velles (cf la cou­ver­ture ci-dessous d’un jour­nal local anglo­phone trai­tant du rap­port de la Chi­nese Aca­demy of Social Science sur le sujet). Le gou­ver­ne­ment n’a ainsi pas hésité à cou­per l’accès à Inter­net pen­dant un an dans le pays Oui­gour (la région du Xin­jiang, à l’ouest du pays) après les émeutes de 2009.

Global Times China Facebook could be spy tool

Mais vu de la plu­part des chi­nois, cette cen­sure est-elle si gênante ? La plu­part du temps, ils ne lisent que le Chi­nois, alors, à quoi bon aller plus loin ? Ils se contentent donc des décli­nai­sons locales de nos ser­vices. Les chi­nois lisant l’anglais et les expa­triés qui ont besoin d’accéder aux sites étran­gers sans limi­ta­tions s’abonnent géné­ra­le­ment à des ser­vices de Proxy ou de VPN per­met­tant de se connec­ter dans un “tun­nel pro­tégé”, sou­vent via Hong Kong et pour quelques Euros par mois. Avec un débit final assez réduit. Ces tun­nels sécu­ri­sés ne sont pas cen­su­rés, alors que tech­ni­que­ment, ils pour­raient bien l’être il me semble.

Baidu

Baidu est une sorte de Google local, lea­der du mar­ché des moteurs de recherche avec envi­ron les 2/3 de parts de mar­ché, l’équivalent de celle de Google aux USA. Mais il gère un grand nombre de ser­vices et se diver­si­fie à la même vitesse que ne le fait Google, sans tou­te­fois abor­der le mar­ché des entre­prises comme le fait ce der­nier avec Google Apps, ni celui des mobiles avec Android ou de la télé­vi­sion avec Google TV.

Baidu se pré­sente d’abord comme un moteur de recherche clas­sique, son inter­face étant dépouillée comme celle de Google Search (ci-dessous).

 

Baidu home page

Les résul­tats des recherches sont pré­sen­tés en deux colonnes, les liens spon­so­ri­sés en haut et à gauche n’étant pas sépa­rés des résul­tats natu­rels de la recherche (ils devraient l’être, c’est à l’ordre du jour depuis mi 2009 mais tou­jours pas mis en œuvre). Autant dire que la pol­lu­tion com­mer­ciale y est encore plus forte que sur Google ! La par­tie droite contient dif­fé­rentes des publi­ci­tés plus ou moins contex­tua­li­sées, de haut de bas. Une requête retourne un maxi­mum de 750 résul­tats tan­dis que ce maxi­mum est de 1000 chez Google. C’est une tech­nique clas­sique d’optimisation des moteurs de requêtage.

Baidu search results

Baidu pro­pose égale­ment son moteur de recherche d’images, de musique MP3 (que l’on peut écou­ter en strea­ming ou télé­char­ger). La recherche de vidéos est pro­po­sée via le site tudou.com, pour qui Baidu assure le rôle de régie publi­ci­taire. Les vidéos peuvent y être commentées.

Nous avons visité les locaux de Baidu pen­dant notre voyage à Bei­jing. Ils sont situés dans le parc tech­no­gique Zhong­guan­cun Hai­dian. Le siège de Baidu héberge à peu près la moi­tié des effec­tifs de la société, et presque toute sa R&D, soient envi­ron 3500 per­sonnes. Le bâti­ment est bien moins ori­gi­nal que les dif­fé­rents bâti­ments du Goo­gle­plex à Moun­tain View. C’est un gros paral­lé­lé­pi­pède en verre.

Business Meetings (105)

A l’entrée se trouve un grand affi­chage à LED qui pré­sente les mots clés les plus uti­li­sés en temps réel et l’activité par région en Chine.

At Baidu (16)

Les bureaux sont orga­ni­sés en open space clas­siques. Mais ils ne sont pas très per­son­na­li­sés à part quelques peluches. L’excentricité ne semble donc pas aussi encou­ra­gée qu’elle ne l’est chez Google.

At Baidu (32)

Il y a bien entendu des zones pour le tra­vail en com­mun, des salles de réunion, etc. Et avec du Wifi, of course. La déco­ra­tion est des plus sobres. On sent que le bâti­ment a l’air assez récent.

At Baidu (29)

La seule ori­gi­na­lité se situe dans ces coques arron­dies qui servent de chambres closes pour se repo­ser et dor­mir. Et une autre dédiée à l’allaitement. Comme chez Google, tout est fait pour tra­vailler ad-vitam dans les locaux, même si nous n’avons rien entendu dire au sujet des repas.

At Baidu (34)

At Baidu (35)

Nous avons ensuite eu droit à une pré­sen­ta­tion très cor­po­rate réa­li­sée par Ken­neth Fan (Stra­te­gic Busi­ness Deve­lop­ment, ci-dessous à gauche) en anglais, et par Kevin Ma (Busi­ness Deve­lop­ment Direc­tor, son mana­ger, ci-dessous à droite), en chi­nois tra­duit par une interprète.

At Baidu (9)[4]

Le nom de Baidu vient d’un ancien poème qui signi­fie “des cen­taines de fois”. La société est pré­sente en Chine et au Japon. Elle fai­sait $651m de revenu en 2009 avec un résul­tat net de 33% du CA, bien au des­sus des 27% de Google, pro­ba­ble­ment du fait de l’absence d’un busi­ness type AdSense à leur por­te­feuille d’activité, qui a ten­dance à dimi­nuer le résul­tat net de Google.

Sa part de mar­ché dans la recherche n’a fait qu’augmenter depuis sa créa­tion en 2001. Mais contrai­re­ment à une idée pré­con­çue, ce n’est pas au détri­ment de Google, mais plu­tôt de Yahoo et des autres acteurs locaux du sec­teur. Google a aussi gagné des parts de mar­ché en revenu sur la même période, pour en repré­sen­ter le tiers. Donc, Google ferait envi­ron un maxi­mum de $350m en Chine, à com­pa­rer à envi­ron $23B à l’échelle mondiale.

China Search Engines Revenue Share 2003-2010

On sent bien le sens du com­merce dans la manière dont les résul­tats sont pré­sen­tés par nos inter­lo­cu­teurs. Ainsi, les clients annon­ceurs sont bien mis en avant. Ils seraient 300000 (en fait, 223000 sur Q4 2009). Sur Q4 2009, le revenu par annon­ceur était de $828, à com­pa­rer à envi­ron $2000 pour Google, qui ne publie pas le nombre de ses annon­ceurs (esti­mable à 1,1m début 2010).

Voici pour ter­mi­ner quelques éléments inté­res­sants notés pen­dant la dis­cus­sion ou trou­vés par la suite :

  • Baidu est la pre­mière société chi­noise cotée au Nas­daq (BIDU) et son siège social est domi­ci­lié dans le para­dis fis­cal des Iles Caïman.
  • Baidu se concentre sur les mar­chés Chi­nois et Japo­nais, puis le reste de l’’Asie. Les USA ? La réponse: “dans 10 ans”. Ce qui veut dire “jamais”. Au pas­sage, ils avaient noté l’importance d’avoir un moteur de recherche local lorsque Jacques Chi­rac avait lancé le pro­jet d’un moteur de recherche fran­çais en 2005 (il s’agit de Quaero… qui n’est pas un moteur de recherche).
  • Baidu entre­tient une force de vente repré­sen­tant un peu moins de la moi­tié de l’effectif, avec 2500 per­sonnes dans des call cen­ters qui font des appels sor­tant vers les com­mer­çants, relayant une poli­tique com­mer­ciale très agres­sive. Dans le même temps, le ser­vice d’analytics pour les annon­ceurs n’a été lancé qu’en 2009 ! L’automatisation des pro­ces­sus dans la rela­tion avec les annon­ceurs est donc bien moins avan­cée que chez Google.
  • Baidu pour­suit une poli­tique de diver­si­fi­ca­tion qui rap­pelle celle de Google mais reste concen­trée sur l’Internet fixe et mobile : chaine finance, rap­ports indus­triels, conte­nus et médias divers, ventes aux enchères, ency­clo­pé­die. Baidu est contre le scan­ning de livres auquel pro­cède Google. Il faut dire que Baidu a un agré­ment du Minis­tère de la Culture Chi­nois pour pou­voir dif­fu­ser de la musique et des conte­nus médias.
  • Baidu fait évoluer son moteur de recherche avec des fonc­tions séman­tiques et des conte­nus spé­ci­fiques dits “ONE-STOP” en inté­grant envi­ron 200 sources externes à ce jour (ce qui fait pen­ser à ce que fait Bing aux USA).
  • Baidu se pré­sente comme par­te­naire de Micro­soft, de Google et de Sym­bian. En fait, pour les deux der­niers, ils ne font que sup­por­ter leurs OS mobiles res­pec­tifs, sans plus. Micro­soft semble être un par­te­naire de régie publicitaire.
  • Les ser­veurs de Baidu son héber­gés chez China Tele­com. Cela peut sem­bler curieux vue la taille cri­tique de leur busi­ness. Mais c’est aussi un moyen de se ral­lier les faveurs du gou­ver­ne­ment en ayant une entre­prise d’Etat comme four­nis­seur stratégique.
  • Les tech­niques de réfé­ren­ce­ment natu­rel sont dif­fé­rentes sur Baidu par rap­port à Google. Le busi­ness des agences de SEO (search engine opti­mi­za­tion) s’appuie donc sur un savoir faire déve­loppé localement.

Hua­wei

Autre visite, cette fois-ci dans le Zhang Jiang High-tech Park de Shan­ghai, dans un labo­ra­toire de R&D tout frais sorti de terre de Hua­wei, cet indus­triel des télé­coms qui taille des crou­pières aux occi­den­taux comme Alcatel-Lucent et Erics­son. Ce labo­ra­toire foca­lisé sur les tech­no­lo­gies wire­less emploie 8000 per­sonnes. La R&D du groupe occupe 40000 per­sonnes répar­ties dans 17 centres dont 7 en Chine. A l’étranger, les centres sont en Suède, en Alle­magne, à Paris (avec 67% de fran­çais), en Rus­sie, en Inde et aux USA. Le groupe dont le siège social est à Shenz­hen (près de Hong Kong et Can­ton) emploie au total 62000 per­sonnes. Il a ses propres usines d’assemblage d’équipements télé­com. Il fai­sait $21B de CA en 2009 dont 70% à l’international. Sa par­ti­cu­la­rité est d’être une société pri­vée, déte­nue par ses managers.

At Huawei (24)

La visite a com­mencé par un petit tour dans le sho­wroom où un pan­neau rap­pelle que Hua­wei est le pre­mier four­nis­seur mon­dial d’infrastructures pour les opé­ra­teurs mobiles repré­sen­tant 300 réseaux haut débit, plus 65 réseaux Wimax et 9 réseaux LTE en contrat. Il sem­ble­rait qu’ils soient plu­tôt en seconde ou troi­sième posi­tion der­rière Erics­son et Nokia-Siemens. Puis, démons­tra­tion de télé­pré­sence, un concept semble-t-il popu­la­risé par son concur­rent Cisco, et sans inno­va­tion par­ti­cu­lière (on aime­rait bien voir des écrans tac­tiles sur la table pour mani­pu­ler les docu­ments à par­ta­ger dans la réunion…).

At Huawei (36)

Et puis un peu d’IPTV avec un guide de pro­gramme en chi­nois bien coloré (et enre­gis­treur, catch-up, etc) et une solu­tion de com­merce en ligne pour la télé­vi­sion reliée au sys­tème de fac­tu­ra­tion des opé­ra­teurs télé­com, qui ne doit pas être déployée à grande échelle en Chine, la plu­part des TV n’étant pas connec­tées et l’IPTV n’ayant pas encore percé. Enfin, des sta­tions relai avec groupe élec­tro­gène et une autre fonc­tion­nant avec éner­gie éolienne et solaire photovoltaïque.

At Huawei (31)

Nous avons ensuite été reçus par un cer­tain Yin Xuquan, un Vice Pré­sident res­pon­sable du “pro­cess control” et pas facile à iden­ti­fier dans l’organigramme de la société, celui-ci n’étant pas publié au niveau de son exe­cu­tive board sur son site web. Il était flan­qué d’une tra­duc­trice et d’une assistante.

At Huawei (12)[4]

At Huawei (52)

Le groupe a été fondé en 1988 et a démarré avec la construc­tion d’autocommutateurs pri­vés (Pabx). Il s’est ensuite diver­si­fié au gré de la numé­ri­sa­tion des télé­com­mu­ni­ca­tions et a déve­loppé son acti­vité inter­na­tio­nale en 1997.

Le groupe se veut avant tout “orienté client” et met l’engineering de côté dans son mes­sage mar­ke­ting. Cela se reflète dans son offre qui imite plus ou moins les stan­dards du mar­ché. Mais la qua­lité est au rendez-vous et est effec­ti­ve­ment appré­ciée de ses clients, dont les opé­ra­teurs télé­coms fran­çais. Le groupe four­nit à la fois les solu­tions maté­rielles et logi­cielles ainsi que les ser­vices d’intégration asso­ciés. Ils se diver­si­fient aussi dans les mobiles eux-mêmes mais il n’est pas impos­sible qu’ils soient fabri­qués en marque blanche.

Petit détails pour la fin, il n’y avait aucune borne Wifi de dis­po­nible dans la salle de réunion où nous étions (cf le résul­tat d’un scan­ner de Wifi ci-dessous).

HuaWeiWifiShanghaiRD_thumb1

Et cerise sur le gâteau, l’inévitable photo de groupe faite par le pho­to­graphe de la société était remise, enca­drée, au début du mee­ting, après la visite du sho­wroom. Du bon “cus­to­mer care” !

At Huawei[1]

Avai­Link

Der­nière société ren­con­trée lors de ce voyage, et en 1/1, le concep­teur de com­po­sants de récep­tion de la TV numé­rique Avai­Link. Il s’agit d’une star­tup créée en 2005 par un retur­nee qui a déposé 100 bre­vets sur le DVB-S2 (la norme la plus récente de récep­tion de la TV numé­rique par satel­lite). Elle a été finan­cée par un VC chi­nois, Blue-run.

Avai­link conçoit des démo­du­la­teurs multi-standards (ter­restre, satel­lite, câble) qui sont ensuite inté­grés dans les TV ou les set-top-boxes, comme chez Humax, LG Elec­tro­nics, Sharp et Thom­son. La société a deux labo­ra­toires de R&D : l’un dans le Mary­land aux USA (20 per­sonnes) et l’autre à Bei­jing (70 personnes).

Availink logo

La société doit son suc­cès au choix du gou­ver­ne­ment chi­nois de faire appel à eux en 2006 pour leur propre stan­dard de TV par satel­lite, le ABS-S, dérivé du DVB-S2. Depuis, les déploie­ments de set-top-boxes basées sur leur com­po­sant ABS-S ont démarré. 10 mil­lions ont été déployés ces 3 der­niers mois. Ils font main­te­nant $100m par an ! Pas mal pour une star­tup de 5 ans !

Quelques mots au pas­sage sur le mar­ché chi­nois de la télé­vi­sion : il compte 400 mil­lions d’abonnés au câble, qui domine le mar­ché de la TV payante (90%). Le satel­lite com­mence tout juste à se développer.

Il y aurait 70 mil­lions de set-top-boxes câble numé­riques déployées, le taux de déploie­ment variant selon les régions. Il est prévu que 80 mil­lions de set-top-boxes IPTV seront déployées en 2014, l’IPTV est donc le mar­ché le plus pro­met­teur à terme.

Côté haute défi­ni­tion, il n’y a qu’une chaine HD sur le câble mais 20 canaux sont dis­po­nibles. On a donc plein d’écrans plats 16x9 un peu par­tout, y com­pris dans les chambres d’hôtels, mais très peu de conte­nus adaptés.

Quand on consulte le pro­gramme des chaînes TV dis­po­nibles dans l’hôtel à Bei­jing, on a droit à 15 chaines de la CCTV (TV gou­ver­ne­men­tale), 10 chaines de BTV (Bei­jing TV), un autre réseau gou­ver­ne­men­tal, puis 22 chaines de régions, elles aussi gou­ver­ne­men­tales, mais quelques inter­na­tio­nales comme CNN, CNBC, Dis­co­very, ESPN, TV5, NHK, une chaine de CCTV en anglais et quelques chaines de vidéo à la demande (HBO, Cine­max). Le tout est en for­mat 4/3 , pas de HD. Bref, le cor­don­nier chi­nois est assez mal chaussé pour l’instant !

Voilà pour ce petit tour côté Inter­net et télé­vi­sion. Il manque cer­tai­ne­ment une cou­ver­ture du mar­ché des ser­vices mobiles, que nous n’avons pas pu creu­ser sur place pen­dant le voyage.

Le pro­chain et der­nier épisode de ce compte-rendu du voyage IT-Express en Chine est consa­cré à l’accompagnement des entre­prises fran­çaises en Chine et à quelques à côté de la visite de Shan­ghai et Beijing.

_____________________

La série com­plète des articles de ce compte rendu de voyage en Chine :

Back from China – Intro­duc­tion
Back from China – Shan­ghai Expo
Back from China – Eco­sys­tème de l’innovation
Back from China – Inter­net
Back from China – Vendre en Chine


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Publié le 17 juillet 2010 Post de Olivier Ezratty | Chine, Google, Haut débit, Internet, Loisirs numériques, TV et vidéo | 2 commentaires

Les 2 commentaires sur “Back from China – Internet” :

  • Article tou­jours aussi brillant, cher Oli­vier!
    Chez Hua­wei, Yin Xuquan est Pre­sident of the Opti­cal Net­work Pro­duct Line for Hua­wei Technologies

    C’est un poste très impor­tant, à mon avis.

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 18 juillet 2010 :

      J’ai tou­jours un doute sur sa fonc­tion car celle-ci date de 2007 sur Inter­net. Son assis­tante m’a cepen­dant affirmé qu’il repor­tait au CEO. Mais voilà, cela m’étonne qu’une per­sonne de l’executive board nous ai reçus. Sur sa carte de visite, il y me sem­blait qu’il était indi­qué Vice Pré­sident, sans plus de pré­ci­sion. Or, des VP dans une boite de cette taille, il doit y en avoir des tas. Un VP de l’executive board devrait être au moins Senior VP, tout du moins selon les stan­dards américains.




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