Finalisation des propositions pour les Assises du Numérique

Publié le 29 juin 2008 et mis à jour le 14 février 2009 - 7 commentaires -
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Cela fait main­te­nant une dizaine de jours que j’ai publié un ensemble de pro­po­si­tions pour les Assises du Numé­riques des­ti­nées à favo­ri­ser l’entrepreneuriat en France dans les TICs et à aider les star­tups à réus­sir. Fai­sons un point d’étape avant la fina­li­sa­tion qui devrait nor­ma­le­ment inter­ve­nir dans la semaine qui vient.

L’état des propositions

Le docu­ment est tou­jours en accès libre (fichier Word 2003 et PDF).

CouverturePropositions

Il a pas mal évolué depuis cette pre­mière publi­ca­tion avec une bonne dou­zaine de contri­bu­tions sérieuses et en pro­fon­deur. Les contri­bu­teurs de ces pro­po­si­tions pré­sentent l’avantage de repré­sen­ter plu­sieurs sec­teurs : entre­pre­neurs, inves­tis­seurs, ensei­gne­mant et acteurs de l’accompagnement des star­tups, asso­cia­tions. C’est un très bon début.

ListePropositions

Nous avons main­te­nant presque “30 pro­po­si­tions” (en fait, 29, la liste est dans l’image ci-dessus, cli­quable pour deve­nir lisible, cela donne de la marge pour la 30eme qui ne man­quera pas d’arriver…). Un chiffre rond facile à com­mu­ni­quer et qui ne fera pas trop peur.

L’Atelier de Rouen sur les startups

J’ai par­ti­cipé mer­credi der­nier à l’un des Ate­liers des Assises du Numé­rique, à Rouen. Orga­nisé par Oli­vier Mar­ti­neau de l’Exchangeur de Rouen. Etaient pré­sents une quin­zaine de per­sonnes : entre­pre­neurs, conseils en inno­va­tion (Glai­zer Group), accom­pa­gna­teurs de star­tups, etc. Les échanges ont été fructueux.

Des vidéos de l’Atelier de Rouen sont dis­po­nibles sur le blog de Fran­çois de Roche­mouët, le fon­da­teur de Hel­lo­Tipi avec qui j’ai fait connais­sance à l’occasion de notre tra­jet en train vers et de Rouen.  Au pas­sage, petit détour : Pierre Chap­paz a investi dans sa star­tup à hau­teur de 100K€ après avoir lancé un concours de pro­jets de star­tups. Ce pro­ces­sus de sélec­tion m’avait un peu gêné sur le coup car il géné­rait une impres­sion de méga­lo­ma­nie de la part de son créa­teur. Mais fina­le­ment, c’est bien mieux que tous ces prix décer­nés par des gens qui sélec­tionnent les pro­jets sans mettre leur argent ! Et l’initiative est louable. D’autant plus que les prix en ques­tion n’aboutissent pas direc­te­ment à des financements.

Lors de l’Atelier, plu­sieurs sujets ont donné lieu à approfondissement :

  • La notion de gui­chet unique pour les star­tups. Deman­dée, mais qui mérite une expli­ca­tion séman­tique. En effet, c’est tout sauf d’un gui­cher dont les entre­pre­neurs on besoin. Il demandent sur­tout un point de contact unique qui les oriente dans les bonnes direc­tions pour démar­rer et se finan­cer. Nous avons alors dévié sur une notion de point d’accompagnement cer­ti­fié. Qui peut se trou­ver à plein d’endroits dif­fé­rents. Le docu­ment des pro­po­si­tions reflète cette discussion.
  • Finan­ce­ments pri­vés vs publics. Il ne faut pas en deman­der plus au public, mais sur­tout, créer les condi­tions d’un meilleur finan­ce­ment privé. Et mettre cela dans le bon ordre dans les pro­po­si­tions, ce qui est main­te­nant fait.
  • Les pôles de com­pé­ti­ti­vité peuvent don­ner des résul­tats pour rap­pro­cher cher­cheurs, grandes entre­prises et PME. Ils crééent une logique de réseau qui com­mence à bien tour­ner. L’étape sui­vante consiste à faire de même plus en amont, dans l’enseignement supé­rieur, pour notam­ment rap­pro­cher les filières scien­ti­fiques et tech­no­lo­giques des filières com­mer­ciales et marketing.
  • Et les doc­to­rants dans tout cela ? Le risque est de se foca­li­ser sur les grandes écoles et de les oublier. Oui, il faut pour­suivre les efforts de valo­ri­sa­tion des doc­to­rants. Dans l’absolu, et pour la créa­tion d’entreprise. Les logiques de mise en réseau sont valables pour eux également.

Et j’en oublie certainement !

Le rap­port de la FIEEC

La Fédé­ra­tion des Indus­tries Elec­triques, élec­tro­niques et de com­mu­ni­ca­tion a publié un rap­port au Secré­taire d’Etat chargé des entre­prises et du com­merce exté­rieur (Hervé Novelli) qui le lui avait été com­mandé : « Une stra­té­gie indus­trielle pour les mar­chés du futur ». Ce rap­port fait un grand nombre de pro­po­si­tions (sur 113 pages, je n’ai donc pas du tout battu le record…) concer­nant la stra­té­gie indus­trielle dans des sec­teurs aussi variés que l’électricité, la sécu­rité, les télé­com­mu­ni­ca­tions, la santé et le déve­lop­pe­ment durable.

Il pro­pose de faire évoluer les pôles de com­pé­ti­ti­vité vers des « pôles de mar­chés », plus proches du mar­ché et de la demande des consom­ma­teurs, une bonne approche (pages 86-87). Le rap­port milite égale­ment pour une pro­mo­tion des filières d’enseignement supé­rieur tech­no­lo­giques, en voie de désaf­fec­tion chez les étudiants. Il prône une meilleure liai­son entre recherche et com­mer­cia­li­sa­tion (mar­ke­ting, export) – pages 72-73, et égale­ment, une plus grande syner­gie entre grandes entre­prises et PME.

En gros, pas mal de pro­po­si­tions qui tombent sous le sens. On note cepen­dant tou­jours cette demande de “stra­té­gie indus­trielle”, sou­vent émise par les grandes socié­tés. Cela ne m’inspire pas trop confiance car ces stra­té­gies indus­trielles venant de l’Etat ne réus­sissent que trop rare­ment, et en par­ti­cu­lier dans les TICs où c’est plu­tôt même le contraire. C’est d’ailleurs la rai­son pour laquelle cette notion de “stra­té­gie indus­trielle” est peu pré­sente dans les 40 pro­po­si­tions. Tout au plus l’Etat doit-il faire atten­tion à l’impact de sa régu­la­tion dans l’activité des star­tups et entre­prises du sec­teur des TICs, et faire en sorte que cela ne limite pas leur inté­rêt ou leur poten­tiel à l’export.

Com­ment créer des pro­po­si­tions de manière participative ?

Je constate que c’est loin d’être évident, sur­tout autour du thème de l’entrepreneuriat, pour­tant cri­tique pour réa­li­ser les ambi­tions du plan numé­rique du gouvernement.

Quelques exemples:

  • Le Wiki des Assises du Numé­rique pré­sente les pistes du gou­ver­ne­ment et fait appel à des pro­po­si­tions d’Internautes. Il y en a une dou­zaine pour l’instant, dont le plan que j’ai coor­donné. Mais très peu de com­men­taires. Visi­ble­ment, les Inter­nautes ne sont pas prêts à inves­tir du temps pour faire des pro­po­si­tions direc­te­ment au gouvernement.
  • Les Assises du Logi­ciel de l’AFDEL sont une ten­ta­tive sec­to­rielle de fédé­ra­tion des idées. L’AFDEL a orga­nisé plu­sieurs tables rondes pen­dant le mois de juin, la der­nière étant clô­tu­rée lundi 30 juin par Eric Bes­son. Des pro­po­si­tions en sortent-elles de manière for­melle ? Peut-être mais elles ne sont pas publiques pen­dant leur mise au point. C’est bien dommage !
  • Il y a 18 pro­po­si­tions du Club de l’Economie Numé­rique pour amé­lio­rer l’informatisation des PME. Cela concerne donc le mar­ché inté­rieur, pas les star­tups. Ce Club ras­semble des four­nis­seurs de TICs. 64 membres dont 16 entre­prises étran­gères… et point de startups.
  • Le think tank Renais­sance Numé­rique a lancé l’initiative FranceNumerique.com, elle aussi très foca­li­sée sur l’équipement en TICs sur le mar­ché fran­çais. Et pas d’approche par­ti­ci­pa­tive en ligne.
  • Jean-Michel Planche - ci-devant PDG de WitBe et vidéo­blog­geur devant l’Eternel - a pas mal… plan­ché, et créé un cor­pus dense de pro­po­si­tions autour du haut débit. C’est du par­ti­ci­pa­tif comme ici, mais avec peu de commentaires.
  • Dans les ini­tia­tives spé­ci­fiques, on a vu émer­ger le sta­tut d’auto-entrepreneur, main­te­nant encou­ragé par le gou­ver­ne­ment. Cela fera notam­ment les choux gras de eBay.

Quand à la blog­go­sphère, il ne semble pas qu’elle s’excite par­ti­cu­liè­re­ment sur le plan Bes­son. Sauf à se mobi­li­ser contre la loi HADOPI et sa fameuse “riposte gra­duée” contre le pira­tage des conte­nus sur Internet.

Pour l’instant, l’état de l’art tech­no­lo­gique et social ne per­met pas encore de créer un plan gou­ver­ne­men­tal de manière par­ti­ci­pa­tive et à grande échelle. C’est ainsi, et c’est pour­quoi la démarche que j’ai pro­posé n’est pas plus par­faite que les autres. Au moins a-t-elle le mérite d’être entiè­re­ment ouverte puisque vous pou­vez en voir les évolutions.

Et main­te­nant ?

Il est donc encore temps pour vous de vous impliquer.

Faites un signe, approu­vez, désap­prou­vez, contribuez !

C’est pour la France avec un grand F… :)

Modi­fi­ca­tion du 30 juin 2008 : les 49 pro­po­si­tions ini­tiales sont main­te­nant conso­li­dées en 29 pro­po­si­tions, ce qui les rend plus digestibles


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Publié le 29 juin 2008 Post de Olivier Ezratty | Blogs, Economie, Enseignement supérieur, Entrepreneuriat, Innovation, Internet, Logiciels, Politique, Startups, Technologie | 7 commentaires

Les 7 commentaires sur “Finalisation des propositions pour les Assises du Numérique” :

  • Bon­jour Olivier

    J’ai par­couru ce remar­quable docu­ment qui a le mérite de trai­ter des pro­blèmes à la source et d’esquisser des pro­po­si­tions concrètes. Si déja Bes­son le lisait ce serait cer­tai­ne­ment utile, mais j’avoue mon scep­ti­cisme sur la pos­si­bi­lité de faire évoluer la culture et le contexte fran­çais dans une démarche fourre-tout telle que les Assises du numérique.

    Concer­nant les star­tups Inter­net, qui sont rares en France (la France a raté les deux grandes vagues de créa­tion écono­mique depuis 30 ans: la micro, puis l’Internet), vous avez cor­rec­te­ment iden­ti­fié la plu­part des pro­blèmes. Pour faire bref, je dirais quant à moi:

    1/ la fis­ca­lité des stocks-options les rend inuti­li­sables pour moti­ver les sala­riés qui prennent des risques dans une star­tup et tra­vaillent sans comp­ter. Il faut bais­ser cette fis­ca­lité (pour les star­tups), pour encou­ra­ger l’esprit d’entreprise, et per­mettre à cha­cun (et pas seule­ment aux fon­da­teurs) d’être jus­te­ment rétri­bué en cas de réussite.

    2/ L’ISF est certes la cause de l’exil de beau­coup d’entrepreneurs à suc­cès, mais aussi l’imposition exces­sive des plus-values en cas de ces­sion. Un nombre impor­tant d’entrepreneurs quittent la France lors d’une ces­sion, et leur entre­prise sui­vante sera créée ailleurs.

    3/ Il faut que l’Etat cesse d’arroser les copains et les coquins, cf pro­jet Quaero.

    4/ L’argent de l’Etat serait mieux investi dans l’encouragement du capital-risque, par­ti­cu­liè­re­ment fri­leux en France dans le domaine des star­tups Inter­net. Je ne sais pas où en est le finan­ce­ment du fonds public pour le capital-risque, mais il me semble que c’était un pas dans la bonne direction.

    5/ La flexi­bi­lité de l’emploi n’est pas suf­fi­sante en France pour per­mettre à une star­tup de dimi­nuer ses effec­tifs rapi­de­ment si les choses ne vont pas bien. Les lois sociales sont mal­heu­reu­se­ment faites pour les grandes entre­prises et les admi­nis­tra­tions, pas pour les petites entre­prises à risque.

    6/ La loi de confiance dans l’économie numé­rique (LCEN) protège-t-elle effi­ca­ce­ment les ser­vices Inter­net de dis­tri­bu­tion d’information contre les plaintes abu­sives? cf affaires récentes Oli­vier Martinez/Fuzz ou Oli­vier Dahan/Wikio. Nous ver­rons ce que don­ne­ront les juge­ments sur le fond, il est pos­sible de faire confiance aux juges pour espè­rer des déci­sions de bon sens, mais en cas de condam­na­tion de Fuzz et/ou Wikio , c’est l’existence même des sites de publi­ca­tion col­lec­tive et des moteurs de recherche qui serait mise en cause en France.

    7/ Comme vous l’avez noté, les héri­tiers des grandes familles fran­çaises, qui gèrent les groupes lea­ders dans l’industrie du luxe, ou de la dis­tri­bu­tion, n’ont pra­ti­que­ment aucun inté­rêt pour l’Internet, depuis qu’il n’est plus à la mode d’en par­ler dans les dîners en ville. Consé­quence: les star­tups fran­çaises à suc­cès sont sys­té­ma­ti­que­ment rache­tées par des amé­ri­cains. Cela aussi peut-il chan­ger ? j’en doute.

    Bon cou­rage pour la suite !

    Pierre Chap­paz
    Pdg Wikio

  • Bon­jour Olivier,

    Voici quelques retours, n’hésite-pas à les inté­grer si tu les juges utile.

    - Faci­li­ter la “rému­né­ra­tion” de fon­da­teurs de start-ups :
    Les fon­da­teurs ont géné­ra­le­ment besoin d’une rému­né­ra­tion fixe, suf­fi­sante pour cou­vrir leurs dépenses de base (1.5 ou 2 fois le SMIC)et leur per­mettre de se consa­crer plei­ne­ment à leur acti­vité. Avec les charges et impôts mul­ti­plié par le nombres de fon­da­teurs cela revient à des dépenses men­suelles impor­tantes pour la jeune pousse. Si l’on pou­vait exo­né­rer les rému­né­ra­tions (pla­fon­nées) pen­dant les 2-5 pre­mières années pour les fon­da­teurs de star­tups cela per­met­trait d’embaucher plus faci­le­ment par exemple (réaf­fec­ta­tion des “charges” sur des créa­tions d’emplois). Ega­le­ment sim­pli­fier les méca­nismes d’exonérations des béné­fices des star­tups les 2-5 pre­mières années (pla­fonné). De plus, pour les co-fondateurs d’une société, sou­vent égale­ment co-gérants, la rému­né­ra­tion doit être ins­crite dans les sta­tuts ce qui néces­site des ren­trées d’argents pré­vi­sibles et régu­lières pour pou­voir rému­né­rer tout le monde. Pré­voir par exemple des rému­né­ra­tions ponc­tuelles / excep­tion­nelles (pla­fon­nées) pour per­mettre lors de la ren­trée de pre­miers contrats impor­tants de sor­tir faci­le­ment un peu d’argent pour rému­né­rer toute le monde.

    - Connec­ter les “Men­tors” et les Star­tups
    Tous les incu­ba­teurs (publics, pri­vés, dans les écoles) pro­posent de men­to­rer les star­tups. Lorsqu’une star­tup recherche des inves­tis­se­ments auprès d’angels, ces der­niers peuvent égale­ment jouer le rôle de men­tors et leur don­ner accès à leur réseau. En dehors de cela (hors incu­ba­teur et en recherche de finan­ce­menent), les fon­da­teurs passent énor­mé­ment de temps à se consti­tuer un réseau pour pré­sen­ter leur pro­jet. Ce temps passé n’est pas alloué au déve­lop­pe­ment de leurs inno­va­tions, au packa­ging de leurs pro­duits, à la rédac­tion du busi­ness plan ou tout autre tâche impor­tante au démar­rage. Le temps d’accès à un réseau et les conseils pour le démar­rage de leur star­tup est cru­cial pour un déve­lop­pe­ment rapide et effi­cace. Cer­tains événé­ments net­wor­king existent à ini­tia­tive pri­vée. Le gou­ver­ne­ment pour­rait mettre en place un réseau de diri­geants d’entreprises et diri­geants d’autres star­tup ouvert pour favo­ri­ser les échanges et accé­lé­rer le déve­lop­pe­ment, l’accès aux strates déci­sion­naires et aux mar­chés coeurs.

    - Pro­po­ser des guides pour l’exportation et le déve­lop­pe­ment du busi­ness à l’étranger
    “Com­ment faire du busi­ness en Chine / avec la Chine - US - Canada - Japon, etc.” Cer­taines banques et orga­nismes étran­gers pro­posent des guides et packages d’informations pour faire des affaires avec les pays étran­gers. Le gou­ver­ne­ment dis­pose de ces infor­ma­tions et pour­rait les dif­fu­ser via les por­tails natio­naux ou régio­naux dont il dis­pose déjà. Mais au moins com­mu­ni­quer des­sus si c’est déjà réa­lisé. Even­tuel­le­met lis­ter les res­sources pro­po­sées par les banques à ce sujet (infor­ma­tions, guides, etc.). Pro­po­ser aux banques (et autres orga­nismes) de mettre à jour elles même ces infor­ma­tions. Cela fait de la publi­cité à tout le monde et les entre­pre­neurs dis­posent d’une mine d’informations très riches.

    Autre remarques:
    - Inci­ter les jeunes à tra­vailler dans les star­tup : Quid d’un “Lis­ting de star­tups” comme lis­ting d’offres de stages ? … => atten­tion au syn­drome sta­giaires pour rem­pla­cer des emplois fixes

    - France : culture du “good-enough” / Pro­blé­ma­tique des res­pon­sa­bi­li­tés => si j’achète Micro­soft qui est connu on ne me le repro­chera pas tan­dis que si j’achète Star­tupX pas connu on peut me le reprocher.

    - Yohan

  • [3] - Olivier Ezratty a écrit le 1 juillet 2008 :

    @ Pierre : merci pour les encou­ra­ge­ment. De tes 7 points, 6 sont déjà plus ou moins dans les pro­po­si­tions. Je n’ai effec­ti­ve­ment pas traité de la LCEN et de ses petits-frères car plein de gens d’en chargent actuellement.

    @ Yohan :

    Point 1 : Ca m’a l’air bien com­pli­qué ! Cela couvre la phase du démar­rage, qui ne semble pas être la plus pro­blé­ma­tique en France. C’est sur­tout après (le che­min qui va vers la « gazelle ») que le défi­cit est le plus fort. Et évidem­ment, aussi en amont, dans le pas­sage à l’acte vers l’entrepreneuriat.

    Point 2: J’aime bien l’idée, mais pas entre les mains d’une admi­nis­tra­tion ! Je tra­dui­rai ce que tu demandes en une mesure qui ne concerne pas direc­te­ment l’Etat : que les incu­ba­teurs et autres asso­cia­tions sub­ven­tionnent la par­ti­ci­pa­tion des jeunes entre­pre­neurs aux événe­ments « de réseau­tage » payants (et chers) comme LeWeb3. Donc, pas à inté­grer dans ce plan là qui est fait pour ‘l’Etat’.

    Point 3: J’ai inté­gré cette pro­po­si­tion dans la seconde de la rubrique sur l’international.

    Point 4: Bonne idée. Si tu fais un lis­ting, l’effet sta­giaire vien­dra des élèves plus que des entre­pre­neurs! C’est au cas où tu ferais une liste d’élèves can­di­dats que tu aurais l’effet que tu crains ! J’ai entendu par­ler d’une liste des JEI sur le site d’Oseo… mais ne l’ai pas trou­vée ! Au Royaume Uni, c’est une boite pri­vée qui vend cette liste ! (http://www.ventureone.com/). Je pré­fère être sur que cela n’existe pas déjà avant de le deman­der. Quelqu’un a une piste ?

    Point 5: C’est déjà évoqué dans pas mal d’endroits, autour de la faible culture du risque et de son impact sur le mar­ché intérieur.

    Merci pour tous ces feedbacks !

    Oli­vier

  • @Yoahan: Les guides pour l’exportation et le déve­lop­pe­ment du busi­ness à l’étranger doivent plus ou moins exis­ter et doivent etre edi­ter par les mis­sions eco­no­miques et les chambres de com­merce franco-etrangere.
    Signa­lons aussi que le sys­teme VIE (Volon­taire Inter­na­tio­nal en Entre­prise) est essen­tiel­le­ment fait pour que les entre­prises puissent envoyer faci­le­ment des res­sources humaines a l’etranger. Cela ne s’applique pas qu’aux jeune-pousses mais il y a des exemples de jeunes entre­prises et PME qui s’en servent pour demar­rer une acti­vite a l’etranger. En revanche les VIE sont bien sou­vent cani­ba­li­ser par les entre­prises du CAC40 pour leur filiale etrangere.

  • Je viens de déjeu­ner avec un client (un grand éditeur de logi­ciels fran­çais) qui m’a annoncé qu’il délo­ca­li­sait 20 emplois de déve­lop­peurs au Qué­bec pour pro­fi­ter du cré­dit d’impôt sur la pro­duc­tion de logi­ciels mul­ti­me­dia (http://www.investquebec.com/fr/index.aspx?page=1295).

    En gros, entre 26 et 37% des salaires sont rever­sés sous forme de cré­dit d’impôt, pour la réa­li­sa­tion d’un pro­jet mul­ti­me­dia (qui contient plu­sieurs media : son, image, video), dis­po­nible (aussi) en français.

    Ce cré­dit d’impôt est la prin­ci­pale rai­son de délo­ca­li­sa­tion de déve­lop­pe­ment. Il y a aussi la flexi­bi­lité du mar­ché du tra­vail qui est plus grande là-bas aussi.

    Cet éditeur délo­ca­lise aussi du déve­lop­pe­ment en Chine, mais les pro­blèmes de langue et de culture sont un gros problème.

    J’ai fait le lien avec ces assises du numé­rique dont j’ai sur­volé les direc­tions (qui me paraissent un peu floues d’ailleurs… sauf pour le logi­ciel libre qui fait un bon lob­bying). Enfin je n’ai sur­volé les pro­po­si­tions que de très haut… si ça se trouve, la pro­po­si­tion de sub­ven­tion de pro­jet y est déjà, mais peut-être pas de manière aussi concrète.

    Ubi Soft a égale­ment créé un gros stu­dio de déve­lop­pe­ment au Qué­bec, dont la prin­ci­pale rai­son d’être est ce cré­dit d’impôt je pense.

    Ce cré­dit d’impôt est réel­le­ment une mesure qui marche et qui crée des emplois au Québec !

    Et puis, tant que j’y suis : il nous fau­drait une “sili­con val­ley” fran­çaise. Une région où tout serait concen­tré. Y com­pris les aides.

    Voilà, peut-être que ces idées seront utiles si elles n’ont pas pas déjà été men­tion­nées.
    Pierre

  • [6] - Olivier Ezratty a écrit le 8 juillet 2008 :

    Je ne suis pas cer­tain qu’il faille ainsi faire la course au “dum­ping” par des réduc­tions en tout genre. D’autant plus que la France est déjà un pays où il y a un tas d’incitations fis­cales à la R&D, bien plus que dans plein d’endroits dans le monde, et notam­ment aux USA.

    Il faut pro­ba­ble­ment d’abord rele­ver les bar­rières avant d’inventer des aides (com­plexité du busi­ness, règle­men­ta­tions, sou­plesse du mar­ché du tra­vail). Ce n’est mal­heu­reu­se­ment pas la stra­té­gie domi­nante en France.

    Pour la SV fran­çaise, 100% d’accord, même si nom­breux sont les experts qui pensent que per­sonne ne pourra en Europe recréer des condi­tions de suc­cès de la Sili­con Val­ley. Oui à la concen­tra­tion phy­sique (autour de la val­lée de Che­vreuse et de Saclay). C’est dans les pro­po­si­tions que j’ai faites et dont je parle depuis longtemps.

  • Est-ce que la baisse du coût du tra­vail est du dum­ping ? ;)

    La créa­tion de logi­ciel est extrê­me­ment facile à délo­ca­li­ser avec internet !

    Les USA (ou d’autres pays) n’ont peut-être pas d’incitations fis­cales à la R&D, mais ils n’ont pas non plus 50% de charges sociales sur un salaire, et je ne suis pas sûr du mon­tant de l’IS là-bas, mais il ne doit pas être supé­rieur au taux français ?

    Alors enle­ver les bar­rières, oui, dans la mesure où l’on consi­dère bien le coût d’un sala­rié en France comme une bar­rière. La sou­plesse du mar­ché du tra­vail en est une autre effec­ti­ve­ment, presque aussi impor­tante, IMHO.




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