TV numérique paradoxale

Publié le 5 mai 2007 - 10 commentaires -
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La France est une terre de para­doxe dans la télé­vi­sion numérique.

D’un côté, nous avons une avance cer­taine dans la TV numé­rique via l’ADSL “triple play” avec le taux d’équipement le plus élevé et le plus grand mar­ché en taille abso­lue d’Europe. La France compte ainsi trois des cinq plus grands opé­ra­teurs en Europe avec Orange, Free et Neuf Telecom.

Mais nous sem­blons en retard dans un domaine clé pour le futur: le mar­ché et les usages des enre­gis­treurs numé­riques de télé­vi­sion. Ils sont quelque peu en panne en France et en Europe, alors que le poten­tiel est énorme.

Vous sou­hai­tez rece­voir la TV numé­rique (HD ou pas) et l’enregistrer en numé­rique pour la regar­der quand vous le sou­hai­tez, le tout aussi bien pour les pro­grammes gra­tuits que l’on reçoit sur la TNT, mais aussi pour les pro­grammes payants, notam­ment ceux qui pro­viennent des bou­quets câbles/satellite tels que ceux de Canal+? Et bien, en France, c’est plus proche du rêve que de la réa­lité. Alors que c’est établi chez nos voi­sins anglais et aux USA et depuis pas mal de temps. Pour­quoi donc?

Chez Canal+

Canal+ avait pour­tant bien innové en lan­çant son ter­mi­nal enre­gis­treur Pilo­time en 2003 (image ci-dessous). Quatre ans plus tard, les 100000 ter­mi­naux fabri­qués par Thom­son ont été écou­lés. Non sans mal, car cela repré­sente un bien faible nombre au regard des plus de cinq mil­lions d’abonnés à Canal+ et trois mil­lions d’abonnés à Canal­Sa­tel­lite (bou­quet dif­fusé par satel­lite, câble et via l’ADSL chez les prin­ci­paux four­nis­seurs d’accès). Le Pilo­time n’avait pas été aidé par son ergo­no­mie et sa fia­bi­lité approxi­ma­tives, mais bon, il fonctionne!

Le stock de Pilo­time étant écoulé, il n’est plus vrai­ment pro­posé même s’il appa­rait tou­jours pour la forme sur le site de Canal+. Aujourd’hui,  Canal+ n’a plus d’offre d’enregistreur numé­rique. Le “top” chez Canal, c’est le déco­deur Media­sat Max (image ci-dessous) qui per­met de reçe­voir la HD, mais qui n’enregistre pas. Sa prise USB n’est pas encore uti­li­sable pour connec­ter un enre­gis­treur externe. J’enrage de consta­ter cette démarche à contre-courant de ce qui se fait aux USA, démarche qui chez Canal+ s’aliène les 100000 uti­li­sa­teurs de Pilo­time qui ne peuvent pas­ser à la HD qu’au prix de l’abandon de l’essentielle fonc­tion d’enregistrement numé­rique. Chez Canal+, le client est donc condamné à enre­gis­trer ses pro­grammes avec un PVR (enre­gis­treur) externe ou avec un PC Media Cen­ter, mais via une connexion ana­lo­gique son/image qui dégrade for­te­ment la qua­lité de l’enregistrement et un report de télé­com­mande et des guides de pro­grammes pas tou­jours bien ali­men­tés. Et bien sûr, sans HD.

Ce déco­deur Media­sat Max sera peut-être exten­sible mais aucune infor­ma­tion n’a fil­tré et il semble que Canal ne soit pas bien avancé sur le sujet. D’un autre côté, Canal+ devrait sup­por­ter les PC à base de Win­dows Media Cen­ter dans une future mou­ture de Win­dows Vista. Des accords ont été signés avec Micro­soft et Nagra­vi­sion en 2005 mais leur concré­ti­sa­tion ne devrait pas voir le jour avant 2008. De plus, les PC Media Cen­ter, même s’ils ont ma faveur per­son­nelle, ne sont pas encore assez grand public pour se sub­sti­tuer aux Pilotime.

TPS pro­po­sait aussi un ter­mi­nal enre­gis­treur, le Pla­ti­nium, mais per­sonne n’en parle plus depuis le rachat de TPS par Canal+. Et son suc­cès n’a pas du être extra­or­di­naire, notam­ment du fait d’une offre de pro­grammes de TPS quelque peu en retrait par rap­port à celle de CanalSat.

Bref, Canal+ qui est main­te­nant le point de pas­sage obligé pour les conte­nus “pre­mium” (cinéma, sport, docu­men­taires, etc) ne pro­pose pas vrai­ment de solu­tion pour l’enregistrement numé­rique de ses programmes.

Chez les opé­ra­teurs ADSL

Les opé­ra­teurs ADSL sont plus avant gar­distes, mais ils ne sont pas tou­jours plus avan­cés car leurs solu­tions sont soit confi­den­tielles, soient peu inté­grées soit pas assez grand public :

  • Orange pro­pose sa Live­Box avec abon­ne­ments Canal+, mais sans PVR. Mince, c’est le lea­der du marché!
  • Free, le numéro 2, a prévu pas mal de scé­na­rios avec sa Free­Box 5, mais ce n’est pas encore un PVR digne de ce nom à la fois du fait de son inter­face uti­li­sa­teur assez fru­gale et de la faible capa­cité de son disque dur interne, pas encore offi­ciel­le­ment exten­sible. Les pro­blèmes de qua­lité de récep­tion de la TV ADSL dès que l’on est à plus de 2 Km de son cen­tral télé­pho­nique s’ajoutent pour rendre cette solu­tion ban­cale. Pour l’instant. En tout cas, Free est clai­re­ment un acteur inno­vant qui bous­cule les posi­tions établies et ils se pré­parent très bien aux évolu­tions à venir.
  • Chez Neuf­Te­le­com, on peut uti­li­ser un PC comme enre­gis­treur, connecté à sa set-top-box. C’est rendu pos­sible par les logi­ciels de la star­tup fran­çaise Sesam TV. Mais c’est encore assez com­plexe à mettre en oeuvre. Et les pro­blèmes de qua­lité de ser­vice sont les mêmes.
  • Enfin, Club Inter­net pro­pose un boi­tier équipé du logi­ciel MSTV de Micro­soft, avec une belle inter­face et la fonc­tion d’enregistrement. C’est ce qui se fait de mieux aujourd’hui en France. Mais la pro­gram­ma­tion est limi­tée: j’ai l’impression qu’on ne peut pas s’abonner au bou­quet de Canal­Sat. Donc exit les films en pre­mière exclu­si­vité TV. Et Club Inter­net est fra­gile et dis­pose d’une faible part de mar­ché. Son mar­ke­ting et son site web sont assez médiocres.

Il faut au pas­sage rela­ti­vi­ser le rôle de l’IPTV. Ce type de ser­vice pré­sente le plus fort taux de crois­sance, mais il res­tera encore de nom­breuses années plus faible en pro­por­tion que le câble et le satel­lite: 10% en 2009 (voir ci-dessous une pro­jec­tion 2009 des moyens de récep­tion de la télé­vi­sion payante en Europe, source: Screen­di­gest). Il faut aussi tenir compte de ce qu’un abon­ne­ment en triple play n’implique pas l’usage régu­lier de la télé­vi­sion via l’ADSL. En par­ti­cu­lier pour les deux rai­sons déjà évoquées: le choix des pro­grammes et la qua­lité de ser­vice et la coha­bi­ta­tion dans le foyer de plu­sieurs sources.

Donc, pour le mar­ché dans son ensemble, les uti­li­sa­teurs ont besoin d’une fonc­tion d’enregistrement de la télé­vi­sion adap­tée aux conte­nus payants du câble et du satel­lite. Et ce pour encore quelques bonnes années.

Enre­gis­tre­ment de la TNT

La TNT est une excep­tion. Les solu­tions pour l’enregistrer en pré­ser­vant la qua­lité numé­rique de bout en bout com­mencent à fleurir:

  • Des enre­gis­treurs à disque dur/lecteurs/graveurs de DVD et inté­grant un tuner TNT que l’on trouve chez tous les construc­teurs de consu­mer elec­tro­nics, comme Phi­lips (ci-dessous). C’est la solu­tion la plus simple qui semble se géné­ra­li­ser. Elle est adap­tée à la TNT, mais pas à l’enregistrement de conte­nus numé­riques pro­ve­nant de set-top-boxes câble/satellite externes.

  • Des télé­vi­sions à écran plat qui intègrent cette fonc­tion­na­lité, qui com­mencent à appa­raitre, comme chez Hita­chi. Ce n’est pas une inté­gra­tion idéale dans la mesure où les tech­no­lo­gies inté­grées évoluent plus vite que l’écran lui-même.
  • Des déco­deurs TNT équi­pés de disque dur comme chez Sagem (le PVR 6280T doté d’un disque de 80 Go ci-dessous) ou chez Net­gem (la Net­box HD TV) qui sup­porte en plus la TNT en HD.

  • Enfin, des PC Media Cen­ter équi­pés de cartes DVB-T (TNT), qu’ils soient sous Win­dows ou sous Linux.

Ces offres sont pous­sées par un usage en crois­sance de la TNT en France. L’offre de pro­grammes plus dense qu’avec la récep­tion hert­zienne et la qua­lité de l’image et du son en font des solu­tions inté­res­santes et à moindre coût, en tout cas pour la par­tie de la TNT qui est gratuite. 

Les pays où l’offre existe

La France est en retrait sur ce mar­ché car d’autres mar­chés de taille sont bien en avance et comme par hasard, ce sont les mar­chés anglophones:

  • Aux USA: l’offre est abon­dante avec DirectTV, Dis­hTV et plein d’autres four­nis­seurs de conte­nus numé­riques qui pro­posent un décodeur/enregistreur et avec le sup­port de la HD. Ce mar­ché a été poussé par l’arrivé de TiVo en 1999. Avec l’abonnement satel­lite DirectTV, on peut même enre­gis­trer à par­tir d’un PC Media Cen­ter, du fait du sup­port du sys­tème de contrôle d’accès Cable­Card par Win­dows Vista. On voit aussi appa­raitre des TV LCD inté­grant un enre­gis­treur et un tuner satellite/câble, avec le contrôle d’accès Cable­Card. Ce mar­ché s’ouvre donc et les offres se diver­si­fient rapi­de­ment. Le taux d’équipement aux USA de déco­deurs de télé­vi­sion numé­rique à enre­gis­treurs est supé­rieur à 7% des foyers. En France, il est infé­rieur à 1%!
  • Au Royaume Uni, Skyb qui est le lea­der de la TV payante (et appar­tient au groupe News Corp de Rup­pert Mur­doch) pro­pose sa Sky HD Box qui comme son nom l’indique reçoit les conte­nus numé­riques en HD (par satel­lite) et les enre­gistre, sur un disque dur de 160 Go. Rien de tel n’existe en France, ce qui est d’autant plus curieux que la tech­no­lo­gie logi­cielle uti­li­sée par ces boi­tiers est d’origine NDS, une autre filiale de News Corp, qui est aussi le four­nis­seur de Canal+.
  • Au Japon et en Corée des offres locales existent égale­ment. Mais à vrai dire, je n’en connais pas le détail.

Vous pou­vez si vous ne l’avez pas déjà fait consul­ter mon rap­port de visite du CES de Las Vegas de jan­vier der­nier pour avoir un aperçu de toutes ces offres.

Pour­quoi ce retard?

On peut tou­jours expli­quer ce genre de retard, mais cela ne l’excuse pas pour autant:

  • Pre­mier point : l’enregistrement de la télé­vi­sion per­met de zap­per la publi­cité. Donc, les chaînes qui vivent de la publi­cité ne voient pas cela d’un bon oeil. Mais le para­doxe, c’est que la fonc­tion d’enregistrement numé­rique est lar­ge­ment dis­po­nible pour la récep­tion en TNT, dont les chaîne vivent plu­tôt de la publi­cité, et elle ne l’est pas vrai­ment pour la TV payante, sur­tout celle des bou­quets de Canal+, qui dépendent moins de la publi­cité. Sachant qu’en plus, l’enregistrement peut être un moyen de vendre plus de chaînes.
  • Les craintes sur les droits d’auteur car qui dit enre­gis­tre­ment dit poten­tiel­le­ment copie et pira­tage. Mais ceci est évité jus­te­ment lorsque des solu­tions inté­grées dans une set-top-box sont pro­po­sées, comme avec le Pilotime.
  • Les ter­mi­naux coutent cher. Ils sont com­mer­cia­li­sés avec une rede­vance men­suelle (15€/mois pour Pilo­time) ou ven­dus, mais sont assez chers, même aux USA. Sans comp­ter le sup­port tech­nique qui est plus coû­teux, même s’il peut être fac­turé par des appels télé­pho­niques payants. A pre­mière vue, la fonc­tion d’enregistrement aug­mente donc les coûts mais pas l’ARPU (ave­rage reve­nue per user). Mais pour­tant, sur­tout avec un canal retour pas­sant par Inter­net, l’enregistrement est un moyen de savoir ce que le télé­spec­ta­teur regarde et à terme de per­son­na­li­ser la publi­cité et les ser­vices qui lui sont proposés.
  • Les clients ne res­sentent pas le besoin de ce genre d’outil. Argument fal­la­cieux au vu de la récep­ti­vité de ceux des uti­li­sa­teurs à qui l’ont montre la valeur d’usage de ces outils. Disons que c’est le mar­ke­ting de ces offres qui est médiocre et peu sou­tenu dans la durée. C’est peut-être égale­ment influencé par le rôle crois­sant du sport dans les ventes d’abonnement de TV payante. Et les retrans­mis­sions spor­tives se regardent plu­tôt en direct.
  • Le lan­ce­ment de la TNT qui a beau­coup occupé les esprits, les pou­voirs publics et les construc­teurs. TNT qui elle s’enregistre en numé­rique sans pro­blèmes et peut à terme prendre des parts de mar­ché de la TV à conte­nus “premium”.
  • La crois­sance de l’Inter­net comme cap­teur de l’attention des télé­spec­ta­teurs, sur­tout parmi les jeunes. Google/YouTube et autres Dai­ly­Mo­tion et Joost gagnent du ter­rain. Ils touchent un autre besoin: la consul­ta­tion de conte­nus vidéos sou­vent courts et de qua­lité de dif­fu­sion moyenne. Ils s’adaptent à uni­vers de consom­ma­tion déstruc­tu­rée de conte­nus, avec une forte per­son­na­li­sa­tion de la consom­ma­tion. Ils intègrent les nou­veaux modèles de finan­ce­ment par la publi­cité, qui devient de plus en plus contex­tuelle et per­son­na­li­sée. Et plus la bande pas­sante IP aug­men­tera, plus ce moyen de dif­fu­sion sera pris au sérieux.

Ce que l’industrie des conte­nus craint par des­sus tout, c’est d’être simul­ta­né­ment “Naps­te­ri­sée” et “Micro­sof­ti­sée”. Le pre­mier est déjà bien enclen­ché avec le peer to peer qui est main­te­nant bien exploité pour les conte­nus vidéo. Le second relève de l’horizontalisation du mar­ché comme celui du PC, où l’on peut choi­sir ses com­po­sants indé­pen­dam­ment les uns des autres mais où quelques com­po­sants géné­riques clés sont mai­tri­sés par des acteurs domi­nants tels que Micro­soft ou Intel. Au détri­ment des autres dans la chaine de valeur. D’où un tra­vail actif sur les stan­dards, à l’échelle de blocs écono­miques (en Europe avec notam­ment le DVB pour la dif­fu­sion numé­rique, le MHP pour le midd­le­ware, et le MPEG7 pour les guides de pro­grammes). Mais des stan­dards qui n’horizontalisent pas l’industrie pour autant et pro­tègent donc les posi­tions des grands acteurs.

J’ajouterai un point clé: la manière dont l’innovation est gérée chez les grands acteurs en France, Canal+ en pre­mier. Est-ce que leur inno­va­tion est vrai­ment orien­tée client? Est-ce qu’ils prennent des risques? Est-ce qu’ils anti­cipent les grandes rup­tures tech­no­lo­giques et d’usage? Free prend beau­coup plus de risques qu’un Canal+. Notam­ment avec leur pro­gramme d’équipement en fibre optique qui pour­rait leur per­mettre de tailler des crou­pières aux groupes médias comme Canal+. Car avec la fibre, ils feront sau­ter l’un des ver­rous blo­quant la géné­ra­li­sa­tion de la TV sous IP. Le futur, c’est clai­re­ment la TV sous IP, mais le che­min qui y mènera est long de plu­sieurs années, sachant qu’il y aura même plu­sieurs che­mins (récep­teurs hybrides, Inter­net en canal des­cen­dant pour les guides de pro­grammes, en mon­tant pour cer­tains ser­vices, etc).

Je crains fort que beau­coup d’acteurs soient un peu pau­més dans ce mar­ché en pleine ébullition.

L’impact de la régulation

J’avais déjà noté que le mar­ché fran­çais - et Euro­péen en géné­ral - est très fermé, notam­ment parce qu’il est très inté­gré ver­ti­ca­le­ment (conte­nus, pro­grammes, dif­fu­sion, boi­tiers). Cette fer­me­ture et l’inertie des grands groupes a une consé­quence: elle limite le poten­tiel de déve­lop­pe­ment de star­tups inno­vantes dans le sec­teur. Je l’avais évoqué dans ce post sur la bulle des set-top-boxes.  Ce n’est pas éton­nant dans ces condi­tions que l’industrie du “consu­mer elec­tro­nics” fran­çaise soit qua­si­ment inexistante.

L’environnement régu­la­toire pour­rait influen­cer la crois­sance et la diver­sité des mar­chés. Si les pou­voirs publics sou­hai­taient aug­men­ter les oppor­tu­ni­tés de créa­tion de valeur dans le domaine de la télé­vi­sion numé­rique, ils pour­raient modi­fier la régu­la­tion pour ouvrir le jeu et non pas le fer­mer. Mais cela irait peut-être à l’encontre des inté­rêts à court terme des grands opérateurs.

La loi du 5 mars 2007 rela­tive à la moder­ni­sa­tion de la dif­fu­sion audio­vi­suelle et à la télé­vi­sion du futur est ainsi déce­vante de ce point de vue là. Elle couvre la répar­ti­tion des canaux de la TNT, la fin de la télé­vi­sion hert­zienne ana­lo­gique, les moda­li­tés de la télé­vi­sion sur mobile, et chose curieuse, l’industrie des jeux vidéos (!). Mais elle ne traite pas de l’ensemble du champ de l’innovation dans la télé­vi­sion numé­rique et sa vision du futur est cal­quée sur le pré­sent. Les lois anti­cipent rare­ment les grandes évolu­tions tech­no­lo­giques, elles ont plu­tôt ten­dance à s’y adap­ter au fil de l’eau. 

L’enjeu dans ce monde d’innovations en ébul­li­tion, c’est pour­tant de prendre la mesure des chan­ge­ments néces­saire et de bous­cu­ler un peu ces habi­tudes confor­tables. C’est un enjeu à la fois pour les usages dans le pays, et pour offrir des oppor­tu­ni­tés aux acteurs locaux, notam­ment les star­tups. Dans le monde du numé­rique, l’innovation ne relève pas seule­ment de dis­po­si­tifs type “Small Busi­ness Act” (qui couvre sur­tout le “busi­ness to busi­ness”) mais égale­ment de la manière dont le mar­ché s’ouvre pour lais­ser la place aux innovateurs.

Là aussi, il y a quelques rup­tures à provoquer…


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Publié le 5 mai 2007 Post de Olivier Ezratty | France, Internet, Logiciels, Microsoft, Médias | 10 commentaires

Les 10 commentaires sur “TV numérique paradoxale” :

  • [1] - rthomas a écrit le 5 mai 2007 :

    Bien d’accord.
    Je veux équi­per ma mère avec un enre­gis­treur numé­rique. Elle n’a pas Inter­net.
    - je ne suis pas cer­tain d’avoir la TV avec Free et impos­sible d’avoir la cer­ti­tude avant d’essayer. Le dégrou­page total fait “peur” au niveau fia­bi­lité (pour écono­mi­ser l’abonnement FT).
    - les enre­gis­treurs numé­rique TNT gérent très mal l’EPG, je crois qu’il faut cap­ter Canal+ en ana­lo­gique pour avoir Gui­de­Plus+, bref c’est dif­fi­cile d’avoir l’info. Un PVR sans EPG cela gache le plai­sir quand même.

    Pour le moment j’attend que Free passe en MPG4.
    Je cherche aussi un moyen d’avoir un EGP par inter­net sans abon­ne­ment, car au final ma mére n’utilisera que cela.

    Rémi
    Uti­li­sa­teur com­blé d’un Win­dows Media Cen­ter en TNT avec deux tuner.

  • [2] - lionel a écrit le 5 mai 2007 :

    petite pré­ci­sion concer­nant free :

    l’ajout d’un disque dur via l’un des deux ports usb est pos­sible depuis une mise à jour du firm­ware depuis envi­ron 6 mois.

  • [3] - Olivier Ezratty a écrit le 5 mai 2007 :

    Lio­nel, est-ce que le disque ajouté est bien géré pour la fonc­tion PVR de la Free­box 5?

    Rémi, oui l’EPG est un aspect fon­da­men­tal du PVR. Sa gra­tuité et sa qua­lité res­pec­table dans le cas d’un Media Cen­ter est appré­ciable! Tu mets bien l’accent sur le besoin de pro­po­ser des solu­tions d’enregistrement grand public qui fonc­tionnent bien.

  • Excel­lente ana­lyse, Olivier !

    J’ajouterai quelques détails.

    La Digi­tal­Box de Noos qui fut l’un des pre­miers PVR sur le mar­ché sera bien­tôt com­mer­cia­li­sée dans une ver­sion HD, avec voie de retour pour la VOD, aux abon­nés du câble. J’ai uti­lisé cette box de 1ère géné­ra­tion quelques mois. Son inter­face homme-machine qui com­mence à dater était très intui­tive, contrai­re­ment à celle de la Free­Box 5 HD que j’ai à présent.

    Sur les mar­chés US et UK, les opé­ra­teurs de bou­quets satel­lite et câble ont for­te­ment promu les PVR, à l’achat comme à la loca­tion. Ils ont com­pris que c’était un inves­tis­se­ment à fort ROI, car l’utilisation de ce type de boî­tier a pour effet de faire bais­ser le churn (maxi­mi­sa­tion de l’expérience uti­li­sa­teur et de la satis­fac­tion client), voire d’accroître l’ARPU.

    Concer­nant les rup­tures à pro­vo­quer, entiè­re­ment d’accord avec toi. Il faut ouvrir le monde de la Pay-TV, le sor­tir de l’environnement pro­prié­taire du Midd­le­ware dans lequel il s’est enfermé. Cela tue la créa­ti­vité et l’écosystème. Ce qui explique au final pour­quoi dans un pays inno­vant comme la France et en pointe sur l’IPTV, on conti­nue de faire de “la télé à papa”. Quel gâchis pour l’économie et les consommateurs !

    A lire, l’excellent article d’André Tonic sur le sen­ti­ment d’inachevé de la TV par ADSL (repris depuis dans le maga­zine TéléSatellite) :

    http://www.tech.youvox.fr/La-television-par-ADSL-un,0385

  • [5] - Olivier Ezratty a écrit le 7 mai 2007 :

    Salut Laurent,

    Très bien cet article d’André Tonic!

    Effec­ti­ve­ment, il y a une oppor­tu­nité à sai­sir et pour une fois, une petite inter­ven­tion de l’Etat pour favo­ri­ser une plus grande concur­rence serait la bienvenue.

  • [6] - Alphonse a écrit le 13 mai 2007 :

    Idem pour Neuf.
    J’ai connecté sur le port de la Neuf­Box, un disque externe USB2.0 (un modèle cou­rant du com­merce). Depuis j’ai sans Pb la fonc­tio­na­litè de magne­to­scope numé­rique avec un EPG de bonne qua­lité.
    1 heure d’enregistrement = 1,5 Go

    A noter: for­ma­tage spé­ci­fique du disque empé­chant de relire les fichiers sur un autre support.

  • [7] - Olivier Ezratty a écrit le 14 mai 2007 :

    Bon, et bien il y a encore de l’espoir! Encore une fois, ce sont les chal­len­gers qui font mieux!

  • La Nation est-elle soluble dans le Web ?…

    Alors que l’on a assisté au retour en grâce de la Nation, célé­bré - à droite comme à gauche - le dra­peau, voire l’identité, et entendu des dis­cours très patrio­tiques, il est fla­grant de consta­ter que la grande, vieille et belle Nation a…

  • [9] - robob a écrit le 24 mai 2007 :

    la Free­box HD est de plus équi­pée d’un tuner TNT HD, enfin il me semble ?

    Si c’est bien le cas, voici une des rares solu­tions qui per­met sim­ple­ment d’attendre l’avenement (défi­ni­tif) de la TNT HD (gra­tuite) et de pou­voir l’enregistrer.

  • [10] - Olivier Ezratty a écrit le 24 mai 2007 :

    Oui, et depuis peu, on peut enre­gis­trer ses pro­grammes TV HD sur un disque externe via liai­son USB2. Et ils sont en plus acces­sibles en FTP à par­tir du PC ou d’un Mac. Cela en fait pro­ba­ble­ment la set-top-box la plus ouverte et inter­opé­rable du mar­ché. Au grand damn des ayants droits de conte­nus vidéos puisque cette fonc­tion d’enregistrement n’est pas pos­sible pour les pro­grammes de Canal+ et des bou­quels de Canal… grr! Et je n’ai pas l’impression que le guide de pro­grammes soit vrai­ment digne de ce nom dans la Free­box HD.




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