IDC et les DSI passent au Web 2.0 - 2/2

Publié le 27 septembre 2006 - 2 commentaires -
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Voici la suite de mon “petit” compte rendu de l’IDC IT Forum 2006 démarré dans mon post pré­cé­dent. On passe à la seconde jour­née de cet événement.

Mar­tin Can­ning, Group VP IDC EMEA, “Future of information”

Il faut pour lui regar­der au dehors de l’entreprise pour per­çe­voir les chan­ge­ments dans la société. Ces chan­ge­ments sont cri­tiques pour prendre des bonnes déci­sions stra­té­giques pour le busi­ness. Indeed!

Le % d’informations néces­saire à l’innovation qui devrait pro­ve­nir de l’extérieur reste cepen­dant bien faible dans un son­dage des DSIs : 35% des CIOs pensent qu’il y a plus de 70% des infor­ma­tions qui devrait pro­ve­nir de l’extérieur. J’aurais ten­dance à pla­cer la barre plus haut!

Et de conclure avec une remarque per­ti­nente: “Les meilleures ques­tions sont celles que l’on ne pose pas!”.

Jimmy Whales, le fon­da­teur de Wikipedia

Comme c’est un avo­cat de l’ouverture, vous trou­ve­rez sa pré­sen­ta­tion ici.

Il raconte l’histoire, l’origine et la crois­sance de l’encyclopédie. C’est un phé­no­mène au déve­lop­pe­ment expo­nen­tiel: 1,4 mil­lions d’articles dans la ver­sion anglaise repré­sen­tant un tiers du total des articles. Il y a 107 langues repré­sen­tées. Cela change les habi­tudes dans cer­taines cultures comme les cultures arabes, peu habi­tuées d’après lui à la notion même d’encyclopédie.

Le phé­no­mène Wiki­pe­dia s’étend à des com­mu­nau­tés spé­cia­li­sées “Wikia”. Il four­nit l’exemple d’une ency­clo­pé­die sur les Mup­pets qui a ras­sem­blé 10000 articles après moins d’un an d’existence!

Wiki­pe­dia a tra­versé une crise de confiance en 2005 liée à un article conte­nant une infor­ma­tion erro­née (sur le rôle d’un ancien conseiller de JFK et Lyn­don B. John­son dans l’assassinat du pre­mier). Cer­tains médias pré­di­saient même la mort de Wiki­pé­dia. Cela a en fait déve­loppé sa noto­riété et accé­léré la crois­sance de son audience!

L’équipe de Wiki­pe­dia US est toute petite avec un bud­get de $750K, cinq employés dont deux déve­lop­peurs. Le bud­get est ali­menté par des donations.

James explique le fonc­tion­ne­ment très ouvert et le méca­nisme com­mu­nau­taire d’autorégulation et auto­mo­dé­ra­tion des articles. La confiance est une valeur clé de Wiki­pé­dia. Il vaut mieux faire confiance dans le bien que les gens peuvent faire que dans le mal poten­tiel qui est mar­gi­nal. La crise de 2005 ne les a pas ame­nés à se fer­mer. Sim­ple­ment, à “flag­ger” les articles. Rien n’est effacé dans Wiki­pe­dia. La tra­ça­bi­lité de la vie des articles est totale. L’ouverture est clé.

S’en est suivi un débat très inté­res­sant avec Whales, Andy Jones de Xerox, Claus Mik­kel­sen d’Hitachy Data Sys­tems et Jim Led­bet­ter de Time Europe.

Whales se fait l’avocat de la struc­ture de l’information sous forme de Wikis plu­tôt qu’en forums. Avec notam­ment l’exemple de la recherche cou­rante de mes­sages d’erreur sur Google. Si l’information asso­ciée était dans des Wikis ou si les bases de connais­sances des four­nis­seurs étaient com­plé­tées par des Wikis, on s’y retrou­ve­rait plus facilement.

Il n’y a d’ailleurs pas beau­coup d’information sur les sites Web des entre­prises. Les com­mu­nau­tés sont bien plus puis­santes et pro­lixes. Au point que cela peut rendre les entre­prises un peu pares­seuses (cf mon post sur Micro­soft et Zune).

Tout le logi­ciel de Wiki­pe­dia est en open source et libre­ment uti­li­sable (il s’agit de Media­Wiki). Une entre­prise peut très bien créer un Wiki interne. Mais aussi uti­li­ser des solu­tions com­mer­ciales comme Social­text. Whales recom­mande aux entre­prises de créer des Wikis ouverts sur l’extérieur, avec contri­bu­tion des col­la­bo­ra­teurs de l’entreprise. Il est bon d’améliorer l’expérience uti­li­sa­teur et de les aider à s’en sor­tir! C’est le déclin annoncé des entre­prises qui veulent contrô­ler l’information à leur sujet. Vos clients en savent plus sur vous que vous mêmes. Si vous n’écoutez pas, vos concur­rents le feront!

Whales évoque le para­doxe d’Apple qui est d’un côté une boite assez fer­mée en termes de com­mu­ni­ca­tion - sur­tout avant ses grands lan­ce­ments - et ouverte dans son encou­ra­ge­ment à l’activité de nom­breuses com­mu­nau­tés d’utilisateurs et développeurs.

Constat géné­ral du panel: les “vieux DSI” qui ont passé la moi­tié de leur car­rière avant l’Internet vont pas­ser la main à une nou­velle géné­ra­tion de DSI qui vont rendre l’information plus ouverte.

Craw­ford del Prete, SVP IDC

Un top ana­lyste d’IDC qui syn­thé­tise ces deux journées:

  • Com­plex stuff more com­plex to sell.
  • Not just soft­ware as a ser­vice, but ser­vice as soft­ware. Effec­ti­ve­ment, tous les ser­vices peuvent être trans­fé­rés ou amé­lio­rés avec du logiciel.
  • Leve­rage what you have. OK…
  • Free cycles for SOA, Web 2.0, Saas, data access, mobi­lity, secu­rity, etc. Et las, le DSI se dit qu’il se demande bien com­ment il va procéder…

Jeff Sam­pler, pro­fes­seur à Oxford

La confé­rence IDC se concluait sur un très bon dis­cours sur le lea­der­ship et l’esprit de compétition.

Jeff Sam­pler fait le paral­lèle entre la crois­sance pépère des écono­mies occi­den­tales et le rythme de crois­sance et de chan­ge­ment effré­nés dans les pays comme l’Inde et la Chine. Dans ces pays, le regard est dif­fé­rent. L’esprit de concur­rence y est très fort et com­mence dans la vie tout court, et notam­ment dans l’enseignement supé­rieur où les places dans les meilleures uni­ver­si­tés sont beau­coup plus rares et chères que dans nos pays occi­den­taux. L’esprit est tout aussi com­pé­ti­tif pour se frayer un pas­sage en voi­ture dans les rues bon­dées où il y a 1 cm entre chaque voi­ture et où les rétro­vi­seurs sont cas­sés ou raba­tus. Ce qui explique pour­quoi un euro­péen, même un ita­lien, aura des dif­fi­cul­tés à conduire à Bombay!

Jeff passe au dan­ger de la sur­fo­ca­li­sa­tion. Dans la vie cou­rante des entre­prises, on ne voit pas les signaux faibles, on ne cherche pas à les inter­pré­ter, on néglige ce que les clients disent. Même lorsqu’on l’entend.

Cela génère un besoin de trans­pa­rence interne dans les entre­prises. Les pro­cess d’escalade interne sont à créer et à faire connaitre. Cela me rap­pelle le “bad news tra­vel fast” de Bill Gates au moment de la publi­ca­tion de son bou­quin sur “Busi­ness at the speed of thought” en 1999. Et il ne faut pas tirer sur les mes­sa­gers. C’est du bon sens… même si mal­heu­reu­se­ment pas appli­qué à toutes le strates de mana­ge­ment dans plein d’entreprises!

L’adaptation est constante et trop de métriques des entre­prises sont orien­tés vers le passé (revenu, pro­fit, part de marché).

Il conclut avec une vente aux enchères d’un billet de 100€ qui monte à plus de 100€ avec deux ou trois par­ti­ci­pants de l’audience. C’est un exemple de sur­fo­ca­li­sa­tion et d’absence de porte de sor­tie dans une stra­té­gie d’engrenage! Donc, faites des paris certes, mais soyez pru­dents et pré­voyez la porte de sor­tie pour éviter d’être embar­qués dans une his­toire sans fin. Ce test aurait été réa­lisé avec l’équipe du pré­sident John­son au moment de la guerre du Viet­nam. Il a mal­heu­reu­se­ment été néces­saire de faire appel à deux autres Pré­si­dents pour ter­mi­ner cette fou­tue guerre!


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Publié le 27 septembre 2006 Post de Olivier Ezratty | Actualités, Blogs, Communication, Internet, Marketing, Microsoft, Technologie | 2 commentaires

Les 2 commentaires sur “IDC et les DSI passent au Web 2.0 - 2/2” :

  • Excellent.
    Le phé­no­mène Wiki­pe­dia s’étend à des com­mu­nau­tés spé­cia­li­sées “Wikia”

    A noter que Wikia et la société com­mer­ciale qu’il a fonde et financé par les Vcs a hau­teur de 4M.
    Donc qu’il explique que le cela s’étend n’est pas si sur­pre­nant … cela doit etre en sub­stance ce qu’il a vendu au fonds !

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 28 septembre 2006 :

    Et quel est leur busi­ness model au juste?




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