La bulle des set-top-boxes

Publié le 15 février 2007 - 11 commentaires -
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J’avais constaté dans la rédac­tion de mon épais rap­port de visite du CES 2007 une pro­fu­sion des set-top-boxes, média cen­ters et autres sys­tèmes multi-room.

Le nombre de start-ups fran­çaises qui se lancent égale­ment dans ce cré­neau est frap­pant. Si elles ont toutes de bonnes idées sur la créa­tion de valeur uti­li­sa­teur, peu d’entre elles ont un busi­ness plan qui se tient. Il me semble que nous sommes en pleine “bulle” dans ce sec­teur, un peu comme dans le Web 2.0 ou dans la publi­ca­tion de vidéos en ligne. A ceci près que - comme pour le Web 2.0 - c’est une bulle qui si/quand elle explo­sera, n’aura pas d’impact néga­tif sur l’économie en général.

Il y a mal­gré tout des choses inté­res­santes à faire dans ce sec­teur. Les “busi­ness plans” devront être plus peau­fi­nés que ce que j’ai en géné­ral pu voir jusqu’à présent.

Les bulles pré­cèdent sou­vent une conso­li­da­tion salutaire

Les phé­no­mènes de bulle tels que ceux du Web 1.0 ou du Web 2.0 pré­cèdent sou­vent une matu­ra­tion et conso­li­da­tion de l’industrie. En voici une petite démons­tra­tion basée sur les valo­ri­sa­tions boursières.

Les valeurs tech­no­lo­giques avaient plongé juste après l’éclatement de la bulle Internet/Web 1.0. On oublie géné­ra­le­ment que l’un des déclen­cheurs de cet écla­te­ment a été l’effondrement de l’action Micro­soft au prin­temps 2000, alors que le juge Jack­son s’apprêtait à deman­der son déman­tè­le­ment (cassé  en appel en 2001). A l’époque, Micro­soft avait un PER (Price ear­ning ration, le rap­port entre le prix de l’action et la marge nette par action) de 75, et Cisco de plus de 100, ce qui était exhorbitant.

Cette repré­sen­ta­tion issue du site SmartMoney.com date de mai 2000. La taille des rec­tangles est pro­por­tion­nelle à la valo­ri­sa­tion bour­sière des entre­prises (à la bourse de New York: NYSE et NASDAQ). La cou­leur indique leur évolu­tion ou dans la jour­née ou par rap­port à une période que l’on peut choi­sir, n’y faites pas atten­tion dans ces deux extraits. La pro­por­tion des valeurs Inter­net n’a en fait pas signi­fi­ca­ti­ve­ment évolué entre l’avant et l’après de l’éclatement de la bulle 1.0 car cet écla­te­ment a tou­ché toutes les valeurs technologiques.

La même repré­sen­ta­tion de février 2007 ci-après montre que les valeurs Inter­net repré­sentent une part plus grande du sec­teur tech­no­lo­gique. Et avec l’émergence de Google intro­duit en bourse entre temps. En gros, le sec­teur Inter­net se porte MIEUX qu’avant l’éclatement de la bulle 1.0. Tout sim­ple­ment parce que les usages ont explosé, notam­ment par le biais de l’équipement ADSL qui n’existait pas lorsque la bulle 1.0 a explosé. On en était encore à l’analogique à 56K en géné­ral si vous vous rap­pel­lez bien!

Ceci est légè­re­ment hors sujet par rap­port à ce qui va suivre. Mais sert sur­tout à ne pas trop s’inquiéter de “l’éclatement” des bulles lorsqu’elles sont un pré­lude à une recom­po­si­tion de l’industrie dans un mar­ché en forte crois­sance. C’est clai­re­ment le cas de la télé­vi­sion numé­rique et ses nou­veaux usages qui n’en sont qu’à leurs balbutiements.

Un mar­ché fragmenté

Le mar­ché des set-top-boxes devient très frag­menté. Avec des dizaines de solu­tions de STB de toutes sortes gérant qui la récep­tion des conte­nus “broad­cas­tés”, qui leur enre­gis­tre­ment, qui leur dif­fu­sion dans la mai­son, et éven­tuel­le­ment, musique, pho­tos, DVD et multiroom.

Cette frag­men­ta­tion est accé­lé­rée aux USA car l’industrie se struc­ture de plus en plus hori­zon­ta­le­ment avec la pos­si­bi­lité pour le consom­ma­teur de choi­sir sa set-top-box - et le sys­tème de contrôle d’accès stan­dard du câble et du satel­lite Cable­Cards - indé­pen­dam­ment de son bou­quet de pro­grammes (Direct TV, Dish TV, Com­cast, etc). On trouve ainsi des STB chez Moto­rola (photo ci-dessous), TiVo, Scien­ti­fic Atlanta (filiale de Cisco), Sony, Sam­sung, Thom­son, Sagem, et tout un tas de construc­teurs chi­nois (voir cet annuaire impres­sio­nant ici).

Mais ce n’est pas le cas de la France où les STB sont tou­jours four­nies en majo­rité par les four­nis­seurs de pro­grammes et d’accès avec un mar­ché dominé par le groupe Canal+ pour le broad­cast et par Orange/Free/Neuf pour les FAI triple-play. Résul­tat, pour accé­der à un mar­ché de masse avec “sa” set-top-box, il faut pas­ser par eux d’une manière où d’une autre. Où se fournissent-ils donc? Sou­vent, chez des indus­triels fran­çais comme Sagem ou Thom­son, ou en conce­vant leur propre STB comme chez Free. Ce sont donc des mar­chés en appa­rence fer­més et il faut être malin pour les conqué­rir ou bien se conten­ter de niches de mar­ché. Mais ces niches sont sou­vent le fait d’utilisateurs plus tech­niques, alors que les mar­chés visés par ces star­tups sont sou­vent celui d’utilisateurs “lambda” peu technologues.

Cer­tains indus­triels ont des idées sau­gre­nues comme ces construc­teurs japo­nais qui intègrent des fonc­tion­na­li­tés de set-top-boxes dans des télé­vi­sions à écran plat. Pourquoi sau­gre­nues? Parce que la récep­tion et l’enregistrement de la TV est encore imma­ture et évolue beau­coup plus vite que l’écran plat que l’on va s’acheter. Celui-ci doit nor­ma­le­ment durer quelques années. Alors que les STB et les logi­ciels qui vont avec évoluent plus vite. Et les japo­nais ne sont pas connus pour leurs talents dans le logi­ciel. Ceci consti­tue d’ailleurs une fenêtre de tir pour des acteurs du logi­ciel dans ce domaine.

Vers le broad­cast IP

La télé­vi­sion va peut-être un jour pas­ser au “tout IP” mais cela pren­dra du temps. Nous allons conti­nuer pen­dant quelque temps à rece­voir les conte­nus télé­vi­suels par le biais de trans­mis­sions broad­cast tra­di­tion­nelles câble, satel­lite et hert­zienne (TNT). La dif­fu­sion en “IP” qui pré­sente l’avantage d’être bidi­rec­tion­nelle va aug­men­ter avec le temps, mais pren­dra des années à atteindre et dépas­ser ces moyens tra­di­tion­nels. C’est une affaire d’infrastructure de l’Internet : il ne pro­pose pas (encore) la bande pas­sante et la qua­lité de ser­vice néces­saires à une bonne dif­fu­sion de la TV, a for­tiori pour la haute défi­ni­tion. Qui n’a pas pesté contre la pixe­li­sa­tion des images sur la TV émise par sa Free­box ou sa Live­Box? Les ini­tia­tives de Free qui équipe Paris en fibre optique pour assu­rer des débits de 100 mbits/s vont dans ce sens.

On va donc voir se géné­ra­li­ser des modèles de STB hybrides, assez cou­teux, avec récep­tion broad­cast tra­di­tion­nelle, récep­tion de TV en IP (à la You­Tube ou inté­grée à la MSTV) et canal retour Inter­net per­met­tant une per­son­na­li­sa­tion de l’expérience. C’est cette per­son­na­li­sa­tion qui attire beau­coup les star­tups avec en ligne de mire l’invention de nou­veaux modèles publi­ci­taires contour­nant le zap­ping de la publi­cité généré par la visua­li­sa­tion de pro­grammes enre­gis­trés et le “time shifting”.

La télé­vi­sion du futur “2.0″ est effet pro­met­teuse. Elle pour­rait inté­grer à terme ce qui fait le suc­cès actuel du web 2.0: de la per­son­na­li­sa­tion, des conte­nus créés par les uti­li­sa­teurs, des conte­nus notés et com­men­tés par les uti­li­sa­teurs, des recom­man­da­tions de conte­nus per­met­tant de s’y retrou­ver dans l’océan gran­dis­sant de l’offre, notam­ment de vidéo à la demande:

Orien­ta­tion des star­tups de “STB”

Il y a quelques ten­dances dans ces star­tups qui se lancent dans les set-top-boxes que ce soit au niveau logi­ciel ou matériel:

  • L’invention de nou­veaux modèles publi­ci­taires divers avec notam­ment le cou­plage d’un logi­ciel sur la set-top-box et des ser­vices logi­ciels côté ser­veur, la per­son­na­li­sa­tion des conte­nus, et la pos­si­bi­lité d’achats de pro­duits et ser­vices divers inté­grés dans l’expérience uti­li­sa­teur. C’est le rêve de toute marque: géné­rer une envie et un achat d’impulsion, à par­tir de la publi­cité dif­fu­sée à grande échelle. Enchai­ner tout le cycle de vente sur le canapé du téléspectateur!
  • L’intégration de solu­tions de vidéos à la demande. Un grand clas­sique, dans un mar­ché bien ali­menté où se pose l’habituelle ques­tion de l’accès aux cata­logues de conte­nus “pre­miums” (notam­ment les films en pre­mière exclu­si­vité dans la chro­no­lo­gie des programmes).
  • Des modèles divers des­ti­nés à faci­li­ter l’accès aux pro­grammes aux per­sonnes âgées. Que ce soit en termes d’ergonomie, de faci­lité de pro­gram­ma­tion des enre­gis­tre­ments, de connec­tique ou de ser­vices tels que l’accès aux “UGC” (user gene­ra­ted content) de la famille attentionnée.
  • Pas mal de set-top-boxes sous Linux, sou­vent plus orien­tées vers la dif­fu­sion des conte­nus que vers leur récep­tion. En effet, il n’est pas facile sous Linux de récu­pé­rer (léga­le­ment) les conte­nus cryp­tés des Canal+ et consorts. Le côté fermé des sys­tèmes de contrôle d’accès limite la capa­cité à gérer de bout en bout les conte­nus TV numé­riques. Sauf à ce que la boi­boite soit réa­li­sée en par­te­na­riat avec les groupes médias en question.
  • Des com­bi­nai­sons variables: Hard, hard+soft, soft, soft + ser­vice, hard+soft+service. Par­fois jusqu’à inté­grer la STB avec le boi­tier d’accès à Inter­net (alors que Free a fait le contraire en sépa­rant les deux fonc­tions en deux boi­tiers dis­tincts dans “sa” Free­Box 5). Et quelques rares pro­jets d’extension des fonc­tion­na­li­tés de Win­dows Media Cen­ter avec des solu­tions logi­cielles et de ser­vices en ligne.

Des ques­tions clés sont sou­vent un peu lais­sées en sus­pens dans ces busi­ness plans. Elles sont liées à la com­bi­nai­son des aspects suivants:

  • Clients: la domi­nance de Canal+ et des FAI sur le mar­ché fran­çais les rend  incon­tour­nables. Com­ment les séduire par rap­port à leurs four­nis­seurs exis­tant et à l’inertie de leur infra­struc­ture? La star­tup botte sou­vent en touche en indi­quant qu’elle va atta­quer les mar­chés hors de France. Mais ces mar­chés pré­sentent des contraintes équi­va­lentes qu’il vaut mieux anti­ci­per. Côté uti­li­sa­teurs, est-ce que la solu­tion pro­po­sée est suf­fi­sam­ment dif­fé­ren­tiée pour en jus­ti­fier l’acquisition par rap­port aux solu­tions stan­dards pro­po­sées par les grands acteurs? Côté publi­cité, les plans éludent sou­vent le fait qu’en com­mer­cia­li­ser est un métier à part entière et qu’il y a des cen­trales d’achat à séduire. Et sur­tout que l’évolution des pra­tiques publi­ci­taires suit d’assez loin les poten­tia­li­tés tech­no­lo­giques, et même les évolu­tions des usages des consommateurs.
  • Concur­rence: qui four­nit actuel­le­ment ces grands opé­ra­teurs? Quelle est la posi­tion de NDS, Next­Gen et autres Exp­Ways? Est-ce que ces four­nis­seurs sont spé­cia­li­sés (contrôle d’accès, guides de pro­grammes, etc) ou géné­ra­listes (STB tout en un)? Quelles sont leurs forces et fai­blesses, leurs plans de déve­lop­pe­ment, leur implan­ta­tion géographique? Et com­ment va évoluer la part de mar­ché des PC Media Cen­ters? Qui ne sont pour l’instant effec­ti­ve­ment pas assez grand public, mal­gré l’incorporation de la fonc­tion­na­lité Media Cen­ter dans Win­dows Vista Pre­mium, qui ne sera pas suf­fi­sante pour géné­rer de l’usage. Mais cela peut vite changer.
  • Eco­sys­tème: com­ment construire une plate-forme exten­sible qui va sus­ci­ter la créa­tion de com­plé­ments maté­riels, logi­ciels et ser­vices? Car tout seul, on ne peut pas tout faire!
  • Canaux de dis­tri­bu­tion: il est dif­fi­cile de vendre du soft dans le hard dans ce mar­ché (il faut plu­tôt “bund­ler”), mais dif­fi­cile de vendre du hard tout court du fait du poids dans la tré­so­re­rie de l’entreprise. Faut-il choi­sir un modèle indi­rect (avec marge reven­deur) ou direct (mais avec moins d’effet de levier et besoin d’un gros bud­get mar­ke­ting)? Vendre dans le retail est dif­fi­cile et coûte cher, il y aura peu d’élus, la place dans les rayons est limi­tée, tout comme la bande pas­sante des ven­deurs dans les maga­sins. Alors, com­ment vendre la STB si elle doit éviter les canaux dominants?
  • Logi­ciel: le poids du déve­lop­pe­ment logi­ciel est sou­vent lar­ge­ment sous-évalué dans les coûts et le plan­ning de la star­tup. Sur­tout lorsque celle-ci se lance dans la créa­tion d’un boi­tier géné­ra­liste capable de gérer non seule­ment la télé­vi­sion enre­gis­trée, mais égale­ment la musique, les pho­tos, les vidéos et le mul­ti­room. Cela coute cher de faire du logi­ciel grand public facile à uti­li­ser et qui pré­voit tous les cas de figure, d’intégrer des solu­tions de contrôle d’accès et de DRM, etc. Et sur­tout un bon guide de pro­grammes! Ensuite, il faut en assu­rer la main­te­nance et le sup­port tech­nique. Le mieux pour limi­ter les coûts est de s’appuyer sur des logi­ciels et stan­dards exis­tants. Mais tout en ayant une véri­table valeur ajou­tée logicielle.

Ces constats sont un com­po­site de la grosse demi-douzaine de situa­tions j’ai pu ren­con­trer en France et leurs équi­va­lents obser­vés au CES et sur le mar­ché Nord Amé­ri­cain. S’y ajoutent les éléments clés et géné­riques d’un pro­jet de star­tup comme l’équipe, sa com­plé­men­ta­rité, son réseau, et sa capa­cité à atti­rer des talents.

Avec toutes ces contraintes, il n’est pas évident de trou­ver des inves­tis­seurs à même de prendre un risque finan­cier et indus­triel à la hau­teur des enjeux. Il faut miser très gros sur ce mar­ché pour y émer­ger. Mais tout est envisageable!

Quelques pistes

Après ce tour rapide des lacunes ou inter­ro­ga­tions que ces pro­jets sus­citent, voici quelques pistes d’amélioration ou de réflexion:

  • Il vaut mieux se foca­li­ser sur un point par­ti­cu­lier dans un pre­mier temps (EPG, per­son­na­li­sa­tion, recom­man­da­tion) avec une bonne mai­trise de son écosys­tème plu­tôt que les pro­jets trop géné­ra­listes qui se heur­te­raient rapi­de­ment à une logique de coût pro­hi­bi­tive et à un exis­tant pas facile à bous­cu­ler, tout du moins sur le mar­ché fran­çais. Evi­ter d’avoir les yeux plus gros que le vente avec une dou­zaine de ser­vices divers qui ne pour­ront pas être rai­son­na­ble­ment bâtis.
  • Il faut évidem­ment être “béton” sur la faci­lité d’installation (câblage, etc) et d’utilisation de la STB et de son logi­ciel. Cela demande de créer une bonne ergo­no­mie de l’interface uti­li­sa­teur, com­pa­tible avec les télé­com­mandes du mar­ché. Pré­voir égale­ment de reçe­voir une grande diver­sité de conte­nus: gra­tuits, pre­mium, et assu­rer la qua­lité de la récep­tion des images quelle que soit la source. Il faut voir loin de ce côté là.
  • Se foca­li­ser sur le logi­ciel et autour des stan­dards du mar­ché. De jure (OCAP, MHP) comme de facto (NDS, Micro­soft, etc). J’éviterai le maté­riel qui devient une com­mo­dité sauf si, comme dans le busi­ness des consoles de jeu, c’est un mal néces­saire dans le busi­ness model et le cir­cuit de distribution.
  • Bâtir par­te­na­riats et effets de levier pour la dis­tri­bu­tion. Avec une ana­lyse des fai­blesses des lea­ders du mar­ché pour démon­trer une valeur ajou­tée spé­ci­fique. Démon­trer au pas­sage une bonne com­pré­hen­sion des dif­fé­rents acteurs de la chaîne de valeur de la télé­vi­sion. Viser au pas­sage l’international mais de manière ciblée avec une bonne connais­sance des acteurs (conte­nus, FAI) dans les pays visés.
  • Et bien entendu, bâtir un modèle écono­mique qui se tienne, qui soit réa­liste sur le “ramp up” du revenu, et aussi des dépenses, notam­ment en déve­lop­pe­ment logiciel.

On peut espé­rer en tout cas que les star­tups de ce mar­ché titille­ront les grands acteurs et les pous­se­ront à inno­ver. Le mar­ché fran­çais en a bien besoin car en matière de STB et d’enregistrement de la télé­vi­sion, il est bien en retard par rap­port aux USA. 

A bons entendeurs…


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Publié le 15 février 2007 Post de Olivier Ezratty | Internet, Logiciels, Médias, Startups, Technologie | 11 commentaires

Les 11 commentaires sur “La bulle des set-top-boxes” :

  • >Après ce tour rapide des lacunes ou
    >inter­ro­ga­tions que ces pro­jets sus­citent, voici
    >quelques pistes d’amélioration ou de réflexion:

    Pour moi, il y a aussi deux choses très impor­tante que tu passes sous silence :

    1/ la qua­lité de la set top box …
    ----------------------------------
    Le design, d’accord, mais aussi et sur­tout sa FIABILITE, sa PERFORMANCE … aujourd’hui, dans tous les sys­tèmes d’opérateurs que nous super­vi­sons, la set top box est encore trop sou­vent le talon d’achille :
    - cause de plus d’1/3 des pro­blèmes
    - ayant une influence non nulle sur la qua­lité de l’image ser­vie (et je ne parle pas du son …en absence de modèle fiable pour tes­ter la spa­tia­li­sa­tion et la fia­bi­lité du son multi canal, mais cela vient …)
    - cause de sou­cis d’accessibilité aux ser­vices “pre­mium” ou payants (vod …) des opé­ra­teurs …
    Je me sou­vien­drais tou­jours il y a quelques semaines quand je dis­cu­tais au salon TVoDSL, à l’un de nos voi­sins de stand, qui était un construc­teur chi­nois de STB et à qui je van­tais nos solu­tions de moni­to­ring IPTV end to end … il m’a répli­qué au bout d’un moment … “vous savez, nous c’est le prix … la qua­lité, pfffff …”. Ca me fait pen­ser à la publi­cité d’un célèbre fast food “nous c’est le goût” :-)
    Ou alors à la blague des geek haute fidé­lité qui disaient à l’époque “tu vas chez Bou­lan­ger pour le conseil et tu achètes chez Auchan pour le prix” … et je n’ai rien contre Bou­lan­ger et Auchan, bien sûr :-) mais le jour où on trou­vera chez eux du Gold­mund, c’est que tous les Fran­çais qui gagnent plus de 4000 € par mois seront par­tis en Suisse.
    Et bien, achètes ta STB chez l’épicier, feed avec VLC/VLS (là non plus, je n’ai rien contre cette solu­tion, “Chris­tophe, si tu me lis …”) et prends des rou­teurs d’occasion (là, je ne cite pas de marque), avec des liai­sons ADSL de 3.000 mètres et … ne t’étonnes pas que ton ARPU ne décolle pas et que la DGCCRF soit sur ton dos :-)

    2/ l’ouverture du sys­tème.
    --------------------------
    Je pense que les boites trop fer­mées sont une insulte à l’intelligence humaine et qu’il fau­dra un jour que ce petit jeu cesse, comme les DRM d’ailleurs, (ca vient … ca vient …)
    Quel plai­sir de voir des sys­tèmes comme ceux d’Amino … qui com­mencent à ser­vir de base dans de gros pro­jets de “télé par­ti­ci­pa­tive”, comme il com­mence à y en avoir. Ca prend un feed IP “clas­sique”, du MPEG2, ou mieux … ca sort en vidéo, c’est sous linux, il y a des kits de déve­lop­pe­ments … le bon­heur … ils n’étaient pas au CES ?
    Ce genre de sys­tème pour­rait créer une troi­sième voie et per­mettre à des gens qui ne sont pas opé­ra­teurs (réseau ou de “flux”) d’exister et de se déve­lop­per. Et je suis sans doute à contre cou­rant, mais moi, si j’avais des billes dans cette indus­trie, je vise­rais cette troi­sième voie et l’appropriation par les usages et le déve­lop­pe­ment col­la­bo­ra­tif … du vrai 2.0 quoi !

    Sinon, que fait Sam­sung sur le sujet ? L’année der­nière, ils m’avaient assez for­te­ment impres­sion­nés. Cette année, il parait que c’est pire (mieux). Ils avaient déjà leur propre solu­tion glo­bale qui me sem­blait assez abou­tie, non ?

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 16 février 2007 :

    Tout à fait d\‘accord!

    D\‘ailleurs, le point 2) me fait pré­fé­rer un PC qui est ce qu\‘il y a de plus ouvert et exten­sible d\‘un point de vue maté­riel, mais c\‘est mal­heu­reu­se­ment contra­dic­toire avec le 1), dès lors que l\‘on met des­sus un OS géné­ra­liste à la Win­dows. Sous Linux, je demande à voir.

    Sinon, Amino n\‘était pas au CES, tout du moins pas dans le cata­logue officiel.

  • >Sous Linux, je demande à voir.
    Dès que pos­sible (ie: après nos amis opé­ra­teurs), je te don­ne­rais la “pri­meur” de notre centre de démo … il y aura ce genre de technologie.

    Beau­coup de gens disent que si on veut une pla­te­forme stable et tout et tout, il faut éviter que l’utilisateur puisse “bidouiller” dedans … résul­tat des machins qui sont obso­lètes avant d’être sor­tis. Des STB qui passent leur temps à télé­char­ger des mises à jour (et une que tu connais bien, qui met juste 20 mn pour ce faire … en pleine jour­née …)
    Je crois que c’est un peu facile et arrange bien tout le monde et sur­tout l’ingénieur dans son coin.
    Le monde du libre a démon­tré que l’on pou­vait arri­ver à des niveaux de qua­lité tout à fait éton­nants, à la hau­teur des solu­tions “des autres”, en ouvrant les choses et en fai­sant par­ti­ci­per toutes les bonnes volon­tés.
    Moi, je pré­dis un vrai suc­cès à l’industriel qui aura com­pris cela et pen­sera sa pla­te­forme IPTV comme une pla­te­forme “libre” et “ouverte tech­no­lo­gi­que­ment”. Oui, cela bous­cule les habi­tudes, oui il faut tra­vailler plus et ne pas se repo­ser sur des specs tech­niques, qui de toutes facon sont :
    - ou fausses
    - ou pas véri­fiées (mon­tée en charge, qua­lité vraie sous contrainte, tes­tée sur la durée …)
    - ou inadap­tées à ce qui est demandé (je ne vais pas refaire le dis­cours sur les usages … mais force est de consta­ter que de ce coté, vou­loir tout pré­voir à priori est une stra­té­gie qui a vécu … pour­quoi recom­men­cer avec les STB … ?

  • Elle vient d’ou la slide tele­vi­sion 2.0 ?

  • [5] - Olivier Ezratty a écrit le 16 février 2007 :

    C’est une créa­tion personnelle!

  • [6] - Olivier Ezratty a écrit le 16 février 2007 :

    JM, en fait on peut très bien faire des solu­tions “boite noire” avec des sys­tèmes com­mer­ciaux. Mais cer­tains incon­vé­nients du libre (au niveau de l’écosystème) peuvent être ainsi mas­qués dans une solu­tion embarquée.

    Il ne faut effec­ti­ve­ment pas tout pré­voir dans une STB, mais savoir y inté­grer ouver­ture et exten­si­bi­lité pour suivre les usages qui relèvent plus de l’évolution du logi­ciel que du matériel.

  • >JM, en fait on peut très bien faire des solu­tions
    >“boite noire” avec des sys­tèmes com­mer­ciaux.
    je ne pense pas avoir dit le contraire.
    Et d’ailleurs une boite noire est qua­si­ment tou­jours un sys­tème commercial.

    >Mais cer­tains incon­vé­nients du libre (au niveau de
    >l’écosystème) peuvent être ainsi mas­qués dans une
    >solu­tion embar­quée.
    A ma connais­sance, la plu­part des Set top box fonc­tionnent sur des bases de logi­ciels libre, mais rendu “fermé” et non inter­opé­rable pour des rai­sons qui se dis­cutent.
    Je n’oppose pas Micro­soft, qui est pour l’instant ultra mino­ri­taire sur le mar­ché de l’IPTV et des set top box aux autres, je ne fais que faire remar­quer qu’il y a une troi­sième voie de pos­sible dans l’éco sys­tème que tu décris. Chez nous (Witbe), nous avons qua­si­ment toutes les set top box du mar­ché avec qua­si­ment toutes les offres IPTV, Cable du mar­ché … mais cela ne nous empêche pas de créer notre propre “chaîne de télé­vi­sion” pour démon­trer la per­ti­nence de nos solu­tions de moni­to­ring IPTV … et ca, nous ne pou­vons le faire qu’avec des pla­te­formes ouvertes …

  • Bon­jour, bravo pour cette étude, on com­prend mieux la tv de demain.
    Je cherche et ne suis pas la par hasard, des ou une set top box pour réa­li­ser des tests, récu­pé­ra­tion des flux vidéo strea­ming, mais c’est pas si simple j’ai bien vu celle amino
    http://www.aminocom.com/products/ipstb/aminet130h.html
    mais pour l’acquérir c’est une autre his­toire. auriez vous des infos sur la pos­si­bi­lité acqué­rir ce type de pro­duit ?
    merci d’avance

  • [9] - Olivier Ezratty a écrit le 19 avril 2008 :

    Pas vrai­ment. Je connais juste une société fran­çaise, Via­neos, qui fait du logi­ciel pour ce genre de boi­tiers. Et comme Amino, en par­ti­cu­lier pour le mar­ché de l’hospitality.

  • [10] - casimir a écrit le 20 avril 2008 :

    Merci Oli­vier, je sais que ce n’est pas un forum, mais je cherche quelques expli­ca­tion, a savoir sur le fonc­tion­ne­ment de ce type d’appareil, Je trans­met donc plu­sieurs flux vidéo en http dans le réseau soit une sur l’adresse ip 192.168.0.16 un sur le port 1234 et un autre flux vidéo sur la même ip 192.168.0.16 avec un port 1235. c’est un exemple vlc, et je peut etre ame­ner à trans­mettre de 3 à 15 flux.
    sur un pc on recoit faci­le­ment, mais com­ment l’interface gra­phique d’un ami­net 130 par exemple va repé­rer ces flux, y at’il une détec­tion auto­ma­tique ou un l’appareil a confi­gu­rer, je n’ai vrai­ment rien trouvé sur ca. je com­prend que les inter­face gra­phiques sont élaboré en fonc­tion des opé­ra­teur qui ont leurs set top box, mais dans le cas d’un réseau privé ?
    C’est un pro­jet entre­prise ou les il y a des pc certes mais sur­tout des tvhd ou vont cir­cu­ler dans les flux dif­fé­rentes infor­ma­tions client, vip, chef de ser­vices .…
    On ma chargé de faire l’étude du pro­jet, mon dieu, pour­quoi ai-je dit “pas de problème”.

  • [11] - Olivier Ezratty a écrit le 20 avril 2008 :

    Ca sort de mon domaine de com­pé­tences. Si un lec­teur peut aider, il est le bienvenu !




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