TechDays Backstage

Publié le 10 février 2007 et mis à jour le 12 février 2007 - 2 commentaires -
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Ce second post sur les Tech­Days va cou­vrir un aspect sou­vent laissé dans l’ombre dans ce genre d’événement: la tech­nique uti­li­sée pour la ses­sion plé­nière. Pour la ses­sion plé­nière de mer­credi matin, j’ai fait un petit repor­tage photo et une enquête rapide pour iden­ti­fier le maté­riel audio et vidéo uti­lisé par l’organisation. Cette der­nière était assu­rée par Le Public Sys­tem, à qui Micro­soft France fait fré­quem­ment appel, mais sans exclu­sive. Mon enquête n’est pas encore digne de celles que l’on retrouve dans l’excellente revue “Sono­vi­sion” mais c’est un début.

Le point de départ consis­tait à com­prendre com­ment était géné­rée cette gigan­tesque pro­jec­tion au for­mat ciné­ma­scope sur l’écran de la scène du grand amphi­théâtre du Palais des Congrès de Paris et com­ment les images vidéo et PC y étaient incrus­tées (ci-dessous).

Nous allons remon­ter l’ordre logique de la pro­jec­tion en par­tant de l’écran. C’est une grande toile blanche dérou­lée de près de 20 mètres de large, et à demeure au Palais des Gon­grès. Pro­ba­ble­ment l’une des plus grandes de ce genre à Paris.

L’image était créée par deux pro­jec­teurs Chris­tie Road­ster S+16K d’une réso­lu­tion SXGA+ (1400x1050) et exploi­tant un Tri-DLP d’origine Texas. La lumi­no­sité de ce modèle atteint 16000 Lumens ANSI géné­rés par une lampe au xénon de 2,4 KW (le modèle S+20K atteint 20000 lumens avec une lampe de 3 KW). C’est une grosse bêbête de 64 Kg!

Les pro­jec­teurs étaient connec­tés en RGB et en DVI à la régie vidéo. Ces pro­jec­teurs étaient jux­ta­po­sés à un pro­jec­teur de backup, plus volu­mi­neux, dont je n’ai pas pris les réfé­rences. C’est sou­vent le cas dans les grandes opé­ra­tions. Il faut pré­voir le cas d’une panne, notam­ment de la lampe du projecteur.

Les deux images pro­je­tées ne sont pas join­tives mais légè­re­ment super­po­sées. C’est là qu’intervient le sys­tème Barco Encore qui génère deux images SXGA+ à par­tir d’une grande image au for­mat voi­sin du ciné­ma­scope. Ce sys­tème s’appuie sur une table de mixage vidéo (au milieu de la photo ci-dessous), sur quatre écrans de contrôle, et sur un PC et un logi­ciel de confi­gu­ra­tion. Cette régie était située der­rière l’écran dans l’arrière scène du Palais des Congrès.

 

En gros, Encore sert à posi­tion­ner les dif­fé­rentes sources vidéo sur l’image au grand for­mat, à mémo­ri­ser des confi­gu­ra­tions (cor­res­pon­dant aux bou­tons sur l’écran ci-dessous), et ensuite à sépa­rer la grande image en deux images avec un fondu entre les deux. Les deux images sépa­rées sont envoyées aux deux pro­jec­teurs Christie.

A gauche du sys­tème Encore se trou­vait un PC avec le logi­ciel Wat­chout de la société sué­doise Data­ton, qui ser­vait à géné­rer l’image de fond d’écran injec­tée dans le sys­tème Encore. C’est un outil de com­po­si­ting d’image qui per­met d’assembler des images fixes et ani­mées avec des mou­ve­ments pré­pro­gram­més. Il gère égale­ment un sto­ry­board avec les dif­fé­rents fonds d’écrans qui se suc­cèdent pen­dant les présentations.

Curieu­se­ment, Wat­chout per­met le décou­page d’image pour un affi­chage multi-projecteurs. Mais c’était le sys­tème Encore de Barco qui jouait ce rôle dans cette ins­tal­la­tion, et pour une rai­son que j’ignore.

A droite de la régie avec le sys­tème Encore se trou­vaient deux lap­top ser­vant à dérou­ler les trans­pa­rents de la pré­sen­ta­tion Power­point. L’un ser­vant de backup. Avec évidem­ment des moni­teurs de contrôle et au pas­sage un moni­teur affi­chant une image de l’ensemble de la scène pour contrôle en régie finale.

Juste der­rière la régie Encore/Watchout/PC se situait la régie vidéo. Elle était reliée aux quatre camé­ras “Broad­cast” Sony, trois fixes sur pieds dans la salle, et une sur épaule pour les “close-up” sur la scène.

Cette régie vidéo était décou­pée en quatre parties:

  • A gauche dans la photo, le mixage vidéo pour le choix des camé­ras et les fon­dus enchainés
  • Juste à côté, un gars gérait la com­mu­ni­ca­tion audio avec les camé­ra­men pour les posi­tion­ner en fonc­tion du storyboard.
  • A leur droite se situaient les magné­to­scopes pour enre­gis­trer les flux vidéos. Mais je n’ai pas vu si le mon­tage pour la ver­sion web­cast était fait en direct ou si il allait exploi­ter ces bandes pour un mon­tage en différré.
  • Et juste der­rière, encore un gars qui gérait la récep­tion des images pro­ve­nant des camé­ras et des PC des démons­tra­tions. Il s’appuyait notam­ment sur un Data­vi­deo Swit­cher SE-500 et d’une Corio Console CC-300 de TVone. A un moment, ils mixaient de la vidéo à cet endroit (la connexion dans le SE-500 est ana­lo­gique) et à d’autres, des écrans de PC (gérés pour­tant visi­ble­ment en numé­rique jusqu’à l’affichage). Il est donc pro­bable que ce gars là pré­pa­rait le web­cast et n’était pas relié à la régie vidéo juste devant lui. Ce web­cast était enre­gis­tré en DV pour être donc converti ensuite en strea­ming vidéo. C’est pro­ba­ble­ment une méthode sous-optimale car une conver­sion en for­mat vidéo strea­mable en temps réel aurait cer­tai­ne­ment fait gagner du temps. Par contre, je ne sais pas trop à quoi ser­vait cette CC-300 qui est cen­sée pilo­ter des pro­ces­seurs vidéos comme des scalers?

Mais la vidéo ne s’arrêtait pas là. Il y avait sur la scène une régie “DJ et VJ”. Le DJ était un… DJ clas­sique, mixant des sources ana­lo­giques (disques 33 tours micro­sillons) ou numé­riques (CD audio). Côté maté­riel, il y avait donc deux très clas­siques pla­tines disques Tech­nics SL-1210MK2, deux lec­teurs de CD Pio­neer CDJ-1000MK3, et une table de mixage Pio­neer DJM800. 

A côté se trou­vaient donc le “Video Jockey” avec plu­sieurs magné­to­scopes numé­riques, un lap­top Macin­tosh avec un logi­ciel de géné­ra­tion d’images de syn­thèse  Modul8 ver­sion 2.5 de Gara­ge­Cube, deux tables de mixage vidéo à effets spé­ciaux Pana­so­nic AG-MX70 et une table de mixage vidéo Vixid VJX16-4. Pour­quoi trois tables de mixage vidéo? Mys­tère. Peut-être parce que le VJ géné­rait trois images dis­tinctes assem­blées ensuite par le sys­tème Encore.

A tout ce bazar, il faut ajou­ter de nom­breux com­po­sants plus classiques:

  • Le poste élec­trique de la scène du Palais des Congrès.

  • La régie lumière du Palais des Congrès, semble-t-il au des­sus du mixage son au milieu de la salle.

  • Les micros Senn­hei­ser reliés sans fil à une antenne de récep­tion pla­cée juste der­rière l’écran.

  • Les pro­jec­teurs de lumière à lyre Mar­tin Mac 500 qui font cha­cun 575W et sont pilo­tés à distance.

  • Les géné­ra­teurs de fumée employés pour l’arrivée des frères Bog­da­nov. Les deux géné­ra­teurs situés devant la scène entou­raient un moni­teur de rap­pel des pré­sen­ta­tions Powerpoint.

  • Les enceintes de part et d’autre la scène, com­plé­tées par les cais­sons de basse qui sont situés à demeure sous la scène qui contri­buent à l’excellente sono­rité de cette grande salle.

  • Et évidem­ment, les PC de démo sur leurs pupitres. Entou­rés d’éventuelles anti-sèches et de la liste des mots de passe des machines. Mais rien de plus. Rien dans les mains, rien dans les poches pour les démonstrateurs!

Net net, on pou­vait croi­ser du maté­riel d’origine diverse: Bel­gique (Barco), Suède (Data­ton), Alle­magne (Senn­hei­ser), Japon (Pio­neer, Pana­so­nic, Sony, Yamaha), USA (TVOne, Data­vi­deo, Chris­tie). Mais pas de français…

L’impression qui se dégage d’une telle visite backs­tage est une cer­taine débauche de moyens, clas­sique dans l’organisation de grands événe­ments. Car chaque moyen tech­nique est évidem­ment asso­cié à autant de tech­ni­ciens. Cer­tains maté­riels semblent redon­dants, mais il y a sûre­ment une expli­ca­tion tech­nique fondée.

En tout cas, “le Public Sys­tem” a bien réussi à vendre toutes “les options” à Micro­soft France pour l’organisation de ces ses­sions plei­nières. Avec un coût glo­bal qui n’est peut-être que bien mar­gi­nal par rap­port à celui de l’ensemble de ces TechDays.

Si vous en savez plus sur les des­sous de ce genre de logis­tique, je suis pre­neur! La pro­chaine fois, je sau­rais en tout cas quelles ques­tions poser aux tech­ni­ciens de la manifestation.


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Publié le 10 février 2007 Post de Olivier Ezratty | Digital media, Microsoft, Médias, Son | 2 commentaires

Les 2 commentaires sur “TechDays Backstage” :

  • [1] - Kid Ice a écrit le 23 mai 2007 :

    Vrai­ment sur­pris de retrou­ver une VIXID ici!
    Comme quoi elle est vrai­ment universelle!

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 23 mai 2007 :

    J’ai eu l’occasion de ren­con­trer Sébas­tien Vaillant de Vixid et cela m’a conforté dans votre impres­sion. Leur console est vrai­ment très inté­res­sante. Elle ne fait qu’arriver sur le mar­ché, donc sa dif­fu­sion va bien­tôt démar­rer, après une quin­zaine de beta testeurs.

    J’apprécie sur­tout le pilo­tage de la console via MIDI. Cela lui donne une belle ouver­ture pour gérer la dimen­sion “temps” dans le mixage vidéo.




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