Le monde des logi­ciels pour la pho­to­gra­phie est en pleine effer­ves­cence. Il accom­pagne la migra­tion presque totale du mar­ché aux appa­reils pho­tos numé­riques, enta­mée il y a plus de dix ans. Une migra­tion qui a eu comme consé­quence d’élargir le mar­ché de la pho­to­gra­phie, d’augmenter le nombre d’utilisateurs d’appareils réflex, et aussi d’augmenter de façon pro­di­gieuse le nombre de pho­tos prises et gérées par les consommateurs.

J’ai eu l’occasion de croi­ser récem­ment quelques équipes de star­tups fran­çaises dans ce domaine comme Foto­nauts et Olo­neo, sachant que d’autres comme DXO Labs et Pho­to­ma­tix occupent déjà bien le mar­ché. Ceci m’a donné l’envie de les mettre en valeur et de faire au pas­sage une revue d’horizon de quelques ten­dances de ce mar­ché. Ce que je vais inté­grer dans une série d’une demi-douzaine de posts qui démarrent ici même.

Les inno­va­tions dans la photo numérique

Le champs de l’innovation et de l’offre dans le trai­te­ment de la photo numé­rique est immense. Car il ne suf­fit pas de prendre des pho­tos, il faut les amé­lio­rer, et notam­ment cor­ri­ger cer­tains défauts pro­ve­nant des cap­teurs numé­riques, il faut les trier, les orga­ni­ser, les dif­fu­ser, et pas seule­ment par tirages papier, et ensuite, les retrou­ver et les pré­sen­ter ! La plé­thore d’appareils, des mobiles aux com­pacts, bridges et réflex, s’accompagne donc d’une flo­pée d’accessoires maté­riels divers et sur­tout de logi­ciels et ser­vices web pour accom­plir toutes ces tâches.

On peut faire le paral­lèle entre l’évolution de maté­riels, des télé­com­mu­ni­ca­tions et des logi­ciels. La crois­sance du mar­ché des réflex, les évolu­tions en réso­lu­tion et en qua­lité des cap­teurs, l’usage crois­sant du for­mat RAW avec les réflex, l’ADSL, les mobiles, les cadres pho­tos connec­tés, tout concours à faire plus de pho­tos numé­rique et à les par­ta­ger. Et aussi à deman­der plus de qualité.

De nom­breuses inno­va­tions dans le trai­te­ment de la photo numé­rique sont le résul­tat de tra­vaux de recherches plu­ri­an­nuels, dont pas mal reposent sur des fon­de­ments mathé­ma­tiques com­plexes. On appelle cela le “com­pu­ta­tio­nal pho­to­gra­phy”. Ce sont ces pro­jets qui ont per­mis de créer des fonc­tion­na­li­tés pous­sées per­met­tant par exemple d’enlever auto­ma­ti­que­ment un objet d’une photo, d’extraire une per­sonne pour chan­ger l’arrière plan, d’enlever auto­ma­ti­que­ment les yeux rouges. D’autres inno­va­tions servent à cor­ri­ger les pho­tos en tenant compte des carac­té­ris­tiques, limi­ta­tions et défauts des cap­teurs numé­riques (dyna­mique dans les hautes lumières avec ce que l’on appelle le HDR – ou high-dynamic ren­di­tion) et des optiques (vignet­tage, déformations).

Caté­go­ries couvertes

Dans les posts qui suivent, je ferai le point sur cinq caté­go­ries de logi­ciels de trai­te­ment de la photo des­ti­nés sur­tout aux photographes :

  • Les logi­ciels clas­siques d’édition de pho­tos sachant qu’il n’y a pas que Pho­to­shop et GIMP sur ce mar­ché et que de nou­veaux entrants pro­posent des solu­tions très intéressantes.
  • Les ges­tion­naires de pho­tos qui per­mettent de trier et d’organiser sur son PC ses pho­tos. Ce sont sou­vent des tours de contrôle à par­tir des­quelles ont lance la retouche des pho­tos et ensuite leur dif­fu­sion, leur tirage papier et leur publi­ca­tion sur Inter­net. Ces solu­tions intègrent par­fois des fonc­tions de base d’édition de photos.
  • L’édition de pho­tos en ligne, une caté­go­rie de logi­ciels rela­ti­ve­ment nou­velle. Pour l’instant, elle est un peu super­flue car elle apporte plus d’inconvénients que d’avantages. Mais cela pour­rait changer.
  • Le sto­ckage et par­tage en ligne, popu­la­risé il y a quatre ans par Fli­ckr, c’est une caté­go­rie à part entière où l’offre est très diver­si­fiée. Là aussi, l’intégration hori­zon­tale se pro­file avec des acteurs comme Adobe et Google qui pro­posent ce genre d’outil en com­plé­ment d’outils de ges­tion et d’édition de pho­tos pour le poste de travail.
  • La recherche d’images en ligne, un thème légè­re­ment hors sujet, mais où la tech­no­lo­gie évolue rapi­de­ment avec des solu­tions intri­gantes. Mais je ne cou­vri­rai pas les banques d’images.

image

Avec cette richesse de solu­tions, il est facile de s’y perdre. Sur­tout dans la mesure où il n’existe pas vrai­ment d’outil miracle bien inté­gré “fai­sant tout”. Le consom­ma­teur devra ainsi faire le choix d’une com­bi­nai­son d’outils, en taton­nant un peu, et en se docu­men­tant par dif­fé­rents moyens. Nous revien­drons sur ce choix à la fin de cette série de posts.

Sim­pli­fiant la vie des consom­ma­teurs, l’intégration et l’interopérabilité s’améliorent cepen­dant entre ces dif­fé­rentes solutions :

  • L’inté­gra­tion est la stra­té­gie d’acteurs comme Adobe, Google et Micro­soft qui cherchent à rendre cohé­rente une offre logi­cielle cou­vrant une grande par­tie des cinq caté­go­ries ci-dessus. Comme Picasa qui est relié à Picasa Web Albums.
  • L’inter­opé­ra­bi­lité, c’est la pos­si­bi­lité d’exploiter ses pho­tos sto­ckées dans un site Inter­net à par­tir d’un autre site ou ser­vice. Les albums pho­tos de Fli­ckr, Picasa Web Album, Face­book et Pho­to­bu­ckets sont ainsi visibles à par­tir d’autres sites (avec votre autorisation).

Les for­mats d’images

Les for­mats de pho­tos numé­riques sont variés mais l’interopérabilité est moins pro­blé­ma­tique que dans d’autres caté­go­ries de logi­ciels (bureau­tique, CAO, etc). Le for­mat le plus répandu est le JPEG dans le grand public, le TIFF chez les pro­fes­sion­nels, et les variantes construc­teurs du for­mat RAW pour les pos­ses­seurs de réflex. Le for­mat RAW est en gros ce qui sort du cap­teur numé­rique (en RGB) et sans trai­te­ments. Son avan­tage prin­ci­pal est de sto­cker chaque pixel sur 12 bits au moins (et 14 dans la nou­velle géné­ra­tion de réflexs depuis un an et quelques) au lieu des 8 bits que l’on a dans les JPEG. Cette réso­lu­tion de cou­leur faci­lite les trai­te­ments comme les ajus­te­ments d’éclairage à pos­té­riori et notam­ment la cor­rec­tion des zones dites “bru­lées” (blanches) car trop éclai­rées. Comme chaque for­mat RAW dépend du construc­teur, les logi­ciels qui récu­pèrent et traitent des images RAW doivent inté­grer des conver­tis­seurs mul­tiples, un au moins par marque.

Dans ce concert, Micro­soft a sorti un nou­veau for­mat : le HD PHoto qui est censé com­bi­ner les avan­tages du RAW (dyna­mique de cou­leurs) et du JPEG (com­pres­sion) avec une meilleure qua­lité d’image à taux de com­pres­sion égal à celui du JPEG. Ce codec photo est sup­porté par Pho­to­shop, IrFan­View, XnView, et la plu­part des logi­ciels de Micro­soft. Le for­mat est exploi­table libre­ment sans royal­ties. Mais cela ne suf­fit pas pour en faire un for­mat cou­ram­ment uti­lisé, même si HD Photo pour­rait être stan­dar­disé par le consor­tium JPEG.

Seg­men­ta­tion utilisateur

La variété des logi­ciels tra­duit celle des besoins qui vont de l’amateur qui ne veut pas se prendre la tête ni inves­tir quoi que ce soit jusqu’au pro­fes­sion­nel qui cherche à gagner du temps, à géné­rer de la qua­lité, et est prêt à investir.

Ma petite revue, qui ne pré­tend pas être exhaus­tive penche pour l’aspect expert/professionnel, mais sans exclu­sive. Je ne couvre pas les logi­ciels spé­ci­fiques pour le Macin­tosh comme Apper­tune et iPhoto, ne dis­po­sant pas de machines à la pomme chez moi !

Modèles écono­miques

Avant de par­ler outils et fonc­tion­na­li­tés, jetons un coup d’oeil sur les modèles écono­miques des logi­ciels photo, qui expliquent cer­taines évolu­tions récentes.

Nous avons une coha­bi­ta­tion entre trois types de modèles :

Les modèles écono­miques clas­siques du logi­ciel :

  • Les logi­ciels payants, de rai­son­nable à très cher (chez Adobe dans le cas de Pho­to­shop Ele­ments à Pho­to­shop CS3). De nom­breux logi­ciels acces­soires sont pro­po­sés en ligne pour des tarifs situés entre 30€ et 100€. Adobe est pro­ba­ble­ment l’éditeur qui fait le plus gros chiffre d’affaire dans l’ensemble de la pro­fes­sion des logi­ciels de trai­te­ment de l’image. Cette caté­go­rie com­prend égale­ment les nom­breux plug-ins payants de Pho­to­shop, le “logi­ciel à écosys­tème” numéro un du sec­teur de la photo. Une part de plus en plus impor­tante des logi­ciels payants est dif­fu­sée par télé­char­ge­ment sur Internet.
  • Le mar­ché OEM pour les logi­ciels d’organisation et de retouche. Les construc­teurs d’appareils pho­tos, de scan­ners, de camé­ras vidéos et de web­cam intègrent presque sys­té­ma­ti­que­ment un logi­ciel avec leur maté­riel. Cette stra­té­gie de bund­ling per­met d’avoir des solu­tions clés en main. Le mar­ché étant assez frag­menté mal­gré une cer­taine domi­nance d’Adobe, il ne génère pas d’opposition à ces bund­lings. Ce modèle de com­mer­cia­li­sa­tion est à la fois idéal et fra­gi­li­sant pour les éditeurs. Idéal car il per­met de géné­rer une grosse source de reve­nus avec peu de coûts, sur­tout si le construc­teur dif­fuse des mil­lions d’exemplaires de ses maté­riels. Le revenu par licence est évide­ment très bas (cela peut se situer autour du $). L’autre écueil poten­tiel réside dans l’exclusivité que le construc­teur pour­rait deman­der à l’éditeur. Dans cette caté­go­rie, nous avons l’éditeur amé­ri­cain Nik Soft­ware qui four­nit diverses briques logi­cielles (conver­tis­seur RAW, édition de photo) inté­grées dans le logi­ciel Nikon Cap­ture NX qui est livré avec les appa­reils de la marque. Nikon ayant au pas­sage investi en 2006 dans l’éditeur !
  • Un autre mar­ché OEM qui devrait conti­nue à se déve­lop­per : l’équipement en logi­ciels des appa­reils photo eux-mêmes. Ce sont des logi­ciels embar­qués déve­lop­pés avec des outils dif­fé­rents que pour Inter­net ou les PC. Mais les algo­rithmes inven­tés pour les uns sont valables pour les autres. Mais on peut aussi les retrou­ver en dur dans le sili­cium des com­po­sants des appa­reils. Exemple “logi­ciels embar­qué” : le D-Lighting de chez Nikon qui cor­rige les contrastes pour les lumières faibles et fortes, une manière de gérer du HDR (High Dyna­mic Ren­di­tion) rapidement.

Les modèles écono­miques de l’Internet et des télé­com­mu­ni­ca­tions :

  • Les modèles de ser­vices en ligne payants, notam­ment pour l’hébergement de pho­tos à par­tir d’une cer­taine quan­tité (en nombre pour Fli­ckr ou en Mo pour Picasa Web Albums). Le coût du sto­ckage en ligne de pho­tos et de leur trai­te­ment en ligne est tel que ce modèle est pour l’instant incontournable.
  • Les modèles de ser­vices en ligne gra­tuits finan­cés par la publi­cité. Ils sont sou­vent le pré­lude au modèle payant à par­tir d’une cer­taine capa­cité pour ce qui est du sto­ckage. L’efficacité écono­mique de ce modèle n’est pas encore prou­vée. La plu­part des lea­ders de ce sec­teur ne publient pas de résul­tats finan­ciers détaillés (Fli­ckr chez Yahoo et Pho­to­bu­cket qui appar­tient à News Corp par exemple). Quand aux autres, ce sont sou­vent des star­tups non cotées, qui ne sont donc pas plus trans­pa­rentes finan­ciè­re­ment. Ce modèle est encore plus ban­cal pour les autres ser­vices comme l’édition ou les effets spé­ciaux en ligne. Car il est dif­fi­cile d’y inté­grer de la publi­cité sans gêner l’usage des logi­ciels, sur­tout quand des concur­rents sans logi­ciels existent sur le poste de travail !
  • Je n’aurais pas l’occasion d’en cou­vrir le champ fonc­tion­nel dans cette série de posts. Aujourd’hui, il s’agit sur­tout des envois de MMS. Mais cela peut s’étendre à la connexion directe entre un mobile et un site de publi­ca­tion, son blog, son réseau social. Si les for­faits illi­mi­tés “data Inter­net” se géné­ra­lisent, le modèle pren­dra un coup dans l’aile et les opé­ra­teurs télé­coms ne pour­ront plus moné­ti­ser le tra­fic d’images.

L’absence de modèle écono­mique avec :

  • Un grand nombre de free­wares. Même s’ils sont par­fois com­plé­tés d’une ver­sion payante, plus riche fonc­tion­nel­le­ment, il est dif­fi­cile d’en vivre. D’ailleurs, aucun éditeur de free­ware n’a atteint la taille cri­tique à l’échelle mon­diale. Ce sont sou­vent des one-man-shop (ou woman-shop) qui font à peine quelques cen­taines de mil­liers de dol­lars de revenu.
  • Les free­ware inté­grés dans une offre glo­bale comme Picasa chez Google. Dans leur cas, le logi­ciel client ne génère stric­te­ment aucune source de reve­nus directs. Mais Picasa est relié à Picasa Web Album qui lui-même est payant à par­tir de 2Go de pho­tos sto­ckées. L’économie du modèle reste cepen­dant à prouver !
  • Des logi­ciels open source pas asso­ciés à une acti­vité de ser­vices comme dans les logi­ciels libres d’infrastructure réseau. C’est le cas de GIMP et de ses nom­breux plug-ins qui semblent rele­ver du béné­vo­lat com­plet sans acti­vité com­mer­ciale asso­ciée au niveau de leur équipe de développement.

Pour faire simple, c’est un grand mar­ché en volume, mais un mar­ché où il est dif­fi­cile de se faire une place. Même si les moyens de dis­tri­bu­tion du logi­ciel via Inter­net per­mettent de faire du volume plus rapi­de­ment qu’avec un réseau de vente phy­sique traditionnel.

Ten­dances

Quelles pour­raient êtres les ten­dances? J’en vois au moins deux :

Une conso­li­da­tion à la fois des fonc­tion­na­li­tés et des acteurs. L’expérience uti­li­sa­teur en a aussi besoin alors qu’elle est encore assez mal­me­née. Les logi­ciels de ges­tion d’image cou­plés à des sites de publi­ca­tion sur Inter­net vont pro­ba­ble­ment jouer un rôle pivot de pla­te­forme autour des­quels vont se gref­fer les fonc­tion­na­li­tés d’édition de photos.

Et une inté­gra­tion de plus en plus d’intelligence dans les appa­reils pho­tos eux-mêmes pour repro­duire de manière aussi fidèle que pos­sible la vision humaine et sa dyna­mique. His­toire d’éviter les mani­pu­la­tions inter­mé­diaires autre­ment que pour alté­rer la réalité.

Pro­chain épisode, les logi­ciels d’édition de photos.

Vous pou­vez com­men­cer à réagir en indi­quant la com­bi­nai­son de logi­ciels que vous uti­li­sez pour trai­ter, gérer et publier vos pho­tos. His­toire d’avoir un petit son­dage vague­ment représentatif !


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Publié le 5 septembre 2008 Post de Olivier Ezratty | Logiciels, Photo numérique, Startups | 10 commentaires

Les 10 commentaires sur “L’écosystème des logiciels photo - 1” :

  • Un sujet à explo­rer égale­ment: L’apport de S+S dans le domaine de la pho­to­gra­phie. Com­ment sera-t-il pos­sible demain d’avoir accès à l’ensemble de ses sou­ve­nirs numé­riques peu importe où ils se trouvent: local, web, amis.… Mais tu as déjà ren­con­tré quelques star­tup qui attaquent ce cas ;)

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 5 septembre 2008 :

    Tu fais allu­sion à quelle boite ?

  • Merci pour cette ini­tia­tive sur les outils de l’image numé­rique. Je pense que les rudi­ments de cette tech­no­lo­gie devraient rapi­de­ment faire par­tie de l’enseignement élémen­taire (au même titre que celle du son numé­rique) :)

    Il me semble que dans les for­mats d’image, les 8 bits JPEG/TIFF et 12/14 bits RAW cor­res­pondent à l’intensité d’UNE des com­po­santes du pixel, il faut donc 24 bits par pixel RGB en JPEG/TIFF et a priori 36/42 bits en RAW.

    Par res­pect pour les géné­ra­tions futures il ne fau­drait cer­tai­ne­ment sto­cker que du RAW. Le for­mat JPEG actuel­le­ment pro­posé pri­vi­lé­gie la quan­tité de pho­tos sur leur qua­lité, dans la mesure où l’utilisateur n’a aucune idée de la dégra­da­tion qu’il intro­duit en choi­sis­sant FINE - STANDARD etc (sans par­ler des trai­te­ment sur le poste de tra­vail). D’ailleurs je ne connais pas d’outil qui, a par­tir d’un JPEG, peut me dire “sauvé avec un taux de dégra­da­tion de X%”. Ce n’est pas tri­vial car cette infor­ma­tion n’est pas sto­ckée (ni même sto­ckable?), dans le fichier JPEG. Un trai­te­ment sur l’image ou les com­po­sants DCT pour­rait peut-être four­nir cette information?

  • [4] - Olivier Ezratty a écrit le 6 septembre 2008 :

    En effet, lorsque l’on parle d’encodage 8 bits pour le JPEG et 12 ou 14 bits pour le RAW des réflex, il s’agit de l’encodage d’un pixel de cou­leur pri­maire. Donc, à mul­ti­plier par 3 pour avoir les trois cou­leurs primaires.

    A ceci près que…
    - Dans un cap­teur d’appareil photo réflex de 10 mpixels, il y a exac­te­ment 10 mil­lions de pho­to­sites, par­fois avec autant de vert que de rouge et bleu. Donc, à la fin, cela fait un fichier de 10 mil­lions x 12 ou 14 bits et non com­pressé. Et on a en fait 10/3 mil­lions de pixels RGB enco­dés en 36 ou 42 bits après recons­truc­tion de l’image par le logi­ciel de ges­tion du RAW qui l’injecte éven­tuel­le­ment ensuite dans un logi­ciel comme Pho­to­shop qui est capable de tra­vailler en 36 ou .
    - Dans un fichier JPEG de 10 mil­lions de pixels sorti d’appareil photo, il y a bien 10 mil­lions de “pixels RGB”, à 8 bits par cou­leur pri­maire. Donc cela fait 10 mil­lions x 3 x 8 bits, mais com­pressé spatialement.

    L’arnaque, que l’on trouve aussi avec les cap­teurs de camé­ras HD, est qu’il y a confu­sion des genres entre pho­to­sites sur les cap­teurs et pixels RGB à l’arrivée. En JPEG, le nombre est le même, mais il y a eu scaling/interpolation pour géné­rer les pixels RGB à par­tir d’un nombre de pho­to­sites infé­rieur (trois fois moins de pho­to­sites bleus que de pixels RGB dans le fichier résultant).

    Effec­ti­ve­ment, il vaut mieux sto­cker les RAW pour le futur. J’en par­le­rai dans l’article numéro 5 de cette série !

  • “Et une inté­gra­tion de plus en plus d’intelligence dans les appa­reils pho­tos eux-mêmes pour repro­duire de manière aussi fidèle que pos­sible la vision humaine et sa dynamique.”

    Je ne suis pas sûr de com­prendre ce pas­sage. Repro­duire la vision humaine n’est qu’une uti­li­sa­tion de la pho­to­gra­phie. Ce n’est à mon avis pas la plus inté­res­sante ni même ce que la plu­part des pho­to­graphes ama­teurs recherchent (sans pour autant le savoir).
    Prendre une photo c’est mettre un cadre (pas for­ce­ment rec­tan­gu­laire d’ailleurs), com­po­ser une image, c’est modi­fier dès le début les cou­leurs et les luminosités,…Ce n’est pas repro­duire, c’est alté­rer pour créer.

  • [6] - Olivier Ezratty a écrit le 7 septembre 2008 :

    Je fai­sais allu­sion à la dyna­mique de l’oeil pour trai­ter ne serait-ce que les contre-jours. Oui, on peut créer avec la pho­to­gra­phie. Mais dans la plu­part des cas, pour le grand public, il ne s’agit que de cap­ter des ins­tants et de ne rien louper.

  • Okay merci pour la “mise au point” (…)

    C’est sûr que le couple yeux + cer­veau fait des mer­veilles en inter­pré­ta­tion et trai­te­ment de l’image. Plus les appa­reils en seront capables plus la com­po­si­tion d’une image en sera aisée.

    En ce qui concerne le grand public, oui on prend tous des pho­tos sou­ve­nirs pour cap­tu­rer l’instant mais je suis à peu près sûr que le pho­to­graphe qui cap­ture un ins­tant, même légè­re­ment joyeux en soi­rée, a incons­ciem­ment en tête l’idée d’une com­po­si­tion. Et qu’il est par­fois déçu du résul­tat même si il a bien cap­turé l’instant en question.

  • Superbe pano­rama. Bravo.

    Une petite men­tion du fossé qui s’est créé entre les appa­reils pho­tos de 5-10- voir 20 Méga Pixels, et la visua­li­sa­tion sur Inter­net qui reste tou­jours aussi pauvre en résolution.

    Zoo­mo­rama se penche sur le pro­blème et tente d’offir de nou­velles solu­tions de visualisation.

    Essayer direc­te­ment en ligne: http://www.zoomorama.com/zoomexpress.php

    Sinon télé­char­ger l’application Zoom­Crea­tor pour faire des mises en pages, et insé­rer des vidéos et des liens.

    Nous sommes friants de feed­back. Merci.

  • [9] - Olivier Ezratty a écrit le 8 septembre 2008 :

    J’ai prévu d’en tou­cher un mot dans le tome 5… :) .

    Sachant que je vous avais vus au Web3. Cf http://www.oezratty.net/wordpress/2007/back-from-leweb3-les-startups/.

  • Merci pour cette intro très inté­res­sante, qui donne envie de lire les pro­chains posts.
    Un ami et moi avons déve­loppé un petit soft de tri/renommage/redimensionnement de pho­tos: You­pix (en sha­re­ware sur telecharger.com, et en achat direct sur notre site http://www.youpix.fr). Le soft coûte 17 €, il ne s’est pas beau­coup vendu, mais il semble bien plaire à ceux qui l’ont adopté. On s’aperçoit en dis­cu­tant que les besoins sont très dis­pa­rates, que les gens ont des concep­tions variées de ce qu’ils sou­haitent faire avec leurs pho­tos - ou que, le plus sou­vent, ils n’ont pas vrai­ment de concep­tion ! les usages ne paraissent pas bien sta­bi­li­sés, les outils sont légions, et le plus dur est de savoir ce qu’on veut faire de ses photos !




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