Conférence LeWeb3 - Startups en plénière

Publié le 16 décembre 2006 et mis à jour le 17 décembre 2006 - 6 commentaires -
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Avec le recul, la ses­sion plé­nière de la confé­rence LeWeb3 était sur­tout l’occasion de décou­vrir ou redé­cou­vrir une palan­quée de star­tups Internet.

Je vais donc par­cou­rir de manière chro­no­lo­gique leur pas­sage en plé­nière et décrire le ser­vice, en don­nant par­fois mon avis sur sa valeur voire sur la pres­ta­tion de son repré­sen­tant. Les inter­ven­tions étaient assez super­fi­cielles sur scène. C’est la limite de l’exercice sur des tables rondes sur­tout lorsque l’agenda est com­pressé au der­nier moment. Mais le simple fait de les voir mises en valeur incite à y regar­der de plus près après la confé­rence. C’est en tout cas comme cela que je fonc­tionne : une confé­rence ou un salon n’est pour moi que le début d’un long tra­vail de défri­chage de l’innovation!

Ceci com­plè­tera donc de manière cohé­rente l’inven­taire des star­tups pas­sées dans le “Star­tup Cor­ner” que j’ai publié jeudi matin et qui a été visi­ble­ment très appré­cié. Au total, ce sont donc envi­ron 80 star­tups qui ont pu s’exprimer pen­dant la confé­rence LeWeb3. Dont 30 avec une audience de plu­sieurs cen­taines de per­sonnes. Si l’on com­pare cela avec Capi­tal IT (qui m’avait beau­coup déçu en avril der­nier) ou même Trem­plin Sénat (mieux orga­nisé mais avec une audience moindre), LeWeb3 était fina­le­ment une belle opé­ra­tion de visi­bi­lité et de net­wor­king pour les star­tups. C’est un suc­cès à rete­nir et à renou­ve­ler! Long live innovation!

Enter­prise 2.0

C’était une table ronde fort utile sur l’impact du Web 2.0 dans l’entreprise. Elle aurait pu durer plus long­temps. Selon les inter­ve­nants, l’informatique interne des entre­prises est tou­jours basée sur des concepts vieux de dizaines d’années. Les outils comme Sha­re­point (le ser­veur col­la­bo­ra­tif Intra­net de Micro­soft) sont dépas­sés. De nou­veaux outils se déve­loppent en dehors des entre­prises et la pénètrent ensuite. On voit renaitre le “Know­ledge Mana­ge­ment” incarné il y a plus d’une dizaine d’années par Lotus Notes sous d’autres formes, qui échappent en par­tie à l’informatique interne. Le KM reste un défit monu­men­tal pour toutes les entre­prises. Rares sont celles qui savent capi­ta­li­ser et pré­ser­ver le savoir de leurs col­la­bo­ra­teurs et les faire tra­vailler en équipes sur des pro­jets. Sug­ges­tion pour une pro­chaine confé­rence : allon­ger le débat, enle­ver une star­tup et ajou­ter un socio­logue éclairé sur la vie en entreprise.

Head­shift : c’est une société de ser­vice et de conseil du Royaume Uni qui accom­pagne les entre­prises dans la mise en place en interne de “social net­wor­king”. Ils pro­posent notam­ment la mise en place de ser­vices en ligne autour de la ges­tion de la connais­sance (blogs, wiki) et du tra­vail en groupe. Ce genre de ser­vice cor­res­pond vrai­ment à une attente en crois­sance dans les boites. C’est un excellent posi­tion­ne­ment. Pas éton­nant pour une boite UK.

Social­Text : cette société US four­nit une solu­tion logi­cielle pour mettre en place une plate-forme de Wikis en interne dans les entre­prises. Le logi­ciel open source est gra­tuit pour un usage avec moins de cinq contri­bu­teurs et payant au des­sus pour obte­nir du sup­port. C’est un lea­der connu du domaine sur un mar­ché qui devrait explo­ser rapidement.

23Hq : c’est un ser­vice Inter­net de sto­ckage et par­tage de pho­tos. J’ai déjà vu cela quelque part il me semble… ! Un inté­rêt limité dans le cadre de cette ses­sion. Il doit y avoir erreur quelque part…

Ecom­merce 2.0

C’est un sujet à part entière. Le social shop­ping est très à la mode. De nom­breux sites font bos­ser les consom­ma­teurs pour leur faire consom­mer plus. De la bou­tique vir­tuelle (Zlio) à la com­pa­rai­son de fonc­tion­na­li­tés en mode quan­ti­ta­tif (Vozavi) ou qua­li­ta­tif (Loo­neo) en pas­sant par les recom­man­da­tions (Cri­teo, U-Lik) ou la vente flash (Wan­tuno), tous les modèles y passent. Et cer­tains tré­pas­se­ront pro­ba­ble­ment!

LastMinute.com : on ne pré­sente plus ce ser­vice ori­gi­naire du Royaume Uni et bien actif en France où l’on achète au der­nier moment voyages, vols d’avion, réser­va­tions d’hotels mais aussi théâtre et autres loi­sirs. Le sec­teur du voyage en ligne se porte à mer­veille. Le fon­da­teur consi­dère que sa société est en par­tie un média.

Spread­Shirt : c’est un ser­vice qui per­met de faire fabri­quer des goo­dies (tshirt, mugs, etc) sur mesure et ensuite de les com­mer­cia­li­ser. C’est du ecom­merce rela­ti­ve­ment traditionnel.

Shopping.com : filiale du groupe eBay depuis août 2005, c’est un ser­vice de com­merce en ligne pré­sent dans de nom­breux pays (USA, UK, France, etc). Il intègre plu­sieurs notions faci­li­tant les achats et opti­mi­sant les taux de conver­sion: la recherche de pro­duits (dans qua­si­ment toutes les caté­go­ries) en raf­fi­nant les cri­tères au fur et à mesure de sa recherche, la com­pa­rai­son de prix (à la Kelkoo) et la visua­li­sa­tion des com­men­taires de consom­ma­teurs récu­pé­rés sur le site ePi­nions (donc en anglais, même dans l’édition fran­çaise du site).

Zlio: c’est une approche ori­gi­nale du social shop­ping, créée par Jeremy Ber­rebi qui vit à che­val entre Israël, la France et les USA. L’internaute y créé sa bou­tique vir­tuelle y inté­grant les pro­duits de son choix pris dans un cata­logue qui com­prend actuel­le­ment 1,2 mil­lions de pro­duits et en les valo­ri­sant à sa manière. La bou­tique est vrai­ment vir­tuelle car l’internaute ne gère ni stocks ni ventes. Il ne fait qu’influencer la vente des pro­duits qui sont com­mer­cia­li­sés par des sites de vente en ligne. Le revenu généré par l’affiliation est par­tagé entre l’internaute et Zlio. Le tra­fic est généré en par­tie par une opti­mi­sa­tion de l’indexation des bou­tiques dans les moteurs de recherche. Google génère 80% du tra­fic de Zlio! Je demande à voir si sta­tis­ti­que­ment, cela génè­rera un tra­fic suf­fi­sant pour ces bou­tiques virtuelles.

Suc­cee­ding in being glo­bal from Europe

Il y avait dans cette table ronde égale­ment Ber­nard Liau­taud, le Chair­man et co-fondateur de Busi­ness Objects, ainsi que Tariq Krim, de Net­vibes dans cette table ronde. La sta­ture, l’historique et le “track record” de Ber­nard auraient jus­ti­fié qu’il soit un inter­ve­nant à part entière avec un modé­ra­teur. C’est un peu dom­mage de l’avoir déplacé pour si peu de temps d’intervention! Ber­nard fait tra­di­tion­nel­le­ment une pré­sen­ta­tion sur les 10 choses à faire ou ne pas faire pour réus­sir à l’international et par­ti­cu­liè­re­ment aux USA. Pour lui, il faut sur­tout com­men­cer par vendre, y ins­tal­ler un bureau avec un IC et un ITC, et pas de mana­gers. Et ensuite seule­ment élar­gir sa pré­sence. Et atten­tion, le mar­ché amé­ri­cain condi­tionne tous les autres, il ne faut pas le prendre à la légère comme un autre mar­ché euro­péen.

All­Peers : ser­vice en ligne de par­tage de fichiers avec une inter­face simple d’emploi et glisser-déplacer. On peut défi­nir qui a accès ou pas aux fichiers par­ta­gés. L’outil s’exploite à par­tir d’une exten­sion à Fire­fox. Donc, pour l’instant, elle ne peut tou­cher qu’environ un quart du mar­ché des Inter­nautes. Chose rare qui mérite d’être signa­lée, le site pro­pose une petite vidéo per­met­tant de se faire une idée du ser­vice avant de le tester.

Com­mu­ni­ties repla­cing medias

Il y avait dans cette table ronde égale­ment Yossi Yardi, le fon­da­teur israé­lien d’ICQ (revendu à AOL) qui était sur scène le matin avec Shi­mon Peres car c’est lui qui l’avait fait venir. Pour Scott Rafer, le fon­da­teur de MyBlo­gLog, quand tout le monde se met à publier, il faut mettre en place des struc­tures de vali­da­tion des médias. Pour Sté­pha­nie Booth de coComment, les com­mu­nau­tés ne vont pas rem­pla­cer les médias tra­di­tion­nels. Il y a un réar­ran­ge­ment du temps passé par les gens. Les études montrent un acrois­se­ment signi­fi­ca­tif du temps passé sur les médias en géné­ral, Inter­net com­pris, sur­tout chez les jeunes. Il se créé aussi des com­mu­nau­tés qui n’en sont pas vrai­ment, comme celle de Wendy (un Quick à l’américaine, qui concur­rence McDo) avec 80000 par­ti­ci­pants sur MyS­pace.

CoComment : voilà un ser­vice ori­gi­naire de Suisse qui répond à un véri­table besoin. Il pro­pose de conso­li­der en un seul endroit, et notam­ment sur son blog, l’ensemble des contri­bu­tions que l’on peut faire sur d’autres blogs ou sites qui gèrent des conver­sa­tions (You­Tube, Fli­ckr, etc) et d’en suivre les évolu­tions. En effet, rien de plus frus­trant que de lais­ser sa trace dans plein d’endroits sans pou­voir la conso­li­der quelque part, au hasard sur son blog qui regroupe fina­le­ment sa per­son­na­lité et ses contri­bu­tions. Une fois encore, l’outil s’appuie sur une exten­sion Fire­fox, mais ici c’est moins gênant que pour All­Peers, la popu­la­tion des blog­gers contri­bu­teurs dans d’autres forums étant plu­tôt “Fire­fox friendly”. A mon sens, ce genre de fonc­tion­na­lité devrait à terme deve­nir stan­dard dans les plate-formes de blog elles-mêmes. Je n’ai pas encore vu si cela exis­tait par exemple sous la forme de plug-in à Word­Press ou Type­pad. Mais il y a un plug-in qui faci­lite l’intégration de coComment dans Word­Press. Autant le ser­vice créé de la valeur, autant il n’est pas évident de le moné­ti­ser. S’il s’agit d’un modèle publi­ci­taire, le % de blog­gers par rap­port aux inter­nautes pour­rait être trop faible, et en plus, les blog­gers n’aiment pas trop la publi­cité (même s’il y en a qui s’en accom­modent sur­tout lorsque leur blog génère du tra­fic). Sinon, il reste à vendre le ser­vice sous forme d’abonnement. mais est-il indis­pen­sable à ce point ou n’est-ce pas sim­ple­ment un “nice to have” pour son égo?

MyBlo­gLog : c’est une sorte de cou­teau Suisse du réseau social de blog­gers. On y décrit son blog, on intègre un script dans son blog, et cela génère plu­sieurs ser­vices: un tra­cking du tra­fic sur son blog (users, d’où viennent-ils, où vont-ils), un wid­get sur son blog qui indique quels sont les membres de MyBlo­gLog qui sont pas­sés sur son blog, et ensuite, la mise en réseau entre blog­gers sur le site même de MyBlo­gLog. C’est égale­ment un “nice to have” pas évident à moné­ti­ser. Il y a de la conso­li­da­tion poten­tielle dans l’air!

The new dawn of media / Is old media dead?

L’une des tables rondes qui m’intéressait le plus mais son pas­sage après l’intervention remar­quable de Shi­mon Peres en a enlevé un peu du “sel” car j’étais encore sous le coup du speech de ce der­nier. Rodrigo Sepul­veda, de vpod, ani­mait le débat. Avant l’intervention de Peres, Pierre Chap­paz avait fait une petite pré­sen­ta­tion d’un quart d’heure sur “The new dawn of media” (photo ci-dessous). Ce n’était pas bien brillant sur la forme (manque de punch) et même sur le fond (enfon­ce­ment de portes ouvertes). Sans comp­ter les pro­blèmes pour affi­cher la pré­sen­ta­tion à l’écran. C’est dom­mage. Cela montre au moins que l’on peut être un bon entre­pre­neur sans être (tou­jours) un excellent com­mu­ni­quant.

Les inter­ve­nants de la table ronde:

Et leurs sociétés:

Wikio: on ne pré­sente plus le site créé par Pierre Chap­paz et dont l’activité est diri­gée par Laurent Binard (ex Médiapps, Lotus, etc). C’est un aggré­ga­teur de conte­nus dont les 15000 sources sont sélec­tion­nées par le site et les articles notés et com­men­tés par les uti­li­sa­teurs. Il y a quelques points com­muns avec Digg. Ce décou­plage entre source d’articles et source de com­men­taires (qui deviennent ainsi mul­tiples) per­turbe le jeu des médias tra­di­tion­nels dont un grand nombre n’ouvre pas la pro­duc­tion de ses jour­na­listes à la saga­cité des lec­teurs. Wikio est le ser­vice de dépor­ta­li­sa­tion par excel­lence. On peut l’utiliser en sub­sti­tut d’un aggré­ga­teur RSS. C’est aussi un bon moyen de décou­vrir des sources d’information de qua­lité par le biais d’une recherche par mots clés. Quand on ques­tionne Pierre Chap­paz sur le modèle écono­mique de Wikio, il répond qu’il se foca­lise d’abord sur la créa­tion d’un ser­vice de qua­lité et sur celle d’une audience (à l’échelle euro­péenne pour com­men­cer). Et on verra ensuite. La publi­cité va deve­nir un ser­vice que les uti­li­sa­teurs acceptent et qui sera plus per­son­na­li­sée et contex­tua­li­sée. Mais cela a réussi à un cer­tain Google. Donc, cela peut mar­cher lorsque les pla­nètes sont bien alignées!

Eyeka : c’est un site où cha­cun peut publier ses pho­tos et vidéos. Elles sont notées par les visi­teurs du site. Et elles sont poten­tiel­le­ment moné­ti­sables auprès de médias plus tra­di­tion­nels. Ou repa­cka­geables sous forme de chaine TV que l’on peut réin­té­grer sur son blog. Gilles Babi­net, fon­da­teur de cette star­tup, est dubi­ta­tif à juste titre sur tous ces modèles écono­miques basés sur la publi­cité. Que faire lorsque l’économie baisse, et impacte en géné­ral en pre­mier les dépenses publicitaires?

Citi­zen­bay : c’est un site com­mu­nau­taire gra­tuit sur les actua­li­tés locales qui couvre opi­nions, actua­li­tés et événe­ments locaux et petites annonces. Les articles sont notés par les lecteurs. C’est une sorte d’Agoravox à l’échelle locale, à ceci près que les meilleurs articles rela­tifs à chaque ville “par­te­naire” donnent leu à une rému­né­ra­tion des contri­bu­teurs. C’est un modèle de plus en plus fré­quent dans le Web 2.0: appâ­ter les contri­bu­teurs avec une rému­né­ra­tion, en géné­ral très modeste.

OLX France : c’est un site de petites annonces tout azi­mut (ventes et enchères, immo­bi­lier, ser­vices, emploi, cours). On peut défi­nir le péri­mètre géo­gra­phique de son offre. Le paie­ment peut se faire via Pay­pal. Le site sup­porte les flux RSS, des sni­pets pour son blog et les mobiles. Une par­ti­cu­la­rité de taille: la publi­ca­tion des petites annonces est gra­tuite! Chose tou­jours aussi incroyable, impos­sible de voir sur la FAQ du site com­ment il se rému­nère. C’est pro­ba­ble­ment une com­bi­nai­son de revenu publi­ci­taire et de com­mis­sion­ne­ment sur les ventes.

Le futur de la télé­vi­sion

Il y avait deux tables rondes sur le sujet avec en plus des socié­tés ci-dessous Google Video, Dai­ly­Mo­tion, re-vpod, XoloTV et i>Télé (filiale de Canal+). Débat clas­sique sur le déclin de la publi­cité à la télé­vi­sion et des chaînes qui en vivent. On entend main­te­nant par­ler de pro-am, après les pro­su­mers. Les pre­miers sont des pro­fes­sion­nels ama­teurs qui pro­duisent du contenu, les pro­su­mers sont des consom­ma­teurs semi-professionnels qui … créent aussi du contenu sur les pro­duits qu’ils consomment.

Blinkx: c’est un moteur de recherche de vidéos qui indexe les fichiers non seule­ment sur leurs des­crip­teurs (tags) mais égale­ment sur leur contenu par le biais de recon­nais­sance vocale et de l’image. Ce genre de site pourra à terme géné­rer un phé­no­mène de com­mo­di­ti­sa­tion des sites de par­tage de vidéo à la Daily Motion.

MoBuzzTV: c’est une chaine d’information TV en ligne for­ma­tée à la fois pour les PC et les mobiles (for­mats de 3 minutes). Couvre les US et le Royaume Uni.

Vin­vin Enter­tain­ment: Cyril de Las­te­rie nous a fait un show décon­trac­tant notam­ment par le biais de ses vidéos en ligne. Je recom­mande celle où il montre aux amé­ri­cains com­ment tes­ter une bou­teille de vin en société. Et aussi les com­men­taires de son blog, hila­rants, sur ce qui est arrivé pen­dant la confé­rence LeWeb3. Quand ce genre de chose arrive, autant le prendre avec humour!

Gaming

C’est un domaine que je regarde peu. Mais un vaste domaine qui évolue très vite! L’intervention des gars de Second Life était inté­res­sante.

Boonty: ce n’est plus une star­tup mais une société fran­çaise établie depuis 2001 et main­te­nant pré­sente dans de nom­breux pays y com­pris les USA et l’Asie, qui dis­tri­bue des jeux vidéos en ligne pour PC et mobiles.

Second Life: il s’agit d’un jeu au sein d’un monde vir­tuel 3D créé par les joueurs qui sont 2 milions fin 2006 avec le dixième actifs par semaine! Comme “World of War­craft”, c’est un véri­table phé­no­mène de société. Les deux inter­ve­nants écos­sais de cette entre­prise étaient en kilt et on créé une bonne ambiance pen­dant ce track (photo ci-dessous)! Les par­ti­ci­pants uti­lisent une mon­naie spé­ci­fique pour ache­ter et vendre tout les objets de ce monde vir­tuel, les Lin­den, qui sont conver­tibles en dol­lars. Une cen­taine de par­ti­ci­pants gagnent plus de 1000 L$ par mois! A noter que le ser­vice attire 43% de femmes. Outil de défou­le­ment et d’évasion fas­ci­nant! Dans le même ordre d’idée, dans la table ronde sur la “bulle”, j’ai entendu par­ler d’une star­tup Star­doll qui fait du social net­wor­king autour de pou­pées vir­tuelles. Il se serait ven­dus un demi mil­lion d’accessoires d’habillement pour ces pou­pées par jour. Le busi­ness du futile a de l’avenir dans ce bas monde!

J’ai un fan­tasme: la créa­tion d’un jeu équi­va­lent à Second Life qui simu­le­rait la vie poli­tique et écono­mique d’un pays et dans lequel on immer­ge­rait des poli­tiques et leur pro­gramme pour en tes­ter la vali­dité. Il fau­drait que le jeu soit créé par des écono­mistes de renom.

Mobi­lité

Il y a eu plu­sieurs tables rondes sur le sujet, dont une avec Oli­vier Mar­che­teau de MSN que je salue bien bas. Les star­tups impli­quées étaient inté­res­santes mais ce sont sur­tout des “fea­tures com­pa­nies”!

Blyk: c’est un opé­ra­teur de ser­vice de télé­pho­nie mobile gra­tuit pour jeunes financé par la publi­cité. Ils se lancent au Royaume Uni à la mi 2007. Le fon­da­teur n’est pas n’importe qui: c’est Pekka Ala-Pietilä, l’ancien pré­sident de Nokia! J’ai l’impression que l’on com­mence à mar­cher sur la tête avec cette palan­quée de busi­ness models finan­cés par la publi­cité. Ils reflètent l’évolution de l’attention des jeunes: de la télé vers le PC et les mobiles. Mais cette mar­chan­di­sa­tion du “temps dis­po­nible” a des limites. L’exemple de la limite, c’est ce qui arrive avec la radio aux USA. Elle est tel­le­ment inon­dée de publi­ci­tés que les opé­ra­teurs de radio satel­lite XM et Sirus ont réussi à géné­rer plus de 13 mil­lions d’abonnés qui payent $13 par mois pour reçe­voir une cen­taine de radios avec un son de qua­lité CD, aussi bien chez eux que dans leur voi­ture. Va-t-on se retrou­ver dans un monde où la majo­rité des consom­ma­teurs vont consom­mer des ser­vices (immatériels)gratuits finan­cés par de la publi­cité, et une mino­rité les payer pour éviter une publi­cité omni­pré­sente? On peut se dire aussi que la publi­cité deve­nant contex­tuelle voire per­son­na­li­sée, elle sera plus effi­cace et à inves­tis­se­ments publi­ci­taires équi­va­lents, la pres­sion publi­ci­taire pourra dimi­nuer en volume sur le consom­ma­teur. Faut voir…

Jaiku: ce ser­vice Inter­net per­met la ges­tion de don­nées de pré­sence (dis­po­ni­bi­lité, géo­lo­ca­li­sa­tion, humeur, pré­fé­rences, avec qui on est) sur Inter­net et mobiles et de connec­ter en temps réel avec sa com­mu­nauté d’amis et de rela­tions. C’est le type même de ser­vice qui a de la valeur mais en aurait beau­coup plus s’il était inté­gré aux autres ser­vices de com­mu­ni­ca­tion tels que son agenda, sa mes­sa­ge­rie, sa mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née. Comme pour beau­coup d’autres ser­vices pré­sen­tés pen­dant la confé­rence, il y a un besoin rapide de conso­li­da­tion des ser­vices pour que ceux-ci se déve­lop­pe­ment à grande échelle.

Plazes: ser­vice de ges­tion de pré­sence qui vous met en rela­tion avec vos contacts qui sont géo­gra­phi­que­ment à proxi­mité. La géo­lo­ca­li­sa­tion est basée sur l’adresse IP. Encore une “fea­ture com­pany” à inté­grer dans les ser­vices d’opérateurs de télécommunication!

Et voilà pour ce tour de piste des star­tups et des tables rondes. Il en manque sûre­ment car je n’ai pas tout suivi sur place (Six Appart, Lin­ke­dIn, Tech­no­Rati ou Fon qui sont main­te­nant des boites de l’establishment du Web 2.0). mais rien qu’en écri­vant ce post, j’ai beau­coup appris. J’espère qu’il en sera de même pour vous en le lisant. Et voui voui, je sais, mes posts sont trop longs…


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Publié le 16 décembre 2006 Post de Olivier Ezratty | Internet, Marketing, Médias, Startups | 6 commentaires

Les 6 commentaires sur “Conférence LeWeb3 - Startups en plénière” :

  • A pro­pos du des­crip­tif de Zlio.com

    “D’autant plus que l’achat n’est pas ensuite guidé via un com­pa­ra­teur de prix à la Kel­koo ou Shopping.com.”

    Je me per­met d’apporter une petite cor­rec­tion : chaque fiche pro­duit d’un Zlio­Shop est doté d’un com­pa­ra­teur de prix.

    “Je demande à voir si sta­tis­ti­que­ment, cela génè­rera un tra­fic suf­fi­sant pour ces bou­tiques virtuelles.”

    Les Zlio­shops est au com­merce ce que les blogs sont aux sites édito­riaux.
    Reste à l’internaute de mettre en place des mesures visant à géné­rer du trafic.

    C’est ça le 2.0 : l’internaute à la parole en construi­sant du contenu il fait émer­ger son iden­tité électronique.

  • [2] - Olivier Ezratty a écrit le 17 décembre 2006 :

    Dont acte, Julien, j’ai retiré la men­tion rela­tif au pre­mier point. Côté sta­tis­tique, oui c’est du Web 2.0. Mais dans un monde où il y a concur­rence entre plu­sieurs modèles de vente.

    Il y a pro­ba­ble­ment de la place pour de la vente sur des niches de mar­ché pour tou­cher les nom­breux seg­ments de la “long tail”. Reste à savoir si cela peut géné­rer une masse cri­tique d’activité pour ren­ta­bi­li­ser le modèle. L’approche édito­riale des bou­tiques sera déter­mi­nante. Et aussi le niveau de mar­chan­di­sa­tion expli­cite ou pas. La bou­tique peut jouer le rôle de pur ven­deur auquel cas elle entre en conflit avec d’autres canaux. Ou bien, elle joue un véri­table rôle d’information et de conseil et c’est là que peut se situer une grande différentiation.

  • Non, non, les posts ne sont pas trop longs…

    :)

  • [4] - septique a écrit le 5 mars 2008 :

    bon­jour, moi aussi j’ai ete envahi par la fièvre crea­trice “de bou­tiques zlio “, il y a 1 mois déja, j’y consacre entre 1 et 2h par jour, mal­heu­reu­se­ment je vois poindre aucune ren­ta­bi­lité d’une part, d’autre part la vitrine de 2 de mes bou­tiques a dis­pa­rue, j’ai envoye 3 emails, pour en connaitre la rai­son, j’attends encore les reponses ! a se deman­der si tout ceci n’est pas une arnaque gigan­tesque, je vais quand meme patienter

  • [5] - Annette a écrit le 7 mars 2008 :

    bon­jour,

    moi aussi… je me suis lais­sée “enva­hir” par le concept Zlio. J’ai créé 22 bou­tiques qui occupent bien mes soi­rées d’hiver. Mais bon, j’aime bien. Je trouve sympa de cus­to­mi­ser sa vitrine, de faire une recherche de pro­duits (je fais des décou­vertes) et d’agencer tout ça.
    Nan nan, je n’ai pas fait for­tune… ins­crite depuis août 2007, j’en arrive aujourd’hui péni­ble­ment, cen­time d’euro par cen­time d’euro, à un mon­tant total de 229,57 euros pré­ci­sé­ment (en 7 mois quand même !). Mais cette somme n’est pas dis­po­nible illico ! Il faut attendre trois mois avant la vali­da­tion d’une com­mis­sion. En novembre, j’avais donc 94,95 euros de vali­dés. Comme un tiens vaut mieux que deux… curieuse, j’ai voulu voir si Zlio payait vrai­ment et j’ai demandé le ver­se­ment sur mon compte en banque. Effec­ti­ve­ment, deux jours plus tard, la somme était bien ver­sée.
    On ne vend pas beau­coup sur les bou­tiques, le chiffre se fait sur­tout avec les clics. En 7 mois, mes bou­tiques ont généré pour 1485,13 euros en 24 ventes ! ça fait une vente par bou­tique en 7 mois… (2 ventes en plus dans la période de noël sur la bou­tique de jouets) qui m’ont rap­porté une com­mis­sion de 47,61 euros.

    Non seule­ment on a le droit d’acheter sur sa propre bou­tique, mais chaque achat est sensé occa­sion­ner une réduc­tion. J’ai acheté une dizaine d’articles et j’ai eu droit à la réduc­tion pro­mise sur seule­ment trois articles. Pour info, mes récla­ma­tions auprès des mar­chands par­te­naires et de Zlio sont tom­bées dans l’oubli…
    Quelques amis sont allés faire leurs achats sur mes bou­tiques, mais leur pas­sage n’est pas apparu dans le détail de mes commissions.

    Alors voilà… je pose la ques­tion : exploi­ta­tion ? ou non ? Cha­cun est juge.

    De plus, j’ai ins­crit mes bou­tiques sur google ana­ly­tics, qui pro­pose un sys­tème de vision de la page avec en sur-impression une barre avec cur­seur sur chaque lien (GOOGLE ANALYTICS ; faire dans le menu de gauche CONTENU puis Syn­thèse données/site). Le cur­seur pro­gresse à chaque clic sur le lien, traî­nant un trait bleu der­rière lui. Le nombre de clics appa­rait si l’on sta­bi­lise la sou­ris sur le trait.
    Pour obser­ver le nombre de clics rému­né­ra­teurs, il suf­fit de taper l’url de la page des liens oranges.
    Je suis sur Macin­tosh, mais le sys­tème ne fonc­tionne peut-être pas sur PC ? J’en sais rien. A tester.

    Forte de cette expé­rience, je me pose la ques­tion : quel sys­tème Zlio uti­lise pour faire le compte des clics ? j’ai cher­ché, demandé, mais je n’ai jamais pu savoir.

    Je ter­mine en disant que le concept pour­rait être génial si la trans­pa­rence était de rigueur. Mais cer­tains côtés glauques font jaser…

  • [6] - Olivier Ezratty a écrit le 7 mars 2008 :

    Je vais signa­ler la chose à Jeremy Ber­rebi, le fon­da­teur de Zlio. Il est le mieux placé pour répondre!




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