Eléphants ou dinosaures ?

Publié le 19 octobre 2006 et mis à jour le 12 mai 2007 - 2 commentaires -
PDF Afficher une version imprimable de cet article

Je viens de « dépi­ler » ce fameux pre­mier débat des can­di­dats du PS dans mes enre­gis­tre­ments. Il est aussi dis­po­nible en strea­ming sur dif­fé­rents sites Web dont celui du Parti Socia­liste.

J’en retire une impres­sion miti­gée sur le fond, mais un constat moins néga­tif sur la forme et l’impact que les nom­breux com­men­taires de dif­fé­rents blogs comme celui de Loic le Meur.

Ce débat était fina­le­ment d’une bonne fac­ture par rap­port à ce que l’on voit habi­tuel­le­ment. Il per­met­tait de balayer rela­ti­ve­ment cal­me­ment un grand nombre de sujets écono­miques. Les inter­ve­nants ne se cou­paient pas la parole contrai­re­ment à la grande majo­rité des débats télé­vi­sés. Bien entendu, les can­di­dats lisaient leurs notes, ce n’était pas très natu­rel. Mais ça l’est bien rare­ment. Même un poli­tique qui parait très natu­rel et spon­tané ne fait que répé­ter la même chose pour la mil­lième fois!

Les jour­na­listes de LCP/La Chaine Sénat posaient des ques­tions plu­tôt per­ti­nentes aux trois éléphants - ou dino­saures, selon - du PS. Au point que par­fois elles sem­blaient pro­ve­nir plus de concur­rents de la droite que de mili­tants du PS. Telle cette relance vers la fin du débat sur les régimes spé­ciaux des retraites que Fabius et Royal évitaient soi­gneu­se­ment de trai­ter de façon frontale.

Depuis quand avons-nous eu ce genre de débat en France ? En exa­gé­rant un peu, cela doit remon­ter à 1995 avec le débat Chirac/Jospin de la pré­si­den­tielle. En 2002, pas de débat ! Mais ce n’était effec­ti­ve­ment pas un débat contra­dic­toire. Le béné­fi­ciaire en était le PS dans son ensemble. Car les faibles dif­fé­rences entre les trois can­di­dats per­met­tront plus faci­le­ment de créer l’unité autour du vain­queur. En face, l’UMP n’a pas véri­ta­ble­ment eu l’occasion d’exposer son pro­gramme sur une telle durée, une telle audience et une telle pro­fon­deur. Certes, les Conven­tions de l’UMP sont d’assez bonne fac­ture sur le fond. Mais elles sont géné­ra­le­ment conclues par des dis­cours de Sar­kozy d’une demi-heure dont les médias ne reprennent 30 secondes et tra­ves­tissent son pro­pos. Le résul­tat est assez médiocre en termes de com­mu­ni­ca­tion. L’UMP devrait tirer parti de cette expé­rience pour mieux faire valoir ses idées et pro­grammes. C’est une ques­tion de « part de voix ». En tout cas, bravo aux chaines par­le­men­taires qui per­mettent de voir de l’intérieur le fonc­tion­ne­ment des par­tis qui était avant elles invisible !

Main­te­nant, sur le fond, c’est évidem­ment une autre affaire. C’est un mélange de bon sens sur le rôle de l’Etat, sur le besoin de jus­tice sociale, et d’incongruités écono­miques fla­grantes. Il fau­dra pas­ser tout ce pro­gramme au crible, un peu comme le men­suel “Capi­tal” l’avait fait cet été sur les idées de Ségo­lène Royal. Allons-y donc…

Sur le pro­pos écono­mique des can­di­dats du PS, on nage effec­ti­ve­ment en plein fan­ta­sy­land. C’est une déma­go­gie clas­sique que l’on nous sert depuis 25 ans. Le seul des trois can­di­dats qui est censé s’y connaître un peu en écono­mie est DSK car il l’enseigne. Encore que… il soit uni­ver­si­taire et n’a pas d’activité pro­fes­sion­nelle indus­trielle en paral­lèle, ce qui le décon­necte pas mal des réa­li­tés. Même s’il a été Ministre des Finances pen­dant deux ans (1997-1999).

Quand DSK annonce le plein emploi en 10 ans, c’est un non sens bien connu des écono­mistes. Encore faut-il d’ailleurs défi­nir le « plein emploi ». Est-ce reve­nir à un taux de chô­mage rési­duel assez incom­pres­sible d’environ 4%, ou à 0% ? Aucun pays n’a connu 0% de chô­mage réel dans aucune période de l’histoire de l’humanité à ma connais­sance ! La France est assez mal pla­cée pour ren­trer dans le livre des records de ce point de vue là. Reve­nir à la moyenne euro­péenne ou occi­den­tale serait déjà une per­for­mance respectable !

Même incon­gruité lorsque DSK fait le rap­pro­che­ment entre l’arrivée des 35 heures et le taux de crois­sance de la période Jos­pin. Tout d’abord, le « déploie­ment » des 35 heures n’est inter­venu mas­si­ve­ment qu’à par­tir de 2000, et les taux de crois­sance avaient redé­marré dès 1998 après la fin de la crise finan­cière de 1997 en Asie. Com­ment pré­tendre que l’augmentation du coût du tra­vail ait généré de la crois­sance! Car c’est bien la consé­quence écono­mique des 35 heures. Consé­quence double car lorsque les 35 heures ont été appli­quées aux fonc­tion­naires, la ponc­tion a été réa­li­sée deux fois : comme ils sont payés par les impôts, cela a alour­dit indi­rec­te­ment la charge sur les salaires, même si l’augmentation du coût a été asso­ciée à des baisses de charges sup­por­tées elle-mêmes par les impôts. Pour faire simple, les sala­riés moins pro­duc­tifs ont été indi­rec­te­ment taxés pour le finan­ce­ment de cette perte de pro­duc­ti­vité. Et des gains de pro­duc­ti­vité ont sur­ement été géné­rés, mais pas uni­for­mé­ment, et pas dans tous les métiers.

On oublie aussi, à pro­pos des grandes entre­prises, de rap­pe­ler que l’essentiel de leurs pro­fits pro­viennent main­te­nant de leurs acti­vi­tés à l’étranger et que leur acti­vité en France est bien moins pro­fi­table car la crois­sance y est faible, et les cycles de vente plus longs dans les pro­duits à forte valeur ajou­tée. Les impôts payés en France par ces entre­prises (dont le siège n’a pas été déplacé hors de France…) sont donc des ponc­tions sur la richesse de pays étran­gers sou­vent moins riches, finan­çant le niveau de vie des fran­çais ! Cette finan­cia­ri­sa­tion pro­fite donc à l’économie fran­çaise même si elle fonc­tionne évidem­ment dans l’autre sens au pro­fit d’entreprises étran­gères implan­tées en France.

La déma­go­gie par excel­lence, c’est quand Fabius indique que 85% des gens sont satis­faits par les 35 heures. Bien entendu qu’ils sont satis­faits! On leur a per­mis de tra­vailler moins pour le même salaire. Qui ne serait pas satis­fait ? Mais la consé­quence est à long terme: perte de com­pé­ti­ti­vité et baisse de la valeur ajou­tée. Or la richesse avant de se par­ta­ger, elle se créé. Les 35h ont sim­ple­ment baissé la quan­tité de tra­vail, donc de richesse pro­duite par le pays. Même déma­go­gie lorsque Fabius et DSK font appel au consen­sus des “grandes confé­rences mul­ti­la­té­rales” pour régler les pro­blèmes des retraites, de la sécu­rité sociale, du SMIC, etc. Bien sûr qu’il faut du consen­sus, mais il faut aussi du lea­der­ship et des idées de base qui tiennent la route. Et comme on en est loin, ces consen­sus se feront au détri­ment des uns et au pro­fil des autres, et sur­tout en faveur du sta­tus quo.

Sur l’inno­va­tion, on assiste à cette rela­tion incan­ta­toire à la recherche. On confond allè­gre­ment recherche et inno­va­tion dans ce pays. La recherche est effec­ti­ve­ment le préa­lable à un grand nombre d’innovations, mais les inno­va­tions se déve­loppent avec bien d’autres ingré­dients. C’est un cercle ver­tueux mélan­geant finan­ce­ment, attrac­ti­vité écono­mique, tra­vail plu­ri­dis­ci­pli­naire, liens entre uni­ver­si­tés, labos et entre­prises, mise en réseau, déve­lop­pe­ment des PME, mar­ke­ting et vente, et sur­tout déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal. Ces thèmes sont rare­ment cou­verts par les politiques.

A force de se foca­li­ser sur le bud­get de la recherche, on est à côté de la plaque de ce qui ne va pas en France. La recherche n’y est pas si mau­vaise que cela. C’est sa valo­ri­sa­tion qui l’est. Com­bien de bonnes tech­no­lo­gies ont été mal accom­pa­gnées et mal mar­ke­tées dans ce pays qui a inventé le micro-ordinateur, le Mini­tel ou la carte à puces, et n’a pas été capable de les indus­tria­li­ser à l’échelle internationale?

La France est un pays com­pli­qué qui sait faire des choses com­pli­quées à petit volume (fusées, TGV, avions, porte-avions, etc) mais pas des pro­duits à forte valeur ajou­tée à fort volume, même en les fabri­quant en Chine !

Dans l’accompagnement même de l’innovation, la France donne dans le com­pli­qué. L’Oséo-Anvar recense 5000 dis­po­si­tifs publics d’aide à l’innovation ! C’est une véri­table usine à gaz et une dis­per­sion des cré­dits qui fait perdre un temps fou aux entre­pre­neurs qui passent des jour­nées à rem­plir des dos­siers pour grap­piller quelques mil­liers d’Euros par ci, quelques autres par là. Des aides plus simples et sur­tout plus géné­riques seraient bien plus effi­caces ! De plus, les aides à l’innovation notam­ment autour des pôles de com­pé­ti­ti­vité comme de l’Agence de l’Innovation sont trus­tées par les grandes entre­prises et le clien­té­lisme, au détri­ment des PME innovantes.

Qui va oser le dire à droite et à gauche ?

Sur l’enjeu de la for­ma­tion, les enjeux ne sont évidem­ment qu’effleurés, mais c’est peut-être l’objet de l’un des autres débats. Les can­di­dats du PS n’oseront pas dire qu’il faut réin­tro­duire de la sélec­tion « répu­bli­caine » dans l’université, et faire en sorte qu’il y ait moins d’étudiants en sciences humaines et plus dans les filières DUT/BTS qui cor­res­pondent à des offres d’emploi bien réelles.

A force de par­ler du SMIC, on oublie un phé­no­mène fon­da­men­tal de la mon­dia­li­sa­tion : elle a com­mencé par nous bouf­fer par le bas, avec des coûts de fabri­ca­tion plus faibles dans les pays en voie de déve­lop­pe­ment. Mais elle est en train de nous bouf­fer silen­cieu­se­ment par le haut. Les scien­ti­fiques et ingé­nieurs indiens et chi­nois sont aussi bons, si ce n’est meilleurs que les nôtres, ils ont « faim » et en plus, ils sont plus nom­breux. Cette concur­rence de l’intelligence « par le haut » va nous faire encore plus de mal à terme que la concur­rence « par le bas ». Et la recherche n’est pas la seule réponse, car même dans la recherche, on peut se faire dépasser !

La dis­cus­sion sur l’augmentation du SMIC rele­vait d’un clien­té­lisme de bon aloi. Il est fort hono­rable de vou­loir aug­men­ter le SMIC car son niveau ne per­met effec­ti­ve­ment pas un foyer de vivre cor­rec­te­ment. Même si en réa­lité, un grand nombre de foyers peuvent dou­bler leur revenu via diverses allo­ca­tions. Au point qu’un foyer dont un seul des membres tra­vaille au SMIC peut avoir plus de reve­nus qu’un foyer dont les deux adultes tra­vaillent au SMIC. Mais là encore, aug­men­ter le SMIC devrait s’accompagner d’idées écono­miques sur la manière de créer plus de richesses. Pas sim­ple­ment d’augmenter les coûts. Les chefs d’entreprise seraient par exemple prêts à échan­ger une reva­lo­ri­sa­tion des salaires contre un peu de flexi­bi­lité. Mais on en est loin, la crise ubuesque du CPE l’a démontré!

Sur le loge­ment, j’ai noté cette belle bou­tade de DSK “l’ascenseur social est blo­qué à l’étage du loge­ment”. Bien vu effec­ti­ve­ment! Le reste des idées sur la construc­tion de loge­ments sociaux, de nou­velles villes nou­velles, était assez censé. Ce bon DSK nous a même parlé de bâtir des villes à la cam­pagne, là où le ter­rain est moins cher. Pour­quoi pas si les trans­ports en com­mun suivent!

Sur les retraites, bonne nou­velle, DSK évoquait une “répar­ti­tion dif­fé­rente du tra­vail au long de la vie”. Façon de dire qu’il fau­dra repous­ser l’âge de la retraite au-delà de 60 ans. Mais sans le dire pour ne pas effrayer ! Mais aucun des can­di­dats n’évoque les don­nées réelles du pro­blème. Ils tournent autour du pot, creusent la piste des per­sonnes dépen­dantes, mais n’affrontent pas la réa­lité écono­mique et démographique.  

Sur la parité hommes/femmes, Fabius pro­met que son gou­ver­ne­ment aura 50% de femmes! Pro­messe impos­sible à tenir. A la fois parce qu’il n’a aucune chance de deve­nir pré­sident, et parce qu’il fau­dra équi­li­brer les postes en fonc­tion des jeux de pou­voir au PS. Et ces jeux de pou­voir sont pour l’instant favo­rables aux hommes. Com­bien il y-a-t-il de femmes au comité natio­nal du PS? De dépu­tés PS? Moins de 20%!

Sur l’éner­gie, il y avait quelques bonnes idées et prin­cipes de bon sens, mais quelques don­nées far­fe­lues. L’Allemagne dont 8% de l’énergie est éolienne ! Cela m’étonnerait beau­coup ! C’est pro­ba­ble­ment 8% d’un bout de l’énergie pro­duite (élec­trique ?). Et puis, dans l’histoire EDF et GDF, DSK qui parle d’indépendance éner­gé­tique sans faire la dis­tinc­tion entre l’approvisionnement, la pro­duc­tion et la dis­tri­bu­tion. Seules les deux pre­mières relèvent véri­ta­ble­ment de l’indépendance éner­gé­tique, pas la dernière.

Si on ter­mine par le compte d’exploitation, je sou­haite qu’un jour les par­tis poli­tiques fassent le compte dans leur pro­gramme de l’augmentation des dépenses, des écono­mies et des aug­men­ta­tions d’impôts asso­ciées. Pour l’instant, je n’entend que dépenses sup­plé­men­taires, aucune écono­mie et juste des charges et impôts en plus. Et quand quelques écono­mies sont évoquées, qu’elles soient chif­frées. Qu’on ait une idée de l’ordre de gran­deur! C’est cela qui qua­li­fiera la qua­lité d’une poli­tique écono­mique et en amé­lio­rera la lisi­bi­lité. Même si peu d’électeurs ont une approche comp­table de l’économie. Les poli­tiques gagne­raient à prendre les gens pour plus culti­vés qu’ils l’imaginent!

All in all, aucun des can­di­dats ne s’est vrai­ment déta­ché. Ségo­lène Royal était meilleure que je l’imaginais, sa rela­tion au monde réel semble plus concrète que celle des autres. Domi­nique Strauss-Kahn est plus affirmé mais pas suf­fi­sam­ment vision­naire. Quand à Laurent Fabius, son posi­tion­ne­ment très à gauche n’est pas natu­rel et on sent une forme de déma­go­gie méthode coué dans son pro­pos qui dérange. Le vain­queur est comme je le disais au début le pro­gramme du PS qui a béné­fi­cié de deux heures d’explications. Même si il est déma­gogue, cette part de voix les aidera !

Un mot enfin sur le truc de « comm » de Royal qui pré­sen­tait sa carte des pôles de com­pé­ti­ti­vité. Cer­tains trouvent cela sco­laire. Peut-être. Mais c’était peut-être un moyen de mon­trer une meilleure accroche au réel et au concret que les autres can­di­dats. Dans une pré­sen­ta­tion, il faut illus­trer son pro­pos et s’aider d’un gra­phique ne fait de mal à per­sonne si cela aide à la péda­go­gie ! On est loin de l’abus du Power­point ! Seul pro­blème, les fran­çais n’ont en géné­ral aucune idée de ce qui se cache der­rière les pôles de com­pé­ti­ti­vité ! Donc, on nage dans le flou et Royal pou­vait racon­ter n’importe quoi sans ver­gogne. Et puis, Fabius, tout énarque qu’il est, nous a tout de même gra­ti­fiés d’un « les espa­gnols ont pris une loi ». Alors qu’en fran­çais, on dit plu­tôt « créé » voire « voté ».

Mon rêve ? Qu’après un tel débat, on ait droit à un com­men­taire avisé d’économistes de renom qui « cas­se­raient » les pro­pos déli­rants des poli­tiques. Cela remet­trait les pen­dules à l’heure. Quel média aura le cou­rage d’organiser cela et avant minuit ? Un peu comme les Dos­siers de l’Ecran d’antant. Le vrai débat, après le « film » des poli­tiques ! Et pour les poli­tiques de tout bord. Le PS n’a pas le mono­pole de la déma­go­gie, loin s’en faut!

Je conti­nue­rai à com­men­ter la cam­pagne pré­si­den­tielle en tâchant de col­ler au plus près au thème cen­tral de ce blog : l’innovation.

Que pensez-vous de votre côté de la manière dont les pré­si­den­tiables devraient trai­ter ce thème de l’innovation et de l’économie en géné­ral ? Com­ment sor­tir du bêti­sier actuel ? 

Ver­sion révi­sée ven­dredi 20 octobre à 12h00.


Social book­mar­king:
  • Wikio FR
  • Technorati
  • Digg
  • StumbleUpon
  • del.icio.us
  • Facebook
  • FriendFeed
  • Suggest to Techmeme via Twitter
  • Twitter

Publié le 19 octobre 2006 Post de Olivier Ezratty | Actualités, France, Politique | 2 commentaires

Les 2 commentaires sur “Eléphants ou dinosaures ?” :

  • COmme toi je consi­dere que l’innovation est LE parent pauvre de la societe fran­caise; c’est pas seule­ment du fait des poli­tiques, c’est aussi culturel

    Disons que l’initiative en gene­ral n’est pas vrai­ment encouragee

    Il ya trop de lois, trop rigides, pour per­mettre une res­pi­ra­tion a tous les eche­lons de la societe

    Cer­taines ener­gies et ini­tia­tives sont etouf­fees a cause de cela

    C’est l’un des pro­blemes majeurs qu’il faut resoudre pour l’avenir de la France

    Quant a la dema­go­gie, elle est effec­ti­ve­ment par­tout; c’est la loi de la demo­cra­tie ca! Il faut plaire aux mili­tants de son appa­reil politique

    On pour­rait en par­ler des heures.…Sur le plein emploi, il s’agit bien d’une don­nee incom­pres­sible qui cor­res­pond a un taux d’inactivite de 5% (repre­sen­tant les per­sonnes chan­geant ponc­tuel­le­ment de travail)

    Je n’ai pas com­pris ce que tu disais sur le ponc­tion­ne­ment opéré sur la richesse de pays etran­gers? Il s’agit d’impots sur les bene­fices de societes fran­caises, dont les comptes sont conso­lides en France.….cet argent n’est pas for­ce­ment rein­vesti dans les pays etran­gers, et s’il l’est , je crois qu’il y a des abat­te­ments et deduc­tions a faire pour le cal­cul des impots

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 20 octobre 2006 :

    Oui, c’est vrai, il y a du cultu­rel. Mais pas seule­ment du fait des lois et autres règle­ments. C’est aussi la consé­quence d’une culture mana­gé­riale qui n’évolue pas assez vite. Elle reste trop hié­rar­chique et pesante dans les boites fran­çaises. Le tout dans une société assez hié­rar­chi­sée, ne serait-ce que par le sys­tème de caste des grandes écoles (X et ENA en pre­mier).
    Comme en plus, le poids des grandes entre­prises d’un côté, et des TPE de l’autre, est plus grand que dans les autres pays indus­tria­li­sés (mais je n’ai pas les der­niers chiffres en la matière), ceci accen­tue cela. Avec d’un côté la hié­rar­chie et de l’autre le paternalisme.

    Sur la ponc­tion sur les pays étran­gers, les grandes entre­prises qui réa­lisent plus de pro­fit à l’étranger qu’en France conso­lident leur pro­fit en France, en opti­mi­sant pro­ba­ble­ment l’aspect fis­cal. Il n’empêche que cela enri­chi la France : par les impôts sur les socié­tés et par les action­naires, même si les action­naires du CAC40 ne sont pas que fran­çais. Alors que le pro­fit de ces boites sur leur acti­vité en France est géné­ra­le­ment moindre au regard du chiffre d’affaire (mais les don­nées ne sont pas tou­jours publiques).

    Dans l’autre sens, avec les boites étran­gères, une grande par­tie remonte dans les comptes conso­li­dés dans le pays d’origine. Sur­tout pour les pro­duits imma­té­riels comme les logi­ciels. C’est moins facile à mettre en œuvre quand les coûts de pro­duc­tion sont élevés, que ce soit dans l’industrie manu­fac­tu­rière, ou dans les ser­vices. Par exemple, l’activité inter­na­tio­nale de Cap Gemini n’apporte pas grand-chose en valeur abso­lue aux comptes conso­li­dés car la marge opé­ra­tion­nelle des ser­vices infor­ma­tiques est très faible. La valeur ajou­tée reste donc plus locale, via les salaires payés aux équipes de cha­cun des pays où la SSII agit.

    La balance com­mer­ciale indus­trielle est le pro­duit com­plexe du mix indus­triel entre imma­té­riel, ser­vices et pro­duits indus­triels et écono­mies d’échelle. La France (et l’Europe) pro­dui­sant rela­ti­ve­ment peu de tech­no­lo­gie en volume, ils béné­fi­cient d’un effet de levier écono­mique moindre que les pays comme les USA qui ont la chance d’avoir des Intel, Micro­soft et autres Cisco.

    Je suis per­suadé que l’enjeu indus­triel clé, c’est de faire de la tech­no­lo­gie sur de gros volumes pour géné­rer des écono­mies d’échelle sur la R&D à l’échelle mon­diale. Cela néces­site certes de la R&D mais une vision mar­ke­ting et indus­trielle qui manque au pays. Les USA d’un côté et l’Asie de l’autre sont mieux armés. Les pre­miers ont la techno, le mar­ke­ting et un gros mar­ché inté­rieur homo­gène, les seconds ont la techno et les bas salaires. On a la techno mais avec moins de mar­ke­ting, un mar­ché inté­rieur frag­menté en Europe, et des coûts de pro­duc­tion plus élevés. La solu­tion à haut niveau: faire du volume, concen­trer la valeur ajou­tée sur la R&D et la vente/marketing en par­ti­cu­lier à l’international, et pro­duire en Asie.

    Seconde consé­quence: il faut donc effec­ti­ve­ment amé­lio­rer la capa­cité de R&D, mais égale­ment la capa­cité à la valo­ri­ser à grande échelle.

    La France ne peut pas se conten­ter d’Airbus, Ariane, nucléaire et autres TGV. Ce ne sont pas des indus­tries de volume.




Ajouter un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags dans vos commentaires :<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong> , sachant qu'une prévisualisation de votre commentaire est disponible en bas de page après le captcha.

Captcha

Pour valider votre commentaire, veuillez saisir les lettres ci-dessus et cliquer sur le bouton Soumettre votre commentaire.

Derniers posts

Derniers commentaires

“Egalement basée à Rennes, CinéAct (www.cineact.fr), créée en 2005 permet à l’ensemble des professionnels du monde du cinéma (exploitants, distributeurs, producteurs, r...”
“En effet, je vais corriger cela dans une silent release....”
“Merci beaucoup pour cet excellent guide. Pour information, le programme français IDEES de Microsoft n'existe plus et à laisser place au programme "BizSpark One" au niveau mondial. Julien Codorniou est toujours le bon c...”
“Bravo pour cette nouvelle version. A regretter que tu ne puisses faire un guide des start-up high-tech européennes, tant tes conseils seraient adaptés pour une grande part hors de l'hexagone. Mais j'imagine le défi! J...”
“Bonjour, J'ai un doute l'offre est tellement éclatée qu'il est possible que Steve réusisse en fédérant les énergies des autres acteurs... A mon avis l'enjeu c'est encore une fois de trouver le businees model de...”


Téléchargements gratuits

Diffusés gratuitement (sous Creative Commons) et en PDF :

image

CouvertureRapportCES

Voir aussi la liste complète des publications de ce blog.


Catégories