Back from the Silicon Valley 2

Publié le 5 décembre 2007 et mis à jour le 8 novembre 2008 - 15 commentaires -
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Dans cette seconde par­tie de mon compte-rendu de voyage dans la Sili­con Val­ley, nous allons abor­der d’un côté le point de vue des inves­tis­seurs, et de l’autre quelques ten­dances mar­ché et tech­no­lo­giques “humées” sur place.

Les sujets d’intérêt pour les VCs

Les VC de la Sili­con Val­ley sont concen­trés sur Sand Hill Road à Palo Alto. C’est le micro­cosme dans le micro­cosme. Par chance, Palo Alto est en plein milieu de la Sili­con Val­ley ce qui faci­lite les dépla­ce­ments pour les VCs.

Nous en avons vu quelques uns pen­dant ce voyage: Matt Lecar de Tri­nity Ven­tures qui inves­tit dans la clean­tech, Jeff Cla­vier (ci-contre), un fran­çais qui a créé en une semaine Soft­tech, un petit fond d’amorçage de $12m dans le web 2.0, Jean-Louis Gas­sée, part­ner de Elli­gis depuis sont départ de Palm Source, et Sven Stroh­band, du fond MDV. Leurs feed­backs sur les modes de finan­ce­ment et les règles de fonc­tion­ne­ment des VCs sont homo­gènes. Par contre, leurs centres d’intérêt sont variés. On y trouve en gros : la mobi­lité, les sys­tèmes embar­qués, les réseaux sociaux, le com­merce élec­tro­nique, le web séman­tique, l’enterprise 2.0, l’usage de l’open source et le “Soft­ware as a ser­vice” (SaaS). Enfin, les clean­tech émergent comme un troi­sième pôle majeur d’investissements après la high­tech et les biotechs.

Le mode de sélec­tion des pro­jets reste très rigou­reux. Il est rapide dans l’ensemble, et aussi sélec­tif qu’en Europe. Un dos­sier pré­senté sur cent est financé. La qua­lité de l’équipe compte tou­jours autant, puis le ser­vice pro­posé, sa valeur ajou­tée pour le client, sa dif­fé­ren­tia­tion par rap­port au mar­ché, et enfin, le busi­ness model. Les VCs cherchent des entre­pre­neurs ambi­tieux. Ceux qui visent à construire des boites de $1B (1 mil­liard de dol­lars) de chiffre d’affaire, pas les “petits joueurs” qui veulent créer des boites de $30m.

Les VCs amé­ri­cains n’investissent pas beau­coup plus que les euro­péens dans l’amorçage. Tout du moins si l’on consi­dère que l’amorçage revient à inves­tir moins de $1m au démar­rage d’un pro­jet. Les star­tups amé­ri­caines sont aidées par le grand nombre de busi­ness angels qui couvrent ces phases d’amorçage. Autre dif­fé­rence clé, les VCs sont indé­pen­dants des banques. En France, une grande part des VCs sont des branches des banques et assu­rances (Cré­dit Agri­cole Assets Mana­ge­ment, Axa PE, AGF PE, etc) et connaissent moins bien les mar­chés high­tech car leurs part­ners sont plus rare­ment d’anciens entre­pre­neurs ou cadres supé­rieurs du secteur.

Les VCs se retrouvent dans un tas de réseaux de la Sili­con Val­ley, et notam­ment dans le Chur­chill Club qui orga­nise régu­liè­re­ment sémi­naires et col­loques. C’est à l’un d’entre eux que nous avons été invi­tés pen­dant le voyage. C’était un peu la séance de dis­trac­tion de l’année avec la pré­sen­ta­tion de gad­gets divers par Walt Moss­berg et trois autres inter­ve­nants. On a pu y voir un tee-shirt détec­teur de wifi, un robot net­toyeur de gout­tières, un cla­vier aux touches “dyna­miques lumi­neuses”, une lunette téles­co­pique qui com­mente jusqu’à 6000 étoiles en fonc­tion du poin­tage, quelques mobiles divers et variés - aucun à la hau­teur de l’iPhone, et un réveil matin bal­la­deur qui force le “réveillé” à se lever pour l’arrêter de son­ner après sa chute au sol.

Pour ter­mi­ner sur les VCs, on nous a rap­pelé qu’il fal­lait aussi sélec­tion­ner les VCs pour faire affaire (cela marche lorsqu’il a abon­dance): être exi­geant, véri­fier leurs réfé­rences, s’assurer de leur bonne repré­sen­ta­tion dans les boards.

Voir l’article de Guy Her­vier sur les inves­tis­seurs de la Val­ley qui a com­plété le voyage par une semaine sup­plé­men­taire de péré­gri­na­tions sur place. Il existe aussi une source d’information de réfé­rence sur la Sili­con Val­ley: le  San Jose Mer­cury News.

Web 2.0

Mal­gré le côté un peu “bulle” des inves­tis­se­ments et des sor­ties (acqui­si­tions) dans ce mar­ché, il reste un centre d’intérêt pour l’industrie locale. La bulle ne fait pas peur car les inves­tis­se­ments dans le web 2.0 ont été très modestes, $1B en tout d’après Jeff Clavier.

Tout bouge très vite dans ce mar­ché. Face­book a éclipsé MyS­pace (en parts de voix dans les médias tout du moins) en très peu de temps. Cer­taines appli­ca­tions Face­book deviennent des stars quasi ins­tan­ta­né­ment avec des mil­lions d’utilisateurs. Twit­ter explose depuis mars 2007, après une visi­bi­lité orches­trée pour par cher dans l’événement “South by sou­th­west” où étaient pré­sent médias natio­naux et inves­tis­seurs (leurs locaux ci-dessous, ils sont 10 en tout!). Et il reste encore de la valeur à créer. Notam­ment du fait de la mul­ti­pli­ca­tion des points de contacts (PC, mobiles, voi­tures, salon).

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Les réseaux sociaux n’en sont qu’à leurs débuts. Ils sont obser­vés par les Google, Micro­soft, Yahoo et eBay. Le monde de la publi­cité se cherche un peu. En tout cas, le web 2.0 demande soit énor­mé­ment de volume soit de tou­cher des mar­chés très ciblés à fort pou­voir d’achat. Le ciblage peut être géo­gra­phique, ce qui laisse la porte ouverte à la créa­tion de sites web 2.0 au niveau d’un pays comme la France ou de l’Europe. Notam­ment lorsque les dif­fé­rences cultu­relles l’expliquent ce qui est un peu le cas de U-Lik.

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Autre oppor­tu­nité qui nous a été pré­sen­tée: la navi­ga­tion Inter­net de la pro­chaine géné­ra­tion. Il reste à col­lec­ter le savoir pro­ve­nant de l’usage des navi­ga­teurs pour rendre les moteurs de recherche plus per­ti­nents, comme peut le faire la tool­bar de Stum­bleU­pon. Il reste à concré­ti­ser les pro­messes du web séman­tique. Et il existe des oppor­tu­ni­tés dans les lec­teurs RSS et leur exten­si­bi­lité via des outils d’analyse séman­tique (selon Robert Scobble).

Voici sinon quelques obser­va­tions géné­rales sur les acteurs du Web 2.0 ren­con­trés sur place:

  • C’est un mar­ché créé par des entre­pre­neurs très “geek”. Nous n’avons pas vrai­ment ren­con­tré de “mar­ke­teurs entre­pre­neurs” dans les star­tups. Plu­tôt des geeks dont cer­tains ont arrêté leurs études en cours de route. Les boites ren­con­trées sont sou­vent créées par des jeunes de moins de 30 ans : Box.net, Xobni, Twit­ter. Ce sont même des “drop-outs” pour Box.net.  Autre geek ren­con­tré, Robert Scobble, dont le père construi­sait des satel­lites chez Lock­heed. L’atavisme explique beau­coup de choses! Petit com­men­taire inté­res­sant chez box.net : “Si on tra­vaillait pour l’argent, on irait chez Google”. Les mar­ke­teurs y sont arrivé après comme Alexandre Scia­lom, un fran­çais “VP Stra­tegy”, ancien EPF et MBA. Les geeks des star­tups ont cepen­dant une apti­tude mar­ke­ting liée à une forte volonté de com­prendre les besoins des uti­li­sa­teurs. Ils mettent en place des boucles d’écoute per­ma­nente pour amé­lio­rer les ser­vices tout en allant très vite dans l’exécution. Cela explique pour­quoi cer­tains ser­vices sont en per­ma­nence en “bêta”, en plus des avan­tages mar­ke­ting que cela procure.
  • La notion d’écosys­tème fonc­tionne à plein. Tous les acteurs du web 2.0 sont dans l’écosystème des autres. Les inter­ac­tions entre ser­vices web 2.0 sont par prin­cipe nom­breuses. Celles de Box.net sont consé­quentes. On compte notam­ment Twit­ter, Face­book, Think­free, Myxer, Pcnik, Scribd, Snip­shot, Zazzle, et Zoho. Avec pas mal de boites dont je n’avais jamais entendu par­ler! Même chose chez Twit­ter qui s’interface avec des ser­vices mobiles divers et chez Xobni qui s’interface avec Out­look et à terme avec Thun­der­bird et autres clients de mes­sa­ge­rie. Cela génère une forte charge de déve­lop­pe­ment qui est par­fois exter­na­li­sée soit sur la “com­mu­nauté” soit délo­ca­li­sée (en Rus­sie pour Box.net). Chaque star­tup défi­nit ainsi ses APIs (inter­faces de pro­gram­ma­tion) per­met­tant d’attirer son lot de déve­lop­peurs de plug-ins et autres wid­gets. C’est l’un des éléments de la vira­lité des ser­vices web 2.0. Chez Net­Vibes, les par­te­na­riats se nouent en masse avec les médias qui com­prennent l’importance des flux RSS. Ils ont signé avec le New-York Times, une réfé­rence très dif­fi­cile à géné­rer. Bref, les par­te­na­riats se nouent tout azi­mut. Ils servent à faire du bruit et/ou à gagner de l’argent, et par­fois… à rien du tout. Mais on s’en aper­çoit après et on passe à autre chose.
  • La domi­nante tech­no­lo­gique reste très “LAMP” évidem­ment (Linux, Apache, MySQL, PHP), mais aussi Adobe Flash, dès que l’interface uti­li­sa­teur devient riche. Cer­tains uti­lisent Python, plus rare­ment employé, ce qui per­met de fil­trer par le haut les déve­lop­peurs. En tout cas, Micro­soft semble avoir toutes les peines du monde à atti­rer les star­tups sur sa plate-forme dans la Sili­con Val­ley. A part MyS­pace, une réfé­rence clé qui uti­lise les ser­veurs Win­dows pour faire tour­ner Cold­Fu­sion, et quelques réfé­rences plu­tôt mineures.
  • Les outils du social net­wor­king servent à faire du busi­ness, notam­ment pour recru­ter et enclen­cher des ren­contres et des par­te­na­riats. Ils flui­di­fient véri­ta­ble­ment les affaires dans cette atmo­sphère où la vitesse d’exécution compte avant tout.
  • Le cham­bou­le­ment des médias conti­nue avec comme illus­tra­tion, la dis­pa­ri­tion de CNN et MSNBC du Top 10 du Web! Nous avons pas mal dis­cuté du blog­ging et du jour­na­lisme en ligne avec Rob­bert Scobble (ci-dessous). Grâce à un bon ciblage, un blog­geur peut faci­le­ment trus­ter quelques mots clés sur Google Search, pour pas un rond, et deve­nir un média de masse.

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  • Le truc à la mode, c’est d’évoquer la géné­ra­tion Y, notam­ment chez eBay. C’est la géné­ra­tion du zap­ping née après 1978 et éduquée à la sauce Inter­net : avec lap­top, MyS­pace et iPod. Avec eux, on est en pleine fusion des genres et des modèles: réseaux sociaux, recherche, diver­tis­se­ment, com­mu­ni­ca­tion, contenu, achats en ligne. Cela cham­boule la donne : notam­ment chez eBay qui se rend compte que la part d’utilisateurs de la géné­ra­tion Y y est faible par rap­port à la moyenne du web. D’où un besoin de remise en cause. Idem chez Microsoft.

  • La pro­priété intel­lec­tuelle sus­cite un inté­rêt dif­fé­rent selon le busi­ness. Elle est secon­daire et au mieux défen­sive dans le web 2.0 (d’après Jeff Cla­vier) mais cri­tique pour les logi­ciels d’entreprise. La vitesse d’exécution reste la meilleure bar­rière à l’entrée contre les nou­veaux concurrents.
  • On peut encore inno­ver dans le mar­ke­ting. C’est le cas de Sees­mic, la boite mon­tée il y a quelques mois dans la Sili­con Val­ley. Son blog avec la cou­ver­ture vidéo de la créa­tion de la boite, sa cou­ver­ture média­tique incroyable (cou­ver­ture de Chal­lenge, articles dans The Eco­no­mist, dans le Finan­cial Times), et sa noto­riété dans la Val­ley sont éton­nantes. Bravo! Et Sees­mic? C’est une sorte de vidéo micro-blogging dans la vague de Twit­ter. Le ser­vice est en déve­lop­pe­ment.  La boite n’a que 44 jours d’existence!
  • La trans­pa­rence n’est pas encore de mise dans les star­tups du web. Dif­fi­cile d’obtenir des don­nées de tra­fic objec­tives, et encore moins de chiffre d’affaire ou de marge. La bataille sur les sta­tis­tiques bat son plein, sur­tout lorsque le doute plane sur une star­tup. Dans ce registre, Net­Vibes explique pour­quoi ses don­nées ne sont pas bonnes sur Alexa: l’outil mesure l’audience chez les early adop­ters, qui passent d’une vague à l’autre. Son concur­rent à la mode, Com­pete, mesu­re­rait de son côté des don­nées pro­ve­nant des four­nis­seurs d’accès Inter­net, et seraient plus repré­sen­ta­tives du mar­ché. Donc, au lieu d’obtenir ceci sur Alexa:

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Cela ras­sure Net­Vibes d’obtenir cela sur Compete:

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Allez savoir ! Pour en savoir plus, direc­tion le blog de Guy Kawa­saki.

Mobi­lité

Deux sujets font la lumière sur les mobiles dans la Sili­con Val­ley : l’inévitable iPhone et Google Android.

Dès l’arrivée dimanche, nous avons fait une petite visite rapide à l’Apple Store de San Fran­cisco. Cer­tains y ont acheté leur iPhone tant attendu alors qu’il était lancé la même semaine en France. Mais avec un Euro à $1,5, cela vaut tou­jours le coup. Ce qui impres­sionne dans ces Apple Store, c’est évidem­ment le design. Mais aussi la rela­tion client: des évan­gé­listes sont là pour aider les clients, ils dépannent ceux d’entre eux qui viennent avec leur Mac. D’après Michael Salo­mon, étudiant fran­çais à Stan­ford qui nous accom­pa­gnait, le décor de l’Apple Store change régu­liè­re­ment. Autre anec­dote: une confé­rence déve­lop­peurs spon­ta­née sur l’iPhone a été orga­ni­sée par ses fans, sans l’intervention d’Apple. L’effet com­mu­nau­taire dans sa plus grande splendeur!

Apple est l’une des réfé­rences clés mythiques de la Sili­con Val­ley. Tout le monde s’y réfère: au SRI, chez les VCs, avec Mary­lène Delbourg-Delphis et Jean-Louis Gas­sée. C’est la star du redres­se­ment d’entreprise de la high-tech, le gou­rou du mar­ke­ting et du design. Rien ne semble lui résister.

Apple Store

Nous avons sinon pu voir une démons­tra­tion (enre­gis­trée) d’Android, le Linux pour Mobile de Google, par Marissa Meyer, VP R&D en charge de ce pro­duit et de plein d’autres choses chez eux. La démons­tra­tion était plu­tôt déçe­vante. L’interface gra­phique pour mobile n’a pas l’air d’être encore le fort de Google. Cela res­sem­blait à un mélange de Linux et de Win­dows Mobile. Ce qui compte, c’est plu­tôt la stra­té­gie de Google qui vise à cou­per l’herbe sous le pieds de Sym­bian et de pro­fi­ter de l’inexorable mon­tée en puis­sance de Linux sur mobiles face à Win­dows Mobile. En offrant la pos­si­bi­lité de défrag­men­ter le mar­ché Linux sur mobiles, Google peut deve­nir un mar­chand de plate-forme à la fois logi­cielle (mobile) et de ser­vices (tous les ser­vices web de Google). Cela rap­pelle la stra­té­gie software+services de Microsoft.

Ah et puis, au Chur­chill Club, on a pu entendre que le Zune 2 de Micro­soft était “tou­jours une blague” (it’s still a joke) mais com­men­çait à deve­nir utilisable.

Le der­nier jour, nous avons égale­ment visité l’Orange Labs situé près de San Fran­cisco. Cette équipe d’environ 70 per­sonnes s’occupe en gros de veille tech­no­lo­gique dans la val­lée et du trans­fert dans les pro­duits et ser­vices de France Tele­com, en par­ti­cu­lier sur les mobiles. Approche dif­fi­cile car FT à Paris ne les écoute pas tou­jours parait-il. Ces labs sont à l’origine de quelques lan­ce­ments de ser­vices, comme Pikeo, un site de par­tage de photo. Et Bub­ble­top, pour construire sa home page per­son­na­li­sée en Ajax. Des ser­vices “me-too”  face aux Fli­ckr et Net­Vibes de ce monde. ATT aurait une stra­té­gie simi­laire dans la Sili­con Val­ley. Avec ça, les opé­ra­teurs télé­coms ne sont pas prêts de reprendre le contrôle de la rela­tion client avec des ser­vices inno­vants et uniques.

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Autre impres­sion: ils veillent sur tout, et donc donnent l’impression de n’avoir pas de véri­table stra­té­gie. Le mobile est en tout cas stra­té­gique pour FT: ils ont 97 mil­lions d’abonnés au mobile, 48 mil­lions sur du fixe et 12 mil­lions en accès Internet.

Enter­prise software

Sujet abordé chez Neo­case (logi­ciels pour centres d’appels), chez Xobni (outil d’exploitation de sa base de mes­sa­ge­rie) chez Bizanga (fil­trage d’emails), SAP et Micro­soft, les logi­ciels d’entreprise reviennent à la mode. Avec trois trans­for­ma­tions en cours: les appli­ca­tions en entre­prise du web 2.0 (comme Blue­Kiwi en France), la vague du “SaaS” (soft­ware as a ser­vice) et l’open source. L’open source est à la fois une com­mo­dité pour les star­tups web qui y font lar­ge­ment appel et un ensemble de com­po­sants pour les logi­ciels d’entreprises.

Xobni était le clou de notre visite. Ils éditent un logi­ciel actuel­le­ment en bêta per­met­tant d’exploiter à fond sa base de mes­sages. Avec l’historique des rela­tions avec vos contacts, des sta­tis­tiques per­met­tant de trier ses contacts par le volume d’interactins (ci-dessous), la détec­tion auto­ma­tique de leur numéro de télé­phone pour com­plé­ter son car­net d’adresse, le tout fonc­tion­nant dans un pan­neau qui s’affiche au sein d’Outlook. Une sorte de BI appli­qué à la mes­sa­ge­rie! Un outil très sédui­sant pour la boite au nom à l’envers. Au pas­sage, ils ont l’un des cofon­da­teurs de Skype comme busi­ness angel.

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Vous connais­siez Bizanga? Moi non. Nous avons ren­con­tré son éton­nant patron fran­çais, Jérôme Lecat, qui vient tout juste de démé­na­ger à San Mat­téo. Leur boite four­nit une solu­tion de fil­trage de spam très économe en res­sources ser­veurs. Elle est basée sur un moteur de rou­tage très effi­cace qui pré­sente de nom­breux domaines d’application. L’originalité de la boite est d’avoir orga­nisé des séances de brains­tor­ming struc­tu­rées pour iden­ti­fier des mar­chés sol­vables pour ce moteur. D’où l’antispam, pour com­men­cer. La boite vient de décro­cher un contrat de $5m avec un opé­ra­teur Inter­net de Phi­la­del­phie. Un miracle au pays de l’oncle Sam pour un petit éditeur français! 

Notre fine équipe a fait un pas­sage chez Micro­soft qui dis­pose d’un cam­pus de 1500 per­sonnes à Moun­tain View, essen­tiel­le­ment pour la R&D de pro­duits péri­phé­riques: logi­ciels pour Macin­tosh - la proxi­mité avec Apple aide -, la télé­vi­sion sous IP, la mobi­lité, etc. Ils y ont égale­ment un Tech­no­logy Cen­ter qui accueille les star­tups du coin qui sont inté­res­sées par l’adoption des plate-formes Micro­soft. La pré­sence de Micro­soft dans la Sili­con Val­ley est un acte de diplo­ma­tie vis à vis d’un écosys­tème qui ne l’apprécie pas énor­mé­ment. Des pro­grès y ont été faits, mais il leur reste du che­min à par­cou­rir. D’ailleurs, les dis­cours qui nous ont été dérou­lés étaient mal­heu­reu­se­ment assez conve­nus et très “bolo bolo”.

Chez SAP, c’était un peu mieux. Nous avons ren­con­tré Ike Nassi, le patron de la recherche aux US et en Asie de SAP. SAP a 325 cher­cheurs répar­tis dans le monde: USA, Canada, Alle­magne of course, Hon­grie et Bul­ga­rie, Israël, Chine et Inde. Une pré­sen­ta­tion qui avait le mérite de ne citer qua­si­ment aucun pro­duit de SAP et évoquait leurs dif­fé­rents domaines de recherche appli­quée, très orien­tés midd­le­ware. Au pas­sage, les logi­ciels SAP repré­sen­te­raient 313 mil­lions de lignes de code. Ils doivent faire par­tie des plus gros éditeurs de ce point de vue là avec Micro­soft (envi­ron 100 mil­lions de lignes rien que pour Win­dows) et Das­sault Systèmes.

Bon, l’entreprise n’est plus ma spé­cia­lité alors je passe. C’est trop ennuyeux…

Clean-tech

Nous avons ren­con­tré à déjeu­ner Matt LeCar de Tri­nity Ven­tures. Ce VC a autre­fois bossé en France chez EDF et il parle fran­çais! Il est main­te­nant l’un des VC les plus en pointe dans la Sili­con Val­ley sur les green techs.

C’est un nou­vel eldo­rado tout à fait censé qui vise à pré­pa­rer l’économie des USA à l’après-pétrole. Le phé­no­mène est plus pro­fond que ce com­por­te­ment de “plouto-écolos” que dénonce avec cynisme Jean-Louis Gassée.

La Sili­con Val­ley veut se pré­pa­rer et ne pas lou­per le coche. Mais la clean-tech est un mar­ché aussi vague et diver­sité que la high-tech. Cela intègre aussi bien des maté­riaux de construc­tion, l’énergie solaire et éolienne, des bat­te­ries, des voi­tures élec­triques (Shai Agassi, ancien patron de la R&D de SAP, a créé une boite dans ce sec­teur), le trai­te­ment de l’eau et tous les ser­vices associés.

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Reste  à trou­ver des modèles “sca­lable à forte marge”, la force des quatre piliers écono­miques actuels de la Sili­con Val­ley: l’Internet, le logi­ciel, les semi­con­duc­teurs et les bio­techs (quatre pre­miers sec­teurs mon­diaux en pro­fi­ta­bi­lité). Les modèles écono­miques du logi­ciel et de l’Internet n’existent pas encore dans la clean­tech car les coûts maté­riels res­tent élevés, et les ser­vices ne pré­sentent pas les écono­mies d’échelle fon­dés sur un gros inves­tis­se­ment en R&D et de faibles coûts mar­gi­naux de pro­duc­tion maté­rielle et de dis­tri­bu­tion des produits.

Petite réflexion cepen­dant, le temps en Cali­for­nie augure d’une future auto­no­mie éner­gé­tique cet état. En effet, l’état est enso­leillé toute l’année et les tem­pé­ra­tures hiver­nales sont plu­tôt clé­mentes. A l’instar de la high­tech, ils seront donc les pre­miers uti­li­sa­teurs des nou­veau­tés tech­no­lo­giques clean­tech qu’ils produiront.

Tous ces éléments étaient peut-être un peu super­fi­ciels. Cela s’explique par le fait que nous avons passé beau­coup de temps dans nos réunions à poser des ques­tions sur la culture et l’entrepreneuriat aux US, et moins sur les offres et ten­dances tech­no­lo­giques. J’ai cou­vert ces points non tech­nos dans mon pré­cé­dent post.

Voilà, c’était long, mais avec les images, ça passe mieux, n’est-il pas?

Pro­chain épisode: et la France dans tout ça? Quels fac­teurs de suc­cès de la Sili­con Val­ley pour­raient être répli­qués en France? Com­ment réfor­mer notre pays pour aller de l’avant dans l’innovation? Vaste programme…


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Publié le 5 décembre 2007 Post de Olivier Ezratty | Economie, Entrepreneuriat, Google, Innovation, Internet, Logiciels, Logiciels libres, Marketing, Microsoft, Médias, RSS, Silicon Valley, Startups, USA | 15 commentaires

Les 15 commentaires sur “Back from the Silicon Valley 2” :

  • Oli­vier, c’est par­fait - encore quelques épisodes et le bou­quin sera presque près.

    L’impatience me guette lorsque tu parles de “et la France dans tout cela”. Mes lec­teurs n’ont pas encore tout à fait répondu à la ques­tion “où est la Sili­con Val­ley en Europe”.

    A suivre dc…

    /Olivier N°2
    Sili­con Val­ley Trippeur

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 6 décembre 2007 :

    Elle n’existe pas en un seul lieu.

    Mis il y a quelques pôles inté­res­sants:
    - Cam­bridge au Royaume Uni est dans les 10 pre­miers du clas­se­ment de Shan­ghaï, c’est une excel­lente uni­ver­sité et elle est entou­rée de pas mal de boites de high-tech.
    - Gre­noble pour les nano-tech et un envi­ron­ne­ment uni­ver­si­taire scien­ti­fique de taille critique.

    L’Europe a décidé que sa Sili­con Val­ley serait dis­tri­buée et vir­tuelle avec son “Euro­pean Ins­ti­tute of Tech­no­logy”. C’est la réponse du com­pro­mis, aucun pays ne pou­vant acc­cep­ter qu’un autre héberge un tel avan­tage com­pé­ti­tif. Or l’expérience de la SV montre que la concen­tra­tion phy­sique des res­sources est indispensable.

    Bref, il faut déjà com­men­cer à rai­son­ner au niveau du pays et concen­trer les res­sources. Tu connais ma pré­fé­rence pour la Val­lée de Chevreuse…

  • Tout ceci est si pas­sion­nant, et ton récit est cap­ti­vant. Comme tou­jours avec tes billets, qui n’ont d’aileurs de billets que le nom :)

    Merci Oli­vier !

  • Tou­jours aussi pas­sion­nant (et écrit de manière simple et vivante) … merci.

    Pour rebon­dir sur le déve­lop­pe­ment d’une sili­con val­ley en France ou en Europe, ce que je retiens c’est que la SV est avant tout un état d’esprit :
    - culture du risque, aussi bien chez les inves­tis­seurs que les entre­pre­neurs.
    - culture mana­gé­rial multi-culturelle, per­met­tant un enri­chis­se­ment permanant.

    Le déve­lop­pe­ment de l’éco sys­tème Sili­con Val­ley résul­tant (à mon avis) de cette alchimie.

    En résumé c’est un vrai sys­tème libé­ral, ouvert sur l’extérieur, à l’opposé de la culture fran­çaise. En France on a certes les cer­vaux, mais il manque mal­heu­reu­se­ment tout le reste et il fau­dra plus d’une géné­ra­tion pour déve­lop­per cet esprit entreprenarial.

    Ceci étant dit, je pense que ce n’est pas catas­tro­phique. Lais­sons aux amé­ri­cains le loi­sir de déve­lop­per les infra­struc­tures de base (Google, eBay, Facebook, …).

    La valeur se trouve peut être ailleurs, notam­ment sur les services/produits à déve­lop­per au des­sus de ces briques de base. Ce qui est impor­tant ce sont les clients et il y a tel­le­ment de choses à déve­lop­per pour les clients européens.

    Je pense qu’un des pro­chain chal­lenge (pour les socié­tés fran­çaises et euro­péennes) est peut être com­mer­cial : déve­lop­pers des société euro­péenes capable d’adresser un mar­ché de 450 mil­lions de clients (à fort pou­voir d’achat) encore mor­cellé cultu­rel­le­ment. Avec un dol­lar en forte baisse, ce chal­lenge com­mence a avoir un inté­ret écono­mique évident …

  • [5] - Olivier Ezratty a écrit le 6 décembre 2007 :

    Laurent, tu as tout vu. C’est une ques­tion de culture et d’état d’esprit, puis de capa­cité à déployer une véri­table démarche mar­ke­ting et com­mer­ciale. Il y a cepen­dant pas mal de chan­ge­ments à opé­rer pour redon­ner du tonus au pays : dans la société, dans la gou­ver­nance du pays, dans l’enseignement supé­rieur et la recherche, dans la fis­ca­lité. Pour la culture et les valeurs, cela pren­dra peut-être du temps. Mais l’expérience montre qu’une sen­si­bi­li­sa­tion et une mobi­li­sa­tion média­tique peut faci­le­ment chan­ger les choses.

    Chris­tophe, merci pour ton petit mot. Cela fait tou­jours plai­sir de voir qu’il y en a qui prennent le temps de lire mes posts-roman. Cela évite l’impression d’être lancé dans de longs mono­logues… :) .

  • > Pour rebon­dir sur le déve­lop­pe­ment d’une sili­con val­ley en France ou
    > en Europe, ce que je retiens c’est que la SV est avant tout un état d’
    > esprit :

    Il y a aussi des fac­teurs geo-economiques impor­tant -- peut-etre pas
    cru­ciaux mais ils faci­litent enor­me­ment les choses, comme par exemple
    une ban­lieue concen­tree qui n’est pra­tique que si on roule en voi­ture,
    une main d’oeuvre non qua­li­fiee abon­dante, tres peu payee et sou­vent
    non decla­ree, le recour sys­te­ma­tique a une immi­gra­tion choi­sie assez
    (tres) res­tric­tive, une popu­la­tion tres conso­ma­trice grace a
    l’utilisation sys­te­ma­tique du cre­dit. Ces fac­teurs impor­tants ne sont
    pas neces­sai­re­ment repli­cables en Europe (et cer­tains ne sont
    ega­le­ment pas for­ce­ment durables)

    Ceci dis, d’autres endroit aux US pre­sentent les meme carac­te­ris­tiques
    mais n’ont pas neces­sai­re­ment donne les meme resultats.

    Ca doit etre un truc dans l’eau du robi­net ;-) A non, sa conso­ma­tion
    n’est pas recommandee…

  • Here comes ano­ther bubble… je l’ai trouvé aujourd’hui j’en rigole encore.

    And by the way .… Il faut finan­cer les jeunes ! On se char­gera du reste dans 3 ou 4 ans … c’est pro­ba­ble­mentr le meilleur ROI pos­sible (et je ne pense pas à moi)

    RISK IS GOOG (oups sorry GOOD)

  • [8] - Olivier Ezratty a écrit le 6 décembre 2007 :

    Apbianco, est-ce que la main d’oeuvre bon mar­ché non qua­li­fiée est vrai­ment plus abon­dante dans la val­lée? Pas évident! Ou alors, cela ne concerne pas vrai­ment l’économie de la high-tech. Mais les fran­çais qui nous lisent et vivent en Cali­for­nie pour­raient nous renseigner.

  • Oli­vier, cela vaut vrai­ment le coup de :
    - dif­fé­rer le trai­te­ment des 313 mails res­tant dans son Inbox;
    - remettre au len­de­main le télé­char­ge­ment du bien nommé Xobni;
    - sus­pendre son juge­ment sur Think­free, Myxer, Pcnik, Scribd, Snip­shot, Zazzle, et même Zoho;
    - renon­cer à te deman­der pour­quoi tu ne dis rien sur Swi­vel;
    …pour décou­vrir tes vues sur les rives (et dérives ?) de la Bay Area !

  • Dépêche AFP, je cite : “on vient de trou­ver des traces de pan­thères dans la Sili­con Val­ley. De la à ima­gi­ner qu’une Panthère’s Val­ley serait en cours de créa­tion chez les Gaul­lois, il n’y a qu’une patte (de Pan­thère), que nous ne fran­chi­rons pas”.

    Pro­chaine trace de Pan­thères le 25 jan­vier à Paris - Coop­ta­tion obli­ga­toire. Etre sympa et dirigeant(e) web est obligatoire.

    /Olivier
    G.O. Panthère’s Club
    Ins­crip­tion pantheres@altics.fr

  • Bon­jour,
    J’habite depuis 4 ans dans la Val­lee et ai eu l’honneur de faire la connais­sance d’Olivier (et d’Olivier) et des autres membres du trip “techi­teasy” la semaine derniere.

    Deux petits points: d’abord concer­nant l’ecosysteme. Oui je pense comme Laurent Ber­vas (post 4) qu’un cri­tere fon­da­men­tal de la reus­site de la Val­lee est le fac­teur “cultu­rel”, c’est a dire une atti­tude ouverte: sur le risque, sur les nou­velles cultures, sur les nou­velles idees etc. J’irai meme un peu plus loin en para­phra­sant JL Gas­see:
    J’ai pu accueillir un autre groupe de Fran­cais aujourd’hui, ils venaient de l’IHEE (http://www.institut-entreprise.fr/index.php?id=340)
    et j’encourage d’ailleurs tous les par­ti­ci­pants du voyage techi­teasy a entrer en contact avec ce groupe d’une qua­ran­taine “d’intellos” fran­cais venus notam­ment refle­chir au modele Sili­con Val­ley et a son impor­ta­tion en France. JL Gas­see a fait un petit talk inter­es­sant ou il com­pa­rait la Val­lee au Sen­tier a Paris (du moins, a son image cari­ca­tu­rale), ou tout le monde se connait, tra­vaille ensemble et est en meme temps concur­rent, et ou fina­le­ment le busi­ness se passe car les inter­ac­tions sont plus faciles et natu­relles.
    Son mes­sage etait qu’il est dif­fi­cile d’imposer ou juste de creer dans un autre endroit un eco­sys­teme comme celui de la Val­lee, car il n’y existe pas natu­rel­le­ment: c’est plus que la culture locale, c’est vrai­ment l’habitude et l’infrastructure locale qui font de cet endroit un lieu unique…
    Des reactions?

    Second point, en reponse a Apbianco: en effet, il y a des immigres clan­des­tins ici (et ils ont un effet a mon avis mar­gi­nal sur la Hi Tech), et en gene­ral beau­coup d’argent et de consom­ma­tion… mais tel­le­ment plus qu’a Chi­cago ou a New York: si la Sili­con Val­ley est la ou elle est, c’est bien qu’elle repre­sente une “ano­ma­lie” locale, et qu’elle n’est pas juste une carac­te­ris­tique des USA…

  • il fal­lait lire bien sur “mais pas tel­le­ment plus qu’a Chi­cago ou a New York” - sorry…

  • Tout sim­ple­ment pas­sio­nant, j’ai hâte d’y être !

  • Apbianco, est-ce que la main d’oeuvre bon mar­ché non qua­li­fiée est vrai­ment plus abon­dante dans la val­lée? Pas évident! Ou alors, cela ne concerne pas vrai­ment l’économie de la high-tech.

    Oui -- une grande par­tie de l’infrastructure qui per­met au gens de tra­vailler com­for­ta­ble­ment dans la val­lee depend de cette main d’oeuvre bon mar­chee, omni­present en Cali­for­nie du fait de la proxi­mite du Mexique: du ramas­sage des fruits et legumes (Nappa/Sonoma/Monterey/Santa-Cruz/Central Val­ley) au trai­te­ment sani­taire et manu­cu­rage des gazons et arbustes, garde des enfants, repa­ra­tion des voi­tures, repa­ra­tions des mai­sons (poin­tez vous a Home depot le matin a 7:00am -- vous pou­vez enbau­cher une armee d’irreguliers qui vendent leur tra­vail a l’heure, ils vous attendent sur le par­king.) Beau­coup de cette main d’oeuvre essen­tiel­le­ment d’origine Mexi­caine vit un peu a l’exterieur de la val­lee dans des condi­tions pas tou­jours tres dignes, passent de longues heures sur la route. En contre par­tie, leur enfants naissent Ame­ri­cains, sont sco­la­rises et ne sont pas expul­sables (droit du sol contre droit du sang chez nous.)

    Mais les fran­çais qui nous lisent et vivent en Cali­for­nie pour­raient nous renseigner.

    Nous en reve­nons apres un sejour de 10 ans. Il y a une sou­plesse de l’emplois qui faci­lite enor­me­ment les choses, tout le monde essaye d’y trou­ver son compte, meme si les dera­pages sont fre­quents -- la par­tie pro­gres­siste de la popu­la­tion garde un oeil sur la situa­tion, donc cer­tains progres sont accom­plis meme s’il reste beau­coup a faire.

  • [15] - Olivier Ezratty a écrit le 18 décembre 2007 :

    N’avons nous pas aussi en France cette main d’oeuvre bon mar­ché? Pour les récoltes dans le sud, il y a plein de per­son­nels mal payés en pro­ve­nance d’afrique du nord, via l’Espagne. Et pour les tra­vaux de maçon­ne­rie et équi­va­lents, plein de tra­vailleurs d’Europe de l’Est. Tout ça plus ou moins au noir. La garde d’enfants? En France aussi cela se fait sou­vent au black, même s’il y a les chèques emploi ser­vice qui ont réduit le phénomène.

    La dif­fé­rence peut-être avec les US, c’est que là bas, on accepte plus faci­le­ment de payer pour des “petits ser­vices” alors qu’en France, on paye le ser­vice quand on n’a pas d’autre choix. Je suis tou­jours étonné de voir par exemple le nombre de per­sonnes dans les aéro­ports qui gèrent l’accueil aux USA: contrôle des pas­se­port, douanes, plein de gars redon­dants les uns avec les autres dont le métier est de récu­pé­rer un petit bout de papier blanc.




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