Résultats du Grand Prix de l’Innovation de la Ville de Paris

Publié le 2 décembre 2009 et mis à jour le 17 mars 2010 - 7 commentaires -
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Le soir du lundi 30 novembre avait lieu la remise des Grands Prix de l’Innovation de la Ville de Paris à la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Paris - La Vil­lette. Cinq star­tups étaient récom­pen­sées d’un prix – signi­fi­ca­tif – de 15K€ et d’un tro­phée sous la forme d’un mor­ceau de la Tour Eif­fel. Et dans les caté­go­ries sui­vantes : numé­rique, santé, ser­vices inno­vants, design, et éco-innovations.

Panorama Remise du Grand Prix de l'Innovation de la Ville de Paris 

Il se trouve que je fai­sais par­tie du jury, aussi, sans tra­hir de secrets, je me pro­pose de par­ta­ger avec vous cette expé­rience inté­res­sante après avoir listé les gagnants. Le concours avait été orga­nisé avec l’aide de Paris Déve­lop­pe­ment, notam­ment dans le trai­te­ment des dos­siers de candidature.

Nous trai­te­rons sinon rapi­de­ment du PRIT et des pôles de com­pé­ti­ti­vité à la fin de ce post.

Les gagnants

Il y avait envi­ron 300 can­di­dats, dont 106 dans la caté­go­rie la plus repré­sen­tée, le numé­rique. Voici les gagnants de chaque catégorie :

  • Caté­go­rie Numé­rique : la société Plu­gN­Surf avec son Wobe, un “hots­pot per­son­nel” qui per­met de connec­ter l’ensemble de ses ter­mi­naux nomades, comme son lap­top, son livre élec­tro­nique ou encore sa console de jeu, à Inter­net en situa­tion de mobi­lité, en sélec­tion­nant auto­ma­ti­que­ment le meilleur réseau sans fil : Wifi, 3G ou Wimax, dis­po­nible là où l’on se trouve, et sans avoir à para­mé­trer à chaque fois son ter­mi­nal. Le pro­jet est porté par David Remaud (ci-dessous), poly­tech­ni­cien et cela fait plai­sir d’en voir dans cette pos­ture d’entrepreneur, ce qui change des grands Corps de l’Etat ! La société avait deux pos­si­bi­li­tés pour gérer ce pro­blème de connec­ti­vité : créer un logi­ciel décliné pour un tas d’OS et d’appareils dif­fé­rents, ce qui est assez ingé­rable. Ou mettre ce logi­ciel dans une boite noire, déve­loppé une fois pour toutes. C’est ce der­nier choix qui a été retenu pour créer la solu­tion. Cette boite qui tourne sous Linux est toute petite (ci-dessous) et contient un empla­ce­ment pour y atta­cher sa clé 3G. Le pro­jet hébergé dans l’incubateur de Paris­Tech Tele­com rue Dareau est très inté­res­sant mais comme toute aven­ture dans la créa­tion d’une com­bi­nai­son matériel+logiciel, l’accès au mar­ché est un défi de taille. En tout cas, la valeur d’usage est là.

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Wobee

  • Caté­go­rie Eco-innovations : Smart­Grains, est un ser­vice per­met­tant de gui­der les conduc­teurs vers les places dis­po­nibles dans les par­kings. Le sys­tème s’appuie sur des cap­teurs de pré­sence des voi­tures à basse consom­ma­tion pla­cés sous cha­cune des places du par­king et d’une signa­lé­tique à LED orien­tant les conduc­teurs vers ces places. Une solu­tion qui vise à amé­lio­rer la qua­lité de ser­vice, la ren­ta­bi­lité et le bilan car­bone des par­kings. La star­tup por­tée par Ayme­ric Puech (ci-dessous) se posi­tionne comme inté­gra­teur pour mettre en place la solu­tion, et comme déve­lop­peur de la solu­tion logi­cielle associée.

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  • Caté­go­rie Santé : Bios­pee­dia, une entre­prise de bio­tech­no­lo­gie issue de l’Institut Pas­teur qui a créé des Tests de Diag­nos­tic Rapide (TDR) pour les mala­dies infec­tieuses basés sur des anti­corps mono­clo­naux. L’idée est de rac­cour­cir les délais d’obtention de résul­tats de plu­sieurs jours à quelques minutes. Ce qui peut être très utile lorsque les infec­tions en ques­tion évoluent très vite. Le pro­jet est porté par Yves Ger­mani et Eve­lyne Bégaud (ci-dessous).

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  • Caté­go­rie Design : Jes­siko, le robot pois­son porté par Chris­tophe Tiraby (ci-dessous) de la star­tup Robots­wim. Il s’agit d’un petit “robot pois­son” qui peut nager de manière auto­nome et avec plu­sieurs congé­nères en for­mant des cho­ré­gra­phies aqua­tiques et lumi­neuses. Un pro­duit des­tiné à un mar­ché de niche : les parcs d’attraction et pour l’événementiel. A terme, il devrait aussi être pro­posé au grand public pour égayer les pis­cines pri­vées. Mar­rant, mais d’utilité discutable.

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  • Caté­go­rie Ser­vices inno­vants : Kwaga, un ser­vice en ligne qui enri­chit les mes­sa­ge­ries exis­tantes en aidant les uti­li­sa­teurs à déci­der quels mails lire et dans quel ordre les lire. Il sera dis­po­nible sur dif­fé­rents web­mails ou clients de mes­sa­ge­rie via un plug-in asyn­chrone. Un autre pro­jet numé­rique ! Il est porté par Phi­lippe Laval (ci-dessous) et est aussi hébergé dans l’incubateur Paris­tech Telecom.

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Les quatre autres fina­listes en lice dans le numé­rique étaient :

  • Un écran pour visua­li­sa­tion tri­di­men­tion­nelle porté par Kamel Djidi. Pen­dant la sou­te­nance, je n’ai pas très bien com­pris com­ment cela fonc­tion­nait. En gros, il s’agit d’un sys­tème qui envoie des micro-gouttes d’eaux à haute fré­quence (par le haut, gra­vité oblige) et d’un éclai­rage stro­bo­sco­pique et en cou­leur (mais de nature non pré­ci­sée) per­met­tant de visua­li­ser un objet en trois dimen­sions dans l’espace, l’objet pou­vant être animé. Le pro­jet n’a pas encore atteint le stade du pro­to­type : c’est pour l’instant un concept pou­vant s’appuyer sur des com­po­sants qui existent plus ou moins sur le mar­ché (les dif­fu­seurs de gout­te­lettes, que l’on trouve dans l’événementiel). Le por­teur cherche le finan­ce­ment pour créer son pro­to­type. On est donc bien loin de la commercialisation !
  • Une clé USB pour sécu­ri­ser les accès au web, Ether­Trust. L’idée est de four­nir une iden­tité numé­rique sécu­ri­sée aux Inter­nautes. La société a créé le logi­ciel Java qui tourne sur les cartes à puce du mar­ché et l’infrastructure de sécu­rité (clés SSL, ser­veurs d’identité). Ils avaient eu l’occasion de pré­sen­ter leur solu­tion dans la confé­rence JavaOne en 2007. Encore un pro­jet issu de Tele­com. Son mar­ché parait énorme mais dans la pra­tique me semble des­tiné à être concen­tré sur quelques domaines : les jeux en ligne, l’équipement des entre­prises sou­cieuses de leur sécu­rité, les ser­vices de sécu­rité, etc.
  • La solu­tion Pixy Paris Spec­tacles de Mil­pix per­met aux uti­li­sa­teurs d’iPhone de pho­to­gra­phier une affiche de spec­tacle et d’obtenir direc­te­ment les infor­ma­tions asso­ciées. C’est l’une des nom­breuses appli­ca­tions d’un algo­rithme de recon­nais­sance d’images un peu spé­cia­lisé. La solu­tion devrait être expé­ri­men­tée sur Paris, et nor­ma­le­ment, pas que sur les iPhone.
  • La pla­te­forme web Ac-Knowledge vise à mettre en rela­tion les entre­prises avec les cher­cheurs. C’est une sorte de place de mar­ché de cher­cheurs qui exploite un moteur de recherche séman­tique. Les entre­prises défi­nissent leur pro­blème et le moteur trouve les cher­cheurs (à l’échelle mon­diale) qui ont tra­vaillé des­sus. La société joue le rôle d’intermédiateur qui gère la rela­tion entre les cher­cheurs et les entre­prises clientes. Reste à prou­ver que cela peut fonc­tion­ner dans la vraie vie !

Pour ces pro­jets comme les 16 autres non décrits ici, vous pou­vez vous réfé­rer au Book des fina­listes. Un book qui per­met de décou­vrir l’objet du nou­veau “Paris Inno­va­tion Lab” : “L’expérimentation gran­deur nature sur le ter­ri­toire métro­po­li­tain, l’émulation de l’innovation urbaine et la veille stra­té­gique et la pro­mo­tion de l’innovation”. Visi­ble­ment, un moyen de faire le lien entre les socié­tés inno­vantes et les besoins d’une grande ville. Une approche inté­res­sante à suivre de près.

Le pro­ces­sus de sélec­tion des lauréats

Dans le numé­rique, 106 can­di­dats étaient évalués dans un pre­mier temps par deux membres du jury par paquets de 25. Chaque membre du jury évaluait 25 socié­tés selon une grille d’évaluation consti­tuée de six cri­tères: la forme du dos­sier, l’origine du dos­sier, l’innovation (tech­no­lo­gique ou de ser­vice), le pro­jet et les diri­geants, la cré­di­bi­lité écono­mique et la dimen­sion pari­sienne (uti­lité pour les pari­siens). Le pro­ces­sus était géré en ligne, of course. Et donc, sur dos­sier. Ce pro­ces­sus de répar­ti­tion des dos­siers per­met aux membres du jury de pas­ser un peu plus de temps par dos­sier. Dans la Star­tup Aca­demy de Sun, chaque membre du jury évalue et note plus de 100 pro­jets, ce qui peut être un peu sta­kha­no­viste mais pré­sente l’avantage de l’absence de biais de binômes de membres du jury.

La com­pi­la­tion de ces évalua­tions a per­mis de déga­ger cinq fina­listes qui ont ensuite eu l’occasion de pré­sen­ter leur pro­jet de vive voix dans une sou­te­nance devant les membres du jury. Après les pré­sen­ta­tions de 40 mn cha­cune, le jury a débattu pour faire res­sor­tir le gagnant en repre­nant les mêmes cri­tères que pour la pré­sé­lec­tion initiale.

Le qua­li­ta­tif entre alors beau­coup en jeu : est-ce que le ser­vice rendu est réel, est-ce proche de la com­mer­cia­li­sa­tion, est-ce que l’équipe est cré­dible, est-ce que le modèle écono­mique tient (vague­ment) la route ? Il s’agissait de cri­tères de sélec­tion sommes toutes assez clas­siques et res­sem­blant à ceux que je vois ailleurs, comme chez Scien­ti­pôle Ini­tia­tive.

La remise des prix

La céré­mo­nie de remise des prix était pré­si­dée par Jean-Louis Mis­sika, ci-devant adjoint au Maire de Paris en charge de l’innovation. Elle était hono­rée de la pré­sence de Clau­die Hai­gneré, la pré­si­dente de la Cité des Sciences et de l’Industrie qui me donne tou­jours l’impression de se lan­cer dans une thèse de phi­lo­so­phie à cha­cune de ses inter­ven­tions (cf sur le grand emprunt), même si cela ne dure que trois minutes.

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Chaque pré­sident de jury pré­sen­tait le gagnant avec un spon­sor (Pages­Jaunes, RATP, l’APCI, La Poste). Il y avait notam­ment Daniel Kaplan de la FING et Gérard Feld­zer, le pré­sident du Musée de l’Air et de l’Espace du Bour­get. Connu comme inter­ve­nant régu­lier des pla­teaux de télé­vi­sion au moindre inci­dent ou acci­dent aérien, c’est aussi un mili­tant asso­cia­tif actif dans l’écologie.

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Toutes les pho­tos de l’événement sont ici.

Le PRIT 2009

La céré­mo­nie se tenait à la fin du “Paris Région Inno­va­tion Tour”, un événe­ment annuel ras­sem­blant les sept pôles de com­pé­ti­ti­vi­tés fran­ci­liens et leurs homo­logues euro­péens (et oui, le concept n’est pas que français !).

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J’ai pu assis­ter à une table ronde fort ennuyeuse ras­sem­blant les res­pon­sables de ces sept pôles (l’objet de l’ennui ci-dessus… et le signe de l’ennui ci-dessous dans la salle). RAS.

Ca dort au PRIT 2009

Le clou du spec­tacle était un speech de 40 minutes de Chris­tian Estrosi, Ministre de l’Industrie et Maire de Nice. Il a com­mencé par racon­ter qu’au moment du lan­ce­ment de l’initiative des pôles de com­pé­ti­ti­vité (Nico­las Sar­kozy étant à l’époque ministre des finances), l’idée était d’en créer une dizaine. Puis, alors que le même Sar­kozy était rede­venu Ministre de l’Intérieur, et lui-même, Estrosi, Ministre de l’Aménagement du Ter­ri­toire, ils ont reçu plus d’une cen­taine de can­di­da­tures ce qui a abou­tit à label­li­ser 67 pôles. Ils sont main­te­nant 71 et le gou­ver­ne­ment s’apprête à label­li­ser de nou­veaux pôles (dans les écotech­no­lo­gies, l’eau et les éner­gies). Bref, ils savaient qu’ils allaient faire une grosse bêtise et ils l’ont tout de même faite et ils per­sé­vèrent ! Mais Estrosi assume en indi­quant que ces pôles ont per­mis de sau­ver des pans de l’industrie, de créer des emplois, et même parait-il de “gagner des parts de marché”.

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Le vrai pro­blème avec Estrosi, c’est qu’il s’emmêle faci­le­ment les paluches dans son dis­cours : il mélange chiffres d’affaires et parts de mar­ché, com­pé­ti­ti­vité et inno­va­tion, indus­tries tra­di­tion­nelles et inno­va­tion, etc. L’exemple mar­quant était l’évocation du rôle des pôles de com­pé­ti­ti­vité dans le sau­ve­tage des entre­prises de décol­le­tage, et notam­ment dans la val­lée de l’Arve en Haute-Savoie. A son cré­dit, il arrive à sor­tir le nez de son dis­cours écrit pour impro­vi­ser. Et il met en avant le besoin d’orienter les pôles et leurs membres vers l’international. Il recom­mande d’éviter le sau­pou­drage des aides. Mais sur 2006-2008, on a une belle loi de Pareto du finan­ce­ment avec 88% des finan­ce­ments concen­trés sur 50% des pôles. Le plus petit pôle, CapE­ner­gie, a obtenu 300K€ de finan­ce­ments alors que le plus gros, Sys­te­ma­tic, avait obtenu 118m€ sur la même période.

Le pom­pon se situait dans la fin de son inter­ven­tion ou, approche volon­ta­riste aidant, il pro­po­sait de créer des “clus­ters de pôles de com­pé­ti­ti­vité”. Bref, un méta-machin d’un machin dont l’utilité reste encore à prou­ver même si le bon sens qu’il évoque consis­te­rait à choi­sir Saclay, Lyon, Gre­noble, Tou­louse, Nantes et, of course… Sophia Anti­po­lis, et que l’on se retrou­ve­rait ainsi peut-être avec la confi­gu­ra­tion ima­gi­née au départ en 2004 ! Cf le poli­ti­cally cor­rect rap­port du BCG et les rap­ports plus récents de la Cour des Comptes et de l’Assemblée Natio­nale cités ici.

Avec la pan­ta­lon­nade en pré­pa­ra­tion dans le cadre du grand emprunt qui s’apprête à dis­tri­buer encore de l’argent à qui mieux mieux sans trai­ter les pro­blèmes de fond de l’innovation en France, on voit qu’il y a encore du pain sur la planche pour faire com­prendre au gou­ver­ne­ment les tenants et abou­tis­sants d’une véri­table stra­té­gie d’innovation pour le pays !

Publié le 2 décembre 2009 et mis à jour le 17 mars 2010 Post de | Entrepreneuriat, France, Innovation, Politique, Startups | 8564 lectures

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Les 7 commentaires et tweets sur “Résultats du Grand Prix de l’Innovation de la Ville de Paris” :

  • [1] - Michel Nizon a écrit le 3 décembre 2009 :

    “les tenants et abou­tis­sants d’une véri­table stra­té­gie d’innovation pour le pays”

    pou­vez vous (désolé au risque de vous répé­ter) nous com­mu­ni­quer ou rap­pe­ler les prin­ci­paux tenants d’une telle stratégie ?

    • [1.1] - Olivier Ezratty a répondu le 3 décembre 2009 :

      Je pro­pose quelques pistes ici, ou en me foca­li­sant sur les indus­tries du numérique.

      Une stra­té­gie, cela com­mence par avoir une vue d’ensemble de là où l’on veut aller et com­ment. Et aussi de diag­nos­ti­quer les pro­blèmes, dif­fi­cul­tés et obs­tacles. Il est bien rare qu’une ini­tia­tive gou­ver­ne­men­tale traite de manière cohé­rente et glo­bale de l’innovation.

      Le pro­blème de fond est com­ment sor­tir de l’impasse (étatique) fran­çaise qui ne traite de l’innovation qu’au tra­vers de trois prismes prin­ci­paux : la R&D, le finan­ce­ment et les grandes infra­struc­tures. L’Etat a com­pris qu’il n’y avait pas assez “d’ETI” (grosses PME de crois­sance). Mais il réagit par une approche “finan­ce­ment”. Le pro­blème n’est-il que là ?

      L’innovation résulte d’un creu­set com­plexe. Ce n’est pas une science exacte. C’est le résul­tat d’une alchi­mie humaine et his­to­rique rare, telle que celle qui a fait ger­mer il y a plus d’un siècle la Sili­con Val­ley (son his­toire démarre avec la créa­tion de l’université de Stan­ford en 1891…). Amé­lio­rer la situa­tion relève de la même approche que celle du peintre qui exploite une large palette de cou­leurs et de textures.

      La dimen­sion “soft” de l’innovation reste igno­rée ou incom­prise par les gou­ver­nants. Elle pêche notam­ment au niveau des com­pé­tences, sur­tout “busi­ness” qui manquent à nos créa­teurs d’entreprises. Elle pêche aussi du fait du fonc­tion­ne­ment et du rôle des élites écono­miques (grandes écoles, Grands Corps de l’Etat, etc). Il y a aussi l’environnement écono­mique et régu­la­toire des entre­prises, le rôle des grandes entre­prises, le rôle des écosys­tèmes d’innovation, des alliances, des stan­dards, et l’orientation vers l’international (un bon point du dis­cours d’Estrosi).

      Pour prendre un exemple concret et terre à terre : com­ment va-t-on inté­grer des com­pé­tences non scien­ti­fiques dans le pôle de Saclay ? Ce n’est pas le tout de concen­trer les res­sources scien­ti­fiques et tech­niques dans une zone géo­gra­phique. Il faut aussi que ce mix de com­pé­tences soit le bon pour faire émer­ger des réus­sites écono­miques, et pas seule­ment d’hypothétiques prix Nobel. Com­bien de facs ou écoles de “sciences molles” sont inté­grées dans ce dis­po­si­tif à part HEC – qui est d’ailleurs bien dis­tant du coeur de Orsay/Gif/Palaiseau/Saclay ?

  • [2] - JohnLeM a écrit le 10 décembre 2009 :

    Ayant assisté à la céré­mo­nie, je me per­met de faire l’écho des quelques com­men­taires enten­dus dans la salle: “scan­da­leux” reve­nait le plus sou­vent. Je pense que l’adjectif visait le peu d’ambition des pro­jets sélec­tion­nés. Per­son­nel­le­ment, je pense effec­ti­ve­ment que cette sélec­tion ne met pas très en valeur le tis­sus de l’innovation en France. Ou alors, tel que vous le rap­pe­lez, que les mesures mises en place pour détec­ter l’innovation en France ne sont pas tou­jours très adap­tées et efficaces.

    • [2.1] - Olivier Ezratty a répondu le 10 décembre 2009 :

      Inté­res­sant, c’est tou­jours bon d’avoir ce genre de ressenti !

      En fait de sélec­tion, elle s’appuie sur les pro­jets qui sont can­di­dats. Sans aller jusqu’à dire que les meilleurs pro­jets n’y sont pas for­cé­ment pré­sents, c’est un biais dans la mesure de la qua­lité des pro­jets. Après, que ceux qui ont été sélec­tion­nés soient ou pas les meilleurs, c’est une appré­cia­tion qui ne peut être faite qu’en pas­sant quelques heures à exa­mi­ner 300 dos­siers… :) . Le “public” n’est pas encore invité comme pour Miss France à mener cette évalua­tion. Un jour peut-être… Il faut aussi noter que le nombre de can­di­dats était très variable selon les caté­go­ries. La plus impor­tante était le numé­rique avec 106 can­di­dats. Après, je ne sais plus, mais cela des­cen­dait à une vingtaine.

      Ce res­senti était aussi très fort pour le résul­tat des appels à pro­jets web 2.0 et serious gaming de l’été der­nier. Cf http://www.oezratty.net/wordpress/2009/rsultats-de-lappel-projets-serious-gaming-et-web-2-0/. Notam­ment de la part des por­teurs des pro­jets non sélectionnés.

  • [3] - JohnLeM a écrit le 10 décembre 2009 :

    Par hon­nê­teté vis à vis de vis de vos lec­teurs, je pré­sen­tais un pro­jet, certes ambi­tieux, mais trop vert pour être retenu: http://www.mnemosine.fr. Ma stra­té­gie étant de par­ti­ci­per sans espoir de rem­por­ter ce prix, je ne crois pas avoir de res­senti par­ti­cu­lier. Et pour éviter toute polé­mique, je ne cri­tique ni les choix du jury, cer­tai­ne­ment très com­pé­tents, ni les pro­jets sélec­tion­nés, à qui je sou­haite sin­cè­re­ment de réussir.

    Cepen­dant, en orga­ni­sant ce prix, la ville de Paris, la région Ile de France, les pôles de com­pé­ti­ti­vité, le minis­tère de la recherche et de l’industrie, les grandes entre­prises par­te­naires, se font d’une cer­taine manière les ambas­sa­deurs de l’innovation pari­sienne, qui est un concen­tra­teur en France.

    C’est donc un contexte par­ti­cu­lier. La ques­tion que je me pose est: est-ce le bon endroit pour sélec­tion­ner un pro­jet pro­po­sant un robot pois­son à mettre dans une bai­gnoire, ou pro­po­sant un lec­teur de mail ? C’est une ques­tion qu’on devrait poser aux inves­tis­seurs pré­sents dans la salle ce jour là. Mais peut être égale­ment aux por­teurs de pro­jet, parce que cela est sus­cep­tible d’affecter l’image du prix.

  • [4] - Nicolas a écrit le 10 décembre 2009 :

    Bon­jour,

    Très bon blog.

    Quels étaient les cri­tères d’acceptation d’un dossier ?

    Nico­las




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