Hystérie économique

Publié le 15 mars 2009 - 30 commentaires -
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La France est deve­nue hys­té­rique et perd tout bon sens écono­mique. Sa classe poli­tique avec. Ce n’est pas nou­veau, mais à force de remettre en cause la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie, la réces­sion a amené l’opinion à mettre dans le même sac toutes les tares de l’économie de mar­ché et son fonc­tion­ne­ment nor­mal. Résul­tat : on jette l’eau, le bébé et le bain de l’économie à la casse. Pas facile de rai­son gar­der en pareille occasion !

L’exemple de Total

Le récent rafut autour de Total en est une belle illus­tra­tion. Ses “pro­fits et ses licen­cie­ments scan­da­leux” rem­plissent nos jour­naux et font par­ler poli­tiques de gauche, de droite, et les syn­di­cats. Seul Fran­çois Fillon a eu le rela­tif cou­rage d’aller à contre-sens de l’opinion et de cal­mer les ardeurs ven­ge­resses contre la pre­mière entre­prise de France en chiffre d’affaire. Ardeurs géné­rant des glis­se­ments séman­tiques tels que la confu­sion des genres entre réduc­tions d’effectifs et licen­cie­ments. Sans comp­ter l’usage abu­sif de la “spé­cu­la­tion” là où il n’a pas lieu d’être.

Vous en connais­sez beau­coup des entre­prises de matières pre­mières dont les pro­fits baissent (sur­tout en valeur abso­lue) tan­dis que les cours des­dites matières pre­mières aug­mentent ? Et que dire d’une entre­prise qui déci­de­rait déli­bé­ré­ment de conti­nuer à pro­duire au même rythme des matières dont la demande baisse à l’échelle locale comme mon­diale ? Ca exis­tait bien en RDA et en Union Sovié­tique. Mais est-ce rai­son­nable aujourd’hui ? Bref, que dire d’une entre­prise qui n’adapterait pas son outil de pro­duc­tion à l’évolution du mar­ché alors que ces déci­sions d’adaptation prennent du temps à être mises en oeuvre ? En gros, les uns et les autres recom­mandent à Total de ne pas s’adapter à son envi­ron­ne­ment chan­geant. Et d’autres demandent des pré­lè­ve­ments dans les pro­fits “excep­tion­nels” de Total.

Comme je l’avais fait en juin 2008, j’aimerai bien remettre un peu les pen­dules écono­miques à l’heure au sujet de Total (sachant que je n’ai aucun inté­rêt dans cette entreprise).

De quoi parle-t-on au juste ? Regar­dons d’abord les chiffres à tête repo­sée. Mal­gré l’augmentation (puis la baisse) du prix du pétrole, le résul­tat net du groupe Total  a en fait baissé sur 2008 par rap­port à 2007. A la fois en valeur abso­lue et en pour­cen­tage du chiffre d’affaire. Avec une marge nette pas­sée de 8,6% à 6,1% de son chiffre d’affaire. Les 13,9 mil­liards de “pro­fits” annon­cés sont en fait le résul­tat d’ajustements de comptes qui ne sont pas liés à l’activité récur­rente. On a bien évide­ment plus entendu par­ler des 14 mil­liards que des 6% qui n’ont rien d’extraordinaire !

TotalPicture2

Six pour cents de marge ! Tout ce bou­can pour une telle marge ? C’est une marge des plus moyennes dans le CAC 40 même pen­dant la crise ! Elle impres­sionne en valeur abso­lue du fait du CA de Total. Cer­tains ima­ginent que les pro­fits on aug­menté au même rythme que le prix du pétrole sur la pre­mière par­tie de 2008. Au final, le chiffre d’affaire a aug­menté de 13%, impacté par le der­nier tri­mestre 2008, à la baisse de 10% par rap­port à 2007.

Les divi­dendes de Total font aussi scan­dale. Sur 2008, ils sont de 2,28€ par action, à peu près le tiers du résul­tat net. Sachant que chaque action vaut actuel­le­ment 37,8€, cela fait un ren­de­ment annuel de 6%. C’est pas mal par rap­port à des pla­ce­ments stan­dards (assu­rance vie, livret A, etc). Mais ce taux assez élevé est lié à la déva­lua­tion actuelle des valeurs bour­sières, y com­pris pour les socié­tés qui se portent bien. La plu­part des déten­teurs de l’action Total l’ont acquise à un cours plus élevé. Lorsque l’action était à plus de 50€ en juin 2008, son ren­de­ment de divi­dende était alors d’environ 4%, soit le ren­de­ment pépère d’une assu­rance vie. Assu­rances vies de retrai­tés qui sont d’ailleurs ali­men­tées par ce genre de divi­dendes. Et ces divi­dendes sont tout sauf “spé­cu­la­tifs” car pour en pro­fi­ter, il faut avoir détenu lon­gue­ment les actions. Les action­naires de Total, fran­çais comme étran­gers (40% de l’actionnariat) ne béné­fi­cient donc pas d’une rente anor­ma­le­ment élevée avec ces divi­dendes. On ne peut pas à la fois mettre au ban de la finance les inves­tis­se­ments spé­cu­la­tifs qui ont généré la crise finan­cière actuelle et ce genre d’investissement assez pépère !

On cri­tique aussi Total pour son erreur de com­mu­ni­ca­tion sur la restruc­tu­ra­tion indus­trielle que le groupe vient d’annoncer. Elle concerne quelques cen­taines de per­sonnes et se tra­duit par une créa­tion nette d’emplois. Les poli­tiques semblent n’avoir même pas lu le com­mu­ni­qué de presse de Total qui annonce sa petite restruc­tu­ra­tion. Après l’avoir lu, on voit bien qu’il y a une adap­ta­tion jus­ti­fiée de l’outil indus­triel de Total (dont au pas­sage la pro­fi­ta­bi­lité de la branche Chi­mie semble en chute). Il fau­drait être un vrai spé­cia­liste de cette indus­trie pour en com­prendre les tenants et les abou­tis­sants. On voit que Total fait atten­tion à ne pas licen­cier de sala­riés et à réduire gra­duel­le­ment les effec­tifs par départs (plus ou moins) natu­rels en retraites.

Que devrait faire Total ? Quelques pistes…

  • Recréer autant d’emplois qu’il en sup­prime et aux mêmes endroits et pro­po­ser des condi­tions de départs avan­ta­geuses à ses sala­riés concernés.
  • Expli­quer com­ment les sala­riés pro­fitent de la bonne ren­ta­bi­lité du groupe. Cela mérite un exa­men appro­fondi, au regard des pra­tiques dans les autres groupes français.
  • Aller pro­ba­ble­ment encore plus loin dans les inves­tis­se­ments dans les éner­gies renou­ve­lables. Ségo­lène Royal a une fois encore demandé à ce que les pro­fits de Total soient taxés pour finan­cer les éner­gies renou­ve­lables alors même que Total annon­çait un tel inves­tis­se­ment dans le solaire pho­to­vol­taïque. Certes, modéré en valeur (70m€ et 100 emplois), il est du même ordre de gran­deur que les 46,5m€ injec­tés par le CEA et EDF Ener­gies Nou­velles (com­plété d’aides publiques…) dans un pro­jet équi­va­lent, PV Alliance, qui est situé en Isère à Bour­goin Jal­lieu. Ces deux pro­jets sont encore mar­gi­naux au regard de l’enjeu et des inves­tis­se­ments équi­va­lents en Alle­magne et en Chine.

Mais les ajus­te­ments néces­saires ne jus­ti­fient pas le bou­can de cette semaine ! Ni les pro­po­si­tions de quasi-soviétisation de son acti­vité issues du Parti Socia­liste qui déci­dé­ment n’a pas encore fait son aggior­na­mento écono­mique et surfe avec un peu trop de faci­lité sur le mécon­ten­te­ment actuel. Sans comp­ter Laurent Vau­quiez qui en réagis­sant sur l’émotion n’a fait qu’attiser le feu (cf les com­men­taires de cet article de Rue89, c’est éloquent).

Ce qui arrive à ceux qui ne s’adaptent pas

Tout ceci illustre un phé­no­mène bien ancré en France : la dif­fi­culté d’adapter le tissu indus­triel aux enjeux du moment. C’est ce débat qui devrait avoir lieu. Car des adap­ta­tions indus­trielles sont tou­jours néces­saires. On doit alors par­ler de dés­in­ves­tis­se­ments et d’investissements, de recon­ver­sion de per­son­nels, de for­ma­tion, d’insertion des jeunes, et de pré­pa­ra­tion du futur. Oui, Total a cer­tai­ne­ment des pro­grès à faire de ce point de vue là à la fois dans le fond et dans sa com­mu­ni­ca­tion. Mais serait-il audible dans un tel cli­mat passionné ?

N’oublions pas qu’une grande par­tie des emplois per­dus sont le résul­tat d’un manque d’adaptation et d’innovations. Ils sont évidem­ment ampli­fiés par la baisse de la consom­ma­tion liée à la réces­sion. Mais aussi à des erreurs stra­té­giques dont le mana­ge­ment des entre­prises concer­nées est responsable.

Trois exemples récents montrent à quel point le retard à l’allumage péna­lise l’emploi et ce qui se passe lorsqu’une entre­prise tarde à s’adapter au lieu de pré­emp­ter les chan­ge­ments de marché :

  • Les 3Suisses et la Camif qui ont annoncé des vagues de licen­cie­ments (res­pec­ti­ve­ment 750 et 509 annon­cés en décembre et novembre 2008). Alors que des socié­tés de VPC comme Rue­Du­Com­merce, Pri­ce­Mi­nis­ter et Ven­te­Pri­vée se portent à mer­veille. Un exemple de destruction-création de valeur Schum­pe­té­rienne où les 3Suisses et la Camif ne se sont pas assez rapi­de­ment adap­tés à la nou­velle donne Inter­net du mar­ché. Avec des marques vieillottes, des cata­logues et des offres qui n’ont pas assez évolué en fonc­tion des chan­ge­ments de modes de consommation.
  • Sony France qui ferme une usine de pro­duc­tion de … bandes magné­tiques dans le Sud-ouest. Il s’agit là d’une entre­prise japo­naise. Mais n’était-il pas pré­vi­sible qu’il fau­drait un jour mettre en veilleuse cette pro­duc­tion de bandes VHS alors que cela fait des années que leur consom­ma­tion a chuté au pro­fit des DVD et autres sup­ports numé­riques ? Par quoi rem­pla­cer une telle usine chez Sony ? Pas par une usine de mémoire car l’investissement est énorme et pas for­cé­ment jus­ti­fié à cet endroit là. Sony a été visi­ble­ment impré­voyant et pas très citoyen dans son approche emploi de la révo­lu­tion du numérique.

Il y a d’autres exemples étran­gers bien connus, comme Kodak et Pola­roid dans la photo qui ont tardé à s’adapter au numé­rique. Pola­roid vient de lan­cer une impri­mante photo, la PoGo, qui est inno­vante, mais avec des consom­mables chers et une qua­lité d’impression très moyenne sur de tous petits for­mats ne me semble pas des­ti­née à un grand succès. 

Je ne m’étendrai pas par contre sur la crise qui affecte l’industrie auto­mo­bile et ses équi­pe­men­tiers (cf les licen­cie­ments chez le construc­teur de pneus Conti­nen­tal). Il est dif­fi­cile d’y détec­ter une crise pas­sa­gère ou une remise en cause durable de ce sec­teur d’activité. C’est pro­ba­ble­ment les deux à la fois… Et là, le prin­cipe de Schum­pe­ter va fonc­tion­ner à plein ! Et ça va saigner !

Publié le 15 mars 2009 Post de | Communication, France, Innovation, Politique | 12623 lectures

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Les 30 commentaires et tweets sur “Hystérie économique” :

  • [1] - Pierre a écrit le 15 mars 2009 :

    Bon­jour,

    Merci de remettre tous ces chiffres en pers­pec­tive. La pen­sée unique à l’encontre de Total est irri­tante. Je crois que la seule évoca­tion un peu à contre cou­rant que j’ai enten­due sur les médias natio­naux est celle d’un “jour­na­liste” de l’émission de Thierry Ardi­son sur Canal+. Et encore il l’a fait dans le ton de l’émission, ce n’était donc pas for­cé­ment le meilleur endroit et la meilleure façon de le faire.
    Cela m’étonne que vrai­ment per­sonne dans les grands média ne prenne le temps de faire le tra­vail d’analyse et d’explication tel que vous pou­vez le faire dans ces lignes. N’y a-t-il donc per­sonne avec un peu de sens cri­tique dans les rédac­tions des grands jour­naux télé­vi­sés ou papier ?

  • [2] - Fabien a écrit le 15 mars 2009 :

    Mal­gré tout nombre de grandes entre­prises pressent le citron de leur sous­trai­tants, sous cou­vert de la crise…
    Total est à la base une com­pa­gnie d’Etat (Com­pa­gnie fran­çaise des pétroles) et sa créa­tion n’a pu se faire que parce qu’il y avait une rai­son natio­nale
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Total_(entreprise)
    On ne peut pas com­pa­rer l’histoire de ce groupe, à ce que connaissent nos star­tups sen­sées deve­nir des grandes demain…
    Idem pour EDF…
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Électricité_de_France
    Il faut tenir compte de l’histoire fran­çaise pour en com­prendre son présent.

  • [3] - macha a écrit le 15 mars 2009 :

    Salut. On passe à total main­te­nant? Tout ce que je sais, comme je l’ai dit dans un post pré­cé­dent, c’est que Total a le Fonds sou­ve­rain chi­nois (le China Invest­ment Cor­po­ra­tion, CIC) parmi ses action­naires… Si vous voyez ce que je veux dire. Je ne veux pas me répé­ter… Vous savez ce que je pense de tout ceci
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/02/20/l-offensive-mondiale-de-la-chine-pour-securiser-ses-matieres-premieres_1158113_3234.html
    http://www.objectif-chine.com/2008/06/08/fonds-souverains-chinois-une-declinaison-de-l%E2%80%99art-de-la-guerre/

    D’autant que Mme Lau­ver­geon d’Areva en appelle aussi à l’Etat pour ren­for­cer ses moyens (avec des fonds sou­ve­rains du Moyen Orient parait il…??)
    http://marches.lefigaro.fr/news/societes.html?&ID_NEWS=100018036

    bravo !!! On pourra tou­jours leur sup­plier de faire ceci ou cela…

  • [4] - Fabien a écrit le 16 mars 2009 :

    Ce n’est pas la CIC mais la SAFE chi­noise qui est action­naire de TOTAL. C’est car­ré­ment le minis­tère des affaires étran­gères chi­nois. Mais a priori, ce minis­tère inves­tit par­tout dans le monde. Si AREVA a aussi besoin de fonds, comme les banques, et si d’autres grands groupes sont dans le même état… je me demande si la prio­rité sera don­née aux star­tups en recherche de fonds. On a tout inté­rêt à pré­ser­ver les FCPI. Ceci dit, si les cours de bourses chutent encore plus, cer­taines moyennes grosses entre­prises vont aussi se tour­ner vers les FCPI, car leur capi­ta­li­sa­tion bour­sière sera infé­rieur à 150 Mil­lions d’euros et donc elles seront eli­gibles au label FCPI… aussi. Que fait notre Caisse des Dépôt gérant du FSI (Fond sou­ve­rain stra­té­gique fran­çaise) dans le contexte actuel ? Ca part dans tous les sens…

  • [5] - Laurent a écrit le 16 mars 2009 :

    Au-delà du seul cas Total, je constate sur­tout que l’opinion est per­due et (de plus en plus) prête à entendre des dis­cours popu­listes type NPA.

    J’avoue ne plus avoir de convic­tion sur l’origine de la res­pon­sa­bi­lité : La (faible) res­pon­sa­bi­lité sociale des entre­prises ? La (faible) culture écono­mique de l’opinion et des media (les deux vont ensemble) ? Le (fort) impact des nou­veaux types d’actionnariat sur la gou­ver­nance des entre­prises ? Sans doute un peu de tout ça… Mais sans ana­lyse claire, com­ment trou­ver des solutions ?

  • [6] - macha a écrit le 16 mars 2009 :

    Bon­jour. Popu­liste non. Logique, oui. Avec les objec­tifs sur le déve­lop­pe­ment durable, en fait, toutes ces boites soit disant stra­té­giques ne devraient plus l’être (pétro­chi­mie, nucléaire…). On s’en fout un peu : il faut déve­lop­per des acti­vi­tés peu consom­ma­trices d’énergie (c’est cela la vraie idée). Bien­sûr pour le nucléaire, c’est dan­ge­reux de tout refi­ler au Moyen Orient. Mais c’est un peu tard déjà.

    L’avenir est aux entre­prises qui démarrent avec peu de moyens et res­tent en France. Comme cela, pas besoin de faire appel aux fonds en tout genre. On reste entre nous et on créé des emplois pour nous. La France ne compte pas sur le plan mon­dial : qu’est ce que cela peut nous faire, à nous, citoyens fran­çais. Il n’y a que nos gou­ver­nants qui ont un peu les boules. Nous on s’en fout. On veux être tran­quilles et auto­nomes sur­tout (res­tons petits, c’est bien aussi).

    La liberté n’a pas de prix. De toute façon, l’Europe ne nous pro­tège même pas. Alors, elle n’a pas de leçons à nous don­ner non plus…

  • [7] - Guillaume a écrit le 16 mars 2009 :

    Macha. Nous avons besoin de grands groupes comme Total, Areva, EDF, Renault, etc. Ils repré­sentent la France à l’étranger ! Ce sont eux qui pré­servent notre balance com­mer­ciale et qui font ren­trer des recettes utiles ensuite pour hono­rer notre cou­ver­ture sociale et d’autres inves­tis­se­ments. Nous n’avons pas le choix je pense. Ce qui est inquié­tant c’est le manque de trans­pa­rence des fonds étran­gers qui ali­mentent le capi­tal de ces entre­prises.
    La Chine et le Moyen Orient sont aussi vic­times de la crise. Cele peut dégé­né­rer si un rebond n’est pas prévu d’ici fin 2009.
    Glo­ba­le­ment, on va peut être vivre en accé­léré la fin d’un monde et le renou­veau d’un autre. J’espère sans guerre…
    Sur l’idée d’activité peu consom­ma­trices d’énergie et d’investissement en haut de bilan, je me pose des ques­tions quand même… Est ce pos­sible ? Est ce sou­hai­table ? Le mar­ché natio­nal n’est pas suf­fi­sant pour une entre­prise inno­vante. Le retour sur inves­tis­se­ment est trop faible. Cela ne vaut pas coup… Il faut pro­duire des biens indus­triels et des ser­vices à haute valeur ajou­tée, qui s’exportent. Pour expor­ter, les mar­chés doivent être ouverts. Le pro­tec­tion­nisme n’est pas sou­hai­table.
    Enfin, dans la libre entre­prise, il faut accep­ter que cer­tains chefs d’entreprises s’en aillent ou se fassent avoir. C’est le monde des affaires. Pour les emplois, de toute façon, ce ne sont pas des emplois de fonc­tion­naires. Les gens doivent s’adapter et ne pas s’attendre à res­ter toute leur vie dans la même PME ou la même filiale de grand groupe. Tout doit bou­ger très vite.
    On a une bonne pro­tec­tion sociale, cela per­met de s’en remettre.
    Non on n’a pas le choix. Il faut être ouverts et fon­cer vers l’extérieur pour rame­ner de quoi man­ger ici…

  • [8] - macha a écrit le 16 mars 2009 :

    Ils délo­ca­lisent aussi. Leur stra­té­gie est mon­diale et leurs inves­tis­seurs aussi sont étran­gers. Vous com­pre­nez ? Ils nous ramènent peut être des recettes effec­tuées ailleurs, mais ils ne nous donnent pas des emplois de proxi­mité. Ils ne nous consi­dèrent que comme de simples consom­ma­teurs. Les star­tups veulent leur res­sem­bler, c’est ridi­cule. Elles suivent ces grands groupes pour avoir des miettes en échange. Et en outre, ces petites boîtes voient filer sous leurs yeux des aides qui vont tout droit vers le sec­teur auto­mo­bile par exemple, sans contre­par­tie…
    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=52372

    C’est cette capi­tu­la­tion du grand capi­tal qui va être dénon­cée le 19 mars pro­chain. Occa­sion pour nous de deman­der à ce qu’une autre écono­mie soit mise en place. Tout ce que vous avez pu apprendre sur l’économie, va deve­nir caduque !!
    http://www.ladepeche.fr/article/2009/03/16/574308-Emploi-les-syndicats-predisent-une-mobilisation-sans-precedent-ce-jeudi.html

    Il faut en pro­fi­ter pour tout chan­ger. N’oublions pas que le plus gros pour­voyeur d’emploi en France, c’est la PME, le petite entre­prise… pas la grosse.
    http://www.romandie.com/infos/news2/090315162211.l1y4zfz3.asp

  • [9] - François-Xavier a écrit le 16 mars 2009 :

    La Caisse des dépôts (action­naire de la garan­tie) ne tente t-elle pas quelque chose là ? En dis­til­lant des infor­ma­tions bizarres (je ne dis pas qu’elles pro­viennent de la CDC) sur la dan­ge­ro­sité des FCPI, en abais­sant le mon­tant des aides obli­geant les star­tups à lever des fonds sup­plé­men­taires (et donc à se mettre en dan­ger, sous cou­vert de la garan­tie oséo)… etc… la CDC ne cherche t-elle pas à s’imposer sur le ter­ri­toire du finan­ce­ment des PME Inno­vantes ? Car il sera facile ensuite de dire aux élus : “vous voyez, cet acteur, la caisse, devient cen­tral pour tout”… A terme, l’aide directe dis­pa­raî­tra (et toute la sou­plesse qui allait avec) au pro­fit d’une part, du finan­ce­ment en fonds propres d’amorçage (à tra­vers la CDC Entre­prises et France Inves­tis­se­ment), d’autre part, du cré­dit d’impôt recherche (aide indi­recte). Peut être qu’une par­tie du per­son­nel d’Oséo (celui de l’innovation) va devoir plier bagage ou renon­cer à son métier ini­tial? Je trouve que la CDC devrait plu­tôt s’occuper du Fonds sou­ve­rain pour sau­ver des entre­prises stra­té­giques, par­fois plus grosses, plu­tôt que de s’occuper des star­tups. En outre, elle a aussi une mis­sion dans le domaine du loge­ment social… On va en avoir besoin. Et enfin, je ne pense pas que les syn­di­cats de la caisse appré­cient de voir la CDC prendrent des risques dans les entre­prises… Tout pour­rait bas­cu­ler aussi pour la CDC…

  • [10] - Pierre Jol a écrit le 16 mars 2009 :

    @François. Il vau­drait mieux que la Caisse des dépôts ne s’occupe pas d’investissement en capi­tal, car on voit ce qui s’est passé avec EADS lorsqu’ils ont racheté les parts :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Caisse_des_d%C3%A9p%C3%B4ts_et_consignations

    Le poli­tique est tout aussi dan­ge­reux que le finan­cier dans ce domaine (accords de com­plai­sance, etc).

    Pour­quoi l’aide directe d’oséo (à l’innovation) ne serait elle pas un quasi fonds propres ? Une par­tie demeure en fonds propres (pen­dant la durée du pro­jet), l’autre en avance à taux 0 (comme actuel­le­ment). Cela cor­res­pon­drait bien aux attentes des star­tups du numé­rique. Une fois que l’entreprise a un pro­duit fini et déjà des clients, il est plus facile pour elle de trou­ver des inves­tis­seurs (si besoin) et de négo­cier à son avan­tage, plu­tôt qu’au tout début, sim­ple­ment pour res­pec­ter le ratio 1 pour 1 (fonds propres / aide).

    La Caisse finance les fonds de capi­tal risque et n’intervient jamais direc­te­ment auprès des star­tups jusqu’à pré­sent. Encore heu­reux, sinon bon­jour l’énormité du truc à mettre en place.

    C’est l’Etat qui dote l’aide à l’innovation, et non la Caisse des dépôts : c’est une avance à taux 0 (on ne fait pas d’argent avec de l’argent, donc on ne pra­tique pas de taux d’intérêt pour cette mis­sion d’intérêt plu­tôt géné­ral…). C’est plus équi­li­bré ainsi je trouve. Ne met­tons pas tout dans le même panier effectivement.

    Enfin, je ne pense pas que nos grandes entre­prises, signa­taires ou non du Pacte PME (le fameux machin), ne soient très utiles au déve­lop­pe­ment de nos star­tups. Elles feront tout pour les empê­cher de se déve­lop­per. Bar­rage aux nou­veaux entrants…

    Pour TOTAL, je suis d’accord avec Macha. Cette entre­prise n’a jamais été très claire. C’est du chi­nois tout ça…

    Je trouve que Wau­quiez est bien plus cou­ra­geux que Fillon !!! Fran­che­ment. Fillon cou­ra­geux… au secours.
    Regar­dez le der­nier com­men­taire de Wau­quiez (après celui de Total) concer­nant cette fois Conti­nen­tal :
    il dit que les sala­riés ont rai­son de por­ter plainte, car ce groupe n’a pas res­pecté les règles d’information
    http://www.liberation.fr/economie/0101554882-wauquiez-les-salaries-de-continental-auront-raison-de-porter-plainte

    Excu­sez, cher oli­vier, mon empor­te­ment. C’est macha qui doit m’inspirer ou plu­tôt les faits d’actualité…

  • [11] - Guillaume a écrit le 16 mars 2009 :

    Non. La CDC est irré­pro­chable. Heu­reu­se­ment qu’elle est là pour nous venir en aide lorsque c’est néces­saire (elle prête l’argent à des taux plus avan­ta­geux), même si elle subit la crise elle aussi. Elle a enre­gis­tré des pertes en 2008 pour la pre­mière fois de son his­toire. On se sou­vient aussi de Natexis, la filiale de Caisse d’Epargne et Banque Popu­laires qui a perdu plus de 2 mil­liards (si ce n’est pas 6)… Il me semble que c’est M. Perol qui avait négo­cié la créa­tion de cette filiale.
    Les inté­rêts sont énormes avec le Livret A, qui per­met de prê­ter aux PME jus­te­ment…
    Enfin, Chal­lenges indi­quait que Fran­çois Drouin, - l’actuel Pdg d’OSEO et ex-Président du Cré­dit Fon­cier et col­la­bo­ra­teur Caisse d’Epargne -, est un homme hon­nête. Il a démis­sionné du Cré­dit Fon­cier (filiale de la Caisse d’Epargne) quand les folies ont com­mencé et il s’y oppo­sait
    http://www.challenges.fr/business/20080131.CHAP1023427/pourquoi_lecureuil_doit_trouver_3_milliards.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Caisse_d’%C3%A9pargne
    http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/affaire-perol-acte-ii_177096.html

  • [12] - macha a écrit le 18 mars 2009 :

    Adieu au bou­clier fis­cal ? C’est déchai­ne­ment média­tique. C’est donc un peu foutu pour les busi­ness angels aussi du coup. Peut on savoir com­bien de contri­buables ISF ont investi dans des PME l’année der­nière ? Le capi­tal des petites boites va en prendre un coup. Où trou­ver des fonds main­te­nant? Autant je ne suis pas fana du grand capi­tal, autant j’étais assez pour les busi­ness angels. Peut être que ceux qui inves­ti­ront plus de 50 000 euros béné­fi­cie­ront d’une ristourne?

  • [13] - Olivier Ezratty a écrit le 18 mars 2009 :

    L’éventuelle fin du bou­clier fis­cal ne remet pas for­cé­ment en cause l’investissement des busi­ness angels si l’exonération d’ISF ne dis­pa­rait pas au pas­sage pour les inves­tis­se­ments directs ou indi­rects (via FCPI…) dans les star­tups. Il serait même intel­li­gent d’en aug­men­ter le pla­fond (50K€). Il vaut mieux créer une dépense fis­cale utile qui est réin­ves­tie dans l’économie (cette exo­né­ra­tion ISF) qu’une dépense fis­cale tout court sans contre­par­tie (le bou­clier fiscal).

    A court terme, je ne crois pas que le bou­clier fis­cal ai vrai­ment changé la donne sur le nombre de busi­ness angels en France. Les sta­tis­tiques de Bercy montrent qu’il n’y a pas eu énor­mé­ment de retours depuis deux ans. La réver­si­bi­lité des mesures fis­cales explique cela. Les alle­mands ont résolu le pro­blème en inté­grant leur bou­clier fis­cal dans leur consti­tu­tion. On n’est pas prêts de le faire.

    Je n’ai pas les stats en tête, mais il me semble que la loi TEPA a eu un impact très impor­tant sur le nombre et les inves­tis­se­ments de busi­ness angels. Plu­sieurs cen­taines de mil­lions d’Euros inves­tis, ce qui est énorme.

  • [14] - Toppaz a écrit le 18 mars 2009 :

    Le gros pro­blème c’est que les fran­çaise (en majo­ri­tés, il y a quelques excep­tions bien entendu) sont com­plè­te­ment décon­nec­tés de la réa­lité écono­mique et mondiale.

    Res­tons petit, ven­dons en France, ayons une poli­tique fis­cale confis­ca­toire, inter­di­sons le licen­cie­ment, les patrons sont les méchants, les employés sont les gen­tils, par­ta­geons les pro­fits (mais sur­tout pas les risques pour le pauvre employé), taxons à 90% les méchants riche (ben oui parce que ces gens là ne vont pas du tout par­tir … non non non), aug­men­tons les salaires, rédui­sons le temps de tra­vail, payons les jours de grèves, etc..

    C’est un cercle vicieux où les medias dif­fusent ce genres de bêtises d’un autre âge pro­ve­nant de la gauche et des syn­di­cats (qui usurpe la noble tâche syn­di­cale en étant des organes poli­tiques de gauche et d’ultra gauche et non des défen­seurs des sala­riés), ou les par­ties et hommes poli­tiques reprennent ca en cœur (PS, NPA et même par­ties de droites ..) pour pou­voir se faire élire et aimé du peuple (c’est plus facile de dire ce que les gens veulent entendre fina­le­ment que d’expliquer la com­plexe réalité).

    Du coup, la France est le seul pays qui n’a pas com­pris que par exemple, la ques­tion n’est pas de savoir si on veut la mon­dia­li­sa­tion ou pas .. elle est là depuis qua­si­ment 20 ans ! Tout le monde l’a com­pris sauf les français.

    Il y a une dérive popu­liste à tous les niveaux qui me fait vrai­ment dou­ter que la France puisse encore s’adapter. Je suis hal­lu­ciné de voir les com­men­taires débiles des gens sur Total (cf ton lien dans ton article Oli­vier) ou d’autres entre­prises … Y’a-t-il encore quelques neu­rones en France ?

    Aucune connais­sance de l’économie, aucune réflexion, des solu­tions bien sim­plistes pour des gens qui gobent tout ca comme des ânes, aucun recul, aucune ana­lyse cri­tique …
    Et les pre­mier à ache­ter des pro­duits chi­nois les moins cher pos­sible dans des hard dis­count en fai­sant 50 Km pour y aller avec leur voi­ture pour écono­mi­ser 10 cen­times d’euro sur un paquet de pâtes. Cher­cher l’erreur ..

    Cela fait plus de 10 années que je suis parti de France à cause de cela, et la monté du popu­lisme et des pen­sés de l’ultra gauche en devient effrayante. Triste France …
    Pour être entre­pre­neur en France, il faut vrai­ment avoir du courage..

    Merci à toi Oli­vier de faire pas­ser un peu de réa­lisme dans le monde fan­tas­ma­tique ultra gau­chiste français.

  • [16] - macha a écrit le 18 mars 2009 :

    Top­paz. J’apprécie moyen­ne­ment votre réflexion, vous qui avez quitté la France. Sur­tout quand on com­prend d’où vient la crise actuelle. Vous ne man­quez pas de culot avec votre vision ultra­li­bé­rale qui nous mène droit au mur, comme vous le savez. L’ultra gauche n’existe pas. Arrê­tez de fan­tas­mer.
    Vous vous moquez des gens qui sont obli­gés de faire des kms oui pour ache­ter moins cher. S’ils pou­vaient ache­ter plus cher ils le feraient, croyez moi. L’Europe est un des conti­nents les plus chers en rai­son de l’Euro (mon­naie forte face au dol­lar). Vous saviez ?
    La France a par­fai­te­ment com­pris la mon­dia­li­sa­tion et ses consé­quences, jus­te­ment. Très bien. Avant les autres.

    On a poussé les gens à sur-consommer et donc à ache­ter chi­nois aussi. Nous n’avions pas ces pro­duits ven­dus des clo­pi­nettes grâce à l’exploitation d’une main d’oeuvre asiatique.

    La droite au pou­voir, s’aperçoit concrè­te­ment aujourd’hui des dif­fi­cul­tés et sont outrés, oui, du com­por­te­ment mal­hon­nête de cer­tains grands patrons, qui ont les moyens. Ce ne sont pas les petits patrons qui sont en cause ici. Les belles idées des pré­si­den­tielles s’évaporent sous le poids des réa­li­tés, des consé­quences d’un monde non régulé et attiré par le seul appat du gain.

    Pour être entre­pre­neur en France, il ne faut pas être comme vous. Il faut être bien mieux encore… Les petits entre­pre­neurs excep­tion­nels sont res­tés en France. Autant le dire haut et fort. Les médiocres sont partis.

    D’autres sou­haitent reve­nir… aussi. Car l’ailleurs aujourd’hui, ce peut être aussi l’enfer.

  • [17] - Olivier Ezratty a écrit le 19 mars 2009 :

    @Macha : le point de vue de Top­paz n’est pas à prendre à la légère. Il n’est en effet pas isolé. C’est un point de vue par­tagé par une grande majo­rité des expa­triés fran­çais qui déve­loppent rapi­de­ment un regard assez cri­tique sur la métro­pole une fois ins­tal­lés qui aux USA ou ailleurs. Ce point de vue est égale­ment par­tagé par ceux des expa­triés qui reviennent en France après plu­sieurs années pas­sées à l’étranger. Tout leur semble alors plus com­pli­qué, plus lourd, plus dif­fi­cile pour gérer n’importe quel busi­ness. Tout en appré­ciant cer­tains aspects du sys­tème fran­çais dont ils peuvent alors béné­fi­cier, qui n’existe pas aux USA, notam­ment au niveau de la pro­tec­tion sociale et de la quasi gra­tuité de l’enseignement sco­laire voire supérieur.

    Macha, vous avez un point de vue dia­mé­tra­le­ment opposé, ten­dance iso­la­tion­nisme et “seule la France a tout com­pris” de la crise, de la mon­dia­li­sa­tion, et à pro­mou­voir la thèse du “tous pour­ris dans le libé­ra­lisme”. Un point de vue radi­cal qui manque peut-être d’un peu de recul et d’autocritique sur le sys­tème français.

    On ne vous dépar­ta­gera pas facilement !

    Je crains néan­moins que la France n’ait pas tout com­pris, que col­lec­ti­ve­ment, elle se soit embar­quée dans un délire auto jus­ti­fi­ca­tif de ses tra­vers (com­plexité de l’administration natio­nale et locale, com­plexité des lois, conser­va­tisme écono­mique, culture sociale très conflic­tuelle). La mise au ban de toute l’économie libé­rale sous cou­vert de dénon­cia­tion de la rapa­cité de quelques uns est un rac­courci qui obs­cur­cit le juge­ment et qui per­met de ne pas trai­ter nos fai­blesses structurelles.

    Cer­tains voient mal­gré tout loin et se posent la ques­tion de la sor­tie de crise. Est-ce que tout ce bou­can anti­ca­pi­ta­liste à la limite de la “pen­sée unique” va nous pré­pa­rer à bien sor­tir de la crise dans la com­pé­ti­tion écono­mique actuelle ? Pas évident…

  • [18] - macha a écrit le 19 mars 2009 :

    Oli­vier. Mais que vou­lez vous exac­te­ment ? Qu’on laisse faire les licen­cie­ments ? Et après on verra ? Oui le Fran­çais a le tem­pé­ram­ment de la révolte. C’est vrai. Mais c’est une façon comme une autre de réagir. Et nous avons sou­vent rai­son de ce point de vue. Après il faut agir de manière construc­tive, je suis d’accord avec vous. Il nous faut sor­tir par le haut. Aux US, Obama n’est pas si loin de la révolte aussi. Il a été élu aussi pour cela après 10 années catas­tro­phiques de répu­bli­ca­nisme mal gérées.

    Je viens d’entendre que dans le cadre du bou­clier fis­cal, en France, de très riches contri­buables viennent de se voir retour­ner l’équivalent de 30 années de Smic, en moyenne cha­cun (soit entre 7 et 10 mil­liards de perte fis­cale pour la France, qui seront épar­gnées par ces contri­buables ou mal pla­cées). Trou­vez vous que ce soit le moment ?

    Je ne suis pas pour lais­ser filer le défi­cit. Il faut tout mettre à plat et orien­ter l’argent de façon intel­li­gente. Là où c’est tout de suite impac­tant pour l’emploi. Je suis déso­lée, mais c’est quand même essen­tiel l’emploi.

    Pour y faire face, les Fran­çais sont de plus en plus nom­breux à se mettre à leur compte
    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ib_RXKps-PNzh_iFimB34J0i19Xg
    Le sala­riat n’est pas la pana­cée. Ils l’ont compris.

    Le sec­teur ter­tiaire va pro­gres­ser, face à une indus­trie en crise. Et sans doute que le sec­teur numé­rique don­nera l’exemple.

    Je main­tiens donc que l’avenir est au “petit” et non au gros seule­ment. Les gros se coor­donnent, les petits aussi. C’est du col­lec­tif intelligent.

    Au Japon aussi le gou­ver­ne­ment fait un plan pour l’emploi avec des dépenses publiques. Nous ne sommes pas les seuls.
    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jaenuMC52dCLcmRxw_QBSJUBvySQ

    Tri­chet de la BCE est très inquiet face au risque du pro­tec­tion­nisme. La crise est une crise de confiance selon lui.
    Je vous assure que le risque est grand que les popu­la­tions envoient tout bala­der
    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20090317trib000356174/jean-claude-trichet-les-trois-atouts-pour-sortir-de-la-crise.html

    Enfin, Gor­don Brown le grand argen­tier de l’UK, regrette de ne pas avoir réfréné l’appétit des mar­chés quand il était ministre des finances. C’est le mea culpa «le laissez-faire écono­mique a vécu» selon lui
    http://www.lefigaro.fr/international/2009/03/17/01003-20090317ARTFIG00443-crise-economique-les-regrets-de-gordon-brown-.php

    Non. Par rap­port à ce qui va se pas­ser dans la rue dans d’autres pays (en par­ti­cu­lier anglo­saxons et asia­tiques), les Fran­çais sont et seront très très rai­son­nables.… car ils ont tou­jours su frei­ner et tout frei­ner justement…

  • [19] - Toppaz a écrit le 19 mars 2009 :

    Cher Macha & Thierry,

    Je me per­met­trai de vous conseiller de sor­tir de notre belle France, voya­ger mais sur­tout tra­vailler ailleurs, tra­vailler avec d’autres per­sonne d’autre pays, d’autre cultures, etc ..
    Etant main­te­nant dans un autre pays, mes inter­lo­cu­teurs ne savent pas que je suis Fran­çais et je peux vous dire que l’image de la France est déplo­rable à l’étranger lorsque les per­sonnes vous parle hon­nê­te­ment sans Fran­çais autour (et je ne parle pas d’américain là .. mais d’européens)

    Vous êtes sur­ement très repré­sen­ta­tif du mou­ve­ment de pensé qui me fait peur en France.

    J’analyse votre remarque :

    1 – Etant donné que j’ai quitté la France, je suis un traitre à la patrie, un médiocre … ou un troll au choix ! Je n’ai donc pas le droit de m’exprimer ..
    Je suis vrai­ment désolé de ne pas pen­ser comme vous et d’avoir encore la liberté de le faire ..

    2 – Vous êtes per­suadé que la France est dans l’ultralibéralisme.. Fran­che­ment, encore une fois, aller voir au USA ce que c’est l’ultralibéralisme. (que je ne reven­dique pas, comme sou­vent la vérité est dans la modé­ra­tion d’un coté comme de l’autre et je reste convaincu du rôle de régu­la­teur de l’état, la seule ques­tion est ou on place la limite).

    3 – « On » a poussé la gens à sur­con­som­mer.. Qui est le « On » ? Le vilain grand capi­tal ? l’ultralibéralisme.. ? Il y a tou­jours le spectre d’une grande mani­pu­la­tion générale..

    Et fina­le­ment ..

    4 – Les fran­çais sont les meilleurs, la France à tout com­pris, les vrais entre­pre­neurs son Fran­çais … alors là .. que dire ! Il n’y a pas plus amé­ri­cain que ca comme réac­tion !
    C’est en se remet­tant en cause, en tirant des conclu­sions sur ces erreurs pas­sés que l’on fait pro­gres­ser les choses .. et comme tout est par­fait en France mais qu’il y a des pb majeurs, il fau­dra m’expliquer pour­quoi mon cher Macha. Ha .. oui .. j’ai oublié, par­don .. la faute à l’ultralibéralisme ..

    Pour finir sur une note positive ..

    Je par­tage votre avis sur une “caste” des grands patrons en France qui se par­tagent les rôles (et de bons salaires). Mais il fau­drait pour cela chan­ger les choses en pro­fon­deur .. en com­men­çant par la for­ma­tion .. l’éducation natio­nale .. et là, bon cou­rage pour chan­ger quelque chose dans ce domaine en France.

  • [20] - macha a écrit le 19 mars 2009 :

    Top­paz. Le tchat est inter­es­sant. Car nous abor­dons des ques­tions essen­tielles pour la suite. Com­ment pou­vez vous dire que notre éduca­tion natio­nale est mau­vaise. Ce n’est pas exact. Le clas­se­ment de Shan­gaï sur les uni­ver­si­tés laisse à dési­rer (info très orien­tée par les lobby) si vous vou­lez mon avis. Nous ne dépo­sons pas assez de bre­vets ? Et alors ? Tout n’est pas bre­ve­table en par­ti­cu­lier dans les sc. du vivant ou l’informatique. Nous avons une main d’oeuvre très qua­li­fiée vous le savez. Il est très inter­es­sant aujourd’hui de faire faire sa R&D en France et en Europe.

    Les Amé­ri­cains sont bien plus patriotes que nous. Nous ne sommes si chau­vins que cela. Justement.

    La France n’est pas dans l’ultralibéralisme. Nous avons tout fait pour frei­ner cela. C’est ce que j’explique dans mon 2e post.

    L’image de la France est déplo­rable aux USA dites vous ? A bon ? Peut être. Mais celle des Amé­ri­cains n’a pas été fameuse non plus, et pour­tant nous les aimons quand même.

    Ne vous inquié­tez pas. Je connais les Etats-Unis et plein d’autres pays. En Europe, nous avons l’habitude de beau­coup voya­ger… et notre culture est beau­coup plus ouverte qu’ailleurs…

    Je sais que vous vous sen­tez un peu mal à l’aise et que vous aime­riez retrou­ver votre terre natale. Nous vous atten­dons et vous accueille­rons le mieux du monde.

    Si vous res­tez aux US, n’ayez pas peur de dire que vous êtes Fran­çais. Ici on n’a pas peur de dire d’où on vient. On ne craint rien.

    Dites en quoi vous êtes si bien là bas ?

  • [21] - fabio a écrit le 19 mars 2009 :

    NMK n’est pas contente. La direc­tion de Dai­ly­mo­tion lui reproche de lais­ser un «cou­rant de pen­sée anti-Internet pros­pé­rer» dans la majo­rité.
    http://www.20minutes.fr/article/312367/High-Tech-NKM-repond-a-Dailymotion.php

    Voici la lettre
    http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/Dailymotion_NKM.pdf

    Natha­lie indique que Dai­ly­mo­tion est le moins bien placé pour lui don­ner des leçons.
    A priori Daily a des sou­cis perso avec Nadine
    http://www.lepoint.fr/actualites-technologie-internet/injures-morano-depose-une-plainte-historique-contre-dailymotion/1387/0/325505

    Plus sérieu­se­ment, les fon­da­teurs de Dai­ly­mo­tion s’étonnent que dans le plan de relance rien de sérieux ne soit prévu pour les nou­velles tech­nos. Et la loi Hadopi n’arrangerait rien non plus. Tout blo­quer rien qu’en France, cela n’a pas trop de sens. Cette régu­la­tion de l’accès au contenu (droit d’auteur) doit être pen­sée au niveau mon­dial. Il faut recon­naître que les auteurs avec le web sont débous­so­lés. Mais c’est à eux de se vendre autre­ment que par les voies clas­siques. Ils n’innovent pas assez. C’est donc aux acteurs du net de les y aider, autre­ment ils ne vont pas être contents et vont aller voir Chris­tine (Alba­nel, pas Lagarde)….
    http://eco.rue89.com/2009/03/18/nkm-et-la-loi-hadopi-silence-ca-tourne-au-vinaigre

    Oli­vier, un nou­vel article en vue ???

  • [22] - Suzy a écrit le 19 mars 2009 :

    Le web est la nou­velle liberté d’expression qui fait peur aux poli­tiques. Ils vont ten­ter de tout blo­quer, de récu­pé­rer des IP, etc… et ensuite il y aura une loi sur la liberté numé­rique d’expression, comme au temps de l’expansion de la presse écrite il y a plus d’un siècle. Je ne pense pas que mme Koziusko pourra faire grand chose dans le contexte actuel. Mais il est cer­tain que l’industrie du numé­rique doit être sou­te­nue en France. Il y a beau­coup de talents à pro­mou­voir. Il ne faut pas tout confondre. Dai­ly­mo­tion est un beau suc­cès (110 per­sonnes en effec­tif) et une ren­ta­bi­lité dès cette année 2009. Il est nor­mal que leurs diri­geants essaient de se défendre et de défendre leurs homo­logues du net. C’est une action remar­quable. Nous les remer­cions pour cela.

    Pen­dant ce temps là, les tra­ders de Natixis font la gueule et vont mani­fes­ter (c’est le monde à l’envers) d’après leur syn­di­cat. Les spé­cia­listes du détour­ne­ment (trou­ver la faille pour faire un max de blé)
    Regar­dez la video, c’est hal­lu­ci­nant. C’est cela qu’il faut arrê­ter, pas le reste
    http://www.newzy.fr/videos/crise-financiere/trader-et-syndicaliste-chez-natixis.html

    Tra­vailler pour le plai­sir, pour un salaire décent (mais pas plus)… pour créer de l’emploi, de la valeur ajou­tée scien­ti­fique, éduca­tive… C’est pos­sible encore ?

  • [23] - Gui a écrit le 19 mars 2009 :

    Dai­ly­mo­tion peut contac­ter Oséo pour trou­ver un sou­tien et une écoute.

    Ce que veut dire NKM c’est que Dai­ly­mo­tion a peut être aussi quelques pro­blèmes per­son­nels de type écono­mique, comme toutes les entre­prises actuel­le­ment d’ailleurs.

    Mais en dehors de cela, les 2 vrais fon­da­teurs de Dai­ly­mo­tion, Ben­ja­min Bej­baum et Oli­vier Poi­trey, ont été rem­pla­cés par Mark Zaleski, un Anglais très sym­pa­thique au demeu­rant et très com­pé­tent pour rendre cette pépite du net ren­table face à You­tube et autre.
    http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39381730,00.htm
    http://www.lesechos.fr/management/carre-vip/300231506-mark-zaleski-faire-murir-dailymotion.htm

    Ce ne doit pas être une mince affaire, car les recettes publi­ci­taires baissent avec la crise. Il faut jouer des coudes, avec son réseau en France (et ce n’est pas gagné pour lui) pour avoir des sou­tiens. Je dis bravo à Dai­ly­mo­tion. Je m’excuse d’avance pour Mme Moreno mais je lui conseille de ne pas trop faire atten­tion aux com­men­taires sur elle et d’autres sur le net ; c’est la ran­çon de la gloire. Elle doit sou­te­nir Dai­ly­mo­tion avant tout. Notre star­tup du numérique.

    Les inves­tis­seurs (capi­tal risque pen­saient que l’entreprise pour­rait être rapi­de­ment cotée en bourse pour en obte­nir des plus values. Mais avec la crise, cet objec­tif est reporté. Il va fal­loir tenir encore 2 ans.

    La ren­ta­bi­lité est pré­vue d’ici fin 2009.
    http://www.silicon.fr/fr/news/2007/09/03/nouveau-tour-de-table

    J’ai entendu le Pré­sident de l’oséo et il est à nou­veau dans la presse pour nous conseiller de ne pas attendre le der­nier moment. Appe­lez les !!! :
    http://www.capital.fr/a-la-une/interviews/chefs-d-entreprise-n-attendez-pas-le-dernier-moment-pour-renforcer-votre-tresorerie-362808

  • [24] - macha a écrit le 19 mars 2009 :

    N. Kociusko cri­tique Rogard, le resp. contenu de Dai­ly­mo­tion pour cette lettre mal­ve­nue selon elle. Mais en fait c’est elle qui a mis l’affaire sur le devant de la scène par com­mu­ni­qué de presse. Mar­tin Rogard est un ex resp. mul­ti­mé­dia du minis­tère de la culture de droite, et il en a fait beau­coup pour les jeux video et le net justement.

    La loi Hadopi est ridi­cule. Dai­ly­mo­tion avait refusé de signer en 2007. Ils font des efforts pour limi­ter les conte­nus illi­cites sur leur pla­te­forme, c’est déjà bien.

    Non, là Natha­lie démontre qu’elle se sent mal à l’aise dans son secré­ta­riat, car tout se décide plu­tôt à Bercy (Lagarde) et à la Culture (Alba­nel) pour l’industrie du numé­rique jus­te­ment… et bien­tôt à la Famille avec Moreno (c’est dingue). Un secré­ta­riat numé­rique pour rien en somme. Pas de bud­get, pas de force de frappe.

    NKM est une bio­lo­giste plu­tôt for­tiche dans l’environnement. C’est dom­mage. Et avec son frère dans le même sec­teur numé­rique, ce n’est pas bon pour la neutralité.

    Ou alors il faut que NKM sorte de ses gongs vrai­ment, se pro­nonce. Sinon elle ne sera pas cré­dible. Elle ne dit rien.

    Il faut se bou­ger un peu Madame !!!!!

  • [25] - Guillaume a écrit le 19 mars 2009 :

    Mar­tin Rogard avait dénoncé en 2008 le manque de finan­ce­ment pour l’innovation des star­tups du net fran­çaises, qui seront les futures “google”. Car la R&D en France est deve­nue au top de ce qui se fait dans le monde dans ce domaine. Il damne le pion à Mme NKM sur ce point. Voyant qu’elle ne deman­dait rien à Deved­jian ou Sar­kozy pour le plan de relance dans ce domaine, il y est allé au flan et il a bien fait!!! Les voyages en Corée et au Japon c’est bien (sans doute pour mon­trer à Fillon qu’elle aussi était la bien­ve­nue dans ces contrées, après la puni­tion que le PM lui avait infli­gée en ne l’invitant pas à son voyage offi­ciel au Japon), mais la réa­lité “France” c’est encore mieux. Les modèles d’ailleurs ne sont pas les modèles d’ici
    Lire l’interview accor­dée au Monde il y a un an par M. Rogard :
    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2008/05/30/martin-rogard-la-france-ne-manque-pas-d-atouts-en-recherche-et-developpement-la-difficulte-c-est-le-financement_1051570_651865.html
    Que fait Oli­vier Ezratty en ce moment ??? Il a dis­paru ? Il écrit un article ? Il aide Natha­lie ?
    Lire ce blog aussi
    http://www.couchet.org/blog/index.php?2009/03/19/370-quand-nathalie-kosciusko-morizet-remballe-martin-rogard

    Enfin, je tiens à dire que les fon­da­teurs de Dai­ly­mo­tion (Ben­ja­min et Oli­vier), sont réel­le­ment par­tis de rien, avec très peu de diplômes (rien au niveau de Grandes Ecoles). Juste la folle pas­sion de l’informatique. Cela donne de l’espoir pour les autres
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Poitrey
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Bejbaum

  • [26] - macha a écrit le 19 mars 2009 :

    NKM ne peut pas dire offi­ciel­le­ment qu’elle est contre la loi Hadopi sinon elle serait à nou­veau taxée de non soli­da­rité envers le gou­ver­ne­ment (comme du temps où elle a refusé la loi sur les OGM). Il est tombé dans le piège que lui a tendu le minis­tère de la culture (Mme Alba­nel) et de la Famille (Mme Moreno).

    Elle ne peut que se taire dans le contexte actuel. Il faut la sou­te­nir car elle est le seul recours pour sou­te­nir l’industrie numé­rique. Mar­tin Rogard ferait mieux de l’aider plu­tôt que de se ser­vir d’elle. Ceci dit, si elle ne dis­pose d’aucun levier, ni de réseaux suf­fi­sants au sein même du gou­ver­ne­ment, je ne sais pas com­ment elle fera.

    Je lui conseille for­te­ment de se rap­pro­cher de Mme Lagarde et de M. Novelli. Le numé­rique est plus proche d’une pro­blé­ma­tique de type écono­mique (com­pé­ti­ti­vité). Le contenu (sur lequel elle vou­lait pour­tant se pla­cer) n’est pas le bon angle.

  • [27] - Olivier Ezratty a écrit le 19 mars 2009 :

    @Guillaume & @Fabio : patience, je regarde ce que je pour­rais bien écrire au sujet de cette loi HADOPI qui fait tant jaser, et au delà de cette passe d’arme assez émotion­nelle entre Dai­ly­Mo­tion et NKM. Et j’ai aussi une acti­vité pro­fes­sion­nelle qui m’occupe pas mal. Je ne suis pas à temps plein sur mon blog…

    @Suzy : n’en ajou­tons pas à la théo­rie du com­plot ! Ce n’est pas l’intention du pou­voir, ni son inté­rêt, de vou­loir fli­quer l’expression sur Inter­net. Ne confon­dons pas la lutte contre le pira­tage et ses moyens contes­tés et contes­tables, et la liberté d’expression.

    @Gui : pour ce qui est de Dai­ly­Mo­tion, je serais curieux de voir où ils en sont côté cash. Je ne serais pas étonné qu’ils n’aient pas beau­coup de cash devant eux, comme un grand nombre de star­tups aujourd’hui. Ce qui, au delà de la théo­rie du com­plot du télé­gui­dage par l’équipe d’Albanel, pour­rait aussi expli­quer leur éner­ve­ment. Ener­ve­ment qui n’a d’ailleurs pas l’air de por­ter spé­ci­fi­que­ment sur la loi HADOPI.

  • [28] - Guillaume a écrit le 21 mars 2009 :

    Rogard a répondu à l’invective NKM. Effec­ti­ve­ment, il parle de l’industrie du web et de relance éco et pas de la loi Hadopi. Natha­lie va devoir être claire sur ce qu’elle pré­voit pour finan­cer la R&D de ces star­tups très pro­met­teuses. Oséo pour­rait être inté­ressé, car son pré­sident clame que son bud­get inno­va­tion a baissé cette année. Des efforts peuvent être consen­tis par Oséo si cela en vaut la chan­delle pour la relance et la sor­tie de crise par le haut
    Le gou­ver­ne­ment aura beau jeu de dire qu’il a fait le maxi­mum avec le cré­dit d’impôt recherche… C’est ce qu’il dit un peu par­tout. Mais cet outil est il adapté dans le contexte actuel ? Les entre­prises ont besoin d’une avance de tré­so­re­rie qui ne soit pas trop lourde à gérer pour la suite. Le taux 0 et la trans­for­ma­tion en sub­ven­tion si échec, est un outil très appré­ciés. Le plan de relance concerne sur­tout les entre­prises tra­di­tion­nelles avec leurs banques, pour ren­for­cer les cré­dits de tré­so­re­rie (inves­tis­se­ments maté­riels, inves­tis­se­ments com­mer­ciaux… et non en R&D).
    Voir réponse de Mar­tin Rogard en bas de l’article
    http://www.lepoint.fr/actualites-societe/pour-nathalie-kosciusko-morizet-la-politique-passe-aussi-par/920/0/327716

  • [29] - Jean-Sébastien a écrit le 24 mars 2009 :

    Bon­jour Oli­vier,
    Votre ana­lyze fait place au bon sens ce qui manque, à mon avis dans la presse, aujourd’hui. Le cas de l’usine de Pau est conster­nant: la baisse de la demande pour ces pro­duits n’a sans doute pas grand chose à voir avec les pro­blèmes écono­miques actuels mais est plus dû à une évolu­tion tech­no­lo­gique. On parle bea­coup, ces der­niers jours de l’usine Heu­liez qui assemble prin­ci­pa­le­ment une voi­ture com­mer­cia­li­sée depuis au moins 10 ans. La fin de la pro­duc­tion n’est là encore pas liée direc­te­ment à l’évolution de la situa­tion écono­mique.
    Plus géné­ra­le­ment l’industrie auto­mo­bile, certes affai­blie par la réces­sion, a tota­le­ment raté les enjeux envi­ron­ne­men­taux très pré­sents chez le consom­ma­teur depuis 2007, la majo­rité des modèles hybrides n’arriveront qu’en 2011/2012. Ils auraient dû être com­mer­cia­li­sés dès l’été 2008 avec un baril de pétrole à plus de 145$.
    Les ouvriers vont payer ces retards d’adaptation du tissu indus­triel avec des périodes de chô­mage (chose ter­rible pour l’ensemble de la société). Des leçons devraient être tirées et les res­pon­sables (poli­tiques, écono­miques etc) plus vigi­leants par la suite afin de pré­ve­nir de telles situa­tions et d’adapter l’outil indus­triel aux évolu­tions futures.

  • [30] - herve a écrit le 24 mars 2009 :

    J’arrive un peu tard dans le débat et je me contente d’un copié-collé du Monde que j’ai beau­coup aimé Peut-être déma­go­gique, mais à voir. Tout cela pour dire qu’il y a sans doute crise écono­mique mais que la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie mérite la cri­tique également…

    Le patron de Swatch donne des leçons de “capi­ta­lisme responsable”

    Il se place déli­bé­ré­ment à contre-courant des patrons ultra­li­bé­raux. Même si le groupe Swatch, numéro un mon­dial de l’horlogerie, a effec­ti­ve­ment pâti de la crise, son PDG, Nick Hayek, l’a affirmé haut et fort lors d’une confé­rence, mer­credi 18 mars, à Genève : “Pour une entre­prise cotée en Bourse, qui annonce une chute de béné­fice, réduire de 10 % l’effectif per­met de faire remon­ter le titre. Cela ne marche pas comme cela chez nous. Il n’y aura ni licen­cie­ment ni recul des inves­tis­se­ments chez Swatch. Nous accep­tons d’avoir un ren­de­ment amoin­dri et de ne pas être les chou­chous de la Bourse.”

    Nick Hayek, le fils du fon­da­teur du groupe, fait par­tie des patrons qui disent clai­re­ment ce qu’ils ont sur le coeur. Même sur des concur­rents. “Riche­mont nous a annulé des com­mandes. C’est un groupe qui n’a pas de dettes, mais s’il gagne moins, sa direc­tion punit tout de suite le per­son­nel, et a intro­duit du chô­mage par­tiel chez Car­tier. Ce qui n’empêche per­sonne de conti­nuer à voler en avion privé…”, dénonce-t-il en aparté. Ce tru­blion de l’industrie suisse s’est même offert cette année un petit fris­son en appo­sant sur les rap­ports de ges­tion du groupe un aver­tis­se­ment : “Atten­tion, cette publi­ca­tion n’est pas recom­man­dée aux acro­bates et jon­gleurs du cirque finan­cier actuel…”

    Le groupe Swatch, qui compte dans son por­te­feuille une ving­taine de marques de montres, toutes ciblées sur une clien­tèle dif­fé­rente (Swatch, Tis­sot, Lon­gines, Cal­vin Klein, Omega, Bre­guet, Blanc­pain…) a effec­ti­ve­ment annoncé, jeudi 12 mars, des résul­tats 2008 en berne, à l’image de l’horlogerie hel­vé­tique. Son béné­fice net s’est ins­crit en baisse de 17,4 % à 838 mil­lions de francs suisses (566,4 mil­lions d’euros) pour un chiffre d’affaires qua­si­ment stable à 5,7 mil­liards de francs suisses. Le raf­fer­mis­se­ment du franc suisse face à l’euro ou au dol­lar a pesé sur les comptes du groupe, à hau­teur de 233 mil­lions de francs suisses.

    Cela n’empêche pas Nick Hayek de tem­pé­rer ces résul­tats : “C’est quand même le deuxième meilleur béné­fice de l’histoire du groupe. On peut vivre avec un tout petit peu moins d’argent.” M. Hayek assure avoir “dans l’idée de faire mieux qu’en 2008″. Tout dépen­dra “des taux de change et de ce qui va se pas­ser aux Etats-Unis”. Il compte sur les atouts intrin­sèques de son groupe, comme “la diver­sité des marques en por­te­feuilles, la stra­té­gie d’innovation tech­nique, la pro­duc­tion inté­grée ou encore la fai­blesse des dettes”.

    Même si les détaillants ont par­fois “baissé leurs com­mandes de 40 % ou 50 %”, cela per­met­tra de “recons­ti­tuer des stocks” et de pour­suivre la recherche et le déve­lop­pe­ment (150 mil­lions d’euros y seront consa­crés en 2009), explique le PDG de Swatch. S’il s’est refusé à toute com­pres­sion de per­son­nel dans l’horlogerie, sa belle théo­rie n’a pas été appli­quée dans tous les domaines. Le groupe de 24 000 sala­riés a eu recours au chô­mage par­tiel en début d’année pour 300 per­sonnes qui tra­vaillent dans ses filiales de com­po­sants des­ti­nés à l’automobile ou à la télé­pho­nie mobile. L’une des trois socié­tés concer­nées, Micro Crys­tal, repart nor­ma­le­ment et vient de mettre fin aux réduc­tions de jour­nées travaillées.




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