Appels à projets Web 2.0 et Serious Gaming

Publié le 27 mai 2009 et mis à jour le 28 juin 2009 - 23 commentaires -
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Ce matin, Natha­lie Kosciusko-Morizet pré­sen­tait dans une table ronde presse/bloggeurs les détails de l’appel à pro­jets Serious gaming et web 2.0. Cela fai­sait suite à son annonce le 6 mai der­nier consé­cu­tive à sa pré­sen­ta­tion au Conseil des Ministres de l’intégration tant atten­due du numé­rique dans le plan de relance. 9h. Une petite heure de pré­sen­ta­tion et de questions/réponses et puis hop, 9h51, départ express de NKM pour le Conseil des Ministres qui com­men­çait à 10h.

Communiqué NKM Plan de Relance Numérique

Etaient égale­ment pré­sents Luc Rous­seau (le Direc­teur de la DGCIS qui va gérer la par­tie appels à pro­jets) et Ber­nard Ben­ha­mou (Délé­gué aux Usages de l’Internet, rat­ta­ché au Minis­tère de la Recherche et au Secré­ta­riat d’Etat au Numérique).

Cet appel à pro­jets est quelque peu intri­guant. Pas seule­ment par les thé­ma­tiques, bien dans l’air du temps, mais par le pro­ces­sus mis en place. Je me deman­dais si c’était un pro­ces­sus déjà usité, ou quelque chose de nou­veau. Et bien, le pro­ces­sus n’est pas vrai­ment nou­veau, c’est la démarche et le sec­teur d’activité qui le sont, et le bud­get est assez impor­tant. Le tout est mis en place dans un timing assez serré. On est proche de l’opération com­mando ! Les plus agiles sau­ront en tirer parti !

Alors, com­ment les star­tups et autres PME inno­vantes du numé­rique pour­raient s’impliquer dans ces deux appels à pro­jets ? C’est ce que nous allons voir ici.

Appel à pro­jets et appels d’offres

Dans les deux domaines du Serious gaming et du Web 2.0, l’initiative du gou­ver­ne­ment est en fait décou­pée en deux par­ties bien distinctes :

  • Tout d’abord, deux appels à pro­jets qui débou­che­ront sur des sub­ven­tions finan­çant de la R&D de pro­jets inno­vants. Ces pro­jets sont sou­mis par des entre­prises inno­vantes ou par des regrou­pe­ments, les approches col­la­bo­ra­tives étant favo­ri­sées. Le dos­sier de can­di­da­ture a été mis en ligne le 27 mai et ils devront être sou­mis avant le 6 juillet. Leur dépouille­ment aura lieu pen­dant l’été par la DGCIS (Direc­tion Géné­rale de la Com­pé­ti­ti­vité, de l’Industrie et des Ser­vices, qui dépend de Bercy, et gère aussi les aides aux pôles de com­pé­ti­ti­vité). Le résul­tat sera annoncé par NKM en sep­tembre 2009.
  • Et ensuite, à l’automne 2009, le lan­ce­ment d’appels d’offres sur des pro­jets concrets des­ti­nés à des clients du sec­teur public. Le pro­ces­sus devrait être pré­cisé d’ici la fin de l’été ou tout du moins après la sélec­tion des socié­tés rete­nues dans l’appel à pro­jets. Une autre direc­tion de Bercy, pro­ba­ble­ment la DGPME, jouera le rôle de bro­ker entre les clients internes du ser­vice public et les soumissionnaires.

Le fait d’avoir obtenu une sub­ven­tion dans les appels à pro­jet ne rend pas éligible aux appels d’offres qui répondent aux exi­gences un peu plus rigou­reuses du code des mar­chés publics. La conti­nuité entre les deux porte sur les thé­ma­tiques. Le résul­tat des appels à pro­jets pourra cepen­dant ali­men­ter le contenu même des appels d’offres.

Un bud­get significatif

Le mon­tant bud­gé­tisé et obtenu par NKM dans l’enveloppe “numé­rique” du plan de relance est de 50 mil­lions d’euros qui se répar­tissent comme suit :

  • 20m€ d’appel à pro­jet et 10m€ de com­mande publique pour le “serious gaming”.
  • 10m€ d’appel à pro­jets et 10m€ de com­mande publique pour le “web 2.0” (appel­la­tion un peu désuète, mais ce n’est pas bien grave).

Est-ce que ces sommes sont signi­fi­ca­tives ? Elles le sont.

Par rap­port à l’ensemble des aides publiques à l’innovation, ils paraissent déri­soires, mais creu­sons un peu. Les sub­ven­tions d’Oséo Inno­va­tion sur l’année 2007 (les résul­tats annuels 2008 n’ont pas encore été publiés) étaient de 89m€. Sachant que cela concerne tous les sec­teurs d’activité et que dans le cas du plan Web 2/Serious Gaming, on touche un petit bout d’un seul sec­teur d’activité. Autre repère, les aides aux pôles de com­pé­ti­ti­vité : le mieux financé est Sys­te­ma­tic, en région pari­sienne. Il a été doté de 118m€ de sou­tiens publics sur 3 ans. Cap­Di­gi­tal, l’autre grand pôle numé­rique, est financé à hau­teur de 15m€ par an. Enfin, le concours natio­nal de la créa­tion d’entreprise de tech­no­lo­gie inno­vante (dénommé sou­vent “concours natio­nal de la recherche”) est doté chaque année d’environ 20m€ et il y avait eu 170 lau­réats en 2008.

Donc, les 50m€ des appels à pro­jets et appels d’offre du volet numé­rique du plan de relance repré­sentent un inves­tis­se­ment signi­fi­ca­tif au regard de l’existant. Si l’on ne conserve que la par­tie “appels à pro­jets”, nous avons l’équivalent de tout le Concours Natio­nal de la créa­tion d’entreprise innovante !

Il est prévu de finan­cer des pro­jets dans des enve­loppes dans une four­chette (élas­tique) allant de 300K€ à 1m€. Cela donne une petite idée du nombre de pro­jets concer­nés : entre une tren­taine et une cen­taine. Sachant que chaque pro­jet pourra ras­sem­bler plu­sieurs enti­tés : PME, grande entre­prise, labo­ra­toire de recherche. Et qu’il y a un peu plus d’un mois pour répondre à l’appel à projets.

Moda­li­tés de l’appel à projet

Toute la docu­men­ta­tion et les dos­siers seront à récu­pé­rer sur le site de la DGCIS.

Les pro­jets doivent être menés en France, et la natio­na­lité de l’entreprise n’importe pas. Une repré­sen­tante de la DGCIS pré­sente à la table ronde presse remar­quait en aparté qu’il était de plus en plus dif­fi­cile de défi­nir ce qu’est une entre­prise “fran­çaise”. Sagem, par exemple, appar­tient à un fond de pen­sion américain…

Les règles du jeu de l’appel à pro­jet ont été opti­mi­sées pour favo­ri­ser au maxi­mum pos­sible les PME. Tout en res­pec­tant les bornes défi­nies par la Com­mis­sion Euro­péenne. Par exemple, le taux de finan­ce­ment des pro­jets ira jusqu’à 45% des mon­tants enga­gés, un pro­jet d’un labo­ra­toire de recherche pourra être financé à 100% des besoins, mais les aides ne pour­ront pas cou­vrir les dépenses de com­mer­cia­li­sa­tion et de marketing.

Contrai­re­ment aux aides et avances Oséo qui sont condi­tion­nées par un apport de fonds propres au moins équi­va­lent, ici, il ne s’agit pas de fonds propres, mais d’engagements humains ou maté­riels. En gros, un pro­jet sera chif­fré en années/hommes et 45% du coût cor­res­pon­dant pourra être financé par l’aide de l’état. Les pro­jets créa­teurs d’emplois seront favo­ri­sés. Sachant néan­moins que la théo­rie veut qu’ils n’aient pas démarré avant d’être finan­cés. Le règle­ment de l’aide se fera en au moins trois temps: 30% d’avance à la noti­fi­ca­tion (lorsque l’appel à pro­jet a été gagné) et le reste ensuite pen­dant et à la fin du pro­jet (20% au mini­mum à la fin).

Les cri­tères de sélec­tion sont essen­tiel­le­ment qua­li­ta­tifs, avec notamment :

  • La nature et la qua­lité des par­te­na­riats et la pré­sence de PME dans les consor­tiums. Des col­lec­ti­vi­tés locales inté­res­sées pour­ront aussi être par­ties pre­nantes. Mon avis est que l’on pousse trop à la roue dans le domaine de la recherche col­la­bo­ra­tive. L’innovation fonc­tionne plus sou­vent par le tru­che­ment d’un acteur unique qui se lance sur le mar­ché, sans la sur­charge de coor­di­na­tion de plein de par­ties dif­fé­rentes. Ces pro­jets multi-entités sont des gouffres à réunion­nites aigue. Je met­trai bien ce cri­tère en fond de panier…
  • L’originalité du pro­jet et son impact sur les usages, par seule­ment sur la tech­no­lo­gie, puis la via­bi­lité tech­nique et écono­mique, le mode de mana­ge­ment du pro­jet et ses retom­bées écono­miques. Toutes notions qui nous rap­prochent fort heu­reu­se­ment de la notion d’entreprise et de busi­ness. Sachant que les pro­jets ren­dant des ser­vices inno­vants aux citoyens seront aussi favo­ri­sés et encou­ra­gés, notam­ment dans la phase 2, des appels d’offres publics.
  • L’ouver­ture notam­ment par le biais d’API (inter­faces de pro­gram­ma­tion), l’interopérabilité et le res­pect des stan­dards. Très bien. Même si c’est sujet à inter­pré­ta­tion, en par­ti­cu­lier dans les Serious games (les moteurs 3D ne sont pas stan­dar­di­sés et leur mar­ché est très fragmenté).
  • La label­li­sa­tion du pro­jet par un ou plu­sieurs pôles de com­pé­ti­ti­vité. Ca ne m’enthousiasme pas outre mesure car cela risque d’arroser des entre­prises déjà spé­cia­li­sées dans la col­lecte de sub­ven­tions publiques. C’est bien le risque de ces appels à pro­jets : être trus­tés par les grandes entre­prises qui savent s’y prendre, et par les PME qui savent habi­le­ment se gref­fer des­sus. Avec la déper­di­tion en ligne que cela génère, quand ce n’est pas pire…
  • L’inté­rêt des sec­teurs concer­nés (défense, éduca­tion, télé­coms, etc) dont le juge­ment dépen­dra étroi­te­ment de la com­po­si­tion du comité de sélec­tion qui sera créé cet été pour trier les pro­jets. Ce comité ras­sem­blera des repré­sen­tants de l’Etat, de la recherche publique, des membres de la société civile, des asso­cia­tions de consom­ma­teurs. C’est en décou­vrant la com­po­si­tion de ce comité que l’on com­pren­dra la signi­fi­ca­tion réelle de ce cri­tère de sélec­tion des projets !

Le contenu des projets

La caté­go­rie “serious gaming” couvre de nom­breuses appli­ca­tions pro­fes­sion­nelles comme grand public : la for­ma­tion, la santé, la publi­cité, l’environnement, le tou­risme, la com­mu­ni­ca­tion et la culture. Le prin­cipe consiste à aider les outils pro­fes­sion­nels exploi­tant les tech­no­lo­gies issues du monde du jeu vidéo, l’un de nos points forts dans les indus­tries du numé­rique. Il s’agit sur­tout des moteurs de modé­li­sa­tion et de rendu gra­phique 3D, mais l’innovation dans les domaines concer­nés deman­dera pro­ba­ble­ment la mise en place d’autres tech­no­lo­gies com­plé­men­taires et de savoirs faire métiers spécifiques.

La caté­go­rie dite web 2.0 a un spectre encore plus large. Pour faire simple, on peut dire que cela couvre presque tous le sec­teur de l’Internet : le web séman­tique, les réseaux sociaux, le tra­vail col­la­bo­ra­tif, les mobiles, les outils de déve­lop­pe­ment, le cloud com­pu­ting. Un appel du pieds est fait en direc­tion de pro­jets qui exploi­te­raient des don­nées publiques… qui sont déjà publiques, ou pas encore. Ceci, dans la lignée des ini­tia­tives amé­ri­caines (Data.gov) et anglaises (Show us a bet­ter way de la Power of Infor­ma­tion Task Force). Avec l’espoir de créer un effet posi­tif d’oeuf et de poule avec des demandes d’ouverture de don­nées publiques qui chan­ge­ront les habi­tudes. Cepen­dant, l’éligibilité d’un pro­jet de ce genre dépen­dra de la fai­sa­bi­lité de cette ouver­ture. On notera que l’ouverture des don­nées publiques requiert des API et pas sim­ple­ment des publi­ca­tions sur des pages web.

Dans les deux appels à pro­jets, la demande concerne des logi­ciels métier inno­vants ou bien des outils de concep­tion de logi­ciels.  Elle doit por­ter sur des tra­vaux de recherche et d’expérimentation. On retrouve là un tra­vers habi­tuel de nos aides publiques, très foca­li­sées sur l’amont des pro­jets et pas assez sur l’aval, c’est-à-dire la ren­contre avec le mar­ché. Heu­reu­se­ment, celle-ci pourra-t-elle en théo­rie inter­ve­nir dans la phase sui­vante : les appels d’offre publics.

Est-ce que cela vaut le coup pour une star­tup de s’impliquer ? Pas évident à dire. Si son sec­teur d’activité colle avec l’un des ces appels à pro­jets, oui. Si elle peut consa­crer du temps pen­dant le mois de juin à rem­plir les dos­sier. Et si elle est déjà liée à d’autres acteurs de l’innovation dans le sec­teur. Une star­tup avec une offre exis­tante pri­vi­lé­giant donc l’approche busi­ness pourra éven­tuel­le­ment attendre la phase des appels d’offre après l’été.

D’autres appels à pro­jets dans le numérique

L’initiative de NKM n’est pas iso­lée. La DGCIS a déjà lancé divers appels à pro­jets, le plus récent étant celui en cours concer­nant les paie­ments sans contacts. Ils auraient obtenu énor­mé­ment de réponses et seraient un peu dépas­sés pas l’énorme charge de dépouille­ment des dossiers.

Il y a eu aussi le pro­gramme TIC-PME 2010 lancé en 2005 qui était bâti sur un modèle voi­sin. Avec le finan­ce­ment de pro­jets sec­to­riels : TIC pour les den­tistes, les opti­ciens, la fac­tu­ra­tion, la bio-pharma (en 2007), et le tex­tile, le trans­port, l’automobile, l’aéronautique, l’agro-alimentaire, le jouet, le BTP, l’horlogerie ou l’ameublement (en 2006). Ca méri­te­rait cer­tai­ne­ment un petit audit !

Et puis, dans un autre registre, le gou­ver­ne­ment vient aussi de lan­cer une consul­ta­tion sur l’Inter­net du Futur qui relève plu­tôt de la défi­ni­tion d’une stra­té­gie indus­trielle dans les domaines que cela recouvre. Il n’est pas impos­sible que je m’en mêle au sujet de la télé­vi­sion numérique !

Fina­le­ment, ce plan de relance par les appels à pro­jets devien­dra inno­vant lorsque le volet “appel d’offres publics” sera lancé. Car c’est avec de vrais clients qe l’on créée de vraies inno­va­tions. Pas sim­ple­ment en finan­çant des tra­vaux de R&D. Et pour l’international,  c’est une autre histoire…


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Publié le 27 mai 2009 Post de Olivier Ezratty | Entrepreneuriat, France, Innovation, Internet, Logiciels, Politique, Technologie | 23 commentaires

Les 23 commentaires sur “Appels à projets Web 2.0 et Serious Gaming” :

  • [1] - Stan J a écrit le 27 mai 2009 :

    C’est bien beau le serious gaming, mais est-ce là vrai­ment une priorité ?

    Et si on com­men­çait par équi­per nos ins­ti­tu­tions de vraies pla­te­formes d’information (exemple de data.gov) ?

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 27 mai 2009 :

    C’était aussi mon impres­sion ini­tiale. Mais ce que cela couvre dans l’optique de l’appel à pro­jets est assez large. Par ailleurs, c’est indé­niable que nous avons quelques suc­cès tech­no­lo­giques fran­çais dans le domaine des moteurs 3D et des jeux. S’appuyer sur une force exis­tante n’est pas dénué de sens.

    La pro­por­tion des mon­tants aurait pu cepen­dant être inver­sée avec 30m€ sur le Web 2.0 qui est très géné­rique et 20m€ sur le serious gaming qui l’est un peu moins. Le data.gov est inté­gré dans les appels à pro­jets et appels d’offre de la par­tie web 2.0. Le point clé étant d’organiser l’ouverture des don­nées. NKM sou­haite si j’ai bien com­pris uti­li­ser les appels à pro­jet pour “secouer le coco­tier” de l’administration. Il fau­dra ouvrir des don­nées qui ne le sont pas, et au pas­sage, mettre en place de véri­tables expo­si­tions de ces don­nées sous formes d’API. Il y a effec­ti­ve­ment du boulot.

  • [3] - Nicolas a écrit le 28 mai 2009 :

    Bon­jour Olivier,

    Merci pour ces infor­ma­tions et cette ana­lyse, tou­jours très éclairante.

    Dif­fi­cile de se faire une idée sur la per­ti­nence d’un tel pro­gramme (je parle de mon pro­jet).
    Il est expli­ci­te­ment men­tionné que les pro­jets finan­cés sont des pro­jets “non démar­rés”; il est tou­jours pos­sible de faire un décou­page, et de pré­sen­ter un bout de pro­jet, mais c’est moins évident. D’autre part, la pré­fé­rence va sur les pro­jets Open Source; je com­prends bien la volonté d’interopérabilité, mais c’est un choix de busi­ness model très contrai­gnant (et réus­sir dans l’Open Source demande des moyens colossaux).

    Enfin, je te rejoins sur les habi­tuels tra­vers des aides publiques: on ne finance que la R&D et on laisse de côté le busi­ness, qui est bien plus dif­fi­cile et consom­ma­teur en res­sources. Et on favo­rise les par­te­na­riats, tou­jours déli­cat à mon­ter, et qui sont rare­ment une prio­rité pour une Start-up. On a ten­dance à mon­ter un par­te­na­riat bidon, his­toire de mon­trer qu’on joue le jeu (je sais de quoi je parle pour l’avoir fait dans le passé pour des sub­ven­tions euro­péennes), mais est ce comme cela qu’on avance efficacement ?

    Enfin, quel est le posi­tion­ne­ment de ce pro­gramme par rap­port à l’Oseo, dont les prio­ri­tés “inno­va­tion”, ont été bel et bien revues à la baisse, au pro­fit des PME en difficulté ?

    Bref, je ne trouve pas que cela contri­bue à y voir plus clair sur les aides publiques. J’attends de voir les appels d’offres.

  • D’autant que d’après les textes, les pro­jets qui ne seront pas rete­nus seront réorien­tés vers Oséo…
    http://www.telecom.gouv.fr/rubriques-menu/soutiens-

    Et avec quel bud­get com­plé­men­taire pour Oséo pour les pro­jets qui seront réorien­tés dès septembre ???

    D’autant que cer­tains pro­jets insu­fi­sam­ment sou­te­nus par oséo en 2008 ou 2009 auraient pu trou­ver un com­plé­ment à tra­vers cet appel à pro­jets. Mais a priori, il ne faut effec­ti­ve­ment pas avoir com­mencé le pro­jet, ou la par­tie du pro­jet à présenter…

  • [5] - Olivier Ezratty a écrit le 29 mai 2009 :

    Cette réorien­ta­tion n’est que le ren­voi dans le pro­ces­sus stan­dard pour obte­nir aides et sur­tout avances rem­bour­sables chez Oséo. Mais ce der­nier n’aura pas de bud­get com­plé­men­taire… que je sache.

    Mais ces 30m€ sont déjà énormes par rap­port aux enve­loppes exis­tantes d’Oséo Inno­va­tion liées aux pro­jets Internet/Serious Gaming. Il ne fau­drait pas com­men­cer à se plaindre !

    La grande incon­nue sera le nombre de sou­mis­sion­naires compte-tenu du délai assez court, d’un mois, pour la remise des dos­siers. En fonc­tion du nombre, on peut ima­gi­ner que la sélec­ti­vité sera plus ou moins forte.

  • Un pro­jet peut il à la fois être sou­tenu en par­tie par Oséo et en par­tie dans le cadre de cet appel à pro­jets ? Je parle des pro­jets qui seraient en cours chez Oséo… avec des taux d’aide clas­si­que­ment très ser­rés compte tenu des budgets

  • [7] - karine a écrit le 30 mai 2009 :

    Bon­jour

    Merci Oli­vier. une seule ques­tion que je me pose : pour­quoi de tels délais ?? un pro­jet col­la­bo­ra­tif, cela en se monte pas en un mois, d’autant que le for­mu­laire de sou­mis­sion est assez costaud.

    Donc, déso­lée de cette parano, mais il est quand même dif­fi­cile de ne pas se poser la ques­tion : cet appel à pro­jet n’est il pas AUSSI des­tiné à quelques acteurs bien infor­més qui s’y sont déjà pré­pa­rés ?
    evi­dem­ment, on va me dire que l’entreprise ne doit pas sor­tir un pro­jet ni un consor­tium de son cha­peau et qu’elle doit avoir déjà des bases solides .… oui, sauf que par exemple, si on parle du web2, c’est essen­tiel­le­ment des acteurs de tailles réduites qui n’ont pas la masse néces­saire pour avoir dans leur car­ton des pro­jets déjà tout prêt, ou presque.

    A part ça, appel très inté­res­sant, ouvert sur l“innovation comemr­ciale”, ce qui est très bien­venu, mais l’acteur public n’a pas mis ses for­mu­laires de demandes en concor­dance avec cela, lisez les, tout est orienté techno. ceci est un point qui devra être amélioré.

    Merci oli­vier à nouveau.

  • [8] - philippe a écrit le 31 mai 2009 :

    Cela vient un peu tard dans le plan de relance. Dom­mage. La focale sur la techno est due aux direc­tives euro­péennes sur les aides d’Etat. Le côté col­la­bo­ra­tif s’explique par le fait que l’appel à pro­jets est encap­sulé (à tort ?) dans le pro­cess­sus des pôles de com­pé­ti­ti­vité (DGCIS, bud­get pour les pôles, géré par luc rous­seau.…) ; le bud­get pour cet appel est il un com­plé­ment réel du gou­ver­ne­ment, ou était-ce déjà com­pris dans le bud­get des pôles de com­pé­ti­ti­vité ? Il fau­drait véri­fier. Le côté non col­la­bo­ra­tif aurait pu être géré par Oséo tout de suite avec une flui­di­tité plus grande et com­pa­tible avec les attentes des star­tups. Mais là encore, était ce fai­sable en terme d’affectation bud­gé­taire ? Le bud­get d’Oséo est ins­crit dans la loi de finances 2009 et il ne pourra être modi­fié éven­tuel­le­ment qu’à la ren­trée pro­chaine pour le pro­jet de loi 2010. On aurait pu faire un rec­ti­fi­ca­tif tout de suite. A moins qu’il n’y ait eu un mau­vaise arbi­trage minis­té­riel et des pres­sions ??? Pour­qui cette obses­sions des pro­jets collaboratifs ???

  • [9] - Olivier Ezratty a écrit le 31 mai 2009 :

    @Guillaume : visi­ble­ment ce sont deux pro­ces­sus d’aides com­plé­men­taires, donc l’un n’empêche pas l’autre.

    @karine : le délai est court, mais dans d’autres cas, comme le Concours Natio­nal de l’entreprise inno­vante il est bien trop long. Il n’y a pas de com­plot favo­ri­sant les entre­prises établies, mais celles qui ont quelque chose à pro­po­ser sont évidem­ment avan­ta­gées. Ils ne sont pas plus “infor­més” que les autres, tout du moins par des canaux obs­curs. D’autant plus que NKM com­mu­ni­quait assez lar­ge­ment sur la pré­pa­ra­tion de son plan de relance numé­rique et son appel à pro­jet depuis quelques semaines. OK sur le biais techno, tra­vers connu de nos admi­nis­tra­tion et aussi lié aux contraintes euro­péennes. N’oublions pas que l’appel à pro­jet finance de la R&D et de l’expérimentation.

    @philippe : il semble qu’il s’agisse bien d’un bud­get com­plé­men­taire récu­péré sur celui qui est géré par le Minis­tère de la Relance de Patrick Deved­jian. NKM a du s’appuyer sur une orga­ni­sa­tion exis­tante pour lan­cer son appel à pro­jets. La DGCIS était visi­ble­ment celle qui était la plus réac­tive pour le mettre en place. Cela ne pou­vait pro­ba­ble­ment pas être Oséo Inno­van­tion car l’appel à pro­jet n’est pas seule­ment des­tiné aux jeunes entre­prises innovantes.

  • [10] - philippe a écrit le 31 mai 2009 :

    Merci pour votre réponse Oli­vier. Il me semble mal­gré tout que oséo ne s’occupe pas que de jeunes entre­prises… jus­te­ment. J’ai bien l’impression qu’il s’agit d’une bagarre au niveau des hautes ins­tances à nou­veau… Dom­mage pour les entre­prises. Vous dites par ailleurs que les sub­ven­tions de l’appel à pro­jets et les aides d’Oséo sont com­plé­men­taires ??? Mais com­ment vont faire les entre­prises en cours d’analyse chez oséo pour aussi par­ti­ci­per à l’appel à pro­jets si oséo n’est pas impli­qué dans cet appel pour coor­don­ner les choses ???

  • [11] - Olivier Ezratty a écrit le 31 mai 2009 :

    Les dos­siers sont étudiés en paral­lèle par des orga­ni­sa­tions dif­fé­rentes. Il ne faut pas s’en plaindre car cela aug­mente les pos­si­bi­li­tés d’obtenir quelque chose.

    De plus, Oséo Inno­va­tion pro­pose sur­tout des avances rem­bour­sables, alors que l’appel à pro­jet don­nera lieu à des subventions.

  • [12] - philippe a écrit le 31 mai 2009 :

    Oui les sub­ven­tions sont très appré­ciées par les star­tups (on ne peut les décla­rer ensuite au titre du CIR bien­sûr). Mais j’ai déjà obtenu des sub­ven­tions de la part d’Oséo il y a quelques années : Oséo ne dis­tri­bue pas que des avances rem­bour­sables ou des prêts.… Il aurait suf­fit d’inscrire sur bud­get Oséo ce nou­veau bud­get du plan de relance évalué à de 20 ou 50 mil­lions en sub­ven­tions sur 2009 et 2010, et faire ins­truire par Oséo Inno­va­tion en par­te­na­riat avec les par­te­naires com­pé­tents (pôles, incu­ba­teurs, struc­tures régio­nales et natio­nales…) pour la sélec­tion. Pour­quoi les sub­ven­tions ne seraient elles que l’apanage des pôles de com­pé­ti­ti­vité avec les contraintes que l’on connait ??? On com­plique encore comme d’habitude.

  • [13] - Sophie a écrit le 31 mai 2009 :

    Bon­jour. Vous avez de la chance avec cette somme d’argent consa­crée à l’internet du minis­tère de l’industrie. Espé­rons que les entre­pre­neurs ne s’arracheront pas trop les che­veux… pour répondre en un temps record et ensuite attendre des mois et des mois avant d’être payés… Bon courage.

    J’ai par­ti­cipé au ques­tion­naire de NKM sur l’internet du futur.
    http://www.telecom.gouv.fr/rubriques-menu/organisation-du-secteur/textes-reglementaires/consultations-appels-candidatures/consultations-ouvertes/internet-du-futur-2103.html

    Beau­coup de ques­tions sur la recherche aca­dé­mique, les pla­te­formes d’expérimentations, etc… Bref, à nou­veau on veut jus­ti­fier le bou­lot de nos cher­cheurs en les foca­li­sant sur le numé­rique. Mais est ce bien utile ? Il paraît qu’aux USA et au Japon des tas d’institutions spé­cia­li­sées sur la recherche “dis­rup­tive” (ou la) sont mises en place.

    A la fin, le ques­tion­naire nous demande si on est inter­es­sés par les sous de Bruxelles. Tout cela pour dire que l’objectif est de pous­ser tout ce beau monde à se faire finan­cer par le PCRD. Si on a le temps et des sous déjà… pour­quoi pas. Pour la gloire.

  • [14] - Fabien a écrit le 1 juin 2009 :

    Nous allons devoir bien­tôt voter… Cette semaine, ne devrions nous pas nous cen­trer sur les direc­tives euro­péennes qui régissent beau­coup de choses chez nous, en par­ti­cu­lier l’encadrement com­mu­nau­taire sur les aides d’Etat aux entre­prises. Ces der­nières sont nor­ma­le­ment “inter­dites”, sauf cas par­ti­cu­liers. Donc nous nous trou­vons vrai­ment dans le cas par­ti­cu­lier selon notre cher traité de Lisbonne…

    http://www.telecom.gouv.fr/rubriques-menu/organisation-du-secteur/europe-international/encadrement-communautaire-aides-etat-recherche-au-developpement-innovation-658.html

    En syn­thèse, le pro­jet est sou­tenu car il y a défaillance du mar­ché pour le finan­cer et sur­tout le pro­jet doit appor­ter un ser­vice d’intérêt géné­ral à la com­mu­nauté euro­péenne (pas seule­ment à la France), pour sa R&D, sa croi­sance, son écono­mie, ses emplois…

    “Le pro­jet doit pré­sen­ter un inté­rêt euro­péen com­mun: il doit contri­buer de manière concrète, claire et iden­ti­fiable à l’intérêt com­mu­nau­taire. L’avantage retiré de l’objectif du pro­jet ne doit pas se limi­ter à un État membre ou aux États
    membres qui le mettent en oeuvre, mais doit s’étendre à toute la Com­mu­nauté. Le pro­jet doit consti­tuer un pro­grès sub­stan­tiel pour les objec­tifs de la Com­mu­nauté, par exemple en pré­sen­tant un inté­rêt majeur pour l’Espace euro­péen de la recherche ou une impor­tance supé­rieure pour l’industrie euro­péenne. Le fait que le pro­jet soit réa­lisé par des entre­prises de plu­sieurs pays n’est pas suf­fi­sant. Les
    effets posi­tifs de l’aide peuvent être établis, par exemple, par d’importantes retom­bées posi­tives pour la société, par la contri­bu­tion de la mesure d’aide à l’amélioration de la
    posi­tion inter­na­tio­nale de la Com­mu­nauté en matière de RDI, par la créa­tion de nou­veaux mar­chés ou par la mise au point de nou­velles technologies.”

    Ainsi, le pro­jet pour être sou­tenu et sur­tout pour que l’aide soit inci­ta­tive (contrôle de la com­mis­sion), il faut qu’il pré­sente une nou­veauté pour l’Etat de l’art euro­péen (la visée natio­nale n’est pas possible).

    Ainsi, selon moi, les inno­va­tions numé­riques de nos star­tups cor­res­pondent assez bien à cette défi­ni­tion et une véri­table indus­trie euro­péenne du numé­rique est tout à fait sou­hai­table pour nous remettre du mas­sacre de notre industrie.

  • [15] - MAS a écrit le 2 juin 2009 :

    Je trouve dom­mage qu’une fois de plus, seules les dépenses non enga­gées peuvent être finan­cées.
    C’est un frein très important.

    Si une dépense est enga­gée, c’est que la société a pris un risque, qu’elle l’a étudié, qu’elle n’utilise pas des fonds publics pour faire des tests à moindre frais mais pour de véri­tables pro­jets. Le finan­ce­ment reçu per­met­trait d’accélérer le pro­jet et d’en amé­lio­rer la concré­ti­sa­tion et la valeur.

    Lever ce frein per­met­trait à des PME, des star­tups d’augmenter leur poten­tiel d’innovation sans sacri­fier leur feuille de route.

  • [16] - Fabien a écrit le 2 juin 2009 :

    Vous avez rai­son MAS. Il fau­drait que l’appel à pro­jets com­plète aussi les besoins de finan­ce­ment de pro­jets en cours de déve­lop­pe­ment, et même qui ont déjà été sou­te­nus en par­tie (mais pas suf­fi­sam­ment). Je pense en par­ti­cu­lier aux pro­jets sans par­te­na­riat. A priori, l’appel à pro­jets serait sensé pri­vi­lé­gier les pro­jets col­la­bo­ra­tifs. Mais il existe des pro­jets numé­riques 2.0 ou Serious Gaming qui incluent de la sous­trai­tance très inter­esante avec des PME fran­çaises, sans pour autant devoir par­ta­ger abso­lu­ment les résul­tats du pro­grammes avec ses sous­trai­tants en ques­tion. M. Ezratty est cer­tai­ne­ment bien placé pour en par­ler à Mme NKM et à M. Rousseau…

  • [17] - Proxiti a écrit le 15 juin 2009 :

    C’est une inten­tion louable que de lan­cer de tels appels à projet.

    C’est tout autant louable de favo­ri­ser les pro­jets émanant de par­te­na­riats, mais encore faut-il favo­ri­ser ces partenariats.

    Sur le propre site du minis­tère détaillant l’appel d’offre, il n’est pas pos­sible de dépo­ser la moindre offre de par­te­na­riat, et d’ailleurs aucune demande de par­te­na­riat n’y figure.

    Vous pou­vez tou­jours essayer :

    http://www.telecom.gouv.fr/recherchepartenariat.php3

    http://www.telecom.gouv.fr/acces-nos-services/offres-partenariats-1325.html

    J’ai testé, et même en contac­tant les res­pon­sables du site : pas possible.

    C’est à se deman­der si cet appel à pro­jet n’est pas encore un leurre des­tiné à finan­cer les pro­jets des “copains” que l’on connaît déjà.

    Néan­moins, je me per­mets M. Ezratty d’utiliser votre article (comme tou­jours très fin d’analyse) pour lan­cer un appel à par­te­na­riat pour répondre à cet appel d’offre dans la par­tie web 2.0.

    Plus de détails à : http://prezi.com/71145/view/

    Oli­vier Bauchat

  • [18] - Jean a écrit le 17 juin 2009 :

    Effec­ti­ve­ment, quand on sou­haite inci­ter au par­te­na­riat, encore faut il aider les PME à trou­ver des par­te­naires. Les ser­vices en ligne d’Oséo le per­met­taient jusqu’à pré­sent. Mais Oséo a t-il été sol­li­cité pour cet appel à pro­jets ? Cepen­dant, si les entre­prises se font label­li­ser par les pôles sans doute ont elles plus de faci­lité à trou­ver des par­te­naires ??? Il fau­drait un peu plus de cohé­rence désor­mais et uti­li­ser les ser­vices numé­riques et de ges­tion de CDC et d’Oséo pour sou­te­nir l’activité des pôles et des appels à pro­jets asso­ciés. Cela aide­rait les res­pon­sables des pôles, les entre­prises et la ges­tion des fonds.

  • [19] - Guillaume a écrit le 18 juin 2009 :

    Pen­sez vous que l’augmentation par le rem­bour­se­ment immé­diat, du Cré­dit Impôt Recherche fait déra­per les dépenses de l’Etat dans la Recherche et l’innovation de façon quasi incon­trô­lée ? Est ce 4 ou 6 mil­liards de dépenses pour 2009 ? Cela semble énorme. Est ce que cela pro­fite aux star­tups et PME ? Les magis­trats de la cours de comptes se penchent sur les niches fis­cales et autres exo­né­ra­tions qui seraient très vrais­sem­bla­ment la cause prin­ci­pale du défi­cit expo­nen­tiel de l’Etat (dou­ble­ment par rap­port à l’année der­nière) et pas du tout la crise écono­mique comme on le dit par­tout…
    http://www.lefigaro.fr/economie/2009/06/18/04001-20090618ARTFIG00310-annonce-d-un-deficit-historique-pour-2009-.php
    Les consé­quences de la crise en manque à gagner (chô­mage, dimi­nu­tion de IR…) pour l’Etat ne se feront sen­tir qu’à par­tir de 2010. Le pré­sident d’Oséo a dit qu’il n’avait uti­lisé que 30% du bud­get de la garan­tie (8 mil­liards) pour le plan de relance et il faut savoir que pour l’instant ce n’est pas de l’argent dépensé mais poten­tiel­le­ment “dépen­sable” si les PME ne rem­boursent pas leur cré­dit.
    http://www.daily-bourse.fr/la-banque-d-aide-publique-oseo-a-aide-10-000-pme-d-Feed-AFP090616193851.e1c9i8p2.php
    En ce qui concerne la recherche en aide directe, on peut comp­ter en tout moins de 800 mil­lions d’euros sur 2008 et 2009 (aide directe et pôles de com­pé­ti­ti­vité).
    Alors qu’est ce qui peut expli­quer un tel défi­cit si ce n’est les exo­né­ra­tions fis­cales qui se sont mul­ti­pliées depuis 2 ans ????

  • [20] - Olivier Ezratty a écrit le 18 juin 2009 :

    Le CIR est cer­tai­ne­ment une dépense fis­cale qui aug­mente dans le bud­get de l’Etat depuis la LME qui aug­mente sa por­tée, uni­que­ment en faveur des grandes entre­prises. Et avec un retour sur inves­tis­se­ment qui reste à évaluer. Est-ce que cela a empê­ché des délo­ca­li­sa­tions ou créé des emplois de cher­cheurs ? Je demande à voir…

    Mais c’est loin d’expliquer l’augmentation du défi­cit de l’Etat. Il y a deux expli­ca­tions prin­ci­pales : le plan de relance et la baisse des recettes liée à la réces­sion. Mais il est vrai que ce défi­cit n’est pas bien loin de la tota­lité des dépenses fis­cales en faveur des entre­prises (près de 70 mil­liards d’Euros).

    Faut-il sim­ple­ment les sup­pri­mer ? Pas si simple ! Un grand nombre d’entre elles abaissent (arti­fi­ciel­le­ment) le coût du tra­vail fai­ble­ment qua­lité (ou fai­ble­ment payé). D’autres com­pensent le pas­sage aux 35 heures (il y en a encore). Cela com­prend aussi le finan­ce­ment d’une par­tie des retraites des régimes spé­ciaux liées à la démo­gra­phie spé­ci­fique, notam­ment des cheminots.

    J’ai étudié rapi­de­ment la ques­tion dans http://www.oezratty.net/wordpress/2007/trop-detat-o-a-bien-en-pdf/ en 2007. C’est un sac de noeuds de mesures empi­lées. On ne peut pas dire “il faut tout sup­pri­mer”. Il faut les reprendre une par une et évaluer leur bienfondé.

  • [21] - Guillaume a écrit le 18 juin 2009 :

    Oui il faut tout mettre à plat. Les bud­gets de finan­ce­ment direct des PME (grâce à l’impôt) et de l’innovation vont sûre­ment en pâtir. Et le paie­ment des heures sup­plé­men­taires ? est ce bien néces­saire actuel­le­ment ? Cela repré­sente com­bien ? Je me pose ces ques­tions, car je me demande si dans la loi de finances 2010 nous n’allons pas voir des res­tric­tions dras­tiques dans des sec­teurs utiles pour les inves­tis­se­ments (ex : finan­ce­ment des star­tups inno­vantes), alors que les écono­mies pour­raient se faire ailleurs, jus­te­ment sur les niches. Il y a actuel­le­ment des dou­blon­nage d’exonérations entre FCPI et ISF PME par exemple. N’auraient ils pas été pré­fé­rables de tout regrou­per au niveau des FCPI. J’ai pu lire ici ou là que des struc­tures spé­cia­li­sées (hol­dings) s’en met­taient plein les poches sur l’ISF PME et retar­daient l’arrivée des fonds au sein des PME. En outre elles font concur­rence aux FCPI. Et en plus, a priori l’année der­nière seuls 500 mil­lions d’euros ont été inves­tis dans les PME par les contri­buables ISF et ce sera encore moins cette année. Donc ce dis­po­si­tif n’est pas le nec plus ultra, alors qu’il fai­sait par­tie de la loi TEPA aussi.
    Le Pre­mier ministre tente de frei­ner l’extension du dis­po­si­tif ISF PME sou­hai­tée par la CGPME (et pour cause).

    http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300356505--isf-pme-fillon-ferme-la-porte-a-une-extension-du-dispositif.htm

    http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300356854-les-contribuables-a-l-isf-ont-moins-investi-dans-les-pme-cette-annee.htm

    http://www.lesechos.fr/info/france/4875634-le-dispositif-isf-pme-en-passe-d-etre-remanie-au-senat.htm

    Et plus grave, le dis­po­si­tif est dif­fi­ci­le­ment évaluable : com­bien, pour quel type de pro­jet ?
    http://www.lesechos.fr/patrimoine/impots/300355874-ou-va-l-argent-de-l-isf-pme-.htm

  • [22] - Barbara a écrit le 21 juin 2009 :

    Bon­jour. Il semble bien qu’un lobby pré­paré de longue date, fasse désor­mais sur­face à tra­vers des gro­pus­cules intel­lec­tuels de droite, ultra libé­raux. L’Institut Mon­taigne en fait égale­ment par­tie. Mme Mathilde Tel­lier, est conseillère de Deved­jian pour les ques­tions liées à Inter­net, par exemple dans le Plan de Relance. Ce qui peut bien­sûr avoir des consé­quences heu­reuses ou non sur les jeunes pousses du numé­rique. Le prin­cipe est de sou­te­nir capi­ta­lisme, libé­ra­lisme, etc. L’Institut Mon­taigne est pré­sidé par Bébéar (Axa) et il était avant par le jour­na­liste libé­ral Phi­lippe Man­nière.
    C’est l’Institut Mon­taigne qui publie des études sur les “entre­prises de taille inter­mé­diaire” avec le rap­port “Pour­quoi nos PME ne gran­dissent pas…“
    http://www.institutmontaigne.org/pourquoi-nos-pme-ne-grandissent-pas-2444.html
    Ce rap­port a été rédigé par Anne Dumas, égale­ment auteur du rap­port “Du labo au mar­ché“
    http://www.institutmontaigne.org/ac-innovation-2640.html
    Anne Dumas a dit :
    “Pour­quoi la France semble-t-elle inca­pable d’accoucher d’un Google ? Pour­quoi nos PME ne connaissent-t-elles pas des crois­sances aussi inso­lentes que cer­taines start-up amé­ri­caines ou israé­liennes ? “
    http://www.larevueparlementaire.fr/pages/RP-892/RP892-debats-anne-dumas.htm
    Elle a rédigé un bou­quin sur les entre­prises fami­liales…
    http://www.interdit-aux-hommes.net/article-les-lectures,000912.html
    Elle a déjà tra­vaillé pour Renaud Dutreil et son pro­gramme sur les Gazelles qui va cer­tai­ne­ment être remo­delé pour col­ler davan­tage à la réa­lité, d’après les pro­po­si­tions du Comité Riche­lieu (Leprince) que vous avez spé­ci­fié.
    http://www.lexpress.fr/informations/pme-les-gazelles-a-la-traine_674899.html
    Dumas, Dutreil, de Bois­sieu, Bet­bèze, mais aussi Nico­las Bave­rez… font par­tie de ces intel­lec­tuels de droite pro-libéraux et prô­nant le modèle de crois­sance des entre­prises fami­liales qui jusqu’ici ne pou­vaient béné­fi­cier d’aucunes aides publiques, puisque dépas­sant le seuil de 250 sala­riés (seuil euro­péen)… D’où leur lobby sur les entre­prises de taille inter­mé­diaire.. qui ne sont pas for­cé­ment les lea­deurs mon­diaux de demain.

  • [23] - Olivier Ezratty a écrit le 21 juin 2009 :

    Est-ce si problématique ?

    Les intel­lec­tuels se récla­mant de gauche peuvent aussi trou­ver des idées pour pro­mou­voir la crois­sance des entreprises…




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